Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 384 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Ethnographique

 

adj. des deux genres

. Qui a rapport à l'ethnographie. Recherches ethnographiques.

 

ETHNOLOGIE

 

n. f.

Étude critique et explication des origines, mélanges, migrations des différents peuples.

 

ETHNOLOGIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui a rapport, qui appartient à l'ethnologie. Études ethnologiques. La Revue ethnologique.

 

ETHNOLOGUE

 

n. m.

Celui qui s'occupe d'ethnologie.

 

ÉTHOPÉE

 

n. f.

T. didactique

. Figure de pensée qui a pour objet la peinture des moeurs et du caractère d'un personnage.

 

ÉTHYLE

 

n. m.

T. de Chimie

. Radical monovalent formé de carbone et d'hydrogène, qui entre dans un grand nombre de composés organiques.

 

ÉTIAGE

 

n. m.

Le plus grand abaissement des eaux d'une rivière. Indiquer, marquer l'étiage. La hauteur de l'étiage.

ÉTIER

 

n. m.

Canal qui sert à conduire l'eau de la mer dans les marais salants.

 

ÉTINCELANT, ANTE

 

adj.

Qui étincelle. Les étoiles les plus étincelantes. Ce rubis est étincelant. Par analogie, Des yeux étincelants, étincelants de colère.

Il signifie figurément Qui lance des traits brillants. Un esprit étincelant. Un style étincelant.

 

ÉTINCELÉ

 

adj.

T. de Blason

. Qui est orné d'étincelles. Écu étincelé.

 

ÉTINCELER

 

(J'étincelle; nous étincelons.) v. intr.

Briller, jeter des éclats de lumière. Il y a des étoiles qui étincellent plus que d'autres. Par analogie, Ses yeux étincelaient de fureur.

Il signifie figurément Jeter des traits brillants. Vers qui étincellent de beautés sublimes.

 

ÉTINCELLE

 

n. f.

Parcelle incandescente. Étincelle de feu. Quand on bat des cailloux avec un briquet, il en sort des étincelles. On a éteint ce grand feu, il n'en reste pas une étincelle. Une petite étincelle peut causer un grand embrasement.

En termes de Physique, Étincelle électrique, Trait de feu qui jaillit des corps électrisés. L'éclair n'est qu'une étincelle électrique.

Il se dit figurément surtout en parlant de l'Esprit, de l'âme. Il n'y a pas une étincelle d'esprit dans cet ouvrage. Il n'a pas la moindre étincelle de génie.

 

ÉTINCELLEMENT

n. m.

Éclat de ce qui étincelle. L'étincellement d'un charbon ardent, d'une barre de fer rouge. L'étincellement des étoiles fixes.

 

ÉTIOLEMENT

 

n. m.

Action d'étioler ou de s'étioler, ou Résultat de cette action. On fait blanchir la chicorée, le céleri par un étiolement factice, afin de leur donner une saveur plus douce. Fig., L'étiolement d'un enfant, L'étiolement de l'esprit.

 

ÉTIOLER

 

v. tr.

Rendre une plante grêle et décolorée en la faisant pousser dans un endroit obscur et en la privant d'air. L'obscurité étiole les plantes. Les plantes qui croissent dans une cave s'étiolent.

Il signifie aussi Faire blanchir à l'abri de l'air et du soleil pour rendre moins amer, en parlant de Certains légumes. Étioler des laitues, des chicorées.

En termes de Médecine, il signifie Rendre une personne chétive et pâle en la faisant vivre dans un endroit où la lumière et l'air lui arrivent d'une manière insuffisante. Un enfant s'étiole dans une chambre obscure et malsaine. Fig., Une intelligence qui s'étiole. Un talent qui s'étiole.

 

ÉTIOLOGIE

 

n. f.

Partie de la médecine qui traite des diverses causes des faits biologiques et spécialement des maladies.

 

ÉTIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui est très maigre, très décharné. Devenir étique. Mourir étique. Visage étique. Corps étique.

Il se dit de même de Certains animaux. Un chapon, un poulet étique. Un cheval étique.

 

ÉTIQUETAGE

n. m.

Action d'étiqueter.

 

ÉTIQUETER

 

(J'étiquette; nous étiquetons.) v. tr.

Désigner, distinguer par une étiquette. Étiqueter des paquets, des bouteilles. Les pharmaciens étiquettent leurs fioles. Étiqueter des marchandises. Des bocaux étiquetés. Des sacs étiquetés.

Il signifie figurément Ranger sous l'étiquette d'un parti, d'une école.

 

ÉTIQUETTE

 

n. f.

Petit carré ou rectangle de papier, plus ou moins fort, portant une indication et que l'on met à un objet pour indiquer quelle est sa nature, ce qu'il coûte, d'où il vient, où il doit être porté, etc. Mettre des étiquettes à des sacs d'argent, à des liasses de papiers, à des flacons. Mettez des étiquettes à chacun de ces paquets.

Il se disait, particulièrement, d'un Petit écriteau qu'on mettait, qu'on attachait sur un sac de procès, et qui contenait les noms du demandeur et du défendeur, celui du procureur. Il faut mettre une étiquette à ce sac. Fig. et fam., Juger, condamner sur l'étiquette du sac, ou, absolument, sur l'étiquette, Porter son jugement sur quelque affaire, sur quelque personne, sans avoir examiné les pièces, les raisons. Vous y allez bien légèrement, vous jugez sur l'étiquette du sac ou, plus couramment, sur l'étiquette.

Il se dit figurément pour signifier Ce qui marque, ce qui classe quelqu'un dans un parti, dans une école.

Il se dit en outre du Cérémonial en usage dans la maison d'un chef d'État, d'un grand personnage. Manquer, se conformer à l'étiquette. Cela n'est pas d'étiquette. L'étiquette veut que..

Il se dit aussi des Formes ou formules cérémonieuses usitées entre particuliers pour se témoigner mutuellement des égards. Tenir à l'étiquette. Cet homme est fort sur l'étiquette. Bannir toute espèce d'étiquette. La gêne de l'étiquette. Les lois de l'étiquette. Cette formule est d'étiquette à la fin d'une lettre.

 

ÉTIRAGE

 

n. m.

Action d'étirer.

 

ÉTIRER

v. tr.

Étendre, allonger. Étirer du linge. Étirer du fer, du cuivre. Étirer du coton.

S'ÉTIRER signifie familièrement S'allonger en étendant les membres.

 

ÉTISIE

 

n. f.

T. d'ancienne Médecine

. Maladie qui dessèche et consume le corps. Il est tombé en étisie. Rongé d'étisie.

 

ÉTOFFE

 

n. f.

Tissu de soie, de laine, de coton, etc., dont on fait des habits, dont on recouvre des meubles, etc. Étoffe à fleurs. Étoffe moelleuse. Fournir l'étoffe pour un costume, une robe, un chapeau.

Par extension, On n'a pas épargné, on n'a pas plaint l'étoffe, On a employé une grande quantité de matière, ou on a employé plus de matière qu'il ne fallait.

Fig., Il n'y avait pas là l'étoffe d'un livre. Il n'y a pas dans cette aventure l'étoffe d'un roman, l'étoffe d'une comédie tout entière. Il se dit aussi des Personnes. Il y a en lui l'étoffe d'un chef. Ce sont gens de même étoffe. On peut faire de ce jeune homme quelque chose de bon, il y a de l'étoffe, Il a des dispositions heureuses et qui n'ont besoin que d'être cultivées. Dans le sens contraire, on dit On ne fera jamais rien de ce jeune homme, il n'y a point d'étoffe.

Au pluriel, en termes de Typographie, il se dit de Ce que l'imprimeur fait payer, à raison de tant pour cent, au-delà des frais d'impression, afin de se couvrir des dépenses qui entrent dans ses frais généraux. Payer les étoffes. On m'a compté tant pour les étoffes.

 

ÉTOFFER

 

v. tr.

Confectionner, en mettant sans l'épargner toute l'étoffe utile, une robe, un manteau, un chapeau, etc. La couturière n'a pas bien étoffé cette robe.

Par extension, il signifie Garnir de tout ce qui est nécessaire pour donner de l'ampleur, augmenter la commodité, l'ornement. Un lit bien étoffé. Ce drap, ce velours vous étoffe bien. Fig., À force de travail, il a étoffé sa voix. Un cheval bien étoffé, Qui a des formes amples.

 

ÉTOILÉ, ÉE

 

adj.

Qui est parsemé d'étoiles. Le ciel était fort étoilé, Fort serein. La voûte étoilée, Le ciel. Une nuit étoilée.

Par analogie, il s'emploie aussi comme nom masculin pour désigner Certains animaux dont le corps porte des taches qui ont la forme d'étoiles.

Par analogie, il se dit de Tout ce qui est fait, disposé, façonné en forme d'étoile. Feuilles étoilées.

 

ÉTOILE

 

n. f.

Astre qui brille de sa lumière propre. Autrefois on donnait également ce nom aux planètes; mais on les distinguait des étoiles proprement dites ou étoiles fixes par la dénomination d'étoiles errantes. Étoile de la première, de la seconde, de la troisième grandeur. On découvrit cette année-là une nouvelle étoile. Le lever, le coucher d'une étoile. La scintillation des étoiles. La nuit est belle, on voit briller les étoiles. L'éclipse fut si grande qu'on vit les étoiles en plein jour. Étoile polaire. On divise les étoiles en groupes qu'on appelle Constellations.

Étoiles doubles, multiples, Étoiles placées dans des directions visuelles si voisines qu'elles paraissent ne former qu'un seul astre quand on les observe avec de faibles instruments.

L'étoile du berger, La planète de Vénus. On l'appelle aussi Étoile du matin, lorsqu'elle précède le lever du soleil; et Étoile du soir, lorsqu'elle paraît après le coucher de cet astre.

Fig., Loger, coucher à la belle étoile, Coucher en plein air.

Fig. et fam., Faire voir à quelqu'un des étoiles en plein midi, En imposer, en faire aisément accroire à quelqu'un.

Il se dit encore abusivement des Fragments de matières cosmiques qui traversent l'atmosphère. Étoiles tombantes ou filantes. J'ai vu tomber une étoile. Des étoiles qui filent.

Il se dit figurément, en termes de Théâtre, d'une Artiste qui, dans une troupe, se distingue par un talent, une réputation hors pair. Une étoile du chant, de la danse.

Il signifie encore au figuré Influence prétendue des astres sur le tempérament et sur la fortune des hommes. Ce chef a confiance dans son étoile. Son étoile pâlit. Être né sous une bonne étoile, Être heureux dans tout ce que l'on entreprend.

Il se dit, par analogie, en termes de Pyrotechnie, d'une Pièce d'artifice qui imite, dans les airs, l'éclat d'une étoile. Une bombe remplie d'étoiles.

Il se dit aussi de Certains ornements auxquels on suppose quelque ressemblance avec une étoile, et qui ont ordinairement cinq rayons. Une couronne d'étoiles. Peindre, sculpter, broder une étoile.

L'étoile des braves, La croix de la Légion d'honneur.

ÉTOILES se dit des Ornements qui, sur le costume des généraux, indiquent leur grade.

Il se dit, en termes de Typographie, dans le même sens qu'Astérisque. On l'emploie surtout pour désigner l'Astérisque destiné à remplacer chacune des syllabes ou des lettres d'un mot qu'on ne veut pas écrire en entier. Voyez ASTÉRISQUE.

Fig. et fam., Monsieur trois étoiles, s'emploie pour désigner Quelqu'un qu'on ne veut pas nommer, ou qui n'est qu'un personnage imaginaire. En écrivant ou en imprimant, Monsieur ou M. ***.

En termes d'Histoire naturelle, Étoile de mer. Voyez ASTÉRIE.

ÉTOILE se dit aussi d'une Croix à cinq branches.

Il se dit encore d'une Fêlure à plusieurs fentes, rayonnant autour d'un point.

Il se dit, en parlant des Chevaux ou des boeufs, d'une Marque blanche sur leur front.

Il désigne encore le Centre où se réunissent plusieurs allées d'un parc ou plusieurs routes ou avenues. L'Arc de Triomphe de l'Étoile.

Il se dit, en termes de Fortification, d'un Fortin à quatre, cinq ou six angles saillants.

 

ÉTOILER

 

v. tr.

Parsemer d'étoiles. Le ciel s'étoile.

Il signifie aussi Fêler en forme d'étoile. Des bouteilles qui s'étoilent. Dans les monnaies, les flans s'étoilent, quand ils ne sont pas assez recuits. Glace étoilée. Carreau de vitre étoilé.

 

ÉTOLE

 

n. f.

Longue bande d'étoffe que les officiants portent au cou, lorsqu'ils remplissent certaines fonctions ecclésiastiques, et qui pend des deux côtés par-devant. Broder une étole. Mettre l'étole. Ôter l'étole. Les prêtres faisant fonction de diacres portent l'étole en écharpe.

Il se dit aussi d'une Fourrure en forme d'étole que portent les femmes. Une étole de fourrure.

 

ÉTONNAMMENT

 

adv.

D'une manière étonnante. Cet enfant profite étonnamment.

ÉTONNANT, ANTE

 

adj.

Qui étonne, qui surprend. Cela est fort étonnant. Voilà une nouvelle étonnante. Adresse étonnante.

C'est un homme étonnant, se dit de Quelqu'un qui est extraordinaire, soit en bien, soit en mal.

 

ÉTONNEMENT

 

n. m.

Vive surprise. Causer, donner de l'étonnement. Jeter dans l'étonnement. Remplir d'étonnement. Donner des marques d'étonnement. Cela m'a frappé d'étonnement. J'ai été saisi d'étonnement. Je ne reviens pas de mon étonnement. L'étonnement était peint sur tous les visages. Il nous a fait passer d'étonnement en étonnement. C'est un de mes étonnements, qu'il ait pu réussir par ce moyen-là. Au grand étonnement de tout le monde.

Il signifie aussi Surprise mêlée d'admiration. Cette action fera l'étonnement des siècles futurs. La grandeur et la magnificence de ce palais me frappèrent d'étonnement. Quel fut notre étonnement devant ce spectacle grandiose!

 

ÉTONNER

 

v. tr.

Surprendre par quelque chose d'extraordinaire, d'inattendu. Cet accident imprévu, cette nouvelle inattendue l'a fort étonné, l'a extrêmement étonné. Je crois que cela l'étonnera. Cela est fait pour étonner. Vous l'étonnerez bien quand vous lui direz cela. Cet enfant étonne, étonne tout le monde par son esprit, par la vivacité de ses reparties. Je suis étonné qu'il ne m'en ait rien dit. Il aime à étonner les gens. Paraître étonné de quelque chose. Air étonné. Je m'étonne qu'il ne voie pas le danger où il est. J'en sais la raison, je ne m'en étonne plus. Ne vous étonnez pas s'il en use de la sorte. Je m'étonne que vous n'ayez pas prévu cet accident. Je suis étonné de votre procédé à mon égard.

 

ÉTOUFFANT, ANTE

 

adj.

Qui fait qu'on étouffe. Temps étouffant. Chaleur étouffante.

 

ÉTOUFFÉE

 

n. f.

T. de Cuisine . Façon de faire cuire les viandes et les légumes en vase clos. Veau, perdrix à l'étouffée. Pommes de terre à l'étouffée. On dit aussi ESTOUFFADE.

 

ÉTOUFFEMENT

 

n. m.

Difficulté de respirer. Ce malade a des crises d'étouffement. Avoir des étouffements.

 

ÉTOUFFER

 

v. tr.

Faire mourir en arrêtant la respiration. La diphtérie peut étouffer les enfants. Cette nourrice en dormant a étouffé son enfant. On dit par exagération, dans le langage familier, Que la peste l'étouffe!

Il signifie aussi Suffoquer, empêcher de respirer librement. La chaleur m'étouffe. Il s'étouffait en mangeant. Fig., Étouffer quelqu'un de caresses.

Il est aussi intransitif et signifie Avoir la respiration empêchée ou Mourir faute d'air. Il n'y a point d'air dans cette chambre, on y étouffe. Nous pensâmes étouffer de chaleur. Délacez cette femme, elle étouffe.

Fig. et fam., Étouffer de rire, Rire jusqu'à perdre la respiration. Rire étouffé, Celui qui échappe à une personne malgré les efforts qu'elle fait pour ne point rire.

ÉTOUFFER,transitif

, se dit également de Ce qui dérobe aux plantes l'air nécessaire à leur végétation. Les mauvaises herbes étouffent le blé. Cet arbre étouffe les arbustes qui l'entourent.

Il signifie aussi Éteindre en interceptant l'air. Étouffer du charbon, de la braise. Étouffer un incendie.

Il signifie au figuré Supprimer, cacher, surmonter. Étouffer les cris de quelqu'un. Étouffer les remords de sa conscience. Étouffez de pareils soupçons. La paresse étouffe en lui les meilleures qualités. Étouffer les talents. Étouffer une révolte, une hérésie, une sédition, une guerre civile.

Étouffer des sons, Les rendre moins éclatants, les amortir. Il y a, dans les pianos, une pédale qui sert à étouffer les sons. Cris étouffés, Les cris sourds d'une personne dont la respiration est gênée.

Étouffer une affaire, étouffer une querelle, Empêcher qu'elle n'éclate, qu'elle n'ait des suites.

 

ÉTOUFFOIR

n. m.

Sorte de boîte faite de métal, dont on se sert pour étouffer et éteindre des charbons.

Il se dit aussi de Petites pièces de drap qui servent, dans un piano, à étouffer les sons et qui s'abaissent au moyen d'une pédale.

 

ÉTOUPE

 

n. f.

La partie la plus grossière de la filasse. Étoupe de chanvre. Étoupe de lin. Paquet d'étoupe. Fil d'étoupe. Toile d'étoupe. Boucher avec de l'étoupe.

Fig. et fam., Mettre le feu aux étoupes, Déterminer tout à coup quelque mouvement impétueux, comme la colère, un amour violent, etc. Quand les esprits sont aigris, il faut peu de chose pour mettre le feu aux étoupes. On dit dans un sens analogue Le feu prend aux étoupes.

 

ÉTOUPER

 

v. tr.

Boucher avec de l'étoupe ou avec quelque autre chose semblable. Les conduits sont étoupés. Le vin s'enfuit, il faut étouper les fentes du tonneau. Étouper un bateau. Étouper des trous.

 

ÉTOUPILLE

 

n. f.

T. d'Artillerie

. Cartouche de fulminate qui sert à propager le feu à la charge de poudre d'un canon, d'une mine.

 

ÉTOUPILLON

 

n. m.

T. d'Artillerie

. Petite étoupille.

 

ÉTOURDERIE

 

n. f.

Action d'étourdi ou Habitude de faire des actions d'étourdi. On ne saurait le corriger de son étourderie. Il est d'une étourderie inconcevable.

ÉTOURDI, IE

 

adj.

Qui agit sans réflexion. C'est un jeune homme bien étourdi. Substantivement, C'est un étourdi, un petit étourdi.

Fig., Être étourdi comme un hanneton, Être très étourdi.

À L'ÉTOURDIE,loc. adv.

À la manière d'un étourdi, inconsidérément. Cette affaire est importante, il ne faut pas y aller à l'étourdie. Agir à l'étourdie.

 

ÉTOURDIMENT

 

adv.

À la manière d'un étourdi. Il fait toutes choses si étourdiment que... Agir étourdiment. Il s'est lancé dans cette affaire fort étourdiment, Sans l'examiner, sans prendre conseil.

 

ÉTOURDIR

 

v. tr.

Frapper soudainement d'une commotion cérébrale qui suspend la fonction des sens. Il lui donna sur la tête un coup de bâton qui l'étourdit. Il tomba tout étourdi du coup. Le grand bruit du canon, des cloches, des tambours étourdit. La trépidation du bateau, de l'automobile étourdit.

Fam., Étourdir les oreilles, Importuner, fatiguer par trop de paroles. Vous m'étourdissez les oreilles. Il m'a étourdi les oreilles de ses réclamations, de ses plaintes. On dit aussi par ellipse Ces enfants nous étourdissent. Vous m'étourdissez de votre bavardage.

Il signifie par analogie Rendre presque ivre. Il suffit de deux ou trois verres de vin pour l'étourdir. Un tour de valse l'étourdit.

Il s'emploie figurément pour signifier Abasourdir, hébéter. Cette nouvelle, cette défaite, ce coup imprévu les a étourdis. Ils en sont tout étourdis.

Fig., Étourdir une douleur, en parlant d'une Douleur physique, L'endormir, empêcher qu'elle ne soit aussi sensible. Ce remède ne guérit pas, il ne fait qu'étourdir la douleur. En parlant d'une Souffrance morale, Faire que l'esprit en soit moins occupé, en soit distrait. Il va dans le monde pour étourdir sa douleur.

S'ÉTOURDIR signifie Se distraire de quelque chose, s'empêcher d'y penser. On dit dans le même sens Chercher à s'étourdir, Chercher à étourdir sa douleur, à dissiper son chagrin, son inquiétude, etc.

En termes de Cuisine, Étourdir la viande, Lui faire subir une légère cuisson. ÉTOURDISSANT, ANTE

 

adj.

Qui étourdit. Un bruit étourdissant. Ces cloches sont étourdissantes. Fig., Un succès étourdissant. Une nouvelle étourdissante. Une verve étourdissante.

 

ÉTOURDISSEMENT

 

n. m.

Ébranlement causé par quelque chose qui étourdit. Il a des étourdissements. Il lui a pris un étourdissement.

Il se dit, figurément, du Trouble que cause un malheur subit, une mauvaise nouvelle imprévue. Ils ne sont pas tout à fait revenus de leur étourdissement.

 

ÉTOURNEAU

 

n. m.

Sorte de passereau dont le plumage noirâtre est tacheté de gris. Les étourneaux vont par bandes dans les bois et dans les jardins. Étourneau commun, Le sansonnet.

Fig. et fam., C'est un étourneau, se dit d'un Jeune homme léger et inconsidéré. Vous êtes un étourneau, un plaisant étourneau.

Poil d'étourneau se dit, en termes d'Hippologie, du Poil gris jaunâtre de certains chevaux. On dit aussi adjectivement Un cheval étourneau, et elliptiquement, comme nom masculin, Un étourneau.

 

ÉTRANGE

 

adj. des deux genres

. Qui est en dehors de l'ordre, de l'usage commun; qui est singulier, extraordinaire. Il y a des coutumes bien étranges dans ce pays-là. Il est vraiment étrange que vous ne croyiez jamais vos amis. Étrange aveuglement. Étrange façon de faire, d'agir. Je trouve bien étrange que vous ayez fait cela. Voilà un homme étrange. C'est une personne bien étrange.

 

ÉTRANGEMENT

 

adv.

D'une manière étrange. Il est étrangement irritable. Il est étrangement constitué. Il l'a étrangement maltraité.

ÉTRANGER, ÈRE

 

adj.

Qui est d'une autre nation, qui appartient, qui a rapport à une autre nation. Coutumes, lois étrangères. Les gouvernements étrangers. La guerre civile et la guerre étrangère. Langue étrangère. Accent étranger. Pays étrangers. Il a l'air étranger. Les puissances étrangères. Les ministres étrangers résidant à Paris. Les nations étrangères. Un peuple étranger.

Ministre des Affaires étrangères, Ministre qui entretient les relations de l'État avec les gouvernements étrangers. On dit dans un sens analogue Le ministère, le département des Affaires étrangères.

Fig., Être étranger dans son pays, Ne point en connaître les usages, ou Ignorer ce qui s'y passe, n'y prendre aucun intérêt, ou bien encore, dans un autre sens, Être exclu, être tenu à l'écart de toute influence ou de la vie générale. N'être étranger nulle part, Avoir ce qu'il faut pour ne se trouver embarrassé nulle part, ou pour être bien vu, bien accueilli partout. Cet homme sait presque toutes les langues de l'Europe, il n'est étranger nulle part. Avec une telle célébrité, on n'est étranger nulle part.

Dans cette acception, il s'emploie souvent comme nom et se dit d'une Personne qui n'est pas du pays où elle se trouve. C'est un étranger. Il a épousé une étrangère. Accueillir les étrangers. Les étrangers sont bien reçus en France.

Il s'emploie aussi comme nom masculin pour désigner les Pays étrangers. Faire passer des marchandises à l'étranger. Les ouvrages français qui s'impriment à l'étranger. S'établir à l'étranger, S'expatrier. Vivre à l'étranger. Venir de l'étranger.

Il désigne aussi Celui, celle qui n'est pas d'une famille, d'une société, etc. Il a donné son bien à un étranger pour l'ôter à ses parents. Il est brouillé avec toute sa famille et ne voit que des étrangers. Nous voulons rester entre nous, ne laissez entrer aucun étranger.

ÉTRANGER signifie par extension Qui ne se mêle point d'une chose, d'une affaire, qui n'y a point de part. Je suis tout à fait étranger à cela, à cette affaire, à cette intrigue. Il resta toujours étranger à ce qui se passait, aux mesures qui furent prises. Je me gardai bien de prendre part à cette orageuse discussion et, quoique présent, j'y restai tout à fait étranger.

Être étranger à une science, à un art, etc., N'en avoir aucune notion, aucune connaissance. Les personnes les plus étrangères à la peinture sentent les beautés de ce tableau. Cet homme est absolument étranger à la musique, à la science, etc.

Être étranger à toute humanité, N'avoir aucun sentiment d'humanité.

Être étranger à une compagnie, à une famille, etc., N'en pas faire partie. Les personnes étrangères à l'association, à la famille.

Devenir étranger à une personne, Cesser d'avoir des rapports avec elle. Nous sommes devenus absolument étrangers l'un à l'autre.

Il se dit également d'une Chose, d'une science, d'un art, que l'on ne connaît pas ou auxquels on est indifférent. Ces considérations me sont tout à fait étrangères. La musique, la chimie lui est entièrement étrangère.

Ses traits ne me sont pas étrangers, Je crois avoir déjà vu cette personne.

Il se dit encore de Ce qui n'a aucun rapport ou aucune conformité avec la chose dont il s'agit. Un fait étranger à la cause. Une dissertation étrangère au sujet.

ÉTRANGER se dit aussi de Ce qui n'est pas naturel ou propre à une personne, à une chose. Une femme qui emprunte des charmes étrangers. Il se targue d'un mérite qui lui est étranger.

Il se dit pareillement des Choses qui ne sont pas de même nature que le corps auquel elles sont unies, alliées. De l'argent combiné avec des substances, des matières étrangères.

En termes de Chirurgie et de Médecine, Corps étranger, Toute chose qui se trouve accidentellement dans le corps de l'homme ou de l'animal, comme des morceaux de bois, de plomb, de linge, de drap, etc. Pour guérir cette blessure, il faut en retirer ce corps étranger. Cette plaie ne se fermera pas tant qu'il y restera un corps étranger.

 

ÉTRANGETÉ

 

n. f.

Caractère de ce qui est étrange. L'étrangeté de sa conduite, de son humeur, de ses manières, de son style.

 

ÉTRANGLEMENT

 

n. m.

Action d'étrangler, et plus ordinairement État de celui qui est étranglé. Des indices d'étranglement. Un os arrêté dans la gorge lui a causé un étranglement qui a failli le faire mourir.

Il se dit aussi d'un Resserrement, d'un rétrécissement, accidentel ou naturel, dans quelque partie d'une chose plus ou moins allongée. L'étranglement des vaisseaux gêne la circulation du sang. L'étranglement d'une hernie. Le corps de plusieurs insectes, tels que l'araignée, la guêpe, est divisé en deux par un étranglement. La tige de cette plante a plusieurs étranglements.

 

ÉTRANGLER

 

v. tr.

Serrer à la gorge de manière à faire perdre la respiration ou même la vie. Les voleurs l'ont étranglé. Il le tenait à la gorge et voulait l'étrangler. Cet enfant s'étrangle à force de crier. Il s'est étranglé en avalant une arête de poisson. On dit par exagération Le col de sa chemise l'étrangle.

Fig., Voix étranglée, Qui a de la peine à sortir de la gorge à cause de l'émotion qu'on ressent. On dit aussi Être étranglé par l'émotion.

Dans cette acception, il s'emploie aussi intransitivement et signifie Perdre la respiration par suite d'une compression accidentelle du gosier. Secourez-moi, j'étrangle.

Il signifie aussi, par analogie, Resserrer en ne donnant pas la largeur, l'étendue nécessaire. Intestin étranglé. Hernie étranglée. Habit étranglé. Il ne fallait pas étrangler ainsi les manches de cette robe. La tige de cette plante est étranglée de distance en distance. Cette allée de jardin est fort étranglée. Un corridor très étranglé. Fig., Étrangler un sujet. Étrangler une discussion, une question.

Fig., Étrangler une affaire, La juger à la hâte, sans qu'elle ait été suffisamment examinée.

 

ÉTRANGLEUR

 

n. m.

Celui qui étrangle.

 

ÉTRAPE

 

n. f.

T. d'Agriculture

. Petite faucille qui sert à couper le chaume.

 

ÉTRAPER

 

v. tr.

T. d'Agriculture

. Couper avec l'étrape. Étraper du chaume.

 

ÉTRAVE

 

n. f.

T. de Marine

. Pièce de bois ou de fer où viennent s'assembler les pièces qui forment l'avant, la proue d'un bâtiment. Le mât de beaupré s'appuie sur l'étrave. La longueur d'un navire se mesure de l'étrave à l'étambot. On dit aussi ÉTABLE. Voyez FRANC-ÉTABLE.

 

ÊTRE

 

(Je suis, tu es, il est; nous sommes, vous êtes, ils sont. J'étais. Je fus. Je serai. Sois. Soyons. Soyez. Que je sois; que nous soyons. Que je fusse. Étant. Ayant été.)v. intr. Exister. Je pense, donc je suis. Dieu, dans l'Écriture sainte, s'appelle Celui qui est. Tous les hommes qui ont été, qui sont, ou qui seront. Vous n'étiez pas encore au monde, ou simplement Vous n'étiez pas encore lorsque cet événement arriva. Qui sait si nous serons demain? Il n'est plus, Il est mort.

Prov., On ne peut pas être et avoir été, On ne peut pas être toujours jeune.

Ainsi soit-il, Formule d'affirmation, d'adhésion, de voeu par laquelle on termine plusieurs prières religieuses. On le dit quelquefois, dans le langage ordinaire, par manière de souhait.

Soit, troisième personne du singulier du présent du subjonctif, s'emploie souvent pour marquer Adhésion, consentement. Eh bien, soit. Voyez SOIT, conjonction, à son ordre alphabétique.

Il est s'emploie souvent, dans le style soutenu ou poétique, pour Il y a. Il est des hommes que la résistance anime, il en est d'autres qu'elle décourage. Il est, près de ces lieux, une retraite ignorée.

Il est midi, une heure, deux heures, etc. L'heure présente est midi, une heure, etc. Quelle heure est-il? À l'heure qu'il est. On dit de même Il est l'heure de partir. Il est temps de finir. Il est tard. Etc. On dit aussi Il est jour, il est nuit, Il fait jour, il fait nuit.

Avec les prépositions À, Dans, En, Sur, ÊTRE signifie Se trouver dans telle ou telle situation. Il sera à Paris dans quelques jours. Être au lit, à table. Être à genoux. Être à l'abri. Être dans le commerce. Nous sommes dans la belle saison. Être dans la misère. Il est actuellement en France. Nous étions en hiver, en été. Être en bonne santé. Quand il est sur ce sujet, il est intarissable.

Dans la langue familière, il signifie Aller, se rendre. Avez-vous été à Paris la semaine dernière?

Il signifie aussi Résider, se trouver. J'étais à Londres pendant que vous étiez à Paris.

Il signifie également Tirer son origine de. D'où est-il? De Bretagne, de Paris, de Hollande.

Sur d'autres emplois du verbe ÊTRE avec les prépositions À, Dans, De, En, Sur, etc., voyez ces prépositions à leur ordre alphabétique.

Fam., Je suis, je serai à vous dans un moment, Je vais me mettre à votre disposition, je vais m'occuper de vous dans un moment.

Je suis tout à vous, entièrement à vous, Je suis prêt à vous servir. Cette phrase s'emploie comme formule de politesse à la fin d'une lettre familière.

Il n'est point à lui, il n'est plus à lui se dit de Quelqu'un qui est agité d'une violente passion.

Fam., Il faut être l'un ou l'autre, tout l'un ou tout l'autre, Il faut avoir une conduite, une manière de penser décidée.

Y être, Être chez soi, recevoir. Madame y est-elle? J'y suis pour un tel. Je n'y suis pour personne.

Ne pas y être, Se méprendre sur la véritable interprétation d'une parole, d'une action. Il se dit aussi à une Personne qui ne saisit pas, qui ne touche pas le point d'une affaire, ou qui ne s'y prend pas bien pour faire quelque chose. On dit dans le sens contraire : Vous y êtes, j'y suis, etc.

En êtes-vous là? Croyez-vous cela? Êtes- vous donc dans cette résolution, dans cette erreur? Il signifie aussi Êtes-vous dans un tel embarras, dans une telle détresse?

Où en sommes-nous? se dit quelquefois par indignation, par forme de plainte, quand on voit quelque grand désordre.

Il ne sait où il en est, se dit de Quelqu'un qui est troublé, embarrassé, qui ne sait ce qu'il fait, qui ne sait par où sortir d'affaire.

ÊTRE s'emploie aussi pour relier au sujet une qualité, une manière d'être qu'on lui attribue et qui est exprimée par un adjectif ou par un nom faisant fonction d'adjectif ou par un adverbe. Dieu est éternel. Les hommes sont mortels. Cette proposition est vraie, est fausse. Mon fils est malade. Il est le père de cet enfant. Être avocat, médecin, professeur. Il sera mon héritier. Cela est bien. Son médecin dit qu'il est mieux. Être couché, debout, assis.

Impersonnellement, Il en est ainsi. Il est bon de savoir à quoi s'en tenir. Il m'est impossible de mieux faire.

Fam., Voilà ce que c'est, Voilà en quoi consiste la chose, voilà ce qu'on se propose, ce dont il s'agit. Il signifie aussi La chose est arrivée par votre faute. Voilà ce que c'est que de désobéir. Sur CE, employé avec le verbe ÊTRE, voyez l'article CE, pronom démonstratif.

Être bien avec quelqu'un, Être bien vu de quelqu'un, être dans ses bonnes grâces; et, dans le cas contraire, Être mal avec quelqu'un.

ÊTRE s'emploie aussi comme auxiliaire pour former les verbes passifs. Je suis aimé. Il a été aimé. Quand il sera aimé. Que je fusse aimé.

Il sert également à former les temps composés de quelques verbes intransitifs et ceux de tous les verbes pronominaux. Il est passé. Il est venu. Il est tombé. Il est descendu. Il s'est dégagé. Il s'en est allé. Elle s'est blessée. Ils se sont embrassés. Elle s'est fait une robe. Ils se sont rendu mutuellement des services. Impersonnellement, Il s'est bâti de superbes immeubles dans ce quartier. Il s'était commis un grand crime en ce lieu-là. Il s'est tenu une assemblée.

Avec certains verbes intransitifs, il s'emploie aux temps passés, concuremment avec Avoir, mais avec une acception différente. J'ai monté trop rapidement. Je suis monté chez nous.

 

ÊTRE

 

n. m.

Ce qui est. Dieu est un être infini, incréé. L'Être souverain. Le premier être. L'Être des êtres. Être réel. Être physique. Être moral. Être intelligent. L'homme est un être fini. Un être faible et timide. Êtres chéris. Cher petit être. Être charmant.

Il s'emploie quelquefois pour désigner la Personne dans sa sensibilité intime. Je suis remué jusqu'au fond de l'être.

Il s'emploie encore d'une façon particulière pour désigner une Personne contre laquelle on est indigné. Quel être vil et méprisable! Voilà un être bien insupportable.

Être de raison, par opposition à Être réel, se dit de Ce qui n'existe que dans l'esprit, dans l'imagination, d'une conception abstraite et générale. L'homme parfait est un être de raison.

Il signifie aussi Existence. Dieu nous a donné l'être.

Il signifie encore Réalité, par opposition à Apparence. En tout il préférait l'être au paraître.

Il se dit aussi pour ESTOC, en termes d'Eaux et Forêts. Couper à blanc être. Voyez ESTOC.

 

ÉTRÉCIR

 

v. tr.

Rendre étroit, rendre plus étroit. Étrécir un chemin, une rue. Il a fait étrécir son veston.

En termes de Manège, Étrécir un cheval, Le ramener graduellement sur un terrain moins étendu que celui qu'il parcourait.

S'ÉTRÉCIR ou intransitivement ÉTRÉCIR signifie Devenir plus étroit. Cette toile étrécira au blanchissage. Le cuir s'étrécit à la pluie. Dans cet endroit, le chemin va en s'étrécissant. Fig., Ses idées s'étrécissent.

 

ÉTRÉCISSEMENT

 

n. m.

Action d'étrécir ou État de ce qui est étréci. L'étrécissement du lit de la rivière accélère le cours de l'eau.

 

ÉTREINDRE

 

(Il se conjugue comme ATTEINDRE.)v. tr. Embrasser, presser entre ses bras. Il l'étreignit si fortement qu'il lui fit perdre la respiration.

Prov. et fig., Qui trop embrasse, mal étreint. Voyez EMBRASSER.

Fig., Étreindre les noeuds, les liens d'une amitié, d'une alliance, Les resserrer. Il se dit aussi en parlant des Choses morales. Une grande anxiété, une grande angoisse nous étreignait. Une vive émotion étreignit les spectateurs de cette scène tragique. Il était étreint par le désespoir.

 

ÉTREINTE

 

n. f.

Action d'étreindre. L'étreinte de l'adversaire fut si forte qu'il ne put s'en dégager. De douces étreintes. Une étreinte amoureuse.

 

ÉTRENNE

 

n. f.

Présent qu'on fait le premier jour de l'année. Je vous donne cela pour étrenne. Dans ce sens on l'emploie ordinairement au pluriel. Donner les étrennes. Recevoir des étrennes. Il a eu ses étrennes, de belles étrennes. Il dépense tant en étrennes.

Il se dit encore du Premier usage qu'on fait d'une chose. Ce linge, cette vaisselle n'a point encore servi, vous en aurez l'étrenne.

 

ÉTRENNER

 

v. tr.

Gratifier d'une étrenne, le premier jour de l'année. Il a vieilli dans cette acception.

Il signifie plus ordinairement Favoriser un marchand en étant le premier de la journée à lui faire un achat ou un pauvre en étant le premier à lui faire l'aumône. C'est moi qui vous ai étrenné. Étrennez-moi, je vous ferai une diminution. Bénie soit la main qui m'étrenne.

Il signifie encore Faire usage d'une chose pour la première fois. Je ne me suis pas encore servi de cette voiture, vous l'étrennerez. Étrenner une robe, un chapeau.

Il est quelquefois intransitif et se dit en parlant du Premier argent qu'un marchand reçoit de sa marchandise dans la journée, dans la semaine. Je n'ai rien vendu aujourd'hui, je n'ai pas étrenné.

Figurément, dans cette acception, il signifie Être le premier à supporter quelque chose de fâcheux. On a tiré au sort pour cette nouvelle corvée, c'est moi qui ai étrenné.

 

ÊTRES

 

n. m. plur.

Les diverses parties de la distribution d'une maison, c'est-à-dire l'escalier, les corridors, les pièces, etc. Il s'emploie surtout dans ces phrases : Il sait tous les êtres de cette maison. Il connaît les êtres.

 

ÉTRÉSILLON

 

n. m.

T. d'Arts

. Pièce de bois qu'on place en travers dans les tranchées d'une fondation, dans les galeries d'une mine pour empêcher les terres de s'ébouler; ou dans un bâtiment, pour soutenir, pour étager les murs qui déversent ou qu'on reprend en sous-oeuvre.

 

ÉTRÉSILLONNER

 

v. tr.

T. d'Arts

. Soutenir, étayer avec un étrésillon, avec des étrésillons.

 

ÉTRIER

 

n. m.

Chacun des anneaux ovales, de fer on d'autre métal, suspendus de chaque côté de la selle par une courroie et qui servent à appuyer le pied du cavalier. Les selles de femme n'ont qu'un étrier. Mettre, avoir le pied à l'étrier pour monter à cheval. Porter les étriers courts, longs. Raccourcir, allonger les étriers d'un point, de deux points. Tenir l'étrier à quelqu'un lorsqu'il monte à cheval. Se lever sur les étriers. Quitter les étriers. Perdre les étriers. Vider les étriers, Tomber de cheval.

Le coup de l'étrier, le vin de l'étrier, Celui que l'on boit au moment de partir.

Le pied de l'étrier, Le pied gauche de devant du cheval, qu'on appelle aussi Le pied du montoir.

Par extension, Avoir le pied à l'étrier, dans l'étrier, Être au moment de partir. Il signifie figurément Bien débuter dans une carrière, dans une profession, ou Être à portée d'avancer, de faire fortune. Enfin vous voilà placé, vous avez le pied à l'étrier. Dans un sens analogue, On lui a mis le pied à l'étrier.

Courir à franc étrier, Parcourir à une vive allure une grande distance. Il signifiait autrefois Franchir à cheval plusieurs relais de poste sans quitter la selle.

Fig. et fam., Être ferme sur ses étriers. Voyez FERME.

Fig., Tenir l'étrier à quelqu'un, L'aider dans quelque entreprise. Faire perdre les étriers à quelqu'un, Le déconcerter.

Bas à étrier, Bas qui, au lieu de pied, ont seulement une espèce de bande qui passe sous le pied en forme d'étrier.

ÉTRIER se dit par analogie, en termes de Chirurgie, d'un Bandage dont on se sert pour les plaies du pied.

Il se dit, en termes d'Anatomie, d'Une des petites pièces osseuses de l'intérieur de l'oreille, en raison de sa forme.

Il se dit également, en termes d'Architecture, d'une Pièce de fer en forme d'étrier, qu'on emploie pour soutenir une poutre.

 

ÉTRILLE

 

n. f.

Instrument de fer avec lequel on gratte et nettoie la peau et le poil des chevaux, des mulets, etc. Donnez un coup d'étrille à ce cheval. Ce cheval n'a pas eu un coup d'étrille aujourd'hui.

 

ÉTRILLER

 

v. tr.

Frotter, nettoyer avec l'étrille. Étriller un cheval. Ces chevaux, ces mulets sont bien étrillés.

Fig. et fam., Étriller quelqu'un, Le battre, le maltraiter. On l'a étrillé comme il faut. Ce critique étrille les gens de la belle manière.

Il a été bien étrillé, se dit aussi de Quelqu'un qui a eu une maladie violente, ou qui a perdu beaucoup au jeu, ou à qui on a fait payer trop cher son séjour à l'hôtel, sa nourriture au restaurant ou un achat dans un magasin. On dit dans le même sens Ce marchand étrille ses clients. Il est familier.

 

ÉTRIPER

 

v. tr.

Ôter les tripes d'un animal. Étriper un veau, un cochon.

 

ÉTRIQUÉ, ÉE

 

adj.

Qui n'a pas l'ampleur suffisante. Cet habit est étriqué. Sa robe est étriquée. Ces rideaux sont bien étriqués.

Il se dit, figurément, des Ouvrages d'art et des ouvrages de l'esprit. Voilà un plan bien étriqué, une scène étriquée. Discours étriqué.

ÉTRIQUER

 

v. tr.

Rendre étroit, fabriquer une chose de telle façon qu'elle sera trop étroite. Le tailleur a trop étriqué cet habit. On dit dans le même sens Ce costume est mal taillé : il vous étrique. Fig., Il a étriqué son discours.

 

ÉTRIVIÈRE

 

n. f.

Courroie qui sert à porter les étriers. Raccourcir une étrivière. Il s'est fait des étrivières de corde. Donner des coups d'étrivière.

Il se dit souvent, au pluriel, des Coups qu'on donne avec cette courroie, et alors on l'emploie presque toujours absolument. Donner les étrivières. Il a eu les étrivières. Menacer quelqu'un des étrivières.

Il se dit de même, figurément et familièrement, de Tout mauvais traitement qui humilie. Il s'est laissé donner les étrivières. Il est vieux.

 

ÉTROIT, OITE

 

adj.

Qui a peu de largeur. Chemin étroit. Rue étroite. Cette toile, cette étoffe est étroite. Votre manteau est trop étroit. Des bas, des souliers trop étroits. Limites étroites se dit figurément de Limites, de bornes rapprochées à une faible distance de telle façon que l'étendue qu'elles enserrent est étroite.

Fig. et fam., C'est un cerveau étroit, un génie étroit, un esprit étroit, se dit de Quelqu'un dont les vues, les idées ont peu d'étendue et qui se montre intolérant à l'égard de ce qu'il ne comprend pas.

Il se dit en parlant de Ce qui a peu d'extension, de ce qui est fort limité. Le cadre de notre journal est trop étroit pour permettre ce genre d'études. Dans le cercle étroit de ses relations. Fig., Étroite alliance, étroite amitié, étroite union, étroite familiarité, étroite correspondance, liaison fort étroite, Alliance, amitié, union intime, etc.

Il se dit aussi figurément d'une Situation où l'aisance fait défaut, où les privations sont nécessaires. Il mène, faute de ressources, une vie assez étroite.

Il signifie aussi, figurément, Qui est selon la rigueur de la loi, de l'ordre, ou qui n'est pas susceptible d'extension. Cela est de droit étroit. Étroite justice. Étroite défense. Obligation étroite. Règle étroite. Les frères mineurs de l'étroite observance.

Prendre quelque chose dans le sens étroit, L'entendre, l'interpréter dans toute la rigueur de la lettre.

En termes de l'Écriture, La voie étroite, le chemin étroit, La voie, le chemin du salut, par opposition à La voie large, c'est-à-dire Le chemin de la perdition.

À L'ÉTROIT,loc. adv.

Dans un espace étroit. Vous êtes logé fort à l'étroit.

Fig., Être à l'étroit, vivre à l'étroit, N'avoir pas les commodités de la vie.

 

ÉTROITEMENT

 

adv.

D'une manière étroite. Vous êtes logé bien étroitement. Ils se tenaient étroitement embrassés. Unir, joindre étroitement. Fig., Ils sont étroitement unis. Observer étroitement le carême. S'attacher étroitement à une règle.

Il fut arrêté et étroitement gardé, Gardé avec rigueur. On dit de même Être étroitement assiégé, étroitement bloqué.

Il signifie encore Expressément. On lui a étroitement défendu de parler. Il lui a été enjoint étroitement de se taire.

 

ÉTROITESSE

 

n. f.

Qualité de ce qui est étroit. L'étroitesse d'une rue, d'un défilé. Fig., Étroitesse d'esprit. L'étroitesse du coeur.

 

ÉTRON

 

n. m.

Matière fécale qui a quelque consistance. Il se dit des Excréments de l'homme et de quelques animaux. Il est bas.

 

ÉTRONÇONNER

 

v. tr.

T. de Jardinage

. Dégarnir un arbre de tout ce qui n'est pas le tronc.

 

ÉTUDE

 

n. f.

Travail, application d'esprit en vue d'acquérir une connaissance. S'adonner, s'appliquer, se livrer à l'étude des sciences, des arts libéraux. Il a fait une étude particulière du latin, de l'histoire, de la géométrie, de l'architecture. Étude approfondie. Étude superficielle.

Dans les établissements d'instruction, Salle d'étude, ou simplement Étude, Salle où l'on réunit les élèves pour leur faire étudier les leçons et composer les devoirs donnés par le professeur. Aller, se rendre à l'étude. Sortir de l'étude. On appelle Maître d'étude Celui qui surveille les élèves pendant les heures de travail et de récréation. On appelle encore Étude Le temps que l'on passe à étudier dans la salle d'étude. L'étude du soir est la plus longue.

Faire ses études, Passer par les différents degrés d'instruction qui doivent former l'esprit de la jeunesse. On dit de même Faire de bonnes, de mauvaises études. Commencer, terminer ses études, le cours de ses études. La durée des études. Traité des études.

Il se dit aussi de Tout travail préparatoire d'une question, d'un projet, etc. Les études d'une ligne de chemin de fer. Mettre un projet de loi à l'étude.

En termes de Peinture et de Sculpture, il désigne un Dessin ou un morceau de peinture, de sculpture, qu'un artiste exécute pour bien connaître tel ou tel objet, et pour s'exercer à le bien représenter. Une étude de tête, de main, de draperie, d'arbre, de rocher, etc. Étude de Raphaël, de Michel-Ange. Un recueil d'études des plus grands maîtres.

Tête d'étude, Dessin d'une tête, propre à servir de modèle et fait ordinairement d'après quelque tableau d'un grand maître.

En termes de Musique, il se dit d'une Composition faite pour exercer au doigté, au jeu d'un instrument. Étude pour le violon, pour le piano.

En termes de Théâtre, Étude d'un rôle, Travail que fait un acteur pour se pénétrer de l'esprit d'un rôle qu'il doit jouer. Mettre une pièce à l'étude, En distribuer les rôles.

Il s'emploie également comme Titre d'ouvrage. Étude sur la musique grecque. Études historiques. Dans ce sens on emploie aussi le mot ESSAI.

Il se dit, par extension, du Soin particulier qu'on apporte pour parvenir à quelque chose que ce soit. Il ne songe qu'à faire bonne chère, c'est là son étude. Il y met toute son étude. Il en fait son étude, toute son étude.

Il se dit également de l'Office, de la charge ou privilège d'un officier public ou ministériel. Ce notaire a vendu son étude. Cette étude vaut trois cent mille francs.

Il se dit encore du Lieu où un notaire, un avoué, un huissier, un commissaire-priseur travaille ordinairement et où il fait travailler ses clercs. Il y a cinq clercs dans cette étude. Fait et passé en l'étude de maître un tel.

 

ÉTUDIANT, IANTE

 

n.

Celui, celle qui suit les cours d'une université. Un étudiant en droit, en médecine. Il y a beaucoup d'étudiantes dans cette université.

ÉTUDIER

 

v. intr.

Appliquer son esprit, travailler pour acquérir une connaissance. Il étudie nuit et jour. On ne devient point savant sans étudier.

Il signifie particulièrement Faire ses études, suivre un cours régulier d'études. J'étudie à l'Université de Paris. Ses parents n'avaient pas le moyen de le faire étudier.

En termes de Musique, il signifie S'exercer sur un instrument de musique. Ce pianiste étudie plusieurs heures par jour.

Il est aussi verbe transitif et alors il signifie S'exercer, s'appliquer à apprendre une science, un art à comprendre à fond, un auteur, à connaître toutes les circonstances d'une affaire, les causes d'un phénomène, etc. Étudier la physique, l'histoire, l'architecture, la médecine, le droit. C'est un auteur que j'ai peu étudié. Il étudie l'Écriture sainte. Il connaît bien cette affaire, il l'a beaucoup étudiée. Étudier une classe de phénomènes. Étudier la nature. Étudier les maladies des enfants.

Il signifie particulièrement Tâcher de fixer dans sa mémoire, d'apprendre par coeur. Étudier une leçon. Étudier les conjugaisons grecques. Étudier son rôle.

Étudier un discours signifie quelquefois Le méditer, le préparer, le composer avec soin. Cette partie de votre discours demandait à être plus étudiée.

En termes de Peinture et de Sculpture, Étudier une draperie, une pose, l'agencement d'un groupe, Se bien assurer de leur effet, avant l'exécution définitive.

En termes d'Architecture et dans les travaux d'ingénieur, Étudier un projet, un plan, Vérifier si toutes les parties en sont combinées avec ordre et justesse, et s'il s'accorde bien avec les moyens d'exécution.

Il signifie par extension Observer avec soin l'humeur, les façons de faire, les inclinations d'une personne. J'ai longtemps étudié cet homme-là, et je ne le connais pas encore bien. Un bon précepteur étudie les inclinations de son élève. Étudier le monde. S'étudier soi-même.

S'ÉTUDIER signifie encore S'appliquer, s'exercer à faire quelque chose, méditer de quelle manière on peut s'y prendre. S'étudier à bien faire tout ce qu'on doit faire. S'étudier à bien prononcer.

Le participe passé signifie adjectivement Qui est fait avec soin et application, bien travaillé, bien fini. Un rapport bien étudié.

Il signifie aussi Qui est feint, recherché, affecté. Une joie, une douleur étudiée. Langage étudié. Geste étudié. Maintien étudié. Le jeu de cet acteur est trop étudié.

 

ÉTUI

n. m.

Sorte de boîte qui sert à mettre, à porter, à conserver quelque objet et dont la forme varie selon les objets qu'elle est destinée à contenir. Étui à ciseaux, à couteaux. Étui à aiguilles. Étui à épingles. Étui de harpe. Étui de bois, de carton, de cuir, d'or, d'argent, d'ivoire.

Il se dit, par extension, de l'Enveloppe qui recouvre et protège les ailes de certains insectes, tels que le hanneton, l'escarbot, etc. C'est ce que l'on nomme, en termes d'Entomologie, les Élytres.

 

ÉTUVE

 

n. f.

Lieu clos dont on échauffe plus ou moins la température pour faire transpirer. Étuve humide, ou Bains de vapeurs. Étuve sèche.

Il se dit aussi d'un Espace clos disposé pour être maintenu à une température constante.

Il se dit encore d'une Sorte de four où l'on enferme des objets pour les faire sécher, les cuire ou les désinfecter. Étuve de désinfection. Faire sécher du sucre, des grains, des raisins, du linge dans une étuve.

Par exagération, Cette pièce est une étuve, se dit d'une Pièce d'appartement bien close, où il fait très chaud.

 

ÉTUVÉE

 

n. f.

T. de Cuisine

. Manière de cuire des aliments en vase clos, par la vapeur d'eau. Mettre du veau, une carpe à l'étuvée.

Il se dit aussi des Viandes elles-mêmes assaisonnées et cuites de la sorte. Étuvée de veau, de pigeonneaux, de carpe.

 

ÉTUVER

 

v. tr.

Faire passer à l'étuve. Étuver des pains de sucre.

Par analogie, il signifie, en termes de Médecine, Laver en appuyant doucement. Étuver une plaie.

 

ÉTYMOLOGIE

n. f.

Origine d'un mot, sa dérivation par rapport à un ou plusieurs autres. Rechercher l'étymologie d'un mot, en donner l'étymologie. Véritable, fausse étymologie.

Il se dit, par extension, de la Science des étymologies. S'occuper d'étymologie. Les règles de l'étymologie.

 

ÉTYMOLOGIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui a rapport à l'étymologie. Un dictionnaire étymologique. La science étymologique. Explication étymologique.

 

ÉTYMOLOGIQUEMENT

 

adv.

Conformément à l'étymologie.

 

ÉTYMOLOGISTE

 

n. m.

Celui qui s'occupe d'étymologie.

 

EUCHARISTIE

 

(CH se prononce K dans ce mot et dans le suivant.)n. f. Le saint sacrement du corps et du sang de JÉSUS- CHRIST, contenus sous les espèces du pain et du vin. Le mystère de l'Eucharistie. Le sacrement de l'Eucharistie. Recevoir l'Eucharistie. Adorer Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST dans l'Eucharistie.

 

EUCHARISTIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui appartient, qui a rapport à l'Eucharistie. Les espèces eucharistiques. Congrès eucharistique.

 

EUCOLOGE

 

n. m.

Nom d'un livre où se trouve tout l'office des dimanches et des principales fêtes de l'année.

EUDIOMÈTRE

 

n. m.

T. de Chimie

. Instrument servant à l'analyse des gaz.

 

EUDIOMÉTRIE

 

n. f.

T. de Chimie

. Méthode pour faire, au moyen de l'eudiomètre, l'analyse de l'air et des autres mélanges gazeux.

 

EUDIOMÉTRIQUE

 

adj. des deux genres

. T. de Chimie

. Qui a rapport à l'eudiométrie. Expérience eudiométrique. Instrument eudiométrique.

 

EUDISTE

 

n. m.

Membre de la Congrégation fondée, au XVIIe siècle, par le Père Eudes et se consacrant à l'enseignement et à la prédication.

 

EUGÉNIE

 

n. f.

Science des conditions les meilleures pour la génération humaine.

 

EUGÉNIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui a rapport à l'eugénie. Congrès eugénique.

 

EUGÉNOL

 

n. m.

T. de Chimie

. Substance contenue dans l'essence de girofle. EUH! Interjection, qui marque le doute, EUH!Interjection

, qui marque le doute, l'étonnement, une certaine contradiction. Euh! avait-il fait cela?

On s'en sert encore, et plutôt en la redoublant, pour laisser entendre ce qu'on ne veut pas exprimer. Comment est-il dans ses affaires ? ù Euh! euh!

 

EUNUQUE

 

n. m.

Celui à qui on a enlevé les organes génitaux.

Il se disait spécialement de Ceux qui, dans les pays d'Orient, étaient chargés de la garde des harems.

 

EUPATOIRE

 

n. f.

T. de Botanique

. Genre de plantes de la famille des Composées.

 

EUPHÉMIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui appartient à l'euphémisme. Tour euphémique. Expression euphémique.

 

EUPHÉMISME

 

n. m.

Adoucissement d'expression par lequel on déguise des idées désagréables, ou tristes, ou déshonnêtes, sous d'autres plus douces, plus indulgentes, plus décentes, qui laissent deviner les premières. Parbleu pour Par Dieu; Mettre au secret pour Mettre en prison; L'exécuteur des hautes oeuvres pour Le bourreau; Probité douteuse; Goût contestable; Avoir des démêlés avec la justice; N'être qu'un médiocre admirateur de quelqu'un sont des euphémismes.

 

EUPHONIE

 

n. f.

T. de Grammaire

. Ce qui rend la prononciation plus douce et plus coulante. L'élision et la contraction de l'article défini peuvent être regardées comme des cas d'euphonie.

 

EUPHONIQUE

adj. des deux genres

. T. de Grammaire

. Qui produit l'euphonie. Voyelle, consonne euphonique.

 

EUPHORBE

 

n. f.

T. de Botanique

. Plante à suc laiteux, âcre et corrosif.

 

EUPHORBIACÉES

 

n. f.

plur. T. de Botanique

. Famille de plantes dont l'Euphorbe est le type.

 

EUPHORIE

 

n. f.

T. de Médecine

. Sensation de bien-être, état de confiance de celui qui croit se bien porter.

 

EUPHUISME

 

n. m.

Affectation de beau langage, du temps de la reine Élisabeth d'Angleterre. On l'emploie encore en parlant d'un Style affecté.

 

EURYTHMIE

 

n. f.

Bel ordre, belle proportion. Il se dit de la Beauté qui résulte de toutes les parties d'un ouvrage d'architecture. Il se dit aussi dans les autres arts et signifie, en général, Harmonie dans la composition. Fig., Le sage doit mettre dans toute sa conduite un souci d'eurythmie.

Il se dit aussi, en termes de Médecine, de la Régularité dans les battements du coeur, du pouls.

 

EUSTACHE

n. m.

Sorte de couteau grossier.

 

EUX

 

Forme accentuée du pronom personnel complément Les. Voyez ce mot.

 

ÉVACUATION

 

n. f.

Action d'évacuer.

Il signifie spécialement Décharge, sortie d'humeurs, d'excréments, ou de matières viciées. Il se produisit une évacuation qui le sauva. À la suite d'une légère évacuation, il se trouva un peu mieux. Évacuation par haut et par bas.

Il se dit aussi des Matières évacuées. Le médecin, en voyant les évacuations, jugea que le malade était beaucoup mieux.

Il signifie encore Action d'évacuer un pays, une place de guerre, en conséquence d'un traité, d'une capitulation, etc. Il était dit par le traité qu'après l'évacuation de la place, de la province, etc.

Il se dit, par extension, de Toute sortie en masse produite par nécessité, par ordre ou par des mesures de force. L'évacuation d'un hôpital. L'évacuation d'une salle de réunion publique.

 

ÉVACUER

 

v. tr.

Rendre vide, quitter un lieu en plus ou moins grand nombre, en parlant des Personnes qui l'occupaient. Le tumulte devint tel que la police fit évacuer la salle. Après une héroïque résistance, la garnison dut évacuer le fort qu'elle était chargée de défendre.

Il signifie aussi Faire sortir en plus ou moins grand nombre des personnes du lieu où elles se trouvaient. Évacuer les malades d'un hôpital, les enfants d'une école, à la suite d'une épidémie.

Évacuer des troupes, de l'artillerie, etc., d'une place sur une autre, Leur faire quitter la place, la ville où elles étaient, et les diriger sur une autre. Cela se dit surtout lorsqu'il s'agit d'une retraite ou d'un mouvement rétrograde quelconque.

En termes de Médecine, il signifie Faire sortir du corps des matières fécales, des humeurs qui s'y étaient amassées. Remède pour évacuer la bile. Absolument, Ce malade a-t-il bien évacué?

ÉVADER (S')

 

v. pron.

S'échapper furtivement. Il voulait s'évader. Le coup fait, il s'évada. Les prisonniers se sont évadés. On le fit évader.

 

ÉVAGATION

 

n. f.

Disposition de l'esprit qui l'empêche de se fixer à un objet. Il ne s'emploie guère qu'en termes de Théologie ascétique.

 

ÉVALUABLE

 

adj. des deux genres

. Qui peut être évalué. Ce n'est pas un dommage évaluable.

 

ÉVALUATION

 

n. f.

Action d'évaluer. Faire l'évaluation de quelque marchandise. On a payé ces ouvrages suivant l'évaluation qui en a été faite. L'évaluation des frais d'un procès, de la dépense qu'exige une réparation. L'évaluation d'une perte. L'évaluation d'une indemnité. Évaluation approximative.

 

ÉVALUER

 

v. tr.

Estimer une chose quant à son prix, à sa valeur, à sa quantité, à sa durée. On évaluera ce domaine avant d'en faire l'échange. Sa propriété fut évaluée cent mille francs ou à cent mille francs. À combien ou Combien a-t-on évalué sa maison, son mobilier, sa bibliothèque? On évalue la perte, le dommage à tant. Le nombre des assistants pouvait être évalué à dix mille. La durée de l'éclipse fut évaluée à dix minutes.

 

ÉVANESCENCE

 

n. f.

T. didactique

. Diminution graduelle jusqu'à la disparition.

 

ÉVANESCENT, ENTE

adj.

T. didactique

. Qui s'amoindrit graduellement et finit par disparaître. Il se dit surtout en termes de Botanique. Nectaire évanescent.

 

ÉVANGÉLIAIRE

 

n. m.

Volume qui contient les évangiles qu'on lit ou qu'on chante à la messe.

 

ÉVANGÉLIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui est de l'Évangile, qui est selon l'Évangile. Doctrine évangélique. Douceur, charité évangélique. Morale évangélique. Mener une vie évangélique.

Il signifie encore, particulièrement, Qui est de la religion réformée. Ministre évangélique. La Suisse a des cantons catholiques et des cantons évangéliques. Substantivement, Les évangéliques.

 

ÉVANGÉLIQUEMENT

 

adv.

D'une manière évangélique. Vivre, prêcher évangéliquement.

 

ÉVANGÉLISATEUR, TRICE

 

n.

Celui, celle qui évangélise le premier, la première un pays. Les Jésuites furent les évangélisateurs de la Chine.

 

ÉVANGÉLISATION

 

n. f.

Action d'évangéliser ou Résultat de cette action.

 

ÉVANGÉLISER

 

v. tr.

Amener par la prédication, par le livre à accepter la doctrine évangélique. Lorsque saint Paul commença à évangéliser les gentils. Évangéliser les nations.

 

ÉVANGÉLISME

 

n. m.

Tendances religieuses de la Réforme à ses débuts. L'Évangélisme allemand. L'Évangélisme français.

 

ÉVANGÉLISTE

 

n. m.

Auteur de l'un des quatre Évangiles. Les quatre évangélistes sont saint Matthieu, saint Marc, saint Luc et saint Jean.

 

ÉVANGILE

 

n. m.

La loi de JÉSUS-CHRIST, sa doctrine. Lorsque Notre-Seigneur JÉSUS- CHRIST commença à prêcher son Évangile. Annoncer, prêcher l'Évangile. La prédication de l'Évangile. La lumière de l'Évangile. Les promesses de l'Évangile.

Il se dit aussi des Livres qui contiennent la vie et les doctrines de JÉSUS-CHRIST et dont la réunion forme le Nouveau Testament. Les quatre Évangiles. Livre des Évangiles. Les deux princes jurèrent la paix sur les Évangiles, en touchant les Évangiles.

Il se dit absolument du Nouveau Testament, du recueil des quatre Évangiles. Lire l'Évangile. Jurer sur l'Évangile. Présenter l'Évangile à baiser.

Fam., Il croit cela comme l'Évangile, Il le croit fermement.

Fig. et fam., Tout ce qu'il dit n'est pas parole d'Évangile, Il ne faut pas croire tout ce qu'il dit.

Il se dit en outre de Livres relatifs à la vie et à la doctrine de JÉSUS-CHRIST, mais qui n'ont pas été admis par l'Église ou de Livres de piété consacrés à l'usage d'une certaine classe de lecteurs et où la doctrine de l'Évangile est mise à leur portée. Les évangiles apocryphes. L'Évangile de l'enfance.

Il se dit encore de Cette partie des Évangiles que le prêtre lit à la messe. La messe est bien avancée, l'évangile est dit.

Le dernier Évangile, L'évangile qui se dit à la fin de la messe.

Le côté de l'évangile, Le côté gauche de l'autel, en faisant face à l'autel. Figurément, ÉVANGILE se dit du Livre, du document essentiel et symbolique d'une doctrine quelconque. Les livres de Karl Marx sont l'évangile du Communisme.

Fig. et fam., C'est l'évangile du jour, se dit de Quelque chose de nouveau dont tout le monde s'entretient et aussi d'une Doctrine à la mode.

 

ÉVANOUIR (S')

 

v. pron.

Tomber en faiblesse, perdre connaissance. Cette femme s'évanouit en apprenant la mort de son mari. Elle s'est évanouie à cette nouvelle.

Il signifie aussi, en parlant des Choses. Disparaître sans laisser de traces. Ce météore n'a fait que paraître un moment et s'est évanoui. Tous les grands biens qui étaient dans cette famille se sont évanouis. Mon bonheur s'est évanoui comme un songe. Une gloire évanouie.

En termes d'Algèbre, Faire évanouir une inconnue, La faire disparaître d'une équation.

 

ÉVANOUISSANT, ANTE

 

adj.

T. d'Algèbre

. Qui diminue indéfiniment, en parlant d'une Quantité. Une quantité évanouissante.

 

ÉVANOUISSEMENT

 

n. m.

Action de s'évanouir. Un long évanouissement. Il est revenu de son évanouissement. Avoir de fréquents évanouissements. Fig., L'évanouissement de ses illusions.

En termes d'Algèbre Évanouissement d'une inconnue, d'une quantité, d'un dénominateur.

 

ÉVAPORATION

 

n. f.

Transformation plus ou moins lente d'un liquide en vapeur. L'évaporation de l'eau et de toutes sortes de liquides se fait naturellement, soit par la seule action de l'air, soit par la chaleur du soleil.

 

ÉVAPORATOIRE

 

adj. des deux genres

. T. d'Arts

. Qui a rapport à l'évaporation ou qui sert à l'évaporation. Appareil, procédé évaporatoire.

 

ÉVAPORER (S')

 

v. pron.

Se résoudre en vapeur. L'esprit-de-vin s'évapore aisément. Faire évaporer une liqueur à feu lent.

Par extension, il signifie Se dissiper. Sa colère s'évapore en menaces. Cette folle ardeur ne tardera pas à s'évaporer. Au milieu de ces vaines subtilités, la raison, le bon sens s'évapore.

Dans cette acception, on l'emploie quelquefois transitivement dans le sens de Faire se dissiper. Évaporer sa bile, sa mauvaise humeur.

S'ÉVAPORER signifie figurément Montrer de la légèreté, une certaine légèreté, se dissiper. Il s'emploie surtout au participe passé comme nom. C'est une évaporée.

 

ÉVASEMENT

 

n. m.

Action d'évaser ou État de ce qui est évasé. Évasement des arches d'un pont.

 

ÉVASER

 

v. tr.

Élargir, rendre une chose plus large à son ouverture. Il faut évaser davantage ce tuyau, l'ouverture de ce tuyau. Un verre trop évasé.

En termes de Jardinage, Évaser un arbre, Lui faire prendre plus de circonférence. On dit de même qu'Un arbre s'évase, ne s'évase pas assez, s'évase trop.

 

ÉVASIF, IVE

 

adj.

Qui sert à éluder. Moyen évasif. Réponse évasive.

 

ÉVASION

 

n. f.

Action de s'évader. Après son évasion, il se retira en lieu sûr. Favoriser l'évasion d'un prisonnier.

ÉVASIVEMENT

 

adv.

D'une manière évasive. Répondre évasivement.

 

ÉVASURE

 

n. f.

Ouverture d'un vase; et, par extension, Élargissement pratique à l'extrémité d'un conduit, d'un pont, etc.

 

ÉVÊCHÉ

 

n. m.

Diocèse, partie de territoire soumise à l'autorité spirituelle d'un évêque. L'évêché de Chartres. Toutes les paroisses, toutes les cures d'un évêché. Obtenir un évêché.

Il se dit en outre d'une Ville où il y a un siège épiscopal, c'est-à-dire qui est la Résidence d'un évêque. Orléans est un évêché, est évêché. On érigea telle ville en évêché.

Il désigne encore la Demeure de l'évêque. Il est logé à l'évêché. Cette réunion se tient à l'évêché.

 

ÉVEIL

 

n. m.

Action d'éveiller ou de s'éveiller. On dit plutôt aujourd'hui RÉVEIL.

Il signifie par extension Alarme. Une fois l'éveil donné, tout le camp fut sur pied.

Il s'emploie surtout au figuré pour signifier Avertissement que l'on donne de bien veiller, d'être sur ses gardes. Donner l'éveil. Je n'en ai eu l'éveil que tout à l'heure.

En éveil, Sur ses gardes, aux aguets. Être en éveil. Tenir en éveil. Une jalousie, une charité toujours en éveil.

Il signifie aussi figurément Action de s'éveiller. L'éveil de l'intelligence, de la sensibilité, des sens, de la nature.

 

ÉVEILLÉ, ÉE

 

adj.

Qui est gai, vif. Vous êtes bien éveillé aujourd'hui. C'est un petit garçon bien éveillé. Il a l'esprit éveillé, l'air éveillé, la mine éveillée. Les yeux bien éveillés.

Fig. et fam., Il est éveillé comme une potée de souris, se dit d'un Jeune enfant fort vif, fort remuant et fort gai.

 

ÉVEILLER

 

v. tr.

Tirer du sommeil. Quand il est une fois endormi, on ne peut l'éveiller. Le moindre bruit l'éveille. On est venu m'éveiller ce matin à cinq heures.

Prov. et fig., Il ne faut pas éveiller le chat qui dort. Voyez CHAT.

S'ÉVEILLER signifie Sortir du sommeil. Il s'éveille tous les jours à une certaine heure. Elle s'est éveillée en sursaut. On emporterait la maison, qu'il ne s'éveillerait pas. S'éveiller au bruit. Vous paraissez tout endormi, éveillez- vous. En ces différents sens, on dit plutôt aujourd'hui RÉVEILLER. On dit toutefois, au sens figuré, Son intelligence commence à s'éveiller.

 

ÉVEILLEUR

 

n. m.

Celui qui éveille. Il ne se dit que figurément. Cet écrivain fut un éveilleur d'idées.

 

ÉVÉNEMENT

 

n. m.

Ce qui arrive, ce qui survient. Événement heureux, funeste, inattendu, étrange. Un événement de la plus grande importance. Les grands événements de ce règne. Cet événement aura des suites fâcheuses. Tous les événements de notre vie. Le cours des événements. Une longue suite d'événements. J'ai entendu plusieurs fois le récit de cet événement.

Faire événement, Produire une forte sensation. Son apparition fit événement.

C'est un événement, C'est une chose inattendue, c'est une grande affaire. Ce fut un événement dans son existence. Que me dites- vous là? Quel événement!

Il se dit aussi dans le sens d'Incidents, faits racontés ou mis en action au théâtre, dans un roman, etc. Les événements se pressent, se multiplient dans cet acte. Ce roman est plein d'événements inattendus qui excitent la curiosité.

Il se dit aussi de l'Issue, du succès bon ou mauvais de quelque chose. L'événement fit voir qu'il ne s'était pas trompé. L'événement lui donna tort. Il ne faut pas juger des choses, des conseils, des entreprises par l'événement. Se préparer à tout événement.

En termes de Guerre, il désigne parfois la Dernière phase d'une bataille, la manoeuvre finale qui doit décider de la victoire. L'entrée en ligne de la réserve produisit l'événement de la journée.

À tout événement, À tout hasard, quoi qu'il arrive.

 

ÉVENT

 

n. m.

Exposition au vent, à l'air. Mettre des marchandises, des hardes à l'évent.

Par analogie, Donner de l'évent à une pièce de vin, Y donner de l'air en faisant une petite ouverture par en haut.

Fig. et fam., Avoir la tête à l'évent, Avoir l'esprit léger, être évaporé. On dit de même C'est une tête à l'évent, C'est une personne étourdie et d'un esprit léger.

Il se dit aussi de l'Odeur et de la saveur particulières que donne parfois aux aliments et aux liqueurs le contact prolongé de l'air. Du vin qui sent l'évent, qui a de l'évent.

Il se dit encore de l'Ouverture par laquelle certains cétacés rejettent l'eau qu'ils ont aspirée.

Il se dit, en termes d'Arts, des Conduits que l'on ménage dans la fondation des fourneaux des fonderies pour que l'air y circule.

Il se dit aussi des Ouvertures ménagées dans un moule pour l'échappement des gaz au moment de la fonte.

Il signifie aussi Défaut de fabrication d'un canon de fusil, défectuosité d'une mine, qui consiste en une petite fissure par laquelle l'air peut passer.

En termes d'Artillerie, il désignait la Différence en moins du diamètre d'un boulet à celui du calibre de la pièce.

 

ÉVENTAIL

 

n. m.

Petit dispositif demi- circulaire, composé de lames légères d'ivoire, de nacre, de bois, etc., qui se replient les unes sur les autres, dont la partie supérieure est ordinairement recouverte de papier, de taffetas ou de plumes, et dont on se sert pour agiter l'air afin de se rafraîchir le visage. Les bâtons, les feuilles d'un éventail. Un éventail de papier, de plumes, de soie. Un éventail d'ivoire, d'écaille, de nacre. Tenir un éventail à la main. Un coup d'éventail. Jouer de l'éventail. Le jeu de l'éventail.

En termes de Jardinage, Tailler un arbre en éventail, Lui donner la forme d'un éventail ouvert. Allées de tilleuls, de charmilles en éventail. On dit de même d'un Joueur de cartes : Tenir ses cartes en éventail, et d'une Troupe : Se déplacer en éventail.

ÉVENTAILLISTE

 

n. des deux genres

. Celui, celle qui monte, qui vend des éventails. Adjectivement, Peintre éventailliste.

 

ÉVENTAIRE

 

n. m.

Plateau, généralement en osier, que portent devant elles les marchandes de fleurs, de fruits, de légumes, de poisson, etc.

Il désigne aussi l'Étalage à l'extérieur d'une boutique. Il y a des choux à l'éventaire de ce fruitier.

 

ÉVENTER

 

v. tr.

Rafraîchir par l'air au moyen d'un éventail ou de tout autre objet. Les princes d'Asie ont toujours des gens qui les éventent quand ils dînent. S'éventer pour se rafraîchir. S'éventer avec un mouchoir.

Il signifie aussi Exposer à l'action de l'air, du vent. Éventer des étoffes. Il faut éventer un peu ce meuble.

Éventer le grain, Le remuer avec la pelle, pour lui donner de l'air et empêcher qu'il ne s'échauffe.

En termes de Marine, Éventer une voile, Disposer, brasser une voile de manière à mettre le vent dedans. Éventer la quille, Abattre un vaisseau en carène jusqu'à ce que sa quille paraisse hors de l'eau.

Il signifie encore Altérer, corrompre, gâter par le contact de l'air. Éventer une liqueur, une substance. Ce vin s'éventera, si on ne bouche la bouteille. Les parfums s'éventent aisément. La laine, la soie, le fil s'éventent facilement. Les racines sont sujettes à s'éventer quand elles ne sont pas couvertes de terre.

ÉVENTER signifie encore Déboucher, ouvrir de manière à laisser pénétrer l'air. C'est dans ce sens qu'on dit Éventer une mine, Découvrir le lieu où elle est pratiquée et en empêcher l'effet. Les assiégés éventèrent la mine.

Fig., Éventer la mine, éventer la mèche, Pénétrer un dessein secret et empêcher par là qu'il ne réussisse.

Fig., Éventer un secret, un complot, Le découvrir.

Il signifie figurément Rendre évaporé, d'esprit léger. Tête éventée. Absolument, comme nom, Un éventé, une éventée.

Il signifie aussi Deviner, sentir par le vent. Éventer la voie se dit d'un Chien de chasse qui rencontre une voie si fraîche qu'il la sent sans mettre le nez à terre. On dit aussi Ce cheval évente, Il a toujours le nez au vent.

 

ÉVENTRATION

 

n. f.

T. de Chirurgie

. Hernie ventrale qui se forme dans les régions antérieures et latérales de l'abdomen.

 

ÉVENTRER

 

v. tr.

Ouvrir le ventre d'un animal pour en tirer les intestins. Éventrer un boeuf, un mouton. Éventrer une carpe, un brochet.

Il signifie aussi Blesser en déchirant ou en fendant le ventre. Le sanglier éventra plusieurs de nos chiens. Ce soldat fut éventré d'un coup de baïonnette.

Par analogie, Éventrer un pâté, L'ouvrir. Éventrer un portefeuille, L'ouvrir de force et en déchirant. Les voleurs éventrèrent les sacs de dépêches. Éventrer une muraille, Y faire une brèche.

 

ÉVENTREUR

 

n. m.

Malfaiteur qui éventre.

 

ÉVENTUALITÉ

 

n. f.

Caractère de ce qui est éventuel. L'éventualité d'une cause, d'une condition, d'un traité. Se gouverner suivant les éventualités. Agir en prévision des diverses éventualités.

 

ÉVENTUEL, ELLE

 

adj.

Qui est subordonné à quelque événement incertain. Il a été fait un traité éventuel entre ces puissances. Clause, condition éventuelle. Droits éventuels. Investiture éventuelle.

Profits éventuels, Profits accidentels, profits qui ne sont pas fixes et réguliers.

 

ÉVENTUELLEMENT

 

adv.

D'une manière éventuelle. Il a eu cette succession éventuellement.

 

ÉVÊQUE

 

n. m.

Prélat chargé de la conduite d'un diocèse. Les évêques sont les successeurs des apôtres. Évêque de telle ville. On l'a fait évêque. Nommer, préconiser, consacrer un évêque.

Évêque in partibus infidelium, ou, plus ordinairement, Évêque in partibus, Évêque pourvu par le Pape d'un évêché dont le territoire est ou était au pouvoir des infidèles. On dit aujourd'hui Évêque titulaire.

Prov. et pop., Un chien regarde bien un évêque, On ne doit pas s'offenser d'être regardé par un inférieur.

 

ÉVERSION

 

n. f.

Ruine, renversement d'une ville, d'un État, destruction d'un système, d'une doctrine. L'éversion de la morale, de tous les principes. Il est peu usité.

 

ÉVERTUER (S')

 

v. pron.

S'exciter soi- même et faire des efforts pour arriver à quelque résultat ou à quelque chose que l'on fait péniblement. Il a beau s'évertuer pour se tirer d'affaire, il n'y peut parvenir. Il languissait dans l'oisiveté, mais à la fin il s'est évertué. Il faut un peu s'évertuer. Il s'évertue à faire de l'esprit.

 

ÉVHÉMÉRISME

 

n. m.

T. de Philosophie

. Système ainsi appelé du nom de son inventeur Évhémère, et suivant lequel les dieux du paganisme étaient des hommes divinisés. L'évhémérisme est une des manières d'interpréter la mythologie.

ÉVICTION

 

n. f.

T. de Jurisprudence

. Action d'évincer. Le vendeur est garant de l'éviction que l'acquéreur peut souffrir. Éviction d'un fermier.

 

ÉVIDAGE ou ÉVIDEMENT

 

n. m.

Action d'évider ou État de ce qui est évidé. L'évidement d'une pierre.

En termes de Chirurgie, Évidement d'un os, Opération qui consiste à évider la partie intérieure d'un os, sans enlever le périoste.

 

ÉVIDEMMENT

 

adv.

D'une manière évidente. Faire voir évidemment. Prouver évidemment.

Il s'emploie aussi comme affirmation d'une chose indiscutable. Évidemment, vous êtes dans l'erreur.

 

ÉVIDENCE

 

n. f.

Manière de se présenter d'une chose qui la rend immédiatement visible. Dans cette acception, il ne s'emploie guère que dans quelques expressions : Être en évidence, Être placé de façon à être vu de tout le monde. On dit dans un sens analogue Mettre en évidence, qui signifie aussi Faire connaître clairement, manifestement. On dit encore Se mettre en évidence, Se montrer avec l'intention de se faire remarquer.

Il se dit plus souvent de Ce qui est immédiatement visible pour l'esprit, de ce qui apparaît comme certain. Cela est de toute évidence. L'évidence d'une proposition, d'une preuve, d'une vérité, d'une fausseté. Se rendre, se refuser à l'évidence. Démontrer jusqu'à l'évidence.

 

ÉVIDENT, ENTE

 

adj.

Qui est immédiatement visible pour l'esprit. Vérité évidente. Proposition évidente. Fausseté évidente. Il n'y a rien là qui ne soit évident. Il est évident que... Danger, péril évident.

ÉVIDER

 

v. tr.

Enlever une partie de la matière d'un objet en y creusant des cannelures, des tubulures, etc. Évider une lame d'épée. Évider un canon de pistolet. Évider un morceau d'ivoire. Évider une flûte, une clarinette. Fig., Ce cheval a les flancs évidés.

En termes d'Architecture, il signifie Tailler à jour, sculpter les reliefs d'une façade.

Il signifie aussi, surtout en termes de Couture, Échancrer. Le collet de cette robe, de ce manteau n'est pas assez évidé, est trop évidé.

 

ÉVIDOIR

 

n. m.

Outil qui sert à évider.

 

ÉVIER

 

n. m.

Pierre en forme de table et légèrement creusée, sur laquelle on lave la vaisselle, et qui a un trou pour l'écoulement des eaux. Le trou d'un évier. Jeter des eaux par l'évier. On dit aussi Pierre d'évier et Pierre à laver.

 

ÉVINCER

 

v. tr.

T. de Jurisprudence

. Déposséder juridiquement quelqu'un, d'une chose dont il est en possession. Il a été évincé de cette maison par jugement.

Il s'emploie aussi dans le langage ordinaire et signifie alors Déposséder quelqu'un d'une place, d'une affaire lucrative, pour s'en emparer ou pour la faire passer à un autre. On l'a évincé de cette place. Il est parvenu à évincer son concurrent.

 

ÉVITABLE

 

adj. des deux genres

. Qui peut être évité. Ce malheur était facilement évitable.

 

ÉVITAGE. n. m. ou ÉVITÉE

.n. m.

ou ÉVITÉE. n. f.

T. de Marine

. Espace suffisant pour qu'un navire à l'ancre puisse éviter, puisse tourner librement, lorsque le vent ou la marée change. Cette rivière n'a pas assez d'évitée.

Il signifie également Action d'un navire qui se meut pour éviter. Faire son évitée, une évitée.

 

ÉVITEMENT

 

n. m.

Action d'éviter. Il se dit en termes de Chemin de fer. Gare d'évitement. Voie d'évitement, Courte voie supplémentaire, ménagée de distance en distance, pour y ranger les wagons, les trains et laisser libre la voie principale, de manière à prévenir la rencontre de deux trains.

 

ÉVITER

 

v. tr.

Échapper, se soustraire à quelque chose de nuisible, de désagréable. Éviter les périls. Éviter un piège. Éviter un coup. Le pilote a heureusement évité ces écueils. Éviter le combat. Éviter les occasions. Éviter la rencontre de quelqu'un, ou Éviter quelqu'un. Éviter un malheur. Ce n'est pas résoudre la difficulté, ce n'est que l'éviter. En écrivant il faut éviter les mauvaises constructions. Éviter les regards de quelqu'un. Éviter de voir quelqu'un, de parler à quelqu'un. Évitez qu'il ne vous parle. Ils s'évitent l'un l'autre. Elles se sont évitées.

Il se dit intransitivement, en termes de Marine, d'un Navire qui tourne autour de son ancre au changement de vent ou de marée. Éviter au vent. Éviter à la marée. Absolument, Ce vaisseau évite.

 

ÉVOCABLE

 

adj. des deux genres

. T. de Jurisprudence

. Qui peut être évoqué. C'est une affaire très évocable.

 

ÉVOCATEUR, TRICE

 

adj.

Qui évoque. Mot évocateur de souvenirs anciens. Image évocatrice.

 

ÉVOCATION

n. f.

Action d'appeler, de faire venir, de faire apparaître. Dans ce sens, il se dit en parlant des Âmes, des esprits, etc. L'évocation des démons, des ombres.

Par extension, il se dit de l'Action de rappeler à la mémoire, de remettre sous les yeux l'image de ce qui a disparu. L'évocation d'un temps, d'une époque disparue, d'une société qui n'est plus.

En termes de Jurisprudence, il signifie Action d'évoquer une cause, une affaire. La Cour de Cassation est chargée de statuer sur les demandes en évocation.

 

ÉVOCATOIRE

 

adj.

T. de Jurisprudence ancienne

. Qui donne lieu à une évocation. Cause évocatoire. Cédule évocatoire.

 

ÉVOLUER

 

v. intr.

T. d'Art militaire, de Marine ou d'Aéronautique

. Exécuter des évolutions. Les avions évoluaient au-dessus du terrain des manoeuvres.

Il signifie, en termes de Biologie, de Médecine, de Philosophie et de Littérature, Subir des transformations progressives.

 

ÉVOLUTION

 

n. f.

T. d'Art militaire, de Marine ou d'Aéronautique

. Mouvement que font des troupes pour prendre une nouvelle disposition. Faire exécuter des évolutions à un régiment d'infanterie, de cavalerie. Le public suivait avec intérêt les évolutions des avions.

Évolution navale, Mouvement d'une flotte ou d'une escadre. Escadre d'évolution, Escadre réunie pour s'exercer aux manoeuvres.

En termes d'Histoire naturelle, il signifie Action de sortir en se déroulant. L'évolution des feuilles hors des bourgeons.

En termes de Biologie, il signifie Changement continu et profond des êtres et des choses, par lequel ils se transforment progressivement.

En termes de Médecine, il signifie Modification du cours d'une maladie.

En termes de Philosophie, il signifie Développement successif, intérieur et spontané de l'être. Doctrine de l'évolution.

En termes de Littérature ou d'Art, il se dit des Changements graduels qui modifient les conceptions ou les procédés. L'évolution du langage. L'évolution d'un genre.

Il se dit aussi en termes de Politique. L'évolution de la doctrine démocratique.

Il se dit également des Changements d'idées ou de conduite des personnes ou des collectivités. L'évolution politique de cet homme a été rapide. Il a fait faire à son parti une complète évolution.

 

ÉVOLUTIONNISME

 

n. m.

T. de Philosophie

. Système fondé exclusivement sur l'idée de l'évolution. L'évolutionnisme donne une interprétation purement physique de tous les phénomènes de l'univers.

 

ÉVOLUTIONNISTE

 

n. des deux genres

. T. de Philosophie

. Partisan de l'évolutionnisme. Ce grand savant était un évolutionniste. Adjectivement, La doctrine évolutionniste.

 

ÉVOQUER

 

v. tr.

Appeler, faire venir, faire apparaître. Dans ce sens, il ne se dit guère qu'en parlant des Âmes, des esprits. Les nécromanciens prétendaient évoquer les âmes des morts, les esprits, les démons.

Il se dit figurément, en parlant d'une Simple apostrophe oratoire, d'une prosopopée. Dans le " Criton ", Socrate évoque l'image des Lois. Fig., Évoquer un souvenir, Le rappeler.

En termes de Jurisprudence, il se dit d'une Décision par laquelle une juridiction supérieure attire à soi la connaissance d'une affaire. La Cour évoqua le fond de l'affaire et y fit droit.

 

ÉVULSION

 

n. f.

T. didactique

. Arrachement, extraction.