Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 6 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Acagnarder

 

v. tr.

Accoutumer quelqu'un à mener une vie obscure et fainéante. La mauvaise compagnie l'a acagnardé. S'acagnarder dans sa terre. S'acagnarder auprès d'une femme, auprès du feu, dans un fauteuil. Il est familier.

 

ACAJOU

 

n. m.

Genre d'arbres d'Amérique dont une des variétés fournit une sorte de bois rougeâtre et susceptible d'un beau poli, qu'on emploie dans l'ébénisterie, la tabletterie, etc. Bois d'acajou. Il se dit le plus souvent du Bois lui-même. Secrétaire d'acajou.

 

ACANTHE

 

n. f.

Plante de la famille des Labiées, dont l'espèce commune, vulgairement nommée Branche-ursine, est remarquable par ses belles feuilles découpées, dont l'extrémité se recourbe naturellement. La feuille d'acanthe a servi de modèle pour l'ornement du chapiteau corinthien.

Il se dit aussi, en termes d'Architecture, de l'Ornement imité de la feuille d'acanthe.

 

ACARE ou ACARUS

 

n. m.

Voyez GALE.

 

ACARIÂTRE

 

adj. des deux genres

. Qui est d'une humeur aigre et fâcheuse. Il est acariâtre. Une femme acariâtre. C'est un esprit acariâtre.

 

ACAULE

 

adj. des deux genres

. T. de Botanique

. Dont la tige est si courte ou rabougrie qu'elle semble inexistante. La mandragore, le cyclamen sont des plantes acaules.

ACCABLANT, ANTE

 

adj.

Qui accable ou qui peut accabler. Un poids accablant.

Il se dit plus ordinairement au figuré des Choses qui sont considérées comme un poids difficile à porter, sous lequel on succombe. Affaires accablantes. Travail accablant. C'est une nouvelle accablante. Voilà un reproche accablant. Une déposition, une preuve accablante.

 

ACCABLEMENT

 

n. m.

État d'une personne accablée par la maladie ou par l'affliction. Accablement de corps. Accablement d'esprit. Sa maladie l'a mis dans un si grand accablement qu'il a peine à se soutenir. Depuis la mort de son fils, il est dans le dernier accablement. Il est dans un accablement d'affaires, de travail, qui lui laisse à peine le temps de respirer.

 

ACCABLER

 

v. tr.

Faire succomber sous un poids. Il fut accablé sous les ruines. On dit à peu près dans le même sens Être accablé par le nombre, par la multitude des ennemis, Ne pouvoir résister au nombre, à la multitude des ennemis.

Il signifie par extension Surcharger en excédant les forces. Il portait un fardeau qui l'accablait, dont il était accablé.

Il se dit figurément de la plupart des Choses considérées comme un poids lourd à porter. Le travail, les affaires l'accablent. Il ne faut pas s'accabler de travail. Je suis accablé de fatigue. Ne vous laissez point accabler par la douleur, par la tristesse. Il est accablé de dettes, de misère. Il est accablé de cette nouvelle. Il a l'air accablé. Il est accablé de visites. Le sommeil l'accable. Il m'accable de questions.

Accabler quelqu'un de reproches, d'injures, Lui faire de grands reproches, lui dire beaucoup d'injures.

Accabler quelqu'un de biens, de grâces, de bienfaits, de présents, Le combler outre mesure de biens, de grâces, etc. Il l'avait comblé de bienfaits, il voulut l'en accabler. On dit dans un sens analogue Accabler quelqu'un de caresses, de louanges, de politesses, etc.

 

ACCALMIE

 

n. f.

T. de Marine

. Calme momentané qui succède à un coup de vent très violent.

Il s'emploie aussi figurément pour désigner une Période d'arrêt ou de calme succédant à une période d'activité ou d'agitation. Il s'est produit une accalmie inattendue dans notre commerce d'exportation. Ce malade est dans une période d'accalmie.

 

ACCAPAREMENT

 

n. m.

Action d'accaparer ou Résultat de cette action. Se livrer à l'accaparement. Des accaparements de blés, de farines.

 

ACCAPARER

 

v. tr.

Acheter ou Retenir en quantité considérable une denrée, une marchandise, pour la rendre plus chère en la rendant plus rare. On l'accusait d'avoir accaparé tous les blés de la province. Accaparer des huiles, des laines, etc.

Fig., Accaparer les voix, les suffrages, Se les assurer par des sollicitations, par la brigue, etc.

Il signifie encore figurément S'emparer de quelqu'un à son propre profit. Il m'a accaparé toute la journée. Il est pour toujours accaparé par cette femme.

 

ACCAPAREUR, EUSE

 

n.

Celui, celle qui accapare. C'est un accapareur, une accapareuse. Il fut dénoncé comme un accapareur de blés.

 

ACCÉDER

 

v. intr.

Entrer dans des engagements contractés déjà par d'autres. Les puissances du Nord ont accédé à ce traité, à cette convention. J'accède aux stipulations que mes cohéritiers ont consenties.

Accéder à une proposition, Y adhérer, l'accepter. Accéder à une prière, à un voeu, Consentir à l'accomplissement de cette prière, l'exaucer. Dieu accède aux voeux des hommes.

Il signifie aussi Arriver à. On accédait à cette terrasse par vingt marches.

 

ACCÉLÉRATEUR, TRICE

adj.

Qui accélère. Muscles accélérateurs. Force accélératrice.

Il s'emploie comme nom masculin en termes d'Automobilisme, Appuyer sur l'accélérateur.

 

ACCÉLÉRATION

 

n. f.

Augmentation de vitesse. L'accélération du mouvement dans la chute des corps graves. L'accélération de la marche.

Il signifie au figuré Prompte expédition, prompte exécution. Il faut employer tel moyen pour l'accélération de cette affaire, de ce jugement. L'accélération des travaux.

 

ACCÉLÉRER

 

v. tr.

Rendre plus rapide. La gravité d'un corps qui tombe en accélère le mouvement. Accélérer la marche d'une armée. Il faut accélérer ce travail. Accélérer la décision d'une affaire. Mouvement accéléré. Pas accéléré. Voitures accélérées. Roulage accéléré.

 

ACCENT

 

n. m.

T. de Grammaire

. Élévation de la voix sur une syllabe, dans un mot, Modification de la voix dans la durée ou dans le ton des syllabes et des mots. Mettre l'accent sur un mot que l'on veut faire valoir.

Accent grammatical ou prosodique, Celui dont la grammaire, dont la prosodie fixe les règles. Lorsqu'il s'agit seulement de l'élévation de la voix sur une des syllabes du mot, on le nomme Accent tonique.

Il se dit d'une manière plus générale de l'Intonation qui convient à l'expression des divers sentiments. Les accents de la passion. Des accents plaintifs. L'accent de la nature, de la sincérité. Et par suite il peut s'appliquer aux divers genres littéraires. L'accent oratoire.

Il se dit absolument de l'Accent tonique et des Syllabes mêmes sur lesquelles porte cet accent. En grec, en italien, etc., la connaissance des accents, de l'accent est extrêmement importante. Déplacer l'accent.

Il se dit aussi des Inflexions de voix particulières à une nation, aux habitants de certaines provinces. Accent national. Accent anglais, italien. Accent gascon. Accent normand, provençal. On connaît à son accent de quelle province il est.

En ce sens il s'emploie quelquefois absolument. Il a de l'accent. Il a perdu, il a conservé son accent.

ACCENT se dit aussi d'un Signe spécial qui se met sur une syllabe, soit pour faire connaître la prononciation de la voyelle, soit pour distinguer le sens d'un mot d'avec celui d'un autre mot qui s'écrit de même. Nous avons en français trois accents : l'accent aigu ( '), l'accent grave ( ` ) et l'accent circonflexe ( ^ ), On met l'accent aigu sur un é, pour marquer que c'est un é fermé, et qu'il doit être prononcé comme dans ces mots, Santé, charité. On met l'accent grave sur un è ouvert, comme dans Procès, succès; on le met aussi sur à, préposition, pour le distinguer de a, troisième personne du singulier du présent de l'indicatif du verbe Avoir; on le met également sur là, adverbe, pour le distinguer de la, article, et sur où, adverbe, pour le distinguer de ou, conjonction. On met un accent circonflexe sur les voyelles longues où il indique ordinairement la suppression d'une voyelle ou d'une consonne qui figuraient anciennement, comme dans Âge, rôle (Aage, roole); Âne, fête, tête, gîte, côte (Asne, feste, teste, giste, coste).

 

ACCENTUATION

 

n. f.

Manière d'accentuer en écrivant ou en parlant. Les règles de l'accentuation française. Les règles de l'accentuation grecque. Entendre bien l'accentuation. Cette accentuation est vicieuse. Son accentuation laisse à désirer.

 

ACCENTUER

 

v. tr.

Marquer d'un accent. On accentue ce mot, ce mot s'accentue, doit être accentué de telle manière. Vous avez bien accentué, mal accentué. Les grammairiens d'Alexandrie furent les premiers à accentuer les mots grecs.

Il signifie aussi Prononcer suivant les règles de l'accent tonique, et par extension Prononcer avec netteté, avec force. Cet acteur accentue parfaitement. Il faut accentuer davantage ce mot, cette phrase.

Il se prend quelquefois en mauvaise part. Cet homme est fatigant, il accentue tout ce qu'il dit.

Syllabe accentuée, La syllabe d'un mot sur laquelle porte l'accent tonique.

Cette langue est fort accentuée, L'accent tonique y est très sensible et très varié.

Par extension, il signifie Donner de l'intensité à une chose. Accentuer son action. Il a les traits fortement accentués.

 

ACCEPTABLE

 

adj. des deux genres . Qui peut, qui doit être accepté. Ces offres sont acceptables. Une pareille proposition n'est pas acceptable.

 

ACCEPTATION

 

n. f.

Action d'accepter. Acceptation d'une offre, d'un présent.

En termes de Jurisprudence, Acceptation d'une donation. Acceptation d'une succession sous bénéfice d'inventaire.

En termes de Banque, Acceptation d'une lettre de change, Promesse de la payer à son échéance. L'acceptation, une fois donnée, ne peut plus être révoquée. Voyez ACCEPTER.

 

ACCEPTER

 

v. tr.

Agréer ce qui est offert. Accepter une donation, une offre, une condition, une tutelle. Accepter un emploi, une charge. J'accepte ce que vous m'offrez. Les ennemis ont accepté la trêve. Le prince a accepté la dédicace de ce livre. Il l'a accepté pour gendre.

Accepter un défi, S'engager à faire quelque chose dont on a été défié, et particulièrement quand il s'agit d'un duel.

Accepter le combat, Témoigner que l'on est prêt à soutenir l'attaque de l'ennemi.

J'en accepte l'augure. Voyez AUGURE.

En termes de Banque, Accepter une lettre de change, Prendre l'engagement de la payer à l'échéance, en mettant son nom au bas ou en travers du corps de l'écriture, avec le mot Accepté.

ACCEPTER s'emploie aussi absolument. Il vient d'être nommé à cette place, on ne sait s'il acceptera.

 

ACCEPTEUR

 

n. m.

T. de Banque

. Celui qui accepte. L'accepteur d'une lettre de change devient personnellement débiteur de la somme.

 

ACCEPTION

n. f.

Sorte de préférence qu'on a pour une personne au préjudice d'une autre. Il est surtout usité dans cette locution, Faire acception de personnes. Rendre la justice sans acception de personnes. La justice ne fait acception de personne.

On dit aussi Sans acception de qualités, sans acception de fortune, sans acception de parti, c'est-à-dire Sans tenir compte des qualités d'une personne, de sa fortune, du parti auquel elle appartient.

Il signifie aussi, en termes de Grammaire, Sens dans lequel un mot se prend. Ce mot a plusieurs acceptions. Acception propre. Acception figurée. C'est l'acception ordinaire de ce mot. Ce mot, dans son acception la plus naturelle, dans son acception la plus étendue, dans son acception rigoureuse, signifie, etc. Ce mot est mis, est employé ici dans une acception détournée.

 

ACCÈS

 

n. m.

Facilité plus ou moins grande d'accéder dans un lieu. Place de facile accès, de difficile accès. La place n'est pas fortifiée, mais l'accès en est difficile. Les fortifications qui en défendent l'accès. Cette côte, cette île est de difficile accès.

Avoir accès, avoir un libre accès auprès de quelqu'un, Avoir la facilité de lui parler, de l'entretenir. Cet homme est de facile accès, de difficile accès.

Il s'emploie aussi dans un sens figuré. Avoir accès aux emplois. La pitié n'a point d'accès dans son coeur.

Il se dit, en termes de Droit canon, de l'Action pour un cardinal de se joindre à d'autres lors de l'élection d'un pape; sorte de ballottage dans lequel les cardinaux reportent leurs suffrages sur un candidat qui n'avait pas obtenu un nombre de voix suffisant. Après le premier scrutin, on alla à l'accès. Tel cardinal a eu tant de voix à l'accès.

Il se dit encore, en termes de Médecine de Certains phénomènes morbides qui surviennent à des intervalles ordinairement réguliers, et spécialement de Ceux qui caractérisent les fièvres intermittentes. Avoir un accès de fièvre, un accès violent. Son accès n'a duré que deux heures. Un accès avec des redoublements. L'accès est sur sa fin. L'accès avance, retarde, diminue.

Il se dit aussi des Attaques de certaines maladies qui ont ordinairement des retours et des redoublements, comme la fièvre, la folie la goutte, etc. Accès de fièvre, de goutte. Ce malheureux s'est tué dans un accès de folie.

Il signifie figurément, au sens moral, Mouvement intérieur et passager sous l'empire duquel on agit. Avoir des accès de colère, de rage, de désespoir, d'indignation. Il est avare ou généreux par accès.

 

ACCESSIBILITÉ

n. f.

Qualité de ce qui est accessible. L'accessibilité aux emplois publics.

 

ACCESSIBLE

 

adj. des deux genres

. Où l'on peut accéder. Un lieu accessible. Cette place, ce poste n'est pas accessible. C'est un homme qui est accessible à toute heure. Il est accessible à tout le monde. Cette science est devenue accessible à tous.

 

ACCESSION

 

n. f.

Action d'ajouter ou de s'ajouter à. Ce royaume s'est agrandi par l'accession des provinces voisines.

Il s'emploie plus particulièrement pour désigner l'Adhésion d'une puissance à un engagement déjà contracté par d'autres. Acte d'accession. Les puissances du Nord ont promis leur accession à ce traité.

Il se dit d'une façon plus générale de l'Action par laquelle on adhère à une chose, à un acte, à un contrat quelconque. Il y a eu accession du père au contrat de mariage du fils.

Il se dit aussi de la Possibilité d'accès à telles ou telles fonctions.

Il se dit, en termes de Jurisprudence, du Droit que le propriétaire d'une chose, mobilière ou immobilière, a sur ce qu'elle produit ou sur ce qui s'y unit et s'y incorpore. On le dit quelquefois des Choses mêmes sur lesquelles ce droit est exercé. Les fruits de la terre, les fruits civils, le croît des animaux appartiennent au propriétaire par droit d'accession.

 

ACCESSIT

 

(Le T se prononce au singulier et au pluriel.)n. m. Mot emprunté du latin. Distinction accordée dans les écoles, dans les collèges et dans les académies à celui ou à ceux qui ont le plus approché du prix. Obtenir l'accessit, un accessit. Il a eu un prix et deux accessits. Il a eu le second accessit de version grecque.

 

ACCESSOIRE

 

adj. des deux genres

. Qui n'est regardé que comme la suite, l'accompagnement ou la dépendance de quelque chose de principal. Cela n'est qu'accessoire. Une idée accessoire. Une clause accessoire. Les parties accessoires d'une composition.

Il s'emploie comme nom et signifie Ce qui suit ou accompagne le principal. Le principal et l'accessoire. L'accessoire suit le principal.

Il se dit, en termes de Beaux-Arts, des Parties qui ne sont pas essentielles à la composition. Les accessoires, dans ce tableau, sont parfaitement traités. Négliger les accessoires. Cet accessoire nuit à l'effet du tableau. Les costumes, les décors sont des accessoires dans un ouvrage dramatique.

Il se dit particulièrement, en termes de Théâtre, de Certains objets qui peuvent être nécessaires à la représentation, tels que lettre, bourse d'argent, écritoire, etc. Le garçon de théâtre a oublié d'apporter les accessoires.

En termes d'Anatomie, Les accessoires, Certains nerfs ou muscles dont l'action fortifie ou corrige celle d'autres nerfs ou muscles qu'ils accompagnent.

 

ACCESSOIREMENT

 

adv.

D'une manière accessoire. Il ajouta accessoirement bien d'autres choses. J'insisterai sur cette preuve, je ne donnerai les autres qu'accessoirement.

 

ACCIDENT

 

n. m.

Ce qui arrive par hasard. Il se prend d'ordinaire en mal, quand il n'est accompagné d'aucune épithète qui en détermine le sens en bien. La vie humaine est sujette à tant d'accidents. On répond de sa guérison, s'il ne survient point d'accident. Accident favorable. Accident funeste. Heureux accident.

En termes de Philosophie, il signifie Ce qui dans un objet peut changer sans en détruire ou en altérer la substance. La substance soutient les accidents.

En termes de Théologie, et en parlant du sacrement de l'Eucharistie, il se dit de la Figure, de la couleur, de la saveur, etc., qui restent après la consécration. Tous les accidents qui étaient dans le pain et le vin avant la consécration subsistent encore après.

Accidents de terrain, Certains mouvements du sol, élévations ou abaissements de terrain.

En termes de Peinture, Accident de lumière. Effet partiel produit par une lumière autre que celle qui éclaire la scène principale et qui vient rompre l'uniformité. Ce reflet de lune est un heureux accident de lumière.

En termes de Musique, ACCIDENT se dit de Tout signe qui élève ou abaisse le ton.

PAR ACCIDENT,loc. adv.

Par cas fortuit par hasard. C'est par accident que cela est arrivé. Cela ne s'est fait que par accident.

ACCIDENTÉ, ÉE

 

adj.

Qui offre des accidents. Vie accidentée. Terrain accidenté.

 

ACCIDENTEL, ELLE

 

adj.

Qui arrive par accident. Cette circonstance est purement accidentelle.

En termes de Philosophie, il signifie Qui n'est dans un sujet que par accident et qui pourrait n'y être pas sans que le sujet fût détruit. Telle ou telle couleur est accidentelle au papier.

En termes de Musique, Lignes accidentelles, Lignes ou traits qu'on ajoute au-dessus où au-dessous de la portée pour y placer les notes qui en excèdent l'étendue.

 

ACCIDENTELLEMENT

 

adv.

D'une manière accidentelle. Il n'est qu'accidentellement impliqué dans cette affaire. Je ne suis ici qu'accidentellement.

Il se dit, en termes de Philosophie, par opposition à Essentiellement. La blancheur, la rondeur, etc., ne sont qu'accidentellement dans les sujets où elles se trouvent.

 

ACCISE

 

n. f.

Taxe qui se lève, sur les boissons et autres objets de consommation, en Angleterre et dans d'autres pays.

 

ACCLAMATION

 

n. f.

Cris de joie ou d'enthousiasme qu'excite une action ou une personne. À son arrivée, il se fit une acclamation générale. Le sénat romain faisait des acclamations aux nouveaux empereurs. Il fut reçu avec de grandes acclamations, de longues acclamations. Il fut salué par les acclamations de la multitude. Tout retentissait de leurs acclamations. Les acclamations des peuples.

Par acclamation, Manière dont une assemblée donne son suffrage, lorsqu'une personne est élue, une loi votée, une proposition adoptée, etc., tout d'une voix et sans qu'il soit besoin d'aller au scrutin. Il fut élu, nommé par acclamation. La loi passa, fut votée par acclamation. La proposition fut adoptée par acclamation.

 

ACCLAMER

 

v. tr.

Saluer par des acclamations. La foule acclama le vainqueur.

 

ACCLIMATATION

 

n. f.

Action d'acclimater. Jardin d'acclimatation. Société d'acclimatation.

 

ACCLIMATEMENT

 

n. m.

Adaptation d'un être, d'un organisme à un milieu nouveau.

 

ACCLIMATER

 

v. tr.

Habituer à un climat autre que celui du pays natal. Acclimater une race de chevaux, de chiens, etc. Il faut du temps pour acclimater une plante étrangère. Cette plante a peine à s'acclimater dans nos régions.

Fig., en parlant des choses morales : e Au XVIII siècle, beaucoup d'idées venues de l'étranger se sont acclimatées en France.

 

ACCOINTANCE

 

n. f.

Fréquentation, liaison familière. Je ne veux point d'accointance avec lui. Il a eu accointance avec cette femme. Elle a eu des accointances avec lui.

 

ACCOINTER (S')

 

v. pron.

Se lier intimement, se familiariser avec quelqu'un. Il s'est accointé d'un homme de fort mauvaise compagnie. Il est familier.

 

ACCOLADE

n. f.

Action d'embrasser en mettant les bras autour du cou. De grandes accolades. Donner l'accolade à un officier après l'avoir fait reconnaître. Accolade fraternelle.

Il s'est dit aussi d'Une des principales cérémonies observées dans la réception d'un chevalier, et qui consistait ordinairement à donner trois coups du plat de l'épée sur l'épaule ou sur le cou de celui qu'on armait chevalier, après quoi on l'embrassait. Donner, recevoir l'accolade.

Il se dit, par analogie, d'une Sorte de trait en forme de crochet brisé à son milieu , qui sert, dans l'écriture et l'impression, à embrasser plusieurs objets, soit pour en former un tout, soit pour montrer ce qu'ils ont de commun ou d'analogue entre eux. L'accolade s'emploie souvent dans les comptes, dans la formation des tableaux, etc., et se place, suivant le besoin, horizontalement ou verticalement. Réunir plusieurs articles, plusieurs colonnes par une accolade. On joint par une accolade les portées de toutes les différentes parties d'une pièce de musique.

 

ACCOLAGE ou ACCOLEMENT

 

n. m.

Action d'accoler. L'accolage de la vigne.

 

ACCOLER

 

v. tr.

Jeter les bras autour du cou de quelqu'un en signe d'affection. Il me vint accoler. Ils s'accolèrent avec grande amitié. Il est peu usité.

Accoler la cuisse, accoler la botte à quelqu'un, Lui embrasser la cuisse, la botte; ce qui était une marque de grande soumission et d'infériorité.

Accoler la vigne, La relever et la lier à l'échalas.

Fig., Accoler deux ou plusieurs articles dans un compte, Les réunir par une accolade; ou bien Comprendre sous une seule marque, sous une seule somme deux ou plusieurs articles de compte.

Fig. et fam., Accoler deux personnes, deux noms dans un même discours, Les y présenter, les y faire figurer à côté l'un de l'autre. Je ne suis point content de me voir accolé dans votre récit avec un tel.

Le participe passé ACCOLÉ, ÉE, est adjectif et se dit, en termes de Blason, de Deux choses attenantes et jointes ensemble. Les écus de France et de Navarre étaient ordinairement accolés.

Il se dit dans le même sens, en termes de Numismatique, de Deux têtes jointes sur la même médaille, sur le même camée. Plusieurs camées antiques d'une grande beauté offrent des têtes accolées.

 

ACCOMMODABLE

 

adj. des deux genres

. Qui peut s'accommoder. Il ne se dit guère qu'en matière de Différend et de querelle. Cette affaire, cette querelle est accommodable, n'est pas accommodable, n'est accommodable que par ce moyen-là.

 

ACCOMMODAGE

 

n. m.

Action d'accommoder. Il se dit surtout de l'Apprêt que les cuisiniers ou les rôtisseurs donnent aux viandes. Payer l'accommodage des viandes. Il faut tant pour l'accommodage.

 

ACCOMMODANT, ANTE

 

adj.

Qui s'accommode à tous et à tout. C'est un homme accommodant, d'un esprit fort accommodant. Une humeur, une personne accommodante. Ce marchand est fort accommodant.

 

ACCOMMODATION

 

n. f.

Action d'accommoder ou de s'accommoder. L'accommodation des êtres vivants aux conditions dans lesquelles ils se trouvent. L'accommodation de l'oeil.

 

ACCOMMODEMENT

 

n. m.

Accord que l'on fait d'un différend, d'une querelle. Accommodement à l'amiable. Un mauvais accommodement vaut mieux qu'un bon procès. On lui propose un accommodement. Nous sommes en voie d'accommodement. Voilà un bon moyen d'accommodement. On traite un accommodement, d'un accommodement. Entendre à un accommodement. Il refuse tout accommodement. Rompre un accommodement.

Il se dit aussi des Moyens, des expédients qu'on trouve pour concilier les esprits, terminer les affaires ou satisfaire sa conscience. Il y aurait pour cette affaire un accommodement, s'ils étaient raisonnables. J'y ai trouvé un accommodement. Il est avec le Ciel des accommodements.

C'est un homme d'accommodement, de facile accommodement, Il est aisé de s'entendre, de s'accorder avec lui.

 

ACCOMMODER

 

v. tr.

Donner, procurer de la commodité. Cette pièce de terre l'accommoderait bien, accommoderait fort son parc. Cette place l'accommoderait parfaitement. Il est habile à s'accommoder.

S'ACCOMMODER signifie aussi Accommoder ses affaires. Il devient riche, il s'est accommodé. Je l'ai vu pauvre, mais il s'est bien accommodé. Ce sens a vieilli.

Il signifiait autrefois Ranger, agencer. Il a bien accommodé sa maison, son jardin.

Accommoder une viande, des légumes, Les apprêter. Que voulez-vous qu'on vous accommode pour votre dîner?

Il signifie aussi Coiffer, arranger des cheveux. Accommoder des cheveux, une perruque. Il est vieux.

Ironiq. et fam., Il l'a bien accommodé d'importance, comme il faut, Il l'a maltraité; il l'a traité durement comme il le méritait.

Fam., Il est étrangement accommodé, se dit d'un Homme qui est en désordre. On dit de même Vous voilà accommodé d'une étrange manière. Il est tout couvert de boue, le voilà bien accommodé.

ACCOMMODER se dit encore en parlant des Affaires qu'on termine à l'amiable et des Personnes que l'on met d'accord. Il faut accommoder cette affaire, ce différend, cette querelle. Ils étaient près de se battre, on les a accommodés. S'ils ne s'accommodent pas, ils se ruineront en procès.

Il se dit aussi en parlant de Certaines choses dont on convient, dont on traite ensemble dans le commerce de la vie. Vous avez un beau cheval, voulez-vous m'en accommoder? Je vous accommoderai de ma maison, si vous voulez l'acheter. Vous avez un bois près de mon domaine, j'ai un pré qui tient au vôtre, nous nous accommoderons si vous voulez. Il est vieux.

ACCOMMODER signifie aussi Conformer, approprier à, etc. Les courtisans savent accommoder leur goût, leur humeur, leurs discours à ce qui plaît au prince. Il accommode son langage aux circonstances. Il faut s'accommoder à l'usage. S'accommoder au temps. Il n'est pas difficile, il est complaisant, il s'accommode à tout.

S'accommoder de tout, Être d'un facile accommodement, d'un commerce aisé dans toutes les choses de la vie. Il n'est point difficile, point délicat, il s'accommode de tout.

S'accommoder d'une chose, S'en arranger, consentir à l'acheter, à la recevoir en échange. Donnez-moi pour l'argent que vous me devez ce cheval, ce fusil : je m'en accommoderai. S'accommoder d'une chose signifie quelquefois, dans le langage familier, Se servir d'une chose sans y avoir droit, comme si l'on en était le propriétaire. Il s'accommode de tout ce qu'il trouve sous sa main. On dit aussi Je m'accommoderais bien de cela, en parlant d'une Chose que l'on trouve à son goût, à sa convenance.

Être peu accommodé des biens de la fortune, N'être pas riche, n'être pas à son aise.

 

ACCOMPAGNATEUR, TRICE

 

n.

T. de Musique

. Celui, celle qui exécute un accompagnement musical. Cette cantatrice, ce virtuose amène son accompagnateur.

 

ACCOMPAGNEMENT

 

n. m.

Action d'accompagner, surtout dans certaines cérémonies. On porta ce souverain au tombeau de ses ancêtres, et plusieurs princes furent désignés pour l'accompagnement du corps. Le maréchal de France qui était nommé pour l'accompagnement de l'ambassadeur, etc.

Spécialement, en termes de Musique, il se dit des Mélodies ou parties secondaires qui servent à accompagner la mélodie principale d'un morceau de musique exécuté par une voix ou par un instrument. L'accompagnement soutient la voix. Accompagnement de flûte, de violon. Sonate pour le piano avec accompagnement de basse, de violon et d'alto. Accompagnement obligé. Cet accompagnement est bien écrit, est brillant, trop chargé, sans effet, insignifiant. Ces accompagnements sont d'une riche facture, d'une grande pauvreté.

Accompagnement de quatuor, c'est-à-dire des Seuls instruments à cordes, violons, altos, basses et contrebasses. Accompagnement d'harmonie, c'est-à-dire des Seuls instruments à vent. Accompagnement à grand orchestre, c'est-à-dire Auquel concourent tous les instruments.

ACCOMPAGNEMENT se dit aussi de Ce qu'on regarde comme un accessoire nécessaire de certaines choses, soit pour la commodité, soit pour l'ornement. La figure principale de ce tableau aurait besoin de quelques accompagnements.

Il s'emploie aussi figurément. Le bonheur n'est pas toujours l'accompagnement de la vertu.

Il se dit particulièrement, en termes de Blason, de Tout ce qui est hors de l'écu, comme les supports, le cimier, les lambrequins, etc. Porter des armoiries sans aucun accompagnement.

 

ACCOMPAGNER

 

v. tr.

Aller de compagnie avec quelqu'un. Je vous accompagnerai jusque- là. Il m'accompagna dans ce voyage.

Fig., Le bonheur, la fortune l'accompagne. Il est heureux. Les humiliations qui accompagnent la défaite.

Il signifie aussi Suivre par honneur. La plus grande partie de la noblesse accompagnait le gouverneur de la province. Ce prince est toujours accompagné d'une suite nombreuse. Il fut accompagné par plusieurs de ses amis. Tous ceux qui se trouvèrent là accompagnèrent le Saint Sacrement.

Il signifie encore Conduire en cérémonie. C'est lui qui a la charge d'accompagner l'ambassadeur à l'audience.

Il signifie de même Reconduire par honneur une personne dont on a reçu visite. Quand il s'en alla, on l'accompagna jusqu'à sa voiture.

Il signifie également Escorter. Je vous donnerai des gens pour vous accompagner. Il se fait toujours bien accompagner, parce qu'il a des ennemis.

Il signifie aussi Assortir, convenir à. Sa voix, son geste accompagne son visage. Cette garniture accompagne bien la robe. Ces pavillons accompagnent bien le corps de logis. Sa coiffure accompagne mal son visage.

Accompagner une chose d'une autre, Joindre, ajouter une chose à une autre. Il accompagna son présent d'une lettre fort polie. Il accompagna ses remontrances de menaces. Tout ce qu'il fait, tout ce qu'il dit, il l'accompagne de beaucoup de grâce, etc.

ACCOMPAGNER, en termes de Musique, signifie Exécuter un accompagnement. Il vous voulez chanter, je vous accompagnerai avec le violon, sur le piano. Il chante bien et s'accompagne lui-même avec la guitare. En ce sens il s'emploie absolument. Accompagner au piano, avec la harpe, etc. Il accompagne bien. Il accompagne mal. Il accompagne à livre ouvert. S'accompagner au piano, avec la guitare.

S'ACCOMPAGNER signifie aussi Mener quelques gens avec soi pour quelque dessein; et il se prend souvent en mauvaise part. Il s'accompagne toujours de méchants garnements. Il s'accompagna de gens de main pour faire ce coup. En ce sens il vieillit.

 

ACCOMPLIR

 

v. tr.

Achever entièrement. Accomplir le temps de son apprentissage, de son noviciat, de son service militaire.

Il signifie aussi Mettre à exécution, réaliser complètement. Accomplir sa promesse. Accomplir son voeu. Accomplir un dessein. Accomplir les conditions d'un traité. Accomplir un mariage qui avait été résolu. J'espère que Dieu accomplira vos désirs. JÉSUS-CHRIST a accompli les prophéties. Le traité qu'ils avaient fait n'a pu s'accomplir. Si ce mariage s'accomplit. Que vos voeux et les nôtres s'accomplissent! Cela arriva de la sorte, afin que l'Écriture s'accomplît. Accomplir la loi, Faire ce que la loi exige. Accomplir ses obligations, Satisfaire à ses engagements, remplir ses devoirs.

Le participe passé ACCOMPLI, IE, est aussi adjectif et signifie Qui est parfait en son genre. C'est un homme accompli, accompli en tout point, de tous points. Un courtisan accompli. Une beauté accomplie. Un ouvrage accompli.

 

ACCOMPLISSEMENT

 

n. m.

Action d'accomplir ou Résultat de cette action. L'accomplissement d'un dessein, d'un ouvrage. L'accomplissement d'une promesse, d'un voeu, d'un serment. L'accomplissement des conditions d'un traité. L'accomplissement des prophéties.

 

ACCORD

 

n. m.

Union entre plusieurs personnes, causée par la conformité de volontés, de sentiments, d'idées. Ils ont toujours vécu en complet accord, dans un accord parfait. L'accord qui régnait entre eux.

Il s'emploie en ce sens avec la préposition De. Mettre des gens d'accord. Ils sont d'accord. Ils en sont convenus d'un commun accord. Ils en sont tombés d'accord. J'en demeure d'accord.

Par ellipse on dit absolument D'accord, J'y consens, j'en conviens.

Il signifie aussi Convention que l'on fait pour terminer un différend. Faire un accord. Passer un accord. Je me tiens à l'accord qui a été fait.

Il se dit au pluriel pour signifier les Conventions préliminaires d'un mariage. On a terminé, signé les accords.

Il signifie figurément Convenance, juste rapport de plusieurs choses ensemble. Il y a un merveilleux accord entre toutes les parties de l'univers, entre les parties du corps humain. Il faut de l'accord entre les gestes et les paroles. L'accord des voix et des instruments. Il n'y a point d'accord entre vos actions et les principes que vous professez.

Il se dit particulièrement de l'Ensemble avec lequel deux ou plusieurs personnes exécutent certains mouvements. Il y a beaucoup d'accord, il n'y a point d'accord dans leurs mouvements. Vous ne ramez point d'accord.

Il exprime, en termes de Peinture, le Bon effet qui résulte de l'harmonie des couleurs et de celle des lumières et des ombres. Il y a un bel accord dans ce tableau. Ce tableau manque d'accord.

Il se dit également en parlant de Toutes les oeuvres d'art. De l'accord des détails naît l'harmonie de l'ensemble.

ACCORD, en termes de Musique, signifie Union de plusieurs sons entendus à la fois et formant harmonie. Bel accord. Accord parfait. Accords consonants. Accords dissonants. Il y a de beaux accords dans ce morceau de musique. Frapper un accord. Les accords dissonants font un bon effet quand ils sont bien préparés et bien sauvés.

Fig., Les accords de la lyre. De doux accords. De sublimes accords, etc.

Il se dit aussi de l'État d'un instrument de musique dont les cordes sont montées juste au ton où elles doivent être. Ce violon est d'accord, n'est pas d'accord. Cette harpe ne tient pas l'accord, Les cordes de cette harpe ne demeurent pas au ton où on les a mises.

ACCORD, en termes de Grammaire, se dit du Rapport des mots entre eux, exprimé par le genre et le nombre, et aussi par le cas dans certaines langues. L'accord de l'adjectif avec le nom. L'accord du verbe avec son sujet au nominatif.

 

ACCORDABLE

 

adj. des deux genres

. Qui peut s'accorder, qu'on peut accorder. Cette grâce est accordable. Ce vieux piano n'est plus accordable. Ces plaideurs ne sont pas accordables.

 

ACCORDAGE

 

n. m.

Action d'accorder un instrument de musique ou Résultat de cette action.

 

ACCORDAILLES

 

n. f.

pl. Réunion qui se fait pour signer les articles d'un contrat de mariage. Il se trouva peu de parents aux accordailles. Il est familier.

 

ACCORDANT, ANTE

 

adj.

T. de Musique

. Qui s'accorde bien. Do et sol sont des tons accordants entre eux. Do et si ne sont pas des tons accordants entre eux, ils sont discordants. Il a vieilli. On dit plutôt CONSONANT.

 

ACCORDÉ, ÉE

 

n.

Celui, celle qu'engage un accord réciproque en vue du mariage. Où est l'accordé? Voici l'accordée. Les accordés seront mariés dans peu de jours. On dit plutôt aujourd'hui FIANCÉ, FIANCÉE.

 

ACCORDÉON

 

n. m.

Petit instrument de musique composé d'un soufflet et de lames d'acier correspondant à des touches qui forment un clavier. Le son de l'accordéon a peu de volume. Les accordéons sont plutôt des jouets que des instruments de musique.

 

ACCORDER

 

v. tr.

Mettre d'accord. Accorder les coeurs. Accorder une personne avec une autre. Ces deux hommes étaient en procès, en querelle, on vient de les accorder. Nous tâcherons de nous accorder. Accordez-vous avec vous-même. Je m'accorde avec vous en ce point, sur ce point. Ils s'accordent tous pour me tromper, pour me perdre. Ils sont de même humeur, ils s'accorderont bien ensemble. Les deux esprits n'auront pas de peine à s'accorder.

Prov., Ces gens s'accordent comme chien et chat, Ils ne peuvent s'accorder, ils ne sauraient vivre ensemble.

S'ACCORDER se dit aussi généralement de Toutes les choses qui ont entre elles de la convenance, de la ressemblance, de la conformité, du rapport, en quelque manière que ce soit. Ces voix s'accordent parfaitement. Ces deux couleurs s'accordent bien. Ce que vous me dites aujourd'hui ne s'accorde pas avec ce que vous m'avez dit hier. Ces deux passages ne s'accordent pas.

ACCORDER, en parlant de doctrine, d'opinions, de lois, etc., signifie Concilier de façon à ôter l'apparence de contradiction. Accorder les Écritures. Il n'est pas facile d'accorder ces deux textes, ces deux passages. Comment accorder toutes ces lois?

En termes de Peinture, Accorder les tons, Assortir les couleurs et les nuances de manière à produire un effet harmonieux.

En termes de Musique, Accorder un violon, une basse, une harpe, un piano, etc., En mettre toutes les cordes juste au même ton. Ce musicien a été longtemps à accorder son violon.

Accorder des instruments les uns avec les autres, Les mettre tous au même ton. Accorder des violons et des basses au ton du piano.

Prov. et fig., Accordez vos flûtes, Convenez de ce que vous voulez faire, convenez des moyens de faire réussir votre dessein. Cette expression a vieilli.

Par extension, il signifie Octroyer, concéder. Accorder un privilège, une grâce, une faveur. Le pape accorda tant d'années d'indulgence. Dieu ne lui a pas accordé de vivre assez longtemps pour voir ses enfants établis. Je lui accorde tout ce qu'il demande.

Accorder une demande, En accorder l'objet.

Accorder une jeune fille en mariage, La promettre à celui qui la demande pour l'épouser.

Accorder du temps à un débiteur, Consentir à retarder l'époque où il doit s'acquitter.

ACCORDER signifie encore Reconnaître pour vrai. Je vous accorde cette proposition. C'est une vérité de fait qu'il faut que vous m'accordiez. Accordez-moi ce principe, cette hypothèse, ce point de départ. J'accorde qu'il a eu raison de refuser; mais il y a la manière.

En termes de Grammaire, il signifie Mettre entre les mots d'une même phrase la concordance que prescrit la syntaxe. Suivant les règles de la Grammaire, il faut accorder l'adjectif avec le nom en genre et en nombre, et, quand les langues ont des cas, les accorder aussi en cas. On dit plus ordinairement Faire accorder. Il faut faire accorder le verbe avec son sujet. Le verbe s'accorde, doit s'accorder en nombre et en personne avec son sujet.

 

ACCORDEUR

 

n. m.

Celui qui fait métier d'accorder certains instruments de musique. Accordeur d'orgues, de pianos.

 

ACCORDOIR

 

n. m.

Outil d'accordeur.

 

ACCORE

 

n. m.

T. de Marine

. Pièce de bois qu'on dresse presque verticalement pour étayer un objet, pour le maintenir en place. Les accores qui soutiennent un navire échoué ou sur le chantier.

 

ACCORT, ORTE

 

adj.

Qui est avenant, qui agrée. Il s'emploie surtout au féminin. Cet homme est d'une humeur accorte. Physionomie accorte.

 

ACCORTISE

n. f.

Humeur accorte. Il a vieilli.

 

ACCOSTABLE

 

adj. des deux genres

. Qui est facile à accoster. Ce quai est accostable.

 

ACCOSTER

 

v. tr.

T. de Marine

. Se placer le long de et à côté de. Accoster un vaisseau. Accoster un quai. Absolument, On leur cria d'accoster.

Il signifie aussi Aborder quelqu'un qu'on rencontre pour lui parler. Il me vint accoster. Il m'accosta lorsque je n'y pensais pas.

S'ACCOSTER DE signifie Hanter, fréquenter quelqu'un. Je ne sais de quelles gens vous vous accostez. Il s'accosta d'un mauvais garnement. Il est familier et ne se dit guère qu'en mauvaise part.

 

ACCOT

 

n. m.

Ce qui sert à accoter.

 

ACCOTEMENT

 

n. m.

T. de Ponts et chaussées

. Espace compris entre la chaussée et le fossé, entre le ruisseau et la maison. Accotement de la route.

Il se dit aussi de la Partie du ballast de chaque côté d'une voie ferrée.

 

ACCOTER

 

v. tr.

Appuyer d'un côté. Accoter sa tête. S'accoter sur une chaise contre une chaise. S'accoter contre une muraille.

Il signifie aussi simplement Appuyer. Il faut accoter ce pot, de peur qu'il ne tombe. Accoter les roues d'une charrette.

 

ACCOTOIR

 

n. m.

Ce qui sert à s'accoter, ce qui est fait pour qu'on s'y accote. Les accotoirs d'un fauteuil, d'un confessionnal. Cela vous servira d'accotoir.

 

ACCOUCHÉE

 

n. f.

Femme qui vient de mettre un enfant au monde. Aller voir une accouchée. Quand l'accouchée relèvera-t-elle?

Loc. prov., Les caquets de l'accouchée, Conversation frivole, comme celles qui se font dans les visites qu'on rend aux femmes en couches.

 

ACCOUCHEMENT

 

n. m.

Action d'accoucher. Heureux accouchement. Accouchement difficile, laborieux. Le travail de l'accouchement.

Il se dit aussi de l'Action d'aider une femme à accoucher. Faire un accouchement. Ce chirurgien connaît bien la bonne méthode des accouchements. Faire un cours d'accouchement.

Fig., L'accouchement de cet ouvrage a été laborieux.

 

ACCOUCHER

 

v. intr.

Mettre un enfant au monde. Elle est accouchée. Accoucher heureusement. Elle est accouchée d'un garçon, d'une fille, de deux jumeaux. Accoucher à terme, avant terme. Accoucher d'un enfant mort. Elle a accouché très courageusement. Elle s'est accouchée elle-même.

Il est aussi transitif et signifie Aider une femme à accoucher. C'est ce chirurgien, c'est cette sage-femme qui l'a accouchée.

Il se dit figurément en parlant de l'Esprit et des conceptions de l'esprit. J'ai eu bien de la peine à accoucher de cet ouvrage. Accoucher d'un projet, d'une idée. Socrate disait qu'il faisait l'office de sage-femme, qu'il faisait accoucher les esprits.

ACCOUCHEUR, EUSE

 

n.

Celui, celle dont la profession est de faire des accouchements. Bon accoucheur. Il est l'accoucheur de cette femme. Habile accoucheuse. Au lieu d'Accoucheuse, on dit communément SAGE-FEMME.

 

ACCOUDER (S')

 

v. pron.

S'appuyer du coude. S'accouder sur la table. S'accouder sur une balustrade. Accoudé sur son chevet. Être accoudé sur un balcon.

 

ACCOUDOIR

 

n. m.

Ce qui est fait pour qu'on s'y accoude. Avoir un accoudoir sous le bras. L'accoudoir d'un prie-Dieu. Avoir les bras sur un accoudoir.

Il signifie, en termes d'Architecture, Couronnement d'une balustrade ou de tout autre appui à la hauteur du coude.

 

ACCOUPLE

 

n. f.

T. de Chasse

. Lien avec lequel on attache les chiens ensemble.

 

ACCOUPLEMENT

 

n. m.

Assemblage par couple. Il se dit principalement en parlant des animaux. Accouplement de boeufs pour la charrue.

En termes d'Architecture, Accouplement de colonnes, Arrangement de colonnes disposées deux à deux.

Il s'emploie aussi figurément et signifie simplement Assemblage. Voilà un étrange accouplement d'idées, de mots, de lettres.

Il signifie encore Conjonction du mâle et de la femelle pour la génération; en ce sens, il ne s'emploie guère qu'en parlant des animaux. L'accouplement d'un chien et d'une chienne. Le mulet vient de l'accouplement d'un âne et d'une jument, ou d'un cheval et d'une ânesse.