Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 21 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Alarguer

 

v. intr.

T. de Marine

. Se mettre au large, s'éloigner de la côte ou de quelque vaisseau. Il a vieilli.

 

ALARMANT, ANTE

 

adj.

Qui alarme. Nouvelle alarmante. Situation alarmante.

 

ALARME

 

n. f.

Signal pour faire courir aux armes ou pour appeler au secours. Chaude alarme. Fausse alarme. Sonner l'alarme. Canon d'alarme. Cloche d'alarme.

Il se dit d'une Émotion causée dans un camp, dans une place de guerre, à l'approche ou sur le bruit de l'approche des ennemis. Donner l'alarme. L'alarme est au quartier, est au camp. Les ennemis nous donnaient de fréquentes alarmes.

Il se dit figurément de Toute sorte de frayeur subite. Il a pris l'alarme bien légèrement. Vous nous avez donné une alarme bien chaude, bien des alarmes. Par cette nouvelle, il a porté l'alarme dans toute la famille.

Prov. et fig., L'alarme est au camp, se dit en parlant de Quelque chose qui met tout d'un coup plusieurs personnes en éveil et en émoi.

Il se dit aussi pour Inquiétude, souci, chagrin, et, en ce sens, il s'emploie souvent au pluriel. Il est toujours en alarme. La présence de cet homme dans la ville la tient en alarme. Il est dans de grandes alarmes, dans de terribles alarmes, dans de continuelles alarmes. Il n'est pas encore revenu de ses alarmes. On vivait alors au milieu des alarmes.

 

ALARMER

 

v. tr.

Troubler, effrayer, à propos d'un fait qui va ou qui peut se produire. Il ne faut pas que cela vous alarme. Il fut fort alarmé de cette nouvelle. Sa maladie nous a bien alarmés. Il s'alarme sans cesse. On croirait qu'il aime à s'alarmer. Je ne m'alarme pas du bruit. Ne vous alarmez pas de tous ces faux bruits.

Il signifie aussi Faire prendre inopinément les armes à une garnison. Alarmer la garnison.

 

ALARMISTE

n. des deux genres

. Celui, celle qui se plaît à répandre des bruits alarmants.

 

ALATERNE

 

n. m.

T. de Botanique

. Arbrisseau, espèce de nerprun, dont les feuilles sont rangées alternativement le long des tiges.

 

ALBÂTRE

 

n. m.

Sorte de gypse d'une pâte homogène, d'un grain fin, demi-translucide, susceptible d'un beau poli, et qui présente quelquefois des veines colorées. Albâtre oriental. Vase d'albâtre. Blanc comme l'albâtre. Albâtre naturel. Albâtre artificiel.

Fig., Un sein d'albâtre, Un sein extrêmement blanc. On dit de même L'albâtre de son sein.

 

ALBATROS

 

(On prononce l'S.)n. m.

T. de Zoologie

. Genre d'oiseaux palmipèdes, de la famille des Longipennes, qui habitent les mers australes et qui sont très voraces. L'albatros est le plus grand des oiseaux aquatiques.

 

ALBERGE

 

n. f.

Sorte d'abricot dont la pulpe est très adhérente au noyau. Un panier d'alberges.

 

ALBERGIER

 

n. m.

Arbre qui porte des alberges.

 

ALBINISME

 

n. m.

T. de Médecine . Absence plus ou moins complète de pigment, manifestée par une décoloration de la peau et des cheveux qui sont presque blancs et des yeux qui sont grisâtres ou rougeâtres.

 

ALBINOS

 

(On prononce l'S.)n. des deux genres

. Celui, celle qui est atteint d'albinisme. Les albinos ont les yeux tellement sensibles qu'il leur est impossible de supporter la lumière du jour.

 

ALBUGINÉ, ÉE

 

adj.

T. de Médecine

. Qui est blanc, en parlant de certains tissus, de certaines membranes. Tunique albuginée. Fibre albuginée. La membrane albuginée de l'oeil.

 

ALBUGINEUX, EUSE

 

adj.

T. de Médecine

. Qui est blanchâtre.

 

ALBUM

 

(UM se prononce OME.)n. m.

Cahier ou registre destiné à recevoir des dessins, des autographes, des photographies, etc. Recueil de compositions reproduites par la gravure. Écrire une pensée sur un album. Un album de caricatures. Toute une époque revit dans les albums de Gavarni.

Il signifie, en termes d'Antiquités romaines, Tablettes de bois ou pan de mur blanchi sur lesquels l'autorité faisait inscrire ce qu'elle voulait faire savoir au public.

 

ALBUMINE

 

n. f.

T. de Chimie

. Blanc d'oeuf ou Substance azotée de même nature qu'on trouve dans diverses matières végétales et animales. Albumine animale, végétale.

 

ALBUMINEUX, EUSE

adj.

Qui contient de l'albumine. Liquide albumineux. Substance albumineuse.

 

ALBUMINOÏDE

 

adj. des deux genres

. Qui a les caractères de l'albumine.

Il s'emploie en termes de Chimie, comme nom masculin, pour désigner les Substances azotées, animales ou végétales.

 

ALBUMINURIE

 

n. f.

T. de Médecine

. Maladie dans laquelle on émet des urines qui contiennent de l'albumine.

 

ALCADE

 

n. m.

Juge ou magistrat d'Espagne, dont l'attribut distinctif est une longue baguette blanche.

 

ALCAÏQUE

 

adj. des deux genres

. T. de Prosodie ancienne

. Il se dit d'une Sorte de vers ou mètre grec qui fut inventé par Alcée et adopté par les Latins. Un vers alcaïque. Une strophe alcaïque. Dans ce sens, il est quelquefois nom masculin. Un alcaïque.

 

ALCALESCENT, ENTE

 

adj.

T. de Chimie

. Qui devient alcalin.

 

ALCALI

 

n. m.

T. de Chimie . Substance qui a des propriétés chimiques analogues à celles de la soude, c'est-à-dire qui bleuit le tournesol rouge et se combine avec les acides pour former des sels. Les anciens chimistes ne connaissaient que trois alcalis, l'ammoniaque, la potasse et la soude : ils nommaient le premier alcali volatil, et les deux autres alcalis fixes. Les alcalis ont la plus grande tendance à s'unir avec les acides.

 

ALCALIN, INE

 

adj.

T. de Chimie

. Qui a rapport aux alcalis. Caractère alcalin. Propriété, réaction alcaline. Saveur alcaline. Substance alcaline. Sel alcalin. Terres alcalines.

 

ALCALISER

 

v. tr.

T. de Chimie

. Faire développer dans une substance les propriétés alcalines qui y étaient masquées par une autre substance, ou Rendre alcaline une substance en y ajoutant un alcali.

 

ALCALOÏDE

 

n. m.

T. de Chimie

. Corps organique qui a, comme les alcalis, la propriété de neutraliser les acides. Les alcaloïdes végétaux. Les alcaloïdes animaux.

 

ALCARAZAS

 

(On prononce l'S.)n. m.

Mot tiré de l'espagnol. Vase poreux, dans lequel l'eau se rafraîchit.

 

ALCÉE

 

n. f.

T. de Botanique

. Genre de plantes de la famille des Malvacées, qui comprend trois espèces : l'Alcée rose, appelée aussi Rose trémière et Passe-rose. l'Alcée à feuilles de figuier et l'Alcée de Chine.

 

ALCHIMIE

n. f.

Science chimérique qui consistait surtout dans la recherche d'un remède universel et d'un moyen propre à opérer la transmutation des métaux. L'alchimie était en usage au moyen âge. L'alchimie a été une préparation à la chimie.

 

ALCHIMIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui a rapport à l'alchimie. Livre alchimique. Travaux alchimiques. Rêveries alchimiques.

 

ALCHIMISTE

 

n. m.

Celui qui s'occupait d'alchimie. Les alchimistes passaient leur vie à chercher ce qu'ils appelaient la Pierre philosophale ou le Grand oeuvre, c'est-à-dire un moyen d'opérer la transmutation des métaux.

 

ALCOOL

 

(OO se prononce O.)n. m.

T. de Chimie

, emprunté de l'arabe. Liquide incolore, très fluide, d'une saveur brûlante, qui s'obtient en soumettant à la distillation le vin, le cidre et toutes les liqueurs fermentées provenant de matières sucrées ou féculentes. Dans le langage ordinaire, Alcool est synonyme d'ESPRIT-DE- VIN. Lampe à alcool.

 

ALCOOLAT

 

n. m.

T. de Chimie

. Liquide provenant de la distillation de l'alcool sur des substances aromatiques ou végétales.

 

ALCOOLIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui contient de l'alcool. Liqueur alcoolique.

Il signifie aussi, par extension, Qui fait abus de l'alcool. Devenir alcoolique. En ce sens, on l'emploie comme nom. Un alcoolique.

 

ALCOOLISER

v. tr.

T. de Chimie

. Mêler de l'alcool à un autre liquide. Bière alcoolisée. Il signifie aussi Rendre alcoolique.

 

ALCOOLISME

 

n. m.

Habitude, passion de boire de l'alcool, et Maladie produite par l'abus des boissons alcooliques. L'alcoolisme mène à la folie. Le fléau, les ravages, les progrès de l'alcoolisme. Les victimes de l'alcoolisme. Combattre l'alcoolisme. La lutte contre l'alcoolisme.

 

ALCORAN

 

n. m.

Livre qui contient la loi de Mahomet. On dit plutôt CORAN.

Il signifie également la Loi de Mahomet contenue dans l'Alcoran. Abjurer l'Alcoran.

 

ALCÔVE

 

n. f.

Enfoncement pratiqué dans une chambre pour y placer un lit. Alcôve carrée. Alcôve cintrée. Une chambre à alcôve.

Il s'est dit autrefois de la Partie de la chambre où certaines femmes du bel air tenaient salon. L'alcôve des Précieuses.

 

ALCYON

 

n. m.

Nom donné par les Grecs à un oiseau fabuleux que les uns identifient avec le goéland, la mouette, les autres avec le pétrel. Les poètes ont feint que les alcyons rendaient la mer calme pendant qu'ils faisaient leurs nids.

Il se dit aussi, en termes d'Histoire naturelle, d'une Sorte de polypier.

 

ALCYONIEN

 

adj. m.

Qui a rapport à l'alcyon. Il n'est usité que dans cette locution Les jours alcyoniens, qui sont sept jours avant le solstice d'hiver et sept jours après, pendant lesquels on dit que l'alcyon fait son nid et que la mer est ordinairement calme.

Il signifie aussi Qui a rapport au polypier dit ALCYON.

 

ALÉA

 

n. m.

Chance bonne ou mauvaise. Il y a beaucoup d'aléa dans cette affaire. Cette entreprise présente un grand aléa.

 

ALÉATOIRE

 

adj. des deux genres

. Qui renferme un aléa. Cette affaire est très aléatoire.

Il se dit, en termes de Droit, d'une Convention dont les effets dépendent d'un événement incertain. Contrat aléatoire. Les assurances, les prêts à la grosse aventure sont des contrats aléatoires. Un pêcheur qui vend d'avance son coup de filet fait une vente aléatoire.

 

ALÊNE

 

n. f.

T. d'Arts

. Poinçon de fer, qui est emmanché dans un morceau de bois, dont on se sert pour percer le cuir et pour le coudre. Alêne plate, ronde, carrée. Manche d'alêne. Les cordonniers, les bourreliers, etc., se servent d'alênes. La pointe d'une alêne.

En termes de Botanique, Feuilles en alêne. Voyez SUBULÉ.

 

ALÉNIER

 

n. m.

Celui qui fait des alênes.

 

ALÉNOIS

 

adj. m.

T. de Botanique

. Il ne s'emploie que dans cette dénomination, Cresson alénois, Plante crucifère qui a, comme le cresson, une saveur piquante.

 

ALENTOUR

adv.

Aux environs. Les échos d'alentour. Les bois d'alentour.

Quand il n'est pas précédé de la préposition de, quelques-uns écrivent À L'ENTOUR. Tourner, roder à l'entour. Le paysage est riant tout à l'entour.

À L'ENTOUR DE,loc. prép.

À l'entour des bois, d'une table. Elle a vieilli et elle est généralement remplacée par AUTOUR DE.

Il s'emploie aussi comme nom masculin pluriel et signifie les Lieux circonvoisins. Les alentours de ce château sont magnifiques.

Il se dit aussi des Gens qui vivent familièrement avec quelqu'un, qui sont en liaison avec lui. Si vous voulez réussir auprès de ce ministre, assurez-vous de ses alentours. Ce fut par ses alentours que l'on pénétra son secret. On dit plutôt : par son entourage.

Il se dit même de Ce qui entoure une chose. S'attarder aux alentours d'un sujet.

 

ALÉRION

 

n. m.

T. de Blason

. Petit aiglon qu'on représente avec les ailes étendues et sans bec ni pieds.

 

ALERTE

 

interj.

Debout, soyez sur vos gardes. Alerte, alerte, soldats!

Il s'emploie aussi comme nom féminin et signifie Avertissement d'être sur ses gardes. Donner une vive alerte. Donner l'alerte. Nous avons eu cette nuit trois ou quatre alertes.

ALERTE est aussi adjectif des deux genres et signifie Qui se tient sur ses gardes. On ne le surprendra pas aisément, il est toujours alerte.

Il s'emploie plus souvent dans le sens de Qui est prompt, agile, souple. Il se dit du Corps et de l'esprit. Jeune homme, vieillard alerte. Jambes, membres alertes. Démarche, tournure alerte. Malgré son âge avancé, il a gardé un esprit alerte. Style alerte.

 

ALERTER

 

v. tr.

Avertir d'un danger en donnant l'alerte.

ALÉSAGE

 

n. m.

T. d'Arts

. Action d'aléser.

 

ALÈSE

 

n. f.

Voyez ALAISE.

 

ALÉSER

 

v. tr.

T. d'Arts

. Rendre unie la surface intérieure d'un objet qui a été foré.

Par extension. il signifie Augmenter le calibre d'un canon.

 

ALÉSOIR

 

n. m.

T. d'Arts

. Outil pour aléser.

 

ALEVIN

 

n. m.

Menu poisson qui sert à peupler les étangs. Il faut jeter de l'alevin dans cet étang.

 

ALEVINAGE

 

n. m.

Action d'aleviner. L'alevinage d'un étang.

 

ALEVINER

 

v. tr.

Peupler un étang avec de l'alevin.

Employé intransitivement, il signifie Déposer son frai, en parlant du poisson.

 

ALEXANDRIN, INE

 

adj.

T. de Versification

. Qui a douze syllabes. Vers alexandrin. Les tragédies, les poèmes épiques sont ordinairement écrits en vers alexandrins. La césure, le repos du vers alexandrin est le plus souvent après la sixième syllabe. Les vers alexandrins sont aussi appelés Vers héroïques.

Il s'emploie quelquefois comme nom dans ce sens, Un alexandrin. On dit absolument et collectivement L'alexandrin, pour Les vers alexandrins. Employer l'alexandrin dans un poème.

ALEXANDRIN, en termes d'Histoire littéraire, se dit aussi de Ce qui a rapport à l'École d'Alexandrie. Un poète, un philosophe alexandrin. La période alexandrine de la littérature grecque.

 

ALEZAN, ANE

 

adj.

Qui est de couleur fauve, tirant sur le roux. Il ne se dit qu'en parlant de Chevaux. Un cheval alezan. Une jument alezane.

Dans les expressions Couleur alezan, Jument alezan clair, Alezan doré, ALEZAN reste invariable.

Il est aussi nom masculin et signifie un Cheval de poil alezan. Il était monté sur un alezan.

 

ALFA

 

n. m.

T. de Botanique

. Graminée de l'Afrique du Nord dont on fait des cordages, des nattes, du papier, etc.

 

ALGARADE

 

n. f.

Insulte faite brusquement, avec un certain éclat, sans sujet, ou pour un sujet très léger. Faire une algarade. Il lui a fait mille algarades. Il vint nous faire une algarade.

 

ALGÈBRE

n. f.

Branche des mathématiques dans laquelle, les grandeurs et les nombres étant représentés par des lettres, les problèmes sont résolus par des formules. Apprendre l'algèbre. Savoir l'algèbre.

Il se dit aussi d'un Traité d'algèbre. Acheter une algèbre.

Fig. et fam., C'est de l'algèbre pour lui, se dit en parlant de Quelqu'un qui n'entend rien à la chose dont il est question.

 

ALGÉBRIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui a rapport à l'algèbre. Calcul algébrique. Formule algébrique. Opérations algébriques.

 

ALGÉBRIQUEMENT

 

adv.

Conformément à l'algèbre.

 

ALGÉBRISTE

 

n. des deux genres

. Celui, celle qui s'occupe d'algèbre.

 

ALGIDE

 

adj. des deux genres

. T. de Médecine

. Qui fait éprouver une sensation de froid. Fièvre algide.

 

ALGUAZIL

 

(GUA se prononce GOUA.) n. m.

Agent de police, en Espagne.

Par extension et ironiquement, il se dit de Toute sorte d'agents de police. La police a mis tous ses alguazils à ses trousses.

 

ALGUE

n. f.

T. de Botanique

. Plante qui croît dans l'eau, soit salée, soit douce. Les algues forment une famille de plantes cryptogames. Il croît beaucoup d'algues sur les rivages de l'océan.

 

ALIBI

 

n. m.

Mot emprunté du latin, signifiant Ailleurs. En termes de Jurisprudence criminelle, Présence d'une personne dans un lieu autre que celui où a été commis le crime ou le délit dont on l'accuse. On l'accusait d'un meurtre commis à Charenton; mais il a prouvé son alibi et il a été acquitté. La fausseté de cette accusation a été prouvée par un alibi. Invoquer un alibi. Prouver l'alibi. Prouver son alibi. Des alibis.

 

ALIBILE

 

adj. des deux genres

. T. de Physiologie

. Qui est propre à nourrir.

 

ALIBORON

 

n. m.

Il ne s'emploie que dans cette locution familière Maître aliboron, Personnage ou animal ignorant, stupide, ridicule. C'est un maître aliboron.

 

ALIDADE

 

n. f.

Règle mobile qui tourne sur le centre d'un instrument avec lequel on prend la mesure des angles. Diriger l'alidade vers un objet.

 

ALIÉNABILITÉ

 

n. f.

Possibilité pour une chose d'être aliénée.

 

ALIÉNABLE

 

adj. des deux genres

. T. de Droit

. Qui peut s'aliéner. Il y a des biens qui ne sont pas aliénables. Les terres substituées n'étaient pas aliénables.

 

ALIÉNATION

 

n. f.

Action d'aliéner un fonds. On l'emploie surtout en termes de Jurisprudence. Aliénation d'un domaine, d'une terre. Aliénation volontaire. Aliénation forcée.

Il signifie aussi Éloignement que des personnes ont les unes pour les autres. Aliénation des volontés, des esprits.

En termes de Médecine, Aliénation d'esprit, ou Aliénation mentale, Égarement d'esprit, folie.

 

ALIÉNER

 

v. tr.

T. de Droit

. Transférer à un autre la propriété d'un fonds ou de ce qui tient lieu de fonds. Aliéner une rente. Aliéner une terre, un domaine. Aliéner des meubles précieux. Il y a des biens qui ne peuvent pas s'aliéner.

Fig., Aliéner les affections, les coeurs, les esprits, Faire perdre la bienveillance, l'affection, l'estime. Cela lui aliéna le coeur des peuples. Il a aliéné les esprits, il s'est aliéné, il s'aliénera les esprits par ses manières hautaines. Les esprits étaient aliénés.

Aliéner l'esprit, Faire perdre l'esprit, rendre fou, faire devenir fou. Sa dernière maladie lui a aliéné l'esprit. Il vieillit.

Le participe passé ALIÉNÉ, ÉE, s'emploie comme nom et absolument pour désigner Ceux qui ont l'esprit dérangé. Un hospice pour aliénés. Un asile d'aliénés. Les progrès de l'alcoolisme augmentent considérablement le nombre des aliénés.

 

ALIÉNISME

 

n. m.

Science qui étudie l'aliénation mentale.

 

ALIÉNISTE

 

adj. des deux genres

. Qui concerne les aliénés. La médecine aliéniste. Médecin aliéniste.

Il s'emploie comme nom. Un aliéniste, une aliéniste.

 

ALIGNEMENT

 

n. m.

Action d'aligner. Alignement des livres dans une bibliothèque, des allées dans un jardin. Prendre des alignements. Il a mal pris ses alignements.

Il se dit particulièrement de la Ligne indiquée par la voirie pour la direction d'une rue. Donner l'alignement, un alignement. Suivant l'alignement qui en a été donné. Cette maison est, n'est pas sur alignement. Cette rue est, n'est pas dans l'alignement, à l'alignement.

Il s'emploie surtout en parlant d'une Troupe. Un bon alignement. Un alignement défectueux. Se jeter en dehors de l'alignement. Rentrer dans l'alignement. On commande À droite ou à gauche, alignement, Alignez-vous en regardant à votre droite, à votre gauche; et de même, Sur le centre, alignement.

 

ALIGNER

 

v. tr.

Ranger, dresser sur une même ligne droite. Il se dit ordinairement des Bâtiments et des jardins. On n'a pas bien aligné cette muraille, cette allée. Cette nouvelle rue est bien alignée.

Aligner une troupe, des soldats, Les ranger, les disposer exactement en ligne droite. Aligner le premier rang. Alignez-vous. Le bataillon s'est aligné en un clin d'oeil.

Fig., Aligner ses phrases, aligner ses mots, Mettre beaucoup d'ordre, de régularité dans ce qu'on écrit ou ce qu'on dit.

S'ALIGNER signifie aussi, dans la langue familière, Se mettre en ligne pour se battre en duel.

 

ALIMENT

 

n. m.

Ce qui se mange et sert à entretenir la vie. Le pain est un bon aliment. Les aliments les plus simples sont les plus sains. Des aliments légers, substantiels, lourds.

Il signifie aussi Action de nourrir. Des biens destinés pour l'aliment des pauvres. Ce sens est peu usité.

ALIMENTS, au pluriel, s'emploie en termes de Droit pour exprimer Tout ce qu'il faut pour nourrir et entretenir une personne. Les enfants doivent des aliments à leurs père et mère et autres ascendants qui sont dans le besoin. On lui adjugea une pension pour ses aliments. ALIMENT se dit souvent au figuré de Ce qui entretient quelque chose. Le bois est l'aliment du feu. Les sciences sont l'aliment de l'esprit. C'est un esprit vif, il faut lui donner de l'aliment. L'aliment des passions. L'aliment des factions.

 

ALIMENTAIRE

 

adj. des deux genres

. Qui est propre à servir d'aliment. Les substances alimentaires. Plantes alimentaires.

En termes de Médecine, Régime alimentaire, Régime que l'on suit à l'égard des aliments.

En termes de Droit, Pension alimentaire, Pension réglée par autorité de justice ou par convention entre les parties, et, Provision alimentaire, Somme accordée par provision à l'une des parties pour vivre, en attendant le jugement du fond de l'affaire.

 

ALIMENTATION

 

n. f.

Action d'alimenter, de s'alimenter. Substituer un mode d'alimentation à un autre. Magasin, société d'alimentation. L'alimentation d'une machine.

 

ALIMENTER

 

v. tr.

Pourvoir des aliments nécessaires. Le marché ne fournit pas de quoi alimenter la ville. Ces provinces alimentaient la capitale de l'empire.

Il s'emploie aussi figurément et signifie Entretenir quelque chose. Ces matières alimentaient l'incendie. Cette nouvelle alimente les conversations, les journaux. Alimenter la haine, la sédition.

 

ALINÉA

 

Locution

empruntée du latin. En s'écartant de la ligne. Ce mot s'écrivait autrefois " a linea ". Quand on dictait à quelqu'un, on disait A linea, c'est-à-dire Quittez la ligne où vous en êtes et commencez-en une autre au-dessous.

Il ne s'emploie plus guère que comme nom masculin et désigne une ou plusieurs Phrases d'un écrit, d'un livre, séparées des précédentes et des suivantes par des intervalles laissés en blanc. Lisez jusqu'au premier alinéa. Observez les alinéas. Le premier mot d'un alinéa doit rentrer sur les autres lignes. Le premier alinéa de ce chapitre est fort long. Un alinéa très court.

 

ALIQUOTE

adj. des deux genres

. T. de Mathématiques

. Qui est contenu un nombre exact de fois dans un tout. Parties aliquotes. Trois est une partie aliquote de douze. Le pouce était une partie aliquote du pied.

En termes de Musique, Sons aliquotes, Les harmoniques d'un son principal que produisent une corde, un corps mis en vibration.

Il se prend quelquefois comme nom féminin. Deux est une aliquote de six.

 

ALISE

 

n. f.

Fruit de l'alisier.

 

ALISIER

 

n. m.

T. de Botanique

. Arbre de la famille des Rosacées, qui porte des alises et qui croît naturellement dans les bois. On cultive plusieurs espèces d'alisiers. Alisier blanc. Alisier de Fontainebleau, etc.

 

ALITER

 

v. tr.

Forcer à se mettre au lit, à garder le lit. Cette blessure l'a alité pendant trois mois.

S'ALITER signifie Se mettre, se tenir au lit pour cause de maladie. Il y avait longtemps qu'il traînait; enfin il a été contraint de s'aliter.

 

ALIZÉ

 

adj. m.

T. de Marine

. Il se dit de certains vents qui règnent entre les deux tropiques et qui soufflent de l'est à l'ouest. Vents alizés.

 

ALKÉKENGE

 

n. m.

T. de Botanique . Plante de la famille des Solanées qui croît dans les haies et dans les vignes et dont le fruit est une baie légèrement aigrelette, renfermée dans une vésicule rougeâtre.

 

ALKERMÈS

 

(On prononce l'S.)n. m.

T. de Pharmacie

, emprunté de l'arabe. Médicament extrait du kermès.

Il se dit aussi d'une Liqueur colorée avec le kermès.

 

ALLAH

 

(On prononce les deux L.)n. m.

Nom que les Mahométans donnent à Dieu et qui est leur exclamation ordinaire de joie, de surprise, de crainte, etc. Par Allah! Ils crièrent Allah!

 

ALLAITEMENT

 

n. m.

Action d'allaiter. La santé de la nourrice a forcé d'abréger le temps de l'allaitement. Allaitement maternel, au sein, au biberon.

 

ALLAITER

 

v. tr.

Nourrir de son lait. La nourrice qui l'a allaité. Une mère qui allaite son enfant. La louve qui allaita Rémus et Romulus.

 

ALLANT, ANTE

 

adj.

Qui aime à aller et venir; qui montre de l'activité. Il est encore fort allant, malgré son âge, pour son âge.

Il s'emploie aussi comme nom masculin pluriel par opposition à VENANTS. Les allants et venants. À tous allants et venants. Cette maison est ouverte aux allants et venants.

Fam., Avoir de l'allant, Avoir de l'initiative, de l'entrain.

 

ALLANTOÏDE

n. f.

T. de Physiologie

. Membrane qui appartient au foetus de certains animaux.

 

ALLÉCHANT, ANTE

 

adj.

Qui allèche. Plat alléchant.

Fig., il signifie Qui attire, qui séduit. Promesse alléchante.

 

ALLÈCHEMENT

 

n. m.

Action d'allécher. Les allèchements du plaisir, de la faveur. Présenter des allèchements à des gens qu'on veut séduire.

 

ALLÉCHER

 

(J'allèche, nous alléchons.)v. tr.

Attirer par quelque appât. On allèche les souris avec du lard, avec des noix.

Il s'emploie plus souvent au figuré et signifie Attirer par le plaisir, par l'espérance, par la séduction, etc. On l'avait alléché par la promesse d'une grande place.

 

ALLÉE

 

n. f.

Action d'aller. Il s'emploie particulièrement dans l'expression Allées et venues, signifiant les Pas, les démarches que l'on fait pour une affaire. Faire des allées et venues. Après plusieurs allées et venues, il fut conclu que... Il a perdu son temps en allées et venues.

ALLÉE se dit aussi d'un Passage entre deux murs parallèles qui conduit de l'entrée d'une maison dans l'intérieur. Longue allée. Allée obscure. Allée étroite. Il ne faut pas embarrasser l'allée. La porte, l'issue d'une allée. On préfère les maisons à porte cochère aux maisons à allée.

Il se dit encore d'un Lieu propre à se promener, qui s'étend en longueur et qui est bordé d'arbres ou de verdure. Ce bois percé d'allées est fort agréable. Il se promène dans la grande allée du jardin. Longues allées. Belles allées. Allée double. Allée droite. Allée tortueuse. Allée à perte de vue. Allée couverte. Allée sablée. Planter des allées d'ormes, de tilleuls, de noyers, etc.

ALLÉGATION

 

n. f.

Ce qui est allégué. Il répondit fort habilement aux allégations de son adversaire. Justifier une allégation.

 

ALLÈGE

 

n. f.

T. de Marine

. Embarcation qui sert à alléger un bâtiment, à le décharger de ce qu'il y a de trop, ainsi qu'à le charger. L'allège d'un bâtiment. Il y a des allèges assez grandes pour pouvoir naviguer le long des côtes.

En termes d'Architecture, il se dit d'un Petit mur construit dans la partie inférieure d'une baie de fenêtre, pour servir de garde- fou et porter l'appui.

 

ALLÉGEANCE

 

n. f.

Soulagement, adoucissement. Il a vieilli.

Il signifiait, en termes de Droit féodal, le Fait d'être un homme lige d'un suzerain. Serment d'allégeance. Serment de fidélité à un roi.

 

ALLÉGEMENT

 

n. m.

Action d'alléger. Donner allégement à un plancher, à un bateau. Recevoir allégement, de l'allégement. Fig., Ce sera pour les contribuables un sérieux allégement. Ne sentez-vous point d'allégement à votre mal?

 

ALLÉGER

 

(J'allège; nous allégeons.)v. tr.

Soulager d'une partie d'un fardeau. Alléger un bateau. Le plancher est trop chargé, il faut l'alléger : S'alléger pour marcher avec plus de facilité.

Il signifie aussi Diminuer un poids, un fardeau, le rendre plus léger. Alléger le fardeau de quelqu'un. Alléger la charge d'un cheval.

Il s'emploie figurément dans les deux acceptions. Alléger les contribuables. Alléger les charges publiques. Alléger la douleur de quelqu'un, alléger ses scrupules. Ma douleur s'est un peu allégée. Familièrement, Alléger quelqu'un de sa bourse.

 

ALLÉGER

 

v. tr.

T. d'Arts

. Rendre plus léger en diminuant le volume, l'épaisseur. Alléger une poutre, une planche.

En termes de Manège, il signifie Rendre un cheval plus loger en avant ou en arrière, suivant la position du corps du cavalier.

 

ALLÉGORIE

 

(Dans ce mot et dans ses dérivés, on prononce les deux L.)n. f. Procédé qui consiste à présenter un objet à l'esprit de manière à lui donner l'idée d'un autre. Le bandeau, les ailes et l'enfance de Cupidon sont une allégorie qui représente le caractère et les effets de la passion de l'amour. Les mystères des Grecs et des Égyptiens étaient remplis d'allégories. Les allégories en peinture sont généralement froides.

Il se dit également, en termes de Rhétorique, d'une Figure, qui n'est autre chose qu'une métaphore prolongée.

 

ALLÉGORIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui a rapport à l'allégorie. Discours allégoriques. Termes allégoriques. Sens allégorique. Explication allégorique. Personnage allégorique. Le merveilleux allégorique est employé dans " la Henriade ". Le " Roman de la Rose " n'est un poème allégorique. " La Justice et la Vengeance divine poursuivant le Crime ", de Prudhon, est un tableau allégorique.

 

ALLÉGORIQUEMENT

 

adv.

D'une manière allégorique. Cela doit s'entendre allégoriquement et non littéralement. Les Prophètes parlent quelquefois allégoriquement.

 

ALLÉGORISER

 

v. tr.

Expliquer selon le sens allégorique. Les Pères de l'Église ont allégorisé presque tout l'Ancien Testament.

ALLÉGORISEUR

 

n. m.

Celui qui allégorise. Il ne se dit guère qu'en mauvaise part, en parlant de Quelqu'un qui s'attache à chercher dans tout un sens allégorique. Il est vieux.

 

ALLÉGORISTE

 

n. m.

Celui qui explique un texte, un auteur dans un sens allégorique. Origène est un grand allégoriste.

 

ALLÈGRE

 

(Dans ce mot et dans ses dérivés, on prononce les deux L.)adj. des deux genres . Qui est prompt et animé dans tout ce qu'il fait. Il est toujours allègre. Il est sain et allègre. Une humeur, un esprit allègre.

 

ALLÉGREMENT

 

adv.

D'une manière allègre. Marcher allégrement. Allons, mes amis, allégrement.

 

ALLÉGRESSE

 

n. f.

Joie qui se manifeste au dehors. Il reçut cette nouvelle avec une grande allégresse.

Il se dit plus ordinairement d'une Joie publique. Cris d'allégresse. L'allégresse de la victoire. L'allégresse publique. Des transports d'allégresse.

Les sept Allégresses de la Vierge, Les circonstances heureuses de sa vie célébrées par des prières.

 

ALLÉGRETTO

 

adv.

Diminutif du mot suivant. D'un mouvement très vif.

 

ALLÉGRO

adv.

T. de Musique

emprunté de l'italien. D'un mouvement vif. On le met au commencement d'un morceau de musique pour indiquer qu'il doit être joué ou chanté d'un mouvement vif.

Il se dit comme nom de l'Air même. Jouer un allégro. Des allégros.

 

ALLÉGUER

 

v. tr.

Citer comme autorité, comme preuve de ce qu'on affirme. Alléguer un passage, un texte. Alléguer des auteurs. C'est un tel qui m'a donné cette nouvelle, je vous allègue mon auteur. On dit mieux Je vous cite mon auteur.

Il signifie aussi simplement Mettre en avant. Alléguer des raisons. Alléguer des excuses. Il allégua pour raison que... Les juges sont obligés de juger selon ce qui est allégué et prouvé. Alléguerez-vous que...

 

ALLÉLUIA

 

(On prononce Alléluiya.)n. m.

Mot emprunté de l'hébreu, qui signifie Louez le Seigneur. T. de Liturgie . Cri de joie qui termine certaines hymnes, particulièrement au temps de Pâques. Chanter l'Alléluia. Chanter des Alléluias.

Il se dit aussi, en termes de Botanique, d'une Petite plante qui fleurit vers le temps de Pâques, dont les feuilles ont un goût aigrelet et qui fournit le sel d'oseille.

 

ALLEMANDE

 

n. f.

Espèce de danse vive et gaie, dont l'usage a passé de l'Allemagne dans d'autres pays. Danser l'allemande, une allemande.

Il se dit aussi des Airs sur lesquels on exécute cette sorte de danse. Jouer une allemande sur le piano. Recueil d'allemandes.

 

ALLER

 

(Je vais, tu vas, il va; nous allons, vous allez, ils vont. J'allais. J'allai. Je suis allé. J'irai. J'irais. Va. Que j'aille, que tu ailles, qu'il aille; que nous allions, que vous alliez, qu'ils aillent. Que j'allasse. Allant. Allé. On dit quelquefois Je fus, j'ai été, j'avais été, j'aurais été, pour J'allai, je suis allé, je serais allé. Voyez le verbe ÊTRE.)v. intr. Se mouvoir, se transporter; être mû, transporté d'un lieu à un autre.

Il s'applique aux personnes et aux choses et s'emploie soit seul.¸Ne faire qu'aller et venir. Marchez, allez donc. Ce pauvre homme ne peut plus aller, tant il est fatigué. Soit suivi d'un complément. Aller à Rome, en Espagne, aux Indes. Aller à la ville, à la campagne. Aller d'un lieu à un autre. Aller de ville en ville. Y va-t-il? Vas-y. Les fleuves vont à la mer. Aller près. Aller loin. Je vais à deux pas. Aller vite. Aller doucement. Aller clopin-clopant. Aller comme le vent. Ce cheval va au trot, au galop; il va le pas, l'amble, le grand galop; il va bon train. Le vaisseau allait à pleines voiles. Aller en avant, en arrière. Aller à tâtons. Aller devant soi, droit devant soi. Aller contre le courant de l'eau. Aller contre vent et marée. Aller sur la terre. Aller sur l'eau. Aller par monts et par vaux. Aller par terre, par eau, par mer. Aller par le chemin le plus court, par un chemin de traverse. Aller par la grande route, par un sentier. Aller à travers les bois, à travers champs. Aller à pied, à cheval, à âne, à bicyclette, en voiture, en automobile, en bateau, par la diligence. Aller sur un pied ou à cloche-pied. Ces bâtiments vont à voile et à rame. Les girouettes vont selon le vent. Aller à la file les uns des autres. Aller les uns après les autres. Aller de compagnie. Aller en troupe. Aller par troupes.

Souvent, le complément d'ALLER indique le Motif ou la Fin de l'action. Aller à la messe, au sermon, à confesse. Aller à la promenade, au bal, au spectacle. Aller à la guerre, à l'armée, à un siège. Aller à la chasse, à la pêche, en vendange. Aller en ambassade, en pèlerinage. Aller au-devant de quelqu'un, à la rencontre de quelqu'un. Aller aux nouvelles. Aller à la découverte. Aller au supplice, à la mort.

Aller au combat, S'avancer pour combattre. Aller à l'ennemi, aux ennemis, S'avancer vers les ennemis pour les combattre, pour les charger. Aller au feu, S'exposer au feu des ennemis. Ce soldat va au feu gaiement.

Aller au bois, à l'eau, etc., Aller en quelque endroit pour s'y pourvoir de bois, d'eau, etc. On dit de même Aller à la provision.

Aller au ministre, à l'évêque, etc., S'adresser au ministre, à l'évêque, etc. Pour cela il vous faut aller au ministre.

Cette affaire s'en va au diable, à tous les diables, se dit d'une Affaire qui tourne mal, qu'on regarde comme manquée, comme perdue. Allez au diable, à tous les diables, est une expression d'impatience, de colère, une sorte d'imprécation. Aller à la diable, Très mal.

Aller aux opinions, aux voix, Recueillir les opinions, les voix. On dit de même Aller aux avis.

Aller aux renseignements sur quelqu'un, S'adresser à ceux qui peuvent donner des renseignements sur quelqu'un. Aller aux informations.

Aller au plus pressé, S'occuper d'abord de l'affaire qui souffrirait le plus d'un retardement.

Ce vase va au feu, Il résiste à l'action du feu, on y peut faire cuire ou chauffer quelque chose sans craindre qu'il se casse, qu'il éclate. On dit dans un sens analogue Cette étoffe va à la lessive, etc.

Aller de pair, Être égal, être pareil. Il va de pair, pour la dépense, avec les gens les plus riches. Cicéron va de pair avec Démosthène. Ces deux avocats vont de pair.

En termes d'Escrime, Aller à la parade, Parer un coup.

L'infinitif présent qui suit ALLER peut exprimer aussi le Motif ou la Fin de l'action. Aller se promener. Aller travailler. Aller étudier. Aller le trouver. J'irai lui parler. Va l'en informer. Va en savoir des nouvelles. Allez me chercher cela.

Allez vous promener, qu'il aille se promener, se dit lorsqu'on s'impatiente contre un importun, lorsqu'on se met en colère contre quelqu'un.

ALLER, suivi d'un infinitif, sert encore à marquer qu'une Chose est sur le point d'être faite, d'avoir lieu. Nous allons voir ce qu'il dira. Ils vont partir. Je vais y aller. Elle va chanter, danser. Allez-vous recommencer vos doléances? Le jour va finir. Un homme qui va mourir. Le sermon va commencer. On va se mettre à table. J'allais me coucher quand il est venu. La contestation allait finir lorsque vous êtes parti. Il jugea que l'affaire allait se terminer heureusement.

ALLER se joint au gérondif d'un verbe pour exprimer, avec l'idée d'un mouvement, Celle d'une certaine durée de l'action. Un ruisseau qui va serpentant. Ce tour a vieilli.

Fig., Le mal, l'inquiétude, etc., va croissant, va toujours croissant, Croît de plus en plus. On dit aussi Aller en augmentant, en diminuant, en déclinant, etc.

Par analogie, ALLER signifie aussi Marcher, fonctionner en parlant d'un mécanisme. Une montre qui va trente heures. Cette horloge va bien, va mal. Ce ressort, cette machine ne va plus. Faire aller un moulin. Il y a quelque chose qui empêche la roue d'aller. On dit dans un sens analogue Son pouls va bien, Le mouvement de son pouls est bien réglé.

Il se dit pour marquer l'Écoulement du temps qui a été employé à quelque chose. Ces ouvriers vont bien lentement. Ce bâtiment-là est allé fort vite. Cet enfant va sur quatre ans, sur ses quatre ans, Il aura bientôt quatre ans.

Il se dit aussi pour marquer l'Étendue de certaines choses. La forêt va depuis le village jusqu'à la rivière. Son manteau va jusqu'à terre.

Il sert également à marquer où mène un chemin, où il aboutit. Ce sentier va à la fontaine. Ce chemin va droit à la ville.

Il sert de même à indiquer la Direction des choses. Cette allée va en pente, va en montant. Cette pièce de terre va en pointe. Cette étoffe va de biais.

Il se dit quelquefois pour indiquer à quoi se montent des nombres, des sommes, des supputations. Ce calcul va bien haut. Les nouvelles levées vont à trente mille hommes. La dépense ira plus loin qu'on ne croit.

ALLER sert aussi à marquer, tant au propre qu'au figuré, le Progrès, en bien ou en mal, des personnes ou des choses. Cela va. Cela ira. Vous n'allez pas. Il n'y a point d'homme dont l'esprit aille jusque-là. Son imagination va si loin qu'elle se perd. Le raisonnement des plus habiles ne va pas bien avant. Cette vengeance est allée trop loin. Son amour va jusqu'à la folie. Il ira loin. Cette affaire ira plus loin qu'on ne pense. Cela va de mal en pis. Il va de mieux en mieux.

Cette chose va de suite, elle doit aller de suite, Elle est la conséquence naturelle, nécessaire de telle autre chose. On dit aussi Cela va de soi.

ALLER sert particulièrement à désigner la Fin, le résultat de quelque chose. Tous ses voeux vont à la paix, vont au bien de l'État. Toute son entreprise est allée en fumée, est allée à rien. Cette affaire peut aller à vous perdre. Cela va à vous déshonorer.

Il se dit également en parlant de l'État bon ou mauvais des personnes ou des choses. Comment va votre santé? Comment allez-vous? Il va bien. Tout va bien. Le commerce ne va pas, ne va plus. Ses affaires vont bien, vont mal, ne vont pas trop bien. Sa digestion va bien, va mal. Le feu va. Cet homme va encore. Ce cheval ne peut plus aller.

ALLER signifie encore Manière dont on agit, dont on se comporte en de certaines choses, et, dans cette acception, on l'emploie souvent avec la particule y. Aller vite en besogne. Il ne faut pas reprendre avec aigreur, il faut y aller doucement. Il n'y faut pas aller si rudement. La chose est bonne en elle-même, mais il faut y aller avec de grandes précautions. Il y va de bonne foi. Aller contre la volonté, contre les intentions, les ordres de quelqu'un. Aller à la fortune par des voies honorables, par de mauvaises voies. Aller aux grands emplois par la faveur. Aller d'abord aux grands desseins. C'est un homme qui va droit en tout. Il va au fait. Aller droit au fait. Aller au but. Aller droit au but.

C'est un homme fait pour aller à tout, C'est un homme qui, par son mérite, par ses talents, est fait pour arriver aux plus hauts emplois ou aux plus grands honneurs.

ALLER sert en outre à marquer la Manière dont une chose est faite, est mise, est disposée, la manière dont elle sied à quelqu'un, et alors il se dit surtout de Ce qui regarde l'habillement. Un chapeau qui va mal. Cet habit ne va pas bien. Cette couleur va aux blondes, ne va pas bien aux brunes. Sa perruque lui va mal.

Ces choses vont bien ensemble, vont bien l'une avec l'autre, Elles s'accordent bien ensemble. Le bleu et le rose vont bien ensemble. Ces deux couleurs vont bien l'une avec l'autre. Cette couleur va bien avec telle autre. Ces deux chevaux vont bien ensemble.

Cette chose va bien à telle autre, sur telle autre, Mise, appliquée sur telle autre, elle y produit un effet agréable. Cette garniture va bien à cette robe. Ce ruban va bien à votre chapeau. Cette broderie va très bien sur ce fond-là.

Cette chose va à telle autre signifie aussi Elle s'y adapte, elle s'y ajuste bien. Cette clef va, ne va pas à cette serrure. On dit de même Ces bottines me vont, ne me vont pas.

Ces choses vont ensemble, se dit de Certaines choses qui sont appariées et qui ne se vendent point, qui ne s'emploient pas séparément. Ces deux gants-là vont ensemble. Ces deux bas vont l'un sur l'autre. Ces quatre estampes vont ensemble.

Cela va par-dessus le marché, se dit d'une Chose donnée gratuitement, en considération d'un marché conclu, d'une vente faite.

ALLER, mis à l'impératif, sert également à Faire des souhaits, des exhortations ou des menaces et à marquer de l'indignation. Allez en paix. Allons, enfants, courage. Va, malheureux. Va, misérable. Allez, n'avez-vous point de honte? Allez, vous me faites horreur! Allez, je vous retrouverai.

Il sert quelquefois à Affirmer avec plus de force. Ainsi on dit : Allez, nous en viendrons à bout. Il fera votre affaire, allez. N'allez pas vous imaginer, n'allez pas croire, Ne vous imaginez pas, ne croyez pas.

ALLER se dit, en termes de jeux de Cartes, en parlant de Ce que l'on hasarde au jeu. De combien allez-vous? J'y vais de cinq francs. Il y va de son reste. Rien ne va plus. Va tout. Cette locution s'emploie comme nom. Il joue son va-tout.

ALLER, joint à l'adverbe y et employé comme verbe impersonnel, sert à marquer de quoi il s'agit, de quelle importance est la chose dont on parle. Quand il devrait y aller de tout mon bien. Songez qu'il y va de votre fortune. C'est une affaire où il y va de l'intérêt public. Dans cette affaire il n'y allait pas moins que de son honneur et de sa vie. Souvenez-vous qu'il y va du salut éternel. Lorsque, dans cette signification, l'on se sert du temps Irait, on supprime, pour l'euphonie, l'adverbe y. Quand il irait de tout mon bien, quand il irait de ma vie; et, en général, dans tous les sens du verbe Aller, la particule y se supprime devant les temps Irais et Irai. Avez-vous été à Paris? J'irai. Ira-t-il à Rome? Il ira.

ALLER s'emploie aussi comme impersonnel, étant précédé de l'adverbe en. Ainsi on dit Il en va de cette affaire-là comme de l'autre. Il n'en ira pas de cela comme vous pensez.

Il signifie quelquefois Faire ses nécessités naturelles. Le remède qu'il a pris l'a fait aller cinq ou six fois.

Aller par haut, Vomir. Un remède qui fait aller par haut et par bas.

ALLER, précédé du verbe Laisser, forme une locution qui signifie Ne pas empêcher d'aller, ou simplement Ne plus retenir, lâcher. Je le laisse aller où il veut. On a laissé aller le prisonnier. Je vais crier, si vous ne me laissez aller. Laissez-la donc aller. On les a toutes laissées aller. Laissez aller cette corde.

Laisser tout aller sous soi, Ne pouvoir retenir ses matières intestinales. Ce malade, cet enfant laisse tout aller sous lui.

Fig. et fam., Laisser tout aller, Négliger entièrement ses affaires, ou la gestion, l'administration dont on est chargé.

Se laisser aller, Ne pas faire la résistance qu'on pourrait ou qu'on devrait faire, s'abandonner. Se laisser aller à l'entraînement de la coutume. Se laisser aller au torrent. Se laisser aller à la tentation. Se laisser aller aux mauvais exemples. Se laisser aller à la douleur, à la tristesse, au désespoir. Je me suis laissé aller à ses prières, à ses sollicitations. Se laisser aller à la faveur, aux présents. Elle s'est laissée aller à sa passion.

Absolument, Cet homme se laisse aller, C'est un homme facile et on fait de lui tout ce qu'on veut. Cela se dit aussi d'un homme qui se néglige, qui ne prend aucun soin de sa personne. ALLER, précédé du verbe Faire, forme une locution qui signifie Leurrer quelqu'un par des promesses illusoires; quelquefois Obtenir des services qu'il ne doit pas. Il s'entend à faire aller son monde. Il m'a bien fait aller. Comme elle le fait aller! Il est familier.

S'EN ALLER signifie Partir, sortir d'un lieu. Il s'en va. Ils s'en iront bientôt. Il s'en est allé. Elles s'en sont allées. Il faut que tout le monde s'en aille. Allez-vous-en. Allons- nous-en d'ici. Va-t'en. Va-t'en porter ma lettre.

Il s'emploie aussi en parlant des choses et signifie S'écouler, se dissiper, s'évaporer. Ce tonneau de vin s'en va, Le vin qui est dans ce tonneau s'écoule, s'enfuit. Tout le vin s'en ira par là, si on n'y prend garde. La fumée s'en va par la chambre. Si l'on ne bouche bien cette fiole, tout l'esprit-de-vin s'en ira.

Il se dit pareillement de Tout ce qui commence à se passer, à s'effacer. On ne croit pas que sa fièvre s'en aille sitôt. Son mal s'en va peu à peu. Son rhumatisme s'en est allé par les sueurs. Sa beauté s'en va. L'éclat de son teint commence à s'en aller.

Il se dit également de Tout ce qui se dissipe, se consume, s'use en quelque manière que ce soit. Tout son argent s'en va en procès. Tout son temps s'en est allé à cette affaire. Voilà un habit qui s'en va.

Il se dit de même en parlant du Déclin de la vie, des approches de la mort. Cet homme est bien mal, il s'en va, il s'en ira avec les feuilles. Ce malade s'en va. On dit dans le même sens Cet homme s'en va mourir, s'en va mourant.

Fam., Faire en aller (avec ellipse du pronom personnel), Faire que quelqu'un ou quelque chose s'en aille. Faire en aller les punaises, les rousseurs, la fièvre. Un acide pour faire en aller les taches.

En termes de jeu de Cartes, S'en aller d'une carte, Se défaire d'une carte, la jouer. Allez-vous-en de votre carreau. Je m'en suis allé de mon roi de pique. S'en aller des plus hautes cartes.

ALLER s'emploie dans diverses phrases proverbiales et familières.

Fig., Aller son chemin, Poursuivre son entreprise, ne pas se détourner de la conduite qu'on a commencé à tenir. Aller son petit bonhomme de chemin, Vaquer à ses affaires, poursuivre ses entreprises tout doucement et sans éclat. Aller son grand chemin, N'entendre point de finesse à ce qu'on fait, à ce qu'on dit. Aller le droit chemin, Procéder avec sincérité, sans nulle tromperie.

Fig., Il ne faut pas aller par quatre chemins, Il faut s'expliquer franchement, il ne faut pas chercher tant de détours.

Aller vite en besogne, Agir avec précipitation.

Fig., Aller aux nues, Avoir un succès éclatant. Cette tragédie, cette comédie est allée aux nues.

Fig. et prov., Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse, Une action hasardeuse, souvent répétée, finit par devenir funeste.

Tous chemins vont à Rome, Divers chemins mènent au même endroit; et, figurément, Divers moyens conduisent à la même fin.

Fig., Il va comme on le mène, Il n'est pas capable de prendre une résolution de lui- même.

Fig., Il s'en est allé comme il était venu, Il n'a rien obtenu de ce qu'il désirait.

Cela va tout seul, La chose est aisée, elle n'offre point, elle ne souffre point de difficulté. Cela va comme il plaît à Dieu, C'est une affaire négligée, mal menée, dont on ne prend aucun soin. Tout va à la débandade, Tout va en désordre.

Cela va sans dire, Cela va de soi, C'est une chose tellement certaine, incontestable, ou tellement claire, naturelle, qu'il est inutile d'en parler, de la dire, de l'expliquer. On dit dans le même sens Il va sans dire que...

Fig., Tout s'en est allé en fumée, On n'a obtenu aucun résultat.

Fig., Tout y va, la paille et le blé, On n'y a rien épargné.

N'y pas aller de main morte, Frapper rudement; et, au figuré, Mettre de la rudesse, de la violence dans une discussion verbale ou par écrit.

Y aller rondement, y aller de franc jeu, y aller bon jeu, bon argent, Parler, agir sans détour, franchement, loyalement.

ALLER se prend comme nom dans quelques locutions. L'aller et le retour. Un billet d'aller et de retour.

Prov., Au long aller, petit fardeau pèse, Il n'y a point de charge si légère qui ne devienne pénible à la longue.

Le pis aller, Le pis qu'il puisse arriver, le moindre avantage qu'on puisse avoir. S'il ne réussit pas dans sa nouvelle carrière, son pis aller sera de rentrer dans celle qu'il a quittée. Si vous ne trouvez mieux, je serai votre pis aller.

Au pis aller se dit adverbialement du Plus grand mal ou du moindre avantage qui puisse résulter de quelque chose. Au pis aller, il en sera quitte pour une amende.

 

ALLEU

 

n. m.

T. de Droit féodal

. Il n'est guère usité que dans la locution Franc-alleu, Fonds de terre, soit noble, soit roturier, exempt de tous droits seigneuriaux. Toutes ces terres étaient des francs-alleux. On disait de même Tenir, posséder une terre en franc- alleu.

 

ALLIACÉ, ÉE

adj.

Qui tient de l'ail. Une odeur alliacée.

 

ALLIAGE

 

n. m.

Combinaison d'un métal avec un ou plusieurs autres métaux. Les monnayeurs doivent faire l'alliage selon les lois et règlements. Faire un alliage. Le bronze, le cuivre jaune sont des alliages.

Il se dit quelquefois des Métaux mêmes que l'on combine avec un métal plus précieux. L'argent et le cuivre servent d'alliage à l'or. De l'or sans alliage.

Il s'emploie aussi figurément. Il y a peu de vertus humaines sans quelque alliage.

 

ALLIAIRE

 

n. f.

T. de Botanique

. Plante de la famille des Crucifères qui a une odeur d'ail et qui est très commune.

 

ALLIANCE

 

n. f.

Union entre personnes, qui est le résultat d'une entente ou d'un pacte. En termes d'Écriture sainte, Ancienne alliance, L'alliance que Dieu contracta avec Abraham et ses descendants; et Nouvelle alliance, L'alliance que Dieu a contractée par l'Incarnation et par la Rédemption avec tous ceux qui croiraient en JÉSUS-CHRIST. L'ancienne alliance a duré depuis la vocation d'Abraham jusqu'à la venue du Messie. La nouvelle alliance dure depuis la venue du Messie et durera jusqu'à la consommation des siècles.

Arche d'alliance. Voyez ARCHE.

En termes de Politique, il se dit de l'Union, de la confédération qui se fait entre deux ou plusieurs États pour leurs intérêts communs. Ce peuple avait une ancienne alliance avec la France. Acte d'alliance. Traité d'alliance. La Sainte-Alliance. Alliance offensive et défensive. Faire alliance avec un peuple. Contracter, conclure une alliance. L'alliance qui existe entre ces deux souverains. Ils ont formé une alliance redoutable. Renouveler une alliance. Rompre une alliance. Deux partis font alliance, ont contracté une alliance, etc.

Il se dit également des Liens contractés par le mariage. Il a fait une grande alliance, une alliance honorable en mariant sa fille à un tel. L'histoire a enregistré de nombreuses alliances entre ces deux maisons. Se pousser dans le monde par des alliances profitables. Bague, anneau d'alliance, ou, absolument, Alliance, désigne la Bague d'or ou d'argent, symbole de l'union contractée par le mariage. Acheter une alliance. Porter au doigt une alliance.

Cousin, neveu par alliance, se dit d'une Affinité entre un époux et les parents de l'autre époux.

Il se dit aussi d'une Affinité spirituelle. Voyez AFFINITÉ.

Il signifie figurément Union et mélange de plusieurs choses différentes, opposées, disparates. Faire une alliance du sacré et du profane, du vice et de la vertu. La hardiesse de certaines alliances de mots. L'hémistiche, Il aspire à descendre, offre une heureuse alliance de mots.

 

ALLIER

 

v. tr.

Unir par une entente, un pacte. L'intérêt a allié ces deux peuples. En termes de Politique, ce verbe est surtout pronominal. Ces deux républiques s'allièrent ensemble.

Il signifie figurément Joindre ensemble des choses différentes, opposées, disparates. Allier la force à la prudence. Allier les plaisirs avec les devoirs. Il sait allier l'esprit du monde avec celui de la religion. Ce poète a l'art d'allier les mots qui semblent le moins faits pour être unis. Ces deux qualités ne peuvent s'allier, ne s'allient que difficilement. Ces mots ne s'allient pas l'un avec l'autre, etc.

ALLIER signifie particulièrement Unir par les liens du mariage. Allier une maison, une famille à une autre. Il s'est allié en bon lieu. Il veut se bien allier. S'allier à une bonne famille, avec une bonne famille. Ces deux familles se sont alliées.

Il se dit spécialement, en termes d'Arts, de l'Action de combiner les métaux. Allier l'or avec l'argent. Ces deux métaux ne s'allient point, ne peuvent s'allier ensemble.

Le participe passé ALLIÉ, ÉE, s'emploie aussi adjectivement avec le sens de Qui est uni par une entente, un pacte politique ou par des liens résultant du mariage. Peuples alliés. Nations alliées. Ils étaient alliés entre eux par suite d'un second mariage.

Il s'emploie aussi comme nom. Intervention des alliés. L'armée des alliés. Les parents et alliés.

 

ALLIER

 

n. m.

T. de Chasse

. Sorte de filet à prendre des perdrix. Il est plus usité au pluriel qu'au singulier. Nous avons pris tant de perdrix avec des alliers. On écrit aussi HALLIER.

 

ALLIGATOR

n. m.

T. de Zoologie

. Reptile saurien qui a la tête plus ramassée que le crocodile et qui vit dans les fleuves du nord de l'Amérique du Sud et dans certains fleuves de Chine. On l'appelle aussi CAÏMAN.

 

ALLITÉRATION

 

(Dans ce mot et dans les quatre suivants, on prononce les deux L.) n. f. T. de Grammaire

. Figure de mots qui consiste dans la répétition recherchée dans la même phrase de mots commençant par la même syllabe ou la même consonne. Repos et repas font gros et gras. Jeter feu et flamme.

 

ALLOCATION

 

n. f.

Action d'allouer ou Ce qui est alloué. Il n'a pu obtenir l'allocation de cette somme. On n'a pas accordé l'allocation demandée. Il n'a pas encore reçu son allocation.

 

ALLOCUTION

 

n. f.

Discours, en général de peu d'étendue, adressé par un supérieur à ceux qu'il commande ou qu'il dirige. Après cette courte et vive allocution, il les conduisit à l'ennemi. Ce chef de fabrique a adressé à ses ouvriers une allocution vraiment paternelle. Allocution papale. Allocution épiscopale.

En termes de Numismatique, il désigne les Médailles au revers desquelles les généraux ou les empereurs romains sont représentés sur un gradin, parlant à des soldats. Une allocution de Trajan bien conservée.

 

ALLODIAL, ALE

 

adj.

T. de Droit féodal

. Qui est tenu en franc-alleu. Terre allodiale. Biens allodiaux.

 

ALLODIALITÉ

 

n. f.

T. de Droit féodal

. Qualité de ce qui est allodial. L'allodialité d'une terre.