Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Chervis
n. m.
T. de Botanique
. Plante de la famille des Ombellifères dont la racine est analogue au salsifis.
CHÉTIF, IVE
adj.
Qui est faible, débile. Il se dit des Personnes ou des Choses qui n'ont pas l'apparence ou les qualités, la force qu'elles devraient avoir. Ces enfants sont d'une complexion chétive. Un fermier qui a des moutons fort chétifs. Faire une chétive récolte. Il leur a fait une chétive réception.
Fam., Avoir chétive mine, Avoir une apparence maladive ou misérable.
CHÉTIVEMENT
adv.
D'une manière chétive. Cet homme vit chétivement, se traite fort chétivement.
CHEVAL
n. m.
Quadrupède domestique de la famille des Solipèdes qui, comme l'âne et le mulet, sert de bête de trait et de somme mais qui plus qu'eux sert de monture. Cheval entier. Cheval hongre. Cheval de charrette, de charrue, de harnais. Cheval de fiacre. Cheval de selle, d'attelage, de trait. Cheval de manège. Cheval de course. Cheval de pur sang, de demi- sang. Cheval de race. Cheval vicieux, qui mord, qui rue, qui se défend. La bouche, les jambes, le garrot, la croupe, l'encolure, la robe d'un cheval. Recevoir un coup de pied de chenal. Le hennissement d'un cheval. Ce cheval a la bouche dure, sensible, gâtée. Panser, étriller, frotter un cheval. Ferrer, déferrer un cheval. La bride, la selle, le harnais d'un cheval. Seller, brider, harnacher un cheval. Aller à cheval. Monter à cheval. Descendre de cheval. Les allures du cheval. Mettre un cheval au pas, au trot, au galop. Faire une partie de cheval. Promenade à cheval. Tomber de cheval, faire une chute de cheval. Pousser un cheval à toute bride, le lancer à fond de train. Ce cheval s'emporte, prend le mors aux dents. Monter, exercer, dresser un cheval. Éperonner un cheval. Son cheval s'abattit sous lui, tomba les quatre fers en l'air. Mettre les chevaux à la voiture. Course de chevaux. Viande de cheval. Manger du cheval.
Homme de cheval, Homme qui s'intéresse à ce qui concerne le cheval, et qui s'y connaît.
À cheval! se dit elliptiquement pour Montez à cheval. À cheval, messieurs, à cheval. Monter à cheval signifie Se promener à cheval. Il signifie aussi Apprendre à monter à cheval. Il a monté à cheval sous un tel.
Mettre quelqu'un à cheval, Lui enseigner l'équitation. C'est tel écuyer qui a mis ce jeune homme à cheval.
Aux enseignes des hôtelleries, on mettait ordinairement Un tel loge à pied et à cheval, pour indiquer qu'on y recevait les voyageurs qui vont à pied et ceux qui vont à cheval.
Défier quelqu'un à pied et à cheval, Le défier dans n'importe quelle lutte, sous n'importe quelles conditions.
Prov., L'oeil du maître engraisse le cheval, Quand le maître va voir souvent ses chevaux, les valets en prennent plus de soin. Il signifie aussi figurément Quand on surveille soi-même ses affaires, elles en vont mieux.
Fig. et fam., Fièvre de cheval, Fièvre violente. Remède de cheval, comme pour un cheval, Médecine très forte.
Prov. et fig., Il n'est si bon cheval qui ne bronche. Voyez BRONCHER.
Prov. et fig., À cheval donné, on ne regarde pas la bride, Quand on reçoit un présent, il ne faut pas le déprécier pour quelques détails qui y sont défectueux.
Prov. et fig., Changer, troquer son cheval borgne contre un aveugle. Voyez AVEUGLE.
Fig. et fam., C'est son cheval de bataille, son grand cheval de bataille. Voyez BATAILLE.
Prov. et fam., Il est bon cheval de trompette, il ne s'étonne pas du bruit, se dit de Quelqu'un qui ne s'effraie pas des menaces, qui ne s'émeut pas de ce qu'on lui dit, soit pour l'intimider, soit pour l'embarrasser.
Fig. et fam., C'est un cheval pour le travail, C'est un homme qui travaille beaucoup.
Fig. et fam., C'est un cheval échappé, se dit d'un Jeune homme qui est emporté et qui se soustrait à l'obéissance, à la discipline.
Prov. et fig., Brider son cheval par la queue, S'y prendre maladroitement et à contresens dans une affaire.
Prov. et fig., Il fait toujours bon tenir son cheval par la bride, Il fait bon être maître de son bien, d'une affaire où l'on a intérêt.
Fig. et fam., Écrire à quelqu'un une lettre à cheval, Lui écrire avec hauteur, avec menace.
Prov. et fig., Monter sur ses grands chevaux, Prendre les choses avec hauteur, mettre de la fierté, de la sévérité dans ses paroles.
Fig., Trouver sous le pas, dans le pas d'un cheval, Trouver facilement, sans peine. Croit-il qu'une telle somme se trouve sous le pas d'un cheval?
Être à cheval, se dit, par extension, de Celui qui est monté sur quelque autre animal qu'un cheval, et même d'une Personne qui se tient jambe deçà, jambe delà, sur une poutre, sur une muraille, etc. Il était à cheval sur le haut du mur. Cet enfant courait par la chambre, à cheval sur un bâton. Fig. et fam., Être à cheval sur quelque chose, S'en prévaloir, y tenir rigoureusement, ou N'en pas démordre, y revenir sans cesse. Il est à cheval sur sa naissance, sur sa noblesse, etc. Il est toujours à cheval sur sa doctrine, sur telle opinion, sur le règlement, sur la discipline, sur les grands principes, etc. En termes de Guerre, Être à cheval sur un fleuve, sur une rivière, se dit d'une Armée qui a des troupes sur l'une et sur l'autre rive d'un fleuve, etc. On dit dans un sens analogue Être, se mettre à cheval sur une route.
Tirer un criminel à quatre chevaux signifiait Écarteler un criminel, en attachant chacun de ses membres à un cheval et faisant tirer les quatre chevaux chacun de son côté en même temps.
Fam., Cheval de retour, Récidiviste.
Cheval marin, Animal fabuleux, qu'on représente ayant le devant d'un cheval et le derrière d'un poisson, tel qu'on en voit sur certaines médailles et dans certains ornements d'architecture et de peinture.
Cheval fondu, Sorte de jeu où plusieurs enfants sautent l'un après l'autre sur le dos d'un d'entre eux, qui se tient courbé, dans l'attitude d'un cheval. Jouer au cheval fondu.
Cheval de bois, en termes de Gymnastique, Figure de bois qui ressemble à peu près à un cheval et sur laquelle on apprend à voltiger.
Chevaux de bois, Figures de bois représentant des chevaux, qui tournent mécaniquement autour d'un axe et sur lesquelles on monte pour se divertir. Manège de chevaux de bois.
En termes de Guerre, Cheval de frise. Voyez FRISE.
En termes de Mécanique, Cheval vapeur, ou simplement Cheval, Unité conventionnelle employée pour évaluer la puissance motrice des machines à vapeur, des moteurs, et représentant la force capable d'élever par seconde un poids de 75 kilogrammes à la hauteur d'un mètre. Une machine à vapeur de dix chevaux, de vingt chevaux. Une automobile de dix chevaux, ou par ellipse Une dix chevaux.
CHEVAUX, au pluriel, se dit quelquefois de Gens de guerre à cheval. Un escadron de deux cents chevaux. Une armée de vingt mille hommes de pied et de six mille chevaux. Un détachement de mille chevaux.
CHEVALEMENT
n. m.
T. d'Architecture
. Espèce d'étai qui sert à soutenir des parties de bâtiment qu'on reprend en sous-oeuvre.
CHEVALER
v. tr.
T. d'Architecture
. Étayer avec des chevalements. Chevaler un mur, une maison qu'on reprend en sous-oeuvre.
Il signifie encore, en termes d'Arts, Travailler avec un chevalet. Les tanneurs, les corroyeurs chevalent les cuirs. Absolument, Les scieurs de bois chevalent.
CHEVALERESQUE
adj. des deux genres
. Qui rappelle la chevalerie, qui en a le caractère. Bravoure chevaleresque. Franchise chevaleresque. Idée, action, conduite chevaleresque. Des goûts chevaleresques. Un homme chevaleresque.
CHEVALERIE
n. f.
Institution militaire et religieuse du moyen âge qui imposait à ses membres la bravoure, la loyauté, la protection des faibles et la courtoisie envers les dames. Les temps de la chevalerie. Recevoir, conférer l'ordre de la chevalerie. Des actes de chevalerie.
Fine fleur de chevalerie, se disait de l'Élite des chevaliers ou d'un Chevalier accompli.
Chevalerie errante, La profession des chevaliers errants. Les lois de la chevalerie errante.
Romans de chevalerie, Romans où sont décrites les moeurs, les aventures, les amours des chevaliers errants. Le roman de Don Quichotte a guéri les Espagnols de la mode des romans de chevalerie.
Il s'est dit également des Divers ordres militaires et religieux où l'on faisait profession de porter un certain habit, de prendre les armes contre les infidèles, etc. L'ordre du Temple et l'ordre Teutonique étaient des ordres de chevalerie.
Ordre de chevalerie se dit encore aujourd'hui des Ordres honorifiques institués par des souverains. L'ordre de la Toison d'Or, l'ordre de la Jarretière sont des ordres de chevalerie.
CHEVALET
n. m.
Support plus ou moins mince qui sert à tenir élevées les cordes d'un violon, d'une basse et de quelques autres instruments à cordes.
Il se dit encore d'un Instrument de bois sur lequel les peintres posent et appuient les tableaux auxquels ils travaillent.
Tableau de chevalet, Petit tableau, ou tableau de moyenne grandeur, qu'on a travaillé et fini avec grand soin.
Il se dit en général de Ce qui sert aux artisans, dans différents métiers, à tenir l'ouvrage élevé ou baissé, pour travailler plus commodément. Chevalet de scieur de long.
Il se disait anciennement d'un Instrument de supplice ou de torture.
CHEVALIER
n. m.
Celui qui avait reçu l'ordre de la chevalerie. Chaque chevalier avait un écuyer. Preux, noble, loyal chevalier. Chevalier félon, discourtois. François I er fut fait chevalier par le chevalier Bayard. Il fallait être chevalier pour se battre contre un chevalier.
Armer quelqu'un chevalier, Le recevoir chevalier.
Chevaliers errants, Chevaliers que les poètes du moyen âge dépeignent comme voyageant pour châtier les méchants, protéger les opprimés et soutenir l'honneur et la beauté de leurs dames envers et contre tous.
Fig., Être le chevalier d'une dame, Lui être attaché, lui rendre des soins.
Fig., Se faire le chevalier de quelqu'un, Prendre sa défense avec chaleur.
Fig., Se conduire en vrai chevalier, Montrer de la noblesse et de la courtoisie dans ses procédés.
Fig. et fam., Agir en chevalier français, Se conduire suivant les règles de la galanterie française.
Fig. et fam., C'est le chevalier de la triste figure, C'est un homme d'aspect malheureux.
Il se disait également de Celui qui avait été reçu dans un ordre militaire et religieux. Les chevaliers de l'ordre Teutonique. Les chevaliers de Malte, etc.
Il signifie encore Celui qui a été reçu dans une association militaire ou autre, établie par un souverain ou par un État. Chevalier de la Légion d'honneur, du Mérite agricole, Chevalier de la Jarretière, de la Toison d'or. Les chevaliers du Saint-Esprit portaient le cordon bleu. Création, promotion de chevaliers.
CHEVALIER entrait dans toutes sortes d'expressions qui désignaient des fonctions d'un ordre élevé dans l'ancienne France. Chevalier d'honneur, Conseiller d'épée, qui avait séance et voix délibérative dans les cours souveraines. Il se dit encore, dans certaines Cours, du Principal officier qui accompagne une reine ou une princesse de la famille royale quand elles sortent. Chevalier d'honneur de la reine. La charge de chevalier d'honneur.
Chevalier du guet, Nom que l'on donnait au commandant d'une compagnie de gardes qui faisaient le guet la nuit dans Paris.
Fig., et fam., Chevalier d'industrie, se dit d'un Homme qui vit d'adresse, d'expédients.
En parlant des Romains, il se dit de Ceux qui composaient le second des trois ordres de la République. L'ordre des chevaliers. Les chevaliers romains avaient un cheval entretenu aux dépens de la République et portaient un anneau d'or pour marque de leur dignité. Cicéron était né chevalier romain.
Il se disait aussi, à Athènes, des Citoyens à qui leur fortune permettait de servir dans la cavalerie et qui formaient une classe distincte.
Il se dit encore du Premier grade dans certains ordres honorifiques, Chevalier de la Légion d'honneur.
CHEVALIÈRE
n. f.
Anneau large et épais, orné d'un chaton de même métal.
CHEVALIN, INE
adj.
Qui tient du cheval, qui appartient au cheval. Bête chevaline, Un cheval ou une jument. Les races chevalines, Les diverses races de chevaux. Par analogie, Profil chevalin.
CHEVANCE
n. f.
Le bien qu'on a. Il a perdu toute sa chevance. Il est vieux.
CHEVAU-LÉGERS
n. m. pl.
Corps de cavalerie légère qui était attaché au service des souverains au XVIIe e et au XVIII
siècles et sous le Premier Empire. On disait aussi, au singulier, Un chevau-léger. Un des cavaliers dont ces compagnies étaient composées.
CHEVAUCHÉE
n. f.
Promenade à cheval. Il se dit surtout en parlant d'une troupe nombreuse et brillante.
CHEVAUCHEMENT
n. m.
Action de chevaucher.
CHEVAUCHER
v. intr.
Aller à cheval.
Il signifie par extension Être à califourchon. Cet enfant chevauche sur un bâton ou, transitivement, chevauche un bâton.
Il se dit, par analogie, de Certaines choses disposées de manière qu'elles vont les unes sur les autres, qu'elles se croisent. Ces tuiles, ces ardoises ne chevauchent pas régulièrement. Quelquefois les parties d'un os fracturé chevauchent.
Il se dit également, en termes d'Imprimerie, des Mots qui vont de travers et particulièrement des bouts de lignes qui montent ou descendent. Ces lignes chevauchent, chevauchent l'une sur l'autre.
CHEVELÉ, ÉE
adj.
T. de Blason
. Dont les cheveux sont d'autre émail ou d'autre couleur que la tête. Tête d'argent chevelée de sable.
CHEVELU, UE
adj.
Qui porte des cheveux longs et touffus. Clodion le Chevelu. Les rois chevelus.
Par extension, Gaule chevelue, Nom donné par les Romains à la partie des Gaules dont les habitants portaient de longs cheveux.
Par analogie, Comète chevelue, Comète dont le noyau brillant et arrondi paraît entouré d'une auréole de lumière diffuse, que l'opinion vulgaire assimilait à une chevelure.
Il signifie aussi Qui est garni de cheveux. En termes d'Anatomie, Cuir chevelu, La peau qui couvre le crâne et qui donne naissance aux cheveux.
Par analogie, en termes de Botanique, Graine chevelue, Graine qui porte une touffe de longs poils déliés. Racine chevelue, Racine composée de filaments presque aussi déliés que des cheveux. On dit quelquefois, comme nom, Le chevelu d'une racine, ou simplement Le chevelu.