Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Bateler
v. intr.
Faire le bateleur.
BATELET
n. m.
Petit bateau.
BATELEUR, EUSE
n.
Celui, celle qui faisait des tours de passe-passe.
Il se dit aujourd'hui de Ceux qui montent sur des tréteaux dans les places publiques, comme les charlatans, les danseurs de corde, les joueurs de scènes bouffonnes, etc. Il s'amuse à regarder les bateleurs. Une troupe de bateleurs.
Fig. et fam., Il fait le bateleur, c'est un bateleur, se dit d'un Homme qui fait le bouffon en société.
BATELIER, IÈRE
n.
Celui, celle dont la profession est de conduire un bateau principalement sur une rivière.
BATELLERIE
n. f.
Industrie du transport de marchandises par bateaux sur les fleuves, rivières, canaux.
Il sert aussi quelquefois à désigner l'Ensemble de bateaux qui servent à cette industrie.
BÂTER
v. tr.
Charger d'un bât. Bâter un cheval, un mulet, un âne.
Prov. et fig., C'est un âne bâté, un vrai âne bâté, C'est un lourdaud, ou C'est un homme fort ignorant.
Prov. et fig., Il n'y a point d'âne plus mal bâté que celui du commun. Voyez ÂNE.
BÂTIER
n. m.
Celui qui fabrique et vend des bâts.
BATIFOLAGE
n. m.
Action de batifoler. Il est familier.
BATIFOLER
v. intr.
Se jouer à la manière des enfants. Ces jeunes gens s'amusent à batifoler. Il est familier.
Il signifie aussi S'amuser à courtiser une jeune fille.
BÂTIMENT
n. m.
Toute construction faite pour loger des hommes ou des animaux, ou pour abriter des denrées, des récoltes, pour servir à des industries, à des services publics, etc. Un bâtiment particulier doit être simple et commode. Cette industrie a exigé la construction de vastes bâtiments. Les bâtiments publics de cette ville, tels que la Bourse, l'Hôtel de ville, l'hôpital, sont de beaux édifices. Un corps de bâtiment. Bâtiment qui menace ruine. Entretenir, réparer un bâtiment.
Il signifiait autrefois, d'une façon générale, Action de bâtir. Il a gardé ce sens pour désigner l'Ensemble des principales industries du bâtiment, telles que la menuiserie, la charpenterie, la serrurerie, etc. Ouvriers du bâtiment. Il y a souvent des grèves dans le bâtiment.
Fam., Quand le bâtiment va, tout va.
Fam., Être du bâtiment. Être d'une profession, être attaché à une entreprise dont on a par conséquent une connaissance spéciale.
Il sert aussi par analogie à désigner généralement les vaisseaux, les navires, etc. Un bâtiment marchand. Un bâtiment de l'État. Un bâtiment de guerre. Bâtiment à vapeur. Construire, équiper, fréter, armer un bâtiment.
BÂTIR
v. tr.
Élever une maison, un édifice. Bâtir une église, un palais. Bâtir un pont. Bâtir, faire bâtir des maisons. Bâtir de pierre, de brique. Bâtir en pierre, en brique. Bâtir sur pilotis. Cet édifice a fait la réputation de l'architecte qui l'a bâti. Absolument, Aimer à bâtir, à faire bâtir. La manie de bâtir.
Fig., Bâtir à chaux et à ciment, à chaux et à sable, Faire une construction solide.
Fig. et popul., Une maison bâtie de boue et de crachats, Maison faite de très mauvais matériaux.
Fig., Bâtir en l'air, bâtir sur le sable, Fonder un établissement sur quelque chose de peu solide, ou Former des projets chimériques, se bercer d'un espoir trompeur.
Il signifie aussi, figurément, Établir. Il a bâti sa fortune sur les ruines de la fortune des autres. Il bâtit son système sur des suppositions en l'air.
Fig. et fam., Un homme bien bâti, mal bâti, Un homme bien fait, mal fait. On dit quelquefois comme nom Un mal bâti.
Fig. et fam., Voilà comme je suis bâti, Tel est mon caractère.
Le participe passé BÂTI, en termes d'Architecture et en termes d'Arts, s'emploie comme nom avec le sens d'Assemblage des montants et des traverses qui contiennent un ou plusieurs panneaux de maçonnerie, de menuiserie ou de serrurerie ou qui servent de support aux organes fixes ou mobiles d'une machine. Le bâti d'une porte. En termes de Théâtre, il désigne les Carcasses de bois et les charpentes qui servent à établir les différentes pièces des décors.
BÂTIR
v. tr.
T. de Couture
. Agencer, disposer les pièces d'un vêtement en les faufilant, en les assemblant avec de grands points d'aiguille avant de les coudre tout à fait. Cette robe n'est pas cousue, elle n'est que bâtie.
Le participe passé BÂTI s'emploie dans ce sens comme nom masculin. Faire le bâti d'un manteau, d'une robe. Il faut ôter le bâti de cet habit, c'est-à-dire le Fil qui a servi à faire le bâti.
Bâtir le feutre, en termes de Chapellerie, signifie Façonner le feutre destiné à la confection des chapeaux.
BÂTISSE
n. f.
La partie en maçonnerie d'un bâtiment. Une bâtisse solide. Une bonne bâtisse. Une belle bâtisse.
Il se dit familièrement d'une Construction faite sans art. Ce n'est qu'une grande bâtisse.
BÂTISSEUR, EUSE
n.
Celui, celle qui a la manie de faire bâtir. C'est un grand bâtisseur.
BATISTE
n. f.
Espèce de toile de lin ou de chanvre très fine et d'un tissu très serré. Un mètre de batiste. Un mouchoir de batiste. De belle batiste. On dit aussi quelquefois Toile de batiste.
BÂTON
n. m.
Long morceau de bois qu'on peut tenir à la main et qui sert généralement d'appui ou de défense. Gros bâton. Bâton noueux. S'appuyer sur un bâton. Marcher avec un bâton. Donner des coups de bâton. Il l'a menacé du bâton. Il le fit mourir sous le bâton.
Jouer du bâton, Manier un bâton avec dextérité ou encore Donner des coups de bâton.
Fig. et fam., Une volée de coups de bâton, Voyez VOLÉE.
Fig., Bâton de vieillesse, Celui, celle qui sert d'appui à un vieillard et qui l'assiste dans ses besoins. Cet enfant sera un jour votre bâton de vieillesse.
Bâton de commandement, Bâton qui est le signe de l'autorité et que portaient certains officiers investis d'un commandement.
Le bâton de maréchal, ou simplement Le bâton, Bâton de commandement qui est l'insigne de la dignité de maréchal de France. Il se dit, par extension, de cette dignité même. Le roi l'a fait maréchal de France, lui a donné le bâton. Le gain de cette bataille lui a valu le bâton de maréchal. Fig. et fam., Ce sera son bâton de maréchal, C'est le plus haut emploi, le plus haut grade auquel il puisse parvenir. Prov., Tout soldat porte son bâton de maréchal dans sa giberne, Le simple soldat, dans l'armée française, peut atteindre à la plus haute dignité militaire.
Bâton pastoral, La crosse d'un évêque.
Le bâton de la croix, Le bâton au haut duquel on met une croix pour la porter dans les processions. Le bâton d'une bannière, Le bâton au haut duquel une bannière est attachée et qui sert à la porter déployée. Bâton de confrérie, Bâton surmonté de la statuette du saint, patron de la confrérie.
Bâton de mesure, Petit bâton avec lequel un chef d'orchestre indique le mouvement et marque la mesure. On dit aussi BAGUETTE.
Bâton à deux bouts, Espèce d'arme offensive qui consiste en un bâton ferré par les deux bouts. Jouer du bâton à deux bouts. Le bâton à deux bouts est une arme familière aux Bas-Bretons.
Le bâton d'un sergent de ville, d'un gardien de la paix, d'un agent de police, Bâton blanc dont se servent les agents pour régler les mouvements de la circulation dans les rues passagères.
Fig. et fam., Faire faire quelque chose à quelqu'un le bâton haut, mener quelqu'un le bâton haut, Le faire obéir par violence, par force.
Fig. et fam., Mettre, jeter des bâtons dans la roue ou dans les roues, Susciter des obstacles, entraver, retarder une affaire.
Fig. et fam., Battre l'eau avec un bâton, Voyez BATTRE.
BÂTON se disait autrefois des Baguettes servant à battre la caisse.
Battre à bâtons rompus signifiait Exécuter des batteries de tambour intermittentes. On dit aujourd'hui, figurément et familièrement, Faire une chose, parler d'une chose à bâtons rompus, Faire une chose, en parler avec des interruptions et sans ordre.
Fig. et fam., Tour de bâton, Profit secret et illégitime. Cet homme d'affaires ne passe pas un marché sans se ménager le tour de bâton. Cet employé double son traitement avec le tour de bâton.
Bâton de perroquet, Bâton établi sur un plateau de bois et garni de distance en distance d'échelons sur lesquels cet oiseau monte et descend à sa fantaisie. Il se dit, figurément et familièrement, d'une Petite maison de plusieurs étages dont chacun n'a qu'une chambre. Cette maison est un bâton de perroquet.
Bâton de chaise, Bâton qui sert à relier les montants d'une chaise. Bâton de chaise à porteur, Bâton qui servait à transporter les chaises à porteur. Fam., Mener une vie de bâton de chaise, Mener une vie agitée et déréglée.
Il se dit aussi de Diverses choses qui ont ou auxquelles on donne la forme d'un petit bâton. Bâton de cire. Bâton de réglisse, de cannelle, de sucre d'orge. Pommade en bâton.
Il se dit aussi des Traits droits que font ceux qui apprennent à écrire. Cet enfant ne fait encore que des bâtons.
En termes d'Arts, il sert aussi à désigner des Instruments de forme cylindrique servant à fabriquer des pièces d'orfèvrerie, de bijouterie, d'horlogerie, de passementerie, de tapisserie, etc.
BÂTONNAT
n. m.
Fonction de bâtonnier des avocats ou Durée de cette fonction. Il fut honoré du bâtonnat. Cet incident se produisit sous son bâtonnat.
BÂTONNER
v. tr.
Frapper de coups de bâton. On l'a bâtonné rudement.
BÂTONNET
n. m.
Sorte de petit bâton taillé en pointe par les deux bouts et qui sert à un jeu d'enfants. Jouer au bâtonnet. Faire sauter le bâtonnet.
En termes de Biologie, il se dit des Infusoires ou petits êtres qui affectent une forme cylindrique.
BÂTONNIER
n. m.
Celui qui avait en dépôt, pour un temps, le bâton d'une confrérie et qui avait le droit de le porter aux processions.
En termes de Palais, Bâtonnier de l'Ordre des avocats, Celui qui est choisi par le corps des avocats pour être leur chef pendant un certain temps.
BÂTONNISTE
n. m.
Celui qui sait jouer du bâton, qui sait s'en servir comme d'une arme offensive et défensive. Un habile bâtonniste.
Il désigne aussi Celui qui exécute des tours d'adresse avec un bâton.
BATRACIENS
n. m. pl.
T. d'Histoire naturelle
. Ordre de Reptiles caractérisé par l'absence d'écailles à la surface de la peau, par l'existence de métamorphoses, et chez lesquels la respiration, qui se fait d'abord par des branchies, se fait ensuite par les poumons. Les grenouilles sont des batraciens.