Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Crack
n. m.
Poulain particulièrement distingué, dans une écurie de chevaux de course.
CRAIE
n. f.
Carbonate de chaux friable généralement blanc, que l'on trouve dans le sol en couches plus ou moins épaisses, surtout en Champagne et sur les côtes de la Manche.
Il se dit souvent aussi d'un Bâton fait de ce carbonate et qui sert à tracer des lignes sur une surface noire. Un morceau de craie. Marquer avec de la craie. Tracer avec de la craie. Écrire au tableau avec de la craie. Marquer à la craie les logis que les soldats doivent occuper.
CRAINDRE
(Il se conjugue comme CONTRAINDRE.) v. tr. Envisager par la pensée quelqu'un ou quelque chose comme devant être nuisible, dangereux. Craindre le péril, la mort, la douleur, les maladies, la pauvreté, etc. Craindre le tonnerre. C'est un homme qui ne craint rien. Je crains qu'il ne vienne. Je crains qu'il ne vienne pas. Il est à craindre que cette entreprise n'échoue. Il craint d'être découvert. Il craint d'être importun. Je ne vous crains pas. Je ne crains pas ses menaces. C'est un homme craint de tous. Absolument, Je crains pour vous.
Fam., Ne craindre ni Dieu ni diable, se dit d'un Homme qu'aucune crainte n'arrête.
Je ne crains pas de le dire, de l'assurer, etc., Je n'hésite pas à le dire, à l'assurer, etc., parce que j'en ai la certitude.
Il se prend aussi pour Respecter, révérer. Craindre Dieu. C'est un homme craignant Dieu. Craindre son père, sa mère.
Il se dit également de Certaines choses par rapport a celles qui leur sont contraires, qui peuvent les endommager, les détruire. Ces arbres ne craignent pas le froid. Cette couleur craint le soleil. Ce vase de terre ne craint pas le feu.
CRAINTE
n. f.
Action de craindre. La crainte du châtiment. La crainte de la mort. La crainte de l'enfer. La crainte des jugements de Dieu. Donner, inspirer de la crainte à quelqu'un. Jeter de la crainte dans l'esprit, dans l'âme. Être saisi, pénétré, rempli de crainte. Mouvement de crainte. Je lui ai ôté cette crainte, je l'ai délivré de cette crainte. Abjurer toute crainte.
Crainte servile, La crainte qui naît de la seule appréhension du châtiment.
DANS LA CRAINTE DE, CRAINTE DE,loc. prép. DANS LA CRAINTE, DE CRAINTE QUE, loc. conj. De crainte d'être surpris. De crainte qu'on ne vous trompe. On dit quelquefois simplement Crainte de malheur, d'accident, crainte de pis.
CRAINTIF, IVE
adj.
Qui est sujet à la crainte. Naturel craintif. Âme craintive. Il est craintif de son naturel. On a rendu cet enfant trop craintif. Animal craintif.
CRAINTIVEMENT
adv.
D'une manière craintive. Il agit si craintivement en toutes choses. Parler craintivement.
CRAMOISI, IE
adj.
Qui est teint d'un rouge foncé, éclatant, tirant sur le violet. Velours cramoisi. Soie cramoisie.
Fig. et fam., Devenir tout cramoisi, Rougir extrêmement de honte, de dépit, etc. Il est devenu tout cramoisi quand je lui ai dit cela.
Il s'emploie aussi comme nom et désigne Cette couleur même. Une étoffe teinte en cramoisi.
CRAMPE
n. f.
Contraction spasmodique, douloureuse qui se fait sentir principalement à la jambe et au pied. Il lui prit une crampe, il fut saisi par une crampe en nageant. Être pris de crampes. Avoir des crampes.
Crampe d'estomac, Contraction douloureuse dans la région de l'estomac.
CRAMPON
n. m.
T. d'Arts
. Pièce de fer recourbée, à une ou plusieurs pointes, qui sert, dans les ouvrages de maçonnerie, de charpenterie ou de menuiserie, à attacher fortement quelque chose. Crampon de fer. Attacher avec un crampon. Mettre un crampon. Cela est tenu par un crampon.
Il se dit aussi d'un Bout recourbé qu'on fait exprès aux fers de cheval, quand on veut ferrer les chevaux à glace.
En termes de Botanique, il se dit de Tout appendice à l'aide duquel une tige s'accroche aux corps voisins et qui n'est point roulé en spirale.
Il se dit familièrement et populairement d'une Personne qui s'attache importunément à une autre. Quel crampon!
CRAMPONNER
v. tr.
Attacher avec un crampon. Il faut cramponner cette pièce de bois. Cramponnez bien cette serrure.
Cramponner des fers de cheval, Y faire des crampons.
Par extension, Cramponner un cheval, Ferrer un cheval avec des fers à crampon.
SE CRAMPONNER signifie plus particulièrement S'attacher fortement à quelque chose pour n'en être point arraché. La tige de cette plante se cramponne aux corps voisins. Il se cramponne si fort à ces barreaux qu'on ne peut lui faire lâcher prise.
Fig. et fam., C'est un homme dont on ne peut se défaire, il se cramponne à vous. Absolument, Plus on tâche de se débarrasser des importuns, plus ils se cramponnent. On dit aussi, transitivement, Cramponner quelqu'un.
CRAMPONNET
n. m.
T. d'Arts
. Petit crampon. Il se dit plus ordinairement de la Partie d'une serrure dans laquelle se meut le pêne.
CRAN
n. m.
Entaille qu'on fait à un corps dur pour accrocher ou arrêter quelque chose. Faire un cran. Le cran d'une arbalète. Hausser ou baisser une crémaillère d'un cran. Hausser un rayon de bibliothèque de deux crans, de trois crans.
Cran d'arrêt, Entaille pratiquée dans la batterie d'une arme à feu pour arrêter la gâchette et empêcher que le coup ne parte. On dit aussi Couteau à cran d'arrêt, Couteau muni d'un dispositif qui empêche la lame de se replier sur le manche.
Cran de mire, Entaille pratiquée sur le canon d'un fusil pour déterminer avec le guidon la ligne de visée.
Fig. et fam., Monter, descendre d'un cran, Passer de l'emploi qu'on occupait à l'emploi qui est immédiatement au-dessus ou au-dessous. Depuis dix ans qu'il est dans cette administration, il n'a pas monté d'un cran. Au lieu de l'avancer, on l'a fait descendre d'un cran.
Fig. et fam., Baisser d'un cran, se dit des Choses qui diminuent, qui s'altèrent, s'affaiblissent. Sa fortune, son crédit, sa santé, son esprit a baissé d'un cran. On dit dans le sens contraire Hausser d'un cran.
En termes d'Imprimerie, il se dit d'une Petite cannelure faite sur un des côtés du corps de chaque lettre, pour que l'ouvrier puisse placer les caractères dans le sens convenable, lorsqu'il compose. Le côté du cran.
CRAN
n. m.
Il se dit familièrement de Celui qui a de la hardiesse, qui va de l'avant. Avoir du cran.
CRÂNE
n. m.
T. d'Anatomie
. Assemblage des os de la tête qui contient le cerveau. La capacité du crâne. La configuration du crâne. Les sutures du crâne. Les trous, la cavité, les bosses du crâne. La base du crâne. Avoir le crâne développé. Dans sa chute il s'est brisé le crâne. Il a eu le crâne brisé dans un accident d'automobile.
CRÂNE
n. m.
Celui qui tient à montrer qu'il n'a pas peur. Faire le crâne. Adjectivement, Il est crâne. Il a l'air crâne. Il est familier.
CRÂNEMENT
adv.
D'une manière crâne. Le chapeau crânement posé sur l'oreille.
CRÂNER
v. intr.
Faire le crâne. Il essaya de crâner.
CRÂNERIE
n. f.
Manière de parler et d'agir de celui qui fait le crâne. Ses crâneries n'épouvantent personne. Sa crânerie ne me déplaît pas.
CRÂNIEN, ENNE
adj.
T. d'Anatomie
. Qui a rapport au crâne. La boîte crânienne.
CRANIOLOGIE
n. f.
T. de Physiologie
. Étude des protubérances ou bosses que présente le crâne et des indices que certains anatomistes en tirent pour déterminer les dispositions morales, les penchants des individus.
CRAPAUD
n. m.
Reptile batracien qui ressemble à la grenouille et dont le corps est couvert de pustules. Crapaud de terre. Crapaud de marais.
Fig. et fam., C'est un vilain crapaud, se dit d'un Petit homme fort laid. On dit dans le même sens Être laid comme un crapaud.
Par analogie, il désigne Certains animaux remarquables par leur laideur, tels que le Crapaud volant, Nom vulgaire de l'engoulevent, etc.
Par extension, il désigne aussi, en termes d'Arts, un Fauteuil bas tout rembourré ; une Sorte de pièce d'artificier repliée sur elle- même ; un Défaut dans le tissu d'une étoffe, dans un bloc de marbre, dans une pierre précieuse, etc.
CRAPAUDIÈRE
n. f.
Lieu où se trouvent beaucoup de crapauds.
Il se dit, figurément et familièrement, d'un Lieu bas, humide, sale, malpropre. Ce jardin est une vraie crapaudière.
CRAPAUDINE
n. f.
Espèce de pierre qu'on croyait autrefois se trouver dans la tête d'un crapaud et qui est une dent ou un palais de poisson pétrifié. Enchâsser une crapaudine.
Il se dit aussi, en termes d'Arts, d'une Plaque de plomb, de tôle, etc., qui se met à l'entrée d'un tuyau de bassin, de réservoir, etc., pour empêcher que les crapauds ou les ordures n'y entrent ; de la Soupape de décharge qui est au fond d'un bassin, d'un réservoir, d'une baignoire ; d'un Morceau de fer ou de cuivre creux, dans lequel entre le gond d'une porte.
En termes de Botanique, il désigne une Plante de la famille des Labiées dont le nom véritable est ÉPIAIRE et qui passe pour vulnéraire.
En termes de Cuisine, il se dit d'une Manière spéciale d'accommoder des pigeons, des cailles, etc., en les aplatissant et en les faisant rôtir sur le gril. Manger des pigeons à la crapaudine.
CRAPOUSSIN, INE
n.
Celui, celle qui est de taille petite et contrefaite. Ce n'est qu'un crapoussin, une crapoussine. Il est populaire.
CRAPULE
n. f.
Débauche habituelle et grossière. Il se plaît, il est plongé dans la crapule. Vivre dans la crapule. Tomber dans la crapule.
Il se dit par extension et familièrement de Personnes qui ont des sentiments bas et sont capables des pires actions. Quelle crapule que cet homme! Ne faites pas affaire avec lui : c'est une crapule.
CRAPULEUSEMENT
adv.
D'une manière crapuleuse.
CRAPULEUX, EUSE
adj.
Qui se plaît dans la crapule. Individus crapuleux. Gens crapuleux.
Il signifie aussi Qui a rapport à la crapule Avoir des goûts crapuleux, des inclinations crapuleuses. Mener une vie crapuleuse.
CRAQUE
n. f.
Menterie, hâblerie débitée dans le dessein de se jouer de quelqu'un. Il est populaire.
CRAQUELAGE
n. m.
Art de fendiller de la porcelaine, du verre par un procédé spécial.
CRAQUELIN
n. m.
T. de Pâtisserie
. Espèce de gâteau qui craque sous les dents lorsqu'on le mange.
CRAQUELURE
n. f.
Fendillement qui se produit dans un vernis, dans un émail, etc. Ce tableau est plein de craquelures.
CRAQUEMENT
n. m.
Bruit que font certains corps en craquant. Avez-vous entendu le craquement de cette poutre? Il s'est produit un craquement dans l'édifice.
CRAQUER
v. intr.
Produire un bruit sec par le frottement, par l'éclatement ou par la désorganisation de ses éléments. Les vis du pressoir craquaient. Le plancher est si chargé que les poutres en craquent. Ce lit craque. Faire craquer ses doigts en les tirant. Les croûtes, le biscuit craquent sous la dent.
Figurément et familièrement, il signifie Menacer ruine. L'opposition l'emporte, le ministère craque.
CRAQUÈTEMENT
n. m.
Action de craqueter ou Résultat de cette action.
Il se dit aussi du Cri de la cigogne et de la grue.
CRAQUETER
(Il craquette. Il craquetait.) v. intr.
Craquer souvent et avec petit bruit Le sel craquette quand on le jette dans le feu.
Il signifie aussi Pousser le cri particulier à son espèce, en parlant de la Cigogne, de la grue.
CRASE
n. f.
T. de Grammaire grecque
. Mélange de la voyelle ou diphtongue finale d'un mot avec la voyelle ou diphtongue initiale du mot suivant, lesquelles se confondent tellement qu'il en résulte souvent un autre son. , , sont les crases de , , .
CRASSANE
n. f.
Sorte de poire fondante et d'un goût délicat.
CRASSE
adj.
Qui est épais. Il ne s'emploie plus qu'avec des noms féminins. Humeur crasse et visqueuse. Matière crasse.
Fig. et fam., Ignorance crasse, Ignorance grossière et inexcusable.
Il s'emploie surtout comme nom féminin et se dit de l'Ordure qui s'amasse sur la peau, dans le poil de l'homme ou de l'animal. La crasse de la tête. La crasse des mains. Il est plein de crasse. On le dit aussi en parlant des Vêtements. La crasse du linge sale.
Il se dit aussi, soit au singulier, soit au pluriel, des Résidus des métaux quand on les fond ou qu'on les frappe à coups de marteau.
Il se dit figurément, familièrement et par mépris d'une Naissance, d'une condition très basse. Être né dans la crasse. C'est un homme sorti de la crasse. Tirer quelqu'un de la crasse.
Il se dit aussi d'une Avarice sordide. Il a toujours vécu dans la crasse.
CRASSER
v. tr.
Remplir de crasse. Il se dit spécialement en parlant des Armes à feu. Ce fusil se crasse facilement. On dit plutôt S'ENCRASSER.
CRASSEUX, EUSE
adj.
Qui est couvert de crasse. Visage crasseux. Mains crasseuses. Cheveux crasseux. Barbe crasseuse. Il est tout crasseux.
Il signifie aussi Qui vit dans une avarice sordide. Il vit en crasseux. Il est familier.
CRATÈRE
n. m.
T. d'Antiquité
. Vase à deux anses, plus large que profond, d'une grande capacité, contenant du vin et de l'eau mêlés, dont on remplissait les coupes qu'on passait ensuite à chaque convive.
Il désigne, par analogie, la Partie supérieure d'un volcan, ou l'Ouverture par laquelle il vomit sa lave, ses feux, sa fumée et ses cendres. Le cratère du Vésuve, de l'Etna.
Par analogie, il se dit aussi de l'Ouverture pratiquée à la partie supérieure d'un fourneau de verrier.
CRAVACHE
n. f.
Fouet d'une seule pièce, qui a la forme d'une badine et dont on se sert ordinairement quand on monte à cheval. Donner des coups de cravache.
À coups de cravache se dit figurément à propos d'une Autorité brutale, qui se fait obéir par force.
CRAVACHER
v. tr.
Frapper à coups de cravache.
CRAVAN
n. m.
T. d'Histoire naturelle
. Oiseau aquatique de la grosseur du canard et dont le plumage est noir.
Il se dit aussi d'un Coquillage qui s'attache aux navires lorsqu'ils sont longtemps à la mer.
CRAVATE
n. f.
Morceau d'étoffe que les hommes et les femmes se mettent autour du cou. Cravate de mousseline, de soie, de taffetas. Cravate blanche. Cravate noire. Cravate de couleur. Le noeud, les bouts d'une cravate. Nouer sa cravate. Par extension, Cravate de commandeur de la Légion d'honneur.
La cravate d'un drapeau, L'ornement de soie, brodé d'or ou d'argent, qu'on attache comme une cravate au haut d'une lance, d'un drapeau, et dont les bouts sont pendants.
CRAVATER
v. tr.
Entourer le cou d'une cravate. Qu'il est mal cravater! Il ne sait pas se cravater.
CRAYEUX, EUSE
adj.
Qui est de la nature de la craie. Terrain crayeux.
CRAYON
n. m.
Petit morceau de pierre de mine, ou de quelque autre matière colorée propre à dessiner. Crayon noir, blanc, bleu. Crayon de sanguine. Crayon de charbon. Crayon de pastel. Crayon mou, crayon dur, crayon gras.
Il se dit également d'une Petite baguette de bois ou de métal, qui renferme un crayon de mine de plomb ou autre, et dont on se sert pour tracer, marquer, écrire, etc. Une note écrite au crayon. Tailler un crayon. Portrait au crayon. Donner quelques coups de crayon. Une boîte de crayons de couleur.
Il signifie figurément Manière de dessiner ou Manière dont une chose est dessinée. Un crayon facile, ferme, large.
Il se dit, par extension, de Tout dessin fait au crayon, et particulièrement d'un Portrait fait de cette manière. Les crayons de cet artiste sont très estimés. Il a fait le crayon d'un tel.
Il signifie aussi figurément Description qu'on fait de quelque personne. Vous nous avez fait un fidèle crayon de cet homme-là.
Il désigne encore la Première idée ou le premier dessin d'un tableau, qu'on trace avec du crayon. Il n'a pas encore commencé ce tableau, il n'en a fait qu'un crayon, que le crayon. Crayon grossier. Léger crayon.
Il se dit figurément, dans un sens analogue, en parlant des Ouvrages de l'esprit. Cette pièce n'est pas achevée, ce n'est encore qu'un crayon, qu'un premier crayon, qu'un crayon imparfait, qu'un faible crayon. Je ne vous ai tracé qu'un léger crayon des événements qui précédèrent cette époque.
CRAYONNER
v. tr.
Dessiner avec du crayon. Crayonner une tête, un bras, une main, un arbre.
Il signifie aussi Dessiner sommairement, marquer seulement les premiers traits. Cela n'est que crayonné. Fig., Je vais vous crayonner le caractère de cet homme.
CRAYONNEUR, EUSE
n.
Celui, celle qui crayonne. Il ne se dit que par dénigrement. Ce n'est pas un peintre, c'est un crayonneur.
CRAYONNEUX, EUSE
adj.
Qui est de la nature du crayon. Pierre crayonneuse. Terre crayonneuse.
CRÉANCE
n. f.
Action de croire, de se fier à. Cela ne mérite aucune créance, n'est pas digne de créance. Cette nouvelle absurde a cependant trouvé créance chez les esprits faibles. Perdre créance. Ne donnez aucune créance à ce qu'il dit.
Donner créance à une chose, Faire qu'on y ajoute foi, la rendre croyable. Son caractère donne créance à ses paroles.
Lettre de créance. Voyez LETTRE.
Par extension, CRÉANCE signifie Dette active ; titre, droit qui rend une personne créancière d'une autre. Sa créance est de tel jour. Sa créance est assurée par une hypothèque. Il n'y a rien à perdre sur cette créance. On lui contesta sa créance. Il a pour vingt mille francs de créances sur Marseille. Transférer sa créance. Créance douteuse, véreuse.
Fig., Avoir créance sur quelqu'un, Lui avoir rendu un service qui fait de lui votre débiteur.
CRÉANCIER, IÈRE
n.
Celui, celle à qui il est dû de l'argent ou quelque autre chose qui se peut estimer à prix d'argent. Premier créancier. Dernier créancier. Créancier privilégié, hypothécaire. Créancier inscrit. Être poursuivi par ses créanciers. Il s'est accommodé avec les créanciers. Cette terre fut vendue à la poursuite, au profit des créanciers.
CRÉATEUR
n. m.
Celui qui crée, qui tire du néant. Dieu est le créateur du ciel et de la terre. Le souverain créateur de toutes choses, et absolument Le Créateur.
Recevoir son Créateur, Recevoir la sainte communion.
Il se dit, par extension, de Celui qui trouve quelque chose de nouveau, dans quelque genre que ce soit. Homère est regardé comme le créateur de l'épopée. Un Molière, un Balzac sont de grands créateurs. Dans ce sens, il a un féminin, CRÉATRICE. Minerve a été honorée comme étant la créatrice des arts.
Il s'emploie adjectivement. La puissance d'un Dieu créateur. La Divinité créatrice de tout ce qui existe. Génie créateur. Puissance créatrice.
CRÉATION
n. f.
Action de créer, de donner l'être, l'existence. La création du monde. La création de l'homme.
Il se dit absolument de la Création du monde. Moïse est l'historien de la création. Depuis la création.
Il désigne aussi l'Univers, l'ensemble des choses créées. L'homme est le roi de la création.
Il se dit par extension en parlant de Ce que l'homme invente, forme, établit. La création d'un mot. Un mot de nouvelle création. La création d'un genre en littérature, en peinture.
Il se dit particulièrement de l'Action de fonder quelque institution, d'établir de nouveaux emplois, de nouvelles fonctions, de nouvelles rentes, etc. Ils font tous les deux partie de ce corps depuis sa création. Ordonnance portant création de... La création d'un sous-secrétariat d'État. Il est cardinal de la création de Pie XI.
Il se dit aussi de l'Institution fondée,¸de la fonction créée. Les salles d'asile sont une création utile.
Il se dit encore d'un Ouvrage d'art, d'une composition littéraire. C'est une belle création.
Il se dit particulièrement d'un Rôle qu'un acteur joue le premier ou qu'il renouvelle avec talent. Ce rôle fut une de ses créations les plus personnelles.
CRÉATURE
n. f.
Ce que Dieu a créé. Les créatures animées. Les créatures inanimées. L'homme est une créature raisonnable. La puissance de Dieu éclate dans les plus faibles créatures, dans les plus chétives créatures. Le pécheur quitte le Créateur pour s'attacher à la créature.
Il se dit particulièrement de l'Homme, en bonne et en mauvaise part. Cet homme est la meilleure créature du monde. C'est une bonne créature. Pourquoi maltraiter cette pauvre créature? Voilà une sotte créature. Cette créature- là le ruine. Odieuse, vilaine créature. Quelle vile créature!
Il se dit figurément d'une Personne qui tient sa fortune ou son élévation d'une autre. C'est la créature d'un tel. Cet homme a beaucoup de créatures, s'est fait beaucoup de créatures.
CRÉCELLE
n. f.
Moulinet de bois qui fait un bruit aigre et dont on se sert, au lieu de cloches, le jeudi et le vendredi de la semaine sainte. Sonner la crécelle.
Il désigne aussi un Jouet d'enfant.
Fig., Une voix de crécelle, Une voix perçante et désagréable. On dit aussi Cette personne est une véritable crécelle.
CRÉCERELLE
n. f.
Espèce d'oiseau de proie du genre Faucon.
CRÈCHE
n. f.
Mangeoire des boeufs, des brebis et autres animaux semblables. Mettre du foin, du fourrage dans une crèche.
Absolument, La crèche, la sainte crèche, La crèche où Notre-Seigneur fut mis au moment de sa naissance dans l'étable de Bethléem. Le Fils de Dieu a voulu naître dans une crèche.
Il signifie par extension Établissement où l'on donne asile pendant le jour aux petits enfants pauvres, pour laisser à leurs mères la facilité de travailler. Envoyer ses enfants à la crèche. Fonder une crèche. La crèche de tel arrondissement.
CRÉDENCE
n. f.
Buffet, console qui sert à déposer les plats, les verres, dans une salle à manger. Une crédence de chêne sculpté.
Il désigne aussi une Sorte de petite table ou de console qui est au côté de l'autel et où l'on met les burettes, le bassin et les autres choses qui servent à la messe ou à quelque cérémonie ecclésiastique. Il y a ordinairement deux crédences aux côtés de l'autel.
CRÉDIBILITÉ
n. f.
Ce qui rend une chose digne d'être crue. Les conditions sur lesquelles se fonde la crédibilité d'un fait. La crédibilité de l'histoire des premiers siècles de Rome a donné lieu à de savantes discussions. La crédibilité est, dans un roman de moeurs, une condition nécessaire.
CRÉDIT
n. m.
Réputation d'être solvable et de bien payer, qui fait que l'on trouve aisément à emprunter. Il n'a point d'argent comptant, mais il a du crédit. S'il avait besoin de cent mille francs, il les trouverait sur son crédit. Il maintient bien, il conserve bien son crédit. Cette affaire compromet son crédit, a ruiné son crédit. Le crédit public.
Prêter son crédit, Prêter son nom et fournir son obligation pour un emprunt qui doit profiter à un autre.
Lettre de crédit. Voyez LETTRE.
Ouvrir un crédit, faire un crédit à quelqu'un, L'autoriser à prendre à une caisse jusqu'à concurrence d'une certaine somme, ou même tout l'argent dont il aura besoin. On lui a fait, on lui a ouvert un crédit de cent mille francs sur le trésor public. Il m'a ouvert chez son banquier un crédit illimité. On dit dans le même sens Avoir un crédit ouvert chez un banquier, un crédit de tant sur tel banquier.
Faire crédit, donner à crédit, Donner des marchandises, des denrées, sans en exiger sur l'heure le paiement. On dit aussi dans le même sens Prendre des marchandises à crédit. Vendre, acheter à crédit.
Prov. et pop., Crédit est mort, les mauvais payeurs l'ont tué, On ne veut plus prêter ; il faut payer comptant.
Il signifie, en termes d'Administration Somme allouée sur le budget, pour un usage déterminé. Crédit ordinaire. Crédit supplémentaire. Le crédit demandé pour cette dépense a été voté par la Chambre.
Il se dit aussi de Sociétés de prêt sur meubles ou immeubles. Établissement de crédit. Crédit mobilier. Crédit foncier. Crédit agricole. Crédit national.
En termes de Comptabilité, il désigne, par opposition à Débit, la Partie d'un compte où l'on écrit ce qui est dû à quelqu'un ou ce qu'on a reçu de quelqu'un. Tout compte courant est tenu par débit et par crédit. Porter un article, une somme au crédit d'un compte. La colonne du crédit.
Il signifie au figuré Autorité, influence, considération. Il est en crédit, en grand crédit. Avoir du crédit auprès de quelqu'un. Cela l'a mis en crédit, lui a acquis du crédit. Il y a employé tout son crédit. Il a perdu beaucoup de son crédit, tout son crédit. Se servir, user de son crédit. Abuser de son crédit. User son crédit. User du crédit de quelqu'un. Mettre son crédit au service de quelqu'un.
Avoir du crédit sur quelqu'un, sur l'esprit de quelqu'un, Avoir du pouvoir sur son esprit.
Il se dit encore de la Confiance qu'on inspire. Cet historien n'a point de crédit. Fig., Mettre une opinion en crédit. Cette théorie a trouvé crédit dans de nombreux milieux. Cette nouvelle prend, acquiert beaucoup de crédit.
Fig., Faire crédit à quelqu'un, Lui faire confiance, lui donner le temps de montrer ce qu'il est capable de faire. Ce jeune homme ne fait que débuter : il faut lui faire crédit.
CRÉDITER
v. tr.
T. de Commerce et de Banque
. Inscrire au compte de quelqu'un ce qu'on lui doit ou ce que l'on a reçu de lui. Je vous ai crédité des cinq cents francs que vous m'avez prêtés. Votre compte a été crédité de telle somme que nous avons touchée pour vous.
Être crédité sur une ville, sur une place de commerce. Avoir des lettres de crédit sur elles.
CRÉDITEUR
n. m.
T. de Commerce et de Banque
. Celui qui a des sommes portées à son crédit sur les livres d'un négociant ou d'un banquier. Adjectivement, Compte créditeur, Compte qui établit le crédit. Solde créditeur d'un compte, Solde où la balance est du côté de l'actif.
CREDO
(E se prononce É.)n. m.
Symbole des Apôtres, qui contient les articles principaux de la foi et dont le premier mot en latin, est Credo (Je crois). Dire le Credo. À la grand-messe, on a chanté un Credo en musique.
Il se dit, par extension, d'un Livre, d'une publication dont on fait son guide en religion, en morale, en littérature, en politique, etc. Il nous a laissé dans ce livre son credo politique. Son journal, c'est son credo. La préface de " Cromwell " fut le credo de l'École romantique.
CRÉDULE
adj. des deux genres
. Qui croit trop facilement. Esprit crédule. Il est trop crédule aux propos des médisants. Simplicité crédule. Pitié crédule.
CRÉDULITÉ
n. f.
Facilité à croire sur un fondement très léger. Sotte crédulité. Vous avez trop de crédulité. Cet enfant abusait de la crédulité de ses parents.
CRÉER
v. tr.
Tirer du néant, donner l'être faire de rien quelque chose. Dieu a créé le ciel et la terre. Quand Dieu créa le monde. Dieu a créé toutes choses de rien. Dieu créa l'homme à son image. Absolument, Dieu seul peut créer et anéantir.
Par extension, il signifie Donner l'existence à quelque chose qui n'existait pas encore. Homère a créé l'épopée. Créer une science, un système. Créer des mots. Absolument, Le génie crée. Fig., Se créer des chimères. Se créer des besoins. Il se crée à plaisir des difficultés. Vous me créez des embarras. Savoir se créer des ressources.
En termes de Théâtre, Créer un rôle, Le jouer le premier.
Il signifie aussi Produire, faire naître susciter. De nouveaux besoins crient de nouvelles industries. L'ordre de choses que cette révolution venait de créer. Un art nouvellement créé.
Il signifie encore simplement Fonder, Instituer, élire. Créer une académie, une institution, un établissement. Créer une législation nouvelle. Créer des magistrats. Créer des charges, des emplois. Créer une rente, une pension.
En termes d'Histoire naturelle, Créer un genre, une espèce, etc., Établir un nouveau genre, une nouvelle espèce, etc., pour y ranger des êtres qu'on ne peut rapporter à aucun genre, à aucune espèce connue. Ce genre a été créé par tel naturaliste.
CRÉMAILLÈRE
n. f.
Tige de fer, munie de crans et recourbée par le bas qu'on suspend dans les cheminées de cuisine, surtout à la campagne, dans les fermes, pour y accrocher au-dessus du feu les chaudrons, les marmites ou autres récipients.
Prov., Pendre la crémaillère, Donner un repas pour célébrer une installation dans un nouveau logement. On dit aussi Aller pendre la crémaillère chez quelqu'un, Être invité à un repas de ce genre.
Il se dit, en termes d'Arts, de Certaines pièces de bois ou de métal, munies de crans, qui servent à supporter, accrocher, arrêter, élever, abaisser. Chaise, fauteuil à crémaillère, Dont on peut abaisser ou relever le dossier au moyen d'une crémaillère. Pupitre, bibliothèque à crémaillère. Chevalet à crémaillère. Chemin de fer à crémaillère.
CRÉMAILLON
n. m.
Petite crémaillère qui s'accroche à une plus grande.
CRÉMATION
n. f.
Action de brûler les corps des morts.
CRÉMATOIRE
adj. des deux genres
. Qui a rapport à la crémation. Four crématoire, Four où l'on réduit en cendres les corps des morts.
CRÈME
n. f.
Partie la plus grasse du lait, avec laquelle on fait le beurre. Crème fraîche. Fromage à la crème. Cette vache est bonne, son lait rend beaucoup de crème.
Il se dit également d'une Sorte d'entremets fait ordinairement de lait et d'oeufs et qui a la consistance de la crème de lait. Un plat de crème. Crème à la fleur d'oranger, à la vanille, au chocolat, aux amandes, etc. Crème brûlée. Tarte à la crème.
Crème fouettée, Crème que l'on rend mousseuse en la fouettant.
Crème de riz, Espèce de bouillie faite avec la farine de riz ou, abusivement, Cette farine elle-même.
Crème de chaux, Pellicule de carbonate de chaux qui se forme sur l'eau de chaux, par son contact avec l'air.
Crème de tartre, Tartre de vin purifié : c'est ce que les chimistes nomment Bitartrate de potasse. La crème de tartre est apéritive. Purger avec de la crème de tartre.
Il se dit aussi de Certaines liqueurs fines. Crème de moka, de cacao, etc.
Il se dit figurément et familièrement de Ce qu'il y a de meilleur, de plus estimable dans une même catégorie de choses ou de gens. Cette famille est la crème des honnêtes gens.
CRÉMENT
n. m.
T. de Grammaire
. Augmentation d'une ou de plusieurs syllabes qui s'ajoutent à un mot dans la formation des temps d'un verbe ou des cas d'un nom.
CRÉMER
v. intr.
Se coaguler en crème. En été le lait crème plus qu'en hiver. Le lait de cette vache crème bien, ne crème guère.
CRÉMERIE
n. f.
Établissement où l'on vend du lait, des oeufs, du fromage, et où l'on sert aussi des repas à bon marché. Il déjeune à la crémerie.
CRÉMEUX, EUSE
adj.
Qui contient beaucoup de crème. Du lait crémeux.
CRÉMIER, IÈRE
n.
Celui, celle qui vend de la crème et aussi du lait, du beurre et du fromage.
CRÉMONE
n. f.
Ferrure qui règne du haut en bas du châssis d'une fenêtre et sert à la fermer et à l'ouvrir au moyen d'une poignée.
CRÉNAGE
n. m.
T. d'Arts
. Action de créner.
CRÉNEAU
n. m.
Ouverture en forme de dent pratiquée au haut d'une muraille, à intervalles réguliers, dans les anciens châteaux, pour pouvoir explorer la campagne ou tirer sans être vu. Il se dit encore, en termes de Guerre, des Ouvertures faites au parapet des tranchées, par lesquelles on peut tirer.
Il se dit aussi de l'Intervalle que les pelotons laissent entre eux dans l'ordre de bataille et où se placent les chefs de peloton.
CRÉNELAGE
n. m.
T. de Monnayage
. Cordon fait sur l'épaisseur d'une pièce de monnaie.
CRÉNELER
(Je crenelle ; nous crénelons.) v. tr.
Façonner en forme de créneaux. Créneler une muraille. Créneler un parapet. Dans cette usine, on crenelle des roues de machines.
En termes de Blason, Pal crénelé. Croix crénelée.
En termes de Botanique et de Zoologie, Feuille crénelée, Aile crénelée, Feuille, aile dont le bord est découpé en dents arrondies.
Créneler une pièce de monnaie, Faire un cordon sur son épaisseur.
CRÉNELURE
n. f.
Dentelure faite en créneaux, découpure en dents arrondies. Il y a des feuilles de plantes, des dentelles qui sont à crénelure.
Il se dit plus ordinairement, surtout en termes de Botanique, des Dents qui forment cette espèce de découpure. Les feuilles de la bétoine sont bordées de crénelures.
CRÉNER
(Je crène ; nous crénons.)v. tr.
T. d'Arts
. Évider en dessous la partie de l'oeil d'un caractère d'Imprimerie qui déborde le corps. On crène les lettres longues, afin que la partie excédante puisse se placer sur la lettre voisine.
CRÉOLE
n. des deux genres
. Homme ou femme de race blanche, né dans les colonies intertropicales Un créole. Une créole. Adjectivement, Accent créole. Femme créole.
CRÉOSOTE
n. f.
T. de Chimie
. Essence liquide, de saveur caustique qu'on tire du goudron par la distillation et que l'on emploie en médecine.
CRÉPAGE
n. m.
T. d'Arts
. Apprêt qui donne aux étoffes le plissement et l'ondulation du crêpe.
CRÊPE
n. m.
Sorte d'étoffe très légère et ordinairement un peu frisée, qui est faite de laine fine ou de soie crue et gommée. Crêpe blanc. Crêpe rose. Crêpe noir. Gros crêpe. Crêpe lisse. Une étoffe de crêpe. Un bandeau de crêpe. Un voile de crêpe. Une robe de crêpe.
Crêpe de Chine, Sorte de tissu de soie.
CRÊPE se dit absolument du Morceau de crêpe noir que l'on porte en signe de deuil et qui se met ordinairement au chapeau ou au bras.
CRÊPE
n. f.
Sorte de pâtisserie, faite de farine et de lait, qu'on fait frire en l'étendant sur la poêle. C'est l'usage de faire des crêpes à la Chandeleur, au mardi gras. Crêpes de froment. Crêpes de seigle. Faire sauter une crêpe dans la poêle.
CRÉPELÉ, ÉE
adj.
Qui est frisé en boucles menues. Des cheveux crêpelés. Une chevelure crêpelée.
CRÊPER
v. tr.
Friser en manière de crêpe. Crêper une étoffe. Crêper des cheveux. Ses cheveux commencent à se crêper.
Fam., Se crêper le chignon, Se prendre aux cheveux, en parlant des Femmes.
CRÉPI
n. m.
T. de Maçonnerie
. Enduit qui se fait sur une muraille avec du mortier ou du plâtre et qu'on laisse raboteux au lieu de le rendre uni. Il faut mettre un crépi sur cette muraille. Il faut donner un crépi à cette muraille. Faire un crépi.
CRÉPIN
n. m.
Nom de toutes les marchandises et de tous les outils qui servent à la cordonnerie, à l'exception des cuirs. Magasin de cuirs et crépins.
Par extension, il se dit du Sac dans lequel les cordonniers portent leurs outils et qu'on appelle aussi saint-crépin.
Pop., Perdre son saint-crépin, porter tout son saint-crépin, Perdre, porter tout ce qu'on a.
CRÉPINE
n. f.
Sorte de frange qui est tissue et ouvragée par le haut. Crépine d'argent. Crépine d'or et d'argent. Crépine de soie.
Il se dit aussi, en termes de Boucherie, de l'Enveloppe graisseuse des rognons du mouton, du veau, du porc.
CRÉPINETTE
n. f.
T. de Charcuterie
. Saucisse plate, faite de viande de porc hachée et qu'on enveloppe de crépine.
CRÉPIR
v. tr.
Garnir de crépi. Il faut crépir cette muraille. On dit, en termes d'Arts, Crépir du cuir, Y faire venir le grain ; et, Crépir le crin, Le faire bouillir dans l'eau pour le friser.
CRÉPISSAGE
n. m.
Action de crépir.
CRÉPISSURE
n. f.
Synonyme peu employé de CRÉPI.
CRÉPITATION
n. f.
T. de Chirurgie
. Bruit que produisent par leur frottement mutuel les fragments d'un os fracturé.
Il se dit, en termes de Médecine, du Bruit produit par l'air dans les alvéoles du poumon.
CRÉPITEMENT
n. m.
Bruit sec et répété d'une flamme qui pétille, d'un corps qui brûle en pétillant.
CRÉPITER
v. intr.
Faire entendre des crépitements. Le feu crépite. On entendait crépiter la fusillade.
CRÉPON
n. m.
Sorte d'étoffe de laine de coton ou de soie, qui est un peu frisée et qui ressemble au crêpe, mais qui est beaucoup plus épaisse.
Il se dit aussi d'un Rouleau de cheveux postiches qu'on met sous les cheveux pour les faire bouffer.
CRÉPU, UE
adj.
Qui est frisé en touffes épaisses. Les nègres ont les cheveux crépus.
Par analogie, en termes de Botanique, Mousse crépue. Feuille crépue.
CRÉPUSCULAIRE
adj. des deux genres
. Qui a rapport au crépuscule. Lumière crépusculaire.
Cercle crépusculaire, Cercle de la sphère que l'on suppose passer par le degré où se trouve le soleil quand le crépuscule cesse.
CRÉPUSCULE
n. m.
Lumière incertaine ou faible qui reste après le coucher du soleil jusqu'à ce que la nuit soit entièrement close.
Il se dit aussi de Celle qui précède le lever du soleil et qu'on appelle plus ordinairement AUBE ou AURORE. Le crépuscule du soir. Le crépuscule du matin. Un faible crépuscule commençait à éclairer le paysage. Il y avait encore un peu de crépuscule.
Il se dit figurément de Ce qui décline, de ce qui est près de disparaître. Le crépuscule des dieux. Le crépuscule d'un empire.
CRESCENDO
adv.
T. de Musique
emprunté de l'italien. En renforçant, en enflant par degrés les sons de la voix ou des instruments. Ce passage doit être exécuté crescendo.
Il s'emploie aussi comme nom masculin. Cette ouverture se termine par un admirable crescendo.
Il signifie, par analogie, dans le langage ordinaire, En augmentant. Sa mauvaise humeur va crescendo.
CRESSON
n. m.
Sorte de plante de la famille des Crucifères dont l'espèce la plus connue croit dans les eaux vives et se mange ordinairement en salade ou avec du rôti. Cresson de ruisseau, de fontaine. Cresson des prés. Poulet au cresson. Bifteck au cresson. Salade de cresson.
Cresson alénois. Voyez ALÉNOIS.
Il se dit abusivement de Quelques autres plantes qui appartiennent à des genres très différents Cresson sauvage. Cresson d'Inde. Cresson doré, etc.
CRESSONNIÈRE
n. f.
Lieu baigné d'eau où croît le cresson.
CRÉSUS
(On prononce l'S finale.)n. m.
Homme extrêmement riche, par allusion à un roi de Lydie qui portait ce nom et possédait de grandes richesses. Mis en possession de cette petite fortune, il se crut devenu un Crésus.
CRÉTACÉ, ÉE
adj.
T. de Géologie
. Qui est ou qui tient de la nature de la craie. Terrain crétacé.
CRÊTÉ, ÉE
adj.
Qui a une crête. Un coq bien crêté.
CRÊTE
n. f.
Excroissance charnue, ordinairement rouge et dentelée, qui est sur la tête de certains Gallinacés. Double crête. Crête pendante. Ce coq a la crête droite. Il baisse la crête. Un pâté, un potage avec des crêtes de coq.
Il désigne aussi la Huppe que quelques oiseaux ont sur la tête. La crête d'une alouette.
En termes de Botanique, Crête-de-coq, Plante fort commune dans les prés, dont la fleur est en casque.
Il se dit également de Cette partie relevée qui se trouve sur la tête de quelques reptiles et de quelques poissons.
Il désigne aussi, par analogie, le Haut de la terre qui est relevée sur le bord des fossés, dans les champs. La crête d'un fossé. La crête de la fortification.
Il se dit également de la Partie la plus élevée d'une montagne, d'un rocher, d'une grosse vague, etc. Il n'a pu monter jusqu'à la crête du rocher. La crête des vagues.
Il désigne encore une Pièce de fer élevée en forme de crête sur un casque ou sur quelque autre coiffure semblable. La crête d'un morion, d'un armet, d'un casque.
En termes d'Architecture, il se dit de l'Ensemble des tuiles faîtières d'un toit.
En termes d'Anatomie, il se dit de Plusieurs saillies osseuses. La crête du tibia.
CRÉTIN, INE
n.
T. de Médecine
. Celui, celle qui est affecté de crétinisme. La plupart des crétins sont sourds et muets. Les crétins des Alpes.
Il se dit, par analogie, en langage scolaire, d'un Élève inintelligent et surtout paresseux.
Fig., et Fam., C'est un crétin, se dit d'un Homme stupide.
CRÉTINISME
n. m.
T. de Médecine
. Maladie qui règne dans les pays montagneux, surtout parmi les goitreux, et qui est caractérisée par une sorte d'abrutissement, joint à une conformation vicieuse de certains organes.
Il signifie Figurément et familièrement Complète imbécillité. Atteint de crétinisme.
CRETON
n. m.
Morceau de graisse. Il désigne spécialement les Résidus de la fonte du suif et de la graisse des animaux, dont on fait ordinairement des pains qui servent à nourrir les chiens de basse-cour et les chiens de chasse. Pain de cretons.
CRETONNE
n. f.
Sorte de toile de coton très forte. Des chemises de cretonne. La cretonne imprimée de couleurs et de dessins variés sert d'étoffe d'ameublement.
CREUSAGE ou CREUSEMENT
n. m.
Action de creuser.
CREUSER
v. tr.
Rendre creux. L'eau creuse la pierre.
SE CREUSER signifie Devenir creux. Ce vieil arbre commence à se creuser.
Il signifie aussi Pratiquer un creux dans une chose en vue de quelque usage ou de quelque ouvrage. Creuser une carrière. Creuser la terre. Creuser un tronc d'arbre. Par extension, Creuser un puits, un fossé, une fosse. Creuser les fondements d'une maison. Absolument, On trouva un trésor en creusant.
Fig., Creuser sa fosse, creuser son tombeau, Altérer sa santé par des excès, se rendre soi- même la cause de sa mort.
Il signifie au figuré Approfondir quelque chose, y pénétrer bien avant. Creuser un sujet, une question.
Fig. et fam., Se creuser le cerveau, se creuser la tête, Se donner beaucoup de peine, de fatigue pour approfondir une matière, pour découvrir ou inventer quelque chose. Il s'est creusé le cerveau à chercher la quadrature du cercle. J'ai beau me creuser la tête, je ne trouve aucun expédient.
CREUSET
n. m.
Récipient de terre réfractaire ou de métal, qui sert à faire fondre certaines substances, et principalement les métaux. Creuset de terre, d'argent, de platine. Éprouver, épurer l'or et l'argent dans le creuset. Passer par le creuset. Fig., Son âme s'est épurée au creuset de la souffrance.
CREUX, EUSE
adj.
Qui a une cavité intérieure. Ce bâton est creux. Cette statue, cette colonne est creuse. Ce pilier n'est pas massif, il est creux en dedans. Dent creuse. Roche creuse.
Fam., Avoir le ventre creux, Avoir besoin de manger.
Fig. et fam., Il n'y en a pas pour sa dent creuse, se dit en parlant d'un Repas où il n'y a pas suffisamment à manger pour quelqu'un. On le dit aussi, dans une acception plus figurée, en parlant d'un Gain qui ne suffit pas à l'avidité de quelqu'un.
Il signifie quelquefois Qui est cave, concave. Avoir les joues creuses. Des yeux creux, Des yeux très enfoncés dans la tête.
Il signifie aussi Qui est profond. Cette assiette n'est pas assez creuse. Un fossé très creux, creux de deux mètres, de trois mètres. La rivière est fort creuse en cet endroit. Un chemin creux.
En termes de Chasse, Trouver buisson creux. Faire buisson creux. Voyez BUISSON.
Fig. et fam., Viande creuse, Mets qui ne nourrit point, qui n'est point solide. Il se dit encore des Choses futiles et principalement des Ouvrages d'esprit où l'on ne peut puiser une instruction solide. Il y a des livres qui sont une viande bien creuse pour l'esprit. Se repaître de viandes creuses, Se remplir l'esprit d'idées chimériques d'espérances mal fondées.
Il signifie encore, figurément, Qui est vide ou qui ne renferme que des chimères. Esprit creux. Idée creuse. Imagination creuse. Cette vision, cette pensée est bien creuse.
Fam., C'est une tête creuse, se dit d'une Personne qui a peu d'idées ou peu de bon sens. On dit de même Cerveau creux, cervelle creuse.
Adverbialement, Sonner creux, se dit des Corps dont le son, lorsqu'on les frappe, indique qu'ils sont creux et vides. Ce tonneau sonne bien creux. Il se dit figurément des Personnes et des choses qui ont quelque apparence, mais point de qualités réelles. Il est beau parleur, mais ses discours sonnent creux.
Il s'emploie souvent comme nom masculin et signifie Cavité. Faire un creux. Cacher quelque chose dans un creux. Tomber dans un creux. Le creux d'un arbre. Le creux d'un rocher.
Le creux de la main, La cavité qui se fait dans la paume de la main, quand on la plie un peu. Le creux de l'estomac, Cette cavité extérieure qui est entre l'estomac et la poitrine. On dit de même Le creux de l'aisselle, le creux de la nuque.
Pop., Avoir un bon creux, un beau creux, se dit d'un Homme qui a une belle voix de basse, dont la voix peut descendre fort bas.
Il se dit aussi, en termes d'Arts, d'un Moule dont on se sert pour imprimer quelque figure en relief. Un creux de plâtre. Un creux d'acier.
Il se dit figurément du Vide, de la vanité d'une doctrine, d'une opinion, etc. Je trouve un grand creux, bien du creux dans ces théories.
CREVAISON
n. f.
Mot populaire pour signifier Mort. Il ne se dit que des Animaux.
En termes d'Automobilisme, il signifie Éclatement d'un pneu.
CREVASSE
n. f.
Fente qui se fait à une chose qui s'entrouvre ou qui se crève. Il y avait une crevasse à la muraille. Les crevasses des glaciers. Tomber dans une crevasse.
Il se dit spécialement des Fentes qu'un froid rigoureux produit à l'épiderme des mains.
CREVASSER
v. tr.
Fendre, fendiller de manière à produire une crevasse, des crevasses. La trop grande sécheresse fait crevasser la terre. Cette muraille commence à se crevasser. Le froid lui a crevassé les mains.
CRÈVE-COEUR
n. m.
Grand déplaisir grande douleur mêlée de dépit. C'est un crève- coeur pour moi de le voir partir.
CREVER
(Je crève ; nous crevons.)v. intr.
S'ouvrir par un effort violent. Ce sac crèvera, si vous l'emplissez tant. Le nuage est près de crever. L'orage crèvera bientôt. Ce tuyau est trop faible, il est à craindre qu'il ne crève. L'abcès, la tumeur n'est pas encore près de crever. Le pneu de sa bicyclette, de son auto a crevé.
En termes de Cuisine, Faire crever le riz, Le faire gonfler à l'eau bouillante.
Fam. et par exagération, Crever d'embonpoint, de graisse, Être excessivement gras.
Fig. et fam., Crever dans sa peau, Être gras à pleine peau, à ne plus tenir dans ses habits.
Fig. et fam., Crever de faim, de soif, Avoir une grande faim, une grande soif. Crever de chaleur, Avoir excessivement chaud.
Fig. et fam., Crever de rire, Rire de bon coeur, largement, bruyamment. C'est à crever de rire se dit à propos de Quelque chose qui est extrêmement risible.
Fig. et fam., Crever d'orgueil, de dépit, de rage, d'envie, etc., Être rempli d'orgueil, de dépit, etc.
Employé familièrement, il signifie aussi Mourir. En ce sens, il ne se dit guère que des Animaux. Ce chien avala du poison et il en creva. C'est une médecine à faire crever un cheval. Pop., Dussé-je en crever, je ferai ce que j'ai résolu.
Il est aussi verbe transitif et signifie Ouvrir, faire éclater par un effort violent. Le débordement des eaux a crevé la digue. Crever un sac à force de le remplir. Un gros poisson creva les filets. Crever le fiel d'un poisson en l'éventrant. Par extension, Crever les yeux à quelqu'un.
Il signifie, par extension et familièrement, Rendre malade, faire presque mourir par un excès de fatigue, de nourriture. Se crever de travail. Se crever de mangeaille. Crever un cheval. Le fatiguer si fort qu'il en meure ou qu'il en reste fourbu.
Se crever les yeux, Se les détruire volontairement. Par extension, il signifie, dans le langage familier, Altérer l'organe de la vue par un travail excessif ou fait dans de mauvaises conditions d'éclairage ou autres. À déchiffrer de si mauvaises écritures, à lire des livres si mal imprimés, vous vous crèverez les yeux. Fig. et fam., Crever les yeux, se dit des Choses qu'on a sous les yeux et que cependant on ne voit pas. Vous cherchez votre gant, le voilà, il vous crève les yeux. Il se dit aussi au sens moral. Cela est d'une vérité évidente, cela crève les yeux.
Fig., Crever le coeur, Causer une grande compassion, mêlée quelquefois d'horreur. Ce spectacle me creva le coeur.
Le participe passé CREVÉ se dit comme nom masculin, en termes de Tailleur et de Couturière, de Certaines ouvertures pratiquées aux manches des robes de femme ou des habits à l'espagnole. Une veste, des manches à crevés.
CREVETTE
n. f.
Petit crustacé décapode comestible qu'on pêche sur le bord de la mer et qu'on nomme dans quelques endroits SALICOQUE, dans d'autres CHEVRETTE. Pêcher à la crevette. Filets à crevettes. Crevettes grises, crevettes roses.
CRI
n. m.
Son aigu et perçant émis par la voix. Un cri de douleur. Cri de joie, d'allégresse. Cri d'horreur. Cri perçant. Jeter un cri. Pousser un grand cri. Les cris, les lamentations des femmes. Il fit un cri que nous entendîmes de très loin.
Il se dit quelquefois au singulier des Cris poussés par plusieurs personnes à la fois. Un cri s'éleva dans l'assemblée. Un cri général se fit entendre.
Fig. et fam., Jeter, pousser les hauts cris, Se récrier, se plaindre hautement. Cette innovation fit jeter les hauts cris.
Ne faire qu'un cri, se dit familièrement d'un Malade qui crie sans discontinuer.
Il se dit aussi de la Voix ordinaire des animaux, et particulièrement des quadrupèdes et des oiseaux. Son cri ordinaire est un rugissement prolongé. Le cri du pivert annonce de la pluie. La chouette a un vilain cri, un triste cri. Imiter le cri d'un oiseau.
Fig. et fam., Pousser des cris de paon, Protester avec aigreur, avec indignation.
En termes de Chasse, Chasser à cor et à cri. Voyez COR.
Il se dit par analogie en parlant des Marchands et ouvriers ambulants qui annoncent à haute voix leur genre de commerce ou d'industrie, le prix de ce qu'ils vendent, etc. Les cris de Paris. Le cri d'un remouleur.
Il se dit également de Certaines phrases brèves que l'on prononce à très haute voix, pour donner quelque avertissement, pour exprimer quelque émotion vive, etc. Un cri d'alarme se fit entendre. Dans ce danger pressant, il poussa un cri de détresse. Le cri de " Sauve qui peut! ". J'entendais les cris " Au meurtre! à l'assassin! ". Des cris séditieux.
Cri de guerre, cri d'armes, ou simplement Cri, se disait de Certains mots qu'une nation, une ville, une maison illustre portait écrits sur ses drapeaux, sur les cottes d'armes, et que les gens de guerre, marchant sous ses bannières, avaient coutume de crier en allant au combat. Le cri des Français était " Montjoie Saint-Denis " ; le cri de la maison de Bourbon : " Notre-Dame ".
Il se prend figurément pour les Plaintes et les gémissements des personnes qui sont dans l'oppression, dans l'affliction, etc. Dieu entend les cris des veuves et des orphelins. Les cris de l'opprimé. Fermer l'oreille au cri de la misère. Le cri de la douleur publique.
Il se dit aussi figurément de Toute opinion manifestée hautement ; et alors il s'emploie surtout en parlant de Plusieurs personnes qui s'accordent à blâmer, à désapprouver quelqu'un ou quelque chose. Il n'y a qu'un cri sur telle personne, sur telle chose. Un cri général s'éleva contre lui. Les cris d'une cabale impuissante.
Le cri public, L'opinion publique, favorable ou contraire. Braver le cri public.
Il se dit encore figurément des Mouvements intérieurs qui nous portent à faire une chose ou qui nous en détournent. Le cri du coeur. Étouffer le cri de la conscience. Le cri de l'amour maternel. Le cri de la nature. Le cri du sang.
CRIAILLEMENT
n. m.
Action de criailler.