Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 453 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Futile

 

adj. des deux genres

. Qui est frivole, qui est de peu de conséquence, de peu de considération. Raisons futiles. Argument futile. Propos futiles. Querelle futile. Des écrits futiles.

Il signifie aussi Qui s'attache à des choses de peu de conséquence. Un homme futile.

 

FUTILITÉ

 

n. f.

Caractère d'une chose ou d'une personne futile. La futilité de ce raisonnement. La futilité d'esprit. Il est d'une futilité ridicule. Elle est d'une futilité irritante.

Il signifie aussi Chose futile. Ce livre n'est plein que de futilités. S'attacher à des futilités. Nos journées se perdraient en futilités.

 

FUTUR, URE

 

adj.

Qui est à venir. Le temps futur. Les races futures. Les biens de la vie future. C'était comme un présage de sa grandeur future. L'incertitude des choses futures. On l'emploie aussi comme nom masculin, Le futur pour signifier Ce qui sera. Il ne s'inquiète pas du futur.

En style de Notaire, Le futur mariage, se dit du Mariage dont on dresse le contrat. En considération du futur mariage. On dit également Les futurs époux, les futurs conjoints, Les deux personnes qui contractent ensemble pour se marier ensuite. On dit de même Le futur époux, la future épouse; son futur époux, sa future épouse, etc.; ou comme nom, Le futur, la future; son futur, sa future, etc. On dit aussi, dans le langage ordinaire : Son futur beau-père. Sa future belle-mère. Son futur gendre, etc.

Il s'emploie aussi comme nom masculin en termes de Grammaire et se dit des Formes du verbe qui marquent un état, une action à venir. Il y a trois temps dans les verbes : le présent, le passé et le futur. Futur actif. Futur passif. Futur simple. Futur antérieur.

En termes de Logique, Futur contingent, Ce qui peut arriver ou ne pas arriver.

 

FUTURITION

 

n. f.

T. didactique

. Caractère d'une chose future, en tant que future.

 

FUYANT, ANTE

adj.

Qui va en arrière. Front fuyant.

En termes de Peinture, il se dit de Tout ce qui, comparé à un autre objet, paraît s'enfoncer dans le tableau. Les parties fuyantes d'un tableau.

En termes de Perspective, Échelle fuyante, Celle qu'on trace pour trouver la diminution des objets, relativement à leur enfoncement.

Fig., Caractère fuyant, Homme fuyant, Caractère, homme qui se dérobe aux déclarations franches.

 

FUYARD, ARDE

 

n.

Celui, celle qui s'enfuit. Il se dit surtout de Soldats qui s'enfuient du combat. Poursuivre les fuyards. Rallier les fuyards.

 

G

 

n. m.

La septième lettre de l'alphabet. Elle représente une des consonnes. Un grand G. Un petit g.

Il se prononce gue devant une consonne : Gros, Engloutir; devant a, o, u : Galant, Gosier, Auguste, et à la finale de quelques mots, tels que : Grog, zig-zag.

Il se prononce j devant e, i, y : Geler, Agiter, Gymnastique.

Il ne se prononce pas dans l'intérieur des mots : Doigt, Vingt; non plus qu'à la finale ng : Sang, Seing, Étang.

Gn, dans l'intérieur des mots, représente une consonne mouillée : Digne, Signal, Agneau, sauf dans les mots dérivés du latin ou du grec où g garde le son gue : Stagnant, Diagnostic.

 

GABARE

 

n. f.

T. de Marine

. Embarcation à voile et à rames, qui sert à naviguer sur les rivières, à charger et à décharger les bâtiments, etc. La plupart des gabares sont des bateaux plats. Gabare pontée. Charger une gabare.

Il se dit aussi de Certains bâtiments de transport.

En termes de Pêche, il se dit, par analogie, d'une Sorte de filet qui ne diffère de la seine que par la grandeur.

 

GABARIER

 

n. m.

Maître ou matelot d'une gabare.

Il se dit aussi des Portefaix qui chargent et déchargent les gabares.

 

GABARIT

 

n. m.

T. de Marine

. Modèle ou patron de construction fait avec des pièces de bois fort mince, sur lequel les charpentiers travaillent, en donnant aux pièces de bois qui doivent entrer dans la composition du bâtiment la même forme, les mêmes contours et les mêmes proportions que ces pièces ont dans le modèle. Le gabarit d'un vaisseau. Un bâtiment de tel gabarit est du port de cent, de deux cents, de cinq cents tonneaux. Le gabarit du maître couple, de l'étrave, du gouvernail, etc.

Il se dit aussi de Patrons, de modèles en fer qui, dans les ateliers d'artillerie, servent pour la construction de diverses pièces, notamment des affûts.

Il se dit également d'une Dimension réglementaire, spécialement pour les véhicules. Le chargement de ce wagon est conforme au gabarit. Ce camion, cette voiture sont conformes au gabarit réglementaire.

Il s'emploie enfin, dans beaucoup de métiers ou d'Arts, pour désigner des Appareils vérificateurs de formes et de dimensions déterminées.

Il désigne aussi l'Arceau sous lequel on essaie les wagons chargés pour s'assurer qu'ils pourront passer sous les tunnels.

 

GABEGIE

 

n. f.

Désordre dans une administration, dans une entreprise, qui a pour conséquence des dépenses exagérées, des pertes d'argent. Faute de surveillance, cette affaire est devenue une gabegie. Il y a de la gabegie dans cette administration. Il est familier.

 

GABELLE

 

n. f.

Anciennement, Impôt sur le sel. Ferme des gabelles. Receveur des gabelles. Les aides et gabelles.

Il désignait aussi le Grenier où l'on vendait le sel. Aller à la gabelle.

 

GABELOU

 

n. m.

Nom donné par dénigrement aux agents de la douane, de l'octroi.

 

GABIER

 

n. m.

T. de Marine

. Matelot qui monte dans les hunes et qui est chargé spécialement de manoeuvrer les voiles et d'entretenir le gréement. On prend pour gabiers les matelots les plus habiles. Les gabiers de misaine, du grand mât, etc.

 

GABION

 

n. m.

Sorte de panier de forme cylindrique, qu'on remplit de terre et dont on se sert dans les sièges pour mettre à couvert les travailleurs, les soldats, etc.

 

GÂCHAGE

 

n. m.

Action de gâcher ou Résultat de cette action. Le gâchage du plâtre. Fig., Le gâchage du temps.

 

GÂCHE

 

n. f.

T. d'Arts

. Pièce de fer percée dans laquelle entre le pêne de la serrure d'une porte.

Il se dit aussi des Anneaux de fer qui sont scellés dans un mur pour soutenir et attacher un tuyau de descente, etc.

 

GÂCHE

n. f.

Outil avec lequel le maçon gâche le plâtre.

Il désigne aussi, par analogie, une Sorte de spatule dont se servent les pâtissiers.

 

GÂCHER

 

v. tr.

Délayer du plâtre, du mortier avec de l'eau. Gâcher du plâtre. Absolument, Gâcher lâche. Gâcher serré.

Par analogie, Gâcher du blé, Entourer de terre les racines de la plante. Gâcher une meule de paille, La couvrir de terre délayée.

Il signifie, au figuré, Faire un ouvrage grossièrement, négligemment, sans goût, et, par extension, Gâter, manquer ce que l'on fait. Gâcher la besogne. C'est du travail gâché, Gâcher un beau sujet. Gâcher une situation, une occasion. Gâcher sa vie.

 

GÂCHETTE

 

n. f.

T. d'Arts

. Petite pièce d'une serrure qui se met sous le pêne.

Il se dit aussi de la Pièce d'un fusil ou d'un pistolet qui commande la détente.

 

GÂCHEUR

 

n. m.

Ouvrier qui gâche le mortier, le plâtre.

Au figuré, il a un féminin, GÂCHEUSE, et signifie Celui, celle qui travaille mal, négligemment, sans goût. Cette couturière n'est qu'une gâcheuse.

 

GÂCHIS

 

n. m.

Mortier fait de plâtre, de chaux, de ciment délayé avec de l'eau.

Par analogie, il se dit d'un Terrain détrempé par la pluie. On patauge dans ce gâchis. Le dégel cause bien du gâchis.

Il se dit, figurément et familièrement, d'une Situation inextricable résultant d'un mélange d'éléments divers qui interviennent dans une affaire, la compliquent et se contrarient. Nous voilà dans un beau gâchis financier. Gâchis politique.

 

GADE

 

n. m.

T. d'Histoire naturelle

. Genre de poissons qui renferme plusieurs espèces comestibles telles que morues, merlans, etc.

 

GADOUE

 

n. f.

Matières fécales et immondices dont on se sert comme engrais.

 

GAFFE

 

n. f.

Perche munie d'un croc de fer à deux branches, dont l'une est droite et l'autre courbe, et dont on se sert pour pousser une barque, pour tirer quelque chose à bord.

Il désigne aussi figurément un Acte ou une parole intempestive ou maladroite. En ce sens, il est familier.

 

GAFFER

 

v. tr.

Accrocher quelque chose avec une gaffe.

Employé intransitivement, il signifie au figuré Commettre une maladresse, dire ou faire ce qu'il n'eût fallu ni dire ni faire. Il est familier.

 

GAFFEUR, EUSE

 

n.

Celui, celle qui commet une gaffe, des gaffes. Il est familier.

 

GAGE

 

n. m.

Ce que l'on met entre les mains de quelqu'un pour sûreté d'une dette. Prêter sur gages. Mettre, laisser en gage. Laisser pour gage. Retirer un gage. Donner des gages. Prendre des gages, un gage.

En termes de Droit, Gage vif, Gage-mort ou Mort-gage, Celui qui vient ou ne vient pas en déduction de la dette.

Il se dit, par extension, de Tout objet meuble ou immeuble qui assure le paiement d'une dette. Les meubles qui garnissent une maison louée sont le gage du propriétaire.

Il se dit, à certains petits jeux, des Objets que les joueurs déposent chaque fois qu'ils se trompent, et qu'ils ne peuvent retirer, à la fin du jeu, qu'après avoir subi une pénitence. Donner un gage. Rendre les gages.

Il désigne aussi Ce que l'on consigne, ce que l'on met en main tierce, lorsque, dans une contestation entre deux ou plusieurs personnes, on est convenu que celui qui perdra paiera à l'autre une somme ou quelque autre chose.

Il se dit figurément de Toute sorte de garantie, d'assurance, de preuve, de témoignage. Il m'a laissé un gage de sa foi. Cette alliance devint le gage de la paix. Quel gage plus sûr puis-je désirer de votre amitié que ce que vous avez fait pour moi? Cette lettre est un gage de son amour.

Fig., Donner des gages à un parti. Se lier par quelque acte envers un parti.

Au pluriel il signifie encore Salaire, appointements, et se dit principalement de Ce que l'on donne aux domestiques par an, par mois pour paiement de leurs services. Les gages d'un valet de chambre, d'une cuisinière. Payer les gages des domestiques. Retenir les gages. Gagner de gros gages. Il est aux gages d'un tel. Se mettre aux gages de quelqu'un. Ses gages courent de tel jour.

Casser aux gages, Ôter à quelqu'un son emploi et les appointements qui y sont attachés. En punition de cette faute, il a été cassé aux gages.

Fig. et fam., Cet homme ne vole pas ses gages, Il s'acquitte bien de ce qu'il est chargé de faire.

À gages, s'emploie comme une sorte d'épithète signifiant Qui est gagé, payé pour faire une chose. Un homme à gages. Il se prend quelquefois en mauvaise part. Des applaudisseurs à gages. Des insulteurs à gages.

 

GAGER

 

v. tr.

Déposer quelque chose comme gage qui sera attribué au gagnant dans une contestation. On dit aussi absolument Gager avec quelqu'un, contre quelqu'un. Il vieillit.

Elliptiq. et fam., Gage que si, gage que non, Je gage que si, je gage que non.

Il signifie aussi Payer par an, par mois pour un service domestique ou autre. C'est un homme que j'ai gagé pour cela. Le gagez- vous pour cela?

Fam., Il semble qu'il soit gagé pour faire telle chose. Il semble qu'il soit payé pour cela.

 

GAGERIE

 

n. f.

T. de Procédure

. Voyez SAISIE.

 

GAGEUR, EUSE

 

n.

Celui, celle qui gage ou qui est dans l'habitude de gager souvent. Un grand gageur. Un gageur perpétuel. Il est familier et peu usité.

 

GAGEURE

 

(On prononce Gajure.)n. f.

Promesse que des personnes se font réciproquement de payer ce dont elles conviennent en gageant. Faire une gageure. Gagner une gageure, la gageure. Perdre une gageure, la gageure. Hasarder une gageure. Soutenir la gageure.

Fig. et fam., Cela ressemble à une gageure, C'est une gageure se dit d'une Action, d'une opinion singulière étrange, et qui semble un défi au bon sens.

Il se prend quelquefois pour la Chose gagée. Voilà la gageure que je vous dois. Quand me paierez-vous ma gageure?

 

GAGISTE

 

n. m.

Celui qui est gagé de quelqu'un pour rendre certains services, sans être domestique. Gagiste de théâtre.

Il se dit spécialement d'un Musicien qui, sans être lié par le service militaire, est engagé moyennant une paie dans une musique de régiment.

En termes de Droit, Créancier gagiste se dit de Celui qui a un gage de son débiteur.

 

GAGNAGE

n. m.

Pâturage où vont paître les bestiaux.

Il se dit, par extension, de la Nourriture que les lièvres, les faisans et autre gibier viennent, sortant du bois, prendre dans les champs avoisinants.

 

GAGNANT, ANTE

 

n.

Celui, celle qui gagne au jeu, à la loterie. Il est du nombre des gagnants. Les gagnants et les perdants. Adjectivement, Billet, numéro gagnant. Le cheval gagnant et, par ellipse, le gagnant.

 

GAGNE-PAIN

 

n. m.

Ce qui fait subsister quelqu'un, l'outil ou le métier qui lui sert à gagner sa vie, son pain. Sa plume est son gagne-pain. La musique est son gagne-pain. Enlever sa place à cet employé serait le priver de son gagne-pain.

 

GAGNE-PETIT

 

n. m.

Rémouleur, celui dont le métier est d'aller par les rues pour aiguiser des couteaux, des ciseaux, etc. J'ai des ciseaux à repasser, faites venir ce gagne- petit.

Il se dit plus communément aujourd'hui do Ceux dont le métier rapporte peu de chose. Ce sont des gagne-petit.

 

GAGNER

 

v. tr.

Acquérir par son travail, par son initiative ou par l'effet des circonstances, du hasard. Un bon ouvrier peut gagner tant par jour. Une si forte somme ne se gagne pas en un jour. Il a gagné gros dans cette affaire. On l'emploie souvent absolument. Je ne gagne pas sur ce marché. C'est un métier où l'on gagne bien. Par analogie, Gagner sa vie, Gagner de quoi vivre. Il gagne largement sa vie. Il a bien de la peine à gagner sa vie. Gagner sa vie à donner des leçons, à faire des copies, à promener des étrangers. On dit, dans le même sens, Gagner son pain à la sueur de son front.

Fig. et fam., N'est pas marchand qui toujours gagne. On doit s'attendre à des contrariétés et à des vicissitudes dans les affaires de la vie.

Il se dit aussi en parlant du Gain que l'on fait au jeu, aux loteries ou dans un tirage financier. Il a gagné deux cents francs à l'écarté. Gagner à la loterie. Gagner le gros lot.

Par extension, Telle carte gagne signifie Celui qui a cette carte gagne. Tel billet, tel numéro gagne, Il est échu un lot à tel billet, à tel numéro.

Gagner quelqu'un, Lui gagner son argent au jeu. Cet homme-là me gagne toujours. Je n'ai jamais pu le gagner. Il est familier.

Jouer à qui perd gagne, Jouer à un jeu où l'on convient que celui qui perdra selon les règles ordinaires gagnera la partie. Cela se dit, figurément et familièrement, lorsqu'un désavantage apparent procure un avantage réel.

Il signifie encore Obtenir, remporter quelque chose que l'on désire. Il a gagné le prix. Vous ne gagnerez rien à lui tenir ce langage. Je n'ai pu le décider : voyez si vous y pourrez gagner quelque chose. Vous vous tourmentez inutilement pour cette affaire, vous n'y gagnerez rien. Ironiquement, dans le sens de Ce qui est contraire à un avantage, Je me souviendrai de ce voyage, j'y ai gagné un bon rhume. Il n'y a que des coups à gagner.

Il signifie particulièrement Remporter un avantage dans une lutte ou un débat quelconque; et alors le complément direct indique l'espèce de lutte ou de débat. Gagner une bataille, la bataille. Gagner sa cause. Gagner son procès. Gagner une gageure, un pari. Gagner la partie.

Par extension, Gagner son procès signifie Avoir gain de cause, même quand il ne s'agit pas d'une affaire portée devant les juges.

Fig. et fam., Donner gagné se dit d'une Personne qui reconnaît que son adversaire l'emporte, qu'il a gagné. Je vous donne gagné. On dit dans un sens analogue Donner cause gagnée. Avoir cause gagnée. On dit aussi Donner ville gagnée. Avoir ville gagnée.

Il se joint quelquefois avec la préposition SUR, pour marquer sur qui l'on remporte l'avantage. Il a gagné le prix sur un tel.

Fig., Gagner quelque chose sur quelqu'un, sur l'esprit de quelqu'un. Lui persuader quelque chose, en obtenir quelque chose. On dit de même Tâchez de gagner cela sur vous, Faites cet effort sur vous, faites-vous violence en cela, obtenez cela de vous. J'ai gagné sur moi de n'y plus penser. J'ai gagné sur lui qu'il ne la reverrait pas.

Gagner du temps, Faire quelque chose en moins de temps que par un autre moyen. En prenant l'avion au lieu du train, vous gagnez du temps. Gagner du temps signifie ainsi Différer quelque chose le plus longtemps possible, parce qu'on y voit un avantage. L'important en cette affaire est de gagner du temps. Il fit mille chicanes pour gagner du temps.

Gagner bien ou Bien gagner signifie aussi figurément Mériter. Il l'a bien gagné. Il gagne bien l'argent qu'on lui donne. Il gagne bien son argent.

Gagner le ciel, gagner le paradis, Mériter d'aller dans le ciel, d'aller en paradis.

Gagner le jubilé, les indulgences, Mériter les grâces qui y sont attachées.

Il se dit aussi en parlant des Avantages, des qualités qu'une personne ou qu'une chose acquiert. Le langage perdit en naïveté ce qu'il gagnait en élégance et en finesse. L'art ne gagne rien à ces innovations bizarres. Absolument, Ce jeune homme a gagné depuis que je ne l'ai vu. Cette femme gagne à être vue aux lumières. Cette statue gagne à être vue de ce côté. Cette pièce de théâtre gagne beaucoup à la lecture. Ce vin a gagné à vieillir.

Il gagne à être connu. Plus on le connaît, plus on l'estime. Dans le sens contraire, Il ne gagne pas à être connu.

Fig., Gagner du terrain, S'avancer, faire des progrès, se rapprocher du but.

Gagner quelqu'un de vitesse, Arriver avant lui, parce qu'on est allé plus vite. Gagner l'ennemi de vitesse. On dit, en des sens analogues Hâtons-nous de rentrer, la nuit nous gagne. Gagner quelqu'un de vitesse signifie aussi figurément Le prévenir, faire avant lui une visite, une démarche. J'aurais souhaité obtenir cet emploi, mais il m'a gagné de vitesse.

Fam., Gagner du chemin. Gagner du pays. On dit aussi Gagner chemin, gagner pays, Avancer, faire du chemin, ou s'évader, s'éloigner, quitter un endroit. Il est tard, gagnons chemin. Gagnons pays. Le maraudeur surpris gagna pays. Il est vieux.

En termes de Marine, Gagner le vent, le dessus du vent, Prendre le dessus du vent.

Fig. et fam., Gagner le dessus. Prendre l'avantage, avoir l'avantage, surmonter. On dit plutôt aujourd'hui Prendre le dessus.

Il signifie encore, figurément, Se concilier, se rendre favorable. Gagner le coeur de quelqu'un. Sa bonté lui gagne tous les coeurs. Ce ton de franchise me gagna. Gagner l'amitié, l'affection, la bienveillance, la confiance. Gagner les bonnes grâces de quelqu'un. Gagner les suffrages, les voix. Il faut gagner cet homme-là, à quelque prix que ce soit, et l'avoir pour nous. Gagner le geôlier. Gagner les témoins. Gagner quelqu'un à force d'argent. Se laisser gagner, Céder à des promesses, à de l'argent.

Il signifie aussi Se diriger vers quelque endroit, et y arriver, y parvenir. Gagner le rivage. Gagner la haute mer, le large. Il faut gagner la grande route pour arriver à ce village. Il avait déjà gagné la frontière, lorsqu'on l'arrêta. On dit, dans un sens analogue, Gagner l'heure, Occuper le temps qui vous sépare d'une heure fixée d'avance. Il est allé se promener pour gagner l'heure du déjeuner.

Fam. et fig., Gagner au pied, gagner les champs, le taillis; gagner le large, S'enfuir.

Fam., Gagner la porte, Se diriger vers la porte pour sortir. Il se dit surtout dans le sens de S'échapper.

Fig., Ce cheval gagne à la main. Il précipite l'allure où l'on voudrait le maintenir. Cet employé vous gagne à la main, Il prend des libertés, de l'indépendance.

Il se dit encore tant transitivement qu'intransitivement des Choses qui font du progrès, qui s'étendent, se propagent. Le feu gagnait déjà la maison voisine. Le feu a gagné jusqu'au toit. L'eau a gagné le second étage, jusqu'au second étage. La gangrène a gagné rapidement. La contagion gagna plusieurs quartiers de la ville. Ces idées gagnèrent la jeunesse, gagnèrent parmi le peuple.

Il se dit quelquefois des Besoins, des maux qui se font sentir par degrés. La faim me gagne. Le sommeil commençait à me gagner. Le froid m'avait déjà gagné.

En parlant des Maladies, il signifie Se communiquer, se propager. La rougeole se gagne facilement La scarlatine se gagne. Figurément et par extension, en parlant de Certains sentiments, Sa tristesse me gagne. L'ennui se gagne.

 

GAGNEUR

 

n. m.

Celui qui gagne. Il ne s'emploie guère que dans l'expression Gagneur de batailles, Général qui a remporté de nombreuses victoires.

 

GAI, GAIE

 

adj.

Qui a de la gaieté. Un homme gai. Humeur gaie. Esprit gai. Être gai. Rendre gai. Avoir l'esprit gai, l'oeil gai, un air gai. Visage gai. Mine gaie. Gai comme un pinson, comme pinson.

Il se dit aussi de Ce qui inspire la gaieté. Une chanson gaie. Une pièce gaie. Une couleur gaie.

Chambre gaie, appartement gai, Chambre, appartement qui, par sa disposition, et l'abondance du jour qu'il reçoit, inspire la gaieté.

Temps gai, Temps serein et frais.

Fig. et fam., Avoir le vin gai, Être ordinairement de belle humeur quand on a un peu bu.

Fam., Être un peu gai, Être en pointe de vin.

Fam., Propos, conte gai, se dit quelquefois de Propos, de contes un peu libres.

Cheval gai, Cheval qui a une allure vive.

En termes de Blason, Cheval gai, Cheval qui n'a ni selle ni bride.

Le gai savoir, la gaie science se disaient, par opposition à la théologie et à la philosophie, de la Poésie des troubadours.

Il s'emploie aussi comme interjection et signifie Que l'on soit gai. Allons gai. Gai! Gai!

 

GAÏAC

n. m.

Arbre d'Amérique, dont le bois est dur, pesant et résineux. Bois, résine, ou gomme de gaïac.

 

GAÏACOL

 

n. m.

T. de Pharmacie

. Éther extrait de la résine du gaïac.

 

GAIEMENT

 

adv.

D'une manière gaie. Vivre gaiement. Aller gaiement. Chanter gaiement. Faire gaiement quelque chose. Ces troupes allaient gaiement au combat.

Fam., Aller gaiement. Aller son train. Pop., Allons-y gaiement.

 

GAIETÉ

 

n. f.

Disposition à être en bonne humeur. Avoir de la gaieté. Perdre toute sa gaieté. Reprendre sa gaieté. Montrer de la gaieté. Témoigner une grande gaieté. Il est d'une gaieté folle. Il a de la gaieté dans l'esprit.

Grosse gaieté. Gaieté vulgaire, gaieté bruyante et prolongée.

Fam., Être en gaieté, Être mis en belle humeur par le vin.

Fam., De gaieté de coeur, loc. adv. De propos délibéré et sans y être forcé. Il l'a offensé de gaieté de coeur. Quereller quelqu'un de gaieté de coeur. Sacrifier un avantage de gaieté de coeur.

GAIETÉ se dit aussi de Folâtreries, de plaisanteries ou de jeux d'enfants. Ce sont là de petites gaietés qu'on peut passer à la jeunesse.

En termes de Manège, Les gaietés d'un cheval, Les vivacités d'un cheval.

 

GAILLARD, ARDE

 

adj.

Qui est gai, joyeux avec démonstration. Il est toujours gaillard. Une humeur gaillarde. Une mine gaillarde. Par extension, il se dit des Discours, des propos un peu libres. Un conte gaillard.

Substantivement, Quel gaillard! Une gaillarde se dit d'une Forte femme qui a souvent des allures trop libres.

Il signifie aussi Qui est solide, bien constitué et aussi vif, alerte, décidé. Il se porte bien maintenant, il est gaillard. Gaillard et dispos.

GAILLARDE se disait aussi d'une Ancienne danse au mouvement animé et des Airs qui accompagnaient cette danse. Danser la gaillarde. Jouer une gaillarde.

GAILLARD signifiait autrefois Qui est assis solidement. Château-gaillard.

En termes de Marine, Château-gaillard, ou par ellipse Gaillard, se disait d'un château élevé à l'avant et à l'arrière des vaisseaux. Il se dit aujourd'hui des Parties extrêmes, du pont supérieur d'un bâtiment. Le gaillard d'avant, La partie qui est en avant du mât de misaine, et de plus une portion en arrière du même mât. Le gaillard d'arrière, Toute la partie du pont située à l'arrière du mât d'artimon. Le gaillard d'arrière est parfois élevé de quelques centimètres au-dessus du pont.

En termes de Typographie, GAILLARDE se dit encore d'un Caractère d'imprimerie, d'un corps de huit points ou à peu près, intermédiaire entre le petit texte et le petit romain.

 

GAILLARDEMENT

 

adv.

D'une manière joyeuse. Vivre gaillardement.

Il signifie aussi D'une manière alerte, décidée et de bonne humeur. Il a fait cela gaillardement, un peu gaillardement. Il lui a répliqué gaillardement.

 

GAILLARDISE

 

n. f.

Gaieté avec une pointe de vanterie. Il a fait cela par gaillardise, par pure gaillardise. Ce n'est qu'une gaillardise.

Il se dit aussi des Discours, des propos un peu libres. Dire des gaillardises.

 

GAILLET

 

n. m.

T. de Botanique

. Voyez CAILLE-LAIT.

 

GAILLETIN. n. m. ou GAILLETTE

.n. m.

ou GAILLETTE. n. f.

Charbon de terre cassé en morceaux de moyenne dimension, surtout en vue des fourneaux de cuisine.

 

GAIN

 

n. m.

Profit que l'on tire d'une entreprise, d'un travail, d'un commerce, d'une vente, etc. Gain considérable. Gain médiocre. Gain illicite. Gain honnête. Travailler pour le gain. Vivre de son gain. Il est âpre au gain. L'amour du gain. L'appât du gain. Il a dépensé en un mois le gain de dix années.

Il signifie aussi Heureux succès, victoire, avantage que l'on a dans une entreprise, dans la poursuite d'une affaire. Le gain d'une bataille. Le gain d'un procès. On dit de même, en termes de Jeu, Le gain d'une partie, le gain de la partie.

Se retirer sur son gain, Quitter le jeu lorsqu'on a gagne.

Gain de cause se dit de l'Avantage que l'on obtient dans un procès, et, par extension, dans un débat quelconque. Il a eu, on lui a donné, il a obtenu gain de cause.

 

GAINE

 

n. f.

Étui de couteau ou de quelque autre instrument servant à couper, à percer, etc. Tirer un couteau de la gaine, hors de la gaine. La gaine d'une paire de ciseaux. La gaine d'un poignard. Mettre dans la gaine. Remettre dans la gaine.

Il se dit, en termes d'Architecture, d'une Espèce de meuble, plus large du haut que du bas, fait pour supporter des bustes ou autres objets décoratifs. Placer une suite de bustes sur des gaines.

En termes de Botanique, il se dit de la Sorte de tuyau que la base de certaines feuilles forme autour de la tige; et du Tube que les étamines ou anthères de certaines plantes forment autour du pistil, en se soudant les unes aux autres.

Il se dit également, en termes d'Anatomie, de Certaines parties qui servent d'enveloppe à d'autres.

 

GAINIER

 

n. m.

Celui qui fabrique ou vend des gaines, des étuis.

En termes de Botanique, il désigne un Arbre de la famille des Légumineuses, ainsi nommé parce que sa gousse ressemble à une gaine. On lui donne aussi le nom d'Arbre de Judée.

 

GALA

 

n. m.

Fête fastueuse et souvent d'un caractère officiel. Un jour de gala. Un habit de gala. Des voitures de gala. La cour a été en gala. Une représentation de gala.

Il se dit, familièrement, d'un Repas de cérémonie. Il y a eu gala chez votre père. Nous avons dîné en grand gala chez un tel.

 

GALACTOMÈTRE

 

n. m.

Aréomètre qui sert à mesurer la densité du lait.

 

GALAMMENT

 

adv.

D'une manière galante, en galant homme. Il a agi galamment. En user galamment. Se conduire galamment.

Il signifie quelquefois Avec goût, avec élégance, S'habiller galamment. Il a vieilli.

Il signifie encore Habilement, adroitement, avec une délicatesse heureuse. Il s'est tiré galamment de ce mauvais pas. Il a mené cette affaire-là fort galamment.

 

GALANT, ANTE

 

adj.

Qui a des manières d'agir honnêtes et élégantes. C'est un galant homme, vous pouvez vous fier à lui. Il s'est tiré de cette affaire en galant homme.

Il signifie aussi Qui se montre particulièrement aimable à l'égard d'une femme, ou, d'une façon générale, Qui cherche à plaire aux femmes. Dans ce sens on le met ordinairement après le nom. Il s'est montré fort galant pour elle, envers elle, avec elle. C'est un homme très galant. Substantivement, Il fait le galant auprès des femmes. On dit à peu près, dans la même acception Avoir l'humeur galante, l'air galant, les manières galantes. Propos galants. Compliment, style galants. Poésie, peinture galante, Poésie, peinture qui traite avec complaisance de sujets amoureux. Substantivement, C'est un vert galant, se dit d'un Homme vif et entreprenant qui aime beaucoup le plaisir et les femmes.

Populairement, Son galant, Son amoureux. Cette femme a de nombreux galants. Femme galante, Fille galante, Femme, fille de mauvaises moeurs. Intrigue galante, Commerce de galanterie.

Dans une acception générale, il se dit de Diverses choses, lorsqu'on les considère comme agréables et élégantes, raffinées dans leur genre. Un costume galant. Une réception, une fête galante. Rien de plus galant que ce boudoir.

Il se dit, familièrement, d'un Homme éveillé, rusé et dont il faut se méfier. Il était parvenu à s'échapper, mais on eut bientôt rattrapé le galant. Notre galant s'avisa d'un nouveau stratagème.

 

GALANTERIE

 

n. f.

Qualité de celui qui est galant; agrément, politesse dans l'esprit et dans les manières. Cet homme a l'art de mettre de la galanterie dans tout ce qu'il dit dans tout ce qu'il fait. Dans ce sens, il vieillit.

Il se dit plus ordinairement des Égards, des soins, des empressements pour les femmes qu'inspire l'envie de leur plaire. Il fait profession de galanterie. On remarque sa galanterie auprès des femmes. La galanterie française.

Il se dit également des Propos flatteurs qu'on tient à une femme, des Procédés qu'on emploie pour lui plaire, d'un cadeau ingénieusement choisi, d'une attention délicate. Dire des galanteries. Cette galanterie a paru lui plaire. La Guirlande de Julie est une galanterie demeurée célèbre.

Il se dit aussi d'un Commerce amoureux et illicite. Cette femme a une galanterie avec un tel. Elle a déjà eu plusieurs galanteries. Commerce de galanterie.

Ironiq., La galanterie est un peu forte, se dit d'une Action peu honnête ou d'un mauvais procédé, mais que l'on peut pardonner.

 

GALANTIN

 

n. m.

Homme ridiculement galant auprès des femmes. Un vieux galantin.

 

GALANTINE

 

n. f.

T. de Charcuterie

. Sorte de mets fait de viandes blanches, désossées, assaisonné de divers ingrédients et que l'on sert ordinairement froid avec de la gelée. Galantine de volaille. Galantine truffée.