Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Lazariste
n. m.
Membre d'un ordre religieux fondé par saint Vincent de Paul. Les lazaristes.
LAZARONE
n. m.
Mot italien. Gueux du port de Naples. Au pluriel on dit LAZZARONI, à la manière italienne.
LAZULI
Voyez LAPIS.
LAZULITE
n. m.
Synonyme de Lapis- lazuli. Voyez LAPIS.
LAZZI
n. m. pl.
Mot collectif emprunté de l'italien. Il se dit, par allusion à l'ancienne comédie italienne de Suites d'actions de bouffons dans le jeu de scène. Quelques-uns écrivent au pluriel Lazzis.
Il signifie, par extension, Mauvaises plaisanteries à l'égard de quelqu'un. Il l'a poursuivi de ses lazzi. Il s'en est tiré par des lazzi. On dit abusivement, au singulier, Un lazzi.
LE
art. défini masc. (fém : LA. Devant une voyelle ou une h muette : L'. Pluriel des deux genres : LES.) Sur les formes contractées Au, Aux, Du, Des, Voyez À, DE. Il se met généralement devant les noms communs, quand ils ne sont pas précédés d'un autre déterminatif, tel que l'adjectif possessif ou l'adjectif démonstratif, qu'ils soient pris dans un sens général ou dans un sens particulier. Je trouve intéressants les livres que vous m'avez prêtés. Il aime les livres. La justice de ce prince est restée célèbre. Il faut pratiquer la justice. Anciennement, on aurait dit : Il aime livres; il faut pratiquer justice, comme on dit encore dans les proverbes : Noblesse oblige, Contentement passe richesse, Souvent femme varie.
Toutefois, l'article s'omet encore devant des noms compléments d'objet, dans des locutions toutes faites, comme : Rendre justice, Perdre pied, Reprendre haleine, Demander pardon, et aussi devant des noms compléments avec préposition : Lutter de vitesse, Aller à pied, Boîte à lait, Table de marbre.
Il s'omet encore devant deux noms unis par et, formant une locution : Remuer ciel et terre, Être couvert de même, hiver et été, Travailler nuit et jour; Lorsqu'un nom est accompagné de deux adjectifs unis par et, on dit aussi bien : L'histoire ancienne et moderne que L'histoire ancienne et la moderne; ù dans les énumérations : Femmes, moines, vieillards, tout était descendu; ù devant les noms désignant des choses uniques de leur espèce : Il viendra dimanche, lundi; Avril a été beau cette année; ù devant les mots mis en apostrophe : Amis, il faut partir. On dit toutefois familièrement : Il faut partir, les amis.
Avec les noms propres, l'article se trouve dans beaucoup de noms géographiques, comme le Japon, la France, le Danemark, le Tibre, le Rhône; ù devant des noms de famille d'origine italienne, le Tasse, l'Arioste, et des noms désignant des familles princières : les Bourbons, les Stuarts; ù devant des noms de cantatrices célèbres : la Malibran, la Patti. On dit aussi familièrement et quelquefois avec dénigrement : la Julie, la Louise.
Parfois l'article a une valeur particulière : démonstrative, dans à l'instant, exclamative dans : Le bel enfant!
LE
pron. pers. masc.
(fém. : LA. Devant une voyelle ou une h muette : L'. Pluriel des deux genres : LES.) Il sert, comme complément d'objet direct ou attribut, à rappeler un être ou une chose dont il a été question. Il se place devant le verbe dont il est complément ou attribut, sauf quand ce verbe est à l'impératif présent. Voilà un bon livre, je vous engage à le lire. Dès que ma soeur sera arrivée, j'irai la voir. Il avait mille francs, et il les a dépensés. Vous avez mon chapeau, rendez-le-moi. Ces livres sont dérangés, mettez- les chacun à sa place. Je me regarde comme la mère de cet enfant; je la suis de coeur, je la suis par ma tendresse pour lui.
Quand LE fait partie d'une locution composée d'un verbe à un mode personnel, et d'un infinitif, il se place entre le verbe et l'infinitif s'il est complément de l'infinitif : Je vais le chercher. Si, au contraire, LE est le complément du premier verbe, il se place entre le sujet et le verbe : Nous le voyons venir.
LE s'emploie aussi comme pronom neutre invariable quand il rappelle un adjectif ou une proposition déjà exprimés. Cette femme est belle et le sera longtemps. Je n'ai pas été enrhumé de l'hiver, et je le suis depuis les chaleurs. Nous devons défendre l'honneur et l'intérêt de nos parents, quand nous le pouvons sans injustice. Il a vécu plus longtemps qu'on ne l'aurait cru. La présence de LE dans ce cas n'est pas toujours obligatoire. As-tu raison? Je ne sais. Je ne serais pas venu si j'avais su. Vous voudriez, j'imagine, être à ma place.
Il peut servir encore à annoncer une proposition qui suit. Tu l'as vu, comme il m'a traité.
Uni à certains verbes, il sert à indiquer un sens plus ou moins distinct, plus ou moins différent de celui du verbe seul. L'emporter. Le céder. Le disputer. Voyez ces mots.
LÉ
n. m.
Largeur d'une étoffe entre ses deux lisières. Un lé de velours, de taffetas, de toile. Draps de lit de deux lés.
LEADER
(On prononce lideur.)n. m.
Mot emprunté de l'anglais. Il se dit, dans le langage parlementaire, de Celui qu'un parti politique met à sa tête et qu'il charge ordinairement de porter la parole en son nom.
LÈCHE
n. f.
Tranche fort mince de pain, de viande, de fruit, etc. Il est familier.
LÈCHEFRITE
n. f.
Ustensile de cuisine, ordinairement de fer, qu'on met sous la broche, pour recevoir la graisse et le jus de la viande que l'on fait rôtir.
LÉCHER
v. tr.
Passer la langue sur quelque chose par gourmandise ou par caresse. Lécher un plat. Quand les chats ont mangé de quelque chose qu'ils trouvent bon, ils se lèchent les barbes, ils s'en lèchent les barbes. Les chiens guérissent leurs plaies en les léchant. Par extension, Le chien lèche son maître. Un chat qui se lèche.
Fig. et fam., Un ours mal léché, Un homme mal élevé, grossier.
Fam., On s'en lèche les doigts, c'est à s'en lécher les doigts, Cela est excellent à manger.
Il signifie figurément, Finir un ouvrage avec un soin excessif et minutieux. Ce peintre a le tort de lécher, de trop lécher ses tableaux. Cet ouvrage est trop léché. Dans cette acception, il est familier.
À LÈCHE-DOIGTS,loc. adv.
et fam. On l'emploie en parlant de Choses qui se mangent, et qui sont offertes en trop petite quantité. Il nous a fait servir d'assez bonnes choses, mais il n'y en avait qu'à lèche-doigts. LÉCHEUR, EUSE
n.
Celui, celle qui lèche. Un lécheur de plats.
LÉCITHINE
n. f.
T. de Chimie
. Substance phosphorée et grasse qui se trouve dans la fibrine animale.
LEÇON
n. f.
Enseignement qu'on donne, ordinairement dans une classe et du haut d'une chaire, à ceux qui veulent apprendre quelque science, quelque langue. Leçon de droit, de théologie, de médecine, de chimie, de botanique, de littérature, d'arabe, de latin, de grec. Ce professeur a commencé, a repris hier ses leçons; il a fait aujourd'hui une leçon sur Spinoza. Suivre les leçons, aller entendre les leçons d'un professeur.
Il se dit aussi d'un Enseignement donné en particulier à un seul élève ou à peu d'élèves à la fois. Donner, prendre des leçons de dessin, de musique, de danse, d'équitation, d'escrime, de géographie, d'histoire, d'orthographe. Il sait suffisamment danser, il n'a plus besoin de leçons.
Il se dit, par extension, des Instructions, des conseils donnés à une personne relativement à sa conduite dans la vie ou dans quelque affaire. Un ami sage lui avait donné de bonnes leçons, dont il a mal profité. Je me passerai bien de vos leçons. Avant de l'envoyer traiter pour moi de cette affaire, je lui ai fait la leçon.
LEÇON signifie figurément Avertissement salutaire ou correction qu'on reçoit des personnes ou des choses. Il me parlait malhonnêtement; mais je lui ai bien fait sa leçon. On dit aujourd'hui dans le même sens Donner une leçon, une bonne leçon à quelqu'un. Recevoir une leçon. Les leçons de l'expérience sont perdues pour la plupart des hommes. Cet événement a été pour moi une bonne leçon. Mettre à profit la leçon du malheur. Les leçons de l'histoire. Le théâtre peut offrir des leçons profitables.
Il signifie aussi Ce que le maître donne à l'écolier à apprendre et que celui-ci doit répéter, généralement par coeur. Cet écolier apprend étudie, récite sa leçon. Il sait sa leçon, il sait sa leçon par coeur. Retenir bien sa leçon.
Fig., Réciter sa leçon, Répéter fidèlement ce qu'on vous a recommandé de dire.
Il se dit aussi du Texte d'un auteur, par comparaison à une ou plusieurs autres copies du même texte. Il y a deux leçons différentes de ce texte. Voici la bonne leçon. Confronter les diverses leçons d'un passage.
Il se dit, figurément et familièrement, d'un Récit qui diffère d'un autre relatif au même fait. Vous racontez ainsi l'aventure; mais il y a une autre leçon, une leçon différente.
Il se dit, en termes de Liturgie catholique, de Certains petits chapitres de l'Écriture ou des Pères, qui font partie du bréviaire, et que l'on récite ou que l'on chante à matines. Il y a trois leçons à chaque nocturne.
LECTEUR, TRICE
n.
Celui, celle qui lit à haute voix et devant d'autres personnes. C'est un bon lecteur. C'est un mauvais lecteur, sa voix est monotone.
Il désigne aussi Celui, celle dont la fonction est de lire. Lecteur du roi. Lectrice de la reine. Dans les maisons d'éducation religieuses, il y a ordinairement un lecteur ou une lectrice de semaine pour lire au réfectoire.
Il se dit, particulièrement, de Celui qui lit seul et des yeux quelque ouvrage; et, en ce sens, il est surtout usité au masculin. L'essentiel pour un écrivain est de plaire à son lecteur, à ses lecteurs. Cet ouvrage a peu de lecteurs, a beaucoup de lecteurs. Ce livre a eu plus de lectrices que de lecteurs. Le lecteur français veut de la clarté dans le style.
Avis au lecteur. Voyez AVIS.
Il se disait autrefois, dans quelques ordres religieux, des Régents, des docteurs qui enseignaient la philosophie, la théologie. Un tel, lecteur en théologie, lecteur en philosophie. Il se dit encore, dans les Universités de divers pays, des Répétiteurs auxiliaires adjoints au professeur d'une langue ou d'une littérature étrangère et chargés spécialement de l'enseignement pratique de la langue parlée ou écrite. Lecteur français, lecteur en langue française à l'Université d'Upsal.
LECTEUR est, dans l'Église romaine, Un des quatre ordres qu'on appelle Les quatre mineurs.
LECTISTERNE
n. m.
T. d'Antiquité romaine
. Festin sacré que l'on offrait aux principaux dieux dont les statues étaient placées sur des lits magnifiques autour d'une table dressée dans un de leurs temples. On ordonnait les lectisternes dans les calamités publiques.
LECTURE
n. f.
Action d'une personne qui lit à haute voix. Sa lecture est parfaite. Sa lecture est monotone. Il se dit le plus souvent de la Reproduction par la voix d'un texte écrit ou imprimé. On fit la lecture du contrat de mariage en présence de tous les parents. J'ai assisté hier à la lecture d'une belle pièce. Ce discours est moins intéressant à la lecture qu'à l'audition. Cette pièce est de celles qui gagnent à la lecture.
Comité de lecture, Assemblée devant laquelle on lit les ouvrages destinés à un théâtre et qui juge s'ils méritent d'être représentés. Le Comité de lecture de la Comédie-Française.
Il désigne aussi l'Action, l'habitude de lire seul et des yeux, pour son instruction ou pour son plaisir. La lecture de cet ouvrage est très attachante. Il aime beaucoup la lecture. S'attacher à une lecture, s'adonner à la lecture. Il a beaucoup acquis par la lecture des bons auteurs. La lecture forme l'esprit.
Il s'emploie surtout au pluriel pour désigner Ce qu'on lit, ce qu'on a lu. Les bonnes lectures, les mauvaises lectures. Il a bien profité de ses lectures.
Cabinet de lecture, Lieu où, moyennant une rétribution, on lit sur place ou l'on emprunte des journaux et des livres.
Il se dit encore de l'Instruction qui résulte de la lecture. C'est un homme qui n'a point de lecture, qui n'a aucune lecture, qui a beaucoup de lecture, qui est d'une prodigieuse lecture. Il est rempli, nourri de la lecture des anciens.
Il désigne aussi l'Enseignement qui rend les enfants ou les illettrés capables de lire. Nouvelle méthode de lecture. Cette mère a appris à ses enfants la lecture et l'écriture.
Par extension, il se dit de Textes particulièrement choisis pour développer l'art et le goût de la lecture chez les enfants. Premier livre de lecture. Lectures enfantines. Lectures pour les adolescents.
LÉCYTHE
n. m.
T. d'Antiquité grecque
. Sorte de vase où les Grecs mettaient du vin, de l'huile, des parfums, et qui était généralement décoré de dessins sur fond uni.
LÉGAL, ALE
adj.
Qui est établi par la loi écrite, qui est selon la loi, qui résulte de la loi. Des formes légales. Voie légale. Moyens légaux. Intérêt légal.
Incapacité légale. Voyez INCAPACITÉ.
Médecine légale. Voyez MÉDECINE.
LÉGAL se dit particulièrement de Ce qui concerne la loi de Dieu donnée par Moïse. Les cérémonies légales. Les viandes légales. Observations légales. Impureté légale.
LÉGALEMENT
adv.
D'une manière légale. Procéder légalement. Ce contrat n'est pas fait légalement. Légalement vous avez pu agir ainsi, mais au fond vous aviez tort.
LÉGALISATION
n. f.
Action de légaliser. Un acte auquel manque la légalisation. Ce magistrat est chargé de la légalisation de tels et tels actes.
LÉGALISER
v. tr.
Attester, certifier l'authenticité d'un acte public, afin qu'il puisse faire foi hors du ressort où il a été passé, ou Certifier qu'une ou plusieurs signatures apposées au bas d'un acte sont véritables. Faire légaliser une procuration, un acte de naissance, de décès, un passeport pour l'étranger. Légaliser une signature.
LÉGALITÉ
n. f.
Caractère de ce qui est légal. La légalité d'un acte. On a contesté la légalité de ces formes, de ces moyens, de ces mesures. Respecter la légalité. Violer la légalité.
LÉGAT
n. m.
Anciennement, Cardinal préposé par le Pape pour gouverner quelque province de l'État ecclésiastique. Légat de Bologne. Légat de Ferrare.
Légat a latere ou simplement Légat, Cardinal envoyé, avec des pouvoirs extraordinaires, par le Pape auprès d'un gouvernement, à un concile, etc. Le légat présenta ses lettres. Les légats du Pape présidèrent au concile de Trente.
LÉGATAIRE
n. des deux genres
. T. de Jurisprudence
. Celui, celle à qui on fait un legs. Légataire particulier. Légataire universel. Sa marraine l'a faite sa légataire. Être légataire de quelqu'un.
LÉGATION
n. f.
Charge, office de légat. Les légats a latere ne pouvaient exercer leur légation en France sans permission du roi.
Il désignait autrefois l'Étendue du gouvernement d'un légat dans l'État ecclésiastique. Dans toute la légation de Bologne, de Ferrare.
En termes de Diplomatie, Droit de légation signifie Mission extraordinaire que quelques puissances donnent à une ou plusieurs personnes pour aller négocier auprès d'une puissance étrangère.
Il se dit aussi collectivement de la Mission permanente, comprenant le ministre plénipotentiaire ou le ministre résident, ainsi que ses conseillers et ses secrétaires, entretenue dans un pays où il n'y a pas d'ambassade. La légation de Danemark. La légation des Pays-Bas. Conseiller, secrétaire de légation.
Il se dit encore de l'Hôtel qu'occupe cette mission. Je suis allé à la légation de Suède.
LÈGE
adj. des deux genres
. T. de Marine
. Qui n'a pas son chargement complet, en parlant d'un Bâtiment. Ce vaisseau est lège et n'a pas de stabilité.
LÉGENDAIRE
adj. des deux genres
. Qui concerne la légende, qui nous a été transmis par la légende. Récit légendaire. L'histoire des premiers temps de Rome est toute légendaire. Des héros dont l'existence est légendaire. Par extension, Un personnage légendaire.
Il signifie aussi Qui est digne d'être célèbre par la légende. Un héros, une héroïne légendaire. Une promesse légendaire.
LÉGENDAIRE s'emploie aussi ironiquement : Il est resté légendaire. Ses distractions, ses maladresses sont devenues légendaires.
LÉGENDE
n. f.
Récit populaire, plus ou moins fabuleux, qui s'est transmis par la tradition. Le commencement de l'histoire de tous les peuples est rempli de légendes. Dans les poèmes du moyen âge, l'histoire de Charlemagne est devenue une légende. Si l'on en croit la légende. D'une façon générale, Entrer dans la légende. Napoléon est entré dans la légende.
Il se dit spécialement d'un Ouvrage contenant le récit de la vie des saints. Ce saint-là n'est pas dans la légende. La légende dorée, Compilation de vies de saints composée vers la fin du XIIIe siècle par Jacques de Voragine.
Il se dit encore d'une Inscription gravée circulairement près des bords et quelquefois sur la tranche d'une pièce de monnaie, d'un jeton, d'une médaille. Les anciennes pièces de cinq francs portaient pour légende DIEU PROTÈGE LA FRANCE.
Il se dit quelquefois de l'Âme d'une devise, de ce qu'on y peut lire. Louis XIV avait pour devise le soleil avec cette légende : NEC PLURIBUS IMPAR.
Il se dit également des Paroles qu'on trouve inscrites dans un tableau, ou dans une estampe, et qui semblent parfois sortir de la bouche des personnages. Une légende de Daumier.
Il se dit aussi de la Notice explicative mise au bas ou au-dessous d'un tableau, d'un dessin.
Il se dit encore d'une Liste placée sur un plan d'architecture, sur une carte topographique, géographique (mappemonde ou autre), etc., pour expliquer les lettres, les signes, les couleurs par lesquels on indique les différentes parties ou les endroits remarquables.
LÉGER, ÈRE
adj.
Qui ne pèse guère. Un corps léger. L'air est plus léger que l'eau. Léger comme une plume. Un habit léger. Une étoffe légère. Une voiture légère.
Pièce de monnaie légère, Pièce qui ne pèse pas ce qu'elle doit peser. Des espèces légères. Ce louis d'or est léger d'un grain, de deux grains.
Terre légère, Terre meuble qu'on remue aisément.
Troupes légères, Troupes qu'on emploie hors de ligne pour reconnaître, harceler, poursuivre l'ennemi. Cavalerie légère se dit par opposition à la Grosse cavalerie. Infanterie légère, Les corps de chasseurs à pied. Artillerie légère, Celle dont les canonniers sont à cheval.
En termes de Manège, Ce cheval est léger à la main, Il a la bouche bonne, les jarrets bons, il ne s'appuie pas sur le mors.
Avoir la main légère, se dit d'un Cavalier qui se sert bien des aides de la main; d'un Chirurgien qui opère facilement et adroitement; d'un Joueur d'instruments qui exécute avec aisance et prestesse; d'une Personne qui met de la liberté et de la rapidité dans son écriture. Il signifie, par extension et familièrement, Être prompt à frapper ou User de son pouvoir, de son autorité avec modération. Pour bien gouverner, il faut avoir la main légère.
Fam., Être léger d'argent, N'en avoir guère.
Fig., Avoir le sommeil léger, Se réveiller au moindre bruit.
Que la terre lui soit légère! Formule empruntée des anciens pour souhaiter le repos aux morts.
LÉGER signifie encore Qui est facile à digérer, en parlant des Aliments. Il y a des viandes plus légères que d'autres à l'estomac.
Il s'applique à Certaines boissons qui ont peu de force. Un vin léger. Une infusion légère. Du thé fort léger.
Prendre un léger repas, un repas léger, Prendre un repas frugal, où l'on mange peu.
Il signifie aussi Qui est dispos et agile. Je me sens aujourd'hui plus léger qu'à l'ordinaire. Marcher d'un pied léger, d'un pas léger. Être léger à la course. Plus léger que le vent. Léger comme l'air.
Fam., Je suis allé là de mon pied léger, J'y suis allé à pied.
Avoir la voix légère, Avoir une voix qui vocalise aisément.
Dans les Arts du dessin, il se dit de Ce qui est l'opposé de Lourd, de massif, de ce qui porte un caractère de délicatesse et de facilité; en termes de Peinture : Contours légers. Couleur légère, Couleur aérienne et transparente. Draperie légère. Tableau léger de touche, léger de pinceau. Pinceau léger. En termes d'Architecture, de Sculpture, de Ciselure, etc.; Ouvrages légers, ornements légers. Cette broderie est légère, est d'un dessin léger.
Il s'emploie aussi par opposition à Grossier, opaque. Une vapeur légère.
Il signifie au figuré Qui est peu important, peu considérable. Raisons légères. Un sujet bien léger. Une légère dispute. Une injure légère. Une faute légère. Une peine, une pénitence légère. Une légère blessure. Une douteur légère.
Il signifie encore Qui est superficiel. Avoir une légère teinture de science. N'avoir qu'une légère notion de quelque chose. Pour vous en donner une légère idée.
Il signifie aussi Qui est volage, inconstant dans ses sentiments ou dans ses opinions. Un peuple léger. Un esprit léger. C'est un homme léger. Cet enfant a la tête légère, le cerveau léger, l'esprit léger. C'est une tête légère, Il est peu sage, peu sensé.
Il se dit encore à propos des Moeurs faciles, de la liberté du langage ou du sujet et, en ce sens, il se dit des Actions comme des personnes. Femme légère. Conte léger. Conduite légère. Il est bien léger dans sa conduite et dans ses discours.
LÉGER, en parlant du Style, s'emploie quelquefois dans le sens d'Agréable et facile. Cet auteur a le style léger.
Poésie légère, Poésie dont les sujets sont menus et dont le principal caractère est la facilité, l'abandon. Il a réussi dans la poésie légère. Il se dit, au pluriel, des Pièces de vers qui appartiennent à ce genre de poésie. On a réuni en un volume toutes ses poésies légères.
À LA LÉGÈRE,loc. adv.
D'une manière légère. Il ne se dit guère qu'en parlant des Armes et des habits qui pèsent peu. Être armé à la légère. Être vêtu à la légère.
Il signifie, au figuré, Inconsidérément, sans beaucoup de réflexion. Entreprendre quelque chose à la légère. Parler à la légère.
LÉGÈREMENT
adv.
D'une manière légère, par opposition à Pesante. Être vêtu, armé légèrement. Marcher, courir, sauter légèrement.
Il signifie aussi Peu, au sens physique et au sens moral. Souper légèrement. Être blessé légèrement. Il est trop légèrement touché de sa faute. Il a été puni bien légèrement pour une faute si grave. Il a traité ce point trop légèrement.
Il signifie encore Inconsidérément, avec irréflexion. Il se conduit, il parle fort légèrement. Il ne faut pas croire tout ce qu'on vous dit légèrement. Vous avez pris cette résolution un peu trop légèrement. Vous n'avez pas examiné ce passage, cette raison; vous avez passé dessus trop légèrement.
Il signifie quelquefois Avec facilité et délicatesse. Ce tableau est légèrement touché. Un dessin légèrement fait. Ce musicien joue, exécute très légèrement.
LÉGÈRETÉ
n. f.
Qualité de ce qui est léger, peu pesant. La légèreté de l'air. La légèreté des vapeurs, du papier, de l'aluminium, du liège.
Il signifie aussi Agilité. Marcher, courir avec légèreté. La légèreté des oiseaux. La légèreté d'un cerf. La légèreté d'un danseur. La légèreté de sa marche, de sa danse, de sa course.
Il a une grande légèreté de main, se dit, au propre, d'un Cavalier, d'un ouvrier, d'un joueur d'instruments. Il se dit encore, au figuré, d'un Écrivain qui s'exprime avec aisance et délicatesse.
Il a une grande légèreté de pinceau, se dit d'un Peintre dont la touche est légère. Il, elle a beaucoup de légèreté dans la voix, se dit d'un Chanteur, d'une Chanteuse qui fait aisément les modulations, les traits ou les vocalises.
Il est quelquefois synonyme d'Agrément, facilité, en parlant de l'Esprit ou du style. Il a de la légèreté dans la manière d'écrire.
Il signifie au figuré Inconstance, instabilité. Je crains la légèreté de son esprit, de son caractère. Il a dans le caractère une légèreté qui l'empêche de se fixer à aucun parti.
Il signifie aussi Irréflexion, imprudence. La légèreté de sa conduite, de ses discours lui a causé beaucoup de désagréments. Voilà une grande légèreté de paroles.
Il se dit quelquefois d'une Faute commise par étourderie, d'un tort peu grave. Cette légèreté ne méritait pas une si grande punition. Ce ne sont que des légèretés qui tiennent à son âge.
Il se dit aussi d'une Liberté excessive, d'un souci insuffisant de la décence dans le langage. Il tient des propos d'une trop grande légèreté.
LÉGION
n. f.
T. d'Antiquité romaine
. Corps d'infanterie composé d'un nombre variable de soldats romains, auquel était rattaché quelquefois un corps de cavalerie formé d'étrangers, de gens de guerre composé d'infanterie et de cavalerie. La légion était la base de l'organisation militaire des Romains. Chaque légion était divisée en dix cohortes.
Il s'est dit autrefois, en France, de Certains corps d'infanterie et se dit encore aujourd'hui des Régiments composés principalement d'étrangers qui s'engagent ou se sont engagés au service de la France. Il a brillamment servi à la légion étrangère. La Légion polonaise de la Grande Guerre.
Il s'est dit aussi des Corps de garde nationale divisés par arrondissements. La première, la seconde, la troisième légion. Le colonel d'une légion. Il se dit encore aujourd'hui des Régiments de gendarmerie.
Légion d'honneur, Ordre militaire et civil institué en France par Bonaparte pour récompenser les services et les talents distingués. Grand chancelier, grand-croix, grand officier, commandeur, officier, chevalier de la Légion d'honneur. Il a obtenu, il a reçu, il porte la décoration de la Légion d'honneur. Nomination, promotion dans la Légion d'honneur. Être rayé des cadres de la Légion d'honneur.
Il signifie figurément et familièrement Un grand nombre de personnes. Une légion de parents, de cousins l'attendaient à la gare. Mes neveux sont légion.
En termes d'Écriture sainte, Des légions d'anges. Des légions de démons. S'appeler légion, Expression figurée, empruntée de l'Évangile, par laquelle on indique qu'un individu en représente un grand nombre d'autres. Dans l'Évangile, Jésus demande au démon quel est son nom, le démon répond : Je m'appelle légion.
LÉGIONNAIRE
n. m.
Soldat dans une légion romaine. Les légionnaires firent des merveilles en cette occasion.
Il se dit aussi, en France, des Soldats de la Légion étrangère. Adjectivement, Soldat légionnaire.
Il se dit aussi de Ceux qui font partie de l'ordre de la Légion d'honneur. Il était simple légionnaire, il a été nommé officier.
LÉGISLATEUR, TRICE
n.
Celui, celle qui donne des lois à un peuple. Moïse fut le législateur des Hébreux. Lycurgue à Sparte et Solon à Athènes sont des législateurs célèbres. Confucius, législateur des Chinois. Elle fut la législatrice de son peuple. En parlant des Lois religieuses, JÉSUS-CHRIST, le législateur des chrétiens. Notre divin législateur. Adjectivement, Roi législateur.
Il se dit collectivement, en parlant des Membres des assemblées parlementaires. C'est au législateur qu'il appartient d'expliquer la loi. Telle n'est point l'intention du législateur.
Il se dit, par extension, de Celui, de celle qui établit les principes d'un art, d'une science. Boileau fut au XVII e siècle le législateur de la poésie française, du Parnasse français.
LÉGISLATIF, IVE
adj.
Qui fait les lois. Pouvoir législatif. Puissance, autorité législative. Assemblée législative.
Par extension, Élection législative, Élection des députés, des sénateurs qui font les lois, après en avoir préparé et discuté la rédaction.
Il signifie aussi Qui est de la nature des lois, qui a le caractère d'une loi. Acte législatif. Mesures, dispositions législatives.
LÉGISLATION
n. f.
Droit de faire les lois. Dans les gouvernements constitutionnels, la législation n'appartient qu'au Parlement.
Il se dit aussi du Corps même des lois. Législation vicieuse, défectueuse. Réformer la législation. Corriger les vices, combler les lacunes de la législation.
Il se dit encore de la Science, de la connaissance des lois. Un cours de législation.
Législation comparée, Étude des lois des différents pays comparées entre elles.
LÉGISLATURE
n. f.
Assemblée élue qui fait les lois. La présente législature a de graves décisions à prendre.
Il désigne aussi la Période de temps qui s'écoule depuis l'installation d'une assemblée législative jusqu'à l'expiration de ses pouvoirs. Pendant la première, pendant la seconde législature.
LÉGISTE
n. m.
Celui qui est versé dans la connaissance et l'étude des lois. Tous les légistes sont du même avis sur cette question.
Il se dit, en Histoire, des Juristes qui, en France, ont soutenu et organisé l'autorité monarchique. Philippe le Bel s'appuya sur les légistes.
LÉGITIMAIRE
adj. des deux genres
. T. de Jurisprudence ancienne
. Qui appartient à la légitime. Portion légitimaire. Droits légitimaires. Héritiers légitimaires. Voyez LÉGITIME, nom féminin.
LÉGITIMATION
n. f.
Changement d'état d'un enfant naturel que ses père et mère reconnaissent par mariage subséquent, et qui acquiert par là les droits des enfants nés en légitime mariage. Autrefois la légitimation pouvait s'opérer par lettres de chancellerie.
Il signifie aussi Action de légitimer, sans qu'il y ait mariage entre le père et la mère. La légitimation des enfants naturels de Louis XIV.
Il signifie aussi Reconnaissance authentique et juridique des pouvoirs d'un envoyé, d'un mandataire, etc. Après la légitimation de ses pouvoirs auprès de la diète, il est entré en fonctions.
LÉGITIME
adj. des deux genres
. Qui a les conditions, les qualités requises par la loi. Pouvoir légitime. Autorité légitime. Mariage légitime.
Souverain légitime, Souverain qui règne en vertu d'une dévolution du pouvoir conforme à la loi du pays.
Enfant légitime, Enfant né durant le mariage, ou après la mort du père dans le délai que fixe la loi.
Intérêt légitime, Intérêt de l'argent au taux fixé par la loi.
LÉGITIME signifie aussi Qui se justifie, qu'on peut admettre, excuser. Ses voeux sont légitimes. Il a un sujet fort légitime de se plaindre de vous. Je l'ai vu en proie à une légitime indignation. Vos prétentions sont fort légitimes. Cette erreur est la conséquence légitime de votre étourderie. L'emploi de cette expression est légitime.
Légitime défense se dit d'un Acte accompli pour défendre sa vie par quelqu'un qui est attaqué, attiré dans un piège. Son avocat a soutenu à bon droit le cas de légitime défense. Par extension, il se dit du Droit qui appartient à chacun de repousser des calomnies, insinuations, accusations mensongères. Le droit de réponse est un cas de légitime défense.
LÉGITIME
n. f.
T. de Jurisprudence ancienne
. La portion assurée par la loi à certains héritiers sur la part héréditaire qu'ils auraient eue en entier, si le défunt n'en avait disposé, totalement ou partiellement, par donations entre vifs ou testamentaires. Un père ne peut pas ôter la légitime à son fils. Il a été réduit à sa légitime. On dit plutôt Réserve légale.
LÉGITIMEMENT
adv.
D'une manière légitime. Un bien légitimement acquis. Cette somme lui est légitimement due.
LÉGITIMER
v. tr.
Rendre légitime un enfant naturel. Son mariage a légitimé deux enfants qu'il avait eus auparavant. Ce prince fit légitimer deux de ses enfants naturels.
Il signifie aussi Faire reconnaître pour authentique et juridique. Il a fait légitimer ses pouvoirs.
Il signifie encore Justifier, rendre excusable. La dureté des parents ne légitime point les torts des enfants.
LÉGITIMISTE
n. m.
Partisan de la légitimité.
Il s'est dit spécialement, en France, des Partisans du droit au trône de la branche aînée des Bourbons. Adjectivement, Le parti légitimiste.
LÉGITIMITÉ
n. f.
La qualité de ce qui est conforme à la loi, à la justice, à la raison ou aux règles établies. On attaqua la légitimité de son mariage. La légitimité d'un droit, d'une action, d'une prétention, d'une demande.
Il signifie particulièrement État, qualité d'un enfant légitime. On lui conteste sa légitimité.
En termes de Politique, il se dit du Droit des princes qu'on appelle légitimes. Les défenseurs de la légitimité. Il se dit particulièrement en France du Droit dont se réclamaient les princes de la branche aînée des Bourbons. Les défenseurs de la Légitimité. Les partisans de la Légitimité.
LEGS
(On prononce Lègue; quelques-uns prononcent Lè.)n. m. Don fait par testament ou par autre acte de dernière volonté. Legs universel, particulier. Legs pieux. Faire, accepter, recevoir, refuser un legs, des legs. Un legs de cent mille francs. Le notaire vient d'acquitter tous les legs de la succession. Un legs caduc.
LÉGUER
v. tr.
Donner par testament ou par autre acte de dernière volonté. Il lui a légué cent mille francs par son testament, par un codicille. Je lui léguerai tous mes biens. Je donne et lègue ma ferme à mon neveu.
Il signifie, figurément, Transmettre. Il a légué son talent, sa probité, son courage à son fils. Le dernier siècle a légué au nôtre plusieurs découvertes précieuses.
LÉGUME
n. m.
Terme général par lequel on désigne Toute sorte d'herbes potagères, de plantes, de racines, de graines comestibles. Légumes verts. Légumes secs. Légumes de conserve. Bouillon de légumes. Son régime lui prescrit de ne manger que des légumes.
LÉGUMIER
n. m.
Récipient de porcelaine, de faïence ou de métal où l'on sert les légumes.
LÉGUMINEUX, EUSE
adj.
T. de Botanique
. Il ne s'emploie guère qu'au féminin et se dit de Certaines plantes dont la fleur est irrégulière et dont le fruit est une gousse, comme le pois, la fève, le haricot, etc. Plante légumineuse. Substantivement, Le trèfle est une légumineuse. La famille des légumineuses comprend un grand nombre de genres.
LEITMOTIV
(V se prononce F.)n. m.
T. de musique
. Mot emprunté de l'allemand où il signifie Motif conducteur. Thème qui revient fréquemment dans une partition. Les personnages des drames lyriques de Richard Wagner sont en général caractérisés par un leitmotiv. On écrit au pluriel Des leitmotive.
LEMME
n. m.
T. de Mathématiques
. Proposition dont la démonstration est nécessaire pour une autre proposition qui doit la suivre.
En termes de Logique, il se dit plus généralement d'une Proposition que l'on prend pour accordée.
LÉMURES
n. m. pl.
T. d'Antiquité romaine
. Ombres des morts venant tourmenter les vivants. On dit aussi LARVES.
LÉMURIENS
n. m. pl.
T. de Zoologie
. Famille de l'ordre des Quadrumanes renfermant les animaux de ce genre qui par leur forme se rapprochent le plus des quadrupèdes.
LENDEMAIN
n. m.
Le jour qui a suivi ou qui suivra celui dont on parle. Ils partirent le lendemain. Différer jusqu'au lendemain. Le lendemain de son arrivée. Il arrivera pour chacun de nous un jour qui n'aura pas de lendemain. Personne n'est assuré du lendemain.
Prov., Il ne faut jamais remettre au lendemain ce qu'on peut faire le jour même.
Du jour au lendemain, Très promptement. On a vu des fortunes se faire et se défaire du jour au lendemain.
Prov., Il n'y a pas de bonne fête sans lendemain, se dit lorsque, après s'être diverti un jour, on se propose de se divertir encore le jour suivant.
Par extension, Cette affaire a eu d'heureux lendemains, Cette affaire a eu une heureuse suite. Un bonheur, une joie sans lendemain, Un bonheur, une joie qui n'a pas duré.
LENDIT
n. m.
Foire qui, au moyen âge, se tenait à la foire de Saint-Denis et où l'Université de Paris se rendait en grande pompe pour faire provision de parchemin pour une année.
LÉNIFIER
v. tr.
T. de Médecine
. Adoucir au moyen d'un lénitif.
LÉNITIF, IVE
adj.
T. de Médecine
. Qui est adoucissant. Remède lénitif. Potion lénitive. Substantivement, Le miel est un bon lénitif pour la gorge.
LENT, ENTE
adj.
Qui n'est pas rapide dans ses mouvements, dans ses actions, qui n'agit pas avec promptitude. Il est lent dans tout ce qu'il fait à, tout ce qu'il fait. Lent à parler, à écrire. Il est lent à punir, prompt à récompenser.
Il s'applique à Certains mouvements qui manquent de vivacité. Une démarche, une parole lente. S'acheminer à pas lents.
Il se dit aussi de Certaines facultés et de certaines choses dont l'action ou l'effet manque de promptitude. Avoir l'esprit lent, l'imagination lente. Avoir le pouls lent. Une eau lente. Un poison lent. Des remèdes lents. Sa convalescence est bien lente. L'action lente du temps a désagrégé ce bas-relief.
En termes de Médecine, Fièvre lente, Fièvre continue, peu intense et qui suit une marche chronique. On dit dans un sens analogue Mort lente.
LENTE
n. f.
OEuf de pou. Avoir des lentes à la tête, dans les cheveux.
LENTEMENT
adv.
D'une manière lente. Marcher, se mouvoir, agir, parler, manger lentement. Il va lentement en besogne. Cette rivière coule lentement. Prov., Hâte-toi lentement.
LENTEUR
n. f.
Manque de rapidité dans le mouvement et dans l'action. La lenteur de sa prononciation m'impatiente. Il met beaucoup de lenteur à tout ce qu'il fait, dans tout ce qu'il fait. Agir, parler avec lenteur. Les lenteurs de la procédure.
Par analogie, Avoir une grande lenteur d'imagination, une grande lenteur d'esprit, Imaginer, concevoir difficilement et avec peine.
Il se dit aussi en parlant de l'Action d'une pièce de théâtre, d'un roman. On a blâmé, dans cette pièce, dans ce roman la lenteur de l'action. Il y a des lenteurs dans ce récit.
LENTICELLES
n. f.
plur. T. de Zoologie et de Botanique
. Petites taches brunes analogues à des lentilles.
LENTICULAIRE
adj. des deux genres
. T. didactique
. Qui a la forme d'une lentille. Verre lenticulaire. Pierre lenticulaire. Corps lenticulaire. Os lenticulaire, Le plus petit des osselets de l'oreille. En termes d'Anatomie et de Médecine, on dit, dans le même sens, LENTICULÉ, ÉE, et LENTIFORME.
LENTICULÉE, et LENTIFORME
adj.
Voyez LENTICULAIRE.
LENTILLE
n. f.
T. de Botanique
. Plante de la famille des Légumineuses, dont la graine, petite, plate, ronde, amincie par les bords, et de couleur roussâtre, est comestible. Semer des lentilles. Manger des lentilles. Un plat de lentilles. Une soupe aux lentilles. Une purée de lentilles. Cette pommade est très active : mettez-en sur la plaie gros comme une lentille.
Lentille d'eau, ou Lentille de marais, Plante aquatique dont la feuille a la forme d'une lentille.
LENTILLE se dit aussi, surtout au pluriel, de Certaines taches rousses qui viennent sur la peau, ordinairement au visage et aux mains, et qui ressemblent aux lentilles. Ces taches se nomment vulgairement Taches de rousseur et dans le langage médical Éphélides.
En termes de Physique, il se dit d'un Verre taillé, bombé sur les deux faces, comme une lentille. Le foyer d'une lentille.
En termes d'Horlogerie, Lentille de pendule, Poids de cuivre, de forme lenticulaire, qui est attaché à l'extrémité du balancier.
LENTISQUE
n. m.
T. de Botanique
. Arbrisseau qui croît dans le Midi et en Italie et dont on tire la résine connue sous le nom de Mastic.
LENTO
adv.
emprunté de l'italien. T. de Musique
. Lentement.
LÉONIN, INE
adj.
Qui appartient au lion, qui tient du lion. Une crinière léonine.
Il s'emploie surtout figurément, par allusion à la fable du Partage du Lion, et signifie Qui est très inégal, très défavorable, très dur pour une des deux parties qui contractent un arrangement, un traité et qui s'en trouve gravement lésée. Contrat léonin. Association léonine. Un partage léonin.
LÉONIN, INE
adj.
T. de Versification
. Il se dit de Certains vers latins du moyen âge dont les deux hémistiches rimaient ensemble.
Il se dit aussi de Vers français où une ou deux syllabes reproduisent la consonance de la rime.
Rime léonine, Rime où deux et jusqu'à trois syllabes sont semblables.
LÉONURE
n. m.
T. de Botanique
. Plante de la famille des Labiées, appelée vulgairement QUEUE-DE-LION.
LÉOPARD
n. m.
Nom générique d'une famille de quadrupèdes carnassiers à peau tachetée, qui comprend le jaguar et la panthère. Les léopards figurent dans les armoiries de l'Angleterre.
LÉPAS
(On prononce l'S.)n. m.
T. de Conchyliologie
. Coquillage univalve, qu'on nomme aussi Patelle.
LÉPIDOPTÈRE
n. m.
T. d'Entomologie
. Il se dit des Insectes qui ont quatre ailes couvertes d'une poussière écailleuse et une trompe roulée en spirale, qui subissent des métamorphoses complètes et dont la larve se nomme Chenille et la nymphe Chrysalide. Les papillons sont des lépidoptères, appartiennent à l'ordre des lépidoptères. Par apposition, Les insectes lépidoptères.
LÉPORIDES
n. m. pl.
T. de Zoologie
. Famille de mammifères du genre Lièvre.
Il se dit aussi des Métis obtenus par le croisement du lièvre et du lapin.
LÈPRE
n. f.
Infection caractérisée par des tubercules à la peau et qui ronge lentement le malade qui en est atteint. Chez les Juifs, ceux qui avaient la lèpre étaient séparés du reste du peuple. Il était couvert de lèpre. Il fut guéri de la lèpre. Très commune en Europe au moyen âge, la lèpre en a presque entièrement disparu aujourd'hui.
Par analogie et figurément, en termes d'Écriture sainte, La lèpre du péché.
LÉPREUX, EUSE
adj.
Qui est atteint de la lèpre. Un homme lépreux. Une femme lépreuse. Substantivement, Les dix lépreux de l'Évangile. Un hôpital pour les lépreux.
Fig., Un mur lépreux, un bâtiment lépreux, Un mur, un bâtiment présentant des dégradations qui font penser aux taches de la lèpre.
LÉPROSERIE
n. f.
Hôpital pour les lépreux.
LEQUEL, LAQUELLE
(DUQUEL, DE LAQUELLE; AUQUEL, À LAQUELLE.)pron. relatif . Il s'emploie à la place de QUI, surtout pour éviter une équivoque. Un homme s'est levé au milieu de l'assemblée, lequel a parlé d'une manière extravagante. Il y a une édition de ce livre, laquelle se vend fort bon marché.
Il s'emploie aussi lorsque le relatif représentant un nom de chose est un complément circonstanciel et est précédé d'une préposition autre que de. La patrie, pour laquelle chacun doit se sacrifier, exige ce nouveau sacrifice.
DUQUEL, DE LAQUELLE est parfois le synonyme de Dont. La maison de laquelle (ou dont) vous êtes propriétaire.
Il s'emploie obligatoirement comme complément déterminatif d'un nom précédé d'une préposition. La maison à la conservation de laquelle il tient tant a besoin d'être réparée.
LEQUEL s'emploie quelquefois, en termes de Palais, comme adjectif relatif. On a entendu trois témoins, lesquels ont dit... On a lu le mémoire de la réclamante, laquelle sollicite un dégrèvement.
LEQUEL est en outre pronom interrogatif. Lequel aimez-vous le mieux de ces deux tableaux- là? Lequel vous plaît le plus? Duquel des deux voulez-vous vous défaire? Par lequel des deux chemins irons-nous? Dans une interrogation indirecte : Parmi ces étoffes, voyez laquelle vous plairait le plus. Choisissez laquelle vous voudrez. Choisissez lequel d'entre nous vous voulez pour compagnon. On dit plus souvent celui qui, celui que, etc...
LEQUEL a quelquefois le sens neutre. Lequel préférez-vous, partir ou rester? On dit plutôt : Que préférez-vous?
LÉROT
n. m.
Espèce de petit loir gris, à taches noires sur l'oeil et derrière l'oreille. On le nomme aussi LIRON.
LES
Voyez LE, article, et LE, pronom personnel.
LÈSE
Mot emprunté d'un participe latin. Blessé, violé. Il s'emploie principalement avec le mot majesté. Crime de lèse-majesté humaine, de lèse-majesté divine. Criminel de lèse-majesté.
Il se joint quelquefois, par analogie, à d'autres noms féminins. Crime de lèse-humanité, de lèse-nation, de lèse-patrie. Par plaisanterie, En désobéissant à l'ordonnance du médecin, vous commettez un crime de lèse-faculté.
LÉSER
v. tr.
Faire tort. Je craindrais de vous léser. Il s'est considéré comme lésé dans ce partage. Être lésé de plus de la moitié du juste prix. Je suis la seule partie lésée. Il n'y a personne de lésé dans cette affaire.
Il signifie, en termes de Chirurgie, Blesser, endommager. La balle a lésé le poumon.
LÉSINE
n. f.
Épargne sordide et raffinée jusque dans les moindres choses. Il est d'une lésine qui passe toute imagination. Sa lésine est proverbiale. Il vieillit.
LÉSINER
v. intr.
Agir avec lésinerie. Il lésine sur tout.
LÉSINERIE
n. f.
Acte de lésine. Je le crois incapable d'une telle lésinerie. Pareille lésinerie me ferait honte. Faire des lésineries.
Il signifie aussi Vice de caractère qui porte à lésiner. Cet homme est d'une lésinerie incroyable.
LÉSION
n. f.
T. de Chirurgie
. Atteinte faite à une partie de l'organisme. Le coup de feu lui a fait une lésion légère aux intestins. L'examen du chirurgien a révélé une lésion.
Lésion organique du coeur, du poumon, Altération du coeur, du poumon, produite par quelque cause interne.
LESSIVAGE
n. m.
Action de lessiver.
LESSIVE
n. f.
Eau chaude que l'on verse sur du linge à blanchir, qui est entassé dans un cuvier et sur lequel on a mis un lit de soude, de potasse ou de cendre de bois. Couler la lessive. Mettre du linge à la lessive.
Il se dit plus souvent aujourd'hui de l'Action de laver, de nettoyer le linge par des procédés chimiques ou mécaniques. Faire la lessive. Ce linge ne sera tout à fait blanc qu'après plusieurs lessives.
Il se dit encore du Linge qui doit être mis à la lessive, qui doit être lessivé. J'ai donné ma lessive à laver. On dit plutôt aujourd'hui J'ai donné mon linge à laver.
Il se dit, par analogie, de Toute sorte d'eau détersive, rendue telle par de la cendre, ou par quelque autre matière convenable. On fait une sorte de lessive aux olives pour en ôter l'amertume.
Prov. et fig., À laver la tête d'un âne, on perd sa lessive. Voyez ÂNE.
Fig. et fam., Faire une grande lessive se dit de l'Action de débarrasser un organisme industriel, commercial, administratif, etc., des gens qui en compromettent le bon fonctionnement. À la suite de ce scandale, on fit une grande lessive.
En termes de Chimie, il désigne l'Opération qui consiste à verser plusieurs fois de l'eau chaude ou froide sur des matières terreuses ou autres pour en extraire les parties solubles qu'elles contiennent.