Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 376 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Escarpe

 

n. f.

T. de Fortification

. Muraille de terre ou de maçonnerie qui règne au-dessus du fossé du côté de la place. Par opposition, on dit Contrescarpe.

 

ESCARPE

 

n. m.

Voleur ou assassin de profession, qui opère dans les villes.

 

ESCARPEMENT

 

n. m.

Pente raide. L'escarpement des montagnes. Les escarpements d'une montagne.

 

ESCARPIN

 

n. m.

Soulier découvert et à mince semelle. Danser en escarpin, avec des escarpins. Se mettre en escarpins. Prendre des escarpins pour faire des armes.

Fig. et pop., Jouer de l'escarpin, S'enfuir.

 

ESCARPOLETTE

 

n. f.

Espèce de siège suspendu par des cordes, sur lequel on se place pour être balancé dans l'air. Se mettre sur l'escarpolette. Le jeu de l'escarpolette. Pousser l'escarpolette.

 

ESCARRE

 

n. f.

T. de Médecine

. Tissu mortifié ou croûte résultant de la mortification d'un tissu. Il faut attendre que l'escarre tombe.

 

ESCHATOLOGIE

(CH se prononce K.)n. f.

Étude des idées, doctrines théologiques ou philosophiques relatives à la destinée de l'homme après la mort.

 

ESCIENT

 

n. m.

Pleine connaissance d'une chose. Il ne s'emploie que dans les locutions suivantes : À mon escient, À ton escient, En pleine connaissance de ma part, de ta part. Parler, agir à bon escient, En sachant parfaitement ce dont on parle, pourquoi on doit agir de telle manière, en connaissance de cause.

 

ESCLAFFER (S')

 

v. pr.

Éclater de rire bruyamment. Il est familier.

 

ESCLANDRE

 

n. m.

Bruit, éclat scandaleux provenant de quelque acte fâcheux. Il est arrivé un grand esclandre dans cette famille. Faire, causer de l'esclandre.

 

ESCLAVAGE

 

n. m.

État, condition d'un esclave. Rude, dur, cruel, perpétuel esclavage. L'esclavage chez les Grecs et les Romains. L'esclavage des nègres. Emmener, réduire en esclavage. L'abolition de l'esclavage.

Il se dit figurément de l'État d'une personne dominée par quelque passion. L'amour est un esclavage. L'esclavage des passions.

Il se dit encore figurément de Tout ce qui tient dans une sorte d'assujettissement, de dépendance. Cet emploi est lucratif, mais c'est un véritable esclavage.

L'esclavage de la rime, La contrainte qu'elle impose.

 

ESCLAVAGISTE

 

adj. des deux genres . Qui veut maintenir l'esclavage des nègres ou Qui en fait la traite. Il s'emploie aussi comme nom.

 

ESCLAVE

 

n. des deux genres

. Celui, celle qui par sa naissance n'est pas de condition libre ou que la violence a mis sous la puissance absolue d'un maître. Un jeune, une jeune esclave. Esclave turc. Esclave chrétien. Vendre, acheter, délivrer, racheter des esclaves. Affranchir un esclave. Chez les Romains, le maître avait droit de vie et de mort sur ses esclaves. Les Grecs traitaient plus humainement les esclaves que les Romains.

Il se dit figurément de Ceux qui par flatterie, par intérêt, se mettent dans la dépendance de quelqu'un et suivent aveuglément ses volontés. Il est esclave de tous ceux qui peuvent contribuer à sa fortune. Avoir une âme d'esclave, Avoir une âme vile et basse. On dit aussi adjectivement Avoir une âme esclave.

Fig., Être esclave, Être tellement attaché au service de quelqu'un, ou à quelque emploi, qu'on ne peut s'éloigner, ni faire autre chose. On est esclave auprès de ce maître-là. On est esclave, tout à fait esclave dans cet emploi.

Fig., Être esclave de la faveur, être esclave de ses intérêts, de ses passions, Faire tout pour la faveur, pour ses intérêts, pour satisfaire ses passions.

Il peut se prendre aussi en bonne part. Être esclave de son devoir, Se soumettre scrupuleusement à toutes les obligations d'une fonction, d'une charge.

Être esclave de sa parole, Tenir religieusement ce qu'on promet.

 

ESCOBAR

 

n. m.

Hypocrite, qui résout au mieux de ses intérêts les cas de conscience les plus délicats.

 

ESCOBARDER

 

v. intr.

User de réticences. de mots à double entente, d'équivoques, dans le dessein de tromper. Il est familier.

 

ESCOBARDERIE

 

n. f.

Subterfuge, action ou parole équivoque, simulation ou dissimulation adroite destinée à tromper sans mentir précisément. Il est familier.

 

ESCOFFIER

 

v. tr.

Tuer. Il est trivial.

 

ESCOGRIFFE

 

n. m.

Homme de grande taille et dégingandé. C'est un grand escogriffe.

 

ESCOMPTABLE

 

adj. des deux genres

. Qui peut être escompté. Un papier de commerce escomptable.

 

ESCOMPTE

 

n. m.

Retenue faite par celui qui avance avant l'échéance une somme due à quelqu'un. Il a pris tant pour l'escompte. Caisse d'escompte.

Il se dit aussi de la Remise faite au payeur par celui qui reçoit un paiement avant l'échéance, ou avant le terme fixé par les usages du commerce. Il aura tant d'escompte. Le taux de l'escompte.

Il se dit aussi d'une Opération de Bourse à l'aide de laquelle l'acheteur à terme peut se faire livrer à toute époque avant l'échéance les titres achetés ferme ou à prime.

 

ESCOMPTER

 

v. tr.

Faire l'escompte. Quand un banquier paie une lettre de change avant l'échéance, il escompte l'intérêt du temps. Escompter un billet, une lettre de change, un effet.

Il signifie encore Se faire payer un billet d'avance.

En termes de Bourse, Escompter des valeurs se dit de l'Acheteur à terme qui se fait livrer, avant l'échéance, des titres achetés ferme ou à prime.

Au figuré, il signifie Dépenser d'avance, rapidement, prématurément. Escompter un héritage. Il signifie aussi figurément Bâtir des projets sur des espérances aléatoires. Il avait escompté un grand succès : l'événement l'a déçu.

 

ESCOMPTEUR

 

n. m.

Celui qui fait l'escompte. Adjectivement, Le banquier escompteur.

 

ESCOPETTE

 

n. f.

Arme à feu, espèce de fusil de guerre ou de carabine que l'on portait ordinairement en bandoulière.

 

ESCORTE

 

n. f.

Troupe généralement armée qui accompagne une personne, un convoi, des bagages pour les protéger ou les surveiller pendant la marche. Ne vous hasardez pas à traverser ce pays-là sans bonne escorte. Sous l'escorte d'un escadron de cavalerie. Faire escorte. Servir d'escorte.

Il se dit aussi de Vaisseaux de guerre qui accompagnent, dans le même dessein, des bâtiments de transport, des navires marchands, etc. La tempête sépara le convoi de son escorte. Vaisseau d'escorte.

Il se dit également d'un Cortège qui se forme pour honorer une personne. Escorte d'honneur. Une brillante escorte.

 

ESCORTER

 

v. tr.

Accompagner pour protéger, défendre, surveiller ou honorer pendant la marche. On détacha un corps de cavalerie pour escorter le convoi, pour escorter le bagage. Deux frégates escortèrent le convoi. Il a des ennemis, il se fait toujours bien escorter. Je n'irai là que bien escorté. Ses admirateurs l'escortèrent jusque chez lui.

Il peut signifier aussi Accompagner isolément. Je vous escorterai jusque chez vous.

 

ESCOUADE

 

n. f.

Fraction d'une compagnie ou d'un escadron sous les ordres d'un caporal ou d'un brigadier.