Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 731 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Paver

 

v. tr.

Couvrir le terrain, le sol d'un chemin, d'une rue, d'une cour, d'une écurie, d'une salle, etc., avec du grès, du marbre, de la brique, du bois, etc., pour le rendre plus solide et plus uni, pour permettre d'y marcher ou d'y faire passer des voitures plus commodément. Faire paver une écurie. Paver une église de dalles, de pierre de liais. Paver une salle à manger de carreaux de marbre. Salle pavée en mosaïque.

Absolument, Les voitures ne peuvent point passer dans cette rue, on y pave.

Prov. et fig., L'enfer est pavé de bonnes intentions, Voyez INTENTION.

Fig. et fam., Il a le gosier pavé, se dit d'un Homme qui mange ou boit extrêmement chaud ou qui fait un grand usage soit d'épices, soit de liqueurs fortes.

 

PAVESADE

 

n. f.

T. de Marine

. Toile ou étoffe qu'on tendait en dehors autour des bords d'une galère, le jour d'un combat, pour dérober aux ennemis la vue de ce qui se faisait, de ce qui se passait sur le pont. Tendre la pavesade.

 

PAVEUR

 

n. m.

Celui dont le métier est de paver.

 

PAVIE

 

n. m.

Sorte de pêche dont la chair est adhérente au noyau. Pavies rouges.

 

PAVILLON

 

n. m.

Il se disait d'une Sorte de tente de forme ronde ou carrée, et terminée en pointe par en haut, qui servait jadis au campement des gens de guerre. Les pavillons étaient ordinairement faits de coutil. L'arbre ou le mât d'un pavillon. Les cordages d'un pavillon. Tendre un pavillon.

Il se dit aussi d'un Tour d'étoffe dont on couvre le tabernacle, dans quelques églises.

Il se dit également du Tour d'étoffe qu'on met sur le saint ciboire.

Il désigne, en termes d'Architecture, un Bâtiment isolé ou un Corps de bâtiment ordinairement carré, appelé ainsi, à cause de la ressemblance de sa forme avec celle des pavillons d'armée. Un pavillon de chasse. Il a bâti un pavillon au bout de son jardin. Un corps de logis entre deux pavillons.

Il désigne aussi l'Extrémité évasée d'une trompette, d'un cor, d'un porte-voix, etc.

En termes d'Anatomie, Le pavillon de l'oreille, Le cornet formé par la conque de l'oreille.

PAVILLON désigne, en termes de Marine, une Sorte de drapeau ou d'étendard, de forme rectangulaire, et dont le principal usage est de faire connaître à quelle nation appartient le bâtiment sur lequel il est arboré. Quand il a cet usage, on le place au mât de l'arrière : placé à d'autres mâts, il sert à indiquer le rang de l'officier général de mer qui commande. Il n'y a que l'amiral qui porte le pavillon au grand mât. Le pavillon de France. Le pavillon français. Un vaisseau battant pavillon anglais. Naviguer sous le pavillon des États-Unis. Arborer le pavillon. Hisser le pavillon. Mettre le pavillon bas. Baisser le pavillon. Rentrer le pavillon, Le faire descendre au moment du coucher du soleil.

Amener le pavillon, Le faire descendre avant de se rendre à l'ennemi. Le vaisseau étant fortement endommagé, on dut amener le pavillon.

Assurer son pavillon, Tirer un coup de canon en arborant le pavillon de sa nation.

Pavillon en berne, Pavillon hissé, déployé à mi-distance entre le sommet du mât et le pont du navire, soit en signe de deuil, soit comme signal de détresse, soit lorsqu'un homme vient de tomber à la mer. Mettre le pavillon en berne.

Pavillon de compagnie, Insigne distinctif d'une compagnie de navigation.

Capitaine de pavillon, Officier commandant un vaisseau monté par un amiral.

Mât de pavillon, Mât spécial placé à l'arrière du navire et sur lequel on hisse le pavillon national.

Fig. et fam., Baisser pavillon ou Mettre pavillon bas, Céder et se reconnaître inférieur à la personne à qui l'on se trouve comparé, avec qui l'on est en concurrence, en contestation. Pour cela, je baisse pavillon, et je reconnais que vous l'emportez sur moi. C'est un homme éminent, devant qui il faut mettre pavillon bas. Vos raisons sont meilleures que les miennes, je cède et je baisse pavillon. Je lui ferai baisser pavillon.

Fig., Se ranger sous le pavillon de quelqu'un, Se mettre sous sa protection.

PAVILLON s'emploie quelquefois, figurément, pour désigner les Vaisseaux, l'armée navale, la puissance maritime d'une nation. On est protégé, dans les parages étrangers, par le pavillon de sa nation. Le pavillon anglais domine sur ces mers. Cet amiral, dans la dernière guerre, a soutenu l'honneur du pavillon français.

Le pavillon couvre la marchandise, Le commerce des neutres doit être respecté par les puissances belligérantes. Il signifie aussi que Le transport d'une marchandise est légitimé par le pavillon que porte le navire qui la transporte. Il se dit encore, figurément, d'une Chose qui a pour garantie le nom de celui qui l'a produite, le crédit de l'endroit d'où elle provient. Je ne sais ce que contient ce livre, mais le pavillon couvre la marchandise.

Trafiquer sous pavillon neutre, Employer, en temps de guerre, des bâtiments neutres pour le transport de ses marchandises.

 

PAVOIS

 

n. m.

Sorte de grand bouclier. On n'emploie guère ce mot qu'en parlant des Usages de l'époque mérovingienne ou dans la poésie. Lorsqu'on élisait un roi, on le hissait sur le pavois.

Fig., Élever sur le pavois, Mettre en grand honneur, en grande renommée.

PAVOIS, en termes de Marine, désigne l'Ensemble des pavillons répartis sur de légers cordages hissés aux mâts et vergues d'un navire. Ils servent habituellement aux signaux, et occasionnellement à célébrer un événement heureux.

Grand pavois, Décoration du bateau par l'ensemble de tous les pavillons servant aux signaux. Petit pavois, Décoration du bateau consistant à hisser le pavillon national en tête de chaque mât, en plus du pavillon hissé chaque jour à l'arrière.

 

PAVOISEMENT

 

n. m.

T. de Marine

. Action de pavoiser ou Résultat de cette action. Le pavoisement des navires.

 

PAVOISER

 

v. tr.

T. de Marine

. Garnir un bâtiment de son pavois et de ses pavillons. L'amiral fit pavoiser tous les vaisseaux de la flotte. Tous les bâtiments qui étaient dans le port furent aussitôt pavoisés.

Il signifie par extension Garnir de drapeaux les édifices publics, les maisons, à l'occasion d'une fête, d'une cérémonie. À l'occasion de cette fête, on a pavoisé toutes les maisons. Absolument, Toute la France pavoise pour la fête de Jeanne d'Arc.

 

PAVOT

n. m.

Plante qui porte de grandes fleurs à quatre pétales, qui contient de l'opium et dont la graine donne l'huile d'oeillette. Pavot sauvage. Pavot de jardin. Le coquelicot est une espèce de pavot.

Poétiquement, Les pavots de Morphée, Le sommeil.

 

PAYABLE

 

adj. des deux genres

. Qui doit être payé à certains termes ou à certaines personnes. Une lettre de change payable à vue, payable à quatre-vingt-dix jours. Un billet payable au porteur, payable à un tel ou à son ordre.

 

PAYANT, ANTE

 

adj.

Qui paie. De dix que nous étions à ce dîner, il n'y avait que quatre personnes payantes. Substantivement, Le nombre des payants était de six seulement.

Billet payant, Billet que l'on achète pour voir un spectacle, pour aller à un bal, à un concert, etc.; par opposition à Billet de faveur, Celui qu'on reçoit pour rien.

 

PAYE

 

n. f.

Voyez PAIE.

 

PAYEMENT

 

n. m.

Voyez PAIEMENT.

 

PAYER

 

(Je paie, tu paies, il paie, ou je paye, tu payes, il paye; nous payons, vous payez, ils paient ou ils payent. Je payais; nous payions, vous payiez, ils payaient. Je payai. J'ai payé. Je paierai ou je payerai. Paie ou paye, payons, payez. Que je paie ou que je paye; que nous payions, que vous payiez, qu'ils paient ou qu'ils payent. Que je payasse. Payant.)v. tr. Acquitter une dette. Payer une somme d'argent. Payer le prix d'une chose. Payer ce qu'on doit à son créancier. Il me doit encore tout, il ne m'a pas payé un sou. Absolument, Il a fallu payer. Il n'a pas pu payer. Il a été obligé de payer.

Payer la forte somme, Payer un prix excessif, faire une acquisition au plus haut prix.

Prov., Qui paie ses dettes s'enrichit, On a intérêt, pour le bon ordre de ses affaires et pour sa réputation, à s'acquitter de ce qu'on doit.

PAYER se dit aussi en parlant de Celui à qui on doit. Payer ses créanciers. Payer un marchand. Payer ses domestiques. Il paie ses ouvriers à la semaine, au mois. Ce valet de ferme est payé à l'année. Il m'a payé avec des marchandises, en marchandises, en nature. Je l'ai payé en or, en argent, en espèces. J'ai eu beaucoup de peine à me faire payer.

Se faire bien payer, Vendre cher ses services, son travail. Cet ouvrier travaille bien, mais il se fait bien payer.

Se faire payer, Vendre ses services, tirer un profit de fonctions qui doivent être gratuites.

Fig., Je suis payé pour cela, J'ai fait à mes dépens l'expérience de ce que cela a de dangereux, de nuisible, de désagréable. Je ne retournerai plus dans cette maison, je suis payé pour cela.

PAYER se dit encore en parlant de la Chose pour laquelle on doit. Payer des marchandises. Tout ce qu'il achète, il le paie argent comptant, il le paie comptant. Payer les gages, les appointements. Payer les intérêts, les arrérages et le principal. Payer l'amende. Payer la folle enchère. Payer pension. Payer le loyer d'une maison. Payer le dîner. Payer sa part. Payer sa quote-part.

Payer un billet, une lettre de change, une traite, un chèque, etc., Payer la somme portée dans un billet, etc.

Fig., Payer le tribut à la nature, Mourir. Payer le tribut à la faiblesse humaine, Avoir quelqu'une des imperfections, commettre quelqu'une des fautes auxquelles l'espèce humaine est sujette.

Fig. et fam., Payer les violons, Faire les frais d'une affaire dont un autre tire tout le profit.

Fig. et fam., Il paiera les pots cassés, On fera retomber sur lui le dommage, la perte; on s'en vengera sur lui.

Prov., Les battus paient l'amende, Souvent ceux qui auraient droit à une réparation, sont réprimandés, condamnés, maltraités de nouveau.

Fig. et par menace, Il le paiera, se dit Pour exprimer qu'on trouvera moyen de se venger du déplaisir, de l'injure qu'on a reçue de quelqu'un. Il m'a fait un mauvais tour, il m'a rendu un mauvais office, mais il me le paiera. Dans le même sens, on dit familièrement : Il me le paiera au double.

Fig., Payer pour les autres, Être seul puni d'une faute commune à plusieurs.

Se payer par ses mains, S'indemniser sur ce qu'on a en sa possession et qui appartient au débiteur.

Cela est bien payé se dit d'une Chose, d'une marchandise dont on donne tout ce qu'elle vaut ou même davantage. On dit dans le sens contraire Cela n'est pas payé, Cela vaut plus que vous ne m'en donnez.

Cela ne peut se payer se dit de Ce qui est excellent dans son genre, très agréable ou très curieux. Ce conte-là est excellent, il ne peut se payer. C'est un plaisir qui ne peut se payer.

Payer ric à rac, ou ric à ric, Payer tout juste ce qu'on doit.

Fig. et fam., Payer en monnaie de singe, Se moquer de celui à qui on doit et ne pas le payer.

Fig. et fam., Payer en même monnaie ou de la même monnaie, Rendre la pareille.

Prov., Qui répond paie, On est obligé de payer pour celui dont on s'est rendu caution. Il se dit au propre et au figuré.

PAYER se dit aussi des Personnes ou des Choses qui sont sujettes à quelque impôt, qui doivent quelque droit. Ce marchand paie cent francs de patente. Ce propriétaire paie mille francs d'impositions. Ce département paie tant de contributions. Cette marchandise paie tant à la douane. L'hectolitre de vin paie tant d'entrée.

PAYER signifie familièrement Offrir. Payer à dîner, à boire. Se payer un agréable voyage.

Pop., Payer chopine, bouteille à quelqu'un, Mener quelqu'un boire et payer pour lui. On dit dans le même sens Payer une tournée.

PAYER s'emploie aussi figurément et signifie Récompenser, reconnaître. On a bien payé, mal payé ses services, ses soins. Rien ne peut payer une telle marque de dévouement. Je suis assez payé par le plaisir de vous avoir obligé. L'amitié ne se paie que par l'amitié.

Il signifie également Dédommager. Ce moment de bonheur l'a payé de toutes ses peines.

Il signifie aussi quelquefois Punir. On l'a payé de son insolence. Il a été payé de tous ses crimes.

Il signifie encore Expier. Il a payé de sa tête un si grand crime. Vous paierez cette injure.

Il signifie aussi Obtenir, acquérir quelque chose par un sacrifice. Il a payé son imprudence de sa liberté, de sa vie, de son sang.

PAYER, au figuré, se construit avec la préposition De dans un certain nombre de phrases toutes faites :

Payer de belles paroles, Ne donner satisfaction qu'en paroles.

Payer d'ingratitude, Manquer de reconnaissance pour un bienfait reçu.

Payer quelqu'un de retour, Reconnaître ses procédés ou ses sentiments par des procédés ou des sentiments analogues.

Payer d'effronterie, Soutenir effrontément un mensonge, se tirer d'un mauvais pas par effronterie.

Payer d'audace, Faire si bonne contenance, montrer tant de décision, que par là on arrête, on intimide l'adversaire.

Payer de sa personne, S'exposer dans une occasion dangereuse et y bien faire son devoir. Il signifie aussi Agir par soi-même dans les occasions qui le demandent. Un chef ne doit jamais hésiter à payer de sa personne.

Se payer de mots, Croire trop facilement, ou affirmer soi-même des choses qui ne répondent pas à la réalité.

Il ne paie pas de mine, se dit de Quelqu'un dont l'apparence est chétive ou disgracieuse. Il se dit aussi des Choses qui valent mieux que leur apparence. Ces fruits ne paient pas de mine, mais ils ont un goût très délicat.

 

PAYEUR, EUSE

 

n.

Celui, celle qui paie. C'est un bon payeur, c'est une mauvaise payeuse.

PAYEUR se dit aussi de Celui qui est chargé par son emploi, par son office de payer des dépenses, des traitements, des rentes. Il est payeur à la trésorerie. Payeur de l'armée, payeur divisionnaire se dit en temps de guerre. Par apposition, Trésorier payeur général.

 

PAYS

 

n. m.

Territoire d'un peuple, d'une nation. Pays riche, florissant. Pays catholique. Pays protestant. Pays civilisé. En pays nègre. Voyager en pays étranger. Il a visité tous les pays du monde. Chaque pays a ses usages, ses moeurs, ses habitudes. Telle est la coutume, tel est l'usage constant du pays.

Pays d'états se disait des Provinces de France où les impositions étaient consenties et réparties par l'assemblée des états; Pays d'élection, de Celles où les impositions étaient réparties par des agents du pouvoir central appelés élus.

Pays d'obédience se disait des Provinces où le pape nommait à certains bénéfices.

Pays coutumier se disait du Pays où l'on suivait une coutume provinciale ou locale; et Pays de droit écrit, du Pays où l'on suivait le droit romain.

Le pays latin s'est dit à Paris du Quartier où se trouvent la Sorbonne et la plupart des écoles. On dit plutôt aujourd'hui le Quartier latin.

Fig., Pays de cocagne, Pays où tout abonde, où l'on fait bonne chère à bon marché. PAYS signifie, par extension, Patrie ou Province natale. La France est mon pays. Mourir pour le salut de son pays. Aimer son pays. L'amour du pays. Défendre, sauver son pays. Il n'est jamais sorti de son pays. Quitter son pays. Retourner dans son pays. De quel pays êtes-vous? Je suis né en Touraine : c'est mon pays.

Fig., Cet homme est bien de son pays, Il a bien le caractère des gens de son pays. Il signifie aussi : Il est bien simple, bien crédule. Vraiment vous êtes bien de votre pays pour croire de pareilles absurdités.

Prov., Nul n'est prophète en son pays, Un homme de mérite est souvent moins considéré dans son pays que dans tout autre.

PAYS désigne aussi, dans un sens restreint, le Village auquel on appartient. Aller au pays. Descendre au pays. Il est familier, excepté dans cette phrase : Avoir le mal du pays, Être triste, abattu, malade parce qu'on est éloigné de son pays et qu'on désire vivement y retourner.

PAYS signifie aussi Région, contrée. Pays à blé. Pays de bois. Pays de chasse. Pays gras, maigre, riche, pauvre, stérile, fertile, inculte. Pays montagneux, marécageux. Pays chaud, froid, humide. Pays peuplé. Haut pays. Bas pays.

Pays plat, Pays de plaines, par opposition à Pays montueux; et Plat pays, La campagne.

Vin de pays, Petit vin qu'on boit dans le pays où il a été récolté. Voilà d'assez bon vin pour du vin de pays.

Gagner pays, Avancer, faire du chemin. La nuit vient, gagnons pays.

En termes de Guerre, Battre le pays, Explorer, reconnaître le pays.

Battre du pays, Voir, parcourir beaucoup de lieux différents; et, figurément, Traiter beaucoup de sujets différents.

Voir du pays, Voyager.

Fig. et fam., Faire voir du pays à une personne, L'obliger à prendre bien de la peine, lui susciter beaucoup d'embarras. Il signifie aussi, par extension, Entraîner une personne plus loin qu'elle ne l'eût voulu.

Fig. et fam., Savoir la carte du pays, Connaître les gens avec qui on doit vivre.

Fig., Être en pays de connaissance, Se trouver parmi des gens de sa connaissance. Il s'applique aussi en général à Toutes les choses que l'on connaît.

Fig., Parler, juger à vue de pays, Parler, juger d'après un premier aperçu et avant d'avoir approfondi les choses.

Fig., De quel pays venez-vous? se dit d'une Personne qui ignore quelque chose que tout le monde sait.

Fig., Un pays perdu, Un lieu où il y a peu de ressources, et, particulièrement, Un quartier éloigné du centre des affaires et de la société. Vous habitez un pays perdu. Il est allé se loger en pays perdu.

PAYS s'emploie quelquefois figurément. Les modernes ont découvert dans les sciences de nouveaux pays, des pays inconnus. Il faut renvoyer cela au pays des chimères.

PAYS signifie, populairement, Compatriote; et il fait au féminin Payse. C'est mon pays, c'est un de mes pays. Bonjour, pays. Elle a rencontré une de ses payses.

 

PAYSAGE

 

n. m.

Étendue de pays que l'on voit d'un seul aspect. Paysage riant. Il y a des paysages délicieux sur les bords de la Seine, de la Loire.

Il se dit aussi d'un Tableau qui représente un paysage. Ce musée possède plusieurs paysages de Corot.

Il se dit encore du Genre de peinture qui a pour objet la représentation des paysages. Peintre de paysage. Peindre le paysage.

Il se dit, en termes de Littérature, de la Description d'un aspect de nature. Ce romancier excelle dans le paysage.

 

PAYSAGISTE

 

n. m.

Peintre qui fait des paysages. Un célèbre paysagiste.

Par analogie et par apposition, Architecte paysagiste, Celui qui dessine et trace des jardins. On dit aussi Jardinier paysagiste.

 

PAYSAN, ANNE

 

n.

Celui, celle qui est de la campagne, qui y vit et s'occupe des travaux de la terre. C'est un paysan de mon village. Les qualités du paysan français. C'est un fin paysan. Un paysan madré.

Par extension et adjectivement, Moeurs paysannes. La vie paysanne. Une danse paysanne.

Soupe paysanne, Soupe faite de légumes divers.

Il a l'air d'un paysan, il a l'air paysan, se dit de Quelqu'un qui n'a pas les manières de la ville, qui a l'extérieur, les manières, le langage de la campagne.

À LA PAYSANNE,loc. adv.

À la manière des paysans.

 

PAYSANNERIE

 

n. f.

Il se dit de Compositions littéraires ou de tableaux ayant pour sujet la vie paysanne. George Sand a écrit de délicieuses paysanneries.

 

PÉAGE

 

n. m.

Droit qui se lève sur les personnes, les animaux, les marchandises, pour leur passage sur un chemin, sur un pont, sur une rivière, etc. Percevoir le péage. Payer, acquitter le péage.

Il se dit aussi du Lieu où l'on paie le droit de passage. Il faut s'arrêter au péage.

 

PÉAGER

 

n. m.

Celui qui reçoit le péage.

 

PEAU

 

n. f.

Membrane qui enveloppe et couvre extérieurement le corps de l'homme et des animaux. Avoir la peau dure, épaisse, tendre, noire, brune, blanche, ridée, sèche, rude, douce, fine, unie, huileuse, couperosée. Ce coup n'a fait qu'effleurer la peau. Il a la peau éraflée, égratignée, déchirée, emportée. Les quadrupèdes ont la peau couverte de poils, les oiseaux de plumes, et les poissons d'écailles. Les serpents changent de peau, dépouillent leur vieille peau, font peau neuve. La peau de certains pachydermes forme une véritable cuirasse. Les pores de la peau.

Il se dit quelquefois, familièrement, des Parties de la peau qui sont flasques et pendantes. Il a de grandes peaux qui lui pendent au menton.

Maladies de peau, de la peau, Celles qui altèrent la peau.

Fam., Porter à la peau, Provoquer une certaine irritation de l'épiderme. Certains aliments, les moules, les crustacés portent à la peau.

Prov. et fig., Les os lui percent la peau, il n'a que la peau et les os, il a la peau collée sur les os, se dit d'un Homme ou d'un animal fort maigre.

Fig. et fam., Il crève dans sa peau, Il est si gras qu'il semble ne pouvoir plus tenir dans ses habits. Il se dit aussi figurément d'un Homme qui a quelque grand dépit qu'il s'efforce de renfermer en lui-même.

Fig. et fam., Vous avez beau faire, il ne changera jamais de peau, il mourra dans sa peau, Il ne changera pas de conduite, de manières, il ne se corrigera point. On dit dans le même sens : Il mourra dans la peau d'un insolent, d'un effronté, d'un fat, etc.

Fig., Entrer, se mettre dans la peau d'un personnage, Se l'assimiler, restituer en soi ses manières de penser et de sentir, éprouver pour son propre compte les émotions qu'il éprouve.

Fig. et fam., Je ne voudrais pas être dans sa peau, Je ne voudrais pas être à sa place, dans la position fâcheuse ou périlleuse où il se trouve.

Fig. et fam., Faire bon marché de sa peau, Risquer sa vie, s'exposer aux coups avec un complet mépris du danger. Craindre, trembler pour sa peau, avoir peur pour sa peau, ménager sa peau, Craindre les coups, le danger, la mort, éviter de s'y exposer. Tenir à sa peau, sauver sa peau, Tenir à la vie, sauver sa vie. Vendre bien cher sa peau, Se défendre vaillamment contre ceux qui vous attaquent.

Avoir la peau de quelqu'un, Venir à bout d'un adversaire par n'importe quels moyens. Il est très familier.

PEAU se dit aussi de la Dépouille de l'animal, de sa peau séparée de son corps. Une peau d'ours, de renard, de lion, de tigre, de lapin, de mouton. Des sauvages vêtus de peaux de bêtes. Corroyer, apprêter, maroquiner une peau. Parfumer une peau. Peau musquée. Peau d'Espagne. Gants de peau. Un sac en peau de crocodile. Des souliers en peau de serpent.

Peau de vélin, Peau de veau, très mince, préparée pour la reliure, la peinture, l'écriture ou l'impression.

Fig., Coudre la peau du renard avec celle du lion, Joindre la finesse à la force.

Prov. et fig., Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir pris, avant de l'avoir mis par terre, Il ne faut pas disposer d'une chose avant de la posséder; il ne faut pas se flatter trop tôt d'un succès incertain.

PEAU se dit quelquefois des Parties tendineuses et coriaces qui se trouvent dans la viande. Cette viande n'est pas mangeable : il n'y a que des peaux.

PEAU se dit aussi de l'Enveloppe qui couvre les fruits, les amandes, les oignons, etc. Le raisin muscat a la peau dure. La peau des noix fraîches est amère. Une peau d'orange. Les oignons sont couverts de plusieurs peaux.

PEAU se dit encore d'une Sorte de croûte plus ou moins fine qui se forme sur les substances liquides ou onctueuses, par l'épaississement qui résulte de l'évaporation. Il se forme une peau sur le lait bouilli, sur l'encre, sur le fromage, etc.

Peaux Rouges se dit d'Indigènes de l'Amérique, ainsi nommés d'après la couleur cuivrée de leur peau.