Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Relaxation
n. f.
T. didactique
. Relâchement, état d'une chose qui n'a pas sa tension ordinaire. Il se dit particulièrement en termes de Médecine. Relaxation des muscles.
En termes de Jurisprudence, La relaxation d'un prisonnier, L'action de relaxer un prisonnier, de le remettre en liberté.
RELAXER
v. tr.
T. de Jurisprudence
. Il se dit en parlant d'un Prisonnier qu'on remet en liberté.
Le participe passé RELAXÉ se dit, en termes de Médecine, des Muscles, des tendons qui ont perdu de leur tension naturelle. Muscles relaxés.
RELAYER
(Il se conjugue comme BALAYER.) v. tr. Remplacer quelqu'un dans son travail, dans son occupation. On envoyait de deux heures en deux heures cinquante pionniers relayer ceux qui travaillaient. Il avait tant d'ouvriers qui se relayaient l'un l'autre. Se relayer auprès d'un malade.
RELAYER s'emploie comme verbe intransitif et signifie Prendre des relais de chevaux frais. Relayer de chevaux. Nous relayâmes à tel endroit. Un cocher qui va relayer. Vous ne sauriez faire une si grande traite en un jour sans relayer.
RELÉGATION
n. f.
T. de Jurisprudence
. Dans la législation française actuelle, Peine supplémentaire qui consiste à maintenir interné dans une colonie un condamné aux travaux forcés, après l'accomplissement de sa peine principale.
RELÉGUER
v. tr.
Envoyer en exil dans un lieu déterminé. Ils furent tous relégués dans une île.
Il signifie spécialement, en termes de Jurisprudence, interner dans une colonie.
Il se dit, par extension, en parlant d'une Personne que l'on envoie demeurer dans un pays, dans un lieu retiré. Il a relégué sa femme à la campagne, en province. Se reléguer dans un faubourg écarté.
Il se dit figurément en parlant de Certaines choses qu'on éloigne, qu'on met à l'écart. On a relégué ce portrait dans une antichambre, cette armoire au grenier.
RELENT
n. m.
Mauvaise odeur qui persiste. Il y a dans ce réfectoire des relents de mauvaise cuisine.
RELEVAGE
n. m.
Action de relever ou Résultat de cette action.
RELEVAILLES
n. f.
pl. Cérémonie qui se fait à l'église, lorsqu'une femme y va la première fois après ses couches pour se faire bénir par un prêtre. Elle est allée faire ses relevailles.
Il se dit, dans le langage courant, de l'Action pour une femme de se lever pour la première fois après ses couches, de se rétablir de ses couches. Le jour de ses relevailles.
RELÈVE
n. f.
Remplacement d'une troupe de soldats, d'une équipe d'ouvriers par une autre troupe, une autre équipe équivalente. L'heure de la relève. La relève de l'équipe de nuit par l'équipe de jour.
RELEVÉ
n. m.
Extrait des articles d'un compte, d'un inventaire, d'un registre, qui sont relatifs à un même objet. Faire un relevé de compte. J'ai fait le relevé des sommes qui vous sont dues. Faire le relevé des meubles compris dans l'inventaire général d'une succession. Le relevé des naissances, des mariages, etc., est fait d'après les registres de l'état civil.
Il signifie aussi Liste, état. Faire le relevé de toutes les fautes de grammaire d'un ouvrage, de tous les passages remarquables d'un auteur, etc.
RELEVÉ désigne encore l'Ouvrage que fait un maréchal en levant le fer d'un cheval et en le rattachant. Un fer neuf n'est pas nécessaire, il ne faut qu'un relevé.
En termes de Chasse, il désigne le Moment où la bête sort du lieu où elle a passé le jour pour aller repaître. Guetter, épier le relevé.
En termes de Cuisine, Relevé de potage se dit d'un Mets léger qui suit le potage.
RELEVÉE
n. f.
T. de Procédure
. Le temps de l'après-midi. À deux heures de relevée. L'andience de relevée. Vacations de relevée.
RELÈVEMENT
n. m.
Action par laquelle on relève une chose tombée, on exhausse un terrain, on remet une chose dans la position où elle doit être. Le relèvement d'un mur. Le relèvement d'un navire échoué.
Il se dit au figuré d'une Personne qu'on rétablit ou qui se rétablit dans l'état d'où elle était tombée. Le relèvement d'une honnête famille ruinée. Le relèvement d'un peuple.
Il signifie aussi Relevé, énumération exacte. On a travaillé au relèvement de toute la dépense.
En termes de Topographie et d'Hydrographie, il désigne l'Action de relever un objet, d'en déterminer la position, au moyen du compas ou autrement; ou le Résultat de cette opération. Faire des relèvements de pointes, de caps, d'îles, etc. Porter des relèvements sur une carte marine.
RELEVER
v. tr.
Remettre debout ce qui était tombé; remettre une chose dans la situation où elle doit être, une personne dans son attitude naturelle. Relever un enfant qui a fait une chute. Relever un blessé. Relever une chaise qu'on a fait tomber. Relever une statue, une colonne qui est renversée. Le navire, qui penchait, se releva lentement. On avait couché la tige de cette plante, elle s'est relevée d'elle-même.
En termes de Marine, Relever un bâtiment, Le remettre à flot. Relever l'ancre, La changer de place, la mettre dans une autre situation.
En termes de Jeu, Relever les levées qu'on a faites, Ramasser les cartes qui ont été jouées, les retourner et les mettre devant soi. Relever les cartes, Les rassembler, réunir le jeu.
Fig. et fam., Relever le gant, Accepter un défi.
Se relever, en parlant d'une Personne, se dit particulièrement pour Se remettre sur ses pieds. Il glissa sur le sol et eut beaucoup de peine à se relever. Voilà un enfant qui est tombé, aidez- le à se relever. Il signifie aussi Sortir de nouveau du lit. Il a été obligé de se relever quatre fois cette nuit. Il ne saurait demeurer au lit, il se relève à tout moment.
RELEVER signifie aussi Rétablir ce qui était tombé, ce qui était ruiné, ce qui était à l'abandon. Faire relever des murailles. Relever des fortifications. Relever un fossé.
Relever une maille, Reprendre une maille rompue ou simplement tombée.
Fig., Relever une maison, une famille, une personne, La remettre dans un état de prospérité d'où elle était déchue. Le père avait ruiné la famille, le fils l'a relevée. Il lui fallait une grande alliance pour relever sa maison. Il a fait un héritage important, cela l'a relevé.
Fig., Se relever de quelque perte, de quelque échec, etc., Se remettre de quelque perte, etc. Cette perte, cette banqueroute l'a accablé, il ne pourra jamais s'en relever. Pensez-vous qu'il puisse se relever d'un tel coup? Ils eurent quelque peine à se relever d'une pareille défaite.
Fig., Se relever d'un état d'abaissement, de décadence etc. ou, absolument, Se relever, Sortir d'un état d'abaissement, de décadence, etc. Cet empire parut, un moment, près de se relever. Leur puissance tomba pour ne plus se relever.
Fig., Cette pièce, qui était presque tombée à la première représentation, s'est relevée aux représentations suivantes, Elle y a obtenu du succès.
Fig. et fam., Relever quelqu'un du péché de paresse, L'obliger par des reproches, des ordres pressants, des menaces, à travailler, à mieux remplir ses devoirs.
Fig., Relever un titre se dit, dans une famille noble, de Quelqu'un qui reprend un titre auquel sa famille avait droit et qui avait été abandonné.
Fig., Relever le courage, relever les espérances de quelqu'un, Exciter, ranimer son courage faire revivre ses espérances.
RELEVER signifie encore Hausser, rendre plus haut. Ce terrain est trop bas, il faut le relever de trois pieds. Il faut relever ce plancher pour le mettre au niveau du palier de l'escalier.
Relever sa tête, la tête, La lever, la hausser lorsqu'elle était baissée. Relever la tête signifie, au figuré, Reprendre du courage, de l'audace. Cette faction, qu'on croyait abattue, relève la tête.
Fig., Relever un prix, L'augmenter.
RELEVER signifie aussi Retrousser. Relevez votre robe, votre manteau. Relever les bords d'un chapeau.
Il se dit absolument, en termes de Manège, des Chevaux qui ont le galop élevé, qui lèvent les pieds très haut au galop, au trot ou au pas. Pas relevé. Les chevaux anglais ne relèvent point.
Relever un cheval, Le soutenir de la main et de l'éperon pour lui faire porter la tête plus haute et l'asseoir sur les hanches.
RELEVER signifie aussi Donner un goût plus piquant, un plus haut goût à des assaisonnements, à des sauces, à des ragoûts. Le vinaigre, le jus de citron relèvent une sauce. Il manque à ce ragoût quelque chose qui le relève.
Il se dit figurément, dans un sens analogue, en parlant des Ouvrages de l'esprit. Il faut que le style soit simple, mais non sans quelque agrément qui le relève. Rien ne relève la platitude de cet ouvrage.
Il signifie encore, au figuré, Faire paraître davantage une chose, lui donner plus de relief, plus d'éclat. Cette garniture relèvera votre toilette. La couleur de cette étoffe relève votre teint. Relever la beauté. Sa modestie relève toutes ses autres qualités.
Relever sa condition, sa dignité, sa charge, Honorer sa condition, sa dignité, donner du lustre, de l'éclat aux fonctions qu'on remplit. Il a bien relevé sa charge par son mérite personnel.
RELEVER signifie aussi, figurément, Faire valoir, louer, exalter une chose. Relever une bonne action, en relever le mérite. Vous relevez trop le peu que j'ai fait.
Il signifie encore Faire remarquer, souligner; et il se dit en bonne et en mauvaise part. Il se plaît à relever les beautés d'un ouvrage, au lieu d'en faire remarquer les défauts. Cette parole avait été dite sans mauvaise intention, elle ne méritait pas d'être relevée. Relever les fautes d'un écrivain. Il a dit mille choses spirituelles que personne n'a relevées.
Relever un mot piquant, etc., Répondre vivement à celui qui l'a dit. Il m'a décoché une épigramme, mais je l'ai bien relevée.
Fig., Relever quelqu'un, Le reprendre avec aigreur, en lui faisant voir qu'il a parlé mal à propos. Il avait avancé une proposition choquante, mais on l'a bien relevé.
En termes de Chasse, Relever un défaut ou, simplement, Relever, Retrouver la voie que l'on avait perdue.
RELEVER signifie également Prendre en note, dresser un état. J'ai relevé dans cette histoire tous les passages qui concernent tel personnage.
En termes de Commerce, Relever un compte, Prendre note des opérations portées sur ce compte.
RELEVER, en termes de Topographie et d'Hydrographie, signifie Déterminer, au moyen du compas de marine ou d'autres instruments la position d'un objet et la reporter sur la carte, sur un plan. Relever un cap, un vaisseau, à telle partie de l'horizon.
Relever un plan, Prendre le plan d'une ville, d'une place, etc.
RELEVER, en termes de Guerre, signifie Remplacer, mettre un nouveau corps de troupes à la place d'un autre. Relever la garde. Relever les postes. Relever de garde une compagnie. Relever une troupe. Cette division vient d'être relevée.
Il se dit pareillement du Corps, de la troupe même qui succède à une autre dans un poste. Cette troupe va relever telle compagnie.
Relever une sentinelle, un factionnaire, Ôter un soldat qui est en sentinelle et en mettre un autre à sa place. C'est au caporal à relever les sentinelles. Cela se dit également du Soldat qui prend la place de celui qu'on ôte de sentinelle. C'est un tel qui a relevé son camarade de sentinelle; et absolument, C'est lui qui relèvera un tel.
En termes de Marine, Relever le quart, le timonier, etc., Les changer.
RELEVER se dit, par extension, en parlant de Toute occupation dans laquelle on remplace une autre personne. Je suis fatigué de lire, relevez-moi. Nous nous relevions d'heure en heure.
En termes de Jurisprudence, il signifie Libérer d'un engagement, d'un contrat, lequel est déclaré nul ou cassé pour cause de lésion ou d'une nullité de fait ou de droit. Tout mineur lésé est en droit de se faire relever des actes qu'il a passés en minorité. Il fut relevé de ce contrat, de cette obligation.
Se faire relever de ses voeux, Faire déclarer ses voeux nuls. On dit de même : Relever quelqu'un d'un serment.
Relever quelqu'un d'une interdiction, Lever l'interdiction portée contre lui.
Relever quelqu'un de ses fonctions, Le révoquer.
RELEVER est aussi verbe intransitif et signifie Commencer à se porter mieux, en sorte qu'on n'est plus contraint de garder le lit. Il relève de maladie, Il vient d'être malade. Cette femme relève de couches, Elle vient de se rétablir de ses couches.
Il signifie encore Se guérir, se rétablir. On n'espère pas qu'il en relève.
RELEVER,intransitif
, signifiait, en termes de Jurisprudence féodale, Être dans la mouvance d'une seigneurie, dans le vasselage d'un seigneur. En ce sens il se disait tant des Terres et des fiefs que des Personnes. Ce fief, cette terre relevait de telle seigneurie, de tel seigneur. C'était une fort belle terre, qui ne relevait que du roi. Il relevait d'un tel, à cause de sa terre de...
Il signifie, par extension, Être dans une sorte de dépendance de quelqu'un, ressortir de. Celui de qui relèvent tous les empires. Il veut ne relever de personne. Cette administration relève de telle autre.
Cette affaire relève de la correctionnelle, de la Cour d'assises, Elle est du ressort de la police correctionnelle, de la Cour d'assises.
Fig. et fam., Cela ne relève que du mépris, Il n'y a qu'à mépriser cette injure, cette accusation. Le participe passé RELEVÉ s'emploie adjectivement. Être d'une condition relevée, Appartenir à une grande famille, à une famille distinguée, au-dessus du commun. Avoir des sentiments relevés, Avoir des sentiments nobles, généreux. On dit plus ordinairement : Avoir des sentiments élevés.
Une pensée relevée, Une pensée noble, élevée. Un sujet relevé, une matière relevée, Une matière qui, par la grandeur de son objet, est au- dessus de la portée du commun des hommes.
Un ragoût, une sauce d'un goût relevé, Un ragoût, une sauce d'un haut goût.
RELEVEUR
adj. m.
T. d'Anatomie
. Il se dit de Différents muscles dont la fonction est de relever les parties auxquelles ils sont attachés. Muscles releveurs.
Il s'emploie aussi comme nom masculin. Le releveur de l'oeil.
RELIAGE
n. m.
T. d'Arts
. Action de relier des cuves, des tonneaux, etc.
RELIEF
n. m.
Ce qui fait saillie sur un surface. Le relief du sol. Le plan en relief d'une ville. Des lettres en relief. Le relief d'une médaille.
En termes de Beaux-Arts, Haut-relief, demi- relief, bas-relief, Ouvrages de sculpture où les personnages, les objets sont plus ou moins en saillie sur le fond. Une frise ornée de bas-reliefs.
RELIEF se dit figurément de l'Éclat que certaines choses reçoivent de l'opposition ou du voisinage de quelques autres. La laideur d'une femme donne du relief à la beauté d'une autre.
Il se dit aussi, figurément, de l'Éclat, de la considération que donne une dignité, un emploi, une bonne action, etc. Les emplois qu'il avait occupés donnaient du relief à sa famille. Cette action a mis en relief ses qualités, ses mérites.
En termes de Fortification, il désigne la Hauteur d'un ouvrage au-dessus du terrain sur lequel il est construit.
En termes de Jurisprudence féodale, il désignait le Droit que le vassal payait à son seigneur lors de certaines mutations et qui variait suivant les différentes coutumes.
Lettre de relief, Lettre de réhabilitation de noblesse.
RELIEFS, au pluriel, désigne Ce qui reste des mets qu'on a servis. Reliefs de table. On leur donna les reliefs du festin.
RELIER
v. tr.
Lier de nouveau, refaire le noeud qui liait et qui est défait. Relier une gerbe de blé, une botte de foin. Cela s'est délié, reliez-le.
Il signifie aussi Unir, rattacher, mettre en rapport. L'avenue des Champs-Élysées relie l'Arc de Triomphe à la place de la Concorde. On dit dans le même sens : Relier une maison à une autre. Fig., Relier une idée à une autre.
Il signifie spécialement Coudre ensemble les feuillets d'un livre et y mettre une couverture. Relier un livre; le faire relier en maroquin, en veau, en chagrin, en basane, en toile, etc. Ces livres sont bien reliés. Cet ouvrier relie bien, relie proprement, solidement.
Il signifie encore Remettre ou simplement mettre des cercles, des cerceaux à une barrique, à un tonneau, à une cuve ou à d'autres futailles. Relier un tonneau. La vendange approche, faites relier vos futailles.
RELIEUR, EUSE
n.
Celui, celle dont le métier est de relier les livres. Le métier, l'art du relieur. L'atelier d'un relieur. Les livres sont encore chez le relieur.
RELIGIEUSEMENT
adv.
Avec religion. Vivre très religieusement.
Il signifie, par extension, Avec un recueillement admiratif. Écouter un discours, de la musique religieusement.
Il signifie encore Scrupuleusement, ponctuellement, exactement. Observer religieusement les traités. Garder sa parole religieusement.
RELIGIEUX, EUSE
adj.
Qui est relatif à la religion. Culte religieux. Cérémonies religieuses. Doctrine religieuse. Les idées religieuses. Les opinions religieuses. La morale religieuse. Des sentiments religieux. Des chants religieux.
Il signifie aussi Qui est pieux, qui vit selon les règles de la religion, qui est conforme à la religion. C'est un homme religieux. Il mène une vie religieuse.
Il signifie encore Qui est exact, ponctuel, scrupuleux. Il est religieux observateur de sa parole.
Il signifie en outre Qui appartient à un ordre régulier. L'habit religieux. La vie religieuse. Une maison religieuse.
Il s'emploie aussi comme nom et désigne les Personnes qui se sont engagées par des voeux à suivre une certaine règle autorisée par l'Église. Les religieux de Saint-Benoît, de Saint-Augustin, etc. Un couvent de religieuses. Prendre l'habit de religieux, de religieuse. Religieux profès dans tel ordre.
RELIGION
n. f.
Culte qu'on rend à la divinité. La religion juive. Le religion chrétienne. La religion naturelle. La religion révélée. La vraie religion. Une fausse religion. La religion de Mahomet. Être de telle ou telle religion. Professer, pratiquer une religion. Faire profession d'une religion. Fonder une nouvelle religion. Se faire une religion à sa mode. Embrasser une religion. Changer de religion. Abandonner, abjurer sa religion. Renoncer à sa religion. Se convertir à la religion chrétienne, à la religion catholique. Le religion du pays. Religion d'État. La religion dominante. La religion de nos pères. Les préceptes, les pratiques d'une religion. C'est un point de religion. Il ne sait pas, il ne connaît pas sa religion.
Les guerres de religion, Les guerres occasionnées par la différence des religions, et particulièrement les guerres entre les catholiques et les protestants au seizième siècle.
La religion prétendue réformée ou, absolument la Religion se disait de la Religion réformée, du protestantisme.
RELIGION désigne aussi la Conception personnelle que quelqu'un se fait de la religion. La religion de Pascal. Chacun se fait sa religion.
Il signifie aussi Foi, croyance, piété, dévotion. La religion console, élève, purifie l'âme. Il a toujours eu de la religion. Les secours de la religion. C'est un homme qui a beaucoup de religion. C'est un homme sans religion. Il n'a guère de religion. Il n'a pas de religion.
Il se dit encore de l'État des personnes engagées par des voeux à suivre une certaine règle autorisée par l'Église. Ce bénédictin a trente ans de religion. Habit de religion. Mademoiselle X., en religion soeur sainte Geneviève, soeur Angèle.
Mettre une fille en religion, La faire religieuse. Entrer en religion, Se faire religieux ou religieuse.
RELIGION se disait absolument de l'Ordre de Malte. Ce chevalier avait servi tant d'années la religion. Les galères de la religion.
RELIGION se dit encore d'un Sentiment très scrupuleux, d'une obligation rigoureuse qu'on se fait. Se faire une religion d'une chose, s'en faire un point de religion. Il se fait une religion de tenir sa parole.
La religion du serment, Le respect scrupuleux du serment.
Surprendre la religion de quelqu'un, Abuser quelqu'un par des subterfuges, par des sophismes.
Éclairer la religion des juges, la religion d'un tribunal, Les renseigner.
RELIGIONNAIRE
n. des deux genres
. Il se disait de Celui, de celle qui faisait profession de la religion réformée. C'était un zélé religionnaire. Les religionnaires prirent les armes. C'était une pieuse religionnaire.
RELIGIOSITÉ
n. f.
Disposition religieuse, sentiment religieux, qui n'implique aucune foi positive. Il y a dans son livre plus de religiosité que de religion.
RELIQUAIRE
n. m.
Sorte de boîte, de coffret de forme variable, où l'on conserve des reliques. Reliquaire d'or, de cristal, etc. Un reliquaire qui renferme beaucoup de reliques.
RELIQUAT
n. m.
T. de Jurisprudence de Comptabilité et de Commerce
. Ce qui reste dû après la clôture et l'arrêté d'un compte. Le reliquat d'un compte de tutelle. Poursuivre le paiement de divers reliquats de compte.
RELIQUATAIRE
n. des deux genres
. T. de Jurisprudence, de Comptabilité et de Commerce . Celui, celle qui, une fois son compte rendu, doit quelque chose de reste. Ce tuteur est reliquataire de telle somme envers ses pupilles. Ce comptable est reliquataire de cent mille francs.
RELIQUE
n. f.
Ce qui reste d'un saint après sa mort, soit le corps entier, soit une partie du corps, soit même ce qui lui a appartenu, qui a été à son usage; il se dit de Tout ce qui reste des instruments de la passion de Notre-Seigneur, de celle des martyrs, aussi bien que des vêtements des saints, de leurs ornements sacerdotaux, etc. Précieuse relique. Les reliques de la Passion. Les reliques des saints. Exposer les reliques des martyrs. Vénérer des reliques. Baiser des reliques. Porter des reliques en procession. Le culte des reliques. Il a des reliques de tel saint. Enchâsser des reliques.
Fig., Garder une chose comme une relique, La garder soigneusement, Elle garde cette lettre comme une relique.
RELIQUE désigne aussi, sans y attacher le sens religieux, Quelque chose de précieux que l'on garde en souvenir. Les reliques du passé. Les reliques du coeur.
Il désigne encore les Restes de quelque chose de grand. Les reliques de sa fortune. Les reliques d'une ancienne splendeur.
RELIRE
(Il se conjugue comme LIRE.)v. tr.
Lire de nouveau. Il faut lire et relire les auteurs de l'antiquité. Je ne relirai jamais cet ouvrage. On a relu le projet de loi.
SE RELIRE signifie Relire ce qu'on vient d'écrire. Il est prudent de se relire.
RELIURE
n. f.
Métier du relieur, art de relier les livres. Apprendre la reliure.
Il se dit aussi de l'Ouvrage d'un relieur; de la Manière dont un livre est relié. J'ai payé tant pour la reliure de ce livre. Reliure de veau, de chagrin, de maroquin, de toile.
Demi-reliure, Reliure où le dos seul est couvert de peau, de toile, etc.
Reliure pleine, Celle dont les plats et le dos sont couverts de peau, de toile, etc.