Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 854 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Repeupler

 

v. tr.

Peupler de nouveau un pays qui avait été dépeuplé. Repeupler une région dévastée. Cette ville s'est promptement repeuplée.

Repeupler un étang, Remettre du poisson dans un étang où il n'y en avait plus. On dit de même : Repeupler une terre, une plaine de gibier. Repeupler une garenne, un colombier. Cette basse-cour commence à se repeupler.

Repeupler une forêt, un bois, Les replanter, les regarnir d'arbres. Cette forêt se repeuple en châtaigniers.

 

REPIC

 

n. m.

T. du jeu de Piquet

. Coup où l'un des joueurs faisant trente points avant de jouer aucune carte, et sans que son adversaire ait rien marqué, compte quatre-vingt- dix. Il a fait repic.

Être repic se dit de Celui contre qui on a fait repic. Vous êtes repic.

Fig. et fam., Faire quelqu'un pic, repic et capot, Le réduire à ne pouvoir répondre, à ne savoir que dire.

 

REPIQUAGE

 

n. m.

Action de repiquer. Il se dit spécialement, en termes de Jardinage, de l'Action de replanter dans un autre endroit un jeune plant venu en semis.

 

REPIQUER

 

v. tr.

Piquer de nouveau.

Il signifie, en termes de Jardinage, Replanter un jeune plant venu en semis. Repiquer des salades.

 

RÉPIT

 

n. m.

Relâche, délai, action de surseoir. Je le poursuivrai incessamment et ne lui donnerai point de répit. Je lui ai donné un répit d'un mois. Ce créancier n'a jamais donné de répit à ses débiteurs. Il travaille sans répit. Ne me pressez pas tant; un peu de répit, s'il vous plaît. Fig., Il éprouve des douleurs continuelles qui ne lui laissent pas un instant de répit.

 

REPLACER

 

v. tr.

Remettre en place. Replacer une statue. Replacez ce livre. Le domestique que vous avez renvoyé est replacé. Il s'est replacé avantageusement.

 

REPLANTER

 

v. tr.

Planter de nouveau. Il faut ôter cet arbre de là et le replanter ailleurs. Replanter un bois, une forêt. Il faut replanter tout le coteau.

 

REPLÂTRAGE

 

n. m.

Action de replâtrer ou Résultat de cette action. Il se dit surtout d'une Réparation superficielle faite avec du plâtre.

Il désigne, figurément et familièrement, un Mauvais moyen qu'on emploie pour réparer une faute, une sottise. Cette démarche, cette explication n'est qu'un replâtrage.

Il se dit aussi d'une Réconciliation peu sincère, peu durable; de Toute réparation superficielle et précaire. Ce replâtrage ministériel ne durera pas.

 

REPLÂTRER

 

v. tr.

Enduire de nouveau de plâtre.

Il signifie, figurément et familièrement, Chercher à réparer, à couvrir une faute, une sottise. Il voudrait replâtrer ce qu'il a dit, ce qu'il a fait.

 

REPLET, ÈTE

 

adj.

Qui a de l'embonpoint, qui est gras. Il ne va plus à la chasse, il est devenu trop replet. Elle est assez replète. Il ne se dit pas des Animaux.

RÉPLÉTION

 

n. f.

Abondance de sang et d'humeur; excès d'embonpoint, surcharge d'aliments. On est plus souvent malade de réplétion que d'inanition.

 

REPLEUVOIR

 

v. intr.

Pleuvoir de nouveau. Il repleut, il commence à repleuvoir.

 

REPLI

 

n. m.

Pli double. Faire un repli à du papier, à une étoffe, à un vêtement.

Il se dit encore des Plis répétés. Les replis d'une écharpe. Les replis d'un drapeau que le vent fait flotter. Fig., Les replis du terrain.

Il se dit aussi des Sinuosités, des cercles que forme un reptile quand il se meut ou s'agite; dans ce sens, il s'emploie surtout au pluriel. Le reptile l'enveloppa de ses replis.

Il se dit figurément de Ce qu'il y a de plus secret, de plus caché dans l'âme. Les plis et les replis du coeur humain.

En termes militaires, il signifie Retraite volontaire. Position de repli, Position préparée pour recevoir une armée en retraite.

 

REPLIEMENT

 

n. m.

Action de replier. Le repliement d'une troupe. On dit aussi Reploiement.

 

REPLIER

 

v. tr.

Plier une chose qui avait été dépliée. En repliant cette étoffe, tâchez de la remettre dans les mêmes plis. Replier une robe, un manteau. On dit aussi Reployer.

Il signifie aussi Plier plusieurs fois; dans cette acception, on l'emploie surtout avec le pronom personnel. Voyez comme ce serpent se replie. Se replier en tous sens. En cet endroit, le fleuve se replie tout à coup et se dirige vers l'est.

Fig., Se replier sur soi-même, Se recueillir, réfléchir. La réflexion est l'action de l'âme qui se replie sur elle-même.

REPLIER signifie, en termes de Guerre, Ramener en bon ordre un corps de troupes en arrière. Ces trois escadrons se replièrent sur la seconde ligne, pour n'être pas pris de flanc. Se replier sur un poste.

Replier un détachement, un corps, un poste, Le ramener vers le gros de l'armée.

Se replier en bon ordre se dit figurément de Quelqu'un qui, voyant que sa demande n'a pas chance de réussir, sa proposition d'être agréée, se retire avec tact et habileté.

 

RÉPLIQUE

 

n. f.

Réponse à ce qui a été dit on écrit. Brève réplique. Il ne trouva pas de réplique. Il resta sans réplique. Réplique vive, ingénieuse. Réplique foudroyante. Cette raison est sans réplique. Cet écrit, cet ouvrage ne demeurera pas sans réplique.

Il signifie encore Réponse faite avec humeur, parole dite quand on devrait se taire. Pas de réplique! Il obéit sans réplique.

Il signifie spécialement, en termes de Procédure, Réponse sur ce qui a été répondu; réponse à la réponse faite par la partie adverse. Cet avocat est fort sur la réplique, a la réplique vive, brillante. Il demande à être entendu en réplique. Je satisferai à toutes ses objections dans ma réplique. Sa réplique a été faible, a été forte, a produit un grand effet.

En termes de Musique, Il signifie Répétition et se dit des Octaves, parce qu'on les regarde comme n'étant proprement que la répétition de la note fondamentale.

Il se dit aussi de la Répétition que fait un instrument d'une phrase de chant déjà exécutée par un autre instrument ou par la voix.

En termes de Beaux-Arts, il signifie Répétition, exemplaire nouveau, copie d'un tableau, d'un buste, etc., exécutée par l'artiste lui-même. Il existe de ce tableau plusieurs répliques.

En termes de Théâtre, il désigne Ce qu'un acteur a à dire au moment où un autre finit de parler. Manquer la réplique. Donner la réplique. Être attentif à la réplique.

Se donner la réplique se dit dans le langage courant de Personnes qui, dans la conversation, alternent, se renvoient la balle.

 

RÉPLIQUER

 

v. tr.

Donner la réplique, répondre sur ce qui a été répondu par celui à qui l'on parle. Il me répondit telle et telle chose, mais je lui répliquai cela et cela. Votre réponse me satisfait, je n'ai rien à y répliquer. Absolument, Mon avocat a parlé le premier, le vôtre a répondu, le mien répliquera.

Il signifie aussi simplement Répondre. Sur ce que je lui reprochais, il me répliqua que... Ce qu'il disait était si évident que je ne vis rien à répliquer. Absolument, Répliquer du tac au tac.

Il signifie encore Répondre avec humeur, parler quand on devrait obéir et se taire. Cet enfant a toujours quelque chose à répliquer.

Absolument, Quand il ordonne quelque chose, il ne souffre pas qu'on lui réplique, qu'on réplique. Ne répliquez pas.

 

REPLOIEMENT

 

n. m.

Voyez REPLIEMENT.

 

REPLONGER

 

v. tr.

Plonger de nouveau. Cette étoffe n'a pas assez bien pris la teinture, il faut la replonger dans la cuve. Se replonger dans l'eau.

Il s'emploie aussi figurément. Cette mort a replongé notre famille dans de nouveaux malheurs. Replonger une nation dans le désordre dans la barbarie.

REPLONGER est aussi verbe intransitif et signifie S'enfoncer de nouveau dans l'eau. À peine sorti de l'eau, ce nageur a immédiatement replongé.

 

REPLOYER

 

v. tr.

Voyez REPLIER.

 

REPOLIR

 

v. tr.

Polir de nouveau. Repolir de l'argenterie, de l'acier.

Il s'emploie figurément en parlant des Ouvrages de l'esprit. Polissez et repolissez sans cesse vos écrits.

 

RÉPONDANT, ANTE

n.

Celui, celle qui répond. Il s'est dit spécialement de Celui qui subit un examen public, qui soutient une thèse. Le président et le répondant. Ce répondant a fort bien soutenu son examen, sa thèse.

Il désigne aussi Celui qui répond la messe.

Il désigne encore Celui qui se rend caution, garant pour quelqu'un. Se rendre caution et répondant pour quelqu'un. Je vous servirai volontiers de répondant. Je serai votre répondant. Ce domestique a de bons répondants. Fam. et ironiquement, Voilà un bon répondant!

 

RÉPONDEUR, EUSE

 

adj.

Qui a l'habitude de répondre, de répliquer à un reproche, à un ordre. Cet enfant est très répondeur. J'ai renvoyé cette domestique qui était trop répondeuse. Il est familier.

 

RÉPONDRE

 

(Je réponds; nous répondons. Je répondais. Je répondis. J'ai répondu. Je répondrai. Je répondrais. Que je réponde. Que je répondisse. Répondant.)v. tr. Faire une réponse à ce qui a été dit ou demandé. Il ne me répondit que deux mots. S'il vous demande telle chose, que lui répondrez-vous? Il ne lui répondit rien. Il ne sut que répondre. À cela je réponds que...

Répondre une requête se dit du Juge qui met son ordonnance au bas d'une requête. On dit de même : Répondre une pétition, un placet. La pétition n'a pas encore été répondue.

Répondre la messe, Prononcer à haute voix les paroles contenues au missel et que doit dire celui qui sert la messe.

RÉPONDRE est aussi verbe intransitif. Répondre à propos, sur-le-champ. Répondre verbalement, de vive voix, par écrit. Répondre avec politesse. Répondre avec précision. Répondre nettement. Répondre vaguement. Répondre d'une manière évasive. Je lui ai répondu sur toutes les choses qu'il m'a demandées. Il a répondu à toutes les questions qu'on lui a faites. Quand on est assigné en justice, il faut répondre. Hésiter à répondre. Répondre par des injures. Elle ne répondit à ses reproches que par des larmes. Vous ne répondez point, ce n'est pas répondre, Vous ne répondez pas d'une façon précise. On dit familièrement dans le même sens : Répondre en Normand.

L'écho répond, Il répète les sons, les paroles. Les échos répondirent seuls à ses cris.

Des choeurs de musique qui se répondent, Qui chantent alternativement.

La sonnerie répond, la sonnette répond dans telle pièce, On l'entend dans telle pièce. La douleur lui répond à la tête, au genou, etc., Il éprouve en telle partie du corps une douleur qui se fait sentir par communication à la tête, au genou, etc.

Fig., Nos coeurs se répondent, Ils s'entendent, ils sont unis par une étroite sympathie.

En termes de Manège, Ce cheval répond parfaitement, Il sent les appels du cavalier et leur obéit.

RÉPONDRE signifie particulièrement Alléguer des excuses, des prétextes, au lieu de reconnaître son tort; Raisonner, répliquer, au lieu d'obéir promptement. Je ne veux point d'un valet qui répond. Faites ce qu'il commande et ne répondez point. Vous répondez, je crois.

Il signifie aussi Parler à ceux qui appellent, à ceux qui frappent à la porte, qui se présentent. On vous appelle; que ne répondez-vous? J'ai beau frapper à la porte, personne ne me répond, ne répond.

Répondre à un appel, à une citation, à une assignation, S'y rendre.

RÉPONDRE signifie encore Écrire à quelqu'un de qui l'on a reçu une lettre. Il répond à toutes les lettres qu'il reçoit. Je lui ai écrit deux fois, il ne m'a pas répondu. On a beau lui écrire, il ne répond pas. Transitivement, Il m'a répondu une longue lettre.

Il signifie en outre Parler ou écrire pour réfuter. Cet avocat n'a point encore répondu au plaidoyer de la partie adverse. Le délai accordé au défendeur pour répondre. Il n'est pas facile de répondre à cela. Il a répondu à toutes les objections qu'on lui a faites. Il ne répond à aucune des critiques qu'on fait de ses ouvrages.

Il signifie également Soutenir une thèse, subir un examen. Ce candidat a bien répondu.

Il signifie encore Faire de son côté ce qu'on doit, payer de retour. On lui a témoigné beaucoup de sympathie, mais il n'y a pas répondu. C'est mal répondre à tout ce qu'on a fait pour vous. Il n'a pas répondu aux avances que je lui avais faites. Je répondrai à votre confiance. On dit dans un sens analogue : Répondre aux politesses, aux caresses de quelqu'un.

Répondre à l'amour, à l'amitié, à l'affection de quelqu'un, Témoigner qu'on éprouve pour lui le même sentiment.

Répondre au salut de quelqu'un, Le lui rendre. On dit dans le même sens : Les vaisseaux saluèrent le fort, qui répondit par tant de coups de canon.

RÉPONDRE se dit souvent des Choses entre lesquelles il y a rapport, symétrie, proportion, correspondance. Ce pavillon répond à cet autre. L'aile droite de ce bâtiment ne répond pas à l'autre aile. Ces allées se répondent. Les pôles célestes sont les deux points du ciel qui répondent aux pôles terrestres.

Toutes les portes de cet appartement se répondent, Elles sont vis-à-vis les unes des autres.

RÉPONDRE signifie aussi Être égal, conforme à, s'accorder avec, satisfaire à. La seconde partie de ce discours ne répond pas à la première. Le style de cet ouvrage répond à la grandeur du sujet. Pensez-vous que la suite réponde à ces heureux commencements? Il a beaucoup de zèle, mais ses forces n'y répondent pas. Ce plan ne répond pas à mes vues. Cet ouvrage ne répond pas à l'idée qu'on avait de l'auteur. Je ne trouve pas d'expression qui réponde bien à ma pensée. Tout répond à nos voeux, à nos désirs, à nos espérances. Le succès ne répondit pas à son attente, à ses efforts.

Il s'emploie également en ce sens en parlant des Personnes. Il n'a pas répondu à l'attente publique. Il a mal répondu à mon attente. On avait conçu de lui de grandes espérances, mais il n'y a pas répondu.

Il signifie aussi Être caution, être garant pour quelqu'un. Répondre pour quelqu'un. Je ne suis pas en peine de la somme qui m'est due, car un tel m'en a répondu. Prov., Qui répond, paie.

Il signifie également Être caution, être garant de quelqu'un, de quelque chose qui a été commis à notre garde et que nous sommes tenus de représenter. Répondre d'un prisonnier. Ce prisonnier est confié à votre garde : vous en répondez. Il a reconnu qu'il était dépositaire de ces meubles, il doit en répondre.

Il signifie aussi simplement Se porter garant de quelqu'un, de quelque chose, en être responsable; donner quelque assurance. Me répondez- vous de cet homme-là? Je ne vous réponds que de moi. Vous me répondez de lui. Le médecin répond de sa vie, de sa guérison. Qui pourrait répondre de l'événement? Je n'oserais en répondre. Je ne vous réponds de rien. Je réponds de tout. Je ne vous réponds pas de ce que je ferai. Je vous réponds de l'amener. Je vous réponds qu'il partira. Je vous réponds bien que je ne m'en mêlerai pas.

Je vous en réponds se dit familièrement pour Affirmer davantage une chose. Il se trouve fort embarrassé, je vous en réponds.

 

RÉPONS

 

n. m.

Paroles, ordinairement tirées de l'Écriture, qui se disent ou se chantent, dans l'office de l'Église, après les leçons ou après les capitules. Grand répons. Répons bref. Chanter des répons.

 

Il se dit aussi du Signe d'imprimerie (R barrée : R ) qui indique les Répons.

 

RÉPONSE

 

n. f.

Parole dite à celui qui fait une demande, une question. Bonne réponse. Réponse laconique, sèche, sotte, impertinente, ridicule. Réponse favorable. Cette réponse ne me satisfait pas. Sa réponse fut affirmative, négative. Rendre réponse de quelque chose, sur quelque chose. Les réponses des oracles étaient ordinairement ambiguës. Donnez-moi une réponse. Donnez-moi réponse. Faire une réponse. Faire réponse. Il a réponse à tout. Les réponses d'un homme qu'on interroge. Un ouvrage par demandes et par réponses.

Fig. et fam., Une réponse de Normand, Une réponse équivoque. Il m'a fait une réponse de Normand.

Prov., Telle demande, telle réponse, Celui qui fait une demande sotte, ridicule, impertinente, s'attire ordinairement une raillerie, une réponse peu agréable. On dit dans le même sens : À sotte demande, sotte réponse. On dit encore : À sotte demande, à folle demande, point de réponse.

RÉPONSE se dit aussi d'un Écrit, d'une lettre répondant à un autre écrit. Il m'a écrit en réponse à ma lettre de tel jour. Il m'a fait réponse très promptement. J'ai reçu sa réponse. Je n'ai pas encore reçu de réponse de lui. Attendre réponse. Il n'y a pas de réponse.

En termes de Postes et Télégraphes, Réponse payée, Télégramme dont la taxe est acquittée d'avance par celui qui demande une réponse à son propre télégramme.

RÉPONSE signifie aussi Réfutation. Nous verrons bientôt sa réponse au livre qui a paru contre sa théorie. Il vient de m'attaquer, ma réponse ne se fera point attendre. Sa réponse est victorieuse. Le droit de réponse.

Il se dit particulièrement, en termes de Procédures des Écritures qu'une partie fait signifier pour répondre aux moyens que l'autre a présentés. Fournir sa réponse, ses réponses. La réponse aux défenses, aux griefs d'appel a été signifiée tel jour.

Il se dit encore, en termes de Musique, du Motif d'une fugue qui répond, qui correspond au sujet.

 

REPOPULATION

 

n. f.

Action de repeupler ou de se repeupler. Ces mesures favorisent la repopulation du pays.

 

REPORT

 

n. m.

T. de Comptabilité

. Action de reporter une somme, un total. Faire un report.

Il désigne aussi la Somme, le total même qu'on a reporté. Report : tant.

Il se dit, en termes de Bourse, d'une Opération qui consiste à acheter des devises ou des titres au comptant en les revendant à terme, ou bien à les acheter à terme en les revendant à un terme plus éloigné.

 

REPORTAGE

 

n. m.

Action de recueillir des nouvelles pour en rendre compte dans un journal ou Résultat de cette action. Faire un reportage. Article de reportage.

Il se dit aussi de l'Article lui-même où ces nouvelles sont exposées. J'ai lu de lui un excellent reportage.

 

REPORTER

 

v. tr.

Porter une chose au lieu où elle était auparavant. On reporta chez lui tout ce qu'il avait envoyé Reportez ce livre à votre maître.

Il signifie aussi Transporter, placer dans un autre lieu. Ce paragraphe doit être reporté à tel chapitre. Il faut reporter cette note à la fin du volume.

Reporter une somme, un total au haut de la page suivante dans un compte, L'y répéter.

REPORTER signifie encore Remettre à une autre époque. Par suite de ce deuil, la fête a été reportée à telle date.

En termes de Bourse, Se faire reporter, Faire reporter à l'échéance suivante une opération faite pour une certaine époque.

SE REPORTER s'emploie aussi figurément et signifie Se transporter en esprit, par la pensée, à un temps antérieur. Reportez-vous au temps des croisades. Si je me reporte aux jours de mon enfance....

 

REPORTER

 

(On prononce Reporteur.)n. m.

Nom donné en Angleterre et, par imitation, en France, aux journalistes d'information.

 

REPOS

 

n. m.

Privation, cessation de mouvement. Cet enfant ne demeure jamais en repos. Se tenir en repos.

Il signifie aussi Cessation de travail, d'exercice, pour faire disparaître la fatigue. Il y a longtemps que vous travaillez, donnez-vous un peu de repos, prenez un peu de repos. Il faut faire succéder le repos au travail. Dans les moments de repos. Le jour est le temps du travail, la nuit est le temps du repos. Le septième jour de la semaine était chez les Juifs un jour de repos, qu'ils appelaient Sabbat. Le dimanche, chez les chrétiens, est le jour du repos. Mettre des troupes au repos. Cette verdure est un repos pour les yeux.

En termes de Commandement militaire, on dit elliptiquement : Repos! pour Suspendre l'exercice et permettre aux hommes de se délasser.

Lit de repos, Sorte de lit où l'on se repose, où l'on dort le jour.

Fig., Troubler le repos des morts, Les exhumer, violer leur sépulture. Il signifie aussi Parler contre la mémoire des morts, contre leur réputation.

Le repos éternel, L'état où sont les âmes des bienheureux. On dit en ce sens : Prier Dieu pour le repos des âmes des morts.

Champ du repos se dit, dans le style soutenu, pour Cimetière.

REPOS signifie encore Quiétude, tranquillité, exemption de toute peine d'esprit. Je suis en repos de ce côté-là. Il est dans un grand repos d'esprit sur cette affaire. Il a l'esprit en repos. Mettre sa conscience en repos. C'est une affaire, c'est un procès qui lui ôte le repos, qui trouble tout son repos. Il est dans une peine continuelle, il n'a aucun repos. Vivre en repos. Goûter un doux repos. Je n'ai trouvé, je n'ai retrouvé le repos que depuis que j'ai mis ordre à cette affaire. Mon repos en dépend. Il n'aura point de repos qu'il n'ait achevé. Il est là-dessus en plein repos, dans un parfait repos.

Soyez en repos sur mes affaires, Ne vous en mêlez pas.

Laissez-moi, veuillez me laisser en repos, laissez-moi donc en repos, Cessez de me fatiguer de vos importunités.

De tout repos, Qui offre une entière sécurité. Des valeurs de tout repos. C'est un cheval de tout repos.

REPOS signifie, en parlant des États, Exemption de trouble, d'agitation; tranquillité. Le royaume est dans un repos complet, absolu. La paix est faite, les peuples vont goûter un profond repos. Troubler le repos public.

Il signifie aussi Sommeil. Il ne dort plus, il a perdu le repos depuis quelque temps. Prendre son repos. Il dort, ne troublez pas son repos.

En parlant d'Armes à feu, il se dit de l'État où elles sont, lorsque, le chien n'est ni abattu, ni bandé, mais maintenu par un cran spécial. Mettre le chien d'un fusil au repos. Ce fusil est au repos. Le cran de repos. Dans ce sens et dans ceux qui précèdent, il n'a point de pluriel.

Il se dit, en termes de Versification française, de la Césure placée à tel ou tel endroit du vers, pour marquer une pause, un arrêt.

REPOS se dit aussi des Pauses que l'on fait en prononçant un discours, en déclamant, en lisant à haute voix. Dans le discours prononcé, les repos de la voix tiennent lieu de points et d'alinéa. Un lecteur habile sait se ménager des repos pour respirer sans effort.

Il se dit, en parlant des Ouvrages de l'esprit, de Certains morceaux, de certains passages d'une lecture facile, destinés à procurer une détente à l'esprit du lecteur. Cette narration agréable sert de repos, après des réflexions si graves.

Il se dit, en termes de Beaux-Arts, de l'Attitude des figures représentées sans mouvement ou avec peu de mouvement. Les anciens dans leur statuaire adoptaient le plus souvent l'attitude en repos.

En termes d'Architecture, il désigne une Sorte de petit palier qui interrompt la suite des marches et qui est souvent formé d'une marche plus large que les autres. Il y a dix marches jusqu'au premier repos. Les repos de cet escalier ne sont pas bien placés.

 

REPOSANT, ANTE

 

adj.

Qui repose. Vacances reposantes. Séjour reposant. Spectacle reposant.

 

REPOSÉE

 

n. f.

T. de Chasse

. Lieu où une bête fauve se repose. Ils ont trouvé le cerf à la reposée.

 

REPOSER

 

v. tr.

Poser de nouveau; Poser une chose à l'endroit où on l'avait prise. Reposer son verre sur la table.

Il signifie aussi Mettre dans une situation tranquille, mettre en état de repos, pour délasser, pour détendre. Reposer sa jambe sur un tabouret. Reposer sa tête sur un oreiller.

Fig., N'avoir pas où reposer sa tête, Être sans asile et dans un extrême dénuement.

Fig., Reposer sa vue, ses yeux sur un objet, Les y arrêter avec plaisir, avec complaisance. On dit aussi : Sa vue, ses yeux se reposent sur tel objet.

Le sommeil repose le teint, Il lui rend un aspect de fraîcheur.

Fig., Reposer la tête, reposer l'esprit, reposer l'âme, Lui procurer du calme. Cet amusement me repose la tête. Cette nouvelle me repose l'esprit. Cette espérance me repose l'âme. On dit de même : Cela repose la vue, les yeux. La verdure repose la vue.

REPOSER est aussi intransitif et signifie Être établi, appuyé, fondé. La base de l'édifice repose sur le roc, sur des pilotis.

Il s'emploie figurément dans la même acception. Ce raisonnement ne repose sur rien, repose sur de solides principes. Ma confiance en lui repose sur une expérience de vingt ans. Son crédit, son autorité ne repose que sur de faibles bases.

Il signifie aussi Être en état de repos, de tranquillité. Il ne dort pas, il repose. Il est là, qui repose.

Il signifie encore Dormir. Il n'a pas reposé de toute la nuit.

Il signifie également Être déposé, placé en quelque endroit. Dans ce sens, on ne le dit guère que du Saint Sacrement, des reliques d'un saint, des restes mortels d'une personne. Le Saint Sacrement repose dans cette chapelle, dans ce tabernacle. C'est dans cette église que reposent les reliques de tel saint. Voici la tombe où il repose, la pierre sous laquelle il repose. ICI REPOSE est l'inscription qu'on grave ordinairement sur les pierres tombales.

Il se dit aussi des Liquides qu'on tient immobiles afin qu'ils se clarifient. Cette eau est trouble, il faut qu'elle repose quelque temps. Il faut laisser reposer le vin qui a voyagé.

Fig., Laisser reposer ses esprits, Les laisser rasseoir, se calmer. Vous êtes trop agité, laissez reposer vos esprits.

Laisser reposer une terre labourable, La laisser en guéret, en jachère, sans l'ensemencer.

Fig., Laisser reposer un ouvrage, Le garder pendant un certain temps, sans le relire, sans le montrer, sans le rendre public, afin de le revoir ensuite à loisir et de sang-froid.

SE REPOSER signifie Cesser de travailler, d'agir, d'être en mouvement, pour faire disparaître la fatigue. Se reposer après le travail. Il y a dix heures qu'il travaille sans se reposer. Reposez-vous, vous devez être las. Nous nous reposâmes sur le gazon. Après s'être reposé quelques instants, il reprit la parole. Il faut que l'esprit se repose.

Fig., Se reposer sur quelqu'un, Avoir confiance en lui.

Fig., Se reposer sur quelqu'un de quelque affaire, S'en remettre à lui de la conduite d'une affaire, s'en rapporter à lui comme à une personne en qui l'on a une entière confiance. Je me repose de ce soin sur vous. Je m'en repose sur vous entièrement. Je m'en repose sur votre parole, sur votre probité, sur votre capacité, sur votre amitié pour moi.

Fig., Se reposer sur ses lauriers. Voyez LAURIER.

Le participe passé REPOSÉ s'emploie adjectivement. Un teint reposé, une mine reposée, un visage reposé, Un teint, une mine, un visage qui a retrouvé sa fraîcheur.

À TÊTE REPOSÉE,loc. adv.

À loisir, avec réflexion. J'y songerai à tête reposée. Nous examinerons cette question à tête reposée.

 

REPOSOIR

 

n. m.

Lieu où l'on place, le Jeudi saint, l'hostie consacrée avec laquelle le prêtre communiera le lendemain, à la messe des présanctifiés. Il se dit aussi de l'Autel qu'on dresse sur le parcours de la procession le jour de la Fête-Dieu, pour y faire reposer le Saint Sacrement. Reposoir bien paré, bien orné. La procession s'arrêta devant le reposoir.

 

REPOUSSANT, ANTE

 

adj.

Qui inspire de l'aversion, du dégoût. Laideur repoussante. Cet objet est repoussant.

 

REPOUSSEMENT

 

n. m.

Action de repousser. Il ne se dit guère que du Recul produit par une arme à feu. Cette contusion a été causée par le repoussement de son fusil.

 

REPOUSSER

 

v. tr.

Pousser de nouveau. Pousser et repousser un objet. Il est rare en ce sens.

Il signifie surtout Pousser en arrière, rejeter; faire reculer quelqu'un, écarter de soi quelque chose. Il le repoussa de la main. Il voulut entrer, on le repoussa. Repousser les ennemis. Repousser les efforts de l'ennemi. Repousser une attaque, un assaut.

Fig., Il a été repoussé avec perte, Il a reçu un grand échec, il a échoué complètement.

Repousser la force par la force, Employer la force pour se défendre contre celui qui attaque.

Fig., Repousser la calomnie, La réfuter hautement.

Fig., Repousser une tentation, une mauvais pensée, La rejeter de son esprit.

Fig., Repousser une demande, une proposition, etc., L'écarter, la rejeter. Il a repoussé avec horreur cette offre injurieuse.

En termes de Physique, Un corps chargé d'électricité négative repousse au-delà de la verticale un corps chargé de la même électricité. Les électricités de même nom se repoussent.

REPOUSSER s'emploie aussi comme verbe intransitif. Ce ressort repousse trop, ne repousse pas assez, Il a trop ou trop peu de force. Ce fusil repousse, La crosse donne rudememt contre l'épaule de celui qui tire.

Fig. et fam., Il a une figure qui repousse, des manières qui repoussent, Il a une figure, des manières qui inspirent de l'éloignement, de l'aversion, qui causent de la répugnance.

REPOUSSER,intransitif

, signifie encore Pousser de nouveau. Il faut couper cet arbre, il repoussera du pied. Étêtez cet arbre, il repoussera bientôt. Ces ormes repoussent déjà. On lui a rasé la tête, afin que ses cheveux repoussent mieux. On dit transitivement, dans un sens analogue : Cet arbre, cette plante, etc., a repoussé de plus belles branches, de nouvelles feuilles, etc.

Le Participe passé REPOUSSÉ s'emploie adjectivement. Cuir repoussé, cuivre, métal repoussé, Cuir, cuivre, métal que l'on a décoré d'ornements en le travaillant à l'envers, au marteau ou avec des instrument spéciaux.

Il s'emploie aussi substantivement. Travail de repoussé, OEuvre en relief exécutée à coups de marteau dans une plaque de métal.

 

REPOUSSOIR

 

n. m.

Outil qui sert à faire sortir des clous, des chevilles.

Il se dit encore, dans plusieurs Arts, de Certains instruments et outils qui servent à faire ressortir les reliefs. Un repoussoir d'orfèvre, de sculpteur, etc.

En termes de Peinture, il se dit des Objets vigoureux de couleur ou très ombrés, qu'on place sur le devant d'un tableau, pour faire paraître les autres objets plus éloignés.

Il se dit figurément et familièrement d'une Personne ou, d'une chose qui en fait valoir une autre par le contraste. Une femme laide sert de repoussoir à sa voisine. Ce meuble est d'autant plus en valeur que la tenture unie lui fait repoussoir.

 

RÉPRÉHENSIBLE

 

adj. des deux genres

. Qui mérite blâme, réprimande. Il est très répréhensible. Commettre un acte répréhensible. Cela n'est pas si répréhensible que vous croyez.

 

RÉPRÉHENSION

 

n. f.

Blâme, réprimande, correction. Une sévère, une aigre répréhension. Cela mérite répréhension, est sujet à répréhension. Il vieillit.

 

REPRENDRE

 

(Il se conjugue comme PRENDRE.) v. tr. Prendre de nouveau. Reprendre les armes. Reprendre un prisonnier qui s'était échappé, un oiseau qui s'était envolé. Reprendre une ville sur l'ennemi qui s'en était emparé. Reprendre à son service un ancien domestique. Cet homme a repris sa femme après une longue séparation. Après son exil, il reprit sa place au Sénat. Il a repris ses habits d'été, d'hiver. Il a repris médecine. Reprendre du pain, de la viande. La fièvre l'a repris. Reprendre la parole. Il a repris du service. Reprendre racine.

Reprendre un chemin, Y rentrer après l'avoir quitté. Nous reprîmes le chemin à tel endroit.

Reprendre la mer, Naviguer de nouveau.

Reprendre pied, Retrouver le fond de l'eau avec les pieds, après l'avoir perdu.

Fig., Reprendre le dessus, Regagner l'avantage qu'on avait perdu. Il signifie aussi Se rétablir après une grave maladie. Il a bien repris le dessus.

Fam., On ne m'y reprendra plus, Je me garderai de m'exposer de nouveau au même danger, au même ennui. On dit par forme de menace : Que je ne vous y reprenne plus! Que je vous y reprenne!...

REPRENDRE signifie aussi Prendre ce qu'on avait donné. Reprenez votre cadeau, je ne puis l'accepter. Reprenez le mandat que vous m'avez confié.

Reprendre une marchandise, Accepter qu'on vous la rende et en annuler la vente.

Fig., Reprendre sa parole, Retirer une promesse qu'on avait faite. Il avait, donné, sa parole un peu vite, il essaya de la reprendre.

REPRENDRE signifie aussi Recouvrer. Cet homme laisse une fortune importante, mais sa veuve a beaucoup à reprendre sur la succession. Reprenez votre bien. Fig., Reprendre des forces. Reprendre courage. Reprendre espoir, confiance. Reprendre ses esprits. Elle a repris l'usage de ses sens. Il a repris tous ses droits sur elle. Cette manufacture a repris un peu d'activité.

Reprendre son haleine, Recommencer à respirer après une interruption accidentelle, plus ou moins longue.

Fig., Reprendre haleine, Se reposer pour se mettre en état de recommencer à parler, à marcher, à travailler, etc.

REPRENDRE signifie encore Rejoindre quelqu'un pour l'emmener. Attendez-moi, je viendrai vous reprendre; je vous reprendrai en passant.

Il signifie également Se remettre à quelque chose après une interruption. Il a repris son travail. Ils ont repris leur correspondance, interrompue. Ils ont repris, leur train de vie accoutumé. Il faut reprendre cette affaire. Elle a repris la conduite, la direction, le gouvernement de la maison. Reprenons la conversation où nous en étions. Reprenons notre lecture. Après cette interruption, il reprit ainsi son discours. Reprendre le fil de son discours. Reprendre le cours de ses réflexions. Reprendre sa route. Reprendre les hostilités. Maintenant, les choses ont repris leur cours normal.

Reprendre une chose, une histoire de plus haut, La raconter en la commençant à un point plus éloigné dans le temps, pour rendre la narration plus claire, pour mieux éclaircir le fait. Pour vous bien instruire, de cet événement, il faut reprendre la chose de plus haut. Reprenons cette histoire de plus haut.

Reprendre les choses de plus haut, Remonter à des vérités antérieures, à des principes généraux.

Reprit-il, il reprit se dit lorsque, rapportant une conversation, on fait parler de nouveau l'un des interlocuteurs. Il reprit ainsi. Il reprit en ces termes. Cela est indubitable, reprit- il; mais... Dans ces phrases, Reprendre s'emploie absolument.

En termes de Procédure, Reprendre une instance, Continuer avec une nouvelle partie, ou avec la même, un procès commencé et qui avait été interrompu. Il a fait assigner les héritiers d'un tel, pour reprendre l'instance avec eux.

Reprendre une tragédie, une comédie, etc., La remettre au théâtre.

Reprendre un mur, En réparer, en fermer les crevasses. Reprendre la façade d'une maison.

Reprendre un mur, un pilier, etc., sous oeuvre, en sous-oeuvre, Reconstruire, les parties inférieures d'un mur, d'un pilier, etc., en soutenant le reste.

Fig., Reprendre sous oeuvre un projet, une entreprise, un ouvrage, S'en occuper en suivant le même plan, mais avec certaines modifications, certains changements.

Reprendre une maille, La rattacher.

REPRENDRE signifie encore Réprimander, blâmer, censurer quelqu'un pour ce qu'il a fait ou dit. Reprendre doucement. Reprendre aigrement, durement. On a beau reprendre ce jeune homme de ses fautes, il y retombe toujours.

Il signifie aussi Blâmer, censurer, critiquer quelque chose, y trouver à redire. On reprend en vous bien des choses. C'est un homme de bien, je ne vois rien à reprendre dans sa conduite, à sa conduite. Ce critique trouve à reprendre dans les meilleurs auteurs. Il trouve à reprendre à tout ce qu'on fait.

REPRENDRE est aussi verbe intransitif et se dit des Arbres, des plantes, qui prennent racine de nouveau, lorsqu'ils sont transplantés. Ce pommier, ce poirier a bien repris. Il se dit, également des Greffes. Cette greffe a bien repris.

Il se dit aussi des Blessures, des chairs qui ont été coupées, ouvertes, séparées; et il signifie Se refermer, se rejoindre. La plaie commence à reprendre. Les chairs reprennent. On dit de même pronominalement : La plaie se reprend, les chairs se reprennent.

Il signifie encore Se remettre. Ce convalescent, ce malade reprend, a bien repris, Sa santé se rétablit, est bien rétablie.

Cette pièce de théâtre a repris, Après être tombé d'abord, elle s'est relevée.

REPRENDRE signifie également Recommencer, revenir. Le froid a repris. La pluie a repris. Cette mode a repris. Leur amitié a repris.

Les affaires reprennent, Le commerce et l'industrie recommencent à bien aller.

La goutte, la fièvre, etc., lui a repris, Elle lui est revenue, elle lui a pris de nouveau. On dit aussi transitivement dans le même sens : La goutte, la fièvre, etc., l'a repris.

REPRENDRE. signifie, encore, Se figer, geler de nouveau, Ce ciment a repris, La rivière a repris.

SE REPRENDRE signifie Se corriger d'une chose qu'on a dite mal à propos, avec ou sans intention. Il dit un mot pour un autre, mais il se reprit aussitôt.

Il signifie encore Se remettre à une chose. Il a fallu s'y reprendre à plusieurs fois. On dit aussi, familièrement : Vous y voilà repris. Vous vous êtes remis dans un cas fâcheux. Je n'y serai plus repris, Je ne m'y exposerai plus, je n'en serai plus dupe.

Le participe passé REPRIS s'emploie substantivement dans cette locution : Un repris de justice, Un homme qui est de nouveau inculpé, ayant déjà subi une condamnation pénale. Quelle foi peut-on ajouter à son témoignage? c'est un repris de justice.

 

REPRÉSAILLE

 

n. f.

Traitement que l'on inflige à un ennemi pour s'indemniser d'un dommage qu'il a causé, ou pour se venger d'une violence qu'il a exercée contre le droit de la guerre. Une juste représaille. La représaille est permise. Attendez-vous à la représaille. Cette représaille est trop forte.

Il s'emploie plus ordinairement au pluriel. Il s'est saisi de cette terre par droit de représailles, par représailles. Les représailles sont un droit terrible de la guerre. Les violences que l'ennemi a commises, autorisent, justifient nos représailles.

Il se dit figurément de l'Action de rendre injure pour injure, raillerie pour raillerie. La représaille est légitime. Attendez-vous à la représaille. User de représailles.

 

REPRÉSENTANT, ANTE

 

n.

Celui, celle qui en représente un autre, qui tient sa place, qui a reçu de lui des pouvoirs pour agir en son nom. Il agit dans cette affaire par son représentant. Dans certaines assemblées, les représentants tiennent le rang de ceux qu'ils représentent.

Représentant de commerce, de fabrique ou, absolument, Représentant, Personne qui recueille des affaires pour une maison de commerce, pour une fabrique.

REPRÉSENTANT se dit aussi des Citoyens qui sont nommés par élection à une assemblée législative. Ce département envoie cinq représentants à la Chambre. Représentant du peuple. Il se dit en termes de Jurisprudence de Ceux qui sont appelés à une succession, du chef d'une personne prédécédée et dont ils exercent les droits. Les représentants ont les mêmes droits à une succession que celui qu'ils représentent.

Il se dit également de Ceux qui ont le droit des héritiers, par vente, échange ou autrement.

 

REPRÉSENTATIF, IVE

 

adj.

Qui représente. Les cérémonies de l'ancienne loi étaient des types et des figures représentatives des mystères de la loi nouvelle.

Un personnage représentatif, Un personnage qui représente toute une catégorie d'individus, un type général. Cléon, Brutus, Caton sont des personnages représentatifs.

REPRÉSENTATIF se dit spécialement de la Forme de gouvernement suivant laquelle la nation ou une partie de la nation élit des députés qui votent l'impôt et concourent à la confection des lois. Gouvernement, système, régime représentatif. On dit dans un sens analogue : Assemblée représentative.

 

REPRÉSENTATON

 

n. f.

Exhibition, exposition devant les yeux. Il intervint un arrêt qui ordonnait la représentation des titres, la représentation des titres en original. On exigea la représentation de son passeport.

Il se dit aussi en parlant des Objets qu'on représente par la peinture, la sculpture, la gravure. La représentation d'une bataille, d'une histoire. Ce bas-relief est une représentation de la Sainte Famille.

Il se dit également d'une Description, d'une peinture faite dans un ouvrage de l'esprit. Il y a dans tel roman une représentation très exacte des moeurs de ce pays.

Il se dit encore de l'Action de représenter des pièces de théâtre. La représentation d'une tragédie, d'une comédie, d'un opéra. La première, la seconde représentation d'une pièce. Cette comédie eut à la dixième représentation les mêmes applaudissements qu'à la première. Cette pièce est à sa centième représentation. Donner les dernières représentations d'une pièce. Cette pièce a eu plus de succès à la représentation qu'à la lecture.

En termes de Philosophie, il se dit de l'Acte par lequel l'esprit reproduit en lui des images.

En termes de Jurisprudence, il se dit en parlant de Ceux qui recueillent une succession, comme prenant la place et exerçant les droits de parents morts qu'ils représentent. Représentation successorale. Il figure à cette succession par droit de représentation. Il partage avec ses oncles par représentation de sa mère. La représentation en ligne directe descendante a lieu à l'infini. Représentation collatérale, en ligne collatérale.

En termes de Politique, il se dit de l'Action de tenir la place des électeurs, d'être leur mandataire dans une assemblée. Représentation proportionnelle.

Représentation nationale, Assemblée élue par la nation ou par une partie de la nation, pour voter le budget et pour concourir à la confection des lois.

REPRÉSENTATION se dit, en termes de Commerce, de l'Action de recueillir des affaires, pour une maison de commerce, pour une fabrique. Faire de la représentation.

Il se dit aussi de l'État que tient une personne distinguée par son rang, par sa dignité, etc. Cette place exige une grande représentation. Cet ambassadeur néglige trop la représentation. Frais de représentation. Être toujours en représentation.

Il désigne encore une Sorte d'objection ou de remontrance qu'on fait à quelqu'un avec égards, avec mesure. On lui fait d'inutiles représentations, il s'obstine dans son projet. Permettez- moi de vous faire ma représentation, mes représentations.

 

REPRÉSENTER

 

v. tr.

Présenter de nouveau. Ne me représenter plus cet homme-là. Dites au concierge de ne pas le laisser entrer, si jamais il se représente. Qu'il ne se représente plus devant moi! Cette idée se représente sans cesse à mon esprit. Il ne se représente pas aux élections.

En termes de Jurisprudence et d'Administration, Il signifie Exhiber, montrer, exposer devant les yeux. Il fut obligé de représenter les originaux, de représenter le contrat en original. La Cour ordonna que les registres seraient représentés. Il se fit représenter les registres. Il fut obligé de représenter son passeport, son certificat de vie.

Représenter quelqu'un, Le faire comparaître personnellement, le remettre entre les mains de ceux qui l'avaient confié à notre garde. On le mit à la garde d'un huissier pour le représenter dans deux mois. Il se dit aussi en parlant des Choses. Il fut condamné à représenter les effets qu'on avait mis en dépôt entre ses mains. On dit de même : Se représenter, Comparaître personnellement en justice, ou se remettre au même état où l'on était lorsqu'on a été élargi. On lui a ordonné de se représenter dans trois mois. Un accusé condamné par contumace peut se représenter dans les cinq ans pour purger la contumace.

REPRÉSENTER signifie aussi Évoquer, mettre devant l'esprit, rappeler le souvenir d'une personne, d'une chose. Cet enfant me représente si parfaitement son père, qu'il me semble que je le vois. Toutes les fois que je passe par là, je me représente ce qui m'y est arrivé. Représentez- vous ce qui arriverait si vous faisiez cela. Représentez-vous cet homme, élevé dans l'opulence, et maintenant réduit à la plus profonde misère. Qu'on se représente leur étonnement et leur désespoir. En revoyant ce lieu, il se représenta vivement la perte qu'il y avait faite.

Il signifie également Rendre l'image d'un objet. Cette glace représente fidèlement, infidèlement les objets.

Il signifie encore Figurer par le pinceau, par le ciseau, par le burin, etc. Cela est représenté au naturel. Un tableau qui représente une Nativité. Cette estampe représente la Sainte Famille. On représente cette divinité sous telle forme, avec tels attributs. La scène représente un palais.

Il signifie aussi Exprimer, peindre par le récit, par un écrit. Il nous a fait un récit où il nous a représenté les choses très exactement. Ce poète a bien représenté le caractère de son héros.

Il signifie en outre Imiter par l'action et par la parole; et il se dit particulièrement des Acteurs. Celui qui représentait le principal personnage, le premier personnage. Celui qui représentait César. Celle qui représentait Andromaque.

Il signifie aussi Jouer sur la scène. Représenter une tragédie, une comédie, un opéra, une pièce de théâtre.

Dans le langage théologique, il signifie être le type, la figure de quelque chose. Les cérémonies de l'ancienne loi représentaient les mystères de la loi nouvelle. Salomon était destiné à représenter la personne du Messie.

REPRÉSENTER signifie aussi Tenir la place d'une ou de plusieurs personnes, en vertu du droit qu'on a reçu d'elles. Il se dit particulièrement des Délégués à certaines assemblées délibérantes, des envoyés d'un souverain et de quelques hauts fonctionnaires. Les instructions données par un souverain aux ambassadeurs chargés de le représenter. Cet ambassadeur a dignement représenté la France dans telle occasion. Il représente à la Chambre telle ville, les électeurs de telle circonscription.

Il se dit également de Celui qui est chargé d'une procuration spéciale pour faire quelque chose au nom d'un autre. Il représente celui dont il a procuration, dont il a le pouvoir. Représenter une maison de commerce, une fabrique, Recueillir des affaires pour elle.

REPRÉSENTER se dit aussi de Ceux qui figurent à certaines cérémonies au lieu d'une autre personne qui y a sa place marquée mais est empêchée de s'y rendre. Au sacre de Louis XV, le duc d'Orléans représentait le duc de Bourgogne. Le ministre de la Guerre s'est fait représenter aux obsèques de ce général.

Il se dit encore des Héritiers qui sont reçus à recueillir ou à partager une succession, comme étant à la place de parents morts dont ils exercent les droits. Il partagea cette succession avec ses oncles, parce qu'il représentait son père. Il représente sa mère, et par conséquent il doit partager avec les soeurs de sa mère.

REPRÉSENTER se dit absolument d'une Personne qui sait, par son attitude, se faire respecter et faire respecter sa place lorsqu'elle en remplit les fonctions en public. C'est un homme qui représente bien, qui représente avec dignité.

Il se dit aussi d'une Personne considérable qui reçoit beaucoup de monde et qui, par une grande dépense, fait dignement les honneurs de sa place ou de sa fortune. Il est assez riche pour bien représenter.

Il se dit encore d'une Personne qui, par sa figure, son maintien, son air, sa démarche et tout son extérieur, impose une sorte de respect à ceux qui la voient. Ce fonctionnaire représente bien.

REPRÉSENTER signifie aussi Remontrer. On lui représenta que c'était se précipiter dans un péril évident. On eut beau lui représenter les inconvénients de cette démarche.... Il a pris son parti, tout ce qu'on pourra lui représenter ne servira de rien.

 

RÉPRESSIF, IVE

 

adj.

Qui réprime. Lois répressives.

 

RÉPRESSION

 

n. f.

Action de réprimer. La répression des crimes, des délits, des abus.

 

RÉPRIMABLE

 

adj. des deux genres

. Qui doit ou peut être réprimé. C'est une licence, un abus réprimable.

 

RÉPRIMANDE

 

n. f.

Blâme formulé. Douce, forte, sévère réprimande. Faire des réprimandes. Il ne peut souffrir les réprimandes. Je ne ferai pas ce que vous me dites, j'en aurais, j'en recevrais des réprimandes. Je lui en ferai réprimande. Cela mérite réprimande.

Il se dit aussi d'une Peine disciplinaire qu'inflige un Conseil de l'ordre des avocats, une Chambre d'avoués, de notaires, un Conseil de discipline, etc.

 

RÉPRIMANDER

 

v. tr.

Reprendre quelqu'un avec autorité, lui reprocher sa faute. Je l'ai fortement réprimandé sur sa conduite. Je l'en ai réprimandé. Il ne peut souffrir d'être réprimandé. Quel droit a-t-il de vous réprimander?

 

RÉPRIMER

v. tr.

Arrêter l'action, l'effet, le progrès de quelque chose. Réprimer une révolte.

Il se dit aussi au figuré. Réprimer les progrès du mal. Réprimer les abus, la licence. Réprimer l'insolence, l'orgueil. Il faut réprimer ses passions. Réprimer ses désirs. On a réprimé son ardeur, son impétuosité.

 

REPRISAGE

 

n. m.

Action de repriser ou Résultat de cette action. Le reprisage des bas, des chaussettes. Faire du reprisage.

 

REPRISE

 

n. f.

Action de reprendre. La reprise d'une ville, d'une forteresse sur l'ennemi. Droit de reprise.

Il se dit spécialement, en termes de Marine, d'un Navire capturé par les ennemis et repris ensuite par la nation sur laquelle il avait été pris.

REPRISE signifie aussi Continuation de ce qui a été interrompu, réitération de ce qui a déjà été fait. La reprise des travaux. Le mur a été fait à plusieurs reprises, à différentes reprises. La reprise des hostilités.

En termes de Procédure, La reprise d'un procès, d'une instance, Le renouvellement et la continuation d'un procès interrompu, lorsqu'il y a eu changement de parties ou d'avoué. Assigner en reprise d'instance.

Reprise d'une pièce de théâtre, Action de remettre cette pièce à la scène. Ce genre de pièces ne supporte pas la reprise. Sa comédie a eu plusieurs reprises.

La reprise du froid, Le recommencement du froid après une interruption. Après quelques jours assez doux, nous avons eu une reprise de froid très désagréable. On dit de même Une reprise de fièvre.

La reprise des affaires, Le recommencement des transactions commerciales, des entreprises industrielles qui avaient éprouvé du ralentissement.

À plusieurs reprises, à différentes reprises, Plusieurs fois, différentes fois. Il m'a écrit à plusieurs reprises. Ce livre a été réimprimé à différentes reprises.

REPRISE se dit, en termes de Musique, de la Deuxième exécution d'une partie d'un morceau. Faire la reprise.

Il se dit, par extension, de la Partie qui doit être jouée une seconde fois. La reprise d'un air de Bach.

Il se dit en outre du Signe qui marque que l'on doit répéter la partie qui le précède.

En termes d'Escrime, il se dit d'un Nouvel engagement après un repos. Il fut touché à la troisième reprise.

En termes de Manège, il désigne Chaque leçon donnée au cavalier on au cheval, et après laquelle ils se reposent. J'ai fait trois reprises sur ce cheval. Faire une reprise au pas, au trot, au galop. La reprise a été longue, courte.

Il se dit également d'un Groupe de cavaliers qui travaillent en même temps et ensemble. Une reprise de trois ou quatre cavaliers. Mettez-vous en tête de la reprise.

REPRISE désigne, en termes d'Architecture, la Réparation qu'on fait à un mur, à un pilier, etc., soit à la surface, soit dans les fondations. Il y a des reprises à faire à cette façade. Il faut faire une reprise à ce mur, à ce pilier. Reprise en sous-oeuvre.

Il désigne aussi une Réparation qu'on fait à une étoffe, à une dentelle qui a été déchirée, à un tissu dont une maille s'est échappée. Il a fallu faire une reprise à ce vêtement. Il y a des reprises dans cette toile. Ses bas sont pleins de reprises. Elle fait bien les reprises.

Une reprise perdue, Une reprise faite si habilement qu'elle ne s'aperçoit pas.

REPRISES, au pluriel, se dit, en termes de Jurisprudence, de Ce que chacun des époux a droit, par lui ou ses représentants, de prélever, avant partage, sur la masse des biens de la communauté, lorsqu'elle est dissoute. Les reprises de la femme s'exercent avant celles du mari. En cas d'insuffisance de la communauté, la femme ou ses héritiers exercent leurs reprises sur les biens personnels du mari. Ils ont eu telle propriété pour leurs reprises. Reprises matrimoniales.

 

REPRISER

 

v. tr.

Raccommoder en faisant une reprise. Repriser un vêtement. Repriser des bas.

 

RÉPROBATEUR, TRICE

 

adj.

Qui marque, qui exprime la réprobation. Un ton réprobateur. Cet accent réprobateur me surprend. Un regard réprobateur.

 

RÉPROBATION

 

n. f.

Action par laquelle on réprouve, on rejette. Il se dit spécialement, en termes de Théologie, du Jugement de Dieu contre les pécheurs impénitents. Les questions de la prédestination et de la réprobation ont exercé les théologiens. Signe de réprobation. Frappé de réprobation.

Il signifie aussi simplement Blâme, désapprobation sévère. Cette action mérite la réprobation publique, universelle. Cela est digne de réprobation. Encourir la réprobation des gens de bien. Son altitude a soulevé la réprobation générale.

 

REPROCHABLE

 

adj. des deux genres

. Qui mérite reproche. Action reprochable. Ce n'est pas là une faute reprochable.

 

REPROCHE

 

n. m.

Action de reprocher. Sanglant reproche. De graves, de légers reproches. Des reproches amers. Reproche juste, injuste, fondé, mal fondé. Si vous manquez à ce que vous m'avez promis, je vous en ferai reproche, des reproches. J'en ai reçu des reproches. Il a mérité des reproches. Il s'est attiré de justes reproches. Il n'y a pas de reproche, de reproches à lui faire. On l'a accablé de reproches. Il est à l'abri des reproches. Les reproches de la conscience. Les critiques font à cet écrivain plusieurs reproches.

Un homme sans reproche, Un homme à qui l'on ne peut rien reprocher. Bayard fut surnommé le Chevalier sans peur et sans reproche.

SANS REPROCHE,loc. adv.

Sans prétendre faire des reproches. Sans reproche, soit dit sans reproche, je lui ai rendu plus d'un service.

 

REPROCHER

 

v. tr.

Imputer à faute à quelqu'un, en l'en blâmant, en lui en faisant des remontrances. Reprocher à un homme les fautes qu'il a faites. Reprocher à quelqu'un son ingratitude. Reprocher à une personne ses défauts, ses imperfections, sa naissance. Il lui reprocha ce qu'il avait fait en telle occasion. On ne saurait rien lui reprocher. Qu'avez-vous à lui reprocher? Ma conscience ne me reproche rien. Je n'ai rien à me reprocher là-dessus. On reproche à cet écrivain d'employer trop souvent telle expression, telle tournure.

Fam., Reprocher la nourriture à quelqu'un, Faire sentir à quelqu'un qu'il mange trop ou encore Lui mesurer la nourriture avec parcimonie.

Reprocher un bienfait, un service, un bon procédé à quelqu'un, Lui remettre devant les yeux un service qu'on lui a rendu, un bienfait, un bon procédé, pour l'accuser de les avoir oubliés. Prov., Bienfait reproché tient lieu d'offense.

 

REPRODUCTEUR, TRICE

 

adj.

T. didactique

. Qui reproduit, qui sert à la reproduction. Les organes reproducteurs des végétaux. Forces reproductrices. Animal reproducteur.

Il s'emploie aussi substantivement et désigne un Animal destiné à la reproduction. C'est un bon reproducteur.

 

REPRODUCTIBLE

 

adj. des deux genres

. Qui est susceptible de reproduction.

 

REPRODUCTIF, IVE

 

adj.

Qui produit de nouveau. Il est surtout employé en termes d'Économie politique. Consommation reproductive, Consommation qui engendre un nouveau produit, par opposition à Consommation improductive.

 

REPRODUCTION

 

n. f.

Action par laquelle les êtres vivants perpétuent leurs espèces. La reproduction des êtres. Dans les pays septentrionaux, on ne peut pas compter sur la reproduction de cette espèce d'animal.

En termes de Botanique, il se dit de Tous les moyens naturels et artificiels qui servent à perpétuer les espèces des plantes, à multiplier les végétaux. Reproduction naturelle. Les organes de la reproduction. Reproduction artificielle, forcée. Les semences, les aïeux, les drageons, les boutures, la greffe sont autant de moyens de reproduction.

En termes de Biologie, il se dit de l'Action par laquelle les cellules se multiplient. Reproduction par bourgeonnement, par scissiparité, etc.

En termes de Zoologie, il se dit des Nouvelles parties qui, dans certains animaux, succèdent à celles qui ont été arrachées, mutilées. La reproduction des pattes d'une écrevisse, de la queue d'un lézard.

REPRODUCTION, en parlant d'Ouvrages littéraires, signifie Action de les publier de nouveau. L'auteur a interdit la reproduction de son roman. Payer un droit de reproduction. Autoriser la reproduction d'un article, d'une nouvelle, d'une conférence.

En parlant des Ouvrages artistiques, il signifie Copie, imitation, vulgarisation. La reproduction d'un tableau, d'une sculpture. Reproduction photographique. Dans cette publication, il y a de très belles reproductions d'oeuvres d'art.

 

REPRODUIRE

 

v. tr.

Produire de nouveau. La plupart des arbres coupés jusque sur leurs racines reproduisent un nouveau plant. On a beau détruire cette mauvaise herbe, elle se reproduit toujours.

Il commence à se reproduire dans le monde, se dit d'un Homme qui s'était retiré de la société et qui commence à la fréquenter de nouveau.

REPRODUIRE signifie aussi Présenter de nouveau, montrer de nouveau, répéter, rendre exactement. Ce plaideur n'a fait que reproduire ses moyens qui ont déjà été écartés. Il a reproduit dans sa traduction le mouvement de l'original. Le copiste a reproduit jusqu'aux fautes d'orthographe de ce manuscrit. Les mêmes événements, les mêmes passions, les mêmes fautes se reproduisent souvent dans le monde.

Reproduire un article de journal, de revue, etc., Publier cet article dans un autre journal, dans un autre recueil.

Reproduire un tableau, une statue, En donner des copies, les vulgariser par un procédé quelconque. On a reproduit ce tableau par la gravure, par la photographie.

SE REPRODUIRE se dit des Êtres vivants qui perpétuent leurs espèces par la génération. Le mulet ne se reproduit pas.

Il se dit aussi des Végétaux dont les espèces se perpétuent et se multiplient. Les plantes se reproduisent par boutures, par semences, par greffes, etc.

 

RÉPROUVABLE

 

adj. des deux genres

. Qui doit, qui peut être réprouvé. Sa conduite est très réprouvable.

 

REPROUVER

 

v. tr.

Prouver de nouveau. On a prouvé et reprouvé cela de cent manières, à cent reprises. RÉPROUVER

 

v. tr.

Rejeter une chose, la condamner. L'Église a réprouvé cette doctrine. Ce sont des choses que la morale réprouve. Il est réprouvé de tous les gens de bien.

Il se dit spécialement, en termes de Théologie, des Condamnations que Dieu prononce contre ceux qu'il rejette. Dieu réprouva Saül pour sa désobéissance.

Il signifie aussi simplement Blâmer, désapprouver sévèrement. Un honnête homme réprouvera toujours de pareilles actions.

Le participe passé RÉPROUVÉ s'emploie comme nom et se dit de Ceux que Dieu rejette. Être du nombre des réprouvés. Il n'y a qu'un réprouvé qui puisse parler de la sorte.

Fam., Avoir un visage de réprouvé, une figure, une face de réprouvé, Avoir quelque chose d'effrayant, de sinistre dans la physionomie.

RÉPROUVÉ se dit, par extension, de Ceux que la société rejette et qui entrent en guerre avec elle.

 

REPS

 

n. m.

Étoffe de soie et laine, de laine et coton, ou simplement de coton, très forte, à côtes transversales, et qui sert surtout pour l'ameublement.

 

REPTATION

 

n. f.

T. didactique

. Action de ramper.

 

REPTILE

 

n. m.

Vertébré sans pieds ou à pieds très courts, qui avance en se traînant sur le ventre. Les reptiles sont des animaux à respiration pulmonaire. Le serpent est un reptile. Les lézards sont au nombre des reptiles.

 

RÉPUBLICAIN, AINE

 

adj.

Qui appartient à la république. Gouvernement républicain. Forme républicaine. Constitution républicaine. Institutions républicaines. Le calendrier républicain.

Il signifie aussi Qui affectionne le gouvernement républicain, qui lui est favorable. Esprit républicain. Sentiments républicains.

Il s'emploie aussi substantivement. C'est un grand, un vrai républicain. Un républicain austère, fougueux.

 

RÉPUBLICANISME

 

n. m.

Profession d'opinions républicaines.

 

RÉPUBLIQUE

 

n. f.

La chose publique. Il y va du salut de la république. Se sacrifier, se dévouer pour la république.

Il se dit spécialement du Gouvernement où la souveraineté est déléguée par suffrage. République démocratique, aristocratique, oligarchique. République fédérative ou fédérale. Les républiques antiques. Les républiques modernes. La république d'Athènes. La république romaine. La république de Venise, de Gênes, de Hollande. Rome n'a jamais eu plus d'éclat que dans le temps de la république. Cette nation vient de se constituer en république. L'an V de la République française ou, absolument, de la République.

Fig., La république des lettres, Les gens de lettres en général, considérés comme s'ils formaient une nation. Y a-t-il quelque chose de nouveau dans la république des lettres?

Fig., C'est une petite république se dit d'une Famille, d'une communauté, d'une société nombreuse. Il se dit aussi d'une Maison où il il y a un grand nombre de ménages.

 

RÉPUDIATION

 

n. f.

Action de répudier, de renvoyer légalement sa femme. La répudiation existait dans l'antiquité.

Il s'emploie aussi figurément et se dit de l'Action de repousser, de rejeter. Sa conduite dans cette occasion parut la répudiation de ses principes.

Il signifie, en termes de Jurisprudence, Action de renoncer à une chose. La répudiation d'une succession, d'un legs.

 

RÉPUDIER

v. tr.

Renvoyer sa femme suivant les formes légales. Les Hébreux, les Romains avaient droit de répudier leurs femmes en certains cas. La religion catholique défend de répudier sa femme.

Il signifie figurément Rejeter, repousser. Répudier des principes, des opinions, des traditions, une doctrine, un engagement.

En termes de Jurisprudence, Répudier une succession, un legs, Renoncer à une succession, à un legs.

 

RÉPUGNANCE

 

n. f.

Opposition naturelle, éloignement, répulsion pour quelqu'un, pour quelque chose. J'ai une grande répugnance à prendre ce parti. J'ai grande répugnance à cela. Pour moi je n'y ai point de répugnance. Il y a consenti avec répugnance, sans répugnance. Il a de la répugnance au mariage, pour le mariage. Inspirer de la répugnance, un sentiment de répugnance. Je ne saurais surmonter la répugnance que j'ai pour lui. Il faut, dans certains cas, savoir vaincre ses répugnances.

 

RÉPUGNANT, ANTE

 

adj.

Qui inspire la répugnance. Une tenue répugnante. Un aspect répugnant.

 

RÉPUGNER

 

v. intr.

Être plus ou moins opposé. Cette nouvelle proposition répugne à la première. Cela répugne au sens commun, répugne à la religion chrétienne. Il est vieux.

Absolument, Cela répugne, il y a dans ce qu'il dit quelque chose qui répugne, Cela se contredit, il y a quelque contradiction dans ce qu'il dit. Il est vieux.

RÉPUGNER signifie plus ordinairement Éprouver un sentiment de répugnance. L'assemblée répugnait à cette mesure. J'y répugne entièrement. La raison, mon goût y répugne. La mère du jeune homme répugnait à ce mariage. Je répugne souverainement à faire cela.

Il signifie encore Causer, inspirer de la répugnance. Cet homme, cette femme me répugne. Cette proposition me répugne. Impersonnellement, Il me répugne de vous entretenir d'un pareil sujet.

 

RÉPULSIF, IVE

adj.

T. de Physique

. Qui repousse. Force répulsive.

 

RÉPULSION

 

n. f.

T. de Physique

. Action de ce qui repousse; État de ce qui est repoussé. L'attraction et la répulsion. La répulsion des corps élastiques. L'attraction et la répulsion mutuelle des corps électrisés.

Il s'emploie figurément et signifie Aversion, dégoût. Tout ce que je vois en lui m'inspire un sentiment de répulsion.

 

RÉPUTATION

 

n. f.

Renom; estime, opinion que le public a d'une personne. Réputation équivoque, douteuse, usurpée. Réputation brillante, éphémère. Travailler à se faire une bonne réputation. Jouir d'une bonne réputation. Il a une bonne, une mauvaise réputation. Il est dans une haute réputation de vertu. En quelle réputation est-il? Il a laissé la réputation d'un homme de bien. C'est un homme perdu de réputation.

Il se dit aussi du Choses. C'est une maison de commerce d'une excellente réputation.

Employé absolument et sans épithète, il se dit de la Bonne opinion que le public a d'une personne. Il a de la réputation. Il a beaucoup de réputation. Il a une grande réputation Il est fort en réputation parmi les savants. Se faire une réputation. Acquérir de la réputation. Sa réputation est bien fondée, mal fondée. Avoir soin de sa réputation. Ternir sa réputation. Flétrir, diminuer, entamer, rétablir la réputation de quelqu'un. Cela fait tort, porte atteinte, nuit à sa réputation. Il a perdu sa réputation. Il est dans tout l'éclat de sa réputation. Mettre quelqu'un en réputation. Hasarder, risquer, compromettre sa réputation. C'est une tache à sa réputation. Il y va de sa réputation. Établir sa réputation. Soutenir sa réputation. Déchoir de sa réputation. Survivre à sa réputation.

Il se dit aussi absolument en parlant des Choses qui ont le renom d'être excellentes dans leur genre. Les oeuvres de cet auteur sont en pleine réputation. Les vins de Bourgogne, de Champagne ont une réputation bien établie. La réputation universelle de nos grands crus.

 

RÉPUTER

 

v. tr.

Estimer, présumer, croire, considérer comme. On le réputait homme sage. Il est réputé homme d'honneur.

Le participe passé s'emploie comme adjectif et signifie Qui a une bonne réputation, qui jouit d'un bon renom, qui est estimé. Un écrivain réputé. C'est un cru réputé.

 

REQUÉRABLE

 

adj. des deux genres

. T. de Jurisprudence

. Qui doit être demandé par le créancier, qu'il doit aller chercher lui-même; par, opposition à Portable, Qui doit lui être porté dans un lieu désigné, sans qu'il le demande. ce terme était surtout usité dans les anciennes coutumes. Dans la plupart des coutumes, le cens était requérable. Rente, redevance requérable.

 

REQUÉRANT, ANTE

 

adj.

T. de Procédure

. Qui requiert, qui demande en justice. Les parties requérantes.

Il est plus ordinairement employé comme nom. Le requérant. La requérante. C'est lui qui est le requérant. Énoncer, dans un exploit, les nom, prénoms, qualités et demeure du requérant. Il y a plusieurs requérants.

 

REQUÉRIR

 

(Il se conjugue comme ACQUÉRIR.) v. tr. Prier, demander quelqu'un. Qui est- ce qui vous a requis? C'est lui qui m'en a requis. Il en a été requis.

Il signifie plus ordinairement Sommer. Je vous prie et, au besoin, vous requiers de faire telle chose.

Il signifie aussi Réclamer, demander quelque chose. Requérir aide et assistance. Requérir la force publique. Requérir le ministère d'un officier public.

Il a l'âge requis, les qualités requises pour occuper cet emploi, pour être admis, Il a l'âge fixé par la loi, par les règlements ou simplement l'âge convenable, les qualités nécessaires.

REQUÉRIR signifie particulièrement, en termes de Procédure, Demander quelque chose en justice. Soit fait ainsi qu'il est requis. Requérir l'apposition des scellés. Requérir l'application de la loi. Le procureur de la République a requis.

Il se dit figurément des Choses et signifie Demander, exiger. Cela requiert votre présence. La nécessité requérait que... Autant que la nécessité le requérait, le requerra.

 

REQUÊTE

n. f.

Demande écrite ou verbale; prière. Ayez égard à la requête que je vous fais. Il a fait cela à la requête d'un tel.

Il s'emploie spécialement en termes de Jurisprudence et se dit d'une Demande par écrit, présentée à qui de droit et suivant certaines formes établies. Présenter requête aux juges d'un tribunal, à un tribunal, au président, etc. Signer une requête. Les pièces jointes, annexées à une requête. Signifier une requête. Il demande par sa requête... Les moyens qu'il a fait valoir dans sa requête, qui sont contenus dans sa requête. Sa requête tendait à... Les fins, les conclusions d'une requête. On admit, on accorda sa requête. On rejeta sa requête. Sur sa requête, le juge rendit telle ordonnance. Ordonnance rendue sur requête, Arrêt sur requête. Il fut débouté de sa requête. On a prononcé sur sa requête.

Requête civile, Voie extraordinaire, admise dans certains cas déterminés par la loi, pour obtenir qu'un jugement ou un arrêt rendu en dernier ressort soit rétracté. Ouvertures de requête civile. Attaquer un jugement par la requête civile. Se pourvoir par requête civile, en requête civile. Admettre, entériner la requête civile.

À la Cour de Cassation, Chambre des requêtes, Celle qui statue sur l'admission ou le rejet des requêtes en cassation.

Maître des requêtes s'est dit autrefois de Magistrats qui rapportaient les requêtes des parties dans le conseil du roi, présidé par le chancelier. On appelle aujourd'hui Maîtres des requêtes les Magistrats chargés de rapporter les affaires au Conseil d'État.

Dans les Exploits, etc., Tel jour, à la requête de telle personne, À la demande, à la réquisition de telle personne.

REQUÊTE se dit, en termes de Chasse, d'une Nouvelle quête que l'on fait de la bête quand on est en défaut ou qu'on a perdu la voie.

 

REQUÊTER

 

v. tr.

T. de Chasse

. Quêter de nouveau. Requêter le cerf.

 

REQUIEM

 

(On prononce Récuième.)n. m.

Mot emprunté du latin. Prière que l'Église fait pour les morts. Chanter un requiem, des requiem. Un requiem en musique.

Messe de requiem, Messe qui se dit pour le repos des âmes des morts.

REQUIEM se dit par extension, d'une Messe de requiem en musique. Le requiem de Mozart.