Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Canner
v. tr.
Garnir de cannes de jonc un siège. Chaise cannée. Fauteuil canné.
CANNETILLE
n. f.
Fil d'or, d'argent ou de laiton, enroulé autour d'une aiguille de fer ou d'une corde métallique ou en boyau, qui sert à la fabrication des tissus brodés d'or ou d'argent ou à celle des cordes basses de violon ou de violoncelle.
CANNIBALE
n. m.
Anthropophage.
Il se dit, par extension, de Tout homme cruel et féroce. Une joie de cannibale.
CANNIBALISME
n. m.
Cruauté digne des cannibales. Acte de cannibalisme. C'est du cannibalisme.
CANON
n. m.
Pièce d'artillerie qui sert à lancer des projectiles. Une batterie de canons. Canon de 75, de 155, de 240, selon le diamètre intérieur compté en millimètres. Canon de campagne, de place, de siège, de côte, de montagne. L'âme, la bouche, la lumière, la culasse du canon. Canon à âme lisse. Canon rayé. L'affût d'un canon. Charger, braquer, pointer, tirer le canon. Le recul du canon. Poudre à canon.
Il se dit aussi, collectivement, des Canons d'une armée ou d'une place. On a pris le canon des ennemis. Le gros canon. Il leur manquait du canon. Être hors de la portée du canon. Se tenir sous le canon de la place.
Il désigne encore Cette partie des autres armes à feu où l'on met la cartouche et par où elle s'échappe. Le canon d'un revolver, d'un fusil.
En termes d'Art vétérinaire, il désigne l'Articulation de la jambe du cheval située immédiatement au-dessous du genou ou du jarret et au-dessus du paturon. Le canon répond dans les membres antérieurs du cheval au métacarpe, et dans les postérieurs au métatarse du squelette humain.
En termes de Géographie, il se dit d'une Gorge ou d'un ravin étroit dans une chaîne de montagnes. Les canons de la Californie.
Il se dit encore, en termes d'Arts, de Plusieurs objets dont les usages diffèrent, mais qui sont en général ou cylindriques ou en forme de tubes. Le canon d'une clef, d'une serrure, d'une montre.
Par analogie, il se disait autrefois d'une Pièce de toile, fort large et souvent ornée de dentelle, qu'on attachait au-dessous du genou. Les canons étaient fort à la mode du temps de Louis XIV.
CANON
n. m.
Règle, décret. Il ne désigne proprement que les Lois et règles de la discipline ecclésiastique et les Décisions des conciles. Les canons de l'Église. Les saints canons. Cela est contre les canons. Les canons de tel concile.
Adjectivement, Droit canon, La science du droit ecclésiastique, fondé sur les canons de l'Église, sur les décrétales des papes, etc. Docteur en droit canon. École de droit canon. Étudier en droit canon. Corps du droit canon, Recueil des canons de l'Église, des décrétales des papes, etc.
Canon des Écritures, Le Catalogue des livres qui sont reconnus pour divinement inspirés et qui composent le corps de l'Écriture sainte. Les protestants rejettent certains livres comme n'étant pas du canon des Écritures. On dit de même Le canon des juifs, le canon des chrétiens, Les livres que les juifs, que les chrétiens reconnaissent comme divinement inspirés.
Il se dit également, chez les catholiques, du Catalogue des saints reconnus et canonisés par l'Église.
En termes d'Antiquité, il se dit des Listes d'auteurs considérés comme modèles dans chaque genre. Les canons établis par les grammairiens d'Alexandrie.
En termes de Chronologie, Canon pascal, Table des fêtes mobiles dressée pour plusieurs années.
En termes de Liturgie, il se dit aussi des Prières que récite le prêtre et des cérémonies qu'il accomplit dans cette partie de la messe qui va du Sanctus jusqu'à la communion exclusivement. Le canon de la messe. Il se dit également des Tableaux écrits ou imprimés que l'on met sur l'autel vis-à-vis du prêtre et qui contiennent quelques prières de la messe. Canon enluminé.
Il désignait chez les anciens, dans le langage des Beaux-Arts, une Règle de proportion, appliquée à la figure de l'homme et même à la figure des animaux, telle que des dimensions de l'une des parties l'on pût conclure à celles du tout, et que des dimensions du tout on pût conclure à celles de la moindre des parties. Il désignait aussi une Figure exécutée d'après cette règle et destinée à servir de modèle. Le canon de Polyclète. Le canon de Lysippe.
En termes de Musique, il se dit d'une Sorte de fugue continue où le thème principal est reproduit successivement et simultanément par les diverses parties. Canons à deux, à trois, à quatre parties. Canon à trois voix. Canon simple. Canon double.
Il se disait aussi, dans l'ancienne Musique, d'une Méthode pour déterminer les intervalles des sons et de l'instrument qui servait à déterminer ces rapports. Voyez MONOCORDE.
Il s'est dit aussi d'une Mesure de capacité pour les liquides, laquelle valait le seizième de la pinte, et de Ce que contenait cette mesure. Boire un canon.
CANONIAL, ALE
adj.
Qui est réglé par les canons. Heures canoniales, Certaines parties du bréviaire que l'Église récite à diverses heures du jour.
Il signifie aussi Qui a rapport au canonicat.
Office canonial, Office que les chanoines chantent dans l'église. Maison canoniale, Maison affectée à une prébende de chanoine. Les maisons canoniales d'un cloître. Vie canoniale, Celle qui est prescrite aux chanoines rassemblés en communauté.
CANONICAT
n. m.
Dignité de chanoine. Obtenir un canonicat. Postuler un canonicat. On lui a donné un canonicat.
Fig. et fam., C'est un canonicat, un vrai canonicat, se dit d'un Emploi qui exige peu de travail, qui cause peu de fatigue.
CANONICITÉ
n. f.
Caractère de ce qui est canonique. La canonicité des livres saints.
CANONIQUE
adj. des deux genres
. Qui est selon les canons. Doctrine canonique. Droit canonique. Livres canoniques, Ceux qui sont contenus dans le canon des livres de l'Écriture sainte. Âge canonique, Âge minimum fixé par les règlements de l'Église pour pouvoir être servante chez un ecclésiastique.
Fam., Ce que vous avez fait là, ce que vous dites n'est pas canonique, n'est pas trop canonique, se dit d'une Action ou d'un Propos qui est peu conforme aux bonnes règles.
CANONIQUEMENT
adv.
D'une manière canonique. Il vit canoniquement. Un mariage fait canoniquement.
CANONISABLE
adj. des deux genres
. Qui peut être canonisé.
CANONISATION
n. f.
Action de canoniser.
CANONISER
v. tr.
Mettre dans le catalogue des Saints, suivant les règles et avec les cérémonies pratiquées par l'Église. Il est béatifié, mais il n'est pas encore canonisé. Le Pape l'a canonisé.
CANONISTE
n. m.
Celui qui est savant en droit canon.
CANONNADE
n. f.
Tir simultané de plusieurs canons. Déclencher une canonnade. Une vive canonnade. Le bruit de la canonnade.
CANONNAGE
n. m.
Art du canonnier. On l'emploie surtout en termes de Marine militaire. Un marin exercé au canonnage des bâtiments.
CANONNER
v. tr.
Battre à coups de canon. Canonner une place. Canonner un camp, un retranchement. Les deux armées se canonnèrent longtemps avant que d'en venir aux mains.
CANONNIER
n. m.
Soldat ou Marin qui est chargé de servir une pièce de canon.
CANONNIÈRE
n. f.
T. de Marine
. Petit bâtiment armé d'un ou de plusieurs canons.
CANOT
n. m.
Embarcation légère. Canot à rames, à voiles, à vapeur. Canot automobile. Canot de sauvetage.
Il se dit également d'une Embarcation légère, sans pont, destinée au service d'un navire ou d'un bateau de pêche. Mettre un canot à la mer. Il y a tant de canots à bord de ce vaisseau. On détache le canot pour porter le poisson au rivage.
Il se disait autrefois d'un Petit bateau fait d'écorce d'arbre ou d'un tronc d'arbre creusé. Les canots des sauvages.
CANOTAGE
n. m.
Action de canoter.
CANOTER
v. intr.
Diriger un canot de plaisance.
CANOTIER
n. m.
Matelot de l'équipage d'un canot.
Il se dit aussi de Celui qui monte un canot de plaisance. Les canotiers de la Seine.
CANTABILE
(E final se prononce É.)n. m.
T. de Musique
. Morceau de chant ou de musique instrumentale dont la mélodie procède par des mouvements un peu lents.
CANTALOUP
n. m.
Sorte de melon à côtes saillantes et rugueuses.
CANTATE
n. f.
Petit poème fait pour être mis en musique, composé de récitatifs et d'airs.
Il se dit particulièrement d'un Poème destiné à célébrer un événement heureux et aussi de la Musique composée pour un poème de ce genre.
CANTATRICE
n. f.
Chanteuse de profession. Il se dit des Femmes qui ont acquis quelque célébrité dans l'art du chant. Cantatrice italienne. Grande cantatrice.
CANTHARIDE
n. f.
Insecte coléoptère qu'on dessèche et réduit en une poudre qui sert surtout en Pharmacie pour la préparation des vésicatoires. Appliquer un emplâtre de cantharides. Appliquer des cantharides.
CANTILÈNE
n. f.
T. de Musique
. Phrase musicale d'une mélodie du genre simple.
Il se dit aussi d'une Chanson monotone.
Il désignait au moyen âge un Morceau de poésie. La cantilène de sainte Eulalie.
CANTINE
n. f.
Petit coffre divisé par compartiments pour porter des bouteilles ou des fioles en voyage.
Il se dit particulièrement d'une Petite caisse dont les officiers en campagne se servent pour transporter leurs bagages personnels.
Il se dit aussi, dans les casernes, dans les ateliers, dans les écoles, dans les prisons, etc., du Lieu où l'on vend à boire et à manger. Tenir une cantine. En temps de guerre, il y a des cantines ambulantes à la suite des troupes.
CANTINIER, IÈRE
n.
Celui, celle qui tient une cantine.
CANTIQUE
n. m.
Chant consacré à la gloire de Dieu, en action de grâces et en l'honneur des Saints. Entonner un cantique. Le cantique de Moïse. Cantique d'action de grâces. Le cantique de la Sainte Vierge. Le cantique de Siméon. Un recueil de cantiques.
Cantique des cantiques, Un des livres de la Bible.
Cantique spirituel, Cantique fait sur des sujets de dévotion.
CANTON
n. m.
Certaine partie d'un pays considérée comme distincte du reste de ce pays. Il n'y a dans cette province qu'un canton où l'on fasse du vin. Je ne suis établi que depuis peu dans ce canton. Les cantons voisins des frontières.
On dit dans un sens analogue, en termes d'Eaux et Forêts, Un canton de bois, Une certaine étendue de bois.
Il se dit particulièrement de Certaines subdivisions administratives du territoire français. Les arrondissements sont divisés par cantons. Arrondissement de... canton de... Un chef-lieu de canton. Il y a un juge de paix par canton.
Il se dit encore des États qui composent la Confédération helvétique. Le canton de Vaud. Le canton de Berne.
En termes de Blason, il se dit d'un Quartier qui est moindre que le quartier ordinaire de l'écu. Il se dit encore des Parties dans lesquelles un écu est partagé par les pièces dont il est chargé. Il porte d'or au canton d'azur. Il porte une croix d'or et une étoile à chaque canton.
CANTONADE
n. f.
T. de Théâtre
. Intérieur des coulisses. Parler à la cantonade, Parler à un personnage qui n'est pas vu des spectateurs.
CANTONAL, ALE
adj.
Qui appartient au canton. Délégué cantonal.
CANTONNÉ, ÉE
adj.
T. d'Architecture
. Dont les encoignures sont ornées d'une colonne, d'un pilastre, de chaînes de pierres, en parlant d'un bâtiment.
Il se dit, en termes de Blason, des Pièces accompagnées, dans les cantons de l'écu, de quelques autres figures. Croix cantonnée de quatre étoiles.
CANTONNEMENT
n. m.
État des troupes cantonnées. Quartiers de cantonnement. Mettre des troupes en cantonnement. Être en cantonnement.
Il se dit aussi du Lieu dans lequel les troupes cantonnent. Choisir de bons cantonnements. Rentrer dans ses cantonnements. Le général a visité ses cantonnements.
Il se dit aussi d'un Espace limité, réservé à certains usages. Cantonnement de pêche, Portion de rivière dont la pêche est affermée. Cantonnement de bestiaux, Partie de terrain réservée à des bestiaux malades. Cantonnement forestier, Portion de forêt que l'État ou un propriétaire abandonne définitivement à un usager pour remplacer, par une propriété limitée, un droit d'usage général.
CANTONNER
v. tr.
T. de Guerre
. Distribuer des troupes sur les points où elles doivent séjourner.
Il s'emploie intransitivement et se dit des Troupes mêmes que l'on cantonne. Les troupes commencèrent à cantonner. Faire cantonner des troupes.
SE CANTONNER signifie Se retirer dans un lieu où l'on estime être plus en sûreté. Il se dit proprement d'un Petit nombre de gens qui se fortifient contre un plus grand nombre. Les rebelles s'étaient cantonnés dans un coin de la province.
Fig., Se cantonner dans une science, Se restreindre à l'étude de cette science, n'en vouloir pas sortir.
CANTONNIER
n. m.
Celui qui est employé par l'administration pour travailler à l'entretien des routes.
CANULE
n. f.
Petit tuyau arrondi et percé d'un ou de plusieurs trous à l'une de ses extrémités et que l'on adapte au bout d'une seringue ou d'un tube à injection.
Il se dit également, en termes de Chirurgie, de Certains instruments allongés, cylindriques, creux, faits de différentes matières, qui servent à injecter, à tenir ouvertes des plaies profondes.
Il désigne aussi une Sorte de tuyau ou robinet de bois qu'on met à un tonneau en perce. On dit aussi CANNELLE.
CAOUTCHOUC
n. m.
Suc coagulé de certains végétaux tels que le figuier d'Inde, le jaquier, etc., et utilisé par l'industrie. Il s'appelle vulgairement Gomme élastique. Tuyau de caoutchouc. Bretelles, jarretières de caoutchouc. Le caoutchouc est imperméable.
Par extension, Un caoutchouc, Un vêtement imperméable de caoutchouc. Des caoutchoucs, Des chaussures imperméables en caoutchouc.
CAOUTCHOUTER
v. tr.
Enduire de caoutchouc. Vêtement caoutchouté.
Il signifie aussi Garnir de caoutchouc. Roue caoutchoutée.
CAP
(On prononce le P.)n. m.
T. de Géographie
. Pointe de terre qui s'avance dans la mer. Le cap de Bonne-Espérance. Doubler un cap.
Il signifiait autrefois Tête. Il n'est d'usage en ce sens que dans les locutions Armé de pied en cap et Cheval cap de more. Cheval d'un poil rouan, dont la tête et les extrémités sont noires.
Par extension, il se dit, en termes de Marine, de la Proue, de l'avant d'un bâtiment, considéré par rapport à la direction qu'on lui donne quand on navigue. Avoir, porter le cap à terre, au large. Avoir le cap au nord. Virer cap pour cap, Prendre une direction opposée à celle qu'on suivait.
CAPABLE
adj. des deux genres
. Qui est en état de faire une chose. Serez-vous capable de porter ce fardeau? Votre cheval n'est pas capable de traîner cette voiture. C'est un homme capable de gouverner.
Il est capable de tout, Il peut s'acquitter très bien de toutes sortes d'emplois, ou, plus ordinairement, Il peut se porter aux plus grands excès, aux actions les plus noires.
Il se dit aussi en parlant de la Capacité légale. Être capable de recevoir, de disposer entre vifs, ou par testament. Être capable de contracter. Il est en âge, il est capable d'exercer cet emploi.
Il se dit encore absolument pour Habile, intelligent. Cette affaire est entre les mains d'une personne capable.
Fam., Prendre, avoir l'air capable, Prendre, avoir l'air d'un homme qui présume trop de son habileté.
Il s'emploie dans ce sens comme nom. Faire le capable.
Il se disait autrefois des Choses considérées par rapport à leur capacité intérieure, et, dans cette acception, il n'était guère usité qu'avec Tenir ou Contenir. Cette salle est capable de contenir tant de personnes. Ce vase est capable de tenir tant de litres. C'est dans ce sens qu'on dit, en termes de Géométrie, Un segment de cercle capable d'un angle donné. Figurément, on le dit encore, en parlant des Personnes. Cet homme est capable d'amitié, de reconnaissance. Une âme ambitieuse est rarement capable de modération. Il n'est pas capable de raison, il n'est pas capable d'entendre quelque chose, Il n'est pas en disposition, en humeur, en état d'entendre raison, d'écouter ce qu'on a à lui dire.
CAPARAÇON
n. m.
Sorte de couverture qu'on met sur les chevaux. Caparaçon de toile.
CAPARAÇONNER
v. tr.
Revêtir d'un caparaçon. Il faut caparaçonner ce cheval.
CAPE
n. f.
Vêtement de dessus ample et sans manches.
Fig., N'avoir que la cape et l'épée, se disait autrefois d'un Gentilhomme, d'un cadet de bonne maison qui n'avait point de bien.
Comédie de cape et d'épée, Roman de cape et d'épée, Comédie, roman dont les personnages sont des héros ou rappellent les héros de l'ancienne chevalerie.
Fig., Rire sous cape, Éprouver une satisfaction maligne, qu'on cherche à dissimuler.
Il se dit aussi d'une Couverture de tête dont les femmes se servent en quelques provinces contre le vent et la pluie. Cape de taffetas. Cape de toile cirée. Sortir en cape.
En termes de Marine, il se dit de la Situation d'un bâtiment qui a la barre du gouvernail sous le vent et qui ne conserve que très peu de voiles, afin de présenter le côté et ne plus faire de route. Mettre à la cape. Être à la cape. Un bâtiment qui tient la cape est sans sillage et dérive beaucoup.
CAPELAN
n. m.
Petit poisson de mer qui sert d'appât dans la pêche à la morue.
CAPELET
n. m.
T. d'Art vétérinaire
. Espèce de tumeur qui vient au train de derrière du cheval, à l'extrémité du jarret.
CAPELINE
n. f.
Capote légère de femme qui tombe sur les épaules.
CAPENDU
n. m.
Espèce de pomme rouge.
CAPHARNAÜM
(ÜM se prononce OME.) n. m.
Nom d'une ville de l'ancienne Judée, appliqué, dans l'usage familier, à un Lieu qui renferme beaucoup d'objets entassés confusément. Cette chambre est un vrai capharnaüm.
CAPILLAIRE
(Dans ce mot et dans le suivant on prononce les deux L.)adj. des deux genres . Qui est délié comme des cheveux. Il se dit, en termes de Physique et d'Anatomie, des Tubes, des vaisseaux qui sont d'un très petit calibre. L'ascension de l'eau dans les tubes capillaires. Veines, vaisseaux capillaires. Bronches capillaires. Bronchite capillaire. Il se dit principalement, en termes de Botanique, de Certaines parties des plantes. Racines capillaires. Feuilles capillaires.
CAPILLAIRE signifie aussi Qui est relatif aux cheveux. L'art capillaire.
CAPILLAIRE s'emploie aussi comme nom masculin pour désigner Certaines petites fougères dont on fait usage en médecine. Le capillaire noir. Le capillaire du Canada. Sirop de capillaire.
CAPILLARITÉ
n. f.
État d'une chose qui est capillaire.
Il se dit, en termes de Physique, d'une Force qui produit les phénomènes que présentent les tubes capillaires. La capillarité d'un tube.
On dit dans le même sens Attraction capillaire.
En termes d'Imprimerie, il se dit d'un Caractère fort délié.
CAPILOTADE
n. f.
T. de Cuisine
. Sorte de ragoût fait de plusieurs morceaux de viandes déjà cuites. Faire une capilotade de perdrix, de poulets.
Fig. et fam., Mettre quelqu'un en capilotade, L'accabler de coups; et, au sens moral, Médire de quelqu'un sans aucun ménagement, le déchirer par des médisances outrées.
CAPITAINE
n. m.
Officier qui commande une compagnie d'infanterie, un escadron de cavalerie, une batterie d'artillerie, etc. Capitaine de gendarmerie, de cuirassiers, de dragons, etc. Capitaine aviateur. Capitaine commandant. Capitaine en second. Capitaine instructeur. Le grade de capitaine.
Il se dit aussi de Celui qui commande un bâtiment de guerre ou de commerce. Capitaine de vaisseau, de frégate. Le capitaine d'un bâtiment marchand. Capitaine marchand. Capitaine au long cours.
Capitaine de pavillon, Celui qui commande le vaisseau monté par un contre- amiral ou par un vice-amiral.
Capitaine d'armes. Voyez ARMES.
Capitaine de port, Officier préposé à la police maritime d'un port de commerce. Capitaine des chasses, Celui qui avait le soin de ce qui regarde la chasse dans une certaine étendue de pays. On dit dans un sens analogue Capitaine de louveterie.
Il se dit aussi d'un Chef militaire qui possède des qualités nécessaires pour le commandement. Ce roi était un grand capitaine.
En termes de Sport, il désigne Celui qui choisit les joueurs et les dispose.
CAPITAINERIE
n. f.
Charge de capitaine d'une maison royale, d'un château, etc., ou de capitaine des chasses. Capitainerie de Fontainebleau. Voyez CAPITAINE.
Capitainerie des chasses, Se disait de l'Étendue de la juridiction d'un capitaine des chasses. Cette terre était dans la capitainerie de Saint-Germain.
Dans quelques maisons royales, il se disait du Lieu affecté au logement du capitaine des chasses. Loger à la capitainerie.
CAPITAL, ALE
adj.
Qui est principal. C'est là le point capital de l'affaire. Affaire capitale. Cette clause est capitale dans le contrat. Défaut capital. C'est son ouvrage capital.
Les sept péchés capitaux, Les sept péchés qui sont comme la source de tous les autres.
Il signifiait autrefois Qui a rapport à la tête et, figurément, Qui est en tête. C'est dans ce sens qu'on dit encore Crime capital, Celui qui peut entraîner la perte de la tête, la décapitation. Ville capitale, ou elliptiquement, comme nom féminin, Capitale, la Ville principale d'un État, d'une province. La ville capitale d'un royaume. Rouen était la capitale de la Normandie. Il a visité toutes les capitales de l'Europe. Nous irons passer quelques mois dans la capitale.
Lettre capitale, ou elliptiquement, comme nom féminin, Capitale, Grande lettre, lettre majuscule. Les capitales se mettent au commencement des chapitres, des phrases, des noms propres, etc. En termes de Typographie, Petites capitales, grandes capitales.
Employé comme nom masculin, il signifie le Principal d'une dette, d'une rente. Il a payé les intérêts, mais il doit encore le capital.
Il se dit aussi d'un Fonds commercial ou industriel, des sommes que l'on fait valoir dans quelque entreprise. Augmenter, doubler son capital, ses capitaux. Le capital de la société s'élève à tant. Augmentation de capital. Le capital social d'une compagnie industrielle. (Voyez SOCIAL.) Capital productif. Capital improductif. Capital engagé.
Il se dit, d'une manière générale, des Produits accumulés d'un travail antérieur. Dans ce sens, on l'oppose souvent au travail actuel. Les rapports du travail et du capital.
Il désigne aussi la Somme de richesses que possède un individu, une nation. Le capital d'une nation se compose de tous les capitaux des particuliers. Impôt sur le capital.
CAPITAUX, au pluriel, se dit, en termes de Finance, des Sommes en circulation, des quantités considérables d'argent, des valeurs disponibles. Les capitaux sont rares. Il possède d'immenses capitaux.
CAPITALISATION
n. f.
T. de Finance
. Action de capitaliser. La capitalisation d'une rente. Le taux de capitalisation.
CAPITALISER
v. tr.
T. de Finance
. Transformer une valeur en capital, ou Ajouter le revenu au capital. En capitalisant les intérêts d'une somme d'argent, on la double dans un certain nombre d'années. Absolument, Il capitalise, Il accumule de manière à former un capital.
Capitaliser une rente, Évaluer à un certain taux le capital correspondant à un revenu.
CAPITALISME
n. m.
L'Ensemble des capitalistes.
Il désigne aussi la Puissance des moyens des capitalistes dans la société actuelle.
CAPITALISTE
n. des deux genres
. Celui, celle qui a des capitaux, des sommes d'argent considérables et qui les fait valoir dans les entreprises de commerce, d'agriculture, de manufacture ou dans des opérations de finance.
CAPITAN
n. m.
Rodomont, fanfaron qui se vante d'une bravoure qu'il n'a point. Il fait le capitan. Le capitan est un personnage de la comédie italienne.
CAPITANE
adj. et n.
Il se disait de la Galère montée par le capitaine général. Galère capitane.
CAPITATION
n. f.
Taxe par tête. Payer la capitation.
CAPITEUX, EUSE
adj.
Qui porte à la tête, en parlant des liqueurs fermentées. Le vin nouveau est capiteux. Liqueur capiteuse.
Il se dit, par extension, des Parfums.
CAPITON
n. m.
Soie grossière dont on se sert pour divers ouvrages.
Il désigne aussi Chacune des divisions formées par la piqûre dans un siège rembourré.
CAPITONNAGE
n. m.
Action de capitonner.
CAPITONNER
v. tr.
Rembourrer un siège en le piquant d'espace en espace. Capitonner un fauteuil.
CAPITOUL
n. m.
Nom qu'on donnait autrefois aux Officiers municipaux de Toulouse. L'office de capitoul anoblissait.
CAPITOULAT
n. m.
Dignité de capitoul.
CAPITULAIRE
adj. des deux genres
. Qui a rapport aux assemblées de chanoines ou de religieux. Acte capitulaire. Résolution capitulaire. Assemblée capitulaire. Vicaire capitulaire.
Il s'employait comme nom masculin pour désigner une Ordonnance, un règlement sur les matières civiles, criminelles et ecclésiastiques, rédigé par chapitres. Les Capitulaires de Charlemagne, les Capitulaires de Charles le Chauve, etc., Les Constitutions faites par Charlemagne, par Charles le Chauve et par les autres rois de la seconde race sur ces sortes de matières.
CAPITULANT
adj. m.
Qui a voix dans un chapitre. Chanoine capitulant. Religieux capitulant.
CAPITULATION
n. f.
T. de Guerre
. Composition, traité qu'on fait pour la reddition d'une place, d'un poste, d'une armée, ou pour mettre bas les armes. La capitulation d'une ville. Les articles de la capitulation. Une capitulation honorable, avantageuse. Faire sa capitulation. Violer la capitulation. Dresser, signer la capitulation. Recevoir à capitulation. La capitulation en rase campagne est regardée comme déshonorante.
Il s'est dit aussi d'une Convention en vertu de laquelle les sujets d'une puissance jouissent de certains privilèges dans les États d'une autre.
Il se dit surtout des Actes par lesquels des garanties et des privilèges sont assurés aux résidents et commerçants étrangers dans l'Empire ottoman. Les capitulations ont soustrait les Français établis dans les Échelles du Levant à la juridiction territoriale.
Il se dit encore, familièrement, des Moyens de rapprochement et de conciliation qu'on propose dans une affaire. On en vint à bout par capitulation. On finit par l'amener à une capitulation.
Fig., Capitulation de conscience, Action de celui qui capitule avec sa conscience.
CAPITULE
n. m.
T. de Liturgie
. Petite leçon qui se dit dans certains offices après les psaumes et avant l'hymne.
Il se dit aussi, en termes de Botanique, d'une Petite inflorescence en forme de tête.
CAPITULER
v. intr.
Faire une capitulation. La ville capitula après six mois d'une vigoureuse résistance. On ne put les forcer dans le poste où ils s'étaient retranchés et ils obtinrent de capituler honorablement.
Prov. et fig., Ville qui capitule est à demi rendue, Quand on écoute des propositions, on est près de les accepter.
Il signifie, par extension, Se rendre aux conditions imposées par l'ennemi. Fig., Il commence à se défier de son droit, il demande à capituler.
Fig., Capituler avec sa conscience, Prendre une résolution peu délicate, en s'efforçant de se persuader qu'on est dans un cas d'exception ou que des circonstances impérieuses ne permettent pas d'agir autrement.
CAPON, ONNE
n.
Poltron, lâche. Il s'est montré bien capon. Il est populaire.
CAPON
n. m.
T. de Marine
. Palan muni d'un crochet de fer qui sert à hisser l'ancre au bossoir.
CAPONNER
v. intr.
Agir en capon. Il est populaire.
CAPONNER
v. tr.
T. de Marine
. Hisser l'ancre à l'aide du capon.
CAPONNIÈRE
n. f.
T. de Fortification
. Parapet muni de banquettes établies ordinairement dans des fossés pour couvrir le passage d'un ouvrage à un autre.
CAPORAL
n. m.
Grade le moins élevé dans l'infanterie. Passer caporal. Le galon de caporal. Caporal de consigne. Le caporal du poste.
Fig. et fam., Quatre hommes et un caporal, La moindre force militaire. Pour réprimer cette émeute, il ne faut que quatre hommes et un caporal.
CAPORAL désigne aussi un Tabac à fumer d'une espèce supérieure au tabac de troupe et devenu en France d'un usage général.
CAPOT
n. m.
T. d'Arts
. Tout dispositif destiné à protéger. En Construction, le Tambour d'un escalier; en Automobilisme, la Partie métallique de l'avant qui abrite le moteur; en Marine, le Capuchon de toile qui protège certains objets de l'air et des chocs; dans un théâtre, la Boîte du souffleur.
Il désigne aussi, en termes d'Horticulture, une Couche de fumier où l'on sème certaines plantes dont la végétation est hâtée par la chaleur artificielle.
CAPOT
n. m.
T. de jeu de Piquet
. Coup où l'un des joueurs ne fait aucune levée. Faire un capot. Faire pic, repic et capot.
Adjectivement, Faire quelqu'un capot, Ne lui laisser aucune levée à faire. Être capot, N'avoir fait aucune levée.
Fig. et fam., Être capot, demeurer capot, Demeurer confus et interdit auprès de quelqu'un, ou Se voir frustré de son espérance. Il a été bien capot de se voir reconnu. Elle est demeurée capot.
CAPOT
n. m.
T. de Marine
. Faire capot, Sombrer sens dessus dessous, en parlant d'un petit bâtiment.
CAPOTE
n. f.
Sorte de grand vêtement de dessus auquel est adapté un capuchon. Capote contre la pluie.
Il désigne particulièrement le Vêtement de dessus que portent les soldats pour se garantir du froid et de la pluie.
Il se dit aussi d'une Sorte de coiffure de femme qui est faite ordinairement en étoffe. Une capote de crêpe, de mousseline.
Il se dit par analogie de la Couverture mobile de certaines voitures.
CAPOTER
v. intr.
Être renversé sens dessus dessous, en parlant d'une embarcation, d'une automobile, d'un avion.
CAPRE
n. f.
Bouton à fleurs du câprier, que l'on confit ordinairement dans le vinaigre. On le dit surtout au pluriel. Manger des câpres. Un baril de câpres. De grosses câpres. Mettre des câpres dans un ragoût. Une sauce aux câpres.
Câpres capucines. Voyez CAPUCINE.