Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Perse
n. f.
Sorte de toile peinte et glacée. Un meuble, une tenture, une robe de perse.
PERSÉCUTER
v. tr.
Inquiéter, tourmenter sans relâche par des voies injustes, par des poursuites violentes. Persécuter les gens de bien. Les empereurs qui ont persécuté les chrétiens. Fig., Ses remords le persécutent. La fortune, le sort ne se lasse point de le persécuter.
Il signifie aussi, par exagération, Importuner, presser avec indiscrétion, se rendre incommode. C'est un homme qui me persécute continuellement. Il a tant persécuté le rapporteur de son affaire qu'elle est enfin jugée. Il a un créancier qui le persécute. Il me persécute de ses vers. Il me persécute par ses assiduités.
PERSÉCUTEUR, TRICE
n.
Celui, celle qui persécute. Néron fut un des plus grands persécuteurs des chrétiens. Le persécuteur de l'innocence. Elle fut la persécutrice des gens de bien.
Il se dit aussi, par exagération, d'un Homme pressant, incommode, importun. C'est mon persécuteur, il est toujours à mes trousses.
Il s'emploie quelquefois adjectivement. Un zèle persécuteur.
PERSÉCUTION
n. f.
Vexation, poursuite injuste et violente. L'Évangile dit : Heureux ceux qui souffrent persécution pour la justice! Toutes les persécutions qu'on a faites aux chrétiens, qu'on a exercées contre les chrétiens n'ont servi qu'à en augmenter le nombre. Cruelle, sanglante, longue persécution. Durant la première persécution.
La persécution de Néron, de Dioclétien, etc., Celle que les chrétiens ont soufferte sous Néron, sous Dioclétien, etc. On compte dix persécutions, dont celle de Néron est la première.
PERSÉCUTION se dit aussi, par exagération, d'une Importunité continuelle dont on se trouve fatigué. Il revient sans cesse à la charge : c'est une persécution.
Manie, folie, délire de la persécution, Maladie mentale qui consiste à croire que tout le monde vous veut du mal, que des ennemis imaginaires vous guettent et cherchent à vous nuire, à vous attirer dans un piège.
PERSÉVÉRAMMENT
adv.
Avec persévérance. S'occuper persévéramment de son salut, de la recherche de la vérité.
PERSÉVÉRANCE
n. f.
Qualité ou action de celui qui persévère. Persévérance dans le travail. Persévérance dans le bien, dans le mal. Ce travail demande une longue persévérance. Il fait preuve d'une louable persévérance. Il a obtenu cet emploi par sa persévérance, à force de persévérance. Une grande persévérance dans la foi, dans les exercices de piété. Le don de persévérance.
Catéchisme de persévérance, Catéchisme plus développé, dont les enfants suivent l'enseignement après la Première Communion solennelle.
PERSÉVÉRANT, ANTE
adj.
Qui persévère. Il faut être persévérant dans le bien. C'est un homme persévérant. Une vertu persévérante. Un mal persévérant.
PERSÉVÉRER
v. intr.
Persister, demeurer ferme et constant dans un sentiment, dans une manière d'être ou d'agir, dans une résolution. Persévérer dans l'étude, dans le travail. Persévérer dans une résolution, dans un dessein. Persévérer à soutenir ce que l'on a dit. Persévérer dans la foi. Persévérer dans le bien. Persévérer dans l'endurcissement. Persévérer dans ses erreurs. Persévérer dans ses refus. Persévérer dans son silence, dans ses dénégations.
Fig., Son mal persévère, Il résiste aux remèdes.
PERSÉVÉRER s'emploie aussi absolument et signifie Persister dans le bien. Celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé. Ce n'est pas tout que de bien commencer, il faut persévérer.
PERSICAIRE
n. f.
T. de Botanique
. Plante à fleurs roses ou blanches, qui croît ordinairement dans les lieux humides et qu'on emploie pour l'ornement des jardins.
PERSIENNE
n. f.
Chacun des deux volets de bois ou de fer, faits de lames horizontales disposées en abat-jour, et placés à l'extérieur des fenêtres pour permettre de diminuer la lumière, en laissant passer l'air. Fermer, ouvrir les persiennes. Je l'ai aperçu à travers les persiennes.
PERSIFLAGE
n. m.
Propos de celui qui persifle. Il s'est permis envers lui un indécent persiflage. Tout son discours n'est qu'un long persiflage, que persiflage.
PERSIFLER
v. tr.
Tourner une personne, une doctrine, une réunion en ridicule, avec une apparence d'aménité, sur un ton de badinage. Il a cruellement persiflé cet homme. Ce pauvre homme ne s'aperçut pas qu'on le persiflait. Vous voulez me persifler.
Il signifie absolument Parler avec ironie, avec moquerie. On ne sait que penser de tout ce qu'il dit, il persifle sans cesse.
PERSIFLEUR
n. m.
Celui qui persifle.
Adjectivement, Un ton persifleur.
PERSIL
(On ne prononce pas l'L.)n. m.
Plante potagère qui ressemble au cerfeuil et qui sert à divers usages pour la cuisine. Hacher du persil. Frire du persil.
Fig. et fam., Grêler sur le persil, Exercer son autorité, ses talents, sa critique contre des gens faibles, ou dans des choses de nulle conséquence.
PERSILLADE
(On prononce IYADE.)n. f.
Plat fait de tranches de boeuf froid assaisonnées avec du persil. Du boeuf à la persillade.
PERSILLÉ, ÉE
(On prononce IYÉ.)adj.
Il n'est guère usité que dans ces locutions : Fromage persillé, Fromage dont l'intérieur est parsemé de points ou taches verdâtres, comme si l'on y avait mis du persil haché. Viande persillée, Viande parsemée d'infiltrations de graisse qui la rendent tendre et savoureuse.
PERSIQUE
adj. des deux genres
. Qui appartient à l'ancienne Perse. Il se dit, particulièrement, d'un Ordre d'architecture, dans lequel on substitue au fût de la colonne dorique des figures de captifs qui portent l'entablement.
PERSISTANCE
n. f.
Qualité de ce qui est persistant; Action de persister. Mettre de la persistance à quelque chose. La persistance des impressions optiques. La persistance d'une nouvelle, d'un bruit.
PERSISTANT, ANTE
adj.
Qui dure, qui résiste, qui a de la persistance. Un mal persistant. Il montra en cette occasion un mauvais vouloir persistant.
Il se dit particulièrement, en termes de Botanique, du Calice qui subsiste lorsque la fleur est flétrie, des feuilles qui ne tombent pas en automne, des stipules qui restent après la chute des feuilles. Calice persistant. Feuilles persistantes. Stipules persistantes.
PERSISTER
v. intr.
Demeurer ferme et arrêté dans son sentiment, dans ce qu'on a dit, dans ce qu'on a résolu, en dépit d'une résistance. Il persiste dans son premier avis. Les témoins persistent dans leur déposition. Il persiste à nier. Il persiste dans la rébellion, dans la fidélité. Persister à soutenir une opinion fausse. Persister dans sa résolution. Persister dans la foi, dans le vice, dans l'erreur.
Il se dit aussi des Choses et signifie Durer, continuer. Est-ce que votre douleur persiste? Le mieux persiste.
PERSONNAGE
n. m.
Personne. En ce sens, il se dit principalement des Hommes, et il comporte une certaine idée de grandeur, d'autorité, d'importance sociale. Les plus grands personnages de l'antiquité. Il se croit un personnage, un grand personnage. Trancher du personnage.
Il s'emploie quelquefois comme terme de dénigrement, et alors sa signification est ordinairement déterminée par une épithète. C'est un fort sot personnage. C'est le plus ridicule personnage que l'on puisse voir. Voilà un impudent personnage. Vous êtes un plaisant personnage. Absolument, Je connais le personnage.
Il se dit encore des Personnes mises en action dans un ouvrage dramatique; en ce sens, il s'applique aux femmes comme aux hommes. Le personnage de Tartufe, de Joad, de Zaïre, de Figaro, de Ruy Blas, d'Antony. Le principal personnage. Il y a dans cette pièce trop de personnages, trop de personnages accessoires. Personnage essentiel, inutile à l'action. La liste des personnages. On dit de même Les personnages d'un dialogue.
Il se dit quelquefois de Ces mêmes personnes, par rapport aux comédiens qui les représentent. Il joue le premier personnage, le principal personnage. Il joue bien son personnage.
Il se dit, par extension, des Personnes qui figurent dans un ouvrage narratif, dans un roman. Ce romancier a trop multiplié les personnages secondaires.
Fig., C'est un personnage de roman se dit d'un Homme qui a eu beaucoup d'aventures.
PERSONNAGE se dit, figurément, de la Manière dont on se conduit. Cet homme-là est destiné à jouer un grand personnage. Il a joué dans cette affaire un étrange personnage. Il fait un triste, un sot, un plat personnage. Il joue bien, il soutient bien son personnage. Un intrigant est obligé de jouer bien des personnages à la fois. Un fripon ne fait pas longtemps le personnage d'homme de bien.
Il désigne, en termes de Beaux-Arts, les Figures d'une composition. Un personnage placé au premier plan.
Tapisseries à personnages, Tapisseries où il y a des figures d'hommes et de femmes.
Personnage allégorique, Être métaphysique, création abstraite en qui la poésie ou la peinture personnifie une chose, une qualité ou un défaut de la nature humaine. La Renommée dans " l'Énéide " et la Mollesse dans " le Lutrin " sont des personnages allégoriques. Rubens, dans sa galerie du Luxembourg, a fait un grand emploi des personnages allégoriques.
PERSONNALITÉ
n. f.
T. didactique
. Ce qui appartient essentiellement à la personne, ce qui lui est propre, ce qui fait qu'elle est elle- même, et non pas une autre. Le sentiment de l'existence passée et actuelle est ce qui nous avertit de notre personnalité. La perte totale de la mémoire détruirait le sentiment de la personnalité.
En termes de Philosophie ou de Droit, il se dit de la Qualité de personne morale ou de personne juridique. Avoir la personnalité civile. Les Universités ont la personnalité civile.
Il signifie, dans le langage courant, Caractère de ce qui est personnel. Dans cette affaire, dépouillons toute personnalité pour juger sainement. La personnalité de La Fontaine apparaît dans ses fables, dans ses poésies familières.
Avoir de la personnalité, Avoir un caractère personnel, original.
Il désigne aussi le Défaut, le vice d'une personne qui n'est occupée que d'elle-même, qui est égoïste ou peu sensible. Cet homme est d'une personnalité odieuse, insupportable.
PERSONNALITÉ désigne encore un Trait. piquant, injurieux et personnel, contre quelqu'un. Il y a dans cette critique beaucoup de personnalités. Ce propos est une personnalité offensante. En discutant, on ne doit faire aucune personnalité.
Il se dit aussi pour désigner des Personnes connues. Il y avait sur l'estrade un grand nombre de personnalités.
PERSONNE
n. f.
Un homme ou une femme. C'est une personne de mérite, d'esprit. Une personne de qualité. C'est la personne du monde qui reçoit le mieux ses amis. La plupart des personnes que j'ai vues m'ont assuré ce fait. J'ai vu la personne en question, la personne dont vous m'avez parlé. Payer tant par personne. Des personnes des deux sexes. Des personnes constituées en dignité, qualifiées. Des personnes comme il faut. Des personnes très bien intentionnées. Personne libre. Il faut avoir égard à la qualité des personnes. Les choses et les personnes. Subrogation, substitution de personne. Il prouva qu'il y avait erreur sur la personne.
Personne de condition se disait, sous l'ancien régime, d'une Personne de condition noble.
Grande personne, Adulte, par opposition aux enfants.
Acception de personne ou de personnes, Préférence qu'on donne à une personne plutôt qu'à une autre, tendance qui vous porte à la traiter avec partialité, avec faveur ou défaveur. La justice ne doit pas faire acception de personne. Je déciderai entre eux sans faire acception de personnes, sans acception de personnes.
PERSONNE se dit quelquefois pour Personnage. Il était la seconde personne du royaume.
Il se dit, dans certaines locutions, des Femmes seulement. C'est la plus belle personne du monde, une des plus jolies personnes qu'on puisse voir. Voilà une belle personne. Un pensionnat de jeunes personnes. Elle est très belle personne.
Il se dit quelquefois d'un Homme ou d'une femme, considérés en eux-mêmes. Peu de gens savent séparer la personne de la situation qu'elle occupe.
La personne d'un auteur, par opposition à ses oeuvres.
PERSONNE, précédé d'un adjectif possessif, se dit de la Vie, du corps, du physique de celui qui parle, à qui l'on parle, ou dont on parle. J'ai répondu de sa personne. Il expose sa personne. On a attenté à sa personne, sur sa personne. Avoir soin de sa personne, de sa petite personne. Choyer sa petite personne.
On s'est assuré de sa personne, On l'a arrêté.
Payer de sa personne, S'exposer au péril avec courage; et, en général, S'acquitter parfaitement de son devoir. Il a bien payé de sa personne. Ils ont payé de leur personne.
Être content de sa personne, de sa petite personne, Être fort satisfait de soi-même.
Cet homme est bien de sa personne, est bien fait de sa personne, Il est d'un physique agréable.
PERSONNE sert, dans certaines expressions, à donner plus de force, d'ampleur, de solennité à ce que l'on dit. La personne du roi, Le roi. Le roi lui a confié la garde de sa personne. La personne du général, Le général. Cet officier est attaché à la personne du général.
En personne, en propre personne, Moi-même, vous-même, lui-même. Ces expressions ont toujours rapport au sujet du verbe. J'y étais en personne, en propre personne. J'espère que vous vous y rendrez en personne. Cette difficulté pourra être levée, si vous voulez bien intervenir en personne. Ils y sont allés en personne. On dit de même : Ce général se porta de sa personne en tel endroit, Il y alla lui-même.
En sa personne se dit dans le même sens, mais a toujours rapport au régime du verbe. C'est l'offenser en sa personne.
En termes de Jurisprudence, Parlant à sa personne, Parlant à lui-même. Il se dit aussi dans le langage ordinaire et familier. Je le lui ai dit, parlant à sa personne. On dit encore, en termes de Procédure : Signifier à personne ou domicile. Assigner une commune en la personne ou au domicile du maire, le Trésor en la personne ou au bureau de l'agent, etc. On dit également, dans le langage ordinaire, Offenser, outrager quelqu'un en la personne d'un autre. En termes de Jurisprudence, Personne morale, personne juridique, personne civile, Groupement de personnes ou de biens qui constitue un être moral, qui possède, en raison de ses droits actifs ou passifs, une existence civile.
En termes de Théologie, Les personnes divines, les trois personnes divines, les trois personnes de la Sainte-Trinité, Dieu le Père, Dieu le Fils et le Saint-Esprit. La première, la seconde, la troisième personne de la Sainte- Trinité. Un seul Dieu en trois personnes.
PERSONNE se dit aussi relativement à la conjugaison des verbes. La première, la seconde, la troisième personne du singulier, du pluriel. La première personne marque la personne qui parle; la seconde, la personne a qui l'on parle; la troisième, la personne ou la chose dont on parle.
Lettre, billet à la troisième personne, Lettre, billet où celui qui écrit parle à la troisième personne. Les billets de faire part sont à la troisième personne : M. *** a l'honneur, le plaisir de vous faire part de.... Madame Z... sera chez elle tel jour à telle heure. On dit de même C'est à la troisième personne que les serviteurs parlent à leurs maîtres : Madame est servie.
PERSONNE est aussi un pronom masculin, qui ne s'emploie qu'au singulier, et qui signifie Quelqu'un. Y a-t-il personne d'assez hardi? Je doute que personne y réussisse. Il ne veut pas que personne soit lésé. Le plus souvent il est accompagné d'une négation et signifie Nul, qui que ce soit. En ce sens, il est toujours masculin et on ne l'emploie jamais qu'au singulier. Personne ne sera assez hardi pour le faire. Il n'y a personne si peu instruit des affaires qui ne sache.... Je ne connais personne d'aussi heureux que cette femme. Personne ne peut-il me dire ce qu'il est devenu? Personne ne peut mieux savoir cela que lui. Il a parlé sans que personne le contredît. Il est assez brave pour ne craindre personne. Je n'y suis pour personne. Y a-t-il quelqu'un ici? En réponse et elliptiquement, Personne.
PERSONNEL, ELLE
adj.
Qui est propre et particulier à chaque personne. Mérite personnel. Intérêt personnel. Venger une injure personnelle. Ce fait m'est personnel. Dans cette remarque il n'y a rien de personnel, Rien qui s'applique à une personne plutôt qu'à une autre.
Les fautes sont personnelles, On n'est responsable que de ses propres fautes.
Critique personnelle, Celle où l'on s'applique moins à relever les fautes d'un ouvrage qu'à dénigrer le caractère et la vie privée de l'auteur.
En termes de Jurisprudence, Action personnelle, Action par laquelle on poursuit une personne qui est redevable ou obligée en son propre nom. Droit personnel, Droit attaché à la personne et qui ne peut être transporté à une autre. Ils sont opposés à Action réelle et Droit réel.
En termes de Finance, Contribution personnelle, Celle que l'on paie individuellement, à raison de sa personne, de son logement, etc.
En termes de Grammaire, Pronom personnel, Pronom qui marque la personne, comme Moi, toi, il, lui, nous, vous, ils, eux, soi, se. Voyez PRONOM.
PERSONNEL signifie aussi Qui est égoïste, qui n'est occupé que de soi. Cet homme est très personnel. On dit dans le même sens Il est d'un caractère très personnel.
PERSONNEL est aussi nom masculin et se dit des Personnes attachées à un service public, à une entreprise privée, à une maison, par opposition à Matériel, qui se dit des Effets, des objets affectés à ce même service. Dans ce Ministère, les dépenses relatives au personnel excèdent de beaucoup celles qui concernent le matériel. Cette maîtresse de maison sait recruter son personnel. Le personnel de cette administration. Le directeur du personnel.
PERSONNELLEMENT
adv.
En la personne de celui dont il s'agit. Dans ce sens, il a toujours rapport au régime du verbe qu'il modifie. Il m'a offensé personnellement. Il vous a attaqué personnellement. Il l'a pris personnellement à partie. C'est à vous personnellement que je m'adresse.
Il signifie aussi Soi-même, en sa propre personne. Être personnellement responsable d'une chose. S'obliger personnellement.
PERSONNIFICATION
n. f.
Action de personnifier ou Résultat de cette action. La Mollesse, dans " le Lutrin ", est une personnification. On dit par personnification : Être dans les bras de la mort, du sommeil.
PERSONNIFIER
v. tr.
Attribuer à une idée ou à une force de la nature la figure, les sentiments, le langage, etc., d'une personne réelle. Personnifier la Justice, la Prudence. Mars personnifiait la Guerre.
Il signifie aussi Offrir dans sa personne l'image d'une vertu ou d'un vice. Cet homme personnifie l'honneur, la probité. Néron personnifie la cruauté. Il est la modestie personnifiée. C'est l'insolence personnifiée.
PERSPECTIF, IVE
adj.
T. de Peinture et de Dessin
. Qui représente un objet en perspective. Plan perspectif. Représentation, vue perspective.
PERSPECTIVE
n. f.
Partie de la géométrie et de l'optique qui enseigne à représenter les objets selon la différence que l'éloignement et la position y apportent, soit pour la figure, soit pour la couleur. Les règles de la perspective. La perspective n'est pas bien observée dans ce tableau. Il y a dans cette fresque une faute de perspective. Il enseigne, il apprend la perspective. Un cours de perspective.
Perspective linéaire, Celle qui se fait par les lignes seules. Perspective aérienne, Celle qui se fait par la dégradation des couleurs ou des teintes. Perspective cavalière, Perspective de convention où l'oeil du dessinateur est supposé placé à l'infini.
PERSPECTIVE se dit aussi d'une Peinture qui représente des jardins, des bâtiments, etc., en éloignement, et qu'on met au bout d'une galerie ou d'une allée de jardin, pour obtenir un effet de trompe-l'oeil. La décoration est complétée par une belle perspective.
Il désigne encore l'Aspect que divers objets vus de loin ont, par rapport au lieu d'où on les regarde. Voilà un coteau qui fait une agréable perspective. Cela borne, cela ferme la perspective. De ce château, on a une perspective riante sur la vallée, sur la forêt.
Il s'emploie figurément en parlant de l'Aspect sous lequel on se représente des possibilités d'événements plus ou moins éloignés. Cet événement ouvre d'heureuses, de fâcheuses perspectives.
EN PERSPECTIVE,loc. adv.
Dans un certain éloignement, mais à la portée de la vue. Du haut de cette colline, on voit Paris en perspective. Dans ce tableau, on aperçoit la campagne romaine en perspective.
Il se dit aussi figurément et signifie Dans l'avenir. Il est fort riche, mais ce n'est encore qu'en perspective. Être heureux en perspective.
PERSPICACE
adj. des deux genres
. Qui a de la perspicacité. Un homme, un esprit perspicace.
PERSPICACITÉ
n. f.
Pénétration d'esprit. Sa perspicacité lui fait apercevoir les choses avec autant de rapidité que de profondeur. Sa perspicacité s'est trouvée en défaut. Défaut de perspicacité.
PERSUADER
v. tr.
Amener quelqu'un à croire ou à vouloir quelque chose. Rien ne persuade plus efficacement les hommes que l'exemple. Il m'a persuadé de la sincérité de ses intentions. Je suis persuadé que c'est un très honnête homme. Cela m'a persuadé de son bon droit. Il s'est laissé persuader trop aisément. Je l'ai persuadé de la nécessité de faire telle chose. Vous m'avez persuadé, mais non pas convaincu. Un homme bien persuadé, une femme bien persuadée des vérités de sa religion. J'ai fait telle chose, persuadé que vous le trouveriez bon. Soyez bien persuadé que....
Il signifie encore Faire croire, inspirer quelque chose; il régit alors cette chose directement et la personne avec la préposition à. Persuader une vérité à quelqu'un. Il rejetait sa faute sur celui qui lui avait persuadé de la faire. On lui a persuadé de se marier.
Il s'emploie aussi absolument. Cet homme a l'art de persuader. Les exemples persuadent mieux que les paroles.
SE PERSUADER signifie Croire, s'imaginer, se figurer. Il se persuade que tout le monde l'admire. Ils s'étaient persuadé qu'on n'oserait les contredire.
PERSUASIF, IVE
adj.
Qui a la force, le pouvoir de persuader. Raison convaincante et persuasive. Ton persuasif. Langage persuasif.
Il signifie aussi Qui a l'art, le talent de persuader. Orateur éloquent et persuasif. Vous êtes persuasif.
PERSUASION
n. f.
Action de persuader. Cet orateur a le don, le talent de la persuasion. Il a obtenu ce résultat par persuasion plutôt que par autorité.
PERSUASION signifie aussi État de celui qui est persuadé. J'ai agi dans la persuasion que vous m'approuveriez. J'ai la persuasion qu'il m'est attaché. Je suis dans la persuasion qu'il me rendra ce service. J'en ai la persuasion. Il restait dans ces sentiments par persuasion et non par caprice ou par entêtement.
PERTE
n. f.
Privation de quelque chose de précieux, d'agréable, de commode, qu'on avait. Grande perte. Perte légère. La perte totale de ses biens. La perte de la vie. La perte de l'honneur. La perte de la parole. La perte de la vue. Perte de mémoire. La perte du sommeil. Perte d'appétit. La perte des bonnes grâces de quelqu'un. Perte irréparable. Faire une perte. Essuyer une perte. Réparer une perte. Il a fait de grandes pertes au jeu.
En termes de Jeu, Être en perte de telle somme, L'avoir perdue. Quand je suis sorti, il était en perte de mille francs; et absolument, il était en perte. Depuis six semaines, je suis toujours en perte.
Se retirer sur sa perte, Quitter le jeu quand on perd; et, figurément, Se retirer du commerce du monde ou des affaires, après un mauvais succès.
PERTE se dit, dans un sens particulier, en parlant des Personnes dont on est privé par la mort. La perte de son père, de sa mère, de ses proches, d'un ami. Ce jeune homme est mort hier; c'est une grande perte, une perte cruelle.
Je prends part à la perte que vous avez faite, se dit À une personne qui vient de perdre un parent ou un ami, pour lui témoigner que l'on compatit à sa peine, qu'on partage son affliction.
PERTE désigne aussi les Hommes tués ou blessés dans une bataille; alors il se met presque toujours au pluriel. Les pertes de l'ennemi furent plus fortes que les nôtres.
Être repoussé avec perte, avec pertes, se dit au propre d'une Troupe qu'on fait reculer en lui tuant du monde; et, figurément et familièrement, d'un Homme qui a un désavantage marqué dans une dispute, dans une contestation.
PERTE se dit encore de Ce qui s'échappe, se perd. Une perte de gaz. Dans ce canal il y a des pertes d'eau.
La perte du Rhône, Le lieu où le Rhône disparaît sous les rochers, aux environs de Belle- garde.
Perte de sang, Maladie qui survient quelquefois aux femmes et qui consiste en un écoulement de sang irrégulier et abondant. Elle est sujette à des pertes de sang, à de grandes pertes de sang et, absolument, à des pertes, à de grandes pertes.
PERTE signifie aussi Dommage, diminution de bien, de profit. Ce négociant a trouvé plus de perte que de profit dans cette spéculation. C'est à peine si dans cette affaire la perte est compensée par le gain, si les pertes sont couvertes par les profits. Quand il mourrait, il n'y aurait pas grand-perte.
En termes de Comptabilité, Profits et pertes, Compte général où l'on inscrit les pertes et les gains de l'exercice et où l'on porte les entrées et les sorties extraordinaires. Passer une créance au compte de profits et pertes, la passer par profits et pertes, La considérer comme définitivement perdue. Figurément, Il faut passer cela par profits et pertes, Il ne faut plus en tenir compte.
PERTE signifie encore Ruine, en ce qui regarde le gouvernement, la fortune, la réputation, les moeurs, etc. Ce serait la perte des affaires, de l'État. Il ne doit qu'à son imprudence la perte de son crédit, de sa fortune, de sa réputation. Ce qu'il a entrepris causera sa perte, sera sa perte. Il y trouvera sa perte. Courir à sa perte. La perte d'un navire.
Jurer, résoudre la perte de quelqu'un, Résoudre, jurer sa mort, sa ruine.
En termes de Théologie, La perte de l'âme, La damnation éternelle.
PERTE se dit quelquefois d'un Mauvais succès, d'un événement désavantageux dans une affaire, dans une entreprise, etc. La perte d'un procès. La perte d'un pari.
Il désigne aussi le Mauvais usage ou l'emploi inutile que l'on fait d'une chose. Voilà une grande perte de temps. C'est une perte irréparable que celle d'une jeunesse mal employée. La perte d'une occasion si belle ne saurait causer trop de regrets.
À PERTE,loc. adv.
Avec perte. Vendre à perte, donner à perte, Perdre sur la marchandise que l'on vend. Travailler à perte se dit d'une Entreprise dont les profits ne couvrent pas les dépenses.
À PERTE DE VUE, locution adverbiale dont on se sert en parlant d'une Vue si étendue qu'il est impossible de distinguer les objets qui la terminent. Une allée à perte de vue.
Fig. et fam., Raisonner, discourir à perte de vue, Faire des raisonnements vains et vagues, qui n'aboutissent à rien.
À PERTE D'HALEINE, Jusqu'à perdre la respiration. Courir à perte d'haleine.
EN PURE PERTE,loc. adv.
Sans utilité, sans effet, sans motif. Ce que vous faites, ce que vous dites est en pure perte. Vous prenez bien de la peine en pure perte. Vous vous tourmentez en pure perte.
PERTINACITÉ
n. f.
Ténacité extrême, opiniâtreté, entêtement. Il est rare.
PERTINEMMENT
adv.
Ainsi qu'il convient, comme il faut, avec jugement, convenablement. Il ne se dit que des Discours. Il en parle pertinemment, très pertinemment et en connaisseur. Il en a discouru pertinemment.
PERTINENCE
n. f.
Qualité de ce qui est pertinent. Il en parle avec pertinence, avec beaucoup de pertinence. Il se dit surtout en termes de Procédure. La pertinence des moyens, des faits et articles.
PERTINENT, ENTE
adj.
Qui est tel qu'il convient, qui est approprié. Raisons pertinentes. Excuses pertinentes. Langage pertinent.
En termes de Procédure, Moyens pertinents et admissibles, faits et articles pertinents, Moyens, faits qui se rapportent à la question, qui appartiennent au fond de la cause.
PERTUIS
n. m.
Trou, ouverture. Il se dit plus particulièrement des Ouvertures pratiquées à une digue pour le passage des bateaux, ou de celles par lesquelles l'eau passe d'une écluse dans un coursier pour faire mouvoir une roue.
PERTUIS, en termes de Géographie, se dit de Certains détroits resserrés entre une île et la terre ferme, ou entre deux îles. Le pertuis de Maumusson. Le pertuis d'Antioche.
PERTUISANE
n. f.
Sorte de hallebarde dont le fer était plus long, plus large et plus tranchant que celui des autres armes de ce genre. Il tenait une pertuisane à la main. Il reçut un coup de pertuisane.
PERTURBATEUR, TRICE
n.
Celui, celle qui cause du trouble. Perturbateur du repos public. Il y a eu du désordre dans cette réunion et l'on dut expulser les perturbateurs.
Il s'emploie aussi adjectivement.
En termes de Mécanique, Force perturbatrice, Celle qui trouble la régularité des mouvements.
PERTURBATION
n. f.
T. didactique
. Trouble dans un mécanisme.
Il se dit, en termes d'Astronomie, des Modifications qui se produisent dans le mouvement des corps célestes, par suite de leur action mutuelle. Les perturbations de la planète Uranus ont conduit à la découverte de la planète Neptune.
Il se dit aussi, en termes de Météorologie, des Troubles qui modifient les conditions de notre atmosphère. Une perturbation atmosphérique.
Il se dit encore, en termes de Médecine, du Trouble causé dans l'organisme par quelque maladie; et dans la marche d'une maladie par quelque remède énergique.
Il se dit, par extension, des Bouleversements qui surviennent dans un État, dans une société, dans une affaire, dans un esprit, etc.
PERVENCHE
n. f.
Plante de la famille des Apocynacées, dont l'espèce indigène a la fleur bleue ou blanche et le feuillage d'un beau vert. Grande pervenche. Petite pervenche. Par apposition, Bleu pervenche, Bleu du même ton que la pervenche.
PERVERS, ERSE
adj.
Qui est méchant, dépravé, naturellement enclin au mal. Être, enfant, animal pervers. Avoir des sentiments pervers. Par extension, Siècle pervers, Doctrine perverse.
Il s'emploie aussi substantivement, mais seulement au masculin. Dieu châtiera les pervers.
PERVERSION
n. f.
Changement de bien en mal, dépravation, corruption. La perversion des moeurs. La perversion du goût littéraire.
PERVERSITÉ
n. f.
Caractère de celui qui est pervers, qui a de la complaisance pour le mal. Cet homme est d'une profonde perversité. Il se dit aussi des Choses. La perversité de l'esprit. La perversité de ses principes, de ses conseils.
PERVERTIR
v. tr.
Faire changer de bien en mal, corrompre avec intention. Les mauvaises compagnies le pervertiront. Pervertir la jeunesse.
Pervertir l'ordre des choses, Troubler un ordre établi.
Fig., Pervertir le sens d'un passage, Le dénaturer, l'altérer; substituer un faux sens à celui qui est reconnu pour le véritable.
SE PERVERTIR signifie Devenir pervers. Ce jeune homme s'est promptement perverti.
PERVERTISSEMENT
n. m.
Action de pervertir ou Résultat de cette action. Le pervertissement de la jeunesse. Le pervertissement des moeurs.
PESADE
n. f.
T. d'Équitation
. Mouvement par lequel le cheval se dresse par-devant sans que les pieds de derrière quittent leur place.
PESAGE
n. m.
Action de peser.
Il se dit particulièrement, en termes de Courses, de l'Action de peser les jockeys avant les courses de chevaux, ou du Lieu dans lequel on les pèse. L'enceinte du pesage.
PESAMMENT
adv.
D'une manière pesante. Marcher pesamment. Être chargé pesamment.
Pesamment armé se dit des Soldats de l'antiquité, fantassins ou cavaliers, qui étaient armés de toutes pièces.
Fig., Parler, écrire pesamment, Parler, écrire avec lourdeur. Insister pesamment, Appuyer avec excès sur une idée, sur un fait.
PESANT, ANTE
adj.
Qui a du poids, qui est soumis à la force de la pesanteur. Tous les corps sont pesants. Il signifie aussi Qui pèse, qui est lourd. Corps pesant. Machine lourde et pesante. Fardeau pesant.
En termes de Manège, Ce cheval est pesant à la main, Il porte la tête basse et il s'appuie sur le mors. Cheval pesant, Cheval qui ne s'enlève pas facilement du devant.
Fig. et fam., Cet homme est pesant, Il est ennuyeux, lourd et incommode dans la conversation.
Fig., Avoir la tête pesante, Éprouver dans la tête un sentiment de pesanteur. On dit de même Sommeil pesant. Ivresse pesante.
PESANT signifie aussi Qui est tardif, lent. Le boeuf est un animal pesant. L'âge a rendu ce cheval pesant. Une marche pesante.
PESANT s'emploie figurément en parlant de l'Esprit, du discours, du style, etc., et signifie Qui manque de vivacité, de légèreté, de grâce. Il a l'esprit pesant. Son style est pesant. C'est un écrivain bien pesant.
PESANT signifie encore au figuré Qui est onéreux, fâcheux, fatigant, incommode. C'est une charge pesante que d'avoir une nombreuse famille sur les bras. C'est un pesant fardeau que l'héritage d'un nom fameux. Un joug pesant.
PESANT s'emploie aussi comme nom masculin et signifie Poids, ce que quelqu'un, quelque chose pèse. Il vaut son pesant d'or se dit figurément d'un Homme qui a toutes sortes de qualités. Il se dit aussi des Choses dans un sens analogue. Il est le plus souvent ironique.
PESANT s'emploie aussi adverbialement. Deux mille livres d'argent pesant. Une livre pesant d'or. Une livre pesant. Deux kilogrammes pesant.
PESANTEUR
n. f.
Qualité de ce qui a du poids. La pesanteur des corps. Le baromètre fait connaître la pesanteur de l'air. L'accélération de la pesanteur.
Il signifie aussi Caractère de ce qui a un grand poids. La pesanteur de ce manteau me fatigue. Il est accablé par la pesanteur de son fardeau.
Fig., Il lui a fait sentir la pesanteur de son bras, Il lui a donné un coup violent.
PESANTEUR se dit encore de Certains malaises qui font sentir comme un poids dans quelque partie du corps. Avoir une grande pesanteur de tête. Une pesanteur d'estomac. Il sent une grande pesanteur dans le bras. Il sent de la pesanteur par tout le corps, par tous les membres.
Il signifie quelquefois Lenteur, défaut d'activité et de célérité. Cet homme, que j'ai vu si agile, est aujourd'hui d'une incroyable pesanteur. La pesanteur de sa marche. Ce cheval a trop de pesanteur pour être employé comme cheval de selle.
Il se dit figurément en parlant de l'Esprit et signifie Lenteur, défaut de pénétration, de vivacité, de légèreté, de grâce. Avoir une grande pesanteur d'esprit, de la pesanteur dans l'esprit. La pesanteur de son esprit l'empêche de saisir promptement ce qu'on lui dit.
PÈSE
Préfixe
tiré du verbe Peser, dont on se sert pour former divers mots composés, du genre masculin, désignant des Instruments qui servent à peser : Pèse-acide, Pèse-alcool, Pèse-bébé, Pèse-lait, Pèse-lettre, Pèse-liqueur, Pèse-sel, Pèse-sirop, Pèse-vin, etc.
PESÉE
n. f.
Action de peser. Avant de lui livrer ces ballots de laine, on en a fait la pesée en sa présence.
Il désigne aussi la Quantité de ce qui a été pesé en une fois. La première pesée est de cinquante kilogrammes. Une forte pesée.
Il se dit encore de l'Effort qu'on fait avec une pince, avec un levier pour forcer une porte, un volet, pour soulever un corps. Exercer une pesée.
PESER
(Au futur, Je pèserai, et au conditionnel, Je pèserais.)v. tr. Examiner la pesanteur d'une chose, la rapporter à un poids déterminé. Peser de la viande. Peser du pain. Peser une lettre, un paquet. Peser une pièce d'or. Peser avec des balances. Peser avec une bascule.
Il signifie, au figuré, Apprécier, estimer la valeur d'une chose. Dieu pèse toutes nos actions.
Il signifie encore, au figuré, Examiner attentivement une chose, pour en connaître le fort et le faible. Peser mûrement les choses. Peser les raisons pour et contre. Peser les conséquences d'une affaire. On compte les voix, on ne les pèse pas.
Peser ses mots, ses paroles; peser la valeur de chaque terme, Examiner, en parlant, la valeur, la conséquence de ce qu'on dit.
Peser toutes ses paroles, peser tout ce qu'on dit, Parler avec lenteur et circonspection.
PESER est aussi intransitif et signifie Avoir un certain poids. Ce paquet pèse peu, pèse beaucoup, pèse lourd. Le tout ensemble pesait plus de cent kilogrammes. Ses vêtements lui pesaient.
Fam., Cela ne pèse pas plus qu'une plume, se dit d'une Chose très légère.
Fig. et fam., Ne pas peser une once, N'être d'aucun poids. Cette objection n'a pas pesé une once.
Cette pièce d'or ne pèse pas, Elle n'a pas le poids fixé par la loi.
PESER signifie aussi Appuyer fortement sur une chose, faire sentir son poids. Peser sur un levier. Pesez sur cette planche pour la maintenir, pendant qu'on la sciera. Peser sur les étriers.
Cette viande, cette boisson pèse sur l'estomac, Elle est difficile à digérer.
En termes de Manège, Ce cheval pèse à la main, Il s'appuie sur le mors et fatigue la main du cavalier.
Fig. et fam., Cette personne lui pèse sur les épaules, Elle lui est à charge par son importunité.
Fig. et fam., Cette personne, cette chose lui pèse sur les bras, Elle lui est à charge par la dépense qu'elle lui occasionne.
Fig., Cela lui pèse sur le coeur, Cela lui cause du chagrin, du ressentiment.
Fig., Ce souvenir, ce remords lui pèse sur la conscience, Il se repent de la manière dont il a agi.
Fig., Cela lui pèse, Cela lui cause de la peine, de l'inquiétude, de l'embarras.
Fig., Un secret lui pèse, se dit en parlant d'une Personne qui n'est pas capable de garder un secret.
PESER s'emploie aussi figurément, et il signifie Demeurer plus longtemps, insister plus longtemps. Il faut peser sur cette note. Il faut peser sur cette syllabe.
PESER signifie encore, au figuré, Exercer sur quelqu'un de l'influence, une sorte de contrainte morale. En cette occasion le ministère pesa fortement sur la Chambre. Je me reprocherais de peser sur votre choix.
PESEUR
n. m.
Celui qui pèse. Les peseurs d'or.
PESON
n. m.
Instrument dont il existe plusieurs sortes ayant des formes différentes, et qui sert à déterminer des pesanteurs ou des forces. Le levier d'un peson. Le crochet d'un peson. Peson à ressort.