Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 355 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Endossement

 

n. m.

Ce qu'on écrit au dos d'un acte. Il se dit surtout, en termes de Commerce, de l'Ordre qu'on met au dos d'un billet, d'une lettre de change, pour en transférer la propriété à quelqu'un. Mettre l'endossement, son endossement sur une lettre de change. Cette lettre de change a plusieurs endossements. On dit plus souvent aujourd'hui ENDOS.

 

ENDOSSER

 

v. tr.

Mettre sur son dos. Endosser son habit, la cuirasse.

Il signifie aussi Prendre à sa charge une chose fâcheuse, en supporter la responsabilité. Il a endossé une sotte affaire.

En termes de Commerce, Endosser une lettre de change, un chèque, Mettre au dos l'ordre de payer à une autre personne la somme énoncée dans la lettre, dans le chèque.

 

ENDOSSEUR

 

n. m.

T. de Commerce

. Celui qui endosse une lettre de change, un chèque. Le tireur et les endosseurs d'une lettre de change sont garants solidaires de l'acceptation et du paiement à l'échéance.

 

ENDROIT

 

n. m.

Partie déterminée d'un espace. Voici l'endroit où l'on veut bâtir. Vous le trouverez à tel endroit.

Il se dit également de Toute place ou de toute partie déterminée d'une chose quelconque. À quel endroit du livre devra-t-on mettre cette gravure? L'endroit du corps où l'on reçoit une blessure, où l'on éprouve une douleur.

Il se dit encore d'une Partie d'un discours, d'un poème, d'un ouvrage d'esprit. Il y a un bel endroit dans ce discours. Il y a quelques endroits faibles dans cette tragédie. Vous avez ouvert ce livre au bon endroit. On dit plus souvent dans ce sens PASSAGE.

Fig., C'est son endroit faible, C'est son côté faible. Prendre quelqu'un par son endroit faible, Lui présenter les raisons, les motifs auxquels il est le plus disposé à céder.

C'est son endroit sensible, se dit en parlant des Choses dont quelqu'un est le plus touché. On dit, dans un sens analogue, Prendre quelqu'un par son endroit sensible.

À l'endroit de quelqu'un, À son égard, envers lui. Je suis bien disposé à son endroit.

Il désigne aussi le Côté qui, dans un objet à deux faces, est destiné à être vu. L'endroit d'une étoffe. Voilà l'endroit de ce drap. Quel est l'endroit? Étoffe à deux endroits, Étoffe dont les deux côtés sont semblables.

 

ENDUIRE

 

v. tr.

Couvrir d'un enduit, d'une matière qui forme enduit. Enduire une barque de goudron.

 

ENDUIT

 

n. m.

Couche de chaux, de plâtre, de ciment, ou de quelque autre matière semblable, que l'on applique sur les murailles. Un enduit de plâtre. Recouvrir d'un enduit.

Il se dit aussi de Quelques autres matières molles ou liquides dont on couvre la surface de certains objets. Un enduit de goudron. Le vernis est une espèce d'enduit.

Il se dit par analogie, en termes de Médecine, d'une Couche de matière, plus ou moins épaisse, qui revêt accidentellement la surface de certains organes. L'enduit muqueux, jaunâtre, blanchâtre de la langue.

 

ENDURANCE

 

n. f.

Faculté, force d'endurer la fatigue physique, les privations. Les troupes ont fait preuve pendant cette campagne d'une endurance remarquable. L'endurance d'un coureur de fond.

 

ENDURANT, ANTE

 

adj.

Qui a de l'endurance. L'exercice rend endurant.

Il signifie surtout Qui a de la patience. Il n'est guère endurant.

 

ENDURCIR

 

v. tr.

Rendre dur. Le grand air endurcit certaines pierres. Donner une nouvelle trempe à du fer pour l'endurcir davantage. Le corail s'endurcit à l'air. La plante des pieds s'endurcit.

Il signifie, par extension, Rendre fort, rendre robuste. Le travail endurcit le corps.

Il signifie au figuré Accoutumer à ce qui est dur, fâcheux, pénible. Il est bon d'endurcir de bonne heure les jeunes gens au travail, aux intempéries de l'air, aux privations. S'endurcir à la peine. S'endurcir à la douleur, à la fatigue. S'endurcir aux injures, aux affronts.

S'endurcir dans le vice, dans le crime, Contracter l'habitude du vice, du crime, au point de n'en avoir plus de honte, de remords. On dit aussi S'endurcir au crime.

Il signifie aussi Rendre impitoyable, insensible. L'avarice lui avait endurci le coeur. S'endurcir aux misères d'autrui. Un coeur qui s'est endurci.

Dans le langage de l'Écriture, Dieu endurcit le coeur des pécheurs, Il ferme leur coeur aux bonnes inspirations, il les abandonne à leur égarement. Dieu avait endurci le coeur de Pharaon.

Le participe passé ENDURCI, IE, s'emploie comme nom et se dit de Ceux qui ont perdu tout sentiment de piété. Ces hommes ne peuvent goûter les vérités évangéliques : ce sont des endurcis.

 

ENDURCISSEMENT

 

n. m.

État d'une âme qui a perdu tout sentiment de piété, de vertu, de bonté. Cela marque un grand endurcissement. Tomber dans l'endurcissement, l'endurcissement de coeur.

 

ENDURER

 

v. tr.

Souffrir, supporter avec fermeté, constance. Endurer du mal. Les peines, les tourments que j'endure. Endurer le froid, la faim, la soif. Endurer une injure, un affront. Endurer le martyre. J'en ai à endurer avec lui!

Il signifie par extension Permettre. N'endurez pas qu'on fasse tort à votre famille. On dit plus ordinairement Ne souffrez pas.

 

ÉNERGÉTIQUE

 

n. f.

T. de Physique et de Mécanique

. Science de l'énergie. Traité d'énergétique.

ÉNERGIE

 

n. f.

Force agissante. L'énergie musculaire. L'énergie d'un remède. Dans ce sens, il s'emploie aussi au pluriel pour désigner les forces naturelles. L'homme met à son service les énergies naturelles.

Il se dit particulièrement de la Vigueur d'âme et de la fermeté dans l'action. C'est un vieillard encore plein d'énergie. Doué d'énergie. Une âme, un caractère sans énergie. Un ministre plein d'énergie. Il se comporte avec beaucoup d'énergie. Il a déconcerté ce complot par l'énergie de ses mesures. Montrer, déployer de l'énergie.

Il s'applique, dans un sens analogue, au Discours, à la parole. S'exprimer avec énergie. Il y a dans les prophètes des expressions d'une grande énergie.

En termes de Physique et de Mécanique, il se dit de la Capacité de produire du travail, de la puissance emmagasinée. Énergie électrique, mécanique. Le principe de la conservation de l'énergie est un principe de physique générale.

 

ÉNERGIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui a de l'énergie. Remède énergique. Âme énergique. Style énergique. Ce mot est fort énergique. Une conduite énergique. Des mesures énergiques.

 

ÉNERGIQUEMENT

 

adv.

D'une manière énergique. Il lui parla énergiquement. Il agit énergiquement.

 

ÉNERGUMÈNE

 

n. des deux genres

. T. de Théologie

. Celui qui est possédé du diable. Exorciser un énergumène.

Il se dit figurément de Celui, de celle qui se livre à des mouvements excessifs d'exaltation, de colère, qui parle et s'agite avec violence. Quel ton d'énergumène! Crier, s'agiter comme un énergumène.

 

ÉNERVANT, ANTE

adj.

Qui est propre à énerver. Une chaleur énervante. Des habitudes énervantes.

 

ÉNERVEMENT

 

n. m.

État d'une personne énervée, surexcitée, incapable de maîtriser ses nerfs. D'où vient l'énervement où je vous vois? Fig., L'énervement des esprits.

 

ÉNERVER

 

v. tr.

Affaiblir en endommageant le système nerveux. La chaleur excessive énerve et accable.

Il signifie au figuré Amollir, efféminer. Les voluptés énervent; elles énervent l'âme. Un long repos avait énervé son courage. Le courage s'énerve au milieu des voluptés.

Énerver le style, énerver le langage, Rendre le style, rendre le langage faible et lâche. Le trop d'ornement énerve le style. Une délicatesse excessive énerverait la langue. Leur langage s'énervait en se polissant.

Énerver l'autorité, la religion, les lois, Leur ôter leur force.

Il signifiait autrefois Priver de l'usage des nerfs en brûlant ou en coupant les tendons des muscles des jarrets. Les énervés de Jumièges. Dans cette acception, il se dit encore en termes d'Art vétérinaire. Énerver un cheval, Lui enlever les tendons des muscles de la lèvre supérieure.

ÉNERVER signifie aussi Agacer en produisant une irritation nerveuse. Vous m'énervez avec votre phonographe. Ce raisonnement m'énerve.

Dans cette acception, S'ÉNERVER signifie Être dans une agitation nerveuse qui va en s'augmentant. Il s'est énervé à ce travail sans résultat. Il ne peut rien faire sans s'énerver.

 

ENFAÎTEAU

 

n. m.

T. de Construction

. Tuile qui s'adapte au faîte d'une maison.

 

ENFAÎTEMENT

 

n. m.

T. de Construction

. Plomb qui se met sur le faîte des maisons couvertes d'ardoises. Des crochets de fer arrêtent et soutiennent les enfaîtements.

 

ENFAÎTER

 

v. tr.

T. de Construction

. Couvrir le faîte d'une maison avec du plomb.

 

ENFANCE

 

n. f.

La première partie de la vie de l'homme, précédant l'adolescence. Dès mon enfance. Dans mon enfance. Dans la plus tendre enfance. Sortir de l'enfance. Les souvenirs de l'enfance. Un ami d'enfance. Les grâces de l'enfance. Les jeux de l'enfance. L'enfance abandonnée. Corrupteurs de l'enfance.

Être en enfance, tomber en enfance, se dit d'une Personne âgée qui n'a plus l'usage de la raison.

ENFANCE se dit, au figuré, pour Commencement. À cette époque la peinture était encore dans l'enfance. L'enfance du monde. L'enfance de Rome.

C'est l'enfance de l'art se dit à propos de Tout ce qui est élémentaire, facile.

 

ENFANÇON

 

n. m.

Il s'est dit d'un Enfant en bas âge. On disait dans le même sens ENFANTELET.

 

ENFANT

 

n. m.

Garçon ou fille qui est en bas âge. Un bel enfant. Tenir un enfant sur les fonts baptismaux. Un enfant à la mamelle. Un enfant mort-né. Pleurer comme un enfant. S'amuser, rire comme un enfant. Des jouets d'enfants. Laissez venir à moi les petits enfants.

Fam., Ce n'est pas un jeu d'enfant, ce n'est pas jeu d'enfant, se dit d'une Affaire grave et sérieuse, ou d'un engagement dont on ne peut se dédire.

Fig., Il est aussi innocent que l'enfant qui vient de naître, se dit pour mieux affirmer l'innocence de quelqu'un.

Fig., Faire l'enfant, Badiner comme un enfant, s'amuser à des choses puériles. On dit de même Être enfant. Est-elle enfant! Que vous êtes enfant!

Se comporter, se conduire, agir comme un enfant, parler comme un enfant, Agir sans réflexion, tenir des discours puérils. On dit de même Propos d'enfant. Conduite d'enfant, etc.

Fig. et fam., Il n'y a plus d'enfants, se dit à propos d'un Enfant qui parle de choses qu'il devrait encore ignorer.

Fig. et fam., Il est bon enfant, bien bon enfant de croire cela, de se prêter à cela, Il est bien simple de croire cela, etc.

Être bon enfant signifie aussi Être de bon caractère, commode à vivre, toujours de bonne humeur. C'est une bonne enfant, une bien bonne enfant.

Enfant trouvé, Enfant abandonné et dont le père et la mère ne se font pas connaître. L'hospice des enfants trouvés, ou, simplement, Les Enfants trouvés. Aller aux Enfants trouvés.

Enfant de troupe, Fils de militaire élevé aux frais de l'État.

Enfant de choeur. Voyez CHOEUR.

Fig., Enfants perdus, s'est dit des Soldats que l'on porte en avant un jour de combat et que l'on considère comme perdus.

ENFANT s'emploie aussi comme nom des deux genres en termes d'amitié et de familiarité. Ma belle enfant. Venez, mon enfant. Ma chère enfant, écoutez-moi. Enfant que vous êtes! Courage, enfants, criait-il à ses soldats.

ENFANT est quelquefois féminin quand il sert à désigner précisément qu'il s'agit d'une Fille et non d'un garçon. Voilà une belle enfant! Vous êtes une aimable enfant. La pauvre enfant. Que cette enfant est laide! Oh! la vilaine enfant.

Il se dit aussi d'un Fils ou d'une Fille, quel que soit leur âge, par relation au père et à la mère, ou à l'un des deux seulement. Avoir des enfants. Être chargé d'enfants. Il laisse une veuve et quatre enfants en bas âge. Dans son extrême vieillesse, il resta entouré de ses enfants. Cette mère est faible, elle gâte ses enfants. Enfant mâle. Enfant légitime. Enfant naturel. Enfant adoptif. Enfant d'adoption. Enfant du premier lit, du second lit.

ENFANTS, au pluriel, se dit aussi des Petits- fils et arrière-petits-fils. Ce père de famille a dîné avec tous ses enfants. Les petits-enfants d'une personne, Ses petits-fils et arrière- petits-fils. Ses petites-filles et arrière-petites- filles. On dit aussi Enfants pour exprimer Toutes les générations.

Il se dit également quelquefois de Tous ceux qui sont sortis d'une même souche, qui ont la même origine. Nous sommes tous enfants d'Adam. Les Juifs sont appelés les enfants d'Israël. Fig., Nous sommes les enfants de Dieu par la grâce. Tous les fidèles sont enfants de Dieu, enfants de l'Église. La patrie vit alors tous ses enfants s'armer pour elle.

Les enfants de France, Les princes enfants légitimes des rois de France, et ceux qui descendent des aînés. Gouverneur des enfants de France. Gouvernante des enfants de France.

Fig., Enfant de Paris, Natif de Paris, qui a l'esprit parisien.

Fig., Enfant de la balle, Enfant d'un maître de jeu de paume; et, populairement par extension, Toute personne élevée dans la profession de son père. Il se dit spécialement quand la profession du père touche au théâtre.

En style de l'Écriture, Les enfants de lumière, Ceux qui sont éclairés des lumières de l'Évangile. Les enfants de ténèbres, Les idolâtres. Les enfants des hommes, Les hommes. Cela se dit principalement par opposition à l'expression Les enfants de Dieu.

Enfant de l'amour, Enfant naturel.

Il s'est dit autrefois, figurément, d'une Chose qui est produite par une autre, qui en naît, qui en résulte. Le remords est enfant du crime.

 

ENFANTELET

 

n. m.

Voyez ENFANÇON.

 

ENFANTEMENT

 

n. m.

Action d'enfanter. Les douleurs de l'enfantement. Le travail de l'enfantement. Il a vieilli. On dit plutôt ACCOUCHEMENT. Fig., Le long enfantement de la grandeur romaine.

 

ENFANTER

 

v. tr.

En parlant d'une Femme, Mettre au monde un enfant. Il est dit dans l'Écriture : Une vierge concevra et enfantera un fils. Absolument, Enfanter avec douleur. Après qu'une femme a enfanté. Il a vieilli. On dit plutôt ACCOUCHER.

Fig. et fam., La montagne a enfanté une souris, ou C'est la montagne qui enfante une souris, se dit Lorsque de grands projets, de belles promesses ne produisent rien qui réponde à l'espérance qu'on en avait conçue.

Il se dit aussi, figurément, de Ce qui produit, de ce qui détermine un effet, un résultat bon ou mauvais. Les guerres civiles enfantent mille maux. Enfanter des prodiges, des miracles.

 

ENFANTILLAGE

n. m.

Manière d'agir ou de parler qui ne convient qu'à un enfant. Il ne se dit qu'en parlant des Personnes qui ont passé l'enfance. Pour un homme de votre âge, de votre caractère, voilà bien de l'enfantillage. Faire des enfantillages. Il est familier.

 

ENFANTIN, INE

 

adj.

Qui a le caractère de l'enfance. Visage enfantin. Voix enfantine. Raisonnements enfantins.

 

ENFARINER

 

v. tr.

Poudrer de farine. Je me suis tout enfariné dans ce moulin. Par analogie, Un clown qui s'enfarine le visage.

Fig. et pop., Venir la bouche, le bec enfariné, Venir avec une sotte confiance, avec un espoir mal fondé et qui sera déçu.

 

ENFER

 

(On prononce l'R.)n. m.

Lieu destiné au supplice des damnés. Il est opposé à Ciel et à Paradis. Les tourments de l'enfer. Le feu de l'enfer. La crainte de l'enfer. JÉSUS-CHRIST a promis que les portes de l'enfer (c'est-à-dire les puissances de l'enfer) ne prévaudront point contre son Église.

Fig. et fam., C'est un enfer, un véritable enfer, se dit d'un Lieu où l'on souffre, où l'on est au supplice, où l'on est extrêmement gêné, tourmenté, où il y a beaucoup de confusion et de désordre. C'est un enfer pour moi que cette maison. Sauvez-moi de cet enfer.

Fig., Porter son enfer avec soi, Porter son supplice avec soi. Les méchants portent leur enfer avec eux.

Fig., Avoir l'enfer dans le coeur se dit d'une Personne tourmentée de remords, ou agitée par la haine.

Il désigne aussi figurément les Démons, les puissances de l'enfer. L'enfer en gémit. L'enfer se déchaîne contre lui.

Fig. et fam., Un feu d'enfer, Un feu très grand, très violent. Il y a toujours un feu d'enfer dans cette verrerie. En termes de Cuisine, Faire griller quelque chose au feu d'enfer, le mettre au feu d'enfer, Le faire griller à un feu de charbons très ardent.

Fig. et fam., Jouer un jeu d'enfer, Jouer très gros jeu. Aller un train d'enfer, Aller fort vite. Il se dit figurément d'une Partie réservée d'une bibliothèque où sont conservés les ouvrages dont la communication est jugée dangereuse.

ENFERS se dit au pluriel, dans un sens particulier, du Lieu où étaient les âmes que Notre-Seigneur délivra après sa mort. JÉSUS- CHRIST est descendu aux enfers. La descente de Notre-Seigneur aux enfers.

ENFERS, au pluriel, se prend encore aujourd'hui pour les Lieux souterrains où les païens croyaient que les âmes allaient après la mort. Les Enfers contenaient les Champs-Élysées et le Tartare. Orphée alla chercher Eurydice aux Enfers. Hercule, Énée descendit aux Enfers.

 

ENFERMER

 

v. tr.

Mettre quelqu'un ou quelque chose dans un lieu fermé de tous côtés. Enfermer un homme dans une prison. Enfermer des chevaux dans une écurie. Enfermer entre quatre murs. Enfermer dans une cage.

Il signifie, dans une acception particulière, Mettre quelqu'un dans une maison de fous, dans un lieu de correction. C'est un homme à enfermer. Son inconduite l'a fait enfermer.

Fig., Enfermer le loup dans la bergerie. Voyez BERGERIE.

S'ENFERMER signifie particulièrement Se retirer dans un lieu qu'on ferme ensuite, pour que personne ne puisse s'y introduire. Il s'enferme presque toute la journée pour travailler. S'enfermer dans son cabinet. S'enfermer avec quelqu'un. Il s'était enfermé dans une chambre d'où il opposa une vive résistance aux gens qui étaient venus pour l'arrêter.

S'enfermer dans une place, Demeurer dans une place qui va être assiégée et qu'on veut défendre.

S'enfermer dans un cloître, Se faire religieux ou religieuse.

Le participe passé s'emploie quelquefois comme nom. Sentir l'enfermé, se dit d'une Chose qui sent mauvais parce qu'il y a longtemps qu'elle n'a été à l'air, ou que l'air n'y a pénétré. Cette chambre sent l'enfermé. Dans ce sens on dit plutôt le renfermé.

ENFERMER signifie aussi Serrer, mettre une chose dans un lieu, dans un meuble, que l'on ferme, pour la mieux conserver, pour la soustraire aux regards, pour la garder plus sûrement. Enfermer des habits dans une armoire. Enfermer des papiers dans un secrétaire. Enfermer à clef, sous clef.

Il signifie encore Environner de toutes parts. Enfermer un parc de murailles. Enfermer de haies. Les ennemis se sont laissé enfermer entre deux rivières, entre deux montagnes.

Il signifie également Contenir, comprendre. Son coeur n'enferme point une méchanceté si noire. Ce passage enferme beaucoup de vérités. Cette proposition en enferme beaucoup d'autres.