Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 792 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Prologue

 

n. m.

Discours préliminaire, avant-propos. Saint Jérôme dans ses prologues sur les livres de la Bible. Le prologue de la loi salique.

Il se dit plus ordinairement d'un Morceau qui sert de prélude à une pièce dramatique. D'admirables prologues précèdent la plupart des tragédies grecques. En France, on a longtemps mis des prologues au commencement des opéras.

 

PROLONGATION

 

n. f.

Action de prolonger, d'accorder un surcroît de durée; Résultat de cette action. Après la prolongation de la trêve. Il a obtenu une prolongation de six mois. Prolongation de congé. Prolongation de terme.

 

PROLONGE

 

n. f.

T. d'Artillerie

. Cordage qui servait, dans le tir, à réunir la pièce à son avant-train. Tir à la prolonge.

Il ne se dit plus guère aujourd'hui que d'un Chariot à munitions. Une prolonge d'artillerie.

 

PROLONGEMENT

 

n. m.

Extension, continuation de quelque portion d'étendue. Prolongement d'une ligne, d'un chemin, d'un mur. Prolongement d'une digue. Prolongement de l'épine dorsale.

 

PROLONGER

 

v. tr.

Faire durer plus longtemps. Prolonger une affaire. Prolonger une trêve. Prolonger les maux, les misères, les souffrances de quelqu'un. Prolonger la guerre. Prolonger une séance. Prolonger le terme d'un paiement. Ne prolongez pas son erreur. Les débats se sont prolongés bien avant dans la nuit. Leur vie ne se prolonge guère au-delà de ce terme. Le son se prolonge dans les profondeurs de cette caverne.

Il signifie aussi Rendre plus long en étendue. Prolonger une ligne. Prolonger une avenue, une galerie.

En termes de Marine, Prolonger un vaisseau, Se porter parallèlement à ce vaisseau et fort près.

 

PROMENADE

 

n. f.

Action de se promener. La promenade lui est salutaire. Faire un tour de promenade. Il est allé à la promenade. Il est revenu de la promenade. Je suis fatigué de ma promenade. Promenade à pied, à cheval, en voiture, en bateau. Promenade sur l'eau.

Promenade militaire, Exercice de marche prescrit pour les troupes d'infanterie et de cavalerie.

Fig., Cette expédition ne fut qu'une promenade militaire, Elle se fit sans combat important.

Fig. et fam., Ce n'est qu'une promenade se dit en parlant d'un Lieu, d'un pays où l'on se rend en peu de temps, qui est ou que l'on trouve peu éloigné. De Paris à Versailles, ce n'est qu'une promenade. Il va en Italie tous les ans; ce qui est un voyage pour les autres n'est pour lui qu'une promenade.

PROMENADE désigne aussi le Lieu où l'on se promène. Il y a de belles promenades autour de sa maison. Le jardin du Luxembourg est une magnifique promenade. La promenade de cette ville est fort belle.

 

PROMENER

 

v. tr.

Mener, conduire, faire aller quelqu'un de côté ou d'autre, soit pour l'amuser, soit pour qu'il prenne de l'exercice. Promener un enfant, un vieillard, un malade.

Promener des étrangers par la ville, dans la ville, La leur faire parcourir, la leur faire voir. Il m'est venu de province des parents que j'ai promenés par tout Paris, dans tout Paris.

Promener un cheval, Le faire marcher doucement, soit en le tenant par la bride, soit en le montant. Promener un cheval échauffé avant de le mettre à l'écurie. On dit aussi Promener un chien.

PROMENER s'emploie aussi figurément et signifie Faire aller, porter de côté et d'autre. Promener sa vue, ses yeux, ses regards sur une assemblée. Promener son esprit, son imagination, ses pensées sur divers objets. Ce romancier promène ses lecteurs dans toutes les parties du monde. Promener ses rêveries. Il promène partout ses ridicules. Il promène en tous lieux son inquiétude, son chagrin, son ennui, son oisiveté.

Fig. et fam., Promener quelqu'un, L'abuser, le lasser par des délais, par des promesses vaines. Au lieu de me payer ce qu'il me doit, voilà six mois qu'il me promène.

SE PROMENER signifie Marcher, aller à pied, à cheval, en voiture, etc., pour faire de l'exercice ou pour se divertir. Il se promène dans son jardin. Je me suis promené deux heures. Allons nous promener sur les boulevards. J'ai été me promener ce matin. Se promener à pied, à cheval, en voiture, en bateau. Se promener sur l'eau.

Par impatience, par humeur, Allez vous promener se dit à une Personne dont on est mécontent, dont on veut se débarrasser. On dit de même : C'est un sot, un importun, qu'il aille se promener. Je l'ai envoyé promener. Dans cette dernière phrase, on sous-entend le pronom se.

SE PROMENER s'emploie aussi figurément, en parlant des Choses qui cheminent, qui errent. Un ruisseau qui se promène lentement dans la prairie. Mes regards se promenaient sur ces riches campagnes.

Son esprit, son imagination se promène d'un objet à l'autre, Il change, elle change à tout moment d'objet.

 

PROMENEUR, EUSE

 

n.

Celui, celle qui promène quelqu'un. Elle est la promeneuse de cet enfant, de ce vieillard.

Il désigne aussi Celui, celle qui se promène. Dans cette acception on l'emploie surtout au pluriel et par rapport aux lieux publics destinés à la promenade. Il y a beaucoup de promeneurs dans cette allée. La pluie a chassé les promeneurs.

Il désigne encore Celui, celle qui aime à se promener. Je ne suis pas promeneur. C'est un grand promeneur.

 

PROMENOIR

 

n. m.

Lieu destiné à la promenade dans un édifice clos, tel qu'un hôpital, une prison. Cette galerie sert de promenoir en temps de pluie.

Il se dit spécialement de la Partie de certains théâtres où l'on se tient debout et où l'on peut changer de place. Un billet de promenoir.

 

PROMESSE

 

n. f.

Action de promettre ou Résultat de cette action. Promesse verbale. Promesse par écrit. Faire de grandes promesses, de magnifiques promesses. Fausser sa promesse. Manquer, contrevenir à sa promesse. N'ajoutez nulle loi à ses promesses. Ce sont des promesses vaines, trompeuses, illusoires. C'est un homme prodigue de promesses, libéral en promesses. Sur la foi de vos promesses, j'ai tenté cette entreprise. Tenir sa promesse. Je me suis fié à votre promesse. Satisfaire à sa promesse. Remplir sa promesse, ses promesses. Être réservé dans ses promesses. Fidèle à sa promesse, en ses promesses. Violer sa promesse. S'acquitter de sa promesse, acquitter sa promesse. Me voilà quitte de ma promesse. Accomplir sa promesse. Revenir sur ses promesses. Rétracter une promesse. Il nous a quittés avec promesse de nous rejoindre bientôt. J'ai votre promesse. Je compte sur votre promesse. Il lui a donné une reconnaissance portant promesse. J'ai promesse de lui, j'ai obtenu de lui promesse qu'il s'occupera de votre affaire. Promesse de vente. C'est un homme à qui les promesses ne coûtent rien.

Fig. et fam., Se ruiner en promesses, Faire beaucoup de promesses qu'on ne tient pas.

Promesse de mariage, Engagement pris d'épouser une personne.

 

PROMETTEUR, EUSE

 

adj.

Qui promet, qui donne à espérer. Voilà des débuts prometteurs.

Il s'emploie aussi substantivement et désigne Celui, celle qui promet légèrement, ou sans intention de tenir sa promesse. C'est un grand prometteur. Vous êtes une belle prometteuse, un beau prometteur. Il est rare.

 

PROMETTRE

 

(Il se conjugue comme METTRE.)v. tr.

S'engager verbalement ou par écrit à quelque chose. Être exact à tenir ce qu'on a promis. Vous m'aviez promis de l'argent à Pâques. Je vous promets bien que je ferai tout mon possible, mais je ne vous promets pas de réussir. Il m'a promis de venir me voir. C'est un homme qui promet toujours, qui promet tout et qui ne tient rien. Il lui a promis obéissance. Ils se sont promis fidélité l'un à l'autre.

Prov., Promettre et tenir sont deux, Il y a grande différence entre promettre et tenir. On dit aussi encore : Ce n'est pas tout de promettre, il faut tenir.

Fig., Promettre monts et merveilles, Promettre toutes sortes de choses avantageuses. Cela se dit ordinairement de Ceux qui, pour engager quelqu'un à faire ce qu'ils désirent, lui promettent beaucoup plus qu'ils ne veulent ou ne peuvent tenir.

Fig. et pop., Promettre plus de beurre que de pain, Promettre plus qu'on ne veut ou qu'on ne peut tenir.

PROMETTRE s'emploie figurément et signifie Annoncer, prédire. Il se dit des Personnes et des choses. Vous nous promettez sans cesse votre ami et il ne vient jamais. Je vous promets du beau temps pour demain. Voilà un ciel qui nous promet de l'orage. Voilà un temps qui promet de la chaleur, du froid, de la pluie. Cette campagne promet une riche moisson. La force de leur armée leur promettait une victoire facile. Son regard, son accueil nous promettait plus de sérénité qu'il n'en a mis dans cet entretien.

PROMETTRE s'emploie aussi absolument au figuré et alors il signifie Faire espérer, donner des espérances. Il se dit des Personnes et des choses. Ce jeune homme promet beaucoup. Cet enfant promet. Il promettait beaucoup dans sa jeunesse. Les blés promettent beaucoup cette année. Voilà qui promet. Cette entreprise promet beaucoup ou simplement promet.

PROMETTRE signifie aussi Assurer qu'une chose sera. Je vous promets que je ne le ménagerai pas. Je vous promets qu'il s'en repentira. Il est familier en ce sens.

SE PROMETTRE signifie Espérer. Il se promet cela de votre bonté. Il se promet d'y être bientôt. Je n'oserais me promettre que vous me ferez cet honneur. Je m'étais promis plus de plaisir que je n'en ai eu. Qui peut se promettre d'éviter un tel malheur? Je ne me promets aucun fruit de cette démarche.

Il signifie aussi Prendre une ferme résolution. Elles se sont bien promis de ne plus remettre les pieds dans cette maison. Je me promets bien de profiter de vos conseils. Je me suis promis de ne jamais le recevoir.

Le participe passé PROMIS s'emploie adjectivement. C'est chose promise.

La terre promise, La terre de Chanaan, que Dieu avait promise an peuple hébreu.

Fig., C'est la terre promise, se dit d'un Pays riche et fertile.

Prov., Chose promise, chose due, On est obligé de faire ce qu'on a promis.

PROMIS, ISE, s'emploie aussi substantivement au sens de Fiancé, fiancée. Le promis, la promise. Les promis.

 

PROMISCUITÉ

 

n. f.

Mélange confus et choquant. Il ne se dit qu'en parlant des Personnes. La promiscuité des sexes causait de grands désordres dans cet établissement. Il y a avait dans cette réunion une écoeurante promiscuité. Il a cruellement souffert des honteuses promiscuités qui lui ont été imposées.

 

PROMISSION

 

n. f.

Il n'est guère usité que dans cette locution : La terre de promission, autrement appelée La terre promise, La terre de Chanaan, que Dieu avait promise au peuple hébreu.

Fig., C'est une terre de promission se dit d'un Pays très fertile.

 

PROMONTOIRE

 

n. m.

Cap, pointe de terre élevée qui s'avance dans la mer. Les trois promontoires de Sicile. Le promontoire de Malée. Doubler un promontoire. Ce mot n'est guère usité que dans le style soutenu et qu'en parlant de la géographie ancienne; dans la géographie moderne, on dit Cap.

 

PROMOTEUR, TRICE

 

n.

Celui, celle qui donne la première impulsion pour quelque chose. Ce ministre fut le promoteur de la guerre. La Sorbonne fut la promotrice de cette querelle. Il fut un des plus ardents promoteurs de la Réforme.

PROMOTEUR est aussi le Titre du procureur d'office, faisant fonction de partie publique dans une juridiction ecclésiastique, dans une assemblée du clergé, dans un concile, dans un chapitre, etc. À la requête du promoteur.

 

PROMOTION

 

n. f.

Action par laquelle on élève à la fois plusieurs personnes à un même grade, à une même dignité. Le pape fit une promotion de quatre cardinaux. Le roi fit une promotion de pairs, d'officiers généraux. Faire des promotions dans l'armée. Il est général de brigade, de la dernière promotion.

Il se dit, en parlant des Écoles du Gouvernement, de l'Ensemble des élèves d'une même année. Nous sommes de la même promotion de l'École Normale, de l'École de Saint- Cyr. Camarades de promotion.

Il se dit encore de la Nomination, de l'élévation d'une ou de plusieurs personnes à une dignité, à un emploi supérieur. Ces officiers, depuis leur promotion... Il a obtenu sa promotion au grade d'officier de la Légion d'honneur.

 

PROMOUVOIR

 

v. tr.

(On ne l'emploie guère qu'à l'infinitif et aux temps composés.) Élever à quelque grade, à quelque dignité d'un rang supérieur. Il a été promu au grade supérieur. Ce prince fut promu à l'empire. On l'a promu à l'épiscopat.

 

PROMPT, OMPTE

 

(On prononce Pron, pronte.)adj.

Qui est rapide, qui ne tarde pas. Je vous souhaite un heureux voyage et un prompt retour. Rendre une prompte réponse. Il a obtenu un prompt succès. Jamais conquête ne fut plus prompte. Il faut apporter un prompt remède à ce mal. Le succès de l'entreprise dépend d'une prompte exécution. Cet homme a la repartie prompte.

Avoir l'esprit prompt, la conception vive et prompte, Avoir un esprit qui conçoit, qui comprend aisément.

Avoir la main prompte, Être vif, emporté, au point de frapper pour le moindre sujet.

PROMPT signifie encore Qui se passe vite, en un moment. Son mouvement fut si prompt qu'on n'eut pas le temps de l'apercevoir. Cela fut prompt comme un éclair, comme l'éclair, comme la foudre.

Il signifie, en parlant des Personnes, Qui est vif, actif, diligent, qui ne perd point de temps à ce qu'il fait. C'est un homme prompt dans tout ce qu'il fait. Il est prompt à servir ses amis. Être prompt à juger, à se décider.

Il signifie encore Qui va vite. Un cheval prompt à la course.

Il signifie encore Qui éprouve, ressent vite. Cet homme est prompt à se décourager, à s'enthousiasmer, à se mettre en colère.

 

PROMPTEMENT

 

(Dans ce mot et dans le suivant, le second P ne se prononce pas.) adv. Avec promptitude.

 

PROMPTITUDE

 

n. f.

Disposition qui fait qu'on ne met aucun délai à entreprendre ou à exécuter. Agir avec promptitude, avec une grande promptitude, avec une étonnante promptitude. Il vous servira avec promptitude. C'est une affaire qui demande de la promptitude.

La promptitude de l'esprit, La facilité de l'esprit à concevoir, à entendre.

La promptitude à croire une chose, La facilité avec laquelle on la croit.