Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Chaufour
n. m.
Grand four à cuire la chaux. On dit plus ordinairement Four à chaux.
Il désigne aussi par extension l'Endroit qui renferme tout ce qui sert à entretenir un four à chaux.
CHAUFOURNIER
n. m.
Celui qui travaille dans un four à chaux.
CHAULAGE
n. m.
T. d'Agriculture
. Action de chauler. Chaulage des terres, des graines, des arbres fruitiers.
CHAULER
v. tr.
T. d'Agriculture
. Amender la terre en y mettant de la chaux.
Il signifie aussi Enduire les arbres de chaux pour les préserver des insectes.
Il signifie encore Faire tremper du blé dans de l'eau de chaux avant de le semer.
CHAUMAGE
n. m.
T. d'Agriculture
. Action de couper le chaume, ou le Temps auquel on le coupe.
CHAUME
n. m.
T. de Botanique
. Tige herbacée, creuse, simple, garnie de noeuds, qui est propre aux graminées, telles que le blé, l'avoine, etc.
Il désigne plus ordinairement, en termes d'Agriculture, la Partie de la tige du blé, du seigle, etc., qui reste dans le champ quand on les a coupés. Les chaumes sont hauts, sont forts. Brûler les chaumes.
Il se dit, par extension, d'un Champ où le chaume est encore sur pied. Cette compagnie de perdrix s'est allée remettre dans un chaume. Battre un chaume.
Il se dit souvent aussi de la Paille qui couvre certaines maisons de village, certaines habitations de paysans, certains hangars. Toit de chaume.
Il se dit encore par extension et poétiquement en parlant d'une Chaumière quelconque. Être né sous le chaume. Vivre, habiter sous le chaume.
CHAUMER
v. tr.
T. d'Agriculture
. Dégarnir une terre du chaume.
CHAUMIÈRE
n. f.
Petite maison couverte de chaume. Il loge dans une chaumière. C'est un pays pauvre, où l'on ne trouve que des chaumières.
CHAUMINE
n. f.
Petite chaumière. Il est peu usité.
CHAUSSE-PIED
n. m.
Instrument de corne ou d'autre matière dont on se sert pour se chausser. Des chausse-pieds.
CHAUSSE-TRAPE
n. f.
Pièce de fer garnie de pointes qu'on jetait dans les gués, sur les routes, et où hommes et chevaux s'enferraient. Semer des chausse-trapes. S'enferrer dans des chausse-trapes.
Il se dit aussi d'un Trou qui cache un piège pour prendre les animaux malfaisants.
CHAUSSÉE
n. f.
Sorte de talus qu'on fait au bord d'une rivière, d'un étang, pour retenir l'eau. La chaussée d'un étang. La chaussée d'une rivière.
Il se dit aussi d'un Talus que l'on élève dans les lieux bas, humides et marécageux, pour servir de chemin de passage. Chaussée soutenue de maçonnerie, de pilotis, etc. Faire une chaussée dans un marais. Les Romains ont fait la plupart des grands chemins dans les Gaules en manière de chaussées.
Il se dit encore de la Partie médiane d'une rue ou d'une route où passent des voitures, par opposition aux Trottoirs et bas-côtés réservés aux piétons.
Ponts et chaussées. Voyez PONT.
Rez-de-chaussée. Voyez REZ.
CHAUSSER
v. tr.
Mettre des bas, des souliers, etc. Chausser ses bas. Chausser ses souliers. On dit de même Chausser des bas, des souliers à quelqu'un.
Chausser le cothurne. Voyez COTHURNE.
Par analogie, en termes de Manège, Chausser les étriers, Enfoncer ses pieds dans les étriers.
Chausser les éperons à quelqu'un signifiait autrefois Lui mettre les éperons en le faisant chevalier.
Avec un nom de personne pour complément, il signifie Mettre une chaussure à quelqu'un. Il faut chausser cet enfant. Faites-vous chausser par votre domestique. Il ne sait donc pas encore se chausser.
Il signifie encore Fournir quelqu'un de chaussures. Ce cordonnier chausse un tel, chausse toute la famille. Absolument, Ce cordonnier chausse bien, et, par extension, Ce bas, ce soulier chausse bien, Il va bien sur la jambe, sur le pied. Ces bottines vous chaussent bien.
Cette personne n'est pas aisée à chausser, Il est difficile de lui faire des chaussures qui lui aillent bien.
Prov. et fig., Les cordonniers sont les plus mal chaussés, On néglige ordinairement les avantages qu'on est le plus à portée de se procurer par son état, par sa position, etc.
Fig. et fam., Se chausser une opinion dans la tête, ou Se chausser d'une opinion, d'une idée, S'entêter d'une opinion, d'une idée. Il se prend toujours en mauvaise part.
Par analogie, en termes d'Agriculture, Chausser un arbre, une plante, Entourer de terre le pied d'un arbre, d'une plante pour les soutenir et favoriser leur accroissement. On dit aussi ENCHAUSSER.
CHAUSSES
n. f.
pl. Partie du vêtement des hommes qui couvrait depuis la ceinture jusqu'aux genoux ou plus bas. On l'appelait dans le premier cas Haut-de-chausses, dans le second Bas-de-chausses.
CHAUSSETTE
n. f.
Demi-bas de laine, de fil, de soie, etc. Une paire de chaussettes. Des chaussettes pour des enfants.
CHAUSSON
n. m.
Chaussure d'intérieur, avec ou sans semelle, faite en laine ou en autre étoffe, en usage surtout en hiver. Des chaussons de lisière.
Il se dit aussi de Sortes de chaussettes tricotées que l'on met aux nouveau-nés ou que les adultes mettent la nuit pour se préserver du froid.
Il se dit encore d'une Sorte de chaussette qu'on met par-dessus les bas, surtout aux enfants. Une paire de chaussons. Des chaussons de coton, de laine. Des chaussons de flanelle.
Il se dit spécialement d'une Espèce de soulier plat à semelle de feutre, de buffle, etc., dont on se sert pour jouer à la paume et au tennis, pour faire des armes, etc. Ils se mirent en chaussons pour jouer leur partie de paume.
Il désigne, par extension, une Sorte d'exercice ou de lutte à coups de pieds. Professeur de chausson. On dit aussi SAVATE.
Il se dit, par analogie, d'une Sorte de pâtisserie qui contient de la marmelade, de la compote ou des confitures, et qui est faite d'un rond de pâte replié sur lui-même. Les chaussons se servent froids. Chausson aux pommes.
CHAUSSURE
n. f.
Ce que l'on met au pied pour se chausser, comme les souliers, les pantoufles, les bottes, etc. Bonne chaussure. Chaussure mignonne, élégante. Chaussure propre.
Fig., Une chaussure à tous pieds, Une opinion, une doctrine banale, accommodée de manière qu'elle puisse plaire aux esprits les plus opposés.
Fig., Trouver chaussure à son pied, Trouver justement ce qu'il faut, ce qui convient.
CHAUVE-SOURIS
n. f.
Genre de Mammifères volants qui ont des ailes membraneuses et qui ressemblent à une souris pour la forme et la grosseur du corps. Les chauves-souris ne commencent à voler que le soir. Chauve-souris musaraigne.
CHAUVE
adj. des deux genres
. Qui n'a plus de cheveux, ou qui n'en a guère. Homme chauve. Femme chauve. Devenir chauve. Être chauve. Avoir la tête chauve.
Prov. et fig., L'occasion est chauve, Elle est difficile à saisir, on n'a qu'un moment pour la saisir.
Il s'emploie aussi comme nom. Un chauve.
CHAUVIN, INE
adj.
Qui a un patriotisme exalté. Caractère chauvin. Journal chauvin. On l'emploie aussi comme nom. Un chauvin. Il se dit toujours dans un esprit de dénigrement.
CHAUVINISME
n. m.
Sentiment de celui qui est chauvin.
CHAUVIR
v. intr.
Il n'est usité que dans cette phrase : Chauvir des oreilles, Dresser les oreilles; et il ne se dit que des chevaux, des mulets et des ânes. Ce cheval chauvit des oreilles.
CHAUX
n. f.
T. de Chimie
. Alcali qui se trouve ordinairement combiné avec certains acides, et surtout avec l'acide carbonique. Les marbres, la craie, etc., sont des carbonates de chaux. Les coquilles d'huîtres et d'oeufs contiennent de la chaux. Phosphate de chaux.
Il se dit communément du Carbonate de chaux ou Pierre à chaux qu'on a fait cuire dans des fours. Ainsi préparée, elle s'échauffe dans l'eau, s'y dissout et forme une pâte fine et blanche qui, étant mêlée avec du sable ou du ciment, compose le mortier dont on se sert dans les constructions de pierres et de briques. Four à chaux. Mortier à chaux et à sable, à chaux et à ciment. Bâtir à chaux et à sable.
Chaux vive, Chaux qui n'a point été imprégnée d'eau. Chaux éteinte, Celle qui a perdu ses propriétés en restant exposée à l'air, ou qu'on a délayée dans de l'eau.
Chaux hydraulique, Chaux qui a la propriété de durcir sous l'eau.
Lait de chaux, blanc de chaux, eau de chaux. Voyez LAIT, BLANC et EAU.
Prov. et fig., Bâti à chaux et à sable. Voyez BÂTIR.
CHAVIRER
v. intr.
T. de Marine
. Tourner sens dessus dessous. Il se dit surtout d'une Embarcation qui se renverse et perd définitivement son équilibre. La barque chavira. Nous chavirâmes à l'entrée du port. Fig., Son intelligence chavire.
Il signifie aussi Faire chavirer.
CHEBEC
n. m.
T. de Marine
. Bâtiment à trois mâts, pointu des deux bouts, à voiles et à rames et qui est en usage dans la Méditerranée. Un chebec à voiles latines.
CHECHIA
n. f.
Calotte rouge avec gland des Arabes et de certaines troupes d'Afrique.
CHEDDITE
n. f.
T. de Chimie
. Sorte d'explosif.
CHEF-D'OEUVRE
(CHEF se prononce CHÈ.) n. m.
Ouvrage parfait ou très beau en quelque genre que ce puisse être. Ce palais est un chef-d'oeuvre d'architecture, un chef-d'oeuvre de l'art. Un chef-d'oeuvre de la nature. Les chefs- d'oeuvre de Corneille.
Par extension, C'est un chef-d'oeuvre d'habileté, de malice, d'impertinence, etc., Ce qu'un tel a fait, a dit, annonce beaucoup d'habileté, de malice, d'impertinence, etc.
Fig. et par ironie, Il a fait là un beau chef-d'oeuvre, voilà de ses chefs-d'oeuvre, se dit d'un Homme qui a causé quelque désordre, qui a fait quelque chose de mal par inadvertance, par emportement.
Il se disait autrefois de l'Ouvrage difficile que faisaient les ouvriers dans le métier où ils voulaient passer maîtres. Présenter son chef-d'oeuvre.
CHEF-LIEU
n. m.
Ville principale de certaines divisions administratives du territoire français. Chef lieu de département ou de préfecture. Chef-lieu d'arrondissement ou de sous-préfecture. Chef-lieu de canton. Aller au chef-lieu. Cette ville est le chef-lieu du département. Des chefs-lieux.
CHEF
n. m.
Celui qui est à la tête d'un corps, d'une assemblée, etc., qui y a le premier rang et la principale autorité. Le Pape est le chef visible de l'Église. Le garde des sceaux est le chef de la justice. Le chef, les chefs de l'armée. Le chef, les chefs d'une peuplade. Être sous un chef. Chef de bandits. Chef de faction, de parti, de secte. Ils l'ont choisi pour chef. Élire un chef, des chefs. Il fut le chef de cette école célèbre.
Il se dit particulièrement, dans un sens générique, des Officiers et sous-officiers de divers grades. Obéir à ses chefs. Ce soldat est estimé de ses chefs. Il osa porter la main sur son chef. Avoir de bons chefs. L'exemple des chefs encourage le soldat.
Il signifie aussi Général d'armée. Il est du devoir d'un bon chef de...
Chef de famille, se dit du Père, de la mère, du fils aîné, enfin de la personne qui a la responsabilité matérielle et morale de la famille.
Chef d'escadron, Officier supérieur d'artillerie ou de cavalerie. Chef de bataillon, Officier supérieur d'infanterie du grade intermédiaire entre celui de Capitaine et celui de Lieutenant- colonel. Chef de poste, Officier ou sous-officier qui commande un poste, une garde.
Chef d'état-major, Officier général ou supérieur qui commande l'état-major d'un corps d'armée. Chef d'état-major général, Officier général qui commande l'état-major de toute l'armée.
Chef de peloton, de section, se dit, dans les exercices militaires, de Celui qui dirige les mouvements d'un peloton, etc.
Chef de pièce, Le canonnier qui pointe et qui commande la manoeuvre d'une pièce de canon.
Chef de hune, Quartier-maître chargé de diriger le service de la hune dans un vaisseau.
Chef de file, L'homme qui est le premier d'une file de soldats, soit à pied, soit à cheval. En termes de Marine, il se dit du Vaisseau qui est le premier de la ligne de bataille, qui tient la tête de l'armée navale. Il se dit figurément de Celui sous la conduite de qui on se place.
Chef de division, Celui qui est à la tête de tous les employés d'une division, dans un Ministère, dans une administration. On dit dans un sens analogue Chef, sous-chef de bureau, et aussi Chef de service.
Chef d'atelier, Celui qui dirige les travaux d'un atelier dans une manufacture.
Chef de gare, Celui qui dirige une gare.
Chef de train, Celui qui a la responsabilité de la marche d'un train.
Chef d'orchestre, Celui qui dirige un orchestre.
Chef de musique, L'officier qui dirige une musique de régiment.
Chef d'attaque, Musicien chargé de conduire les chanteurs qui, dans un choeur, chantent la même partie.
Chef d'emploi se dit, en termes de Théâtre, par opposition à Double et signifie Le plus ancien des acteurs qui remplissent les rôles d'un même emploi.
Chef de claque, Celui qui donne le signal des applaudissements aux claqueurs.
Chef de cuisine, d'office, ou absolument Chef, désigne le Cuisinier principal qui a les autres sous ses ordres.
Par apposition, il s'emploie quelquefois comme une sorte d'adjectif. Maréchal des logis chef. Adjudant chef. Gardien chef.
EN CHEF,loc. adv.
En qualité de chef. Commander une armée en chef. Ces deux généraux avaient commandé en chef. Général en chef. Commandant en chef. Ingénieur en chef.
Être en chef dans une affaire, En avoir la principale direction.
Greffier en chef, Le premier greffier dans une cour de justice, dans un tribunal.
CHEF signifiait primitivement Tête. Voyez COUVRE-CHEF. Il se dit encore, dans cette acception ancienne, à propos des Reliques. Le chef de saint Jean. Le chef de saint Denis.
En termes de Blason, CHEF désigne la Pièce qui est au haut de l'écu et qui en occupe le tiers.
Par extension, en termes d'Arts, Le chef d'une étoffe, Le bout par lequel on en a commencé la fabrication.
En parlant de Biens, d'héritages, de successions : De son chef, De son côté, par soi- même. Il a tant de bien de son chef. Succéder de son chef ou par représentation. On dit aussi Du chef de quelqu'un, Comme exerçant les droits de quelqu'un. Il a eu cette terre du chef de sa femme. Ils vinrent à la succession du chef de leur père.
De son chef signifie aussi De sa tête, de son propre mouvement, de son autorité privée. Il a fait cela de son chef, sans en avoir reçu l'ordre. Je n'avance point cela de mon chef. Cet auteur ne dit rien de son chef.
Il signifie encore Article, point principal. Chef d'accusation. Les chefs d'une accusation. Les divers chefs d'une loi. Les principaux chefs d'une demande. Sa doctrine se réduisait à trois chefs.
En termes d'ancienne Jurisprudence criminelle, Crime de lèse-majesté au premier chef, Attentat, conspiration contre la personne du Prince. Crime de lèse-majesté au second chef, Attentat contre l'autorité du Prince ou contre l'intérêt de l'État. La fausse monnaie, l'intelligence avec les ennemis est un crime de lèse-majesté au second chef.
CHEFFERIE
n. f.
T. d'Administration
. Division du territoire placée sous les ordres d'un commandant du génie ou d'un inspecteur des forêts.
Il se dit aussi des Bureaux de ce commandement.
CHEIK
n. m.
Chef de tribu chez les Arabes.
CHÉIROPTÈRE
(Dans ce mot et dans le suivant, CH se prononce K.)n. m. T. de Zoologie
. Ordre des mammifères qui ont des ailes membraneuses et dont la chauve-souris est le type.
CHÉLIDOINE
n. f.
T. de Botanique
. Genre de plantes de la famille des Papavéracées à suc corrosif.
Il se dit aussi, en termes de Minéralogie, d'une Espèce d'agate.
CHEMIN
n. m.
Voie, route pratiquée pour communiquer, pour aller d'un lieu à un autre. Chemin battu, frayé. Chemin uni. Chemin pierreux, raboteux, fangeux. Chemin creux. Chemin de traverse. Chemin vicinal, Celui qui va d'une commune à l'autre et qui est sous la dépendance directe de l'autorité municipale. Chemin rural, Chemin appartenant à la commune et affecté à l'usage du public, mais qui n'a pas été classé comme Chemin vicinal.
Chemin de fer, Chemin dont la voie est formée par deux lignes parallèles de barres de métal ou rails, sur lesquelles roulent les trains. La voie, les rails, les stations, la gare d'un chemin de fer. Prendre le chemin de fer. Il se dit aussi de l'Entreprise même d'un chemin de fer. Le directeur, les administrateurs, les employés, les actionnaires d'un chemin de fer. Les employés de chemins de fer.
Chemin de halage, Chemin situé sur le bord d'une rivière ou d'un canal et servant au passage des chevaux ou des hommes qui tirent les bateaux.
Chemin de douane. Voyez DOUANE.
En termes de Fortification, Chemin de ronde, Autrefois Sorte de corridor maçonné construit le long et au-dehors du parapet, au-dessus du fossé. Aujourd'hui, il désigne la Partie du terre-plein située immédiatement le long de la banquette. Chemin couvert, Partie de la contrescarpe entre le parapet et le fossé et où les défenseurs étaient à couvert du feu des assiégeants.
Chemin de la croix, Le chemin que JÉSUS- CHRIST parcourut en portant sa croix, de Jérusalem au Calvaire. Il se dit, figurément, d'une Suite de quatorze bas-reliefs ou tableaux placés dans une église ou dans un lieu de pèlerinage et représentant les diverses scènes de la Passion. Faire le chemin de la croix, S'arrêter et prier devant chacun des tableaux ou bas-reliefs indiquant les diverses stations du chemin de la croix. On dit plus souvent dans ce sens Un chemin de croix. Faire son chemin de croix.
Il se dit, par extension, de Toute ligne ou voie qu'on parcourt, ou qu'on peut parcourir, pour aller d'un lieu à un autre. La ligne droite est le plus court chemin d'un point à un autre. Il a fait plusieurs fois le chemin d'ici à Lyon. Demander, perdre, retrouver son chemin. Il a repris le chemin de son village. Nous fîmes le chemin à pied, à cheval, en voiture. Vous ne prenez pas le bon chemin. Il se détourna de son chemin. Prendre le chemin le plus long. Je l'ai rencontré en chemin. Passer son chemin. À mi-chemin. À moitié chemin. Poursuivez votre chemin. Faire beaucoup de chemin. Il y a bien du chemin d'ici là. Deux heures de chemin. Rebrousser chemin. Rester en chemin. Nous l'avons rencontré chemin faisant, en chemin. Le chemin est plus long par eau que par terre.
Par extension, Chemin d'escalier, Bande de tapis posée sur les marches d'un escalier.
Chemin de table, Bande d'étoffe ou de broderie disposée sur la table pour y recevoir le service de dessert.
Figurément, il signifie Moyen, conduite qui mène à quelque fin. Il veut faire fortune, mais il n'en prend pas le chemin. Il aspire aux dignités, mais on n'y arrive pas par ce chemin. La guérison de ce malade est en très bon chemin. Mettre une affaire en bon chemin. Ce jeune homme n'est pas dans le bon chemin. Le chemin de la vertu, de la perfection.
Il a su trouver le chemin de son coeur, Il a su toucher cette personne, il a su s'en faire aimer.
Fig., Chemin de velours, Chemin sur une pelouse. Il se dit familièrement, dans une acception plus figurée, d'une Voie facile, agréable pour parvenir à quelque chose. Il est arrivé à la fortune par un chemin de velours.
Fam., Vieux comme les chemins, Fort vieux.
Prov. et fig., À chemin battu il ne croît point d'herbe, Il n'y a point de profit à faire dans un négoce dont trop de gens se mêlent.
Fig., Suivre le chemin battu, S'attacher aux usages établis. Il n'y a rien de si sûr que de suivre le chemin battu.
Prov., Tous chemins vont à Rome, ou Tout chemin mène à Rome, Divers chemins mènent au même endroit; et, figurément, Divers moyens conduisent à la même fin.
Fig. et fam., Il ne faut pas y aller par quatre chemins, Il faut s'expliquer franchement, il ne faut pas chercher tant de détours. Il n'y va pas par quatre chemins, Il tranche hardiment la question.
Fig. et fam., Je le mènerai par un chemin où il n'y aura pas de pierres, Je le poursuivrai vivement, je ne lui ferai point de quartier. On dit aussi, dans le même sens, Je lui ferai voir bien du chemin.
Prov. et fig., Trouver une pierre en son chemin, des pierres dans son chemin. Voyez PIERRE.
Fig., Prendre le chemin de l'école, le chemin des écoliers, Prendre le chemin le plus long.
Fig., Montrer le chemin aux autres, Faire quelque chose que les autres font ensuite; ou Faire quelque chose à dessein que d'autres le fassent.
Fig., S'arrêter en beau chemin, à mi-chemin, Abandonner une entreprise dont la réussite paraissait assurée. Ne vous arrêtez pas, il est dommage de s'arrêter en si beau chemin.
Fig. et fam., Faire son chemin, Parvenir, obtenir de l'avancement, s'enrichir, etc. Il a su faire son chemin. Il a bien fait son chemin. On dit de même Il a bien fait du chemin en peu de temps.
Fig. et fam., Aller le droit chemin, Procéder avec sincérité, avec loyauté, sans nul artifice. Dans un sens opposé, Prendre des chemins de traverse, Agir d'une façon dissimulée, prendre des moyens détournés.
Fig. et fam., Aller son grand chemin, N'entendre point de finesse à ce qu'on fait, à ce qu'on dit. Aller son chemin, aller toujours son chemin. Aller son petit bonhomme de chemin, Ne pas se détourner de la conduite qu'on a commencé à tenir. Quelque chose qu'on lui dise, il va toujours son chemin.
Fig. et par menace, Il me trouvera en son chemin, ou Qu'il ne se trouve pas dans mon chemin, sur mon chemin, Je le traverserai dans ses desseins.
CHEMINEAU
n. m.
Ouvrier qui parcourt les campagnes, et, plus ordinairement, Vagabond, rôdeur, qui vit de petites besognes, d'aumônes ou de larcins. Cette région était infestée de chemineaux.
CHEMINÉE
n. f.
Construction abritant un âtre, où l'on fait du feu, et comportant un conduit pour donner issue à la fumée. Cheminée étroite, large. L'âtre, le foyer d'une cheminée. Tuyau de cheminée. Le coin de la cheminée. Cheminée qui fume. Le feu prit à la cheminée. Cheminée prussienne, Sorte de poêle qui s'adapte à la cheminée.
Il désigne aussi la Partie inférieure de la Cheminée qui lui sert d'encadrement en avançant dans une pièce. Cheminée de pierre, de marbre. Manteau de cheminée. Chambranle de cheminée. Mettre une pendule et des vases sur une cheminée.
Il signifie encore Partie supérieure du conduit en maçonnerie qui domine le toit. Il fit un grand vent qui abattit plusieurs cheminées.
On dit par analogie La cheminée d'une machine à vapeur, d'une locomotive.
Cheminée d'usine, Tuyau en maçonnerie qui surmonte un four ou un foyer d'usine.
Fig. et fam., Faire un acte, un arrangement, une affaire sous le manteau de la cheminée. Voyez MANTEAU.
Prov. et pop., Il faut faire une croix à la cheminée, se dit quand on voit se passer quelque chose d'extraordinaire.
Il se disait aussi de la Partie d'un fusil à percussion où se mettait la capsule et qui communiquait le feu à la charge.
CHEMINEMENT
n. m.
Action de cheminer. Il ne s'emploie guère qu'en termes d'Art militaire pour désigner la Marche progressive des travaux offensifs d'un siège. Le cheminement des mineurs vers la place.
CHEMINER
v. intr.
Marcher, aller, faire du chemin pour arriver quelque part. Il y a tant d'heures que nous cheminons. Ils cheminèrent longtemps ensemble. Cheminer lentement.
Fig. et fam., Cheminer droit, Ne point tomber en faute.
En termes d'Art militaire, en parlant des mineurs, des artilleurs, du génie, il signifie Pousser en avant les travaux d'attaque contre une place assiégée.
CHEMINOT
n. m.
Terme par lequel on désigne familièrement les Employés de chemin de fer.
CHEMISE
n. f.
Vêtement en linge ou en laine qu'on porte sur la chair. Chemise de nuit. Chemise de jour. Grosse chemise. Chemise fine. Chemise d'homme. Chemise de femme. Chemise froncée. Mettre sa chemise. Passer sa chemise. Prendre une chemise blanche. Changer de chemise. Ôter sa chemise. Chemise de toile. Manche de chemise. Col de chemise. Un devant de chemise. Plastron de chemise.
Être en chemise, N'avoir que sa chemise sur soi. Il se sauva en chemise. Être en manches de chemise, N'être revêtu que d'une chemise et d'un pantalon.
Fig. et fam., N'avoir pas de chemise, Être fort pauvre.
Fam., Vendre, engager, jouer, manger jusqu'à sa dernière chemise, Vendre, engager, jouer, manger tout ce qu'on a.
Fig. et fam., Changer de quelque chose comme de chemise, En changer souvent et facilement. Il change de domestiques comme de chemise.
Prov. et fig., Entre la chair et la chemise il faut cacher le bien qu'on fait, Il faut faire le bien sans ostentation.
Il se dit aussi d'un Morceau de toile qui sert d'enveloppe à certaines marchandises, telles que la soie, le drap, etc. En termes de Marine, Chemise de chargement se dit de la Toile destinée à recevoir, dans la cale d'un navire, certaines cargaisons, telles que du blé, du sel, etc.
Il se dit encore d'une Feuille de papier qui renferme et qui couvre d'autres papiers. Mettez une chemise à cette liasse, à ce dossier.
Il se dit également, en termes de Maçonnerie, d'un Crépi, d'un revêtement de maçonnerie, d'une enveloppe de mortier, etc.
CHEMISETTE
n. f.
Sorte de corsage ou de guimpe que portent les femmes et les jeunes filles. Chemisette de toile, de coton. Chemisette de flanelle.
CHEMISIER, IÈRE
n.
Celui, celle qui fait ou qui vend des chemises.
Par extension, il se dit de Celui qui vend des pièces du vêtement de dessous, telles que caleçons, chaussettes, cravates, etc.
CHÊNAIE
n. f.
Lieu planté de chênes.
CHENAL
n. m.
Canal naturel ou artificiel à l'entrée d'un port, ou Passe navigable qui conduit à cette entrée. Chenal profond. Des chenaux étroits.
Il désigne aussi l'Endroit le plus profond d'un fleuve ou d'une rivière par où se fait la navigation.
Il se dit aussi d'un Courant d'eau pratiqué pour l'usage d'un moulin.
Pour CHENAL, terme de Charpenterie, Voyez CHÉNEAU.
CHENAPAN
n. m.
Vaurien. C'est un vrai chenapan. Il est populaire.
CHÊNE
n. m.
Arbre forestier, de la famille des Amentacées, qui porte le gland et dont certaines espèces acquièrent une grosseur et une hauteur considérables. Un chêne centenaire. Un bois de chênes. Du bois de chêne. Feuille de chêne. Fort comme un chêne.
Pomme de chêne. Voyez NOIX DE GALLE.
Chêne vert. Voyez YEUSE.
Chêne-liège, Chêne dont l'écorce fournit le liège. Des chênes-lièges.
Il se dit aussi du Bois de chêne travaillé. Une poutre de chêne. Un buffet de chêne. Une bibliothèque de vieux chêne.
CHÊNEAU
n. m.
Jeune chêne. Des cotrets de chêneau.
CHÉNEAU
n. m.
T. de Charpenterie
. Conduit de plomb, ou de bois, qui recueille les eaux du toit et les porte de la gouttière dans le tuyau de descente. On dit quelquefois CHENAL.
CHENET
n. m.
Ustensile qu'on place par paire dans les cheminées pour élever le bois et le faire brûler plus facilement. Chenets de fer. Une paire de chenets. La pomme d'un chenet. Chenets à pommes de cuivre. Chenets de cuivre, d'argent, de bronze, etc., Chenets dont le devant est de cuivre, d'argent, etc.
Fig., Vivre les pieds sur les chenets, Vivre confortablement et paresseusement.
CHÈNEVIÈRE
n. f.
Champ où croît le chanvre.
CHÈNEVIS
n. m.
Graine de chanvre. Les oiseaux aiment le chènevis.
CHÈNEVOTTE
n. f.
Brin, morceau de la partie ligneuse du chanvre dépouillé de son écorce.
CHÈNEVOTTER
v. intr.
T. d'Agriculture
. Pousser du bois faible comme des chènevottes. Les vignes n'ont fait que chènevotter cette année.
CHENIL
(On ne prononce pas l'L.)n. m.
Lieu où logent les chiens de chasse.
Fig. et fam., C'est un vrai chenil, se dit d'un Logement fort sale et fort vilain.
CHENILLE
n. f.
Nom générique des larves de tous les papillons : elles ont le corps allongé, cylindrique, formé de douze anneaux, et rampent à l'aide de plusieurs pattes. La plupart des chenilles rongent les feuilles et les fleurs des plantes et des arbres. Grosse chenille. Chenille velue. Chenille rase. Chenille grise, jaune, verte. Paquet de chenilles.
Fam., Laid comme une chenille, Extrêmement laid.
Par analogie, il se dit, en termes de Mécanique, d'un Dispositif qui consiste en une chaîne sans fin.
Il se dit encore, par analogie, d'une Passementerie veloutée qui imite la chenille et dont on se sert dans les broderies et dans d'autres ornements.
Chenille de casque se disait d'une Crinière non flottante et à poils courts.
CHENILLETTE
n. f.
T. de Botanique
. Plante de la famille des Légumineuses, ainsi nommée parce qu'elle produit une gousse roulée sur elle-même et de la figure d'une chenille.
CHENU, UE
adj.
Qui est tout blanc de vieillesse. Devenir chenu. Tête chenue. Il a vieilli.
Par analogie, Montagnes chenues, Montagnes couvertes de neige. Arbre chenu, Arbre dont la cime est dénudée.
CHEPTEL
n. m.
T. de Jurisprudence
. Bail de bétail, ou Contrat par lequel l'une des parties donne à l'autre des bestiaux pour les garder, les nourrir et les soigner, sous les conditions convenues entre elles. Bail à cheptel. Cheptel simple. Cheptel à moitié. Donner des bestiaux à cheptel. L'expiration du cheptel.
Cheptel de fer, Celui où le fermier s'engage à fournir, à l'expiration du contrat, du bétail d'une égale valeur.
Il se dit aussi du Bétail même donné à cheptel. Le preneur doit les soins d'un bon père de famille à la conservation du cheptel. Fournir un cheptel. L'estimation du cheptel.
CHÈQUE
n. m.
T. de Banque
. Billet à vue et au porteur sur un établissement de crédit, où le tireur a une provision de fonds. Carnet de chèques. Les chèques sont devenus une monnaie courante. Payer par chèques. Un chèque sur Londres.
Chèque barré, Chèque pourvu de deux barres qui ne peut être escompté que par une banque.
Chèque postal, Chèque émis par l'administration des Postes.
CHER, ÈRE
adj.
Qui est tendrement aimé, auquel on tient beaucoup. C'est une personne qui lui est extrêmement chère. C'est, de tous ses enfants, celui qui lui est le plus cher. Ses plus chers amis l'ont condamné. Sauvez une tête si chère. Je tiens ce présent d'une main qui m'est bien chère. Sa mémoire me sera toujours chère. Il n'y a personne à qui la vie ne soit chère. Un homme de bien n'a rien de plus cher que l'honneur. Négliger ses intérêts les plus chers. Perdre ses plus chères espérances. C'est mon voeu le plus cher. C'est ce que j'ai de plus cher au monde.
Il s'emploie particulièrement dans certaines façons familières de parler. Mon cher monsieur. Chère madame. Mon cher ami et, simplement, Cher ami. On dit aussi, par ellipse, entre personnes qui se traitent familièrement, Mon cher, ma chère.
Il signifie aussi Qui coûte beaucoup. Les belles étoffes sont toujours chères. Le blé est ordinairement plus cher à l'époque de la moisson que dans les autres temps. Il fait cher vivre dans cette ville.
Chère année, Année où le blé est beaucoup plus cher qu'à l'ordinaire.
Fig., Le temps est cher, les moments sont chers, Le temps presse. Hâtez-vous, les moments sont chers. Partons, le temps est cher.
Il se dit encore de Celui, de celle qui vend une denrée ou exécute un travail à plus haut prix que les autres. Ce marchand-là est cher. Cette marchande est trop chère. Cet ouvrier est cher.
Il se prend aussi adverbialement et signifie À haut prix. Acheter cher. Vendre cher. Cela me coûte cher. Fig., Il vend cher sa protection. J'achetai bien cher ce court moment de bonheur. La victoire nous coûta cher. Il me paiera cher cet outrage. Il me le paiera cher.
Fig., Je le lui ferai payer, il le paiera plus cher qu'au marché, se dit pour faire entendre qu'on se vengera de quelqu'un dont on a reçu quelque injure.
Fig., Vendre bien cher sa vie, Se bien défendre avant de succomber.
CHERCHER
v. tr.
Se donner du mouvement, du soin, de la peine pour découvrir quelqu'un ou quelque chose. Je vous cherchais. Ces gens se sont longtemps cherchés sans se trouver. Il cherche une place commode. Que cherchez-vous? Je cherche ma plume, mon livre, etc. Ce chien cherche son maître. Cette poule cherche ses petits. Nous cherchâmes un refuge sous les arbres. Chercher un passage dans un livre. Chercher quelque chose dans sa mémoire, dans ses souvenirs. Absolument, En cherchant on trouve. Cherchez, vous trouverez. Prov., Qui cherche trouve.
Il se dit aussi des Choses inanimées. L'eau cherche un passage. L'aiguille aimantée cherche le Nord. Fig., Le malheur le cherche. Les plaisirs le cherchent.
Se chercher soi-même, Se chercher, signifie, dans un sens moral, Chercher à se connaître.
Prov. et fig., C'est chercher une aiguille dans une botte de foin. Voyez AIGUILLE.
Prov. et fig., Chercher midi à quatorze heures, Chercher des difficultés où il n'y en a point.
Il signifie particulièrement Tâcher de se procurer quelqu'un ou quelque chose, faire des efforts pour obtenir un certain résultat. Chercher un jardinier. Chercher des amis. Chercher des moyens de réussir. Chercher des excuses, des échappatoires. Chercher la gloire. Chercher le profit. Chercher une occasion. Chercher l'origine d'un mot. Chercher la cause d'un phénomène. Chercher du secours. Chercher fortune. Chercher son salut dans la fuite. Chercher ses expressions. Chercher une rime. Chercher des défauts à quelqu'un. Chercher un remède à ses maux.
Chercher femme, Chercher à se marier.
Chercher son pain, Mendier. Chercher sa vie, Chercher les moyens de subsister.
Prov. et fig., Le bien cherche le bien, se dit lorsque le bien vient à celui qui en a déjà beaucoup.
Chercher noise. Voyez NOISE.
Chercher son malheur, Faire des choses capables d'attirer quelque malheur à celui qui les fait.
Fig., Ce trait d'esprit est cherché, est bien cherché, Il manque de naturel.
Quand il est précédé de l'un des deux verbes Aller et Venir, il signifie souvent Aller trouver, venir trouver quelqu'un, et se dit tant au propre qu'au figuré. Il irait le chercher au bout du monde. Les importuns n'oseront pas venir vous chercher ici. Les honneurs sont allés le chercher, car il n'a jamais eu d'ambition. Les plaisirs vont partout la chercher.
Aller chercher quelqu'un signifie aussi, dans une acception particulière, Aller auprès d'une personne pour la conduire ensuite quelque part, ou pour l'avertir de s'y rendre. On dit de même Venir chercher, envoyer chercher quelqu'un. Allez chercher le médecin. On est allé chercher la police. Je viendrai vous chercher quand il en sera temps.
Aller chercher quelque chose, Aller en quelque lieu pour y prendre ou y recevoir quelque chose. On dit de même Venir chercher, envoyer chercher quelque chose. Il est allé chercher son cheval. Allez me chercher la lettre que j'ai laissée sur mon secrétaire. Que venez-vous chercher ici?
CHERCHER À signifie Tâcher, s'efforcer de. Il cherche à me séduire par de belles paroles. Chercher à s'instruire. Nous cherchions à lui plaire. Elle cherche à se placer. Ce cheval cherche à démonter son cavalier. On le dit aussi des Choses inanimées. L'eau cherche à s'ouvrir un passage.
CHERCHEUR, EUSE
n.
Celui, celle qui cherche. Chercheur d'or. Chercheur d'aventures.
Il s'emploie quelquefois adjectivement. C'est un esprit chercheur ou, absolument, C'est un chercheur, se dit d'un Esprit curieux poursuivant sans cesse de nouvelles découvertes.
CHÈRE
n. f.
Tout ce qui regarde la quantité, la qualité, la délicatesse des mets et la manière de les apprêter. Maigre chère. Grande chère. Nous avons fait bonne chère chez lui. Aimer la bonne chère.
Prov., Il n'est chère que de vilain, Lorsqu'un avare se résout à donner un repas, il y met plus de profusion qu'un autre.
Il signifiait aussi autrefois Visage et par suite Accueil, réception. Il ne sait quelle chère lui faire, Il ne sait comment il doit le recevoir. En ce sens, il n'est plus guère usité.
CHÈREMENT
adv.
Tendrement, avec beaucoup d'affection, avec beaucoup d'amour. Je l'aime chèrement. Je conserve cela chèrement. En ce sens il a vieilli.
Il signifie plutôt À haut prix. Acheter chèrement. Vendre, payer chèrement sa marchandise. Fig., Il paya chèrement sa victoire. Il me vendit chèrement cette faveur.
Vendre chèrement sa vie, la faire acheter chèrement, se dit d'un Homme qui, avant de périr, tue ou blesse plusieurs de ceux qui l'attaquent. On dit dans le même sens, mais trivialement, Vendre chèrement sa peau.
CHÉRIF
n. m.
Titre que prennent ceux qui descendent de Mahomet par sa fille.
Il signifie par extension Prince, chef, chez les Arabes et chez les Maures.
CHÉRIR
v. tr.
Aimer tendrement. Chérir ses enfants, ses amis. Chérir le souvenir, la mémoire de quelqu'un. Chérir sa patrie. Chérir son erreur. Image chérie. Le peuple chéri de Dieu, Les Hébreux. Mon chéri, ma chérie, terme de tendresse.
CHÉRISSABLE
adj. des deux genres
. Qui est digne d'être chéri. La gloire la plus chérissable est celle qui naît de la vertu.
CHERTÉ
n. f.
Prix qui excède de beaucoup le prix ordinaire des choses. Grande, excessive cherté des vivres. Absolument, Remédier à la cherté. Causer, faire la cherté. Nous entrons, nous sommes dans une période de cherté.
CHÉRUBIN
n. m.
T. de Théologie
. Esprit céleste qui tient le second rang de la première hiérarchie des Anges.
Fam., Il a une face de chérubin, Il a le visage rond et les joues colorées.
En termes de Peinture et de Sculpture, il se dit des Têtes d'enfants ailés qui représentent des anges.
Il se disait, dans l'Ancien Testament, d'une Certaine sorte d'anges. Le chérubin qui se tenait à la porte du paradis terrestre.
Il s'emploie aussi en termes d'Archéologie pour désigner la Représentation d'animaux fantastiques qui ornait les autels des Hébreux.
Il s'emploie familièrement comme terme d'affection. Mon chérubin.