Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Trouvaille
n. f.
Découverte heureuse. Faire une trouvaille. Fig., Une trouvaille d'expression, de style.
Il se dit aussi d'une Chose trouvée heureusement. C'est une bonne trouvaille.
TROUVER
v. tr.
Rencontrer quelqu'un, quelque chose qu'on cherche. Je vous trouve enfin. J'ai passé vingt fois chez vous sans vous trouver. Je ne trouve pas la clef. Il n'a pas trouvé de voiture. Trouver un appartement. Il a tant cherché ce papier qu'il l'a trouvé. Il le trouva sous sa main. Trouvez-moi cette référence.
Aller trouver, venir trouver quelqu'un, L'aller voir, venir lui parler.
Il a trouvé asile chez lui, Il s'est réfugié chez lui.
Fig. et fam., Trouver chaussure à son pied, Rencontrer une personne qui lui convient, une chose appropriée à ses besoins.
Fig. et fam., Il croit avoir trouvé la pie au nid se dit par plaisanterie d'un Homme qui croit mal à propos avoir fait quelque découverte importante, quelque rencontre très heureuse pour lui.
Fig. et fam., Cela ne se trouve pas sous le pas d'un cheval, Cela ne se trouve pas facilement. Il lui faut cent mille francs pour payer ses dettes; cela ne se trouve pas sous le pas d'un cheval.
TROUVER signifie aussi Rencontrer, découvrir par hasard quelqu'un, quelque chose qu'on ne cherchait pas. En lisant cet écrivain, on trouve un homme. Il a trouvé un trésor en travaillant à son jardin. Ce portefeuille a été trouvé dans la rue, dans une voiture.
Fig. et fam., Il a trouvé à qui parler, Il a trouvé de l'opposition, de la résistance à ce qu'il prétendait.
Fig. et fam., Il a trouvé son maître, Il a eu affaire à quelqu'un de plus fort, de plus habile, de plus fin que lui.
Fig. et fam., Trouver quelqu'un sur son chemin, Être traversé par lui dans ses desseins.
TROUVER signifie encore Surprendre. On le trouva prêt à s'évader. On le trouva limant les barreaux de sa prison, escaladant les murs du jardin. On les trouva en tête-à-tête. J'ai trouvé un voleur caché dans ma chambre.
Il se dit également par rapport à l'état où est une personne ou une chose au moment où on la voit, où on l'examine, où on s'en occupe, etc. Il l'a trouvé à table. Je l'ai trouvé malade et dénué de tout. On le trouva mort dans son lit. Nous avons trouvé la maison toute délabrée. Vous trouverez ses affaires bien embrouillées. Je l'ai laissé tel que je l'avais trouvé. Vous le trouverez toujours indulgent. On le trouve toujours en faute.
TROUVER se dit figurément en parlant de Certaines personnes, de certaines choses qui se présentent, que l'on rencontre. On trouve des hommes de toutes les opinions, de tous les caractères. Sa conduite a trouvé des censeurs, des approbateurs. Vous trouverez en lui un juge sévère, un ami tendre et dévoué. Trouver des protecteurs, un appui. Il a trouvé la mort sur le champ de bataille. Il trouve de la douceur, des consolations dans votre amitié. Il trouve du plaisir à contrarier les autres. Il doit s'attendre à trouver bien des obstacles, bien des difficultés dans cette entreprise.
Trouver grâce aux yeux de quelqu'un, devant les yeux de quelqu'un, devant quelqu'un. Voyez GRÂCE.
Trouver son compte. Voyez COMPTE.
TROUVER signifie encore Découvrir, inventer par le moyen de la méditation ou de l'étude. Ce médecin a trouvé un bon remède. Il a trouvé le secret d'un enduit imperméable. Trouver un moyen, un expédient. Trouver la solution d'un problème, le mot d'une énigme. Trouver une rime, un mot qu'on cherchait. Il a trouvé un beau sujet de poème.
Fig., Trouver le mot de l'énigme, Découvrir l'explication d'une chose que l'on ne comprenait pas.
Fam. et par manière de reproche, Où avez- vous trouvé cela? Qu'est-ce qui vous fait imaginer une chose pareille?
Trouver à, Trouver le moyen, l'occasion de. Cet avoué trouve enfin à se défaire de son étude. Cette jeune fille doit trouver facilement à se marier.
Trouver à redire, Trouver quelque défaut, quelque sujet de blâme. Il trouve à redire à tout ce qu'on dit, à tout ce qu'on fait. Je n'y trouve rien à redire.
Trouver à dire s'emploie aussi dans la même acception. Que trouvez-vous à dire au parti qu'il a pris? Cette locution signifie encore Trouver quelque parole à prononcer. Il était si embarrassé qu'il n'a rien trouvé à lui dire.
TROUVER signifie également Remarquer, reconnaître en quelqu'un ou en quelque chose une qualité bonne ou mauvaise. Je vous trouve bon visage. Je lui ai trouvé un peu de fièvre. Je lui trouve de l'esprit, de la douceur. Je trouve en lui de la bonté, de la franchise. Je ne trouve qu'un défaut à cet ouvrage.
Il signifie aussi Estimer, juger. Je trouve ces vers fort beaux, fort mauvais. Je trouve cet homme très laid, cette femme fort belle. Je trouve que cet homme est aimable, est ennuyeux. Je le trouve heureux de s'en être si bien tiré. Je vous trouve plaisant d'oser me dire une pareille chose. Comment le trouvez-vous? Je le trouve bien fatigué. Je trouve cette odeur trop forte, cette couleur trop vive. Ce malade ne trouve rien de bon. Il se trouve malheureux. Après avoir pris ce médicament, il se trouva beaucoup mieux. Elle se trouve belle.
Fig. et fam., Trouver le temps long, S'ennuyer.
Trouver bon, trouver mauvais que quelqu'un fasse une chose, Approuver, désapprouver, consentir, ne pas consentir qu'il la fasse. Je trouve bon que vous alliez le voir. Je trouve mauvais que vous ayez fait cette démarche. Je ne trouve pas bon qu'il vous voie si souvent. Je ne trouve pas mauvais qu'il vous fréquente. Trouvez bon que je revienne vous voir. Je reviendrai, si vous le trouvez bon.
SE TROUVER signifie Se rencontrer en un lieu, y être, en parlant des Personnes et des choses. Nous nous sommes trouvés nez à nez sur le boulevard. Je me suis trouvé hier avec lui chez un tel. Je me trouverai chez vous à telle heure. Le livre que vous cherchez se trouve sur ma table. Cet ouvrage ne se trouve plus nulle part, ne se trouve plus.
Impersonnellement, Il se trouva un homme assez hardi pour lui dire la vérité, Il y eut un homme, etc. Il se trouva que, Il arriva que, on reconnut que. Lorsque nous croyions finir cette affaire, il se trouva qu'on y mit de nouveaux obstacles. Tout bien calculé, il se trouva qu'il était redevable de dix mille francs.
SE TROUVER se dit encore figurément, par rapport à l'état, à la situation d'une personne ou d'une chose. Se trouver en danger, dans l'embarras, dans le besoin. Se trouver embarrassé. Se trouver sans défense. Il se trouve dans une alternative fâcheuse. Il se trouve être le dernier. La maison se trouvait vide. Son départ se trouva retardé.
Se trouver bien, Éprouver du bien-être. Le malade se trouve bien; il se trouve mieux. Il signifie aussi Être satisfait de sa position. Cet homme se trouve bien partout. On dit dans un sens contraire : Se trouver mal.
Se trouver mal signifie encore Tomber en faiblesse, en défaillance. À cette vue, en apprenant cette nouvelle, elle s'est trouvée mal.
Se trouver bien de quelqu'un, de quelque chose, Avoir sujet d'être content de quelqu'un, de quelque chose. Je me trouve bien de ce domestique, de ce régime, de cet appartement. Suivez ce conseil, vous vous en trouverez bien.
Le participe passé TROUVÉ s'emploie adjectivement. Un enfant trouvé, Un enfant qui a été abandonné.
Un mot, une expression trouvée, Une expression neuve et heureuse. Ironiquement, Cela, c'est trouvé!
TROUVÈRE
n. m.
Ancien poète de langue d'oïl. Les trouvères correspondent, au nord de la Loire, aux troubadours du midi de la France.
TRUAND, ANDE
n.
Celui, celle qui vagabonde, qui mendie par fainéantise. Cet homme est un truand, un vrai truand. C'est une grosse truande. Il est vieux.
TRUANDAILLE
n. f.
Ceux qui truandent. Ce n'est que de la truandaille. Il est vieux.
TRUANDER
V. intr. Gueuser, mendier. Il est vieux.
TRUANDERIE
n. f.
Profession de truand, de mendiant vagabond. Il est vieux.
TRUBLE
n. f.
Voyez TROUBLE, nom féminin.
TRUBLION
n. m.
Brouillon qui s'agite pour semer le trouble.
TRUC
n. m.
Long chariot en manière de plate-forme destiné au transport des matières lourdes sur les chemins de fer.
TRUC
n. m.
Moyen, procédé adroit, expéditif, ruse, stratagème. C'est un bon truc. Pour arriver à ses fins, il a le truc. Il connaît tous les trucs. C'est un truc pour échapper à ses engagements. Il est familier.
En termes de Théâtre, il se dit de Certains moyens mécaniques employés pour mouvoir les décors, pour opérer les changements à vue.
TRUCHEMENT
n. m.
Interprète, celui qui explique à deux personnes qui parlent deux langues différentes ce qu'elles se disent l'une à l'autre. Habile truchement. C'est le truchement des ambassadeurs français envoyés dans ce pays-là. S'expliquer par un truchement, par truchement.
Il se dit figurément d'une Personne qui parle à la place d'une autre, qui explique les intentions d'une autre. Cet homme bégaie si fort qu'il aurait besoin de truchement. Il parle d'une manière assez intelligible, il ne lui faut point de truchement.
Il se dit aussi figurément de Ce qui fait comprendre ce que l'on n'exprime pas par des paroles. Les yeux sont les truchements du coeur.
TRUCULENCE
n. f.
Caractère de ce qui est truculent.
TRUCULENT, ENTE
adj.
Qui est violent, excessif, haut en couleur. Un style truculent. Certaines figures de Jordaëns sont truculentes. Une trogne truculente.
TRUELLE
n. f.
Outil, instrument dont les maçons se servent pour employer le plâtre ou le mortier et qui est formé d'une lame triangulaire de métal dont le manche recourbé est garni d'une poignée de bois. Apportez l'auge et la truelle. Se servir de la truelle. Enduire avec la truelle.
Il se dit aussi d'un Instrument d'argent, à peu près de la même forme, avec lequel on découpe et on sert le poisson à table.
TRUELLÉE
n. f.
Quantité de plâtre ou de mortier qui peut tenir sur une truelle.
TRUFFE
n. f.
Champignon souterrain, charnu, compact, recherché pour son arôme et pour sa saveur. Truffe noire. Truffe blanche. Les truffes du Périgord sont les plus estimées. Une dinde aux truffes. Sauce aux truffes.
TRUFFER
v. tr.
Garnir de truffes. Truffer une dinde. Chapon truffé. Dinde truffée.
Il signifie, figurément et familièrement, Garnir, bourrer. Un livre truffé d'autographes.
TRUFFIER, IÈRE
adj.
Qui a rapport aux truffes. Chêne truffier, Variété de chêne au pied duquel on trouve des truffes.
TRUFFIÈRE
n. f.
Terrain dans lequel on trouve des truffes.
TRUIE
n. f.
Femelle du porc.
TRUISME
n. m.
Vérité trop manifeste, qu'il est superflu de vouloir démontrer et qu'il ne vaut même pas la peine d'énoncer.
TRUITÉ, ÉE
adj.
Qui est marqueté de petites taches rougeâtres, comme une truite; il n'est guère usité qu'en parlant de Certains chevaux, de certains chiens dont le poil est ainsi tacheté. Cheval alezan truité, bai truité. Chien truité.
Porcelaine truitée, Porcelaine dont la couleur est fendillée.
En termes d'Arts, Fonte truitée, Fonte tachetée de blanc et de gris.
TRUITE
n. f.
Poisson du genre saumon à peau tachetée, qui se trouve ordinairement dans les eaux vives et dans les lacs.
Truite saumonée, Truite qui tient de la couleur et du goût du saumon.
En termes de Cuisine, Truite à la meunière ou, elliptiquement, Truite meunière, Truite cuite dans du beurre fondu.
TRUMEAU
n. m.
T. d'Architecture
. Panneau de menuiserie qui occupe tout l'espace entre deux fenêtres, dans l'intérieur d'un appartement.
Il se dit aussi d'un Panneau de glace qui occupe l'espace entre deux fenêtres, ou qui est placé au-dessus d'une cheminée.
Il se dit aussi du Panneau de bois sculpté, de la peinture qui en décore la partie supérieure et qui est encadrée avec la glace.
En termes de Boucherie, il désigne le Jarret de boeuf, la partie qui se trouve au-dessus de la jointure du genou, lorsqu'elle est coupée pour être mangée.
TRUQUAGE
n. m.
Action de truquer ou Résultat de cette action. Cet antiquaire ne se fait pas scrupule de recourir au truquage. Ce meuble n'est pas ancien, ce n'est qu'un habile truquage.
TRUQUER
v. tr.
Modifier, altérer, falsifier un meuble, un objet d'art pour lui donner l'apparence d'une qualité qu'il n'a pas. Ce tableau a été truqué. Cette commode n'est pas ancienne, elle est truquée.
Il signifie, par extension et très familièrement, Altérer dans le dessein de tromper. Une pièce truquée. Toute cette correspondance est truquée.
TRYPANOSOME
n. m.
T. de Médecine
. Parasite microscopique vivant dans le sérum sanguin. Les trypanosomes communiquent la maladie du sommeil et d'autres maladies graves.
TRYPSINE
n. f.
T. de Chimie biologique
. Ferment contenu dans le suc pancréatique.
TSAR
n. m.
Nom donné aux anciens souverains de la Russie et qui était resté dans l'usage. On a dit aussi Czar.
Il se dit aussi du Souverain de Bulgarie.
TSARINE
n. f.
Nom donné à l'impératrice de Russie.
TSARISME
n. m.
Régime autocratique des tsars.
TSÉ-TSÉ
n. f.
T. d'Histoire naturelle
. Nom d'une mouche qu'on trouve en Afrique et qui transmet la maladie du sommeil.
TU
Pronom personnel, dit de la seconde personne du singulier; il est des deux genres . Il sert à désigner Celui, celle à qui on parle ou on écrit.
Il est toujours employé comme sujet, soit devant le verbe, dont il ne peut être séparé que par un autre pronom personnel ou par Ne, en, y, soit immédiatement après le verbe dans la phrase interrogative ou exclamative, ou encore dans certaines tournures particulières. Tu es heureux. Tu m'as parlé de cette affaire. Tu t'en repentiras. Tu en auras des nouvelles. Tu y étais. Tu ne le verras plus. Où es-tu? En as-tu suffisamment? Peux-tu dire une telle chose! Ainsi, dis-tu, il viendra ce soir? Il t'accordera volontiers cette faveur, encore dois-tu la mériter. Dans tous les autres cas, on emploie Te ou Toi comme pronom personnel de la seconde personne du singulier. Voyez TE, TOI.
TU ne s'emploie ordinairement, de même que Te, toi, ton, le tien, que quand on parle à des personnes très inférieures ou avec qui on est en grande familiarité, et quelquefois, au contraire, dans le style oratoire ou poétique, en s'adressant aux personnes qu'on respecte le plus, aux rois, aux princes, à Dieu même. En dehors de ces cas, on emploie le pronom pluriel Vous, de même que les possessifs Votre et le vôtre. Voyez VOUS.
Fam., Être à tu et à toi avec quelqu'un, Être tellement lié avec lui qu'on le tutoie et qu'on est tutoyé par lui.
TUANT, ANTE
adj.
Qui est fatigant, qui cause beaucoup de peine. Ce travail est tuant.
TUB
(On prononce Teub.)n. m.
Mot emprunté de l'anglais. Bassin, le plus souvent en zinc, dans lequel on fait ses ablutions.
Il se dit aussi, par extension, des Ablutions elles-mêmes. Prendre son tub, un tub.
TUBE
n. m.
Conduit, tuyau de plomb, de verre, de fer, etc., par où les gaz ou les liquides peuvent circuler. Le tube de verre d'un baromètre, d'un thermomètre. Tube capillaire. Tube acoustique.
En termes d'Anatomie, Tube digestif, Ensemble des canaux de l'appareil digestif.
TUBE se dit, en termes de Botanique, de la Partie inférieure d'un calice, d'une corolle monopétale. Tube d'un calice, d'une corolle.
Il se dit aussi des Petits tuyaux parallèles qui garnissent la surface inférieure du chapeau de certains champignons.
TUBERCULE
n. m.
T. de Jardinage
. Excroissance en forme de bosse qui survient à une feuille, à une racine d'une plante.
Il se dit plus particulièrement de Celles qui se forment à la racine de certaines plantes alimentaires. Les pommes de terre, les topinambours sont des tubercules.
En termes de Médecine, il se dit d'Éminences qui se forment sur la peau.
Il se dit aussi d'une Altération morbide et ulcéreuse qui apparaît surtout aux poumons.
TUBERCULEUX, EUSE
adj.
Qui est de la nature du tubercule. La racine de cette solanée est tuberculeuse.
En termes de Médecine, il signifie Qui a rapport à la tuberculose. Affections tuberculeuses. Méningite tuberculeuse. Il signifie encore Qui est atteint de la tuberculose. Ce malade est tuberculeux. Substantivement, Un tuberculeux, une tuberculeuse. Les tuberculeux.
TUBERCULISATION
n. f.
T. de Médecine
. Formation des tubercules. La tuberculisation du poumon.
TUBERCULOSE
n. f.
T. de Médecine . Maladie infectieuse et contagieuse, pouvant atteindre tous les organes, caractérisée par la présence du bacille de Koch. Tuberculose pulmonaire, intestinale, osseuse.
TUBÉREUSE
n. f.
Plante venant d'un oignon, dont la tige est haute et dont la fleur, qui porte le même nom, est blanche et très odoriférante. Un oignon de tubéreuse. Un bouquet de tubéreuses. Un pot de tubéreuses. De l'essence de tubéreuse.
TUBÉREUX, EUSE
adj.
Qui offre des tubercules. Il s'emploie particulièrement en termes de Jardinage. Racine tubéreuse, Racine charnue et renflée.
TUBÉROSITÉ
n. f.
T. d'Anatomie
. Éminence plus ou moins volumineuse, à surface inégale, qui se trouve sur un os et où s'attachent des muscles ou des ligaments. La tubérosité du tibia.
Il se dit, en termes de Botanique, de Certaines excroissances charnues. Les tubérosités d'une racine.
TUBULAIRE
adj. des deux genres
. Qui a la forme d'un tube. Pont tubulaire.
Chaudière tubulaire, Chaudière à vapeur traversée d'un grand nombre de tubes que doivent parcourir la flamme et les gaz brûlés.
TUBULÉ, ÉE
adj.
Qui a une ou plusieurs tubulures. Flacon tubulé. Cornue tubulée.
Il se dit, en termes de Botanique, de Ce qui est en forme de tube. Corolle tubulée. Calice tubulé.
En termes d'Archéologie, Draperie tubulée, Draperie qui, dans les statues anciennes, tombe par plis arrondis en forme de tuyaux.
TUBULEUX, EUSE
adj.
T. d'Histoire naturelle
. Qui est en forme de tube. Il y a des chrysalides dont les stigmates ressemblent à des filets tubuleux.
TUBULURE
n. f.
Ouverture particulière de certains récipients de chimie, qui est destinée à recevoir un bouchon percé d'un trou dans lequel passe un tube. Flacon à deux, à trois tubulures.
Il se dit aussi des Tuyaux de certaines machines. Tubulure d'admission des gaz.
TUDESQUE
adj. des deux genres
. Qui est germanique. Les dialectes tudesques. On dit plutôt aujourd'hui Germanique.
TUDIEU
Interj.
Juron de l'ancienne comédie. Tudieu! quel homme.
TUE-TÊTE (À)
loc. adv.
De toute la force de sa voix. Crier à tue-tête.
TUER
v. tr.
Ôter la vie d'une manière violente; il ne se dit pas quand il s'agit soit d'une exécution de justice, soit d'une mort par noyade, étouffement ou empoisonnement. Tuer d'un coup d'épée, d'un coup de pistolet, à coups de couteau, à coups de bâton. Tuer un homme de sang-froid, le tuer raide. Il a été tué à la guerre. Il se fit tuer dans la première bataille. Il se fit tuer plutôt que de se rendre. Il s'est tué d'un coup de pistolet. Les deux adversaires ont tiré en même temps et se sont tués l'un l'autre.
Il se dit aussi de Toutes les morts violentes qui arrivent par accident, et de toutes les morts naturelles causées par des maladies. Une tuile lui tomba sur la tête et le tua. Il a été tué par la foudre. Un coup de sang l'a tué. Un couvreur tomba du haut du toit et se tua.
Il se dit pareillement de Tout ce qui cause la mort. Ne vous fiez pas à ce charlatan, il vous tuera. La tristesse l'a tué. Ses débauches le tueront.
En termes de l'Écriture, Le péché tue l'âme, Il la dégrade, la souille et lui fait perdre la vie éternelle.
Fig., La lettre tue et l'esprit vivifie, Ce qui importe, ce n'est pas de s'attacher servilement à la lettre d'un précepte, d'un texte, mais d'en pénétrer l'esprit.
TUER se dit, par exagération, des Choses qui fatiguent excessivement le corps, qui peuvent altérer la santé. Le chagrin le tue. Vous exigez trop de votre cheval, vous le tuez. Vous vous tuez à mener une pareille vie. Il se tue à force de travailler, à force de travail. Elliptiquement, Il se tue de travail.
Fam., Se tuer à plaisir, Faire sans nécessité des choses évidemment nuisibles à sa santé.
TUER se dit encore, par exagération, de Tout ce qui incommode, de tout ce qui importune extrêmement. Ce récit est d'une longueur, d'un ennui qui tue. Le grand bruit me tue.
Fam. et par exagération, Se tuer, Se donner beaucoup de peine. On se tue à l'avertir du danger auquel il s'expose. Je me tue à vous répéter toujours la même chose.
Fam. et par exagération, On s'y tue se dit en parlant d'une Grande affluence de monde en quelque endroit. La pièce nouvelle a un succès fou, on s'y tue.
TUER se dit encore en parlant des Animaux que les bouchers égorgent ou assomment. Tuer des boeufs. Tuer des moutons. Absolument, Ce boucher ne tue qu'une fois la semaine.
Il se dit, dans un sens analogue, en parlant d'autres animaux. Tuer des poulets, des pigeons. Tuer des lapins, des perdrix. Nous avons chassé toute la journée, et nous n'avons rien tué.
Il signifie également Faire périr, détruire, en parlant des Insectes, des arbres, des plantes, etc. Le grand froid a tué la plupart des oliviers.
Il signifie figurément Faire disparaître, anéantir. La crise des affaires a tué cette industrie.
Fig. et fam., Tuer le temps, S'amuser à des riens, afin de passer le temps sans ennui.
TUER signifie aussi Détruire l'effet d'une chose. Cela tue l'effet du spectacle. Le voisinage de ce tableau-là tue celui-ci. Votre toilette tue la sienne.
À TUE-TÊTE. Voyez TUE-TÊTE (À).
Le participe passé TUÉ s'emploie adjectivement. Tué à l'ennemi, Qui est mort au combat ou des suites de blessures qu'il y a reçues.
Il s'emploie aussi comme nom masculin. Les tués et les blessés.
TUERIE
n. f.
Carnage, massacre. Horrible tuerie. La tuerie fut grande dans la déroute.
Fam. et par exagération, N'allez pas là, c'est une vraie tuerie, Il y a une foule épaisse, une cohue terrible.
TUEUR, EUSE
n.
Celui, celle qui tue. Un tueur de rois. Un tueur de monstres. Fig., L'hiver, tueur de pauvres gens.
TUF
n. m.
Substance pierreuse, formée soit par des dépôts calcaires, soit par des cendres, des boues, des débris volcaniques. Le tuf calcaire est très tendre. Des tufs basaltiques. En creusant un peu dans cette terre, on trouve le tuf. Creuser jusqu'au tuf.
Fig., On n'a pas besoin de l'étudier bien profondément, on a vite rencontré le tuf se dit en parlant du Fond de la nature de quelqu'un.
TUF se dit spécialement du Tuf calcaire, d'une Pierre blanche et tendre, qui devient plus dure et plus blanche lorsqu'elle est employée. La plupart des maisons de la vallée de la Loire entre Blois et Saumur sont bâties en tuf.
TUFFEAU
n. m.
Variété de tuf, pierre blanche et tendre. Le tuffeau du Saumurois. Des maisons construites en tuffeau.
TUFIER, IÈRE
adj.
Qui est de la nature du tuf.
Terre tufière, Celle qui, voisine du tuf, est ordinairement maigre et ingrate.
TUILE
n. f.
Carreau de peu d'épaisseur, fait de terre grasse pétrie, séchée et cuite au four, tantôt plat, tantôt courbé en demi-cylindre, et dont on se sert pour couvrir les maisons, les bâtiments. Tuile plate. Tuile creuse. Tuile vernie. Tuile faîtière. Tuile romaine, flamande. Tuile de Bourgogne. Un cent de tuiles. Ces tuiles ne sont pas assez cuites. Une maison couverte de tuiles. Un toit de tuiles, en tuiles.
Fam., Être logé sous les tuiles, Être logé au plus haut étage de la maison.
Fig. et fam., Il m'est tombé une tuile sur la tête se dit d'un Accident imprévu et que l'on n'a pu éviter. Absolument, Quelle tuile!
TUILE se dit, par extension, de Morceaux de marbre, de pierre ou de bronze, qui ont la même forme et servent aux mêmes usages que les tuiles de terre cuite. Ce temple est couvert de tuiles de marbre.
TUILEAU
n. m.
Morceau, fragment de tuile cassée.
TUILERIE
n. f.
Lieu où l'on fait de la tuile. Il y a une tuilerie en tel endroit.
Absolument, Les Tuileries, Château qui servait de résidence parisienne au souverain, jusqu'au 4 septembre 1870, et qui a été brûlé en 1871. Il désigne aujourd'hui le Jardin qui s'étend depuis l'emplacement de ce palais jusqu'à la place de la Concorde. Aller se promener aux Tuileries.
TUILIER
n. m.
Ouvrier qui fait des tuiles.
TULIPE
n. f.
Plante de la famille des Liliacées, à racine bulbeuse, à tige haute, qui porte une belle fleur et dont il existe un très grand nombre de variétés. Planter des tulipes. Une planche de tulipes. Un caïeu de tulipe. Un oignon de tulipe.
Il se dit, par extension, de la Fleur de cette plante. Tulipe blanche, jaune, rouge, violette. Tulipe panachée, bordée, rayée. C'est un grand amateur de tulipes.
Il se dit, par extension, d'un Verre à boire qui a la forme de cette fleur.
Il se dit également d'une Sorte de petit globe que l'on adapte à une lampe, à une ampoule électrique. Une tulipe en verre dépoli.
TULIPIER
n. m.
T. de Botanique
. Grand et bel arbre originaire de l'Amérique du Nord, qui sert pour la décoration des jardins et dont la fleur ressemble à celle de la tulipe.
TULLE
n. m.
Sorte de tissu en réseau, mince, léger et transparent, auquel on donne une certaine consistance par le moyen d'un apprêt, et qui s'emploie surtout pour les toilettes de femme. Une robe de tulle. Un voile de tulle. Une collerette de tulle. Tulle uni. Tulle brodé. Des rideaux de tulle.
TUMÉFACTION
n. f.
T. de Médecine
. Enflure, augmentation de volume dans quelque partie du corps. Il y a un peu de tuméfaction à ce bras.
TUMÉFIER
v. tr.
T. de Médecine
. Causer de la tuméfaction. La fluxion lui a tuméfié tout le visage. Sa joue s'est tuméfiée.
TUMEUR
n. f.
T. de Médecine . Éminence, grosseur plus ou moins considérable, développée dans quelque partie du corps, soit par une maladie, soit par une autre cause. Tumeur bénigne. Tumeur maligne. Tumeur dure, molle. Il lui est venu une tumeur au genou. Je me suis blessé à la jambe et il s'y est formé une tumeur qui m'inquiète. Résoudre une tumeur.
TUMULAIRE
adj. des deux genres
. Qui appartient, qui a rapport aux tombeaux. Une pierre tumulaire. Une inscription tumulaire.
TUMULTE
n. m.
Grand mouvement accompagné de désordre et souvent de bruit. Il s'éleva un tumulte, un grand tumulte. Tumulte populaire. On eut beaucoup de peine à apaiser le tumulte. Cette affaire peut causer du tumulte. Le tumulte du monde, des affaires, L'agitation qui règne dans le monde, celle que causent les affaires. Quitter le tumulte du monde. Passer sa vie dans le tumulte des affaires.
Fig., Le tumulte des passions, Le trouble que les passions excitent dans l'âme.
EN TUMULTE,loc. adv.
En confusion, en désordre. Ils allèrent en tumulte. Ils s'assemblèrent en tumulte.
TUMULTUAIRE
adj. des deux genres
. Qui se fait en tumulte, avec précipitation, contre les formes et les lois. Une assemblée tumultuaire. Délibération tumultuaire. Il vieillit.
TUMULTUAIREMENT
adv.
D'une manière tumultuaire. On procéda tumultuairement à cette élection. Il vieillit.
TUMULTUEUSEMENT
adv.
En tumulte. Ils s'assemblèrent tumultueusement.
TUMULTUEUX, EUSE
adj.
Qui se fait avec tumulte, avec confusion et bruit. Assemblée tumultueuse. Un bruit, des cris tumultueux.
TUMULUS
(On prononce l'S.)n. m.
T. d'Antiquité
emprunté du latin. Amas de terre ou de pierre, en forme de cône ou de pyramide, que les anciens élevaient au-dessus des sépultures pour servir de tombeau.
TUNGSTÈNE
n. m.
Métal très dur, très pesant et très stable aux hautes températures. Les fils de tungstène des ampoules électriques.
TUNIQUE
n. f.
Vêtement de dessous que portaient les anciens. Il avait un magnifique manteau par-dessus sa tunique.
Il se dit aujourd'hui, par analogie, d'un Vêtement de femme.
Il se dit aussi d'un Vêtement que les évêques portent sous leur chasuble, quand ils officient pontificalement.
Il se dit de même du Vêtement des diacres et des sous-diacres, qu'on nomme aussi Dalmatique.
Il se dit encore d'une Sorte de veste dont les rois de France étaient revêtus, à leur sacre, sous le manteau royal.
Il se dit également du Vêtement d'uniforme que portent les soldats, les collégiens.
En termes d'Anatomie, il se dit des Membranes qui enveloppent certaines parties du corps. Les tuniques de l'oeil. Tuniques vasculaires.
En termes de Botanique, il se dit des Enveloppes des bulbes. L'oignon est formé de plusieurs tuniques superposées.
TUNNEL
n. m.
T. emprunté de l'anglais. Voie souterraine percée à travers une montagne, une colline, établie sous une rivière, etc. Le tunnel du mont Cenis. Pour construire cette voie ferrée il a fallu percer plusieurs tunnels. Le tunnel du Métropolitain de Paris.
TURBAN
n. m.
Coiffure d'homme usitée chez les Orientaux et faite d'une longue pièce d'étoffe, qui est roulée et entrelacée autour de la tête. Il n'est permis qu'à ceux qui sont issus de la race de Mahomet de porter le turban vert.
Prendre le turban, Se faire mahométan.
TURBAN se dit, par extension, d'une Coiffure de femme de forme semblable. Le turban a été à la mode sous le Premier Empire.
TURBINE
n. f.
T. de Mécanique
. Sorte de roue en hélice, mue par un courant d'eau ou de gaz et communiquant elle-même le mouvement à une machine.
TURBOT
n. m.
Poisson de mer qui est plat et de forme ovale.
TURBOTIÈRE
n. f.
T. de Cuisine
. Récipient destiné à faire cuire des turbots, et qui est à peu près de la forme de ce poisson.
TURBOTIN
n. m.
Petit turbot.
TURBULENCE
n. f.
Caractère de celui qui est turbulent. Cet enfant est d'une turbulence insupportable. La turbulence de son caractère le rend bien difficile à vivre.
TURBULENT, ENTE
adj.
Qui est impétueux, qui est porté à faire du bruit, à exciter du trouble, du désordre. Enfant turbulent. Esprit turbulent. Caractère turbulent. Une vie turbulente. Une joie turbulente.
TURC, TURQUE
n.
Nom de nation employé dans quelques expressions familières ou proverbiales. Cet homme est fort comme un Turc, Il est extrêmement robuste.
Le Grand Turc, Le sultan de Turquie. Ne pas plus penser à quelqu'un qu'au Grand Turc, N'y penser nullement.
Fig., Traiter quelqu'un de Turc à More, Le traiter avec toute sorte de rigueur.
Se faire Turc, Se faire mahométan.
Tête de Turc. Voyez TÊTE.
À LA TURQUE,loc. adv.
À la façon des Turcs. Être habillé, coiffé à la turque.
TURC
n. m.
T. d'Histoire naturelle
. Nom vulgaire de la larve du hanneton.
TURCIE
n. f.
Levée au bord d'une rivière, pour en contenir les eaux et empêcher le débordement. Intendant des turcies et levées. Les turcies de la Loire.
TURCO
n. m.
Nom familier des tirailleurs algériens. Un bataillon de turcos. Il vieillit.
TURF
n. m.
Mot emprunté de l'anglais. Lieu où se font les courses de chevaux. Un habitué du turf.
TURGESCENCE
n. f.
T. didactique
. Gonflement.
TURGESCENT, ENTE
adj.
T. didactique
. Qui se gonfle.
TURLUPIN
n. m.
Homme qui fait de basses plaisanteries, de mauvais jeux de mots, par allusion au célèbre acteur de farces du XVIIe siècle. C'est un turlupin. Un vrai turlupin.
TURLUPINADE
n. f.
Plaisanterie vulgaire, mauvais jeu de mots. Molière s'est élevé contre les faiseurs de turlupinades.
TURLUPINER
v. intr.
Faire des turlupinades. Cet homme ne fait que turlupiner. Il a vieilli.
Il s'emploie aussi comme verbe transitif et signifie Tracasser. Cette idée me turlupine. Il est familier dans les deux sens.