Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 224 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Collectionner

 

v. tr.

Réunir en collections. Il collectionne des pierres précieuses, des insectes, des livres, des tableaux, des autographes.

 

COLLECTIONNEUR, EUSE

 

n.

Celui, celle qui fait des collections.

 

COLLECTIVEMENT

 

adv.

D'une manière collective. L'homme, c'est-à-dire tous les hommes, pris collectivement.

 

COLLECTIVISME

 

n. m.

Théorie sociale qui consiste à supprimer la propriété individuelle et à remettre à la collectivité tous les moyens et tous les produits du travail.

 

COLLECTIVISTE

 

n. des deux genres

. Celui, celle qui est partisan du collectivisme.

Il s'emploie aussi comme adjectif et signifie Qui admet l'idée du collectivisme ou Qui a rapport au collectivisme. Doctrine collectiviste. Le parti collectiviste.

 

COLLECTIVITÉ

 

n. f.

Ensemble d'individus rassemblés ou groupés par une ressemblance naturelle ou une communauté d'intérêts.

 

COLLÈGE

 

n. m.

Corporation chez les Romains. Il y avait dans l'ancienne Rome des collèges de marchands. Il se dit encore aujourd'hui de Certains corps ou compagnies de personnes notables qui sont revêtues d'une même dignité. Le collège des Pontifes, des prêteurs. On dit par analogie Le collège des cardinaux, ou Le sacré collège. Un collège de chanoines.

Collège électoral, Ensemble des électeurs appartenant à une même circonscription. Convocation des collèges électoraux.

Il se dit aussi d'un Établissement public d'enseignement secondaire subventionné par une municipalité. Le collège de Dreux, de Montargis. Voyez LYCÉE. Aller au collège. Mettre un enfant au collège. L'envoyer au collège. Au sortir du collège. Le principal du collège, d'un collège.

Il se dit aussi quelquefois d'un Établissement privé de l'enseignement secondaire. Le collège Sévigné. Le collège Stanislas. Un collège libre. Un collège d'Oratoriens. Ce mot s'emploie aussi en parlant d'établissements dépendant de certaines universités étrangères. Les collèges d'Oxford, de Cambridge, etc.

Il signifie par extension la Réunion des écoliers qui font leurs études dans un collège. La rentrée du collège. Tout le collège a été licencié.

Fam., Cela sent le collège, Cela a un air de pédanterie. Il sent encore son collège, se dit d'un Jeune homme qui conserve encore dans le monde les manières du collège.

Amitié de collège, Amitié formée au collège et continuée dans l'âge mûr. On dit dans un sens analogue Amis de collège.

Collège de France, er Institution fondée à Paris par François I pour l'enseignement public et gratuit des langues, de la poésie, de l'éloquence et des hautes sciences mathématiques et physiques.

 

COLLÉGIAL, ALE

 

adj.

Qui a rapport à un collège de chanoines. Église collégiale, Chapitre de chanoines sans siège épiscopal. Le chapitre d'une église collégiale. On dit aussi comme nom féminin Une collégiale.

 

COLLÉGIEN, ENNE

 

n.

Élève d'un collège.

 

COLLÈGUE

 

n. des deux genres

. Celui, celle qui exerce une fonction rémunérée par l'État, par rapport à ceux qui exercent cette même fonction. Voyez CONFRÈRE. Il est mon collègue au Sénat, au Conseil d'État, et mon confrère à l'Académie, au Palais. Il eut pour collègues, on lui donna pour collègues dans cette mission tels et tels. Les magistrats d'un même parquet sont collègues.

 

COLLER

 

v. tr.

Joindre et faire tenir deux choses ensemble avec de la colle. Coller du papier. Coller une image sur du carton. Coller une pièce d'ébène, une feuille d'acajou sur d'autre bois. Coller contre la muraille, à la muraille. Coller du papier de tenture.

Il se dit, par extension, en parlant de Choses qui sont fortement unies entre elles ou à d'autres. Le sang avait collé ses cheveux. Ses paupières étaient collées ensemble.

Fig., en termes de jeu de Billard, Coller une bille, Pousser ou placer une bille de manière qu'elle s'arrête contre la bande ou fort près de la bande. On dit de même Coller son adversaire. Quand on ne peut pas faire la bille de son adversaire, on cherche à la coller, à le coller. Être collé sous bande. Vous êtes collé.

Fig. et fam., Coller quelqu'un, Fermer la bouche à quelqu'un, lui faire une question, une objection à laquelle il ne peut répondre.

Être collé signifie, spécialement dans l'argot des écoliers, Être refusé à mon examen ou encore Être l'objet d'une punition telle que privation de sortie.

Il signifie aussi Enduire, imprégner de colle. Il faut coller cette toile avant de l'imprimer. Ce papier boit, parce qu'on ne l'a pas bien collé.

Coller du vin, Y mettre de la colle de poisson ou quelque autre ingrédient, pour lui conserver ou lui rendre sa limpidité.

Il s'emploie aussi intransitivement, Ce bas, ce pantalon, cette culotte colle bien, Ce bas s'applique bien sur la jambe; ce pantalon, cette culotte est juste et dessine bien les formes. On dit de même Cet habit est collé, semble collé sur le corps, Il est bien fait et prend bien la taille.

Fig. et fam., Se coller, être collé contre une chose, à une chose, sur une chose, Se tenir fortement appliqué contre une chose, etc., ou Se tenir constamment auprès d'une chose. Se coller, se tenir collé contre un mur. Il est toujours collé à cette porte.

Fig., Être collé sur son cheval, collé sur la selle, Avoir une assiette extrêmement solide à cheval.

Fig., Avoir les yeux collés sur une chose, sur quelqu'un, Regarder une chose, regarder quelqu'un attentivement et longtemps.

Fig., Avoir la bouche collée, les lèvres collées sur quelque chose, Les y tenir longtemps appliquées. Il est mort les lèvres collées sur le crucifix. Elle demeura longtemps la bouche collée sur le visage de sa mère.

Fig. et fam., Se coller, être collé, Avoir une liaison irrégulière. En ce sens il est très familier.

 

COLLERETTE

 

n. f.

Sorte de petit collet de lingerie dont les femmes se servent quelquefois pour se couvrir la gorge et les épaules. Collerette de batiste. Collerette de tulle.

 

COLLET

 

n. m.

Partie de l'habillement qui est autour du cou. Collet d'habit. Collet montant. Collet rabattu. Collet brodé. Collet piqué, montant. On dit plutôt COL.

Collet monté, Collet de femme où il y avait de la carte ou du fil de fer pour le soutenir.

Fig. et fam, Elle est un peu collet monté, se dit d'une Personne qui affecte trop de raideur, de gravité, qui a de la pruderie. On dit dans le même sens Cela est collet monté, est bien collet monté, Cela a un air contraint et guindé.

Sauter au collet de quelqu'un, le prendre, le saisir au collet, Le saisir au collet pour l'empêcher de bouger ou lui faire violence. Par extension, Prendre, saisir quelqu'un au collet, lui mettre la main sur le collet, L'arrêter et le faire prisonnier. Fig. et fam., Prendre quelqu'un au collet, Le forcer de vous écouter. On ne peut l'éviter, il vous prend au collet.

Fam., Prêter le collet à quelqu'un, Se présenter pour lutter ou combattre corps à corps contre lui.

Il signifiait autrefois Petit cou. De là, en termes de Boucherie, Collet de mouton, collet de veau, La pièce, la partie du cou de ces animaux qui reste après qu'on en a ôté le bout le plus proche de la tête.

Il se dit aussi, par analogie, en termes de Botanique, de la Partie de la plante où finit la racine et où commence la tige.

En termes d'Anatomie, Le collet d'une dent, La partie d'une dent qui est entre la couronne et la racine.

On dit aussi Le collet d'une bouteille, d'une raquette, d'une pioche, etc.

Il désigne aussi une Sorte de noeud coulant qui sert à prendre par le cou.

Il signifie encore une Sorte de lacs à prendre des lièvres, des lapins, etc. Tendre un collet.

 

COLLETER

(Je collette; nous colletons.) v. tr.

Prendre quelqu'un au collet pour lui faire violence. Il l'a colleté. Il le colleta et voulut le jeter par terre. Ils se colletèrent. Ils se sont colletés.

Il signifie intransitivement Tendre des collets pour prendre des lièvres, des lapins, etc. Passer son temps à colleter.

 

COLLETEUR

 

n. m.

Celui qui tend des collets pour prendre du gibier.

 

COLLEUR

 

n. m.

Celui qui colle du papier peint sur les parois d'un appartement ou des affiches sur les murailles.

Dans l'argot des écoliers, il désigne Celui qui les interroge en vue des examens.

 

COLLIER

 

n. m.

Ornement qui fait le tour du cou.

Il désigne ordinairement une Rangée de perles ou de pierres précieuses que les femmes portent au cou pour se parer. Collier de perles, de diamants. Enfiler un collier.

Il se dit aussi de la Chaîne d'or que portent les chevaliers de certains ordres, les jours de cérémonie, et à laquelle est suspendu le signe de l'ordre. Le collier de l'ordre de la Toison d'or. On dit également, par ellipse, Le collier de la Toison.

Il se dit encore d'un Cercle de fer, d'argent ou de quelque autre matière que l'on met autour du cou de quelques animaux. Collier de chien. Mettre à un dogue un collier garni de clous, de pointes de clous, pour lui servir de défense contre le loup. Un collier de cuir. Collier de force, Collier garni de pointes tournées en dedans, dont on se sert pour dresser les chiens d'arrêt.

Il se dit par analogie d'une Marque naturelle en forme de cercle, qui se voit quelquefois autour du cou des quadrupèdes, des oiseaux, et qui est différente par sa couleur du reste de leur poil ou de leur plumage. Un chien noir qui a un collier blanc.

Il signifie aussi la Partie du harnais des chevaux d'attelage qui est faite de bois ou de cuir et rembourrée et à laquelle les traits sont attachés.

Cheval de collier, et quelquefois, par ellipse, Collier, Cheval propre à tirer. Cheval franc du collier, Cheval qui tire de lui-même, sans qu'il soit besoin de lui donner des coups de fouet. Fig., Être franc du collier, Être franc, hardi, indépendant.

Fig. et fam., Donner un coup de collier, Faire un nouvel effort pour réussir dans quelque entreprise.

Fig. et fam., Donner à plein collier, Se lancer vivement dans une entreprise, dans une opinion. Il donna à plein collier dans la révolution.

Fig. et fam., Collier de misère, se dit d'un Travail pénible qu'on ne peut interrompre que pour le reprendre bientôt. Voilà les vacances finies, il faut reprendre le collier de misère.

En termes d'Architecture, il se dit d'un Astragale taillé en perles, en olives qui entoure le fût d'une colonne.

 

COLLIGER

 

v. tr.

Faire des extraits d'endroits notables d'un livre. Il a colligé bien des passages.

 

COLLINE

 

n. f.

Petite montagne qui s'élève en pente douce au-dessus de la plaine. Longue colline. Petite colline. Belle colline. Le haut de la colline. Le pied, le bas de la colline, le penchant de la colline. Monter sur une colline. Monter une colline. Colline plantée de vignes.

Poétiq., La double colline, Le Parnasse.

 

COLLISION

 

n. m.

Choc de deux corps. Les physiciens expliquent plusieurs phénomènes par la collision des corps. Il y a souvent en mer des collisions de navires. Collision de deux trains de chemin de fer.

Il se dit, par extension, de la Rencontre violente, du choc de deux partis. On craignait une collision entre les soldats et le peuple. Fig., La collision des intérêts.

 

COLLOCATION

 

n. f.

T. de Procédure . Action par laquelle on range des créanciers dans l'ordre suivant lequel ils doivent être payés. On a fait la collocation de ses créanciers. Procès-verbal de collocation. État de collocation.

Il désigne aussi l'Ordre, le rang dans lequel chaque créancier est colloqué. Demande en collocation. Bordereau de collocation. Collocation contestée. Il a été payé suivant sa collocation.

Il se dit également de la Somme qu'un créancier utilement colloqué a droit de toucher. Recevoir le montant de sa collocation.

Collocation utile, Collocation pour le paiement de laquelle il y a suffisamment de deniers.

 

COLLODION

 

n. m.

T. de Chimie

. Produit de la dissolution de la poudre-coton dans un mélange d'alcool et d'éther.

 

COLLOQUE

 

n. m.

Conférence entre deux rois ou entre deux chefs d'État, en vue de s'entendre sur des matières politiques, religieuses, etc. Le colloque de Poissy.

Il se dit aussi familièrement d'un Entretien plus ou moins mystérieux entre deux ou plusieurs personnes. Leur colloque a duré longtemps. On n'a pas osé troubler leur colloque.

 

COLLOQUER

 

v. tr.

T. de Procédure

. Ranger des créanciers dans l'ordre suivant lequel ils doivent être payés sur le prix de la vente, faite en justice, d'un objet qui appartenait à leur débiteur commun. Il a été colloqué utilement, en rang utile. On l'a colloqué selon l'ordre de son hypothèque. Il a été colloqué par préférence.

Il signifie par extension Placer une personne, une chose dont on veut se débarrasser. Il m'a colloqué un objet sans valeur.

 

COLLUDER

 

v. intr.

T. de Procédure

. S'entendre dans un procès avec sa partie adverse au préjudice d'un tiers. Il a vieilli.