Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 809 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Quint

 

n. m.

Il se disait de la Cinquième partie dans quelque somme, dans quelque marché, dans quelque succession. Dans la coutume de Paris, on ne pouvait disposer par testament que du quint de ses propres. On dit maintenant Cinquième.

Il est aussi adjectif et signifie Cinquième; mais on ne l'emploie guère que dans ces dénominations : L'empereur Charles-Quint; le pape Sixte-Quint.

 

QUINTAINE

 

n. f.

T. de Manège

. Poteau fiché en terre, contre lequel on s'exerce à courir avec la lance ou à jeter des flèches. Courir la quintaine. Les joutes à la quintaine étaient un des exercices favoris dans les tournois.

Il se disait encore du Mannequin monté sur un pivot et armé d'un bâton qui frappait celui qui le touchait maladroitement avec la lance. On a dit aussi Quintain.

 

QUINTAL

 

n. m.

Poids de cent kilogrammes. Il y a dix quintaux à la tonne.

 

QUINTANE

 

adj. f.

T. d'ancienne Médecine

. Il se disait d'une Fièvre qui revient tous les cinq jours. Adjectivement, Fièvre quintane.

 

QUINTE

 

n. f.

T. de Musique

. Intervalle de cinq notes consécutives, y compris les deux extrêmes. Intervalle de quinte.

Quinte juste ou simplement Quinte, Celle dont la valeur est de trois tons et demi. Quinte diminuée, Celle qui ne comprend que deux tons et deux demi-tons. Quinte augmentée, Celle qui est formée de quatre tons. La quinte proprement dite est une consonance parfaite. La quinte diminuée et la quinte augmentée sont des dissonances. Autrefois, la quinte diminuée s'appelait abusivement Fausse quinte.

QUINTE se dit, au jeu de Piquet, d'une Suite on interrompue de cinq cartes de la même couleur. Quinte majeure. Avoir quinte et quatorze.

En termes d'Escrime, il désigne la Cinquième garde. Commencer de prime et achever de quinte.

QUINTE se dit, dans le langage courant, d'un Accès de toux violent et prolongé. Une quinte de toux. Il a eu toute la nuit des quintes très pénibles.

Il signifie aussi Caprice, bizarrerie, accès de mauvaise humeur qui prend tout d'un coup. Il est sujet à des quintes, à des quintes d'humeur. Je ne sais quelle quinte lui a pris.

 

QUINTEFEUILLE

 

n. f.

Plante de la famille des Rosacées, ainsi nommée parce que sa feuille a cinq folioles.

 

QUINTESSENCE

 

n. f.

T. de Philosophie ancienne

. La cinquième essence, opposée aux quatre essences du monde sublunaire.

Il se dit aujourd'hui de la Partie la plus subtile extraite de quelques corps. Quintessence d'absinthe.

Il signifie, au figuré, Ce qu'il y a de principal, de plus précieux, de plus caché dans une affaire, dans un discours, dans un livre. J'ai tiré la quintessence de cet ouvrage.

 

QUINTESSENCIER

 

v. tr.

Raffiner, subtiliser à l'excès. On l'emploie surtout absolument et au sens péjoratif. Il ne faut pas tant quintessencier.

Le participe passé s'emploie aussi adjectivement. Une pensée quintessenciée.

 

QUINTETTE

 

(On prononce Cuin.)n. m.

T. de Musique

, emprunté de l'italien. Morceau de musique écrit pour cinq voix ou pour cinq instruments. Les quintettes de Beethoven, de Mozart.

QUINTEUX, EUSE

 

adj.

Qui est fantasque, qui est sujet à des quintes, à des accès de mauvaise humeur. C'est un homme extrêmement quinteux. C'est un esprit quinteux. Un caractère quinteux. Une humeur quinteuse.

 

QUINTIDI

 

(Dans ce mot et dans les quatre suivants, on prononce Cuin.)n. m. Cinquième jour de la décade, dans le calendrier républicain.

 

QUINTILLION

 

n. m.

T. d'Arithmétique

. Mille quatrillions.

 

QUINTO

 

adv.

Mot emprunté du latin. Cinquièmement, en cinquième lieu.

 

QUINTUPLE

 

adj. des deux genres

. Qui vaut cinq fois autant. Vingt est quintuple de quatre.

Il s'emploie aussi comme nom masculin. Rendre le quintuple. Rendre au quintuple.

 

QUINTUPLER

 

v. tr.

Rendre cinq fois aussi grand, multiplier par cinq.

 

QUINZAINE

 

n. f.

Réunion de choses de même nature, au nombre de quinze ou à peu près. Une quinzaine de francs suffira, suffiront pour sa dépense. Une quinzaine de jours. Une quinzaine d'années.

Il se dit, absolument, d'une Quinzaine de jours. La cause a été remise à quinzaine. Je passerai une quinzaine à la campagne. Revenez dans la quinzaine.

La quinzaine de Pâques, Les quinze jours depuis le dimanche des Rameaux jusqu'à celui de Quasimodo inclusivement. Par extension, il se dit d'un Livre de piété contenant les offices et les exercices de cette quinzaine.

 

QUINZE

 

adj. numéral cardinal des deux genres

. Trois fois cinq, ou dix et cinq. Quinze hommes. Quinze jours. Quinze francs. Quinze cents francs. Quinze mille hommes.

Fig. et fam., N'avoir plus ses jambes de quinze ans, N'avoir plus la force, l'agilité de la jeunesse.

À Paris, Les Quinze-Vingts, L'hôpital fondé par saint Louis pour trois cents aveugles. L'hôpital des Quinze-Vingts. L'administration des Quinze-Vingts. On dit familièrement Un Quinze-Vingt, Un des aveugles reçus dans cet hôpital.

QUINZE est aussi adjectif numéral ordinal et signifie Quinzième. Chapitre quinze. Page quinze. Grégoire quinze, pape. Le roi Louis quinze. On écrit ordinairement Grégoire XV, Louis XV.

QUINZE s'emploie également comme nom masculin. Quinze multiplié par trois donne quarante-cinq. On dit de même : Le nombre quinze. Le numéro quinze (15).

Il désigne aussi le Quinzième jour d'un mois. Nous sommes au quinze du mois. Je partirai le quinze.

 

QUINZIÈME

 

adj. des deux genres

. Adjectif ordinal de Quinze. Au quinzième jour. Le quinzième siècle. Le quinzième jour de la lune. Substantivement, Il n'est que le quinzième sur la liste.

La quinzième partie et substantivement Le quinzième, Chaque partie d'un tout qui est ou que l'on conçoit divisé en quinze parties égales. Je suis dans l'affaire pour un quinzième.

 

QUINZIÈMEMENT

 

adv.

En quinzième lieu.

 

QUIPROQUO

n. m.

Terme emprunté du latin. Méprise qui consiste à prendre une personne, une chose pour une autre. Il a fait un amusant quiproquo, un étrange quiproquo.

 

QUIRITE

 

n. m.

T. d'Antiquité romaine

. Citoyen romain.

 

QUITTANCE

 

n. f.

Écrit que l'on donne à quelqu'un et par lequel on déclare qu'il a payé, acquitté quelque somme d'argent, quelque redevance, quelque droit, etc. Quittance générale. Quittance d'acompte. Quittance sous seing privé. Quittance par-devant notaire. Quittance sur papier timbré, sur papier libre. Donner quittance. Recevoir quittance. Cela vaut quittance. Cela sert de quittance. Avoir quittance. J'ai reçu telle somme de M. ***, dont quittance.

 

QUITTANCER

 

v. tr.

Donner quittance. Quittancer un contrat, une obligation. Quittancer un mémoire d'ouvrages faits, de marchandises fournies.

 

QUITTE

 

adj. des deux genres

. Qui est libéré de ce qu'il devait, qui ne doit plus rien. Reçu tant, payé tant, et partant quitte. Je suis quitte envers vous. Je vous tiens quitte de ce que vous pouvez me devoir. Il m'a vendu ce bien franc et quitte de toutes dettes et hypothèques. Nous sommes quittes.

Par extension, Être quitte envers quelqu'un, S'être acquitté envers lui de ce qu'exigeait la reconnaissance. Il m'avait rendu de grands services, mais je lui en ai rendu d'au moins équivalents : je suis quitte envers lui.

Ironiquement, Je l'en tiens quitte, se dit en parlant de Quelqu'un dont les services sont à charge ou suspects, et signifie Je l'en dispense.

Jouer à quitte ou double et plus ordinairement Jouer quitte ou double, Jouer une dernière partie qui doit acquitter celui qui a déjà perdu, ou doubler le gain de celui qui a déjà gagné. On dit absolument, dans le même sens : Quitte ou double.

Être quitte à quitte, au jeu, dans les affaires, dans les comptes que l'on se rend les uns aux autres, Ne se devoir plus rien de part ni d'autre. Nous voilà quitte à quitte. Nous sommes quitte à quitte.

QUITTE signifie aussi Qui est délivré, débarrassé de quelque chose. Me voilà quitte de la corvée, du compliment, de la visite que j'avais à faire. Il a un procès, une affaire fâcheuse, il voudrait en être quitte pour une dizaine de mille francs. Vous n'avez eu qu'un rhume : vous en êtes quitte à bon marché. On croyait qu'il perdrait sa place, mais il en a été quitte pour un blâme. Il a couru un grand danger, mais il en a été quitte pour la peur.

Il s'emploie quelquefois absolument dans le style familier et signifie Au risque de. Quitte à être grondé. Quitte à perdre ma place, j'agirai suivant ma conscience. Quitte à vous déplaire, je vous dirai que...

 

QUITTER

 

v. tr.

Laisser quelqu'un en quelque endroit, se séparer de lui. Je viens de le quitter à deux pas d'ici. Je vous quitte pour un moment. Quitter père et mère. Quitter sa femme et ses enfants. Il ne le quitte ni jour ni nuit. Il ne le quitte non plus que son ombre. Quitter la chasse. Quitter la séance. Ils ne pouvaient se quitter. Ils se sont quittés bons amis. Fig., Ce souvenir ne me quittera jamais. La fortune l'a quitté. Il vient un âge où nos facultés nous quittent l'une après l'autre.

Son portrait ne me quitte pas, Je le porte toujours sur moi.

Fig., Son image ne me quitte pas, Son image est sans cesse présente à mon esprit.

Fig., Ne pas quitter quelqu'un des yeux, Ne cesser de le regarder.

QUITTER signifie aussi Se retirer de quelque lieu. Il a quitté la maison où il habitait depuis si longtemps. Il quitta Paris pour aller vivre en province. Ce scandale l'obligea à quitter le pays.

Quitter la chambre, Sortir. Ce malade n'est pas encore assez bien pour quitter la chambre.

Quitter le lit, Se lever. Depuis un mois, il n'a pas quitté le lit.

Quitter le grand chemin, S'écarter, se détourner du grand chemin.

Fig., Quitter le droit chemin, S'écarter de son devoir.

Fig., Quitter le barreau, le théâtre, Renoncer à la profession d'avocat, de comédien.

Prov. et fam., Qui quitte sa place la perd, Quand on ne prend pas soin d'occuper la place qui vous appartient, un autre s'en empare.

QUITTER signifie aussi Abandonner une chose, y renoncer, cesser de s'y appliquer, de s'y adonner. Il y a déjà quelque temps que cet officier a quitté le service. Il a quitté la religion de ses pères. Quitter une charge, un emploi, une profession, un métier.

Quitter la partie, Convenir que celui contre qui l'on joue a gagné. Il signifie aussi, figurément, Se désister de quelque chose, y renoncer. Vous ne voulez pas entendre raison, je quitte la partie.

Prov., Qui quitte la partie la perd, Celui qui quitte le jeu avant que la partie soit achevée, perd.

Quitter ses mauvaises habitudes, Y renoncer, s'en défaire.

Quitter le commerce du monde, Se priver du commerce du monde. Quitter le monde, Embrasser la vie religieuse; Aller vivre dans la retraite.

Fig., Quitter la vie, Mourir.

QUITTER signifie aussi Ôter quelque chose de dessus soi, s'en dépouiller, s'en débarrasser. Quitter ses vêtements. Quitter sa robe, son chapeau.

Quitter les étriers, Ôter ses pieds des étriers, volontairement ou involontairement.

Quitter le deuil, Cesser de porter des vêtements de deuil.

Fig., Quitter la robe, quitter l'épée, quitter la soutane, quitter le froc, Renoncer à la profession de la robe, de l'épée, à l'état ecclésiastique, à la vie religieuse.

QUITTER signifie aussi Céder, délaisser. Quitter tous ses droits. Il lui vend, quitte et délaisse tous ses droits à ce domaine. Quitter sa place à quelqu'un.

Fam., Je vous quitte la place, Je vous laisse, je me retire. Il signifie aussi, figurément : Je ne veux point contester, je vous cède.

QUITTER signifie encore Exempter, affranchir, décharger, tenir quitte, dispenser. Je vous quitte de tout ce que vous me devez. Je vous quitte des intérêts et du principal. Je vous quitte du reste.

Fam., Je vous quitte de vos compliments, de vos remerciements, etc., Je ne veux point de vos compliments, je n'ai que faire de vos remerciements, je vous en dispense. Il vieillit.

QUITTER s'emploie intransitivement dans le sens de S'en aller, se retirer de quelque travail, de quelque engagement. Tout le monde quittait. Tous les employés de l'établissement quittèrent à la fois. Ne quittez pas : on va vous parler.

 

QUITUS

 

(On prononce l'S.)n. m.

T. de Finance . Arrêté ou jugement définitif d'un compte, par lequel la personne responsable est déclarée quitte. Avoir le quitus d'un compte. Il a obtenu son quitus. Donner quitus à des administrateurs.

 

QUOI

 

Pronom relatif invariable

, qui tient lieu de Lequel, laquelle, tant au singulier qu'au pluriel, lorsqu'il est précédé d'une préposition; il ne se dit que des Choses. Ce sont des choses à quoi vous ne prenez pas garde. Il n'y a rien sur quoi l'on ait tant disputé. La raison pour quoi.

Il s'emploie aussi absolument et signifie Quelle chose. Voilà de quoi je voulais vous parler. Je devine à quoi vous pensez. Il y a dans cette affaire je ne sais quoi qui me semble louche. Dites-moi en quoi je puis vous servir. Voici sur quoi je veux le questionner.

Il a manqué à son ami, à son bienfaiteur, en quoi il est doublement coupable, En cela il est doublement coupable. C'est en quoi vous vous trompez, C'est en cela que vous vous trompez.

De quoi, Ce qui est nécessaire pour, ce qu'il faut pour. J'ai de quoi vous répondre. Cette prétention a de quoi me surprendre. Donnez-moi de quoi écrire. Nous avons de quoi vivre, de quoi nous amuser.

Pop., Avoir de quoi, Avoir de l'argent, être dans l'aisance. C'est un homme qui a de quoi.

Il n'y a pas de quoi me remercier, Il n'y a pas un sujet suffisant de me faire des remerciements. On dit aussi familièrement dans ce sens : Il n'y a pas de quoi.

Moyennant quoi, À cette condition. On a demandé à ce prisonnier sa parole de ne pas s'évader, moyennant quoi il a été laissé en liberté.

En termes de Procédure, Quoi faisant, en quoi faisant, En faisant laquelle chose.

Je ne sais quoi ou, substantivement, Un je ne sais quoi, se dit d'une Qualité, d'un sentiment indéfinissable. Elle a un je ne sais quoi, ce je ne sais quoi qui charme, qui séduit. Je ne sais quoi m'avertissait que je devais me défier de lui.

Fam., Comme quoi, Comment. Prouvez-lui comme quoi il se trompe.

Quoi que, Quelque chose que. Quoi qu'il arrive. Quoi qu'il en soit. Quoi que vous fassiez. Quoi qu'on en dise.

QUOI est aussi pronom interrogatif et signifie Quelle chose? Quoi de plus heureux que ce qui vous arrive? De quoi est-il question? À quoi pensez-vous? En quoi puis-je vous être utile? Sur quoi vous fondez-vous? Absolument, Quoi? que dites-vous? Eh bien, quoi?

À quoi bon? À quoi cela sert-il? Pourquoi? À quoi bon l'interroger? Il ne répondra rien. QUOI est aussi exclamatif et sert à marquer l'étonnement, l'indignation, etc. Quoi! vous avez fait cette imprudence! Quoi donc! vous osez me braver en face! On y ajoute quelquefois l'interjection Eh. Eh quoi! vous n'êtes pas encore parti!

 

QUOIQUE

 

Conjonction qui régit toujours le subjonctif. Encore que, bien que. L'e ne s'élide que devant il, ils, elle, elles, on, un, une. Quoiqu'il soit jeune, il est très réfléchi. Il revint, quoiqu'on l'eût maltraité. Quoiqu'il relève de maladie et qu'il soit encore très faible, il a voulu se mettre en route. On sous-entend quelquefois le verbe Être. Quoique peu riche, il est généreux. Quoique intelligent, il réussit assez mal dans ses études.

 

QUOLIBET

 

n. m.

Plaisanterie vulgaire et injurieuse. Il s'est enfui sous les quolibets. Les quolibets de la foule.

 

QUORUM

 

n. m.

Mot emprunté du latin. Nombre des membres d'une réunion qui est nécessaire pour que les décisions que cette réunion doit prendre soient valables. Le quorum n'a pas été atteint.

 

QUOTE-PART

 

n. f.

Part que chacun doit payer ou recevoir dans la répartition d'une somme totale. Il doit payer tant pour sa quote- part. Il lui revient tant pour sa quote-part. Il ne s'emploie qu'au singulier.

 

QUOTIDIEN, IENNE

 

adj.

De chaque jour. Le travail quotidien. Dans le courant de la vie quotidienne.

Journal quotidien, Journal qui paraît tous les jours. Substantivement, Un quotidien.

Dans l'Oraison dominicale, Notre pain quotidien, Notre nourriture de chaque jour, ce qui est nécessaire pour nos besoins journaliers.

Fig. et fam., C'est son pain quotidien se dit d'une Chose qui est ordinaire à quelqu'un, dont il use tous les jours, qu'il fait tous les jours ou très souvent. Il est méchant, la médisance est son pain quotidien.