Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Duodi
Ce chapitre est long, il est donc découpé en 3 parties.
n. m.
Deuxième jour de la décade, dans le calendrier de la première République.
DUPE
n. f.
Celui, celle qui a été trompé, ou qui est facile à tromper. C'est une dupe, une bonne dupe. C'est la dupe d'un tel. C'est sa dupe. Il en a été la dupe. Être pris pour dupe. Passer pour dupe. Elle fut la dupe de leurs simagrées. Ils ont fait bien des dupes.
Être la dupe d'une affaire, d'un marché, N'y pas trouver son compte. On dit dans un sens analogue Être la dupe de sa complaisance, de sa bonne foi.
DUPER
v. tr.
Prendre pour dupe. Se laisser duper. Il a été facile à duper.
DUPERIE
n. f.
Action de duper ou État de celui qui est dupé. Cette affaire n'est qu'une duperie. Prendre tant de peine pour si peu de résultat, c'est une duperie.
DUPEUR, EUSE
n.
Celui, celle qui cherche sans cesse à duper.
DUPLICATA
n. m.
Double d'une dépêche, d'un brevet, d'une quittance, d'un chèque, d'un acte quelconque. On lui a envoyé les duplicata de plusieurs dépêches. Expédier un acte en duplicata.
DUPLICATION
n. f.
T. didactique
. Action de doubler une quantité, un volume. La duplication du cube, La construction en Géométrie d'un cube qui est le double d'un autre.
Il se dit aussi, en termes de Musique, dans le plain-chant, de l'Action de doubler la note pénultième.
DUPLICITÉ
n. f.
Disposition mauvaise qui porte à manifester des sentiments, des intentions autres que celles qu'on a réellement, en vue de tromper les autres, tout comme si l'on était un double personnage. La duplicité de sa conduite a été révoltante. L'événement a révélé la duplicité de ce dangereux personnage.
Il signifie quelquefois, d'une façon plus générale, État de ce qui est double. Il y a duplicité d'action dans cette tragédie.
DUQUEL
pr. rel. Voyez LEQUEL.
DUR, URE
adj.
Qui, par suite de sa fermeté, est difficile à pénétrer, à entamer. Pierre dure. Dur comme marbre.
Il est quelquefois simplement opposé à Tendre, mou. Pain dur. OEuf dur. Viande dure. Un lit dur. Chaise fort dure.
Fig., Avoir l'oreille dure, être dur d'oreille, N'entendre pas bien, être un peu sourd.
Il signifie figurément Qui est insensible, inhumain, très sévère. Cet homme est dur et sec. Il est fort dur pour ses domestiques. Par extension, Caractère dur, âme dure, coeur dur.
Il se dit, dans un sens analogue, des Dehors, des manières, des discours. Il a les traits durs, la mine dure, le regard dur et farouche. Ton dur. Manières dures. Paroles dures et offensantes. Termes durs. Réponse dure et sèche.
Il signifie encore Qui est fâcheux, affligeant, difficile à supporter. Il est dur de se voir calomnier. Il a reçu un traitement bien dur. C'est une dure nécessité. Dire à quelqu'un de dures vérités.
Les temps sont durs; La vie est dure, Diverses conditions font que certaines personnes, certaines classes de la société ont de la peine à vivre.
Il signifie également Qui est pénible. Mener une vie dure.
Rendre la vie dure à quelqu'un, Le tourmenter, le rendre malheureux.
Il signifie en outre Qui est rude et désagréable à l'oreille, sans harmonie. Une voix dure. Des vers durs. Un style dur.
Il signifie, en termes de Beaux-Arts, Qui est marqué trop fortement, qui est raide ou heurté. Son dessin est correct, mais dur. Ces contours sont durs.
Il signifie quelquefois Qui est difficile. Être dur à émouvoir.
Fig. et fam., Cela est dur à digérer; Voilà qui est dur à avaler, se dit d'une Chose inattendue et fâcheuse qui vous survient.
Être dur à la détente. Voyez DÉTENTE.
Il signifie encore Qui résiste à, qui supporte. Un homme dur au travail, à la peine. Dur au mal.
Fam., Avoir la vie dure, Résister fortement à la maladie et aux autres causes de mort.
Substantivement, Coucher sur la dure, Coucher sur la terre, sur le plancher ou sur des planches.
Il s'emploie adverbialement dans l'expression figurée et familière, Il croit dur comme fer tout ce qu'on lui dit, Il est extrêmement crédule.
DURABLE
adj. des deux genres
. Qui est de nature ou fait de manière à durer longtemps. Ouvrage durable. Paix durable. Ce n'est pas là une chose durable. Bonheur, félicité durable.
DURANT
Préposition servant à marquer la durée du temps. Durant l'hiver. Durant toute sa vie.
Il se met quelquefois après le nom. Sa vie durant. Six ans durant.
DURCIR
v. tr.
Rendre dur. La grande chaleur durcit la terre.
SE DURCIR ou DURCIR, intransitif, signifie Devenir dur, plus dur. La boue se durcit au soleil. La pierre se durcit à l'air. Faire durcir des oeufs. Le chêne durcit dans l'eau.
DURCISSEMENT
n. m.
Action de se durcir ou État de ce qui est durci. Le durcissement des oeufs dans l'eau bouillante.
DURE-MÈRE
n. f.
T. d'Anatomie
. Membrane fibreuse qui tapisse la cavité intérieure du crâne.
DURÉE
n. f.
Espace de temps pendant lequel une chose dure. La durée du monde. La vie de l'homme est de courte durée. Son règne fut de peu de durée, de longue durée. Cette mode eut peu de durée. La durée d'un traitement médical. La durée ordinaire des études.
Il se dit absolument du Temps, de la succession non interrompue des moments. L'espace et la durée. Mesurer la durée.
DUREMENT
adv.
D'une manière dure. Être couché durement. Il lui parla durement. On l'a traité durement.
DURER
v. intr.
Continuer d'être. Toutes les choses de ce monde durent peu. Rien ici-bas ne dure éternellement. L'hiver dure encore. Leur amitié n'a guère duré. Le spectacle dura cinq heures. Certaines fleurs ne durent qu'un jour.
Il signifie absolument Durer longtemps, persister. Cela ne durera pas. Cette fantaisie vous dure-t-elle encore?
Le temps lui dure, se dit d'une Personne à qui l'impatience, l'ennui, ou quelque autre cause fait paraître le temps long. Le temps nous a bien duré pendant votre absence. Il me dure d'avoir de vos nouvelles.
Fig., Il faut faire vie qui dure, faire feu qui dure, Il faut ménager son bien, ne pas faire trop de dépense. Cela se dit, dans un sens analogue, en parlant de la Santé.
Fam., Ne pouvoir durer en place, Être si inquiet, si tourmenté qu'on ne peut demeurer dans le même lieu, dans la même situation. C'est un bruit à tête fendre, on n'y peut durer, on n'y saurait durer. On dit de même Ne pouvoir durer à la peine, à la fatigue, à la douleur, Ne pouvoir y résister.
Fam., Ne pouvoir durer avec quelqu'un, Ne pouvoir vivre avec lui, ne pouvoir le supporter. On ne peut durer avec cet homme-là, tant il est fâcheux et difficile.
DURETÉ
n. f.
Qualité de ce qui est dur. La dureté du fer. La dureté du marbre.
Il se dit quelquefois simplement par opposition à la Qualité agréable de ce qui est tendre, mou. La dureté de ce lit est effrayante, affreuse.
Dureté d'oreille, Difficulté d'entendre, commencement de surdité. Cet homme a une dureté d'oreille.
DURETÉ se dit encore figurément du Défaut de ce qui est rude et désagréable à l'oreille. Dureté de prononciation, de débit.
Il se dit, en termes de Beaux-Arts, de Ce qui est marqué trop fortement, ou de Ce qui a une grande raideur. La dureté des contours. Dureté de crayon, de pinceau.
Il se dit en outre, figurément, pour Rudesse, insensibilité, inhumanité, extrême sévérité. Il l'a traité avec dureté. C'est un homme qui a une grande dureté de coeur. La dureté d'un maître.
Il se dit, dans un sens analogue, en parlant des Dehors, des manières, des discours. La dureté de sa physionomie, de son regard. La dureté de cette réponse le consterna.
Il se dit également des Paroles dures et offensantes, et s'emploie surtout au pluriel. Il lui a dit beaucoup de duretés.
DURILLON
n. m.
Sorte de petit cal, dureté qui se forme principalement aux pieds et aux mains, par l'épaississement de la peau. Il ne peut plus marcher, à cause de ses durillons.
DURIUSCULE
adj. des deux genres
. Qui est un peu dur. Il ne se dit guère que par plaisanterie.
DUUMVIR
(Dans ce mot et dans le suivant, UM se prononce OME.)n. m. T. d'Histoire romaine
. Personnage qui, chez les Romains, faisait partie d'un collège, d'un tribunal composé de deux magistrats.
DUUMVIRAT
n. m.
T. d'Histoire romaine
. Dignité, charge de duumvir.
DUVET
n. m.
Sorte de plume courte, molle et frisée, qui pousse la première sur le corps des oiseaux et est particulièrement fournie chez les cygnes et les oies. Ces petits moineaux ont encore leur duvet. Un oreiller de duvet. Un édredon de duvet de cygne. Le duvet est fort chaud.
Il se dit, par extension et familièrement, du Premier poil qui vient au menton et aux joues des jeunes gens. Il commence à avoir un léger duvet.
Il se dit également d'une Espèce de coton qui vient sur certains fruits. Les pêches, les coings sont couverts d'un duvet.
DUVETÉ, ÉE
adj.
Qui est garni de duvet.
DUVETEUX, EUSE
adj.
Qui a beaucoup de duvet en parlant des Oiseaux et des fruits. Il est peu usité.
DYNAMIE
n. f.
T. de Mécanique
. Unité employée pour la mesure du travail des forces.
DYNAMIQUE
adj. des deux genres
. Qui concerne la force, le mouvement. Pouvoir dynamique. Effet dynamique. Science dynamique ou absolument Dynamique, nom féminin, Partie des mathématiques mixtes qui s'applique à calculer les mouvements des corps matériels soumis à l'action de forces mécaniques quelconques. Traité de dynamique.
DYNAMISME
n. m.
Doctrine qui attribue le mouvement de la matière à des forces immanentes et non à une action extérieure et mécanique. Le dynamisme de Leibnitz, de Newton, opposé au mécanisme de Descartes.
DYNAMITE
n. f.
Substance explosive, à hase de nitroglycérine, liquide lui-même extrêmement explosif, et qui n'est devenu maniable qu'absorbé par un corps inerte.
DYNAMO-ÉLECTRIQUE
adj. des deux genres
. Qui transforme en électricité le mouvement qu'on lui imprime mécaniquement ou par le moyen de la vapeur, en parlant d'une Machine. Machine dynamo-électrique, et par abréviation Une dynamo.
DYNAMOMÈTRE
n. m.
T. de Physique
. Instrument qui sert à mesurer les forces d'un homme, d'un animal, d'un moteur, etc.
DYNASTE
n. m.
T. d'Histoire ancienne
. Petit souverain qui gouvernait selon le bon plaisir d'un État plus puissant.
DYNASTIE
n. f.
Descendance, succession des souverains d'une même famille qui ont régné dans un pays. Les dynasties égyptiennes. Une dynastie nouvelle s'est établie dans ce royaume. Le fondateur d'une dynastie.
DYNASTIQUE
adj. des deux genres
. Qui a rapport à une dynastie. Opposition dynastique, Parti d'opposition qui, dans un Parlement, reste attaché au principe d'une dynastie.
DYS
Particule
qui indique qu'une chose est difficile ou mauvaise et qui, comme préfixe, sert à modifier le sens d'un grand nombre de mots, surtout en Médecine.
DYSENTERIE
(Dans ce mot et dans le suivant on prononce l'S comme si elle était double.)n. f. T. de Médecine
. Dévoiement avec douleur d'entrailles, dans lequel la matière des évacuations est en grande partie formée de mucosités sanguinolentes. Avoir de la dysenterie. Arrêter la dysenterie. La dysenterie se mit dans l'armée. Il est mort d'une dysenterie. Dysenterie aiguë. Dysenterie chronique.
DYSENTÉRIQUE
adj. des deux genres
. T. de Médecine
. Qui appartient à la dysenterie. Flux dysentérique.
DYSPEPSIE
n. f.
T. de Médecine
. Terme générique par lequel on désigne un Ensemble de troubles digestifs, soit gastriques, soit gastro-intestinaux, quelle que soit la nature de ces troubles.
DYSPNÉE
n. f.
T. de Médecine
. Difficulté de respirer.
DYSURIE
n. f.
T. de Médecine
. Difficulté d'uriner.
E
n. m.
La cinquième lettre de notre alphabet. Elle représente une des voyelles. Un grand E. Un petit e. Un e accentué. On distingue trois sortes d'E : l'E ouvert (È), l'E fermé (É), l'E muet (E).
E est ouvert dans Bref, mer, aspect, etc. Il est surmonté très souvent d'un accent grave, quelquefois d'un accent circonflexe ou d'un tréma. Père, mère, frère, il lève, tête, fête, Noël, etc.
E est fermé dans Pied, nez, aimer, volontiers, etc. Il est surmonté très souvent d'un accent aigu. Dé, traité, créé, décidé, thé, etc.
E est muet dans l'intérieur des mots comme Debout, venin, levant, tenir, etc., et surtout à la fin des mots, tels que Table, livre, frivole, lance, etc. À la fin des mots, il ne se fait jamais entendre devant un mot commençant par une voyelle ou une h muette. L'E muet des monosyllabes le, fe, me, te, se, ne, que, placé ainsi, s'élide et est remplacé par une apostrophe.
EAU
n. f.
Liquide transparent, sans saveur et sans odeur, formé par la combinaison de l'oxygène et de l'hydrogène. Eau naturelle. Eau de source. Eau de pluie. Eau de puits, de citerne, de rivière, de mare. Eau du ciel. Eau de mer. Eau claire. Eau pure. Eau potable. Eau filtrée. Eau bouillie. Eau distillée. Eau calcaire. Eau bonne à boire. Eau vive. Eau fraîche. Eau chaude. Eau bouillante. Eau courante. Eau dormante. Eau jaillissante. Goutte d'eau. Verre d'eau. Puiser, tirer de l'eau. Boire de l'eau. Un cours d'eau. Filet d'eau. Jet d'eau. Pièce d'eau de tant d'hectares. L'eau se durcit par le froid et se vaporise par la chaleur.
Fam., Buveur d'eau. Voyez BUVEUR.
Jeûner au pain et à l'eau. Voyez JEÛNER.
Fig. et fam., Mettre de l'eau dans son vin, Se modérer sur quelque affaire, sur quelque prétention, montrer moins de chaleur, d'animosité.
Fig. et fam., Il se noierait dans un verre d'eau. C'est une tempête dans un verre d'eau. Voyez VERRE.
Fig. et fam., L'eau vient à la bouche. Cela fait venir l'eau à la bouche. Voyez BOUCHE.
Prov. et fig., Il n'y a pire eau que l'eau qui dort. Voyez DORMIR.
Fig. et fam., Ces deux personnes se ressemblent comme deux gouttes d'eau. Voyez GOUTTE.
Fig. et fam., C'est le feu et l'eau. Voyez FEU.
En termes de Marine, Faire de l'eau, Se pourvoir d'eau bonne à boire. Nous abordâmes à cette île pour y faire de l'eau.
Voie d'eau. Voyez VOIE.
Eau mère. Voyez MÈRE.
Eau rougie, Eau mêlée d'une petite quantité de vin rouge.
Eau ferrée, Eau dans laquelle on a mis en dissolution des matières ferrugineuses.
Eau panée, Eau dans laquelle on a fait tremper du pain grillé.
Eau battue, Eau que l'on a versée plusieurs fois d'un vase dans un autre.
Eau blanche, Eau dans laquelle on a jeté du son pour la faire boire aux chevaux.
Eau de savon, Eau dans laquelle on a fait dissoudre du savon.
Eau de riz, eau d'orge, Eau dans laquelle on a fait bouillir du riz, de l'orge.
Eau lustrale. Voyez LUSTRAL.
Eau baptismale. Voyez BAPTISMAL.
Eau bénite. Fig., De l'eau bénite de cour. Voyez BÉNIR.
Fig., Il ne trouverait pas de l'eau à la rivière, se dit d'une Personne malhabile qui ne trouve pas les choses les plus faciles à trouver.
Fig., Ce fruit, ce ragoût ne sent que l'eau, Il ne sent rien, il est insipide.
EAU se dit particulièrement de la Pluie. Si le vent dure, nous aurons de l'eau. Il tombe de l'eau. Il est tombé beaucoup d'eau. Le temps, le vent est à l'eau. L'été a été trop sec, tout a séché faute d'eau. Les blés ont grand besoin d'eau.
Il signifie en outre Mer, rivière, lac, étang. Au bord de l'eau. Se jeter à l'eau. Tomber dans l'eau. Passer l'eau. Nager, flotter sur l'eau. Aller au fond de l'eau. Revenir sur l'eau, à la surface de l'eau. Craindre l'eau. Lancer un navire à l'eau. Nager entre deux eaux. Nager en pleine eau. Il avait de l'eau jusqu'au cou; il n'en avait qu'à mi-jambes. Rat d'eau. Poule d'eau.
Eau douce. Voyez Doux.
Fig., Porter de l'eau à la mer, à la rivière, ou Porter l'eau à la mer, Porter des choses en un lieu où il y en a déjà une grande abondance. On dit de même C'est porter de l'eau à la mer, à la rivière, que de donner à une personne très riche. On dit aussi C'est une goutte d'eau dans la mer, C'est ajouter fort peu à une grande abondance.
Faire eau se dit en parlant d'un Navire où l'eau entre par suite de quelque avarie.
Eaux et forêts, Forêts, rivières, étangs, etc., en tant qu'ils sont l'objet d'une surveillance exercée au nom du gouvernement. Inspecteur, conservateur des eaux et forêts. La législation des eaux et forêts. L'administration des eaux et forêts, ou, absolument, Les eaux et forêts.
À fleur d'eau. Voyez FLEUR.
Fig., Revenir sur l'eau, Rétablir sa fortune, recouvrer du crédit, rentrer en faveur.
Revenir sur l'eau se dit aussi d'une Chose dont on avait cessé de parler, de s'occuper et qui attire de nouveau l'attention. La question du vote des femmes revient sur l'eau.
Fig. et fam., Les eaux sont basses chez un tel, L'argent commence à lui manquer.
Fig., Battre l'eau. Voyez BATTRE.
Fig. et fam., C'est un coup d'épée dans l'eau. Voyez COUP.
Fig. et fam., Nager entre deux eaux. Voyez NAGER.
Fig. et fam., Tomber dans l'eau, à l'eau, Échouer, n'avoir pas de suite. Ce projet est tombé dans l'eau. Notre partie de campagne est tombée à l'eau.
Fig., L'entreprise, l'affaire est allée à vau- l'eau, est à vau-l'eau. Voyez AVAL.
Fig. et fam., Nager en grande eau, en pleine eau, Être dans l'abondance, jouir d'une grande fortune, se trouver dans de grandes occasions d'avancer ses affaires.
Fig. et fam., Il faut laisser couler l'eau, Il faut laisser aller les choses comme elles vont et ne point s'en mettre en peine.
Fig. et fam., Il passera bien de l'eau sous les ponts d'ici là, Cette chose n'arrivera pas si tôt qu'on croit, et il y a des chances pour qu'elle n'arrive pas.
Fig. et fam., Faire venir l'eau au moulin, Procurer à soi ou aux siens des avantages, du profit, par son industrie, par son adresse.
Fig., Pêcher en eau trouble. Voyez PÊCHER.
Être comme le poisson dans l'eau; Être comme le poisson hors de l'eau. Voyez POISSON.
Fig. et fam., Tenir quelqu'un le bec dans l'eau. Voyez BEC.
Prov. et fig., Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse, qu'enfin elle se brise. Voyez CRUCHE.
En termes de Marine, Les eaux d'un navire. La trace qu'un navire laisse après lui à mesure qu'il avance. On dit qu'Un bâtiment est, se tient, se met dans les eaux d'un autre, lorsqu'il gouverne ou qu'il entre dans le même sillage; et de même, Prendre, suivre les eaux d'un bâtiment. Il se dit figurément de Quelqu'un qui partage les opinions d'un autre. Nous sommes dans les mêmes eaux.
Les eaux françaises, les eaux d'Angleterre, Une certaine zone de la mer considérée comme un territoire appartenant à tel ou tel pays que baigne cette mer.
EAU se dit encore, vulgairement, de Certaines sérosités qui se trouvent, qui se forment dans le corps de l'homme ou de l'animal. Les vésicatoires font des ampoules pleines d'eau.
En termes de Médecine, Les eaux de l'amnios, Liquide qui est exhalé par l'amnios et qui environne le foetus pendant toute la durée de la gestation. Cette femme accouchera bientôt, les eaux ont percé.
En termes d'Art vétérinaire, Eaux aux jambes, Maladie qui attaque les pieds des chevaux et qui consiste en un suintement de sérosités à travers la peau de ces parties.
EAU se prend aussi dans le sens de Sueur. Il s'est échauffé à courir, il est tout en eau. L'eau lui dégouttait du visage.
Fig. et fam., Suer sang et eau. Voyez SUER.
EAU se dit aussi de Certaines eaux qui, en passant dans l'intérieur de la terre au travers des minéraux, contractent quelque vertu médicinale, et dont on fait usage, soit en se baignant, soit en les prenant comme boisson. Eau minérale. Eaux thermales. Eaux chaudes. Eaux froides. Eaux ferrugineuses, sulfureuses. Eaux de Barèges, de Plombières. de Bourbonne. Prendre les eaux.
Il se dit par extension, mais au pluriel seulement, du Lieu où l'on va prendre ces eaux. Aller aux eaux. Il est revenu des eaux.
Eau minérale artificielle, Eau commune à laquelle on a donné les propriétés d'une eau minérale naturelle, en y faisant dissoudre quelque substance.
Suivi d'un adjectif ou d'un déterminatif, EAU, dans le même emploi, se dit encore d'une Liqueur artificielle, obtenue, extraite de quelque substance par distillation, décoction, ou expression, ou composée de différentes substances. Eau-de-vie. Eau-de-vie de grain. Eau gazeuse. Eau de Cologne. Eau de lavande. Eau de mélisse. Eau de senteur. Eau de rose. Eau de fleur d'oranger.
Il se dit également, dans le même emploi, de Certains produits, de certaines préparations chimiques. Eau de Javel ou de Javelle. Eau seconde. Eau régale. Eau mercurielle. Eau sédative. Eau oxygénée. Voyez RÉGALE, MERCURIEL, etc.
Eau de chaux, Qui contient de la chaux en dissolution.
Eau blanche, Liquide blanchâtre et astringent formé d'un mélange d'eau et d'extrait de Saturne. Faire des lotions avec de l'eau blanche.
Eau-forte, Acide azotique étendu d'eau dont les graveurs se servent pour faire mordre la planche de cuivre. On appelle par extension Eau-forte une Estampe tirée sur une planche qui a été préparée à l'eau-forte, pour être ensuite terminée au burin, ou sur une planche entièrement gravée à l'eau-forte. Une belle eau-forte. Les eaux-fortes de Rembrandt.
Il se dit, en outre, du Lustre, du brillant qu'ont les perles, les diamants et quelques autres pierreries. Ces perles son d'une belle eau. Ces diamants sont de la première eau.
Couleur d'eau, Couleur bleuâtre qu'on donne au fer poli.
Vert d'eau, Couleur vert clair.
ÉBAHIR
v. tr.
Étonner fortement. Il m'a ébahi par ses raisonnements. Je restai ébahi. Il n'y a point là de quoi s'ébahir. Il est familier.
ÉBAHISSEMENT
n. m.
État de celui qui est ébahi.
ÉBARBER
v. tr.
T. d'Arts
. Débarrasser une chose des parties excédantes et superflues. Ébarber du papier, des pièces de monnaie. Tranches ébarbées.
Il signifie particulièrement, dans l'Art de la gravure en taille-douce, Débarrasser la taille de ce qui reste sur le bord, avec un outil, afin que le trait paraisse net.
ÉBARBOIR
n. m.
T. d'Arts
. Outil qui sert à ébarber.
ÉBAT
n. m.
Action de s'ébattre. Il ne s'emploie plus au singulier qu'en termes de Chasse. Mener les chiens à l'ébat, Les faire sortir du chenil pour les mener dans un endroit où ils ont plus de liberté.
Au pluriel, il ne subsiste plus guère que dans l'expression Prendre ses ébats.
ÉBATTEMENT
n. m.
Divertissement que l'on prend à s'ébattre. Il est vieux.
En termes de Carrosserie, L'ébattement d'une voiture, Le jeu qu'elle a dans ses balancements entre les brancards. Cette voiture a trop d'ébattement.
ÉBATTRE (S')
(Il se conjugue comme BATTRE.) v. pron. Se donner du mouvement en pleine liberté pour se détendre, se divertir. Ces enfants ont bien travaillé, laissez-les s'ébattre quelque temps en plein air.
ÉBAUBI, IE
adj.
Qui est étonné, au point d'en être interdit vivement, qui est surpris. Vous voilà bien ébaubi. Il est familier.
ÉBAUBIR
v. tr.
Rendre ébaubi. Il est familier.
ÉBAUCHE
n. f.
T. de Peinture et de Sculpture
. Forme préparatoire d'un ouvrage d'art, dont seules les parties principales sont traitées plus ou moins sommairement, mais de façon à donner l'idée de l'ouvrage terminé. Ce n'est qu'une légère ébauche, que la première ébauche. Ébauche grossière.
Il se dit, figurément, des Productions de l'esprit. L'ébauche d'un roman, d'une scène de comédie.
ÉBAUCHER
v. tr.
T. de Peinture et de Sculpture
. Donner à un ouvrage les premiers traits en indiquant les parties principales. Ébaucher une statue, un tableau, une médaille.
Il se dit également, en termes d'Arts, pour Dégrossir.
Il se dit, figurément, en parlant des Productions de l'esprit. Cet auteur n'a fait encore qu'ébaucher son ouvrage.
ÉBAUCHOIR
n. m.
Outil de sculpteur qui sert à ébaucher.
ÉBAUDIR
v. tr.
Mettre dans une joie bruyante et agitée. Il nous a ébaudis avec son récit extravagant.
Il s'emploie surtout pronominalement. Cette promenade fut pour nos enfants une belle occasion de s'ébaudir. Il est vieux et familier.
ÉBAUDISSEMENT
n. m.
Action de s'ébaudir, ou État de celui qui est ébaudi. Il est vieux.
ÉBÉNACÉES
n. m. pl.
T. de Botanique
. Famille d'arbres et d'arbustes des régions tropicales qui a pour type l'Ébénier.
ÉBÈNE
n. f.
Bois de l'ébénier, d'un noir foncé, d'un beau poli et d'une grande dureté. Armoire d'ébène. Cadre d'ébène. Travailler en ébène. Noir comme l'ébène. Noir d'ébène.
Fig., Des cheveux d'ébène, Des cheveux très noirs. Poétiq., L'ébène de ses cheveux.
Par analogie, Ébène rouge, Bois provenant de l'Amérique du Nord. Ébène verte ou jaune, Bois qui a la dureté et le poli de l'ébène, mais qui est d'un jaune verdâtre. Fausse ébène Bois du faux ébénier.
ÉBÉNIER
n. m.
T. de Botanique
. Type de la famille des Ébénacées, arbre qui fournit l'ébène noire.
Par analogie, Faux ébénier, Arbrisseau que l'on cultive dans les jardins d'agrément et qui porte aussi le nom de Cytise des Alpes.
ÉBÉNISTE
n. m.
Ouvrier qui travaille en ébène et autres bois précieux, ou qui fait des ouvrages de marqueterie.
Il se dit plus ordinairement de Celui qui fabrique ou qui répare toutes sortes de meubles.
ÉBÉNISTERIE
n. f.
Art de travailler l'ébène.
Il désigne aussi le Métier de l'ébéniste, ou les Produits de son travail.
ÉBLOUIR
v. tr.
Frapper la vue par un éclat très vif que les yeux ne peuvent soutenir. Le soleil éblouit les yeux, nous éblouit. Absolument, L'éclat des diamants éblouit. La neige, la blancheur de la neige éblouit.
Fig., Une beauté qui éblouit, Une femme d'une éclatante beauté.
Il signifie au figuré Surprendre par quelque chose de vif, de brillant, de spécieux. On se laisse souvent éblouir par l'éclat des paroles. Son éloquence éblouit plus qu'elle n'éclaire. Ne pas se laisser éblouir par les apparences.
Il signifie aussi Fasciner, séduire. Les grandeurs l'ont ébloui. Être ébloui de l'éclat des richesses, par les richesses. Les promesses qu'on lui a faites l'ont ébloui. Il est tout ébloui de sa fortune.
ÉBLOUISSANT, ANTE
adj.
Qui éblouit, au propre et au figuré. Éclat éblouissant. Couleur éblouissante. La neige est éblouissante. Un teint éblouissant. Beauté éblouissante.
ÉBLOUISSEMENT
n. m.
État de la vue troublée par trop de lumière, par un éclat trop vif. Il est impossible de regarder le soleil sans éblouissement. Fig., Le spectacle de cette grande fortune lui a causé une sorte d'éblouissement.
Il signifie aussi Altération de la faculté de voir, occasionnée par une cause interne. Il me prit un tel éblouissement que je n'y voyais plus. Cette affection est souvent accompagnée de vertiges et d'éblouissements.
ÉBONITE
n. f.
Caoutchouc noir, durci, et qui s'emploie beaucoup dans l'industrie, notamment comme isolateur.
ÉBORGNER
v. tr.
Rendre borgne. Une branche d'arbre l'a éborgné. Il s'est éborgné en tombant.
Fig., Éborgner un arbre, Le débarrasser des yeux inutiles.
Par analogie, Éborgner une maison, Élever devant elle une autre construction qui lui enlève le jour.
ÉBOUILLANTER
v. tr.
Plonger dans l'eau bouillante. Pour tuer les chrysalides, on ébouillante les cocons des vers à soie. Il s'est cruellement ébouillanté.
ÉBOULEMENT
n. m.
Chute d'une chose qui s'éboule ou État d'une chose éboulée. L'éboulement de la muraille. L'éboulement des terres. La voie était interceptée par un éboulement.
ÉBOULER
v. tr.
Désagréger et faire tomber en ruines. Les fortes gelées de l'hiver ont éboulé cette muraille.
Il s'emploie aussi comme intransitif ou pronominal pour signifier Se désagréger et tomber en ruines. Le torrent a fait ébouler cette butte. Ces terres, ce tas de sable sont près d'ébouler. La terrasse, la muraille s'est éboulée. Cette pile de bois va s'ébouler.
ÉBOULIS
n. m.
Amas de matières éboulées. Un éboulis de sable, de terre, etc.
ÉBOURGEONNAGE ou ÉBOURGEONNEMENT
n. m.
T. d'Agriculture
. Action d'ébourgeonner.
ÉBOURGEONNER
v. tr.
T. d'Agriculture
. Débarrasser des bourgeons superflus. Voici le moment d'ébourgeonner les vignes. ÉBOURIFFANT, ANTE
adj.
Qui ébouriffe.
ÉBOURIFFÉ, ÉE
adj.
Dont le vent ou quelque autre cause a mis les cheveux en désordre. Vous êtes tout ébouriffé. Elle arriva tout ébouriffée.
Il s'applique, dans un sens analogue, aux Cheveux, à la coiffure même. Votre coiffure est tout ébouriffée.
Il se dit, figurément, d'une Personne agitée, troublée, et qui laisse voir son trouble, son agitation. Il est familier.
ÉBOURIFFER
v. tr.
Relever, rebrousser les cheveux sur la tête, les mettre en désordre. Le vent a ébouriffé vos cheveux, et, par extension, vous a ébouriffé.
Il signifie, figurément et familièrement, Surprendre, troubler par quelque chose d'inattendu. Son langage, son attitude m'ébouriffe.
ÉBOUTER
v. tr.
Débarrasser une chose pointue d'un bout, d'une extrémité gênante ou inutile. Ébouter une canne.
ÉBRANCHAGE
n. m.
T. d'Arboriculture
. Action d'ébrancher.
ÉBRANCHER
v. tr.
T. d'Arboriculture
. Dépouiller un arbre d'une partie de ses branches.
ÉBRANLEMENT
n. m.
Action d'ébranler ou Mouvement de ce qui est ébranlé, de ce qui s'ébranle. Après un si grand ébranlement, il est à craindre que cette muraille ne tombe. L'ébranlement de cerveau causé par cette chute lui affaiblit l'esprit. L'ébranlement des dents. Fig., Les guerres civiles causent de grands ébranlements dans les fortunes. L'ébranlement du crédit. L'ébranlement des trônes, des États.
ÉBRANLER
v. tr.
Amener par des secousses une chose à ne plus être dans une ferme assiette. Les vents ont ébranlé la maison. Ce coup lui a ébranlé le cerveau. Les voûtes du temple s'ébranlèrent. Fig., Un empire que les discordes ont ébranlé. Ébranler le pouvoir de quelqu'un. Ébranler le crédit public.
En parlant des Personnes, il signifie Émouvoir quelqu'un, faire qu'il soit moins ferme dans la situation d'esprit où il était, dans ses opinions, dans ses résolutions. Ces raisons l'ont fort ébranlé. Les menaces ne sauraient m'ébranler. Les malheurs, les disgrâces n'ont point ébranlé son courage, sa constance. Une fermeté qui ne s'ébranle jamais. On dit de même Ébranler la résolution de quelqu'un, ébranler son espoir.
S'ÉBRANLER signifie particulièrement, en termes de Guerre, Se mettre en mouvement, commencer un mouvement. Des troupes qui s'ébranlent.
ÉBRASEMENT
n. m.
T. d'Architecture
. Action d'ébraser ou Résultat de cette action. L'ébrasement d'une porte, d'une fenêtre. On dit aussi dans le second sens ÉBRASURE.
ÉBRASER
v. tr.
T. d'Architecture
. Élargir en dedans la baie d'une porte ou d'une fenêtre suivant un plan oblique. Porte, fenêtre ébrasée.
ÉBRASURE
n. f.
Voyez ÉBRASEMENT.
ÉBRÉCHER
v. tr.
Endommager par une ou plusieurs brèches un instrument tranchant, un ustensile friable. Ébrécher un couteau, un rasoir. S'ébrécher une dent, Se casser une partie d'une dent. Mâchoire ébréchée.
Figurément et familièrement, il signifie Diminuer, en parlant de la Fortune. Les folles dépenses de ce jeune ménage ont fortement ébréché son avoir.
ÉBRÉCHURE
n. f.
État de ce qui est ébréché. Il désigne aussi les Brèches elles-mêmes.
ÉBRIÉTÉ
n. f.
Ivresse légère. Il était en état d'ébriété.
ÉBROUEMENT
n. m.
Action de s'ébrouer.
ÉBROUER (S')
v. pron.
Éternuer, en parlant des Animaux domestiques lorsqu'ils dégagent leurs naseaux de ce qui y cause de la gêne ou de l'irritation.
Il se dit aussi d'un Cheval qui fait un ronflement à la vue des objets qui le surprennent ou qui l'effraient.
ÉBROUER
v. tr.
T. d'Arts
. Laver, passer dans l'eau un tissu au sortir du métier. Ébrouer une pièce d'étoffe, de toile.
ÉBRUITER
v. tr.
Divulguer, rendre public. Il ne faut pas ébruiter cette affaire. Il faut prendre garde que cette nouvelle ne s'ébruite, ne vienne à s'ébruiter.
ÉBUARD
n. m.
Coin de bois fort dur qui sert à fendre des bûches.
ÉBULLITION
n. f.
Mouvement d'un liquide qui bout sur le feu. De l'eau en ébullition. Fig., La foule était en ébullition. Il a le cerveau en ébullition.
ÉBURNÉEN, ÉENNE
adj.
Qui a l'apparence de l'ivoire.
ÉCACHER
v. tr.
Amincir en comprimant. En termes d'Arts, Écacher une lame, La passer à la meule. Écacher l'or, l'argent filé, Le passer au laminoir.
Il signifie aussi Déformer en comprimant. Écacher la lame d'un rasoir, d'un couteau, L'émousser en appuyant. Il s'est écaché le doigt.
Fam., Un nez écaché, Un nez camus et aplati. Il a vieilli.
ÉCAILLAGE
n. m.
Action d'écailler.
ÉCAILLÉ, ÉE
adj.
Qui est couvert d'écailles. Animaux écaillés.
ÉCAILLE
n. f.
Chacune des petites lames minces et plates qui couvrent la peau de certains poissons et de certains reptiles. Les écailles d'une carpe, d'un saumon, d'une morue. Écailles dures, rondes, transparentes.
Il désigne aussi l'Enveloppe dure et calcaire qui couvre et protège le corps des mollusques bivalves. On le dit plus particulièrement des Huîtres.
Écaille de tortue, ou, absolument, Écaille, l'Enveloppe dure qui couvre le dos de la tortue et dont on fait de petits objets précieux. Tablettes couvertes d'écaille. Tabatière d'écaille. Ce que vous prenez pour de la corne est de l'écaille.
Il se dit pareillement, en termes de Botanique, de Productions plates et plus ou moins sèches, qui composent ou accompagnent certaines parties des végétaux. Les bulbes du lis, les cônes du sapin sont formés d'écailles. Les boutons du marronnier d'Inde, la tige de l'orobanche sont garnis d'écailles.
Il se dit encore, par analogie, des Lamelles minces et légères qui se détachent de la peau dans certaines affections cutanées. Sa peau se soulevait par écailles. Fig. et fam., Les écailles lui sont tombées des yeux, Ses yeux sont dessillés.
En termes de Peinture, Ce tableau tombe en écailles, par écailles, se dit d'un Vieux tableau dont les couleurs desséchées se gercent et se détachent de la toile par petites plaques.
ÉCAILLER, ÈRE
n.
Celui, celle qui ouvre des huîtres pour les vendre.
ÉCAILLER
v. tr.
Dépouiller des écailles un poisson, un reptile, etc. Vous n'avez pas bien écaillé cette carpe, ce brochet. Écailler des huîtres.
S'ÉCAILLER signifie Se détacher par écailles, par plaques minces. Ce tableau commence à s'écailler. Cet enduit s'écaille. Cette émaillure s'est écaillée.
ÉCAILLEUX, EUSE
adj.
Qui a des écailles. Le corps de ce mammifère est écailleux. Par analogie, Le bulbe du lis est écailleux. Ardoise écailleuse, Qui se détache par plaques minces. En termes de Médecine, Dartre écailleuse, Qui présente des plaques minces.
ÉCALE
n. f.
Enveloppe extérieure qui renferme la coque dure de certains fruits, comme les noix.
Il se dit aussi de la Gousse des pois, des fèves, des haricots.
ÉCALER
v. tr.
Dépouiller de son écale. Il se dit surtout des Noix. Pour les plantes légumineuses, on dit plutôt DÉCORTIQUER.
ÉCARBOUILLER
v. tr.
Écraser de façon à morceler. Écarbouiller un limaçon, un crapaud. Il en eut la cervelle écarbouillée. Il est populaire. On dit aujourd'hui abusivement ÉCRABOUILLER.
ÉCARLATE
n. f.
Couleur rouge et fort vive. Teint en écarlate. Une belle écarlate. Écarlate des Gobelins. Rouge comme écarlate, comme de l'écarlate.
Il désigne aussi l'Étoffe teinte de cette couleur. Manteau d'écarlate.
ÉCARLATE s'emploie aussi comme adjectif et signifie Qui est d'un rouge vif. Une robe écarlate. Du velours écarlate.
Figurément, il signifie Qui rougit par timidité ou par honte. Elle en devint tout écarlate.
ÉCARQUILLER
v. tr.
Ouvrir tout grands les yeux, en signe d'attention ou d'étonnement. Il est familier.
ÉCART
n. m.
Action par laquelle deux parties d'une chose s'écartent plus ou moins l'une de l'autre. Faire le grand écart, Écarter les jambes au point que les cuisses touchent le sol.
En termes d'Art vétérinaire, il se dit d'une Entorse de l'articulation antérieure du cheval, du boeuf, etc. Ce cheval s'est donné un écart.
À L'ÉCART,loc. adv.
À une certaine distance. Se tenir à l'écart dans une conversation. Mettre, tenir quelqu'un à l'écart. Tirer quelqu'un à l'écart.
Par analogie, À l'écart de, se dit à propos d'une Maison, d'une localité éloignée de l'agglomération principale d'une commune. Sa villa est à l'écart du village.
ÉCART signifie encore Action de s'éloigner de la direction qu'on doit suivre. Son cheval prit peur et fit un brusque écart.
En termes de Danse, Faire un écart, Porter le pied de côté.
Il désigne aussi les Variations qui se produisent dans un mécanisme. Les écarts d'une montre, d'un thermomètre.
Il signifie au figuré Action de s'écarter de la raison, de la morale, des bienséances. Les écarts de l'imagination. Se permettre des écarts. On avait à lui reprocher certains écarts de conduite. Les écarts de la jeunesse.
ÉCART
n. m.
T. de Jeu de Cartes
. Action d'écarter.
ÉCARTÉ
n. m.
Jeu de cartes qui se joue à deux et où l'on peut écarter tout ou partie des cartes. Jouer à l'écarté. Table d'écarté.
ÉCARTÈLEMENT
n. m.
Action d'écarteler.
ÉCARTELER
(J'écartèle; nous écartelons.) v. tr.
Mettre en quatre quartiers : sorte de supplice qu'on faisait souffrir à des criminels de lèse-majesté au premier chef, en les tirant par les quatre membres, à quatre chevaux.
En termes de Blason, il signifie Partager l'écu en quatre. Il écartèle de telles et telles armes, de tels et tels émaux.
ÉCARTELURE
n. f.
T. de Blason
. Division de l'écu en quatre quartiers ou l'Une de ces divisions.
ÉCARTEMENT
n. m.
Action d'écarter, de s'écarter, ou Résultat de cette action. L'écartement des jambes. L'écartement de deux lignes.
Il signifie particulièrement Disjonction, séparation de choses qui doivent être jointes. Il y a eu de l'écartement dans ce mur.
ÉCARTER
v. tr.
Séparer, éloigner. Écarter les jambes. Écarter les branches qui empêchent de passer. J'écartai les cheveux qui lui couvraient le visage. Écarter le voile qui cache la vue d'un objet. Écartez ce qui vous gêne, écartez-le de vous. Écartez-vous de lui. Écarter la foule. La foule s'écarta pour le laisser passer. Cet enfant va se brûler, écartez-le de la cheminée. Le vent a écarté les nuages. La tempête a écarté les vaisseaux. Deux lignes qui vont en s'écartant. Leurs navires s'écartèrent pendant la nuit.
Ne vous écartez pas, Restez ici près.
Ce fusil écarte le plomb, ou absolument Ce fusil écarte, Il ne porte pas, il ne lance pas son plomb bien serré et bien ensemble.
Un endroit écarté, Qui est à l'écart, isolé, retiré.
Il signifie encore Détourner. Écarter quelqu'un du droit chemin. Il écarta le coup avec son bâton. Vous vous écarteriez trop si vous preniez ce chemin-là. S'écarter du but. Écarter les malheurs. Écarter les mauvaises pensées. Il a écarté tous ceux qui lui nuisaient. Sa demande en justice fut écartée par une fin de non-recevoir. Écarter les soupçons. Écarter une objection. S'écarter de son devoir, du respect que l'on doit à quelqu'un. S'écarter du bon sens. S'écarter de son sujet dans un discours.
ÉCARTER
v. tr.
T. de Jeu de Cartes
. Mettre à part, rejeter des cartes dont on ne veut point se servir. Écarter un as. Écarter un roi. Absolument, Je n'ai point encore écarté.
ÉCARTEUR
n. m.
T. de Courses de taureaux, de vaches sauvages
. Celui qui évite l'attaque de l'animal en faisant un écart.
Il désigne aussi, en termes d'Agriculture, Celui qui prend le quart d'une récolte qui doit être partagée.
ÉCATIR
v. tr.
Voyez CATIR.
ÉCATISSAGE
n. m.
Voyez CATISSAGE.
ÉCATISSEUR
n. m.
Voyez CATISSEUR.
ECCE HOMO
(On prononce Ekcé.)n. m.
Expression tirée du latin. Tableau ou statue du Christ couronné d'épines.
ECCHYMOSE
(CH se prononce K dans ce mot et dans le suivant.)n. f. T. didactique
. Extravasation de sang dans le tissu de nos organes, due ordinairement à une cause violente.
On le dit surtout de l'Extravasation qui a lieu dans le tissu cellulaire sous-cutané et qui paraît à la peau. Il est sorti de cet accident couvert d'ecchymoses.
ECCHYMOSÉE
adj.
T. didactique
. Qui est affecté d'une ecchymose. Des tissus ecchymosés. Un oeil ecchymosé.
ECCLÉSIASTE
n. m.
Nom d'un des livres de l'Ancien Testament. Il ne faut pas confondre l'Ecclésiaste avec l'Ecclésiastique.
ECCLÉSIASTIQUE
adj. des deux genres
. Qui a rapport à l'Église, au clergé. Dignités ecclésiastiques. Les censures ecclésiastiques. Auteur ecclésiastique. L'histoire ecclésiastique.
Il se dit, comme nom masculin, d'un Membre du clergé. Un ecclésiastique. Un jeune ecclésiastique.
ECCLÉSIASTIQUE
n. m.
Nom d'un des livres de l'Ancien Testament. Les préceptes de l'Ecclésiastique.
ECCLÉSIASTIQUEMENT
adv.
D'une manière ecclésiastique. Il vit ecclésiastiquement.
ÉCERVELÉ, ÉE
adj.
Qui a peu de jugement. Tête écervelée. Il faut être bien écervelé pour agir ainsi. Substantivement, C'est un jeune écervelé. Que veut dire cette petite écervelée? Agir en écervelé.
ÉCHAFAUD
n. m.
Assemblage de pièces de bois, qui forme une espèce de plancher sur lequel les ouvriers montent pour travailler dans les parties élevées d'une construction. On ne peut plus travailler à cette muraille sans échafaud. On dit plutôt aujourd'hui ÉCHAFAUDAGE.
Il désigne aussi des Ouvrages de charpenterie, élevés ordinairement par degrés, en forme d'amphithéâtre, pour voir plus commodément des cérémonies publiques ou d'autres spectacles. On dit plutôt aujourd'hui TRIBUNE ou ESTRADE.
Il se dit également d'une Espèce de plancher qu'on élève pour l'exécution des criminels et qui, dans certains pays, sert encore à leur exposition. Dresser un échafaud. Mourir sur un échafaud. Porter sa tête sur l'échafaud. Monter à l'échafaud. Prov., Le crime fait ta honte et non pas l'échafaud.
ÉCHAFAUDAGE
n. m.
Action d'établir des échafauds pour bâtir, pour peindre ou pour faire tout autre travail ou Assemblage de ces échafauds. Il en a coûté beaucoup pour l'échafaudage. Son échafaudage est mal dressé.
Il s'emploie aussi figurément pour désigner de Grands préparatifs qu'on fait pour peu de chose et notamment un Grand raisonnement inutile ou vain, un grand étalage de sentiments, de maximes, d'arguments sur un sujet de peu d'importance. Tout ce bel échafaudage s'écroule devant les faits. Un échafaudage de preuves, d'arguments.
ÉCHAFAUDER
v. intr.
Dresser des échafaudages, en parlant de la Construction ou de la décoration des bâtiments. Il a fallu échafauder pour terminer ce mur, pour travailler à ce dôme.
Il est aussi transitif, au sens figuré, et signifie Bâtir avec précipitation et sans ordre un projet, une théorie, une argumentation qui n'offre pas de caractère solide et durable. Échafauder un raisonnement. Échafauder un système. Échafauder un projet sur une hypothèse.
ÉCHALAS
n. m.
Bâton d'un mètre ou deux de long que l'on fiche en terre pour soutenir un cep de vigne, un petit arbre, un arbuste. Planter, ficher, arracher des échalas.
Fam., Droit comme un échalas. Maigre comme un échalas.
ÉCHALASSEMENT
n. m.
Action d'échalasser.
ÉCHALASSER
v. tr.
Garnir d'échalas. Échalasser une vigne.
ÉCHALIER
n. m.
Sorte d'escalier formé de traverses de bois et pratiqué dans une haie pour permettre de la franchir.
Il se dit aussi de la Partie d'une clôture qui peut s'ouvrir ou se déplacer et de la Clôture d'un champ faite avec des branches d'arbre pour en fermer l'entrée aux bestiaux.
ÉCHALOTE
n. f.
Espèce d'ail qui a une saveur moins forte que l'ail ordinaire. Sauce à l'échalote. Il faut mettre des échalotes dans ce ragoût.
ÉCHAMPIR
v. tr.
Voyez RÉCHAMPIR.
ÉCHANCRER
v. tr.
Tailler en forme de croissant, de portion de cercle, en parlant des Étoffes, de la toile, du cuir, du bois, etc. Échancrer l'encolure d'un manteau. Échancrer une housse de cheval, une table.
Il se dit par analogie, en termes de Botanique, des Parties d'une plante dont les bords sont entamés comme si on en avait emporté une pièce avec des ciseaux. Des feuilles échancrées en forme de croissant, en coeur, en pointe. Pétales échancrés.
On le dit aussi en termes de Géographie. Les côtes de la Bretagne sont très profondément échancrées. La mer a échancré cette falaise.
ÉCHANCRURE
n. f.
Action d'échancrer ou Résultat de cette action. Il faut un peu plus d'échancrure à cette manche. Élargissez l'échancrure. Les feuilles de cet album ont une échancrure à leur sommet. L'échancrure d'un os.
ÉCHANGE
n. m.
Action d'échanger. Échange avantageux. En échange de son domaine, il lui a donné des rentes, une maison. Je lui ai cédé mon cheval, il m'a donné un tableau en échange. Faire un échange. L'échange d'une chose contre une autre.
Commerce d'échange ou par échange, Commerce où l'on fait seulement échange de marchandises, sans employer la monnaie. Il ne se fait, dans ce pays, qu'un commerce d'échange. Les échanges internationaux. L'échange des produits.
Échange de prisonniers, Remise réciproque des prisonniers faits de part et d'autre à la guerre.
Il signifie encore Remise, communication ou envoi réciproque, surtout dans le langage diplomatique. L'échange des pouvoirs qui se fait entre plénipotentiaires. L'échange des ratifications de ce traité a eu lieu tel jour. Un échange de notes diplomatiques. Un échange de lettres, de dépêches. On dit aussi dans le langage ordinaire Un échange de vues, d'idées. Un échange de bons offices, de services. Un échange de compliments, de politesses, d'injures, d'invectives.
ÉCHANGEABLE
adj. des deux genres . Qui peut être échangé. Cette denrée, ces effets sont échangeables. Ce prisonnier est échangeable contre un autre.
ÉCHANGER
v. tr.
Donner une chose et en recevoir une autre en compensation. Échanger une propriété contre une autre. On a échangé les prisonniers.
Il signifie particulièrement, dans le langage diplomatique, Se remettre, se communiquer ou S'envoyer réciproquement des pouvoirs, un acte, etc. Les plénipotentiaires ont échangé leurs pouvoirs. On a échangé les ratifications du traité. Il fallut échanger plusieurs notes diplomatiques avant de s'entendre. On dit de même dans le langage ordinaire : Ces personnes ont échangé des vues sur la question sans parvenir à se mettre d'accord. Ces deux bateaux ont échangé quelques coups de canon. Après avoir échangé quelques politesses, nous en vînmes à l'objet de notre entrevue. Ils échangèrent quelques injures, quelques coups de poing, et la querelle en resta là. Dans ce duel, deux balles ont été échangées sans résultat.
ÉCHANSON
n. m.
Officier qui était chargé de servir à boire à une divinité, à un roi, à un prince. Ganymède était l'échanson des dieux.
Il se dit quelquefois, par extension et familièrement, de Toute personne qui sert à boire. Vous êtes un échanson bien maladroit.
ÉCHANTILLON
n. m.
Petit morceau d'étoffe, de toile ou d'autres marchandises que l'on montre pour faire connaître la pièce ou la marchandise entière. Ce n'est qu'un échantillon de la pièce. La pièce ne se rapporte pas à l'échantillon. Échantillon de vin, de blé.
Fig. et fam., Juger de la pièce par l'échantillon, Juger de quelqu'un ou de quelque chose par le peu qu'on en sait ou qu'on en a vu.
En termes d'Arts, il désigne la Force, la dimension des pièces de bois qui servent aux constructions. Cette pièce de bois est d'un grand, d'un moyen, d'un petit échantillon. Ces deux pièces sont de même échantillon, d'échantillon différent. On dit de même Ce bâtiment est d'un grand échantillon, d'un faible échantillon, Il a beaucoup, a peu d'épaisseur.
Il se dit figurément des Choses de l'esprit, comme lorsqu'on montre un fragment de poème, quelques pages de prose, pour donner une idée de l'ouvrage dont ils font partie. On vante l'ouvrage qu'il doit publier, je voudrais en voir un échantillon.
Il se dit figurément et familièrement d'un Spécimen remarquable. Cet animal est un échantillon de sa race. Un échantillon de rosiers.
Fig. et fam., Donner un échantillon de son savoir-faire, Montrer ce que l'on sait faire. On dit de même Ce n'est là qu'un échantillon de son savoir-faire, Son habileté ne se borne pas à cela.
ÉCHANTILLONNAGE
n. m.
Action d'échantillonner.
ÉCHANTILLONNER
v. tr.
Détacher d'une pièce d'étoffe un morceau qui sert aux vendeurs à indiquer aux clients la couleur, le tissu, etc., de cette pièce. Échantillonner une pièce de drap, de soie.
Il signifie aussi Confronter un poids, une mesure avec sa matrice originale. Les poids de ce trébuchet ont été marqués et échantillonnés à la Monnaie.
Il signifie encore Exécuter partiellement un travail pour indiquer le modèle à suivre. Échantillonner une tapisserie, Indiquer sur le canevas les nuances de chaque partie du dessin.
ÉCHAPPADE
n. f.
T. de Gravure sur bois
. Accident qui arrive lorsque, en forçant la résistance du bois, l'outil échappe et va tracer un sillon sur une autre partie de la planche.
ÉCHAPPATOIRE
n. f.
Subterfuge, moyen adroit et subtil pour se tirer d'embarras. Trouver une échappatoire. Il a ses échappatoires toutes prêtes.
ÉCHAPPÉE
n. f.
Action imprudente par laquelle on s'écarte de son devoir. C'est une échappée de jeune homme. Il a fait plusieurs échappées.
Faire quelque chose par échappées, Faire quelque chose par intervalles, et comme à la dérobée.
En termes d'Architecture, il se dit de l'Espace ménagé pour le tournant des voitures à leur entrée dans une cour, dans une remise ou dans un garage et de Celui qu'on laisse entre un escalier et la voûte ou le plafond. On dit aussi ÉCHAPPEMENT.
En termes de Peinture, Échappée de lumière, Lumière qui éclaire quelque partie du tableau en passant entre deux corps très proches l'un de l'autre.
Échappée de vue, Vue resserrée que l'on a tout à coup entre des collines, des bois, des maisons. De belles échappées. À cet endroit de la route, il y a une magnifique échappée sur la vallée. Fig., Il y a dans cette étude historique des échappées sur d'autres sujets.
ÉCHAPPEMENT
n. m.
T. de Mécanique
. Action de s'échapper. L'échappement de la vapeur. Tuyau, soupape d'échappement.
Il se dit aussi de Tout dispositif par lequel le régulateur modère le mouvement d'une machine et en reçoit en même temps l'impulsion. On l'emploie surtout en termes d'Horlogerie. Montre à échappement. Échappement à recul. Échappement à repos, ou à cylindre. Échappement libre. Échappement à ancre.
En termes d'Architecture, il est synonyme d'ÉCHAPPÉE.
ÉCHAPPER
v. intr.
Se sauver des mains de quelqu'un. d'une prison, de quelque péril, etc. Laisser échapper un prisonnier. Tous ses compagnons furent massacrés, et lui-même n'échappa qu'à grand-peine. Dans cette acception, il a aussi la forme pronominale. S'échapper de prison, des mains de quelqu'un. S'échapper de cet endroit à toutes jambes. L'oiseau que j'avais pris s'est échappé. L'animal rompit son lien et s'échappa.
ÉCHAPPER DE signifie Cesser, par la force ou par la fuite, par un mouvement violent ou adroit, d'être où l'on était, où l'on était retenu, Échapper des mains des ennemis. Échapper du naufrage, du feu.