Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 305 sur 1 033 · partie 1/3

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Dentifrice

Ce chapitre est long, il est donc découpé en 3 parties.

 

n. m.

Préparation propre à nettoyer et à blanchir les dents. Adjectivement, Eau, Poudre ou Pâte dentifrice.

 

DENTIROSTRES

 

n. m. pl.

T. de Zoologie

. Famille de passereaux dont le bec est échancré à son extrémité.

 

DENTISTE

 

n. m.

Chirurgien qui s'occupe spécialement des dents. Par apposition, Chirurgien, médecin dentiste.

 

DENTITION

 

n. f.

Naissance et formation des dents depuis l'enfance jusqu'à l'adolescence. Dentition facile, difficile. Le temps de la dentition.

Il est aussi synonyme de DENTURE. Voyez ce mot.

 

DENTURE

 

n. f.

Ensemble des dents; ordre dans lequel elles sont rangées. Une belle, une bonne denture. Denture artificielle.

En termes d'Arts, il se dit du Bord denté d'une roue. Une roue à denture d'acier.

 

DÉNUDATION

 

n. f.

Action par laquelle une chose se dénude ou État d'une chose dénudée. La dénudation est assez ordinaire dans les fractures.

 

DÉNUDER

v. tr.

Dépouiller une chose de ce qui la recouvre, l'enveloppe à l'état naturel. Un crâne dénudé, Qui est dégarni de cheveux. Os dénudé, Qui est dégarni de chair.

Par extension, Arbre dénudé, Qui est dépouillé de son écorce ou de son feuillage. Sol dénudé, Qui est dépouillé de la couche de végétation qui le recouvrait.

 

DÉNUEMENT

 

n. m.

État de celui qui est dénué de telle ou telle chose. Il est dans un grand dénuement de toutes choses, ou, simplement, dans un grand dénuement.

 

DÉNUER

 

v. tr.

Priver des choses nécessaires ou regardées comme nécessaires. Il ne s'emploie plus guère que pronominalement. Il s'est dénué de tout pour ses enfants.

Son participe passé s'emploie souvent comme adjectif. Il est dénué de tous biens. Par extension, Dénué d'esprit, de bon sens. Dénué de grâce, d'agrément.

 

DÉPAILLÉ, ÉE

 

adj.

Dont la paille est arrachée. Chaise dépaillée.

 

DÉPAQUETAGE

 

n. m.

Action de dépaqueter.

 

DÉPAQUETER

 

(Je dépaquette; nous dépaquetons.) v. tr.

Défaire ce qui forme un paquet. Dépaqueter des marchandises.

 

DÉPAREILLER

 

v. tr.

De deux choses pareilles en ôter une et ne point la remplacer, ou la remplacer par une autre qui n'a pas la forme ou la couleur convenable. Cette femme avait mis des gants dépareillés : l'un était d'un jaune pâle et l'autre d'un jaune foncé.

Il se dit également en parlant d'Un plus grand nombre de choses pareilles, dont on ôte une ou plusieurs. Il vient de perdre un de ses chevaux, son bel attelage est dépareillé. Dépareiller une douzaine de mouchoirs. Dépareiller une collection de livres en en perdant des volumes. Par extension, Un tome dépareillé, Un tome dissemblable aux autres tomes d'un ouvrage qui en contient plusieurs.

 

DÉPARER

 

v. tr.

Dégarnir de ce qui pare.

Fig., Déparer la marchandise, Choisir le dessus d'un panier de fruits ou d'autres denrées, prendre ce qu'il y a de plus beau.

Il signifie plus généralement Rendre moins agréable, nuire au bon effet de quelque chose. La façon dont elle se met la dépare beaucoup. Ce pavillon dépare toute la maison. Fig., Ces taches légères ne peuvent déparer un bel ouvrage. Ce trait ne déparerait pas la vie d'un grand homme.

 

DÉPARIER

 

v. tr.

Ôter l'une des deux choses qui font une paire. Déparier des gants, des souliers, des bas. On dit plutôt DÉPAREILLER.

Il signifie aussi Séparer l'un de l'autre le mâle et la femelle de certains animaux. Déparier des pigeons. On dit plutôt DÉSAPPARIER.

 

DÉPARLER

 

v. intr.

Cesser de parler. Il ne s'emploie guère qu'avec la négation. Il ne déparle pas, il n'a pas déparlé.

 

DÉPART

 

n. m.

Action de partir. Le jour du départ. Avancer, hâter, retarder son départ. Faire des préparatifs de départ. Départ subit. En termes de Courses, Faux départ, Celui où les chevaux ne partent pas ensemble. Avoir un bon départ, Bien partir, partir dans de bonnes conditions. Donner le départ, Faire le signal du départ.

Être sur son départ, Être près de partir.

En termes de Balistique, DÉPART signifie Sortie d'un projectile hors de l'instrument qui le lance, sous l'action d'un agent de propulsion. Ligne de départ, Ligne suivant laquelle un projectile se met en mouvement.

 

DÉPART

 

n. m.

Action de départir, de séparer une chose d'une autre. Faire le départ entre diverses attributions. Faire dans un livre le départ du bon et du mauvais.

Il se dit spécialement, en termes de Chimie, de la Séparation des éléments dans les alliages métalliques et plus particulièrement dans les alliages de métaux précieux. Le départ de l'or d'avec l'argent se fait à l'aide de l'acide nitrique ou de l'acide sulfurique.

 

DÉPARTAGER

 

v. tr.

T. de Jurisprudence

. En donnant sa voix, faire cesser d'être égaux en nombre les votants ou les votes de deux avis opposés dans une délibération. On a nommé un troisième arbitre pour départager les voix. Départager les suffrages. Il n'y a jamais lieu, en matière criminelle, à départager les juges, l'avis le plus doux étant toujours celui qui prévaut. Le juge de paix départage les voix dans un conseil de famille. Le maire, par son vote, a départagé le conseil municipal.

 

DÉPARTEMENT

 

n. m.

Chacune des parties des affaires d'État, distribuées entre les ministres et dont la connaissance leur est attribuée. Le département de la Guerre. Le département des Affaires étrangères. Ministre, secrétaire d'État au département de l'Intérieur, de la Justice, etc. Cette affaire est dans son département. On a distrait telle chose de son département.

Il se dit aussi des Principales divisions administratives du territoire français. La France était divisée autrefois en provinces, elle l'est aujourd'hui en départements. Le département de la Seine, de la Nièvre, de Meurthe-et- Moselle, du Finistère, etc. Le chef-lieu d'un département. Le préfet d'un département.

Il se dit absolument, au pluriel, pour désigner la Province, par opposition à la Capitale. À Paris et dans les départements. Faire des envois dans les départements. DÉPARTEMENTAL, ALE

 

adj.

Qui a rapport au département. Administration départementale. Budget départemental. Dépenses départementales. Commission départementale. Route départementale.

 

DÉPARTIR

 

v. tr.

Séparer. Départir les voix, les avis dans un scrutin ou une discussion électorale. Départir l'or de l'argent.

SE DÉPARTIR signifie Se séparer de, renoncer à, se désister de. Il s'est départi de sa demande, de ses prétentions. Pourquoi voulez-vous qu'il s'en départe? C'est une opinion dont il ne veut point se départir.

Se départir de son devoir, S'éloigner, s'écarter de son devoir, manquer à ce qu'on doit. Il ne s'est jamais départi de son devoir. Je ne me départirai jamais de l'obéissance, du respect que je vous dois.

DÉPARTIR signifie encore Distribuer, attribuer en partage. Dieu départ ses grâces avec équité. Départir des faveurs. La nature avait départi à ce jeune homme les plus belles qualités.

 

DÉPASSANT

 

n. m.

T. de Couture

. Ornement, garniture qui dépasse à dessein la partie du vêtement à laquelle elle est adaptée. Un dépassant de satin.

 

DÉPASSEMENT

 

n. m.

Action de dépasser et spécialement d'outrepasser. Il s'emploie surtout en termes de Comptabilité. Dépassement de crédit.

 

DÉPASSER

 

v. tr.

Aller au-delà de quelque chose. Dépasser le but. Dépasser les limites. Nous avions, sans nous en apercevoir, dépassé l'endroit où nous voulions nous arrêter. Fig., Dépasser les ordres qu'on a reçus. Dépasser ses pouvoirs. Le succès dépassa nos espérances.

Il signifie encore Laisser derrière soi, en allant plus vite. Le courrier qui partit après moi m'eut bientôt dépassé. Ce cheval va plus vite que l'autre, il le dépassera. Fig., En temps de révolution, les chefs de partis sont promptement dépassés.

Il signifie aussi Excéder en longueur, en hauteur, etc. Le vêtement de dessous dépassait l'autre de trois doigts. Le toit de cette maison dépasse de beaucoup ceux des maisons voisines.

 

DÉPAVAGE

 

n. m.

T. d'Arts

. Action de dépaver. Le dépavage d'une rue.

 

DÉPAVER

 

v. tr.

T. d'Arts

. Dégarnir de pavés. Un débordement a dépavé la chaussée. Faire dépaver une cour, la route.

 

DÉPAYSER

 

v. tr.

Faire sortir quelqu'un d'un pays, pour qu'il en habite un autre. C'est un jeune homme qui se perd où il est : il faudrait le dépayser. Il l'avait dépaysée, espérant lui faire oublier ses chagrins. Cette famille s'est dépaysée.

Il signifie par extension Dérouter, désorienter quelqu'un de façon qu'il ne sache plus où il est. Le pauvre homme était si complètement dépaysé, qu'il lui eût été impossible de retrouver son chemin.

Fig., Se trouver dépaysé dans une société, Y rencontrer un grand nombre de visages nouveaux, de personnes qu'on ne connaît pas; ne pas s'y trouver à sa place. On dit, dans un sens analogue, Être dépaysé dans un sujet, dans certaines matières où l'on est incompétent.

 

DÉPEÇAGE ou DÉPÈCEMENT

 

n. m.

Action de dépecer. Le boucher fit le dépècement d'un boeuf.

 

DÉPECER

 

(Je dépèce; nous dépeçons.)v. tr.

Mettre en pièces, couper en quartiers. Dépecer un mouton. Par analogie, Dépecer un vieux bateau.

 

DÉPÊCHE

 

n. f.

Communication officielle ou privée transmise par voie plus ou moins rapide. Service des dépêches. Sac de dépêches.

Dépêche télégraphique, ou absolument Dépêche, Communication transmise par voie télégraphique. Dépêche par avion. Dépêche chiffrée. Dépêche en clair.

 

DÉPÊCHER

 

v. tr.

Envoyer quelqu'un en hâte avec des ordres, une commission. Dépêcher un courrier en Italie.

Il signifie aussi Se débarrasser vite de quelqu'un après en avoir fini avec lui. Il a dépêché ses visiteurs. Par analogie, Dépêcher son ouvrage, sa besogne. Dépêcher son repas. Dépêchez ce que vous avez à faire, et absolument, Dépêchez.

SE DÉPÊCHER s'emploie dans le sens de Se hâter. Dépêchez-vous de partir. Absolument, Il se dépêche le plus qu'il peut. Dépêche-toi.

 

DÉPEIGNER

 

v. tr.

Déranger la coiffure de quelqu'un.

 

DÉPEINDRE

 

v. tr.

Décrire et représenter par le discours. Il dépeint les choses si vivement, qu'on croit les voir. On m'a bien dépeint le personnage. Dépeindre le caractère d'un homme.

 

DÉPELOTONNER

 

v. tr.

Défaire une chose pelotonnée, un peloton.

 

DÉPENAILLÉ, ÉE

adj.

Qui est couvert de haillons.

Il se dit aussi d'une Personne mise négligemment, de manière que les différentes parties de son habillement ne paraissent pas tenir ensemble.

Il est familier dans les deux sens.

 

DÉPENDAMMENT

 

adv.

D'une manière dépendante. L'âme agit souvent dépendamment des organes.

 

DÉPENDANCE

 

n. f.

Sujétion, subordination. Être dans la dépendance, sous la dépendance de quelqu'un. Les enfants sont dans la dépendance de leurs pères. Tenir quelqu'un dans la dépendance, en dépendance. S'affranchir de toute dépendance.

Il se disait particulièrement, en termes de Jurisprudence féodale, en parlant des Terres qui relevaient, qui dépendaient d'une autre terre, d'un seigneur. Cette terre était de la dépendance de tel seigneur, était de sa dépendance.

Il se dit encore des Rapports qui lient certaines choses, certains êtres, et qui les rendent nécessaires les uns aux autres. L'étroite dépendance qui unit toutes nos facultés. Il y a entre ce phénomène et cet autre une dépendance mutuelle, une telle dépendance que...

En termes de Grammaire, Syntaxe de dépendance, Partie de la syntaxe qui traite des rapports d'un mot ou d'un groupe de mots avec tel ou tel mot dont il dépend.

Il se dit aussi, en termes de Jurisprudence, de Tout accessoire d'une chose principale, de tout ce qui tient ou se rattache à une chose sans la constituer essentiellement. Toute chose établie à perpétuelle demeure dans une maison en est une dépendance. Vendre une terre avec toutes ses appartenances et dépendances.

Il se dit, en langage général, des Accessoires d'un domaine. Ce château a de fort belles dépendances. Ce parc est une dépendance du château que vous voyez là-bas.

 

DÉPENDANT, ANTE

 

adj.

Qui dépend de, qui est subordonné à. Vous êtes entièrement dépendant de lui. C'est une affaire dépendante de telle autre. Cet emploi est dépendant du Ministère de la Guerre. Ces deux choses sont dépendantes l'une de l'autre. Absolument, Cet homme est dépendant, il est dans une position dépendante.

En termes de Marine, Gouverner en dépendant, se dit d'un Bâtiment sous voiles qui se dirige vers un point en courbant graduellement sa route.

 

DÉPENDRE

 

v. tr.

Détacher une chose de l'endroit où elle était pendue. Dépendre un tableau. Dépendre une enseigne.

Il signifie aussi Détacher une personne pendue. Quand on le dépendit, il était déjà raide.

 

DÉPENDRE

 

v. intr.

Être assujetti à, subordonné à. Les enfants dépendent de leur père. Je ne dépends pas de vous. Ne dépendre de personne. Ne dépendre que de soi.

Il signifie, figurément, Ne pouvoir être réalisé sans l'action, sans l'intervention d'une personne ou d'une chose. Ils faisaient dépendre leurs résolutions de ces présages trompeurs. Tout dépend de la manière dont on a commencé. Mon bonheur dépend du tien. L'effet dépend de la cause. Cela dépend des circonstances, de la position où l'on se trouve, ou absolument, Cela dépend.

Il signifie encore Faire partie de quelque chose, y appartenir. Ce territoire ne dépend point de la France. Ce bois, ce parc dépend de ce château. Il acheta l'établissement avec tout ce qui en dépendait.

 

DÉPENDRE

 

v. tr.

Dépenser. Il est vieux et n'est plus employé que dans le proverbe Ami à pendre et à dépendre ou à vendre et à dépendre, Ami tout dévoué.

 

DÉPENS

 

n. m. pl.

Ce qu'on dépense. Il s'emploie surtout en ce sens dans la locution prépositive, Aux dépens de quelqu'un, Aux frais de quelqu'un, en employant ou en prenant le bien de quelqu'un. Vivre aux dépens d'autrui. Il vit à mes dépens. S'enrichir aux dépens du public, des contribuables.

Fig. et fam., Faire la guerre à ses dépens, Faire dans la poursuite d'une affaire plus de dépense qu'on n'en retire de profit.

Fig., Devenir sage à ses dépens, Devenir sage par quelque sévère leçon de l'expérience. On dit de même Apprendre une chose à ses dépens.

Fig., Se divertir, s'amuser, rire aux dépens de quelqu'un, S'amuser en le tournant en ridicule, en le rendant un objet de moquerie ou de blâme.

Fig., Aux dépens d'une chose, Au détriment, ou par la perte, par le sacrifice de cette chose. Faire quelque chose aux dépens de son honneur, de sa réputation, de sa conscience. S'il est devenu riche, c'est aux dépens de son repos et de sa santé. Sauver quelqu'un aux dépens de sa propre vie, aux dépens de ses jours.

Il se dit particulièrement, en termes de Procédure, des Frais que la poursuite d'un procès occasionne. La partie qui succombe est ordinairement condamnée aux dépens. Le tarif des frais et dépens. Taxer, liquider des dépens. Taxe de dépens. Payer les dépens.

 

DÉPENSE

 

n. f.

L'argent qu'on emploie à quelque chose que ce puisse être. De folles dépenses. Inscrire ses dépenses sur son livre de comptes. Dépense réglée. Dépense de table. Sa dépense excède ses revenus. Fournir à la dépense. Ne pas regarder à la dépense.

Faire de la dépense, Faire beaucoup de dépense.

Se mettre en dépense, Faire une dépense qui n'est pas ordinaire.

Faire la dépense, Être chargé du détail de ce qui se dépense dans un ménage, dans une maison.

Il se dit, par extension, d'un Compte où se trouve porté ce qui a été dépensé, déboursé. La dépense se monte à tant. Passer en dépense. Porter une somme, un article en dépense. Chapitre de dépense. La dépense excède la recette. Livre de dépense.

Il se dit figurément de l'Emploi que l'on fait de son temps, de ses efforts pour obtenir quelque chose. Dépense physique. Une grande dépense de forces. On dit, par extension, Une dépense de munitions, de charbon, d'essence, etc. Il a fait inutilement une grande dépense d'esprit, d'érudition.

Il se dit en outre, dans une communauté, dans un internat scolaire, du Lieu où l'on reçoit et où l'on distribue les objets en nature, où se fait le paiement des gens de service et des fournisseurs, etc.

 

DÉPENSER

v. tr.

Employer telle ou telle somme à l'achat de telle ou telle chose. Il a dépensé tout son argent comptant. Il dépense son bien mal à propos. Il dépense tant par an. Absolument, Il aime à dépenser. Il dépense follement en habits, en chevaux.

Il se dit, figurément, pour Employer, prodiguer, consumer ses efforts, son temps, etc. Il a dépensé ses forces pour rien. Il s'est dépensé en pure perte. Il se dépense trop, il ruinera sa santé. Se dépenser en esprit, en paroles. Il a dépensé en pure perte beaucoup de paroles et beaucoup d'esprit. Dépenser son temps, ses forces, sa vie.

 

DÉPENSIER, IÈRE

 

adj.

Qui dépense excessivement. Un homme fort dépensier. Une femme très dépensière, ou substantivement, C'est un grand dépensier, une grande dépensière.

Il se dit comme nom de Celui, de celle qui tient la dépense dans une communauté, dans un internat scolaire.

 

DÉPERDITION

 

n. f.

T. didactique

. Diminution graduelle d'une partie des éléments d'une substance, d'un corps. Il n'y a pas eu déperdition de substance durant cette opération chimique. Par extension, Déperdition de chaleur, de lumière. Déperdition de forces à la suite d'une maladie.

 

DÉPÉRIR

 

v. intr.

S'affaiblir graduellement jusqu'à l'anéantissement total. Sa santé dépérit tous les jours. Cet enfant a dépéri faute d'exercice et de grand air. Faute d'arrosage, cette plante dépérit.

Il signifie figurément Se détériorer graduellement jusqu'à la ruine totale. C'est un homme qui laisse tout dépérir dans ses terres. En termes de Droit, Les effets de la succession dépérissent. Il ne faut pas laisser dépérir les biens de l'absent.

En termes de Jurisprudence criminelle, Les preuves dépérissent par la longueur du temps, Avec le temps les preuves deviennent plus faibles.

 

DÉPÉRISSEMENT

 

n. m.

État de ce qui dépérit ou est dépéri. Le dépérissement du corps. Le dépérissement de sa santé. État de dépérissement.

En termes de Droit, Le dépérissement des effets de cette succession. Le dépérissement des preuves, L'altération ou la diminution de ce qui peut servir à constater un fait. Le dépérissement des preuves contre un accusé.

 

DÉPÊTRER

 

v. tr.

Dégager un animal, une personne qui est empêtrée. Dépêtrer un cheval qui s'est embarrassé dans ses traits. Se dépêtrer d'un bourbier.

Il s'emploie souvent au figuré et familièrement pour signifier, d'une façon générale, Dégager quelqu'un d'une difficulté, d'un embarras. Je parvins à le dépêtrer de ce fol engagement. Par extension, Il aura bien de la peine à se dépêtrer de ce personnage.

 

DÉPEUPLEMENT

 

n. m.

Action de dépeupler ou de se dépeupler. Les guerres continuelles causent le dépeuplement des États. Le dépeuplement d'un étang. Le dépeuplement d'un canton de chasse.

 

DÉPEUPLER

 

v. tr.

Dégarnir d'habitants une ville, un pays, etc. La guerre, les épidémies ont dépeuplé le pays. Par extension, Dépeupler un pays de gibier. Dépeupler un colombier de pigeons, un étang de poissons. Cette garenne commence à se dépeupler. Dépeupler une forêt, une pépinière, En tirer une trop grande quantité d'arbres ou de plants.

 

DÉPIAUTER

 

v. tr.

Dépouiller de la peau. Dépiauter un lapin. Il est populaire.

 

DÉPILATION

 

n. f.

Action de dépiler ou Résultat de cette action.

 

DÉPILATOIRE

adj. des deux genres

. Qui fait tomber le poil, les cheveux. Pommade dépilatoire. Substantivement, Un dépilatoire.

 

DÉPILER

 

v. tr.

Dégarnir du poil. Cette maladie l'a complètement dépilé. À force de drogues, sa peau s'est dépilée. Voyez ÉPILER.

En termes de Mégisserie, Dépiler les peaux, En enlever tous les poils en les raclant.

 

DÉPIQUAGE

 

n. m.

T. d'Agriculture

. Action de dépiquer.

 

DÉPIQUER

 

v. tr.

Défaire une étoffe qui est piquée. Dépiquer un couvre-pied, une couverture.

En termes de Jardinage, il signifie Enlever un jeune plant qu'on a fait venir de graine et le planter ailleurs.

Il signifie aussi, figurément et familièrement, Délivrer quelqu'un du mécontentement qu'il éprouve d'un procédé à son égard, faire qu'il n'en soit plus piqué. Le gain de ce procès l'a un peu dépiqué de toutes ses pertes. Après nous avoir longtemps boudés, il commence à se dépiquer.

 

DÉPIQUER

 

v. tr.

T. d'Agriculture

. Égrener le blé, soit en le faisant piétiner par des bêtes, soit en le passant au rouleau, soit maintenant, le plus souvent, au moyen d'une batteuse.

 

DÉPISTER

 

v. tr.

T. de Chasse . Découvrir un animal qu'on chasse en suivant ses traces. Dépister un lièvre. Dépister le gibier. Fig., La police a fini par le dépister. On eut quelque peine à dépister cet intrigant.

 

DÉPISTER

 

v. tr.

Détourner de la piste. Il a dépisté les agents lancés à sa recherche. Par extension, Dépister les poursuites de la police.

 

DÉPIT

 

n. m.

Chagrin mêlé d'irritation. J'ai un vrai dépit de ce qu'il a fait. Il ne voit leur succès qu'avec dépit. Concevoir un dépit ou du dépit. Faire quelque chose par dépit ou de dépit. Faire éclater son dépit. Quand il en devrait crever de dépit.

Il signifiait autrefois Dédain, mépris. Il a gardé ce sens dans EN DÉPIT DE,loc. prép. Sans tenir compte de, malgré. J'en viendrai à bout en dépit de lui, en dépit de tout le monde. Fig., En dépit du sort, de la fortune. En dépit de toutes les résistances, de tous les obstacles.

Fig., Faire quelque chose en dépit du sens commun, du bon sens, Le faire très mal. Cela est fait en dépit du bon sens.

On dit encore, mais plus rarement, En dépit que quelqu'un en ait, Sans tenir compte de ce qu'il pourrait faire pour s'opposer à la réalisation d'une chose.

 

DÉPITER

 

v. tr.

Remplir de dépit. Cette rebuffade le dépita. Cette perte l'a dépité, il n'a plus joué depuis. Ne dépitez point cet enfant.

SE DÉPITER signifie Concevoir du dépit, se fâcher, se mutiner. Il s'est dépité de ce que vous lui avez dit.

 

DÉPLACÉ, ÉE

 

adj.

Qui est mal placé, qui n'est pas où il doit être. Cet homme, dans le nouvel emploi qu'il exerce, paraît déplacé. Elle dut se trouver toute déplacée dans cette société. Il y a dans cette comédie des traits brillants, mais souvent déplacés.

Il signifie figurément Qui est inconvenant, qui ne convient pas. Il a tenu des propos tout à fait déplacés. Cela est fort déplacé.

DÉPLACEMENT

 

n. m.

Action de déplacer ou de se déplacer. Le déplacement des bornes d'un champ. Le déplacement d'un meuble. Le déplacement d'un fonctionnaire, Son changement de résidence. Fig., Aimer les déplacements, Les voyages. Le déplacement d'un volume d'eau par un corps immergé.

Par extension, en termes de Marine, Le déplacement d'un vaisseau, Le poids du volume d'eau déplacé par un navire.

 

DÉPLACER

 

v. tr.

Ôter une chose de la place qu'elle occupait. Déplacer des livres, des chaises. Ne déplacez rien.

SE DÉPLACER signifie Changer de place. Que personne ne se déplace, je suis bien ici. On n'aime pas à se déplacer.

Déplacer quelqu'un, Faire quitter à quelqu'un la place qu'il occupait. Vous étiez là, je n'ai garde de vous déplacer. Je ne veux déplacer personne. Fig., Déplacer un fonctionnaire, Le faire changer de résidence ou de situation.

En termes de Droit, Le juge fut obligé de se déplacer pour visiter les lieux. Absolument, Le procès-verbal sera fait sans déplacer. Nous terminâmes l'affaire sans déplacer.

Fig., Déplacer la question, Changer le point sur lequel porte la difficulté dans une discussion.

 

DÉPLAIRE

 

v. intr.

Être désagréable, en parlant des Personnes. Il a quelque chose qui déplaît. Cette femme n'est pas jolie, mais elle ne déplaît pas. Dès qu'ils se sont vus, ils se sont déplu souverainement. Je ne dis pas cela pour vous déplaire.

Il signifie aussi Être désagréable, en parlant des Choses. Votre procédé déplaît à tout le monde. Cela me déplaît. Impersonnellement, Il me déplaît fort d'être obligé à cela. Il lui déplaît extrêmement que les choses se soient passées de la sorte. Il ne vous déplaira pas que je m'en aille.

Ne vous déplaise, ne vous en déplaise. Façons de parler dont on se sert pour marquer qu'on ne demeure pas d'accord de ce qu'un autre dit. La chose ne se passa pas ainsi, ne vous en déplaise, ne vous déplaise. Je n'en ferai rien, ne vous déplaise. N'en déplaise à un tel, je soutiens que cette opinion est fausse.

SE DÉPLAIRE signifie spécialement Ne pas se plaire là où on se trouve. Il se déplaît dans ce lieu, il s'y déplaît à la mort. Il se déplaît partout. Les troupeaux se déplaisent dans ce lieu-là.

Fig., Ces plantes se déplaisent en cet endroit, Le sol ou l'exposition de ce lieu ne leur est pas favorable.

 

DÉPLAISANCE

 

n. f.

Éloignement, répugnance, dégoût. Prendre quelqu'un en déplaisance. Il a vieilli.

 

DÉPLAISANT, ANTE

 

adj.

Qui déplaît ou qui est de nature à déplaire. Un homme déplaisant. Figure déplaisante. Manières déplaisantes. Séjour déplaisant.

 

DÉPLAISIR

 

n. m.

Sentiment pénible que vous cause quelqu'un ou quelque chose. S'il part, c'est à mon grand déplaisir. C'est avec déplaisir que je me vois contraint de vous en parler. Causer, donner de grands déplaisirs. Je ne crois pas vous avoir jamais fait aucun déplaisir. Son fils ne lui a jamais causé, donné le moindre déplaisir.

 

DÉPLANTER

 

v. tr.

Ôter de terre pour planter ailleurs. Déplanter un jeune arbre. Déplanter des laitues. Absolument, Cet homme ne fait que planter et déplanter.

Par extension, Déplanter un parterre, un bosquet, Arracher ce qui s'y trouve planté.

Il signifie par analogie Retirer ce qui est fixé en terre. Déplanter un pieu, un piquet.

 

DÉPLANTOIR

 

n. m.

Outil qui sert à déplanter.

 

DÉPLÂTRER

v. tr.

Dégarnir du plâtre.

Il signifie spécialement, en termes de Chirurgie, Retirer un membre d'un appareil plâtré.

 

DÉPLIER

 

v. tr.

Défaire en l'étendant ce qui était plié. Déplier une serviette. Déplier du linge. Déplier des étoffes. Déplier un paquet. Épinglez cette serviette de peur qu'elle ne se déplie.

Employé absolument, il signifie Étaler de la marchandise. La pluie qui survint dès le matin empêcha les marchands de déplier sur la place.

Déplier toute sa marchandise, se dit d'un Marchand qui fait voir tout ce qu'il a de meilleur dans sa boutique. Il nous déplia, nous lui fîmes déplier toute sa marchandise.

 

DÉPLISSER

 

v. tr.

Défaire les plis d'une étoffe, d'une toile, etc. Déplisser une jupe. Déplisser des manchettes. Votre chemise est déplissée. Cette collerette se déplisse.

 

DÉPLOIEMENT

 

n. m.

Action de déployer ou État de ce qui est déployé. Le déploiement des ailes d'un oiseau, des voiles d'un navire. Le déploiement des bras. Le déploiement d'une armée. Un grand déploiement de forces, un grand déploiement de troupes, L'action de mettre sur pied un grand nombre de troupes.

 

DÉPLORABLE

 

adj. des deux genres

. Qui mérite d'être déploré, en parlant des Choses. Il est dans un état déplorable. Sa situation est déplorable. Un événement déplorable. C'est une chose déplorable que l'état où il est. Sa condition, son sort est déplorable.

Il signifie familièrement Qui est très mauvais. On a fait là un choix déplorable. Sa conduite a été déplorable. Ces peintures sont d'un goût déplorable. Par extension, Un élève déplorable.

 

DÉPLORABLEMENT

adv.

D'une manière déplorable, très mauvaise. Il s'est conduit déplorablement dans cette affaire. Il a plaidé cette cause déplorablement.

 

DÉPLORER

 

v. tr.

Juger quelque chose digne d'une grande pitié, d'une grande compassion. Déplorer la misère humaine. Déplorer les malheurs des temps. Déplorer la disgrâce, la perte, la mort de quelqu'un.

 

DÉPLOYER

 

(Il se conjugue comme BROYER.)v. tr.

Étendre, développer ce qui était ployé. Déployer les voiles d'un navire. La voile se déploie. Voguer à voiles déployées, toutes voiles déployées. Marcher, drapeau déployé. Déployer un rouleau de papier. Un aigle qui déploie ses ailes.

Par extension, Déployer une armée, Lui faire occuper un plus grand espace de terrain devant l'ennemi. L'armée se déploie dans la plaine. Déployer la colonne, Passer de l'ordre en colonne à l'ordre en bataille.

Par analogie et fam., Rire à gorge déployée, Rire de toute sa force.

Il signifie aussi figurément Manifester avec activité, avec éclat. Déployer toute son éloquence, tout son savoir, toutes ses forces. Son énergie s'est déployée. Déployer un grand luxe. Déployer tous ses charmes. Déployer sa rigueur sur quelqu'un, contre quelqu'un.

 

DÉPLUMER

 

v. tr.

Dépouiller un oiseau vivant de ses plumes. Un oiseau déplumé. Ces oiseaux se déplument les uns les autres à coups de bec.

SE DÉPLUMER signifie plus ordinairement Perdre ses plumes. Les oiseaux se déplument pendant la mue.

Il signifie par analogie et familièrement Commencer à devenir chauve.

Fig. et pop., Avoir l'air déplumé, Avoir l'extérieur de la misère, après avoir eu celui de l'opulence.

 

DÉPOÉTISER

v. tr.

Dépourvoir du caractère poétique, idéal, une personne ou une chose. Dépoétiser un héros, une femme, un site, une tradition.

 

DÉPOLIR

 

v. tr.

Dépourvoir du poli. Le feu dépolit le marbre. Dépolir les vitres pour rendre la lumière plus douce. Une glace qui se dépolit. Verre dépoli. Glace dépolie.

 

DÉPOLISSAGE

 

n. m.

Action de dépolir un verre, une glace, un cristal, de manière que ces corps laissent encore passer la lumière, mais non plus l'image des objets.

 

DÉPONENT

 

adj.

T. de Grammaire latine

. Qui, bien qu'ayant la forme passive, a la signification active. Verbe déponent, ou elliptiquement Un déponent. Conjugaison déponente.

 

DÉPOPULARISER

 

v. tr.

Priver de la popularité. Ils cherchaient à le dépopulariser. Il se dépopularisait de jour en jour.

 

DÉPOPULATION

 

n. f.

État d'un pays dépeuplé. Rechercher les causes de la dépopulation d'un pays, d'une province. La dépopulation fait des progrès alarmants.

 

DÉPORT

 

n. m.

T. de Bourse

. Prix que l'on paie pour emprunter des titres dont on a besoin dans une opération de vente à découvert.

DÉPORTATION

 

n. f.

Peine afflictive et infamante qui consiste en une résidence forcée sur un point déterminé en dehors du territoire continental. Être condamné à la déportation. La déportation emportait la mort civile.

 

DÉPORTEMENT

 

n. m.

Mauvaise manière de vivre. Il ne s'emploie guère qu'au pluriel. Déportements scandaleux. Veiller sur les déportements de quelqu'un. Elle a été chassée pour ses déportements.

 

DÉPORTER

 

v. tr.

Punir de la peine de la déportation. On le déporta dans une île. Ils furent tous déportés à la Guyane.

Le participe passé DÉPORTÉ, ÉE, est souvent employé comme nom. La plupart des déportés moururent.

 

DÉPOSANT, ANTE

 

n.

T. de Palais

. Celui, celle qui fait une déposition en justice. Tous les déposants disent la même chose.

Il se dit encore de Celui, de celle qui fait un dépôt à la caisse d'épargne ou dans un établissement de banque. Le nombre des déposants à la caisse d'épargne augmente chaque année.

 

DÉPOSE

 

n. f.

Action d'enlever ce qui était posé. La dépose d'un tapis, d'un rideau, d'un store.

 

DÉPOSER

 

v. tr.

Poser une chose que l'on portait. Il déposa son fardeau.

Il se dit, par extension, de Celui qui se débarrasse d'une couronne, d'une dignité, d'une charge, etc. Sylla déposa la dictature. Déposer son pouvoir. Fig., Déposer sa fierté. Ils paraissaient avoir déposé leurs mutuels ressentiments.

Il se dit également des Liquides qui se débarrassent des parties grossières et hétérogènes au fond d'un vase, d'un récipient. Cette eau a déposé beaucoup de sable. Ce vin a déposé beaucoup de lie. Absolument, Cette liqueur a beaucoup déposé.

Il signifie aussi Placer, mettre, laisser une chose en quelque endroit, et se dit surtout en parlant de Ce qui ne doit rester qu'un certain temps dans le lieu où on l'a mis. Déposer sa canne, son parapluie au vestiaire. On déposa le corps dans une chapelle en attendant qu'il pût être transporté dans le caveau de famille.

Il signifie particulièrement Mettre en dépôt, donner en garde, confier, remettre. Déposer une somme d'argent dans une banque, à la caisse d'épargne. Déposer un contrat, un testament chez le notaire. Déposer son bilan au greffe du tribunal de commerce, pour se déclarer en faillite. Fig., Déposer son autorité entre les mains de quelqu'un.

En termes de Procédure, Déposer une plainte en justice. Absolument, Déposer en justice, devant un magistrat, Déclarer ce qu'on sait sur un fait. Les témoins ont déposé en sa faveur, ont déposé que... Déposer d'un fait. Fig., Cela dépose en votre faveur, dépose contre vous.

Il signifie également Destituer, priver, dépouiller quelqu'un d'une dignité, d'une charge, etc. Déposer un empereur, un pape, un évêque.

 

DÉPOSER

 

v. tr.

Ôter un objet de la place où on l'avait fixé. Déposer un tableau, des rideaux.

 

DÉPOSITAIRE

 

n. des deux genres

. Celui, celle à qui on confie un dépôt. Fidèle dépositaire. Dépositaire infidèle. Le dépositaire du testament. Fig., Les dépositaires de l'autorité. Être le dépositaire des secrets de quelqu'un.

 

DÉPOSITION

 

n. f.

Destitution, privation de certaines dignités, de certaines fonctions. La déposition du sultan. La déposition de cet empereur fut suivie de guerres.

Il signifie aussi Ce dont un témoin dépose, ce qu'il affirme par-devant le juge qui l'entend. Déposition formelle. Faire sa déposition. Signer sa déposition. Entendre, ouïr, recevoir une déposition. Il a varié dans ses dépositions.

DÉPOSSÉDER

 

v. tr.

Priver de la possession d'une chose. On l'a dépossédé de sa maison, de sa charge.

 

DÉPOSSESSION

 

n. f.

Action de déposséder ou État d'une personne dépossédée. Un acte de dépossession. Il demandait leur entière dépossession.

 

DÉPÔT

 

n. m.

Action de déposer, de placer une chose en quelque endroit, ou de remettre, de confier une chose à quelqu'un. Le dépôt du corps dans ce caveau n'est que provisoire. Le dépôt de cette pétition a été fait sur le bureau de la Chambre. Faire le dépôt d'une somme entre les mains d'un officier ministériel.

Dépôt légal, Dépôt que tout imprimeur doit faire, entre les mains de l'autorité, d'un certain nombre d'exemplaires de tout livre qu'il a imprimé. Il se dit aussi, par extension, des Bureaux du Ministère de l'Intérieur et de la Bibliothèque Nationale où se fait cette sorte de dépôt. Faire des recherches au Dépôt légal.

Il se dit aussi de Ce qu'on a déposé, confié, donné en garde à quelqu'un, pour être rendu ou employé à la volonté ou suivant l'intention de celui qui l'a donné. Le dépôt est une chose sacrée. Nier un dépôt. Abuser d'un dépôt. Rendre fidèlement un dépôt. On a ordonné que le dépôt serait porté au greffe. Retirer un dépôt. Caisse des dépôts et consignations. Fig., Révéler un secret, c'est violer un dépôt sacré. Dans ce siècle, ils avaient seuls le dépôt des connaissances humaines.

Il se dit également de la Convention faite en déposant quelque chose entre les mains de quelqu'un. La loi du dépôt. Le dépôt est un contrat de bonne foi. Violer la foi du dépôt.

Il se dit aussi d'un Lieu où quelqu'un fait débiter ce qu'il récolte, ce qu'il fabrique, etc. C'est le seul dépôt de ces marchandises qu'il y ait dans la ville. Ce propriétaire a établi un dépôt de ses vins à tel endroit. Un dépôt d'eau de Vichy.

Il se dit encore d'un Lieu où l'on garde certaines choses, pour s'en servir, pour y recourir dans l'occasion. Dépôt d'armes. Dépôt de pompes à incendie. Le dépôt des archives. Dépôt de titres, de chartes.

Il se dit, en termes d'Administration militaire, du Lieu où l'on organise les cadres et où l'on exerce les recrues. Le dépôt de ce régiment est dans telle ville. Rester au dépôt. Il se dit, par extension, des Soldats, des recrues qui sont au dépôt. Le dépôt a reçu l'ordre de partir sur-le-champ. Il fait partie du dépôt.

Dépôt de mendicité, Établissement public dans lequel on loge et on nourrit des pauvres.

En termes de Jurisprudence criminelle, Mandat de dépôt, Ordonnance en vertu de laquelle un prévenu, contre qui il a été décerné un mandat d'amener, est retenu dans la maison d'arrêt. Le Dépôt de la préfecture de police, ou, absolument, Le Dépôt, Salles où l'on renferme provisoirement les prisonniers.

Il se dit, par analogie, d'un Amas d'humeurs qui se forme en quelque endroit du corps. Il faut donner un coup de bistouri en cet endroit, il s'y est fait un dépôt. En termes de Médecine, on dit plus souvent ABCÈS.

Il se dit en outre du Sédiment que des matières liquides laissent au fond du vase où elles ont séjourné pendant quelque temps. Le dépôt de l'urine. Il y a un dépôt au fond du vase.

Il se dit spécialement, en termes de Géologie, des Masses de matières minérales, formées à la surface du globe par les eaux, les glaciers, les vents, les êtres organisés.

 

DÉPOTER

 

v. tr.

T. de Jardinage

. Ôter une plante d'un pot pour la mettre en terre ou dans un autre pot. Dépoter un rosier, des oeillets.

Par analogie, Dépoter du vin, des liqueurs, Les changer de vase. Ce vin étant très vieux, il a fallu le dépoter.

 

DÉPOTOIR

 

n. m.

Endroit destiné à recevoir des matières de vidange.

 

DÉPOUDRER

 

v. tr.

Débarrasser quelqu'un de la poudre qui lui couvrait les cheveux ou le visage. Le vent l'a toute dépoudrée.

 

DÉPOUILLE

 

n. f.

Peau qui, au moment de la mue, se détache du corps des serpents et de certains insectes. La dépouille d'un serpent. La dépouille d'un ver à soie.

Il se dit, par extension, de la Peau de toute sorte de bête féroce, lorsqu'elle est arrachée. La dépouille d'un tigre, d'un léopard, d'une panthère. Hercule se revêtit de la dépouille du lion de Némée. Fig., La dépouille mortelle d'une personne.

Il se dit quelquefois figurément de la Succession d'une personne, et particulièrement des Dignités, des emplois qui deviennent vacants par sa mort. C'était un homme qui occupait beaucoup de places : les ambitieux auront là une riche dépouille à se partager.

Il se dit pareillement de Toute chose dont on s'empare ou que l'on acquiert au détriment, au préjudice d'autrui; et alors il se met souvent au pluriel. Il voulait me déposséder et s'enrichir de mes dépouilles. Ses biens furent confisqués, et les dénonciateurs eurent une part de sa dépouille. C'est un plagiaire impudent, qui s'enrichit, qui se pare des dépouilles d'autrui.

Il se dit particulièrement de Tout ce qu'on enlève à l'ennemi. Les dépouilles d'un ennemi tué. Dépouilles opimes. Voyez OPIMES. Les dépouilles d'un prisonnier.

 

DÉPOUILLEMENT

 

n. m.

Action de dépouiller ou État de ce qui est dépouillé.

En termes de Langage religieux, il se dit du Renoncement au monde. Il vécut dès lors dans la pénitence et le dépouillement.

Il se dit aussi en parlant d'un Registre, d'un dossier, d'un compte, d'un inventaire, etc., que l'on examine et dont on fait le sommaire, l'extrait. Faire le dépouillement d'un compte, d'un dossier.

Le dépouillement d'un scrutin, L'action de compter les voix, les suffrages.

 

DÉPOUILLER

 

v. tr.

Mettre à vif un animal en lui enlevant la peau. Dépouiller un lièvre, un lapin, une anguille.

SE DÉPOUILLER, se dit du Phénomène par lequel certains animaux quittent leur peau. Les serpents se dépouillent tous les ans.

Par extension, il se dit d'un Vin à qui la vieillesse a fait perdre une partie de ses qualités spéciales.

Par extension, il signifie encore Démunir, dégarnir de ce qui couvre. Les voleurs l'ont dépouillé de tout ce qu'il portait sur lui. Il s'est dépouillé de ses vêtements pour se jeter à la nage. L'hiver dépouille les arbres de leurs feuilles. Un arbre se dépouille de ses feuilles. Le chêne se dépouille très tard. Fig., Se dépouiller de ses erreurs, de ses préjugés. Il signifie, au figuré, Priver une personne, une collectivité, une chose personnifiée de sa propriété, de ce qui lui appartient. Dépouiller un homme de son bien, de ses emplois, de ses honneurs. Un père qui se dépouille de ses biens en faveur de ses enfants. Vous vous dépouillez au profit d'un ingrat.

Il signifie aussi Examiner un compte, un dossier, un registre pour en donner l'état abrégé, l'extrait, le sommaire. Dépouiller une revue, des archives, des registres. Dépouiller un dossier, un compte, un inventaire. On dit dans un sens analogue Dépouiller un scrutin, Compter les suffrages.

Il a quelquefois pour complément d'objet le nom qui désigne la chose ôtée et alors il signifie Se dépouiller de cette chose. Le ver à soie dépouille sa première forme. Dépouiller ses vêtements. Fig., Dépouiller tout sentiment humain. Dépouiller l'orgueil, la vanité.

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