Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Lors
adv. de temps
qui s'emploie seulement en composition dans les locutions suivantes :
POUR LORS,loc. adv.
En ce temps-là, à ce moment-là. Je voulais le secourir dans sa détresse, mais pour lors je n'avais pas d'argent. Il est vieux.
DEPUIS LORS, Depuis ce temps. Je l'ai rencontré il y a un mois, depuis lors je n'ai plus entendu parler de lui.
DÈS LORS, Dès ce temps-là, à partir de ce moment-là. Dès lors il commença à me prendre en haine.
Il se dit aussi pour De là et marque la conséquence. Cet accusé s'enfuit; dès lors il devint suspect.
LORS DE,loc. prép.
Dans le temps de, au moment de. Lors de son élection, de son mariage.
DES LORS QUE,loc. conj.
Du moment que, puisque. Dès lors que vous le voulez ainsi, je n'ai qu'à obéir.
LORS MÊME QUE,loc. conj.
Quand bien même, même dans le cas où. Lors même que vous l'exigeriez, je ne pourrais vous satisfaire.
LORSQUE
conj.
Quand, au moment où. J'en jugerai lorsque je serai mieux informé. Lorsqu'il est arrivé, je sortais. Lorsqu'il pleut, les oiseaux se taisent.
LOS
n. m.
Vieux mot qui signifie Louange.
LOSANGE
n. m.
T. de Géométrie
. Parallélogramme dont les quatre côtés sont égaux sans que les angles soient droits. Dans un losange deux des angles sont aigus et deux sont obtus. Un diamant taillé en losange. Il désigne aussi, en termes de Blason, une Sorte de carré déformé et posé de biais qui est un meuble de l'écu. D'après les règles du blason, les filles portent l'écu de leurs armoiries en losange.
LOT
n. m.
Portion d'un tout que l'on partage entre plusieurs personnes. Il se dit principalement en matière de succession. Faire des lots. La formation, la composition des lots. Ce lot est plus fort que l'autre. Égaliser les lots. Les lots ont été tirés au sort.
Il signifie aussi Ce qui échoit dans une loterie à chacun des billets gagnants. Le gros lot lui est échu. Gagner un lot de dix mille francs.
Il se dit figurément de Ce que nous donne en partage la destinée, le sort. La misère est le lot de cette famille. La persécution a été le lot des premiers chrétiens.
LOTERIE
n. f.
Sorte de jeu de hasard où l'on fait des mises, pour lesquelles on reçoit des billets portant des numéros : celui ou ceux de ces numéros qui sortent, lorsque le tirage a lieu, donnent droit à un lot, à la propriété d'un objet. Faire une loterie. Tirer une loterie. Mettre une montre, un tableau en loterie. Gagner, perdre à la loterie. Billet de loterie. Le tirage de la loterie. Le numéro gagnant de la loterie. Loteries de bienfaisance.
Il se dit plus particulièrement d'une Espèce de banque établie par quelques gouvernements, dans laquelle les particuliers font des mises et courent la chance de gagner des sommes plus ou moins considérables, ou risquent de perdre leur argent. La loterie royale de France fut supprimée en 1836.
Fig. et fam., C'est une loterie, C'est une affaire de hasard. On dit aussi C'est un numéro à la loterie en parlant d'un Avantage incertain et dépendant du hasard.
Fig. Le monde est une loterie, Le hasard décide de la plupart des choses de ce monde comme dans une loterie.
LOTION
n. f.
T. de Médecine
. Action de mouiller, d'imbiber d'un liquide quelque partie du corps pour l'adoucir, l'amollir, la rafraîchir, etc. Il se dit, par extension, de ce Liquide lui-même. Une lotion alcaline. Lotion pour le cuir chevelu.
Il se dit, en termes de Chimie, de l'Action de laver des terres, des cendres ou autres matières, pour en extraire les parties solubles qu'elles contiennent.
LOTIR
v. tr.
Diviser un domaine en lotissements. Lotir une propriété, un parc.
Il signifiait autrefois Répartir en lots. Lotir une succession, les effets d'une succession.
Fam., Bien loti, Qui a été bien partagé ou favorisé par le sort, de quelque manière que ce soit. Elle a fait un bon mariage, elle est bien lotie.
Fam., Le voilà bien loti, se dit par ironie de Quelqu'un qui a fait un mauvais choix, qui est trompé dans ses espérances.
LOTISSEMENT
n. m.
Action de diviser en parts pour les vendre, un terrain, une propriété, etc., ou Résultat de cette action. Le lotissement d'un parc. Il a acheté deux lotissements. Il habite sur le lotissement le plus éloigné de la route.
LOTO
n. m.
Jeu qu'on joue avec des numéros, dont les uns sont sur des sortes de boules, de jetons qu'on tire au hasard, les autres sur des tableaux distribués aux joueurs. Jouer au loto.
Fig. et fam., Avoir des yeux en boule de loto, Avoir de gros yeux ronds.
Il se dit aussi des Objets dont on se sert pour jouer à ce jeu. Acheter un loto.
Loto-dauphin, Sorte de loto moins simple que le loto ordinaire.
LOTTE
n. f.
Poisson de rivière du genre Gade, à plusieurs barbillons.
LOTUS ou LOTOS
(On prononce l'S.)n. m.
Plante aquatique du genre Nénuphar, qui croît dans les Indes et en Égypte, et qu'on trouve figurée sur plusieurs monuments égyptiens. La fleur du lotus est un des attributs d'Isis.
LOUABLE
adj. des deux genres
. Qui est digne de louange. Une action, une conduite louable.
Il s'emploie aussi en parlant des Personnes et peut prendre alors un complément explicatif précédé de la préposition de. Vous êtes louable d'avoir pris cette initiative.
LOUAGE
n. m.
Cession de l'usage de quelque chose, faite par le propriétaire pour un certain temps, moyennant un certain prix. Donner, prendre, tenir à louage. Le louage d'une maison. Il paie tant pour le louage, tant de louage. Un cheval, une automobile de louage. Contrat de louage.
LOUANGE
n. f.
Discours ou paroles par lesquelles on relève le mérite de quelqu'un, de quelque action, de quelque chose. Louange bien méritée. Louange excessive, grossière, déplacée. Louange délicate, indirecte. Mériter, s'attirer des louanges. Conduite digne de louanges. Combler de louanges. Prodiguer des louanges. Être sobre de louanges. Chanter les louanges de Dieu. Publier, célébrer les louanges de quelqu'un. Avide de louanges. Sensible à la louange. Il n'a que faire de vos louanges. Ne pas tarir sur les louanges de quelqu'un, de louanges sur quelqu'un. Cela tourne à sa louange. On peut dire à sa louange que... Louange à Dieu.
Fam., Chanter les louanges de quelqu'un. Voyez CHANTER.
LOUANGER
v. tr.
Louer avec excès.
LOUANGEUR, EUSE
n.
Celui, celle qui louange. C'est un louangeur fastidieux. Adjectivement, Discours louangeur.
LOUCHE
adj. des deux genres
. Dont les yeux ont une direction différente. Il est louche. Cette femme est louche. Il est vieux.
Il se dit, par extension, des Yeux mêmes et du regard. Avoir les yeux louches, le regard louche.
Il signifie, par analogie, Qui n'est pas clair net, transparent. Ce vin est louche.
Fig., Cette action est louche, L'intention en est équivoque. Un individu louche, Un individu suspect. Substantivement, Il y a du louche dans cette affaire, dans la conduite de cet homme.
LOUCHE
n. f.
Grande cuiller à long manche avec laquelle on sert le potage.
LOUCHER
v. intr.
Avoir des yeux louches. Voilà un bel enfant, il est fâcheux qu'il louche. Cet enfant louche par intervalles.
LOUCHET
n. m.
Sorte de hoyau propre à creuser la terre.
LOUER
v. tr.
Donner à louage ou à loyer. Louer une maison à quelqu'un. Louer un appartement. Maison, chambre à louer. Louer une loge dans un théâtre. Louer des habits, des livres. Un tapissier qui loue des meubles. Louer des automobiles, des chevaux. Les appartements se louent fort cher dans ce quartier.
Il signifie aussi Prendre à louage ou à loyer. Il va quitter sa maison, il en a loué une autre. Louer un cheval. Louer un ameublement. Louer une automobile, un piano.
SE LOUER signifie Se donner à louage, engager son service, son travail pour un salaire. C'est un pauvre homme qui se loue à la journée. Il se loue à qui plus lui donne.
LOUEUR, EUSE
n.
Celui, celle qui fait métier de donner quelque chose à louage ou à loyer. Un loueur de chevaux, d'automobiles, de chambres garnies. Loueuse de chaises dans une promenade publique.
LOUEUR, EUSE
n.
Celui, celle qui donne des louanges. Il ne se dit guère qu'en mauvaise part et en parlant d'un Flatteur qui loue à tout propos. C'est un loueur perpétuel. Une loueuse à gages. Il a vieilli.
LOUGRE
n. m.
T. de Marine
. Sorte de bâtiment marchand destiné au cabotage.
LOUIS
n. m.
Monnaie d'or, ainsi appelée, depuis Louis XIII, du nom des rois qui l'ont fait frapper. Le louis avait avant la grande guerre la valeur de vingt francs. Il a perdu dix louis au jeu.
LOUP-CERVIER
n. m.
Sorte de lynx. Des loups-cerviers.
LOUP-GAROU
n. m.
Homme qui, d'après une superstition populaire, séjourne dans les forêts et erre la nuit dans les champs, transformé en loup.
Il désigne aussi, figurément et familièrement, Celui qui est d'une humeur farouche, qui ne veut avoir de société avec personne. N'allons point chez cet homme-là, c'est un vrai loup-garou. Des loups-garous.
LOUP
n. m.
Quadrupède du genre Chien, sauvage et carnassier. Loup gris. Peau de loup. La chasse au loup.
Fam., Il fait un froid de loup, Un froid très rigoureux.
Fam., Être enrhumé comme un loup. Voyez ENRHUMER.
Fam., Manger comme un loup, Manger beaucoup.
Marcher à pas de loup, Marcher sans bruit et dans le dessein de surprendre.
Fig. et fam., Être connu comme le loup blanc, Être extrêmement connu.
Prov. et fig., La faim chasse le loup hors du bois, fait sortir le loup du bois. Voyez FAIM.
Prov., fig. et pop., Quand on parle du loup on en voit la queue, se dit Lorsque quelqu'un survient au moment où l'on parle de lui.
Prov. et fig., Il faut hurler avec les loups. Voyez HURLER.
Prov. et fig., Qui se fait brebis, le loup le mange. Voyez BREBIS.
Prov. et fig., Brebis comptées, le loup les mange, Les précautions ne garantissent pas toujours d'être trompé, l'excès de précaution est dangereux.
Prov. et fig., Les loups ne se mangent pas entre eux, Les méchants s'épargnent entre eux.
Fig., Entre chien et loup. Voyez CHIEN.
Fig. et fam., Se mettre dans la gueule du loup, S'exposer à un péril évident qu'on pouvait éviter.
Fig. et fam., Tenir le loup par les oreilles, Être dans une situation difficile, pressante, et ne savoir comment en sortir.
Fig. et fam., Donner la brebis à garder au loup, Donner à garder quelque chose à une personne dont on devrait se méfier.
Fig. et fam., Enfermer le loup dans la bergerie. Voyez BERGERIE.
Saut de loup. Voyez SAUT.
Loup marin. Un des noms vulgaires du phoque. Une peau de loup marin.
Loup de mer se dit de Plusieurs poissons dont l'un, le Bar, est estimé pour sa chair délicate.
Fig. et fam., Loup de mer, Vieux marin expérimenté et intrépide, ou Marin qu'un séjour constant sur mer a rendu un peu gauche et farouche.
En termes d'Arts, Dents de loup, Découpure qui forme une suite d'angles aigus.
LOUP se dit aussi d'une Sorte de masque de velours noir qu'on portait autrefois pour cacher son visage ou pour le garantir du hâle. On ne le porte plus aujourd'hui que dans les mascarades.
En termes d'Arts, LOUP se dit d'un Appareil manqué à la fabrication, et en général de toute malfaçon.
LOUPE
n. f.
T. de Médecine
. Tumeur enkystée qui vient sous la peau, qui s'élève en rond et augmente quelquefois jusqu'à une extrême grosseur. Il lui est venu une loupe à la tête. Extirper une loupe.
Il se dit, par analogie, en termes de Botanique, d'une Excroissance ligneuse qui vient aux troncs et aux branches de quelques arbres. Les loupes d'orme servent à faire de jolis ouvrages de tabletterie.
Il se dit aussi, en termes d'Optique, d'un Verre, convexe des deux côtés, qui grossit les objets à la vue et qu'on appelle autrement Lentille biconvexe. Se servir d'une loupe pour lire de très petits caractères.
En termes de Joaillerie, il se dit d'une Pierre précieuse d'une transparence imparfaite. Loupe de saphir, de rubis, etc., Il se dit aussi d'une Masse de matière nacrée restée informe dans la coquille d'une huître perlière.
Il désigne aussi, dans le langage populaire, le Goût de la flânerie ou même de la fainéantise.
LOUPER
v. intr. et tr.
Flâner, paresser, mal exécuter un travail. Il est populaire.
LOURD, OURDE
adj.
Qui est pesant, difficile à remuer, à porter. En ce sens, il est opposé à Léger. Un lourd fardeau. Par extension, Un temps lourd.
Fig., Avoir une maison très lourde, Avoir une maison, un ménage très coûteux. On dit de même C'est une charge bien lourde, en parlant de Ce qui occasionne beaucoup de dépenses. Une lourde dette, Celle dont l'acquittement exige de durs sacrifices d'argent. Une lourde responsabilité, Celle où l'on est personnellement très engagé.
Fig., Une lourde tâche, une lourde besogne, Une tâche, une besogne difficile et rude à faire.
Il signifie aussi Qui se remue avec peine, avec effort; et alors il est opposé à Souple, agile. Cet homme, qui était autrefois fort agile, est devenu bien lourd.
Faire une lourde chute, Tomber de haut, tomber de tout son poids.
Fig., Une lourde faute, une lourde bévue, Une faute, une bévue grossière.
LOURD se dit figurément, en parlant de l'esprit, et signifie Qui manque de légèreté, de facilité, de vivacité, de finesse, de grâce. C'est un homme lourd, un esprit lourd. Il a l'esprit lourd. Par extension, Une conversation lourde. Un style lourd. Une plaisanterie lourde. Par analogie, en termes de Beaux- Arts, La touche de ce peintre est lourde. Ses contours, ses ciels sont lourds. Sa composition est lourde. Un dessin lourd. Cette statue a des formes trop lourdes. Les ornements de cet édifice sont bien lourds.
LOURDAUD, AUDE
n.
Personne à qui la lourdeur de corps, et aussi quelquefois la lourdeur d'esprit, donne un maintien gauche et embarrassé. C'est un lourdaud, un vrai lourdaud. Un lourdaud de village. Une grosse lourdaude.
LOURDEMENT
adv.
D'une manière lourde. Marcher, tomber lourdement.
Il se dit au figuré pour Gauchement, sans finesse. Plaisanter lourdement.
Il signifie aussi Avec une grossière ignorance. Vous vous trompez lourdement, si vous croyez pareille chose.
LOURDEUR
n. f.
État de ce qui est lourd. Il ne se dit que figurément. La lourdeur de sa démarche. Une lourdeur d'estomac, de tête, de ventre. Lourdeur de style. Il y a de la lourdeur dans la draperie de cette figure.
LOUSTIC
n. m.
Celui qui cherche à faire rire par des plaisanteries faciles. C'est le loustic de la chambrée. Il est familier.
LOUTRE
n. f.
Quadrupède carnassier, de la famille des Martres, grand à peu près comme un renard, mais plus bas de jambes, et à tête plate et obtuse : il vit au bord des rivières. La loutre dépeuple les étangs. Bonnet de peau de loutre. Une casquette de loutre.
LOUVAT ou LOUVART
n. m.
Jeune loup.
LOUVE
n. f.
Femelle du loup. Rémus et Romulus furent, dit-on, allaités par une louve.
LOUVE
n. f.
T. d'Arts
. Outil de fer qu'on place dans un trou fait exprès à une pierre et qui sert à l'enlever.
LOUVER
v. tr.
T. d'Arts
. Faire un trou dans une pierre pour y mettre la louve. Louver une pierre.
LOUVET, ETTE
adj.
Qui est de la couleur du poil du loup, en parlant d'un Cheval. Cheval louvet. Jument louvette.
LOUVETEAU
n. m.
Petit loup qui est encore sous la mère. Prendre la louve et ses louveteaux.
LOUVETER
v. intr.
Mettre bas, en parlant d'une Louve.
LOUVETERIE
n. f.
Équipage pour la chasse du loup. Les lieutenants de louveterie sont chargés de la destruction des loups et autres bêtes nuisibles.
Il se dit aussi du Lieu destiné à loger cet équipage.
LOUVETIER
n. m.
Il ne s'employait guère autrefois que dans cette dénomination, Grand louvetier, Officier de la maison du roi qui commandait l'équipage pour la chasse du loup.
Il se dit aujourd'hui d'un Propriétaire qui s'est engagé à entretenir un équipage pour chasser le loup et certaines bêtes nuisibles.
LOUVOIEMENT
n. m.
Action de louvoyer.
LOUVOYER
(Il se conjugue comme BROYER.) v. intr. T. de Marine
. Faire plusieurs routes en zigzag au plus près du vent, en lui présentant tantôt un côté du bâtiment, tantôt l'autre. Nous fûmes contraints de louvoyer. Notre vaisseau fut longtemps à louvoyer.
Il signifie au figuré, dans le langage ordinaire, Prendre des détours pour arriver à son but, éviter de se prononcer. Dans cette affaire, il n'a réussi qu'en louvoyant. Il louvoya entre les différents partis.