Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 841 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Refrapper

 

v. tr.

Frapper de nouveau. Refrappez à cette porte, on n'a pas entendu votre premier coup. Refrapper des monnaies.

 

REFRÉNER

 

v. tr.

Réprimer. Il ne s'emploie que figurément. Refréner ses passions. Refréner sa colère. Refréner ses appétits. Refréner la licence. Il faut lui apprendre à refréner sa langue; on dit plus ordinairement : à tenir sa langue.

 

RÉFRIGÉRANT, ANTE

 

adj.

Il se dit, en termes de Chimie, de Ce qui sert à produire le froid. Faire un mélange réfrigérant avec de la glace pilée et du sel marin.

Il se dit aussi au figuré, dans le langage familier, et signifie Qui est propre à refroidir. Nous avons reçu un accueil réfrigérant.

RÉFRIGÉRANT est encore nom masculin et se dit, en termes de Chimie, d'un Récipient que l'on remplit d'eau et avec lequel on couvre la partie supérieure d'un alambic, pour refroidir et condenser les vapeurs.

Il se dit, en termes de Médecine, d'un Remède rafraîchissant. Employer des réfrigérants.

 

RÉFRIGÉRATION

 

n. f.

T. de Chimie

. Refroidissement. La distillation se fait par exhalation et réfrigération.

 

RÉFRINGENT, ENTE

 

adj.

T. de Physique

. Qui cause une réfraction des rayons lumineux. Milieu réfringent.

 

REFROGNEMENT

n. m.

Voyez RENFROGNEMENT.

 

REFROGNER (SE)

 

v. pron.

Voyez RENFROGNER (SE).

 

REFROIDIR

 

v. tr.

Rendre froid. Le vent, la pluie a refroidi l'air. Refroidir des vapeurs pour les condenser. Le temps s'est refroidi.

Se refroidir signifie Prendre froid. Il s'est refroidi en sortant du théâtre. Je me suis refroidi à rester trop longtemps dans le jardin.

Il s'emploie figurément et signifie Diminuer l'ardeur, l'activité, etc. Il avait bien de l'ardeur pour cette affaire, mais ce qui est arrivé l'a beaucoup refroidi. La vieillesse refroidit les passions. Cette scène refroidit l'action, l'intérêt. Il faut laisser refroidir sa colère. Il commença à se refroidir sur la proposition qu'on lui faisait. Leur amitié se refroidit de jour en jour. Ils commencent à se refroidir l'un pour l'autre.

Il est aussi intransitif et signifie Devenir froid. Laissez refroidir ce bouillon. Cela refroidira trop.

 

REFROIDISSEMENT

 

n. m.

Diminution de chaleur. Ce refroidissement de l'air, du temps pourrait nous amener de la gelée. Le refroidissement de la chaleur naturelle.

Il se dit particulièrement d'une Indisposition causée par un froid subit. Prendre, avoir un refroidissement.

Il se dit figurément de la Diminution dans l'amour, dans l'amitié, dans les passions. Il y a du refroidissement dans leur amitié. Il y a un grand refroidissement entre eux. Le refroidissement d'une passion.

 

REFUGE

 

n. m.

Asile, retraite, lieu où l'on cherche un abri. Refuge assuré. Lieu de refuge. Chercher un refuge. Sa maison est le refuge de tous les malheureux.

Maison de refuge ou simplement Refuge, Nom de certaines maisons d'asile pour les indigents, et quelquefois pour les filles repenties.

REFUGE se dit encore d'un Terre-plein au milieu de la voie publique où les piétons peuvent se garer des voitures.

Il se dit, figurément, de Ceux dont on attend, dont on implore la protection, le secours. Dieu est mon unique refuge. Vous êtes mon seul refuge, Il est le refuge des misérables. Voilà mon dernier refuge.

Il se dit aussi des Choses. Les lois sont le refuge du faible.

Il se dit encore, figurément, des Prétextes, des raisons apparentes sous lesquelles l'erreur ou la mauvaise foi cherche à se mettre à couvert. Quel misérable refuge que ce prétexte! La dénégation est son refuge ordinaire. On l'a poursuivi dans tous ses refuges.

 

RÉFUGIER (SE)

 

v. pron.

Se retirer en quelque lieu ou auprès de quelqu'un pour être en sûreté, pour être à l'abri. Il s'est réfugié dans une église. Il s'est réfugié dans telle ville, dans tel pays. Se réfugier auprès de quelqu'un. Il ne sait où se réfugier. Il a été surpris par l'averse et il s'est réfugié sous un arbre.

Il s'emploie aussi figurément. Il se réfugie dans des équivoques, dans des subtilités, pour échapper à la vérité qui le presse.

Le participe passé RÉFUGIÉ s'emploie comme nom. C'est un réfugié. Une pauvre réfugiée.

Les réfugiés protestants et, absolument, Les réfugiés, Les calvinistes que la Révocation de l'Édit de Nantes fit sortir de France. Adjectivement, Style réfugié s'est dit du Style des écrivains protestants qui, étant sortis du royaume, ignoraient les changements introduits par l'usage dans la langue française.

 

REFUIR

 

v. intr.

T. de Chasse

. Il se dit du Cerf ou autre animal qui, lorsqu'il est poursuivi, revient sur ses pas, afin de donner le change.

 

REFUITE

n. f.

T. de Chasse

. Endroit où une bête a coutume de passer lorsqu'on la chasse. Il y a tant de refuites dans cette forêt. Mettre des relais aux refuites.

Il se dit aussi des Ruses d'une bête qu'on chasse. Un cerf qui use de refuites.

 

REFUS

 

n. m.

Action de ne pas accorder ce qui est demandé. Opposer un refus. S'attirer un refus. Essuyer des refus. Ce qu'il vous a dit est un refus poli. Il a pris pour un refus la réponse qu'on lui a faite. Sur son refus de payer, il fut procédé à la saisie.

Il se dit aussi de l'Action de rejeter, de ne pas accepter ce qui est offert. Il lui aurait bien fait cette offre, mais il n'a pas voulu s'exposer à un refus.

Avoir une chose au refus de quelqu'un, Ne l'avoir qu'après qu'un autre l'a refusée. Faire une chose au refus de quelqu'un, La faire après qu'un autre a refusé de s'en charger.

Fam., Cela n'est pas de refus, Je ne refuse pas, j'accepte volontiers ce que vous m'offrez.

Enfoncer, battre un pieu jusqu'à refus de mouton, Jusqu'à ce que le mouton ne puisse l'enfoncer davantage. On dit de même : Ce pieu est au refus.

En termes de Chasse, Un cerf de refus, Un cerf de trois ans.

 

REFUSER

 

v. tr.

Rejeter une demande, ne pas accorder ce qui est demandé; Ne pas vouloir faire ce qui est exigé, prescrit, ordonné. On lui a refusé la grâce qu'il demandait. Il ne peut rien refuser à ses amis. Il a refusé son consentement. Il a refusé de me prêter de l'argent. Refuser obéissance. Il refuse de payer, de travailler.

Il s'emploie absolument dans la même acception. Il refuse si poliment qu'on ne peut pas se fâcher. Je me vois dans la nécessité de refuser. Il refusa net.

Refuser la porte à quelqu'un, Ne pas lui permettre l'entrée de quelque lieu, de quelque maison, etc. Il s'est présenté pour entrer au bal, on lui a refusé la porte.

En termes de Manège, Ce cheval refuse l'obstacle, il refuse à l'obstacle, On ne peut pas l'obliger à franchir l'obstacle.

En termes de Marine, Le vent refuse, Le vent devient contraire.

REFUSER se dit aussi en parlant des Personnes auxquelles on refuse, ou dont on ne veut pas. Cet homme refuse ses meilleurs amis, quelque chose qu'ils lui demandent. Il a déjà refusé tous ceux qui l'en ont prié. Il refuse tout le monde. J'ai offert de servir, mais j'ai été refusé.

Refuser sa fille en mariage, Ne pas vouloir donner sa fille en mariage à quelqu'un qui la demande. Refuser une jeune fille en mariage se dit aussi de Celui qui ne veut pas épouser une jeune fille qui lui est proposée en mariage. On dit également : Cet homme a refusé un bon parti; cette jeune fille a refusé un parti avantageux; on lui a refusé la main de cette jeune fille. On peut dire encore dans le même sens et d'une manière absolue : Refuser, être refusé. Il désirait épouser cette jeune fille; il en a été refusé. Il m'a proposé sa fille; je l'ai refusée.

REFUSER signifie aussi Rejeter une offre, ne pas accepter ce qui est offert. On lui a offert un bon prix de cette terre, de ces meubles, mais il l'a refusé. Refuser des présents. Refuser des offres. Refuser un emploi. Refuser des conditions avantageuses. J'ai refusé d'aller chez lui.

Absolument et proverbialement, Tel refuse, qui après muse, ou Qui refuse, muse, Celui qui refuse ce qui lui est offert perd souvent une occasion qu'il ne retrouvera pas.

REFUSER signifie encore Ne pas admettre. On a refusé du monde à la porte. Il a été refusé à son examen. La pièce a été refusée.

Il s'emploie aussi au figuré; et alors il signifie simplement Ne pas donner, ne pas accorder. La nature lui a refusé la beauté. La nature ne lui a refusé aucun de ses dons. On ne peut refuser son assentiment à une vérité si évidente. Je ne puis refuser mon admiration, mon estime à une telle conduite.

En termes de Tactique, il signifie Éviter d'engager, ne pas avancer. L'ennemi refusait sa droite.

SE REFUSER, avec un complément direct, signifie Ne pas se permettre, se priver de. C'est un avare qui se refuse le nécessaire, jusqu'au nécessaire. C'est un homme charitable qui se refuse tout pour faire plus de bien aux pauvres. Il est très prodigue et ne se refuse rien. C'est un homme qui ne s'est jamais refusé un bon mot, une plaisanterie.

Avec un complément indirect, il signifie Ne pas vouloir faire une chose. Je me refuse à croire. Il se refuse à travailler. Il se refuse à tout ce qu'on lui demande, à tout ce qu'on exige de lui. Il ne se refuse à rien pour obliger. On dit de même, familièrement : Il ne se refuse à rien.

Se refuser à une chose, Ne pas s'y livrer, ne pas s'y rendre, y résister. Il se refuse aux plaisirs les plus innocents. Il est impossible de se refuser à la force de ses raisons. Ce serai se refuser à l'évidence.

Le temps se refuse à cela, les circonstances s'y refusent, Le temps, les circonstances ne le permettent pas. On dit de même : Ma fortune se refuse à une si grande dépense.

 

RÉFUTABLE

 

adj. des deux genres . Qui peut être réfuté. Il n'avança que des opinions fort réfutables. Cet argument n'est pas réfutable.

 

RÉFUTATION

 

n. f.

Discours ou écrit par lequel on réfute. La réfutation d'un livre, d'un argument, d'un raisonnement, d'une proposition, d'une maxime. La réfutation d'une erreur, d'un sophisme, d'une calomnie, d'un mensonge.

Fig., Sa conduite est la meilleure réfutation de cette calomnie, Sa conduite suffit pour montrer la fausseté de cette calomnie.

RÉFUTATION se dit absolument, en termes de Rhétorique, de la Partie du discours par laquelle on répond aux objections. La confirmation précède la réfutation.

 

RÉFUTER

 

v. tr.

Combattre, détruire par des raisons convaincantes ce qu'un autre a avancé, prouver que ce qu'un adversaire a dit est mal fondé ou n'est pas vrai. Réfuter un argument, une proposition, une opinion, une erreur. Réfuter un mensonge, une calomnie. C'est un sophiste qu'il est facile de réfuter. Il a vainement essayé de le réfuter. Réfuter avec force, avec clarté, avec méthode. Réfuter complètement. Il lui a répondu, mais il ne l'a pas réfuté.

Réfuter un livre, réfuter un auteur, Combattre ce qui a été avancé dans un livre, ce qu'un auteur a proposé, soutenu.

 

REGAGNER

 

v. tr.

Gagner ce qu'on avait perdu. Regagner son argent. Non seulement il a regagné l'argent qu'il avait perdu, mais il a gagné beaucoup au-delà.

En termes de Guerre, Regagner un ouvrage, une place, un terrain, Les reprendre sur l'ennemi après les avoir perdus.

Regagner du terrain, Repousser l'ennemi, après avoir été forcé par lui de reculer. Il se dit aussi figurément. L'opposition regagnait du terrain.

REGAGNER s'emploie aussi figurément. Regagner l'amitié, l'affection, l'estime, la confiance, les bonnes grâces de quelqu'un. Il aura de la peine à regagner son autorité. Regagner le temps perdu. Regagner quelqu'un, Se remettre bien avec quelqu'un, le ramener à des intérêts qu'il avait abandonnés, au parti qu'il avait quitté.

REGAGNER signifie aussi Rejoindre; retourner, rentrer dans un lieu. La tempête nous a forcés de regagner le port. Il eut de la peine à regagner son logis. Prenez par ce sentier pour regagner la grande route.

 

REGAIN

 

n. m.

Herbe qui repousse dans les prés après qu'ils ont été fauchés. Il y aura du regain cette année. On rentre les regains.

Il s'emploie aussi figurément et signifie Reprise de possession d'un avantage qu'on avait perdu, retour du moins apparent, recrudescence inattendue. Regain de jeunesse. Il connut pendant quelque temps un regain de faveur.

 

RÉGAL

 

n. m.

Festin, grand repas. On leur fit un régal magnifique. On leur donna un superbe régal. Ce sont des régals continuels.

Il signifie, par extension, Plaisir de la table. Ce plat est un régal, un vrai régal.

RÉGAL s'emploie aussi figurément. Cette lecture, ce spectacle a été pour moi un régal. Sa conversation est un régal. Il est familier dans ce sens.

 

RÉGALADE

 

n. f.

Manière de boire en portant la tête en arrière et en versant la boisson dans la bouche, sans que le vase touche les lèvres. Boire à la régalade.

Il s'est dit aussi d'un Feu vif et clair qu'on allume pour réchauffer promptement les personnes qui arrivent. Faire une bonne régalade.

 

RÉGALANT, ANTE

 

adj.

Qui est amusant, réjouissant, divertissant. Il est familier et ne s'emploie guère qu'avec la négation ou dans un sens ironique pour marquer un désappointement. Je n'ai pas trouvé ce spectacle très régalant.

 

RÉGALE

n. m.

T. de Musique

. Un des jeux de l'orgue, dont les tuyaux ont des anches et qui est à l'unisson de la trompette.

 

RÉGALE

 

n. f.

Droit que le roi avait de percevoir les fruits des évêchés vacants, des abbayes vacantes, et de pourvoir pendant la vacance aux bénéfices qui étaient à la collation de l'évêque. Le droit de régale. La régale était ouverte par la mort ou la démission de l'évêque, et en quelques autres cas.

Bénéfice vacant en régale, Celui qui se trouvait vacant pendant la vacance de l'évêché, de l'abbaye dont il dépendait. Être pourvu en régale, Obtenir des provisions pour un bénéfice vacant en régale.

 

RÉGALE

 

adj. f.

Il n'est usité que dans cette locution : Eau régale, Mélange d'acide azotique et d'acide chlorhydrique, dont on se sert pour dissoudre l'or et le platine.

 

RÉGALER

 

v. tr.

Donner un régal, offrir un plaisir de table. Il nous a régalés magnifiquement. Je le régalai de ses mets préférés. C'est son tour de régaler. C'est moi qui régale. Il s'est bien régalé au repas de noces.

Il se dit figurément en parlant des Choses qu'on fait pour réjouir ses amis, pour les divertir. Il les régala d'un conte, d'une chanson, d'un concert.

Il se dit aussi ironiquement et signifie Maltraiter. On le régala de vigoureux coups de bâton. S'il tombe entre mes mains, il peut compter que je le régalerai comme il faut. Il est familier dans ces deux derniers sens.

 

RÉGALIEN

 

adj. m.

Qui appartient à la royauté. Il n'est usité que dans cette locution : Droit régalien, Droit afférent à l'exercice de la souveraineté. Le droit de battre monnaie est un droit régalien. Les droits régaliens.