Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 1 013 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Venette

 

n. f.

Peur, inquiétude, alarme. Avoir la venette, donner la venette, Avoir peur, inspirer de la peur. Il est populaire.

 

VENEUR

 

n. m.

Celui qui est chargé de faire chasser les chiens courants. Il a un très bon veneur.

Grand veneur, Celui qui commandait à toute la vénerie d'un prince.

 

VENGEANCE

 

n. f.

Peine causée à un offenseur pour la satisfaction personnelle de l'offensé. Vengeance mémorable, éclatante, pleine et entière. Vengeance particulière. Vengeance céleste, divine. Il ne respire que vengeance. J'en aurai vengeance. Exercer une cruelle vengeance sur quelqu'un. Différer sa vengeance. Pour toute vengeance, je l'abandonne à ses remords. Goûter le plaisir de la vengeance. Servir son ennemi quand on pourrait lui nuire, c'est une noble vengeance. La plus noble vengeance, c'est le pardon. C'est porter, c'est pousser la vengeance trop loin. Le sang des innocents demande vengeance, crie vengeance. Ils crièrent tous : Vengeance! Il en faut laisser la vengeance à Dieu.

Tirer vengeance, Se venger.

VENGEANCE désigne aussi le Désir de se venger. Il a toujours la vengeance dans le coeur. Mouvement de vengeance. Sentiment de vengeance. Esprit de vengeance.

 

VENGER

 

v. tr.

Obtenir vengeance de quelque injure, de quelque outrage, de quelque acte coupable; il se dit en parlant des Choses dont on veut tirer satisfaction. Venger une injure. Venger une offense reçue. Venger un affront. Venger un crime. Venger un outrage. Venger la mort de son père.

Il se dit aussi en parlant des Personnes qu'on considère comme offensées. Venger quelqu'un d'un affront. Venger son ami. Se venger avec éclat. Se venger de ses ennemis. Se venger sur quelqu'un d'une injure qu'on a reçue. Il m'a joué un mauvais tour, je m'en vengerai. Elle s'est bien vengée.

Il se dit encore en parlant des Choses que l'on regarde comme atteintes par une offense. Venger son honneur. Venger la mémoire de quelqu'un. Venger sa patrie.

VENGEUR, GERESSE

 

adj.

Qui venge, qui punit. Le Dieu vengeur. Les remords vengeurs. La foudre vengeresse. Le féminin ne s'emploie guère que dans le style soutenu.

VENGEUR s'emploie aussi comme nom masculin. Le vengeur des innocents, des opprimés. Cet outrage, ce crime ne trouvera-t-il pas de vengeur?

 

VENIAT

 

(On prononce Véniate.)n. m.

T. de Juridiction ecclésiastique

, emprunté du latin. Ordre donné par le juge supérieur à un juge inférieur de venir se présenter en personne, pour rendre compte de sa conduite. Il a reçu un veniat.

 

VÉNIEL, ELLE

 

adj.

T. de Théologie

. Qui peut être pardonné; il se dit des Péchés légers, qui ne font point perdre la grâce, par opposition aux Péchés mortels. Commettre, faire un péché véniel. Faute vénielle.

Fam., Ce ne sont que des fautes vénielles, que des péchés véniels se dit des Légers manquements dans ce qui regarde certains petits devoirs, certaines petites bienséances.

 

VÉNIELLEMENT

 

adv.

T. de Théologie

. D'une manière vénielle. Pécher véniellement, Faire une faute légère, par opposition à Pécher mortellement.

 

VENIMEUX, EUSE

 

adj.

Qui a du venin; il ne se dit proprement que des Animaux. Le scorpion est venimeux. La vipère est venimeuse. La morsure de cet animal est venimeuse. Sa piqûre est venimeuse.

Fig., C'est une langue venimeuse se dit d'une Personne médisante et maligne.

 

VENIN

n. m.

Poison produit, chez certains animaux, par sécrétion, et qui, introduit dans le sang d'un autre animal ou d'un homme par une morsure ou une piqûre, amène de graves désordres et même la mort. Venin dangereux, mortel. Venin prompt, subtil. Le venin de la vipère, du scorpion, du serpent. Cet animal a jeté son venin.

Prov. et fig., Morte la bête, mort le venin, On n'a plus rien à craindre d'un ennemi mort.

VENIN signifie, au figuré, Malignité, rancune, haine cachée. Vous avez bien du venin contre lui. Il y a trop de venin dans ce qu'il dit. C'est une langue dangereuse, qui répand son venin partout. Le venin de la calomnie.

Il a jeté tout son venin, Dans l'emportement de sa colère, il a dit tout ce qu'il avait sur le coeur contre un tel.

C'est un homme sans venin, qui n'a point de venin, Il n'a pas de malignité, pas de rancune.

VENIN se dit aussi figurément, en langage de dévotion, d'une Doctrine dangereuse. Il y a du venin dans cette proposition. Le venin de l'hérésie.

 

VENIR

 

(Je viens, tu viens, il vient; nous venons, vous venez, ils viennent. Je venais. Je vins. Je viendrai. Je viendrais. Viens, venons. Que je vienne. Que je vinsse. Venant. Venu.) v. intr. Se transporter d'un lieu à un autre dans lequel est, était ou sera celui qui parle, ou à qui l'on parle, ou dans lequel on suppose celui qui parle. Il est venu ici. Il est venu à pied, à cheval, en voiture. Il viendra demain. Il va venir. Il vint à nous tout effrayé. Le voilà qui vient. Il vint à ma rencontre. Il est vertu au- devant de moi. Venez que je vous parle. Il viendra ce soir pour vous parler. Quand viendrez- vous nous voir? Je le rencontrai qui venait de Versailles. Je serai ce soir à tel endroit, venez m'y rejoindre. Absolument, Il est venu. Impersonnellement, Il venait dans cette maison toutes sortes de gens.

Ne faire qu'aller et venir, Être toujours en mouvement. Il signifie aussi Revenir promptement. Je serai ici dans un instant, je ne fais qu'aller et venir.

Mouvement de va-et-vient. Voyez VA-ET- VIENT.

Fig. et fam., Il semble qu'il vienne de l'autre monde se dit en parlant d'un Homme qui paraît ignorer ce qui se passe publiquement, les choses que tout le monde sait. On dit dans le même sens : D'où venez-vous? De quel pays venez-vous?

Fig., Je le verrai venir, il faut le voir venir, Je verrai, il faut voir ce qu'il fera, quel est son dessein. Je vous vois venir, Je devine ce que vous pensez, ce que vous allez faire ou dire.

Fig., Laisser venir, voir venir, Attendre, ne pas se presser. Laissons-le venir, nous verrons quel parti nous devons prendre. Dans cette affaire, nous n'avons qu'à voir venir.

Faire venir quelqu'un, Le mander, lui donner ordre ou avis pour qu'il vienne. Faites venir votre domestique. Il a fait venir le médecin.

VENIR se dit aussi du Mouvement qui se fait d'un lieu éloigné à un lieu plus proche de celui qui parle. Il est venu de Rome à Lyon.

Il se dit encore du Mouvement qui se fait d'un lieu éloigné au lieu où est celui qu'on fait parler. César ordonna à Labiénus de venir le joindre. César fit venir des Gaules telle légion.

Il se dit en outre du Mouvement qui se fait d'un lieu proche à un lieu éloigné, mais seulement lorsque celui qui parle invite un autre à l'accompagner. Je m'en vais à Rome, voulez- vous venir avec moi? Nous allons nous promener, venez avec nous.

Il signifie également Arriver au lieu où est celui qui parle. Quel jour vient le courrier? À quelle heure viennent les lettres? Quand viendra- t-il? Il viendra ce matin. Vous venez fort à propos.

Il se construit avec le pronom personnel et la particule. En dans ces divers sens : Il s'en vint nous voir. Nous nous en vînmes ensemble. À quelle heure s'en viendra-t-il?

VENIR se dit aussi des Choses inanimées; dans ce sens, on l'emploie souvent comme verbe impersonnel. Ces eaux viennent des montagnes. Le vent vient du nord. Il vient du vent de ce côté-là. Ouvrez la fenêtre, il viendra de l'air. Il venait des bouffées de chaleur.

Fig. et fam., Cela fait venir l'eau à la bouche se dit d'une Chose agréable au goût et dont l'idée excite l'appétit quand on en parle ou qu'on en entend parler. On le dit aussi, figurément, de Tout ce qui peut exciter les désirs. Ce que vous avez raconté des avantages de cette entreprise lui a fait venir l'eau à la bouche.

Faire venir quelque chose, Donner ordre ou commission pour qu'une chose soit envoyée d'un lieu quelconque au lieu où l'on est. Faire venir des truffes du Périgord. Faire venir des provisions de la campagne.

Fig. et fam., Faire venir l'eau au moulin, Procurer du profit par son industrie ou à soi ou aux siens.

VENIR signifie encore Monter, atteindre. Les eaux viennent jusqu'au premier étage. Votre fils me vient à l'épaule.

Il signifie, en outre, Provenir, être reçu de. Beaucoup de métaux précieux viennent de l'Asie. J'accepte volontiers ce qui vient de vous. Cela vient de bonne main. Cela vient d'une personne que j'estime fort. Les arts nous sont venus de ce pays. Celle maladie est venue de l'Orient. Impersonnellement, Il vient beaucoup de blé, de vin de cette région.

Il se dit aussi des Liquides qu'on tire de ce qui les contenait et signifie Sortir. Cette huile ne vient que goutte à goutte. On voulut le saigner, mais le sang ne vint pas.

Il se dit encore des Choses qui arrivent inopinément, fortuitement; dans ce sens, on l'emploie souvent comme verbe impersonnel. Tout lui vient à souhait. Cela lui vient bien à point. Un malheur ne vient jamais seul. Il lui vint une grosse fièvre. Il vint une bourrasque, une tempête. S'il vient quelque changement.

Elliptiquement, Vienne une maladie, un revers, etc., Qu'il arrive une maladie, un revers, etc. Des flatteurs l'entourent; vienne une disgrâce, il sera seul.

Venir à la traverse, Traverser, troubler un projet, une affaire.

Cela vint à ma connaissance, cette nouvelle est venue jusqu'à moi, le bruit en est venu jusqu'ici, J'ai appris cela, J'ai su cette nouvelle, le bruit en est parvenu jusqu'ici.

Prov., Tout vient à point à qui peut attendre, à qui sait attendre, Avec le temps et la patience on vient à bout de tout.

Prov., La fortune vient en dormant, Les biens de la fortune arrivent quand on s'y attend le moins,

VENIR se dit particulièrement de Ce que l'esprit conçoit, imagine, ou se rappelle. Les idées lui venaient en foule. Il me vient une idée, un souvenir. Il me vint en tête un soupçon. Il me vient un scrupule, un doute. Ce goût lui est venu naturellement. Il me vint à l'esprit de lui faire cette proposition. Il me vint en pensée, il me vint en tête, il me vint à l'esprit que...

Il signifie aussi Arriver par succession, échoir. Les biens qui viennent du côté du père, de la mère.

Il signifie, en outre, Succéder, arriver suivant l'ordre des choses. Le printemps vient après l'hiver. Ceux qui viendront après nous verront cela. Il viendra un temps. Un jour viendra. Il faut prendre le temps comme il vient. Quand le moment en sera venu.

L'année, le mois, la semaine qui vient, L'année prochaine, le mois prochain, la semaine prochaine.

Vienne l'été, vienne l'automne, etc., Quand l'été arrivera, quand l'automne arrivera, etc. Populairement, Elle aura quinze ans viennent les prunes, L'été prochain.

VENIR signifie encore Être issu, être sorti. Il vient de cette maison par les femmes. C'est un homme qui vient de bon lieu.

Ce mot vient de tel autre, Il en est dérivé. On dit de même : Ce mot, cette expression vient du grec, vient de l'espagnol.

VENIR signifie aussi Naître, pousser, être produit. Les oliviers ne viennent pas dans cette région. Il ne vient point de blé dans ce pays. On ne saurait faire venir cet arbre dans nos forêts. Les melons, les orangers, la canne à sucre viennent là en pleine terre. Cette plante vient de bouture. Les dents commencent à venir à cet enfant. Fig., La raison lui viendra avec l'âge. Impersonnellement, Il lui vient des boutons à la figure.

Cet enfant est venu à terme, Il est né à l'époque normale de la naissance. Il est venu avant terme, Il est né avant le terme ordinaire de la gestation.

Venir bien, Profiter, croître comme il faut, réussir. Dans le sens contraire, Venir mal. Cet arbre vient bien, vient mal. On dit aussi : Il a de la peine à venir.

En termes d'Imprimerie, Cette feuille, cette estampe est bien venue, est mal venue, Son tirage est bon, est mauvais.

VENIR signifie aussi Procéder, émaner. De là vient qu'il y a si peu de bonne foi dans le monde. Son mal vient de loin. D'où vient cet usage, cette façon de parler? D'où vient cette animosité? On a dit que les grandes pensées viennent du coeur. Tous ces malheurs viennent de ce que...

Il signifie encore Arriver à un point donné, à un résultat. Les choses vinrent à un point que... à un tel point que... si avant que.... Elles furent portées à un tel excès, si loin que... il vint à un tel point d'insolence que..., Il fut, il devint si insolent que...

Par menace, Qu'il y vienne, Qu'il s'en avise, qu'il ait cette hardiesse.

Venir au fait, à la question, à la discussion d'une affaire, à la conclusion, Parler de la chose dont il s'agit, agiter la question, discuter une affaire, conclure.

Venir à composition, Composer.

Venir à maturité, Mûrir.

Venir à rien, Diminuer beaucoup, se réduire presque à rien. À force de bouillir, cette sauce est venue à rien. À force de maigrir, cet homme vient à rien. Tous ses grands projets viendront à rien.

Venir à bout de ses desseins, de ses entreprises, Y réussir. Venir à bout de faire une chose, venir à bout d'une chose, Parvenir à faire une chose, parvenir à la fin d'une chose, en trouver la fin. Venir à bout de ses ennemis, En triompher.

Venir à son but, à ses fins, Arriver à son but, à ses fins, réussir.

En venir aux reproches, aux menaces, aux injures, aux coups, Pousser l'aigreur de la conversation, porter la dispute jusqu'aux reproches, aux menaces, aux injures, aux coups.

En venir aux mains, Commencer à se battre. Les deux adversaires étaient prêts à en venir aux mains.

En venir aux extrémités, à la violence, à la force, Employer la violence, la force. Il fallut en venir à un procès, Il fallut plaider.

Il faut en venir là se dit de la Mort et de tout ce qu'on regarde comme nécessaire, comme inévitable. On le dit aussi de Ce qu'on regarde comme plus expédient. Après avoir bien réfléchi, bien discuté, vous verrez qu'il faut en venir là.

C'est là que je voulais en venir, c'est où je voulais en venir, C'est à ce but que tendaient mes actions, mes discours. On dit de même : Où veut-il en venir?

Ils en vinrent au point de faire telle chose, Ils furent réduits à faire telle chose; ou bien Ils se portèrent à de telles extrémités qu'ils firent telle chose.

Venir à une succession, Hériter. Venir à une succession par tête, par souche, par représentation.

Venir au monde, Naître.

VENIR s'emploie suivi de à et d'un infinitif pour marquer ce qu'une action a d'inattendu, de fortuit, ou pour exprimer le dernier terme d'une gradation, etc. S'il venait à mourir, S'il arrivait qu'il mourût. Si le secret venait à être découvert, Si, par hasard, le secret était découvert. Je vins tout à coup à me le rappeler, Tout à coup je me le rappelai. Nous vînmes à parler de telle chose, Nous parlâmes de telle chose, la conversation tomba sur tel sujet. Il vint jusqu'à me déclarer..., Il poussa l'entêtement, l'audace, etc., jusqu'à me déclarer... On dit de même : Il en vint jusqu'à le menacer, jusqu'à l'insulter, etc.

Suivi de de et d'un infinitif, il signifie Avoir fait depuis très peu de temps la chose exprimée par cet infinitif. Je viens de lui parler. Vous veniez de sortir quand il est arrivé. Il vient de mourir. Impersonnellement, Il vient de pleuvoir.

À VENIR, Locution qui tient lieu d'adjectif et dont on se sert pour dire Qui doit venir qui doit arriver. Le temps à venir. Les siècles à venir.

Le participe passé VENU s'emploie comme adjectif. Soyez le bien venu, soyez la bien venue, Formule de bienveillance ou de civilité dont on se sert à l'égard d'une personne qui arrive. On écrit aussi Bienvenu en un seul mot. Voyez BIENVENU.

Être bien venu partout, Être bien reçu partout.

Être mal venu à, N'avoir pas le droit de, n'avoir pas raison de. Il est mal venu à lui reprocher cette action quand c'est lui-même qui la lui a conseillée.

Être nouveau venu, Être nouvellement arrivé.

VENU s'emploie aussi substantivement. Un nouveau venu, Un homme qui vient d'arriver ou d'être admis dans une société. Une nouvelle venue. Les nouveaux venus.

Le premier venu, Celui qui arrive le premier. La première venue. Les premiers venus.

Fig., Confier son secret au premier venu, Le confier sans discernement au premier que l'on rencontre.

Fig., Ce n'est pas le premier venu, C'est un homme qui n'est pas sans valeur.

Le dernier venu, Celui qui arrive le dernier; le dernier admis. La dernière venue. Les derniers venus.

 

VENT

n. m.

Mouvement plus ou moins rapide de l'air, suivant une direction déterminée. Le vent du nord, le vent d'est, le vent d'ouest. Vents périodiques, journaliers. Vents irréguliers, variables. Vent impétueux, modéré, faible. Vent froid, piquant, frais, doux, chaud, humide, pluvieux. Il fait grand vent. Le vent souffle du nord, de l'est. Le vent se lève. Le vent change. Le vent tourne. Le vent cesse, est tombé. Être exposé au vent, à tous les vents, à tout vent. Être à l'abri du vent. La force, la vitesse, la violence, l'impétuosité du vent. Il vient bien du vent par cette porte, par cette fenêtre. Cet arbre a été abattu d'un coup de vent.

Vent coulis, Léger courant d'air.

En termes de Jardinage, Arbres en plein vent, de plein vent, Arbres fruitiers de haute tige, qui ne sont point plantés en espalier et qui sont exposés au vent de tous côtés. On dit en un sens analogue, dans le langage ordinaire : Une boutique, un étalage en plein vent.

Par exagération, Il va comme le vent, il va plus vite que le vent se dit d'un Homme, d'un cheval etc., qui est très rapide à la course.

Voler au vent, Être soutenu dans l'air par le vent. Une feuille, un papier qui vole au vent.

Ce vaisseau flotte au gré du vent, à la merci du vent, Il n'est point gouverné. Ses cheveux flottent au gré du vent, Ils flottent en l'air, agités par le souffle du vent.

Fig., Jeter aux vents, Disperser. Ses cendres furent jetées aux vents.

Fig., Autant en emporte le vent se dit en parlant de Promesses auxquelles on n'ajoute point de foi, ou de Menaces dont on ne craint point les effets.

Fig. et fam., C'est une girouette qui tourne à tout vent, au moindre vent; il tourne à tout vent, à tous les vents se dit d'un Homme dont l'esprit est léger, inconstant.

Fig. et fam., Regarder de quel côté vient le vent, Observer le cours des affaires et les diverses conjonctures pour régler sa conduite suivant ce que l'on découvre. Il se prend le plus souvent en mauvaise part. On dit encore en ce sens : Prendre le vent.

Fam. et par plaisanterie, Mettre flamberge au vent, Tirer l'épée.

Moulin à vent, Moulin que le vent fait mouvoir.

Prov., Petite pluie abat grand vent, Une petite pluie fait ordinairement cesser un grand vent. Il signifie aussi, figurément, Un peu de douceur apaise souvent un grand emportement, ou Une cause légère, un petit incident fait cesser quelquefois de grands troubles, de grandes querelles.

Prov. et fig., À brebis tondue Dieu mesure le vent, La Providence proportionne nos épreuves à nos forces.

En termes de Marine, Aire du vent, Direction suivant laquelle souffle le vent. Rose des vents, Figure portée sur le cadran du compas et où sont marquées trente-deux divisions destinées à indiquer l'aire du vent.

Vent de terre ou Brise de terre, Vent qui vient de la terre et qui souffle la nuit. Vent de mer ou Brise de mer, Vent qui vient de la mer et qui souffle pendant le jour.

Avoir vent arrière, avoir bon vent, Avoir un vent qui porte directement le navire vers le point où l'on veut aller. Avoir vent debout, vent contraire, Avoir un vent directement opposé à la route que l'on veut faire. Être vent devant se dit d'un Navire qui reçoit le vent sur ses voiles, en le prenant de devant.

Avoir le vent en poupe ne se dit plus guère au propre en termes de Marine, mais il se dit figurément pour signifier Être secondé, favorisé par les circonstances.

Fig., Un bon vent, un mauvais vent, Des circonstances heureuses, malheureuses. Quel bon vent vous amène? Dans le style soutenu, Le vent de l'adversité, La mauvaise fortune. On dit de même : Le vent de la faveur, L'avantage du crédit, de la faveur. On dit aussi : Le vent tourne, Le cours des choses change, devient favorable, ou cesse de l'être.

En termes de Marine, Pincer le vent, serrer le vent, rallier le vent ou au vent, tenir le vent, aller au plus près du vent ou, elliptiquement.. aller au plus près, Disposer ses voiles de telle sorte que le navire aille le plus près qu'il est possible de la ligne sur laquelle le vent souffle, en remontant vers le côté d'où il souffle.

Avoir le vent sur un navire, être au vent d'un navire, avoir le dessus du vent, gagner le vent, le dessus du vent à un navire, Se trouver ou se mettre entre le lieu d'où le vent souffle et le navire dont il s'agit. Être sous le vent, Être séparé par un autre navire du lieu d'où souffle le vent. Ces expressions s'emploient aussi en parlant d'une Île. On dit de même : Cette île était au vent à nous, Elle était entre nous et l'endroit d'où soufflait le vent; Cette île nous restait sous le vent, Nous étions entre cette île et l'endroit d'où le vent soufflait.

Fig. et fam., Avoir le dessus du vent, Avoir l'avantage sur quelqu'un.

En termes de Marine, Vent fait, Vent qui ne varie plus et qui paraît devoir durer.

Vents alizés. Voyez ALIZÉ.

Vents étésiens. Voyez ÉTÉSIEN.

Vent frais, Vent médiocrement fort et bon pour faire route. Vent forcé, Vent violent et plus fort qu'il ne faut.

Saute de vent, Changement subit dans la direction du vent.

Avoir vent et marée se dit d'un Bâtiment qui se trouve avoir en même temps le vent et la marée favorables pour la route qu'il fait. Dans le sens contraire, Aller contre vent et marée se dit lorsque la marée et le vent se trouvent contraires à la route qu'un bâtiment veut tenir.

Fig. et fam., S'obstiner, persévérer contre vent et marée, Poursuivre ce qu'on a commencé, malgré toutes les difficultés qui s'y opposent.

En termes de Marine, Aller selon le vent, Régler sa navigation sur le vent. Aller tout d'un vent, d'un même vent, Faire sa route avec un seul vent, ce qui a lieu lorsque le trajet est direct et qu'on n'a besoin que d'un seul vent pour le faire.

Fig. et fam., Aller selon le vent, S'accommoder au temps.

En termes de Chasse, Chasser au vent, aller dans le vent, Aller contre le vent.

Porter au vent, porter le nez au vent se dit des Animaux, surtout des chevaux, lorsqu'ils portent la tête haute.

Avoir le nez au vent se dit d'un Chien qui quête, qui flaire les odeurs qu'apporte le vent. Il se dit aussi figurément des Personnes et signifie Être en quête, chercher une affaire, une occasion.

Fig. et fam., Cet homme va le nez au vent, Il tient la tête haute, il marche droit devant soi, sans faire attention.

VENT se dit aussi de l'Air agité par un moyen quelconque. Faire du vent avec un soufflet, avec un éventail.

Le vent d'un boulet de canon, L'air agité par le passage d'un boulet de canon. Le vent du boulet le jeta par terre.

Instruments à vent, Instruments de musique dont le son est formé par l'air qu'on y introduit, par opposition aux Instruments à cordes où le son est formé par les vibrations des cordes. La trompette, le hautbois, la flûte, la clarinette sont des instruments à vent.

Fusil à vent, Fusil où le projectile est chassé par l'air qui y a été comprimé.

VENT se dit encore des Gaz retenus dans le corps de l'homme ou des animaux. Avoir des vents. Cela cause des vents, donne des vents Lâcher un vent.

En termes de Chasse, il désigne l'Odeur qu'une bête laisse dans les lieux où elle a été, où elle a passé. Le cerf est de plus grand vent que le lièvre.

Il désigne aussi l'Odeur qui vient des émanations d'un corps. Le sanglier prend le vent de tous côtés avant que de sortir de sa bauge, Il flaire de tous côtés. Le sanglier a eu le vent du gland, les corbeaux ont eu le vent d'une bête morte, L'odeur en est parvenue jusqu'à eux.

Fig. et fam., Avoir vent de quelque chose, avoir vent que quelque chose se passe, En recevoir quelque avis. On a eu vent de leur projet.

VENT signifie figurément Chose vaine. Tout cela n'est que du vent, n'est que vent. Qu'en sort-il? du vent.

 

VENTAIL

 

n. m.

T. d'Archéologie

. Partie inférieure de l'ouverture d'un casque, d'un heaume, par laquelle on respirait.

 

VENTE

 

n. f.

Contrat par lequel une chose est aliénée moyennant un prix donné. Vente volontaire. Vente forcée. Vente simulée, frauduleuse. Contrat de vente. La vente d'une terre. Vente de biens, de meubles. Vente mobilière. Vente par licitation. Vente aux enchères, à la criée. Vente à réméré. Procéder à la vente et adjudication. S'opposer à une vente. Poursuivre la vente d'une terre. Faire la vente de quelque chose. Faire une vente. Une vente publique. Aller aux ventes publiques.

Mettre une chose en vente, Déclarer, faire savoir qu'on veut la vendre.

Exposer une chose en vente, L'étaler, la mettre sous les yeux du public, afin qu'elle trouve des acheteurs.

Ce livre est en vente, On le vend actuellement à ceux qui veulent l'acheter, il vient d'être publié.

Cette marchandise est de vente, de bonne vente, Elle est de nature à être bien vendue; Le moment est favorable pour la vendre avantageusement.

La vente va, ne va pas se dit lorsqu'on a du débit, des acheteurs, lorsqu'on n'en a pas.

VENTE se dit, en termes d'Eaux et Forêts, des Différentes coupes qui se font dans un bois, dans une forêt, en des temps réglés. Il y a plusieurs ventes dans cette forêt, et chaque vente est de vingt arpents. Les ventes de la forêt de Compiègne, de Saint-Germain, d'Orléans.

Asseoir les ventes, Marquer le bois qui doit être coupé.

VENTE se dit aussi de la Partie d'une forêt ou d'un bois qui vient d'être coupée. Tout le bois que j'ai coupé est encore dans la vente. Acheter du bois dans la vente.

Vider, nettoyer les ventes, Enlever le bois qui est coupé.

Jeunes ventes, Ventes où le bois coupé commence à revenir, à repousser. Il est défendu de laisser aller les bestiaux dans les jeunes ventes.

VENTE signifiait, parmi les carbonari, une Section de leurs sociétés secrètes.

VENTES, au pluriel, désigne, en termes de Féodalité, la Redevance qui était due au seigneur du fief pour la vente d'un domaine compris dans sa censive; en ce sens, il n'était guère usité qu'avec le mot de Lods. Il lui devait les lods et ventes de son acquisition. Il paya sur-le-champ les lods et ventes.

 

VENTER

v. intr.

Faire du vent; on l'emploie surtout impersonnellement. Il a venté toute la nuit. Qu'il pleuve, qu'il grêle ou qu'il vente.

Il se construit quelquefois avec le mot Vent et signifie proprement Souffler. On ne peut empêcher le vent de venter. Quelque vent qu'il vente.

 

VENTEUX, EUSE

 

adj.

Qui est sujet aux vents. Cette plage est très venteuse. L'automne est une saison venteuse.

Il signifie aussi Qui cause des vents dans le corps. Les haricots sont venteux.

 

VENTILATEUR

 

n. m.

Appareil qui sert à renouveler l'air dans un lieu fermé, dans une machine. Ventilateur mécanique, électrique. Le ventilateur d'une automobile, d'un tarare.

 

VENTILATION

 

n. f.

Action de renouveler l'air au moyen de ventilateurs. La ventilation se fait mal dans cette salle.

En termes de Finance et de Jurisprudence, il se dit de l'Action de ventiler. On n'a pas fait la ventilation de cette somme. Ventilation de biens. On a fait la ventilation du domaine.

 

VENTILER

 

v. tr.

Renouveler l'air au moyen d'un ventilateur. Ventiler la cale d'un navire.

En termes de Finance, il signifie Répartir une somme totale entre les différents articles auxquels elle doit être affectée.

En termes de Jurisprudence, il signifie Estimer, évaluer une ou plusieurs portions d'un tout vendu, non pas quant à la valeur réelle, mais relativement au prix total. On ventile une maison quand le prix en est à distribuer entre des créanciers privilégiés sur la superficie et des créanciers hypothécaires ou privilégiés sur le fond.

Le participe passé VENTILÉ s'emploie adjectivement. Crédits ventilés. Budget ventilé. VENTÔSE

 

n. m.

Sixième mois du calendrier républicain, commençant vers le 20 février.

 

VENTOUSE

 

n. f.

Sorte de petite cloche de verre, qu'on applique sur la peau et dans l'intérieur de laquelle on raréfie l'air au moyen de la chaleur ou par un procédé mécanique, afin de soulever la peau et de produire une révulsion locale. Appliquer des ventouses. Mettre, poser des ventouses.

Ventouses sèches, Ventouses qu'on applique sans faire ensuite de scarification. Ventouses scarifiées, Celles qu'on applique en scarifiant ensuite.

VENTOUSE se dit, par analogie, en termes d'Histoire naturelle, de Certains organes dont quelques animaux aquatiques sont pourvus, et à l'aide desquels ils s'attachent aux différents corps, ou sucent, en faisant le vide. La sangsue a des ventouses.

Il désigne aussi une Ouverture, pratiquée dans un conduit, dans une fosse, etc., pour donner passage à l'air. Il faut mettre des ventouses à cette cheminée pour l'empêcher de fumer. La ventouse d'une fosse d'aisances.

 

VENTOUSER

 

v. tr.

T. de Médecine

. Appliquer des ventouses à un malade. Il a fallu le ventouser.

 

VENTOUSEUR, EUSE

 

n.

Infirmier, infirmière qui pose des ventouses.

Il s'emploie aussi adjectivement. Infirmière ventouseuse. Garde-malade ventouseuse.

 

VENTRAL, ALE

 

adj.

T. d'Histoire naturelle

. Qui appartient au ventre, qui s'y trouve placé. Il ne se dit guère que des Nageoires des poissons. Nageoires ventrales.