Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 91 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Barrage

 

n. m.

Barrière qui ferme un chemin. Établir momentanément un barrage à l'entrée d'une rue où l'on pave.

Il se dit aussi des Constructions qui opposent un obstacle à une rivière et qui ont pour objet de retenir l'eau, d'en élever le niveau, d'empêcher les inondations ou d'obtenir une force motrice. On a fait un barrage sur la rivière pour les travaux du nouveau pont qu'on va construire.

Il se dit encore des Rochers qui barrent une rivière.

En termes de Guerre, Tir de barrage, Tir destiné à barrer le passage à une troupe, à un avion, etc. Feu de barrage. Barrage roulant.

 

BARRE

 

n. f.

Pièce de bois, de fer, etc., étroite et longue. Barre de bois. Barre de fer. Mettre une barre d'appui à une fenêtre. Il serait malaisé d'enfoncer cette porte, il y a une bonne barre derrière. Donner des coups de barre à quelqu'un. Assommer à coups de barre. Barre d'or. Barre d'argent. Or, argent en barre.

Fig. et fam., C'est de l'or en barre, de l'argent en barre, se dit d'une Promesse sur laquelle on peut compter, d'un billet, d'un effet de commerce qui sera bien payé, d'une marchandise dont le débit est sûr et facile.

Fig., Cet homme est raide comme une barre de fer, Cet homme est une barre de fer, est une barre, Il est inflexible, intraitable, inébranlable.

Jeter la barre, lancer la barre, Sorte de jeu auquel on s'exerçait autrefois et dont l'usage subsiste encore dans quelques provinces.

En termes de Marine, La barre du gouvernail, La barre qui sert a diriger, à faire mouvoir le gouvernail. Les barres du cabestan, Les barres dont on se sert pour virer au cabestan. Il est à la barre, Il tient le gouvernail.

En termes de Typographie, La barre du châssis, La pièce de fer qui traverse, dans le sens de la hauteur ou de la largeur, le châssis dans lequel on assemble, on impose les pages.

Il se dit particulièrement d'une Pièce de fer longue et carrée, qui se pose, dans le foyer, en travers des chenets, pour soutenir les bûches et les tisons. Si vous ne mettez pas la barre, ces tisons vont rouler dans la chambre.

Il se dit encore particulièrement d'une Pièce de bois transversale qui serre et soutient les fonds d'un tonneau par le milieu. Il faut percer ce muid au-dessus de la barre, au-dessous de la barre. Ce vin est à la barre. Ce vin perd sa qualité quand il est au-dessous de la barre.

Il se dit aussi de ces Longues pièces de bois rondes qu'on suspend horizontalement à deux cordes, pour séparer les chevaux, dans les écuries. Ce cheval s'est blessé, parce qu'il s'est pris dans sa barre. Ces chevaux se battraient, il faut leur mettre des barres.

Il se dit également en termes de Gymnastique. Barre fixe, Barre ronde de bois ou de fer soutenue à une certaine hauteur par deux montants de fer verticaux. Barre de suspension, Appareil analogue au précédent, mais dont les montants peuvent se déplacer. Barres parallèles, Barres de bois rondes maintenues à égale distance par un dispositif également en bois, entre lesquelles le gymnaste s'exerce à s'élever sur les bras.

Il se dit en outre de la Petite barrière qui ferme l'entrée de l'enceinte où siègent les membres d'un tribunal, d'une assemblée politique. Les comparutions en personne ont lieu à la barre. On l'a mandé à la barre. Il a parlé à la barre.

Il se dit, figurément, d'un Trait de plume, de crayon, etc., que l'on fait pour annuler, biffer ou souligner, pour séparer, marquer, noter, etc. Tirer une barre sur les passages qu'on veut retrancher. Dans les airs notés, les mesures sont séparées par des barres qui coupent la portée de distance en distance. Faire des barres sur la muraille avec de la craie, avec du charbon, pour indiquer le nombre des points gagnés ou perdus dans une partie. Tirer une barre à la fin d'un écrit, d'un chapitre. Fermer la liste des membres présents en tirant une barre.

Il se dit également des Premiers exercices que l'on fait ordinairement faire aux enfants pour leur apprendre l'écriture et qui consistent en une suite de traits droits et parallèles. Cet écolier ne fait encore que des barres.

En termes de Blason, il désigne une des Pièces de l'écu, laquelle va de l'angle senestre du chef à l'angle dextre de la pointe. Il porte de gueules à la barre d'argent. C'est l'opposé de BANDE.

Avoir une barre sur son écu, Être bâtard ou d'origine bâtarde.

En termes de Géographie, il se dit d'un Amas de sable, de roches, ou même de vase, qui barre l'entrée d'une rivière ou d'un port en tout ou en partie, et force, lorsqu'elle est continue, d'alléger les bâtiments ou d'attendre la marée. La barre de Bayonne, de San Lucar, du Sénégal, etc. Il se dit aussi, à l'embouchure de la Seine, d'une Vague élevée transversale qui remonte violemment contre le courant par l'effet de la marée. Voyez MASCARET.

BARRES, au pluriel, se dit d'un jeu de Course entre des écoliers ou des jeunes gens qui se partagent entre deux camps opposés, marqués ordinairement par un sillon, par une branche de feuillage, etc. : dans les courses on observe certaines règles et chaque parti s'efforce de faire des prisonniers à l'autre. Jouer aux barres.

Toucher barres, Atteindre la marque du camp auquel on appartient et où l'on est dès lors en sûreté.

Barres forcées, Celles où l'on ne délivre point les prisonniers et qui ne se terminent que lorsque tous les champions d'un camp ont été successivement pris par ceux de l'autre camp. Fig. et fam., Avoir barres sur quelqu'un, Avoir sur lui quelque avantage, comme le joueur de barres sur ceux de ses adversaires qui sont partis avant lui. Vous lui donnez barres sur vous.

Fig. et fam., Ne faire que toucher barres, Ne point s'arrêter dans un endroit, en repartir presque aussitôt après y être arrivé; de même qu'au jeu de Barres les joueurs qui rentrent au camp ne font souvent que toucher la limite et repartent aussitôt. Je n'ai pas été longtemps à sa campagne; je n'ai fait que toucher barres et je suis revenu.

Il se dit encore de cette Partie de la mâchoire du cheval sur laquelle le mors appuie. Ce cheval a les barres usées, échauffées. Il faut ménager les barres d'un jeune cheval.

 

BARREAU

 

n. m.

Barre de bois ou de fer qui sert de clôture. Fermer une fenêtre, un soupirail avec des barreaux. Les barreaux d'une prison. Les barreaux d'une grille. Passer au travers des barreaux. Limer des barreaux. Il rompit les barreaux.

Les barreaux d'une chaise, Les petits bâtons qui servent à assembler et à maintenir les montants d'une chaises. En appuyant son pied sur le barreau de cette chaise, il l'a cassé.

En termes de Physique, Barreaux magnétiques ou aimantés, Barres d'acier qui possèdent la vertu magnétique.

En termes d'Imprimerie, Le barreau d'une presse, Barre de fer terminée par un gros manche de bois qui sert à faire mouvoir la vis de la presse. On dit de même, en termes de Monnayage, La barre d'un balancier.

Il signifie au figuré Enceinte réservée où se mettent les avocats pour plaider. Par extension il désigne la Profession même d'avocat. Entrer au barreau. Ses parents le destinaient au barreau. Quitter le barreau, Quitter la profession d'avocat. L'éloquence du barreau, Celle qui convient, qui est propre au genre judiciaire.

Il désigne aussi l'Ordre, le corps des avocats. Consulter le barreau sur telle ou telle question. Tout le barreau est de cet avis. C'est l'usage du barreau. La discipline du barreau. Le barreau de Paris, de Rouen, etc.

 

BARRER

 

v. tr.

Fermer avec une barre par-derrière. Barrer une porte. Barrer une fenêtre.

Il signifie par extension Fermer, obstruer un Chemin, un passage. Barrer une route. Ils ont barré la rue avec des décombres. Les sables barrent l'entrée du port. On dit dans le même sens Avoir l'estomac barré.

Barrer le chemin, le passage à quelqu'un, Se mettre devant quelqu'un de manière à l'empêcher de passer.

Fig., Barrer le chemin à quelqu'un, et simplement Barrer quelqu'un, Le traverser dans ses projets, dans ses entreprises, lui susciter des obstacles. Le succès était infaillible, si un tel ne nous eût barré le chemin. Cet homme me barre dans tout ce que j'entreprends. On l'a barré dans ses projets.

Il signifie aussi Garnir, fortifier d'une barre. Barrer une table. Barrer les fonds d'un tonneau.

Il signifie encore Tirer un ou plusieurs traits de plume sur quelque écrit, pour montrer qu'on ne doit point y avoir égard, pour le biffer, l'annuler. Il faut barrer ces deux lignes. Barrer un compte, un article de compte.

En termes d'Art vétérinaire, Barrer un vaisseau, un nerf, Lier un vaisseau ou un nerf, afin d'empêcher une maladie de s'étendre d'une partie à une autre.

En termes de Blason, Barré d'argent et de gueules, À la barre d'argent, etc. Voyez BARRE.

En termes de Chirurgie dentaire, Dents barrées, Dents molaires dont les racines sont écartées ou tortueuses, de sorte qu'on ne peut les arracher sans briser et enlever une portion de l'arcade alvéolaire.

 

BARRETTE

 

n. f.

T. d'Arts

. Petite barre. Barrette d'un barillet de montre, d'une chaînette de montre.

En termes de Broderie, il se dit de Fils tendus recouverts par un point de broderie.

 

BARRETTE

 

n. f.

Toque carrée à trois ou quatre cornes et qui peut se replier et s'aplatir. Les prêtres portent la barrette à l'église ou chez eux.

La barrette de cardinal, ou absolument La barrette, Le bonnet carré rouge que portent les cardinaux. Recevoir la barrette, Être nommé cardinal.

 

BARREUR

 

n. m.

T. de Marine

. Celui qui tient la barre du gouvernail.