Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 639 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Mets

 

n. m.

Chacun des aliments apprêtés qu'on sert pour les repas. Un mets délicat, simple, recherché, bien apprêté, mal apprêté. Un mets savoureux, un mets insipide. La variété des mets.

 

METTABLE

 

adj. des deux genres

. Qu'on peut mettre. Il ne se dit guère que des Vêtements. Cet habit, ce manteau n'est pas mettable, n'est plus mettable, On ne peut pas le mettre, parce qu'il est mal fait, parce qu'il est trop vieux, parce qu'il est passé de mode. Dans le sens opposé, Ce costume est encore mettable.

 

METTEUR, EUSE

 

n.

Il ne s'emploie guère que dans les locutions suivantes :

Metteur en oeuvre, Ouvrier dont la profession est de monter des perles, des pierres précieuses, etc. On le dit quelquefois, figurément, en parlant des Ouvrages de l'esprit. Cet écrivain est un habile metteur en oeuvre des idées d'autrui.

Metteur en scène, en termes de Théâtre, désigne Celui qui, aux répétitions d'une pièce, dispose les décors, les meubles, les accessoires et règle les mouvements et le débit des acteurs.

En termes de Typographie, Metteur en pages, Ouvrier chargé de rassembler les différents paquets de composition pour en former des pages et des feuilles.

En termes d'Arts, Metteuse en main, Ouvrière qui forme des paquets, des mains de soie. Metteur au point, Ajusteur spécial dans l'industrie mécanique.

 

METTRE

 

(Je mets; nous mettons. Je mis. Je mettrai. Mets. Que je misse. Mettant. Mis.) v. tr. Placer une personne, ou un animal, ou une chose dans un lieu déterminé. Mettre un malade dans une baignoire. Mettre un mort en terre. Mettre un cheval dans l'écurie, à l'écurie; un oiseau dans une cage, en cage. Mettre du foin dans le grenier, au grenier. Mettre du bois dans la cheminée. Il faut mettre chaque chose en son lieu, à sa place. Par extension, Mettre de l'eau dans du vin, du sel dans un ragoût, du bois dans le feu, au feu.

Mettre le pied dans une maison, Y entrer. Je n'ai jamais mis le pied dans cette maison. METTRE signifie aussi Placer, dans un certain rapport de position, un être animé avec un autre, ou une chose avec une autre, ou un être animé avec une chose. On m'a mis à côté de lui à table. Se mettre à table. Se mettre au lit.' Mettre un enfant à terre, par terre. Mettre quelqu'un hors d'une maison, ou, simplement, le mettre dehors. Mettre un gigot à la broche. Mettre des marchandises à bord d'un navire. Mettre la main à la plume. Mettre le pied à l'étrier. Se mettre en route, en chemin, en voyage. Mettre les chevaux à la voiture. Mettre un mors, une bride, une selle à un cheval. Mettez ces livres ensemble. Mettre un écran devant le feu. Mettre ses pieds sous la table. Mettre l'adresse à une lettre. Mettre la main sur quelqu'un, au collet de quelqu'un. Mettre un tableau dans son jour, Mettre pied à terre. Mettre le pied sur quelque chose. Se mettre sur les rangs.

Il ne peut mettre un pied devant l'autre, Il est si faible, si languissant, qu'il ne peut marcher.

Fig., Mettre un homme dans l'embarras, dans son tort. Mettre son bonheur, sa gloire dans la vertu. Mettre son espérance dans les bontés de quelqu'un. Mettre en quelqu'un ses affections, ses complaisances. Mettre un homme au-dessus, au-dessous, à côté d'un autre. Mettre quelqu'un au nombre, au rang de ses amis. Mettre quelqu'un à la tête d'une affaire. Mettre des obstacles, des bornes à quelque chose. Mettre le comble à ses bienfaits, à son ingratitude, etc.

Il s'emploie aussi, dans les mêmes significations, en un grand nombre de phrases figurées et proverbiales. Mettre à la porte. Mettre la main à l'oeuvre, à la pâte. Mettre la main sur la conscience. J'en mettrais ma main au feu. Vous avez mis le doigt sur la plaie, sur le mal. Mettre à quelqu'un le poignard sur la gorge. Mettre les fers au feu. Mettre le feu aux poudres. Mettre le nez dans les affaires, dans les livres. Mettre une question sur le tapis. Mettre quelqu'un dans de beaux draps. Mettre quelqu'un au tombeau. Cette nouvelle l'a mis aux champs. Mettre quelqu'un hors de combat, hors des gonds. Mettre quelque chose sur le compte, sur le dos de quelqu'un. Mettre la charrue avant les boeufs. Mettre quelqu'un sur la voie. Mettre un homme sur les dents. Mettre une armée sur pied. Mettre quelqu'un au pied du mur. Mettre le marché à la main à quelqu'un. Fig. et pop., Mettre quelqu'un dedans, Le tromper.

METTRE, en parlant des Personnes, signifie souvent Envoyer, conduire en un lieu, y faire entrer, y établir. Mettre un enfant dans un collège, au collège; dans une pension, en pension; dans une école, à l'école. Il a mis son fils chez un notaire, chez un avoué.

Par extension, Mettre quelqu'un dans les affaires, dans le commerce, dans l'industrie. Mettre un enfant en nourrice, en apprentissage.

Fig., Mettre un prince sur le trône, L'y établir. Mettre quelqu'un dans un poste, Lui conférer un emploi. Mettre au monde un enfant, Lui donner naissance.

Fig., Ne savoir où se mettre, Être embarrassé de sa contenance.

Se mettre à quelque chose, S'en occuper. Je me suis mis au travail, à l'étude. Je n'ai pas renoncé à cet ouvrage, je m'y mettrai incessamment.

Se mettre à tout, Se rendre utile en toute occasion, ne se refuser à rien.

Se mettre à deux, à trois pour faire quelque chose, Se réunir deux ou trois.

Se mettre à, suivi d'un infinitif, marque ordinairement le Commencement d'une action. Dès qu'on lui en parle, il se met à pleurer. Aussitôt il se mit à parler tout bas. Tout le monde se mit à rire, à crier. Il s'est mis tout de bon à étudier.

METTRE se dit aussi en parlant de Certaines peines qu'on inflige, qu'on fait subir. Mettre un homme en prison, au cachot, aux arrêts, à l'amende. Mettre un enfant en pénitence.

Mettre un prince, une ville au ban de l'Empire signifiait autrefois Déclarer qu'ils ont encouru la déchéance et autres peines prononcées par les lois de l'Empire. Voyez BAN.

Fig., Mettre quelqu'un au ban de l'opinion, de l'Europe, de l'Humanité, Le dénoncer au mépris public dans son pays, dans l'Europe, dans le monde entier.

METTRE, en parlant des Personnes, s'emploie aussi dans le sens de Réduire ou en un sens voisin. Mettre un homme à la mendicité, en chemise, à sec. Mettre quelqu'un aux abois, à quia, à bout. Mettre un homme à la retraite, en réforme. Mettre à pied. On dit à peu près dans le même sens Se mettre au régime, Se mettre au lait, Commencer à user de régime, à faire usage de lait.

Il s'emploie quelquefois, dans le même sens, en parlant des Choses. Mettre une fontaine à sec.

METTRE, en parlant de Ce qui sert à l'habillement, à la parure, signifie Le revêtir, le mettre sur soi. Mettre sa chemise, son habit, ses souliers, ses gants, son chapeau, etc.

SE METTRE signifie absolument S'habiller. Cet homme se met d'une façon négligée. Il ne sait pas se mettre. Votre frère se met avec goût. Cette femme se met avec élégance. Il se met ordinairement en noir.

Bien mis, mal mis, Bien vêtu, mal vêtu.

Il signifie quelquefois Porter habituellement sur soi. Il ne met pas de manchettes.

Mettre sur soi tout ce qu'on gagne, Le dépenser en parures.

METTRE, en parlant des Choses qui se mangent, signifie Les accommoder, les apprêter d'une certaine façon. Mettre une carpe à l'étuvée, au bleu, en matelote; un poulet en fricassée; un lièvre en pâté; des épinards au jus; des oeufs à la poulette; des fruits en compote.

METTRE, en parlant de l'Argent qu'on possède, signifie Le placer, l'employer d'une certaine manière. Mettre son argent, ses fonds dans une entreprise industrielle. Mettre son argent en rentes, en viager, à fonds perdu. Il a mis une partie de son argent en chevaux, en bijoux. Il a mis beaucoup d'argent au jeu.

Absolument, Mettre au jeu, Déposer son enjeu. Mettre à la loterie, Prendre un billet de loterie.

Mettre du sien, Faire quelque sacrifice d'argent. Il voudrait entrer dans cette affaire sans y mettre du sien. Cette affaire s'annonce bien pour l'avenir, mais en attendant j'y mets du mien. Fig., Mettre du sien, Faire quelque concession. Si l'on veut s'entendre, il faut que chacun y mette du sien. Pour d'autres sens figurés de cette expression, voyez SIEN.

METTRE, en parlant des Terres, signifie Les ensemencer, les planter, les employer d'une certaine manière. Mettre une terre en blé, en orge, en seigle, en avoine. Il a mis son terrain en vigne, en bois.

METTRE se dit en parlant de Ce qu'on écrit sur le papier, dans un livre. Il a mis cette remarque en marge. Il a mis son nom au bas de la lettre. Il fut mis sur la liste. Il mit ses raisons par écrit. Mettre en italiques.

METTRE se dit encore, au sens physique et au sens moral, en parlant des Personnes et des choses qu'on fait passer d'un état à un autre et, dans cette acception, le complément est souvent précédé de la préposition en. Mettre une chose en morceaux, en pièces, en poudre, en poussière, en cendre. Mettre une vigne en espalier. Mettre une armée en bataille, en ligne. Mettre une pensée en vers. Mettre du latin en français. Mettre des paroles en musique.

METTRE signifie quelquefois Ajouter à quelque chose une partie qui y manque. Mettre un manche à un balai, un pied à une table, une corde à un violon, un bouton à un habit, une roue à une voiture, un fer à un cheval.

Mettre du temps, Employer un certain temps. J'ai réussi, mais j'y ai mis le temps. Virgile mit douze ans à composer son Énéide.

METTRE, en parlant de Qualités et de dispositions morales, signifie Les employer, les manifester dans ses actions, dans ses discours, dans ses ouvrages. Mettre de la bonne foi, de l'adresse, de la réserve, de la modération, du mystère, de la discrétion dans sa conduite. Mettre de la passion, de la haine, du ressentiment, de la colère, de l'injustice dans une action. Mettre de la douceur, de la sévérité, de l'aigreur, de la dureté dans ses discours, dans ses réprimandes. Mettre de la chaleur, de la vivacité dans ses paroles. Mettre de l'esprit, du jugement, du goût, de l'imagination, de l'art, du sentiment dans ses écrits. Mettre de l'âme, de l'expression dans son chant, de l'accent dans son langage.

METTRE, dans quelques phrases, a pour complément direct un substantif non précédé de l'article. Mettre fin à une affaire, à un ouvrage. Mettre ordre à ses affaires. J'y mettrai bon ordre. Mettre obstacle, mettre empêchement à quelque chose.

METTRE, suivi des prépositions en ou à, s'emploie, tant au propre qu'au figuré, en parlant des Personnes ou des choses, dans un nombre considérable de locutions, où il a un sens plus ou moins rapproché, plus ou moins éloigné de sa signification primitive. Nous allons en citer un certain nombre d'exemples.

METTRE, avec en. Mettre quelqu'un en colère, en fureur, en peine, en gaieté, en joie, en bonne ou en mauvaise humeur. Mettre quelqu'un ou quelque chose en danger, en péril. Cette action l'a mis en faveur, en crédit, en honneur, en réputation, en vogue. Mettre sa conscience en repos. Mettre ses affaires en ordre. Mettre quelqu'un en avant, en frais, en dépense. Mettre une armée en campagne, en déroute, en fuite, en désordre, en désarroi. Mettre une terre en valeur, une maison en vente. Mettre une parole en oubli. Mettre une chose en oeuvre, en ligne de compte, en état, en évidence, en sûreté, en question, en doute, en délibération, en fait. Mettre un homme en cause, en jugement. Mettre quelqu'un ou quelque chose en mouvement, en train, en repos. Mettre de l'argent en dépôt, des effets en gage. Mettre en état de siège. Mettre quelque chose en tête à quelqu'un.

METTRE, avec à. Mettre une affaire à jour. Mettre une ville à contribution. Mettre une chose à profit, à exécution. Mettre à bout. Mettre quelqu'un à même de... à portée de... Mettre quelqu'un à couvert. Mettre à prix la tête de quelqu'un. Mettre une chose à haut prix, à bas prix. Mettre un homme à terre, un homme à mort, etc.

METTRE, avec à, suivi de l'article. Mettre un homme à la raison, à l'épreuve. Mettre une ville au pillage. Mettre un cheval au pas, au trot, au galop. Mettre un écrit au net. Mettre les choses au pis. Mettre quelqu'un au fait. Mettre deux personnes aux mains, aux prises. Mettre quelqu'un ou quelque chose à l'abri, à l'écart. Mettre quelqu'un au régime. Mettre un malade au lait. Mettre une chose à l'enchère, à l'encan. Mettre quelque chose à la discrétion de quelqu'un.

METTRE, avec à, suivi d'un verbe à l'infinitif, signifie Faire consister. Mettre sa gloire, son plaisir, son bonheur à faire quelque chose. Je mets mon orgueil à vous imiter.

METTRE, avec la préposition de, signifie Faire participer. On le met de toutes les fêtes, de toutes les corvées.

METTRE, avec la préposition sur, signifie Faire parler. On le mit sur ce chapitre.

METTRE se construit aussi avec certains adverbes, de manière à former un sens particulier. Ils avaient de la peine à se rapprocher, je les ai mis bien ensemble, Je les ai réconciliés. La jalousie les a mis mal ensemble, Les a brouillés. Cette chienne a mis bas, Elle a fait des petits. Ce cerf a mis bas, a mis sa tête bas, Il s'est dépouillé de son bois, son bois est tombé. Mettre habit bas, Ôter son habit. Mettre ses habits bas, Se déshabiller. Mettre bas son chapeau, ou Mettre chapeau bas, ôter son chapeau. Mettre pavillon bas, Baisser le pavillon pour annoncer qu'on se rend.

Fam., METTRE, avec que et l'indicatif ou le subjonctif, signifie Admettre, supposer. Mettez que je n'ai rien dit. Mettons que ce soit vrai.

METTRE s'emploie quelquefois sans complément direct. Mettre de côté, Épargner son revenu, amasser de l'argent.

METTRE s'emploie dans plusieurs locutions spéciales à la Marine. Mettre un vaisseau à la mer, à flot, à la cape, en panne. Mettre tout au vent. Mettre vent en poupe. Mettre les voiles dedans. Mettre les voiles dehors, toutes voiles dehors. Mettre le cap en route. Etc. Voir, pour l'explication, les mots MER, FLOT, CAPE, PANNE, etc.

Absolument, Mettre à la mer, Mettre à la voile.

METTRE s'emploie aussi avec le pronom personnel, dans la plupart des acceptions où il a pour sujet un nom de personne. Se mettre à la place de quelqu'un, au-dessus de quelqu'un. Se mettre à table. Se mettre au soleil, au jour, devant la cheminée, derrière la porte. Se mettre dans les affaires. Se mettre aux pieds de quelqu'un. Je me mettrais au feu, je me mettrais en quatre pour lui. Se mettre en danger, en évidence, en sûreté, à l'abri, à l'écart, à couvert. Se mettre en garde, en défense. Se mettre à la suite d'une personne. Se mettre en pension, en apprentissage, en service. Se mettre en eau, en sueur, en nage. Se mettre en crédit, en renom, en réputation. Se mettre en colère, en fureur, en peine. Se mettre de mauvaise humeur. Se mettre en humeur de faire quelque chose. Se mettre en repos, en mouvement, en train, en avant, en frais, en jeu. Se mettre en retard. Se mettre à portée, à même, en état de faire une chose. Se mettre au fait d'une chose. Se mettre sur les rangs. Se mettre bien, se mettre mal avec quelqu'un. Se mettre en course, en route, en chemin, en voyage. Se mettre sur le pied de faire telle chose. Etc.

Mettez-vous là, Asseyez-vous, prenez place.

Pop., Se mettre avec une femme, Vivre maritalement avec elle.

 

MEUBLANT, ANTE

 

adj. verbal

. Qui est propre à meubler, qui s'emploie en tenture, en garniture de meubles. Le damas est bien meublant, est une étoffe bien meublante.

En termes de Jurisprudence, Meubles meublants, Ce qui sert à garnir, à orner une maison, une chambre, sans en faire partie.

 

MEUBLE

 

adj. des deux genres

. Qu'on peut déplacer, remuer. Il s'emploie surtout dans les deux locutions suivantes :

Terre meuble, Terre légère, ou Terre brisée et divisée par les labours.

En termes de Jurisprudence, Biens meubles, Les choses qui peuvent être facilement transportées d'un lieu dans un autre, sans détérioration. Engager, vendre tous ses biens meubles et immeubles.

MEUBLE est aussi nom masculin et se dit alors des Différents objets qui servent à garnir, à orner une chambre, un appartement, une maison. Un locataire doit garnir son logement de meubles. Cette commode, ce secrétaire est un beau meuble. Un meuble d'acajou. Acheter des meubles à une vente publique. Un meuble de prix. Des meubles de style. On a saisi ses meubles.

Se mettre dans ses meubles, Acheter des meubles pour garnir l'appartement qu'on veut occuper. On dit de même Être dans ses meubles.

Mettre une femme dans ses meubles, L'entretenir, lui donner un logement, un appartement et des meubles pour le garnir.

MEUBLE, au singulier, signifie, dans un sens collectif, Toute la garniture d'un appartement, d'une chambre, d'un cabinet, etc., comme tapisseries, lits, sièges, etc., principalement lorsqu'elle est assortie pour les formes et pour les couleurs. Il a un beau meuble de salon. Meuble de salle à manger. Meuble de tapisserie.

MEUBLE, en termes de Jurisprudence, désigne Tous les biens qui ne sont pas immobiliers. Les meubles suivent la personne. Les meubles n'ont point de suite par hypothèque. L'argent comptant, les bijoux, les pierreries, la vaisselle d'argent sont regardés comme meubles. Les billets, les valeurs sont aussi regardés comme des meubles. En fait de meubles, possession vaut titre.

 

MEUBLER

 

v. tr.

Garnir de meubles. Meubler une maison, une chambre, etc. Appartement meublé, ou simplement Meublé. Habiter en meublé. Louer meublé.

Absolument, Cette étoffe meuble bien, Elle fait bon effet, employée en tenture, en garniture de meubles.

Par extension, Meubler une ferme, La garnir de ce qui est nécessaire pour la faire valoir. Meubler une ferme de bestiaux.

SE MEUBLER signifie spécialement Acquérir des meubles, s'installer. En parlant des Personnes, on dit dans le même sens Être bien, être mal meublé.

Fig., Meubler sa tête, sa mémoire, L'enrichir de connaissances. Il s'était meublé la mémoire de beaux morceaux de poésie.

Fam. et par extension, Une cave bien meublée, Une cave garnie de beaucoup de vins de différentes espèces.

Fig. et fam., Avoir la bouche bien meublée, Avoir de belles dents.

 

MEUGLEMENT

 

n. m.

Voyez BEUGLEMENT.

 

MEUGLER

 

v. intr.

Voyez BEUGLER.

 

MEULE

n. f.

Dispositif en pierre, en bois, de forme cylindrique, qui sert à broyer en tournant. Meule de moulin. Meule de dessus ou Meule courante. Meule de dessous ou Meule gisante. Meule d'une pièce, de plusieurs pièces. Les meules de moulin sont de pierre. Il y a des meules de bois pour faire du cidre. Meule de métal strié.

MEULE se dit, par extension, d'une Roue de grès, de fer ou d'acier, de bois, etc., dont on se sert dans diverses professions pour aiguiser, user, polir, etc. Aiguiser un couteau sur la meule. Passer un rasoir sur la meule.

Meule de fromage, Masse de fromage, de la forme d'une meule. Une meule de gruyère.

 

MEULE

 

n. f.

Monceau de bottes de foin, de gerbes de blé, de seigle, etc., dressé dans les champs et auquel on donne ordinairement une forme cylindro-conique, afin que la pluie glisse dessus plus facilement.

MEULE, en termes de Vénerie, désigne la Racine dure et raboteuse du bois des cerfs, des daims et des chevreuils.

 

MEULIER, IÈRE

 

adj.

Qui a rapport aux meules à moudre. Silex meulier. Pierre meulière.

Substantivement, MEULIÈRE, Pierre rocailleuse dont on fait des meules de moulin et qu'on emploie aussi comme moellon pour bâtir. Mur bâti en meulière.

MEULIÈRE désigne encore la Carrière d'où l'on tire ces sortes de pierres. Il y a une meulière près de ce village.

 

MEULON

 

n. m.

Petite meule.

 

MEUNERIE

 

n. f.

Profession de meunier.

MEUNIER, IÈRE

 

n.

Celui, celle qui possède ou qui exploite un moulin à blé.

En termes de Cuisine, Truite meunière. Voyez TRUITE.

 

MEUNIER

 

n. m.

Espèce de poisson. Voyez CHABOT.

 

MEURT-DE-FAIM

 

n. m.

Celui qui manque du strict nécessaire et n'a pas même de quoi manger.

 

MEURTRE

 

n. m.

Homicide commis avec violence. Commettre un meurtre. Crier au meurtre. Être coupable, accusé, prévenu, convaincu de meurtre. Il a vengé le meurtre de son père. Le meurtre commis avec préméditation ou guet-apens est qualifié d'assassinat.

Fig. et fam., Crier au meurtre, Se plaindre hautement de quelque injustice, de quelque dommage qu'on prétend avoir reçu. Il crie au meurtre contre ceux qui lui ont fait perdre son procès.

Il s'en défend comme d'un meurtre, Il désavoue hautement et avec chaleur telle action, telle parole qu'on lui attribue.

Fig. et fam., C'est un meurtre, C'est grand dommage. Cueillir des fruits si verts, c'est un meurtre, c'est un vrai meurtre.

 

MEURTRIER, IÈRE

 

n.

Celui, celle qui a commis un meurtre. Elle a poursuivi le meurtrier de son fils. La meurtrière a été arrêtée.

Il s'emploie aussi adjectivement et signifie Qui cause la mort de beaucoup de personnes. Guerre meurtrière. Combat, siège meurtrier. Un climat meurtrier.

MEURTRIÈRE

 

n. f.

Ouverture pratiquée dans les murs d'une fortification et par laquelle on peut tirer à couvert sur les assiégeants.

 

MEURTRIR

 

v. tr.

Contusionner par une meurtrissure. Meurtrir quelqu'un de coups. La balle n'entra pas; elle ne fit que meurtrir les chairs. Il est tombé et s'est tout meurtri le visage.

Par extension, La grêle a meurtri ces pêches. Prenez garde de meurtrir ces poires. Ce fruit s'est meurtri en tombant de l'arbre.

 

MEURTRISSURE

 

n. f.

Contusion avec tache livide. Les meurtrissures des coups qu'il a reçus.

Il se dit aussi d'une Tache sur les fruits, causée par leur chute ou par leur froissement. Ces fruits sont pleins de meurtrissures.

 

MEUTE

 

n. f.

T. de Chasse

. Troupe de chiens courants dressés pour la chasse du lièvre, du cerf, du loup, etc. Meute de cinquante, de cent chiens. Meute de chiens courants. Un bon chien de meute.

Fig., Une meute d'ennemis. La meute des envieux s'acharne contre lui.

 

MÉVENDRE

 

v. tr.

T. de Commerce

. Vendre une chose à perte. Ce marchand a mévendu plusieurs parties de son fonds. Absolument, Il y a des temps où les marchands sont obligés de mévendre. Il est vieux.

 

MÉVENTE

n. f.

Vente à trop bas prix. Il se plaint de la mévente qu'on a faite de ses meubles. Dans ce sens, il a vieilli.

Il se dit couramment dans le Commerce pour Non-vente, interruption, cessation, ralentissement de vente. Nos magasins sont encombrés de marchandises par suite de mévente. L'abondance de la récolte du vin a produit la mévente. Une contrée ruinée par la mévente du café, du sucre, du caoutchouc.

 

MEZZO-SOPRANO

 

n. m.

Voix de femme qui tient le milieu entre le contralto et le soprano.

 

MI-CARÊME

 

n. f.

Jeudi de la troisième semaine du Carême. Fêter la Mi-Carême. Se déguiser pour la Mi-Carême. Donner congé pour la Mi-Carême.

 

MI-PARTI, IE

 

adj.

Qui est composé de deux parties égales, mais dissemblables. Robe mi-partie d'écarlate et de velours noir, de blanc et de noir. Les échevins avaient des robes mi- parties. En termes de Blason, Écu mi-parti.

 

MI

 

Mot invariable, qui ne s'emploie jamais seul, qui se joint à plusieurs autres mots et qui sert à marquer soit le partage d'une chose en deux portions égales, soit l'endroit où la chose peut être partagée de la sorte.

Lorsque Mi est joint au mot Carême ou aux noms de mois, ces mots reçoivent l'article féminin, quoique tous soient masculins. Nous avons passé la mi-mai. Vers la mi-août. Cela arriva vers la mi-carême. On dit de même, en termes de Sports, La mi-temps. Le mot Mai se dit cependant sans article dans ce proverbe, Mi-mai, queue d'hiver.

Il sert à marquer le partage d'une chose en deux portions égales, lorsqu'il se joint au participe Parti : Mi-parti, mi-partie. Ainsi on dit : Les avis ont été mi-partis, les opinions ont été mi-parties, Il y en a eu autant d'un côté que de l'autre. Sa robe était mi-partie de blanc et de rouge, Un côté de sa robe était blanc et l'autre rouge. On dit aussi Sa robe était mi-partie blanche, mi-partie rouge.

Il sert à marquer l'Endroit où une chose peut être partagée en deux portions égales, lorsqu'il se joint à des noms. Mi-chemin. Mi-côte. Mi-corps. Mi-jambe. Mi-terme. Mi- carême. Mi-janvier. Mi-février. Etc.

Il forme un certain nombre de locutions avec la préposition à : À mi-corps, à mi-jambes; ou bien, Jusqu'à mi-corps, jusqu'à mi-jambes. Il n'y a de l'eau qu'à mi-jambes, que jusqu'à mi-jambes. Je vous conduirai jusqu'à mi-chemin. Une maison située à mi-côte. L'eau du bassin n'arrivait qu'à mi-hauteur.

À mi-fruit, Locution adverbiale indiquant le Résultat d'un partage par moitié des fruits, des productions d'une propriété agricole. Fermier, métayer à mi-fruit. Culture, bail à mi-fruit.

 

MI

 

n. m.

T. de Musique

. La troisième note de la gamme d'ut. C'est aussi le Nom du signe qui représente cette note. Mi bémol. Ton de mi. Ce mi est effacé.

 

MIASME

 

n. m.

Il ne s'emploie guère qu'au pluriel et signifie Émanations malsaines, résultant spécialement de la décomposition des matières animales ou végétales. Miasmes pestilentiels.

 

MIAULEMENT

 

n. m.

Action de miauler.

 

MIAULER

 

v. intr.

Il se dit du Chat qui fait entendre le cri propre à son espèce. J'entends un chat qui miaule.

 

MICA

 

n. m.

T. de Minéralogie

. Pierre composée de feuillets minces, élastiques, flexibles, transparents et d'un éclat métallique.

MICACÉ, ÉE

 

adj.

T. de Minéralogie

. Qui est de la nature du mica, qui contient du mica.

 

MICASCHISTE

 

n. m.

T. de Minéralogie

. Roche composée de mica et de quartz.

 

MICHE

 

n. f.

Pain d'une grosseur moyenne, pesant au moins une livre.

Il se dit, par extension, des Pains ronds d'un poids plus considérable.

 

MICMAC

 

n. m.

Intrigue, manigance, pratique secrète dont le but est blâmable ou semble tel. Il y a eu bien du micmac dans cette affaire. On ne comprend rien à tout ce micmac, à tous ces micmacs. Il est très familier.

 

MICOCOULIER

 

n. m.

Arbre du genre de l'orme et dont le bois compact, presque incorruptible, est employé par les ébénistes. Le fruit du micocoulier ressemble à une petite cerise. Micocoulier de Provence.

 

MICRO

 

Mot emprunté du grec et qui signifie Petit. Il entre dans la composition d'un grand nombre de mots scientifiques dont nous ne citerons que les plus usuels.

 

MICROBE

 

n. m.

T. de Biologie

. Organisme microscopique vivant, qui est l'agent des fermentations, des putréfactions animales ou végétales et spécialement d'un grand nombre de maladies.

 

MICROBIEN, IENNE

 

adj.

T. de Biologie

. Qui a rapport aux microbes. Infection microbienne. Maladie microbienne. Culture microbienne.

 

MICROBIOLOGIE

 

n. f.

Science qui étudie les microbes.

 

MICROCÉPHALE

 

adj. des deux genres

. T. de Zoologie

. Qui a la tête petite. Les insectes microcéphales sont fréquents en Amérique du Sud.

Il se dit aussi des Mammifères qui ont la tête très petite.

 

MICROCOSME

 

n. m.

Monde en petit. Les philosophes se plaisent à dire que l'homme est un microcosme. Il est opposé à Macrocosme et peu usité.

 

MICROGRAPHIE

 

n. f.

T. didactique

. Science des objets qui sont si petits qu'on ne peut les voir sans le secours du microscope.

 

MICROMÈTRE

 

n. m.

Appareil qui sert à mesurer avec une très grande précision de petites distances et de petites grandeurs.