Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Menuiser
v. tr.
Rendre menu. On dit aujourd'hui plus ordinairement AMENUISER.
Il s'emploie plus souvent intransitivement et signifie Faire des travaux de menuiserie. Il s'amuse à menuiser.
MENUISERIE
n. f.
Métier du menuisier. Entrepreneur de menuiserie.
Il se dit aussi de l'Ensemble des ouvrages exécutés par un menuisier. Pour terminer cette installation, il reste à faire la menuiserie.
MENUISIER
n. m.
Celui qui travaille les menues pièces de bois, par opposition au charpentier, et qui fait des ouvrages nécessaires à l'installation extérieure ou intérieure des maisons, tels que portes, croisées, parquets, meubles d'appartement ou de magasin, lambris, etc. Ouvrier menuisier.
MÉPHISTOPHÉLIQUE
adj. des deux genres
. Qui, chez une personne, rappelle l'apparence physique ou le caractère du démon nommé Méphistophélès dans la légende de FAUST. Une habileté, une perfidie, une perversité méphistophélique. Un air méphistophélique.
MÉPHITIQUE
adj. des deux genres
. Qui produit des effets plus ou moins nuisibles, en parlant de Certaines exhalaisons gazeuses. Dans l'usage ordinaire, il emporte toujours une idée de puanteur. Vapeur méphitique. Air méphitique.
MÉPHITISME
n. m.
État de ce qui est méphitique.
MÉPLAT, ATE
adj.
T. d'Arts
. Qui a plus de largeur que d'épaisseur. Planche méplate.
En termes de Sculpture, Bas-reliefs méplats, Bas-reliefs où l'on atténue l'épaisseur relative des premiers plans. En termes de Peinture, Lignes méplates, Lignes qui établissent le passage d'un plan à un autre.
Il s'emploie aussi comme nom masculin et désigne les Différents plans d'un objet. Lorsqu'on peint une tête, il faut faire sentir les méplats, Il faut, par les masses de clairs et d'ombres, faire sentir les plans dans lesquels sont disposés les os qui forment la charpente de la tête.
MÉPRENDRE (SE)
(Il se conjugue comme PRENDRE.)v. pron. Se tromper, prendre une personne ou une chose pour une autre. Je ne me suis jamais mépris au jugement que j'ai porté de cet homme. On ne saurait se méprendre sur la gravité de cet événement. Ces jumeaux se ressemblent tellement que c'est à s'y méprendre. Il n'y a pas à s'y méprendre, cette affaire aura des suites.
Il se dit quelquefois, figurément, à une personne qui semble s'oublier et manquer de respect. À qui croyez-vous parler? Vous vous méprenez.
MÉPRIS
n. m.
Sentiment par lequel on juge une personne ou une chose indigne d'estime, d'égards, d'attention. Profond mépris. Il l'a traité avec le dernier mépris. Des paroles de mépris. Concevoir, témoigner, avoir du mépris pour quelqu'un. Montrer du mépris pour les choses qui méritent le plus de respect. Il mérite le mépris de tous les gens de bien. S'exposer au mépris. Faire à quelqu'un un geste de mépris. Braver le mépris public. Tomber dans le mépris.
Par extension, Le mépris de la vie, le mépris de la mort, le mépris du danger, Le sentiment par lequel on s'élève au-dessus de l'amour de la vie, de la crainte de la mort, du danger. On dit dans un sens analogue Le mépris des richesses, des grandeurs, des honneurs, des louanges, etc.
MÉPRIS, au pluriel, signifie Paroles ou actes de mépris. Les mépris que j'ai essuyés de votre part. Prodiguer à quelqu'un ses mépris. Un tel homme est au-dessus des mépris de la foule.
AU MÉPRIS DE,loc. prép.
Sans avoir égard à. Il fait cela au mépris des lois, au mépris de la foi jurée.
MÉPRISABLE
adj. des deux genres
. Qui est digne de mépris. Elle s'est rendue méprisable par sa mauvaise conduite. Une action méprisable.
Il signifie de même Qui peut être négligé. Voilà une observation qui n'est pas méprisable. Un argument méprisable.
MÉPRISANT, ANTE
adj.
Qui marque du mépris. Un homme méprisant. Une femme méprisante. Des manières méprisantes. Un air méprisant. Il lui a parlé d'un ton méprisant. Humeur fière et méprisante.
MÉPRISE
n. f.
Erreur, faute de celui qui se méprend. Lourde méprise. Méprise grossière. Cela a été fait par méprise. Se rendre coupable d'une méprise. C'est une méprise de ma part, une impardonnable méprise. Il faut relire cet acte avec attention, de peur de méprise.
MÉPRISER
v. tr.
Avoir du mépris pour une personne, pour une chose, n'en point faire de cas, n'en pas tenir compte. C'est un homme qui méprise tout le monde, qui méprise tout ce qui n'est pas lui. Il ne faut mépriser personne. Mépriser les pauvres, les malheureux est indigne d'un coeur chrétien. C'est un homme universellement méprisé. Il méprise tous les conseils qu'on lui donne. Cet avis n'est pas à mépriser.
MÉPRISER signifie aussi, par extension, S'élever au-dessus de l'amour qu'on a ordinairement pour une chose, ou de la crainte qu'elle inspire. Mépriser les richesses, les honneurs, la vie, la mort, le danger, les injures, la calomnie.
MER
n. f.
La vaste étendue d'eau salée qui baigne les diverses parties de la terre. Le flux et le reflux de la mer. Le rivage, le bord, l'eau, les sables, le fond de la mer. Les flots, les vagues de la mer. Poisson de mer. Eau de mer. Bains de mer. Mer orageuse. La mer était grosse, agitée, houleuse, moutonneuse, phosphorescente. Mer calme. Mer poissonneuse. Mer semée de bancs et d'écueils. Aller sur mer, en mer. Faire un voyage par mer. Mettre une embarcation à la mer. Jeter des marchandises à la mer. Combattre sur terre et sur mer. Cette nation a eu longtemps l'empire de la mer, la maîtrise de la mer.
Il se dit aussi spécialement des Portions de cette vaste étendue d'eau qui baignent telle ou telle région et qui portent chacune un nom spécial. La mer Méditerranée. La mer Baltique. La mer Noire. La mer Rouge.
Mer intérieure, Vaste lac d'eau salée qui n'a pas de communication avec les autres mers. La mer Caspienne est une mer intérieure.
Vent de mer, Vent qui souffle du large.
Oiseaux de mer, Oiseaux qui vivent sur les mers ou sur les côtes de la mer.
Mal de mer, Indisposition causée par le mouvement du navire.
Pleine mer, ou Haute mer, La partie de la mer qui est éloignée des rivages. Prendre la haute mer. Naviguer en haute mer, en pleine mer.
Bras de mer. Voyez BRAS.
Port de mer, Ville ou endroit situé sur le bord de la mer et offrant un abri aux navires.
Écumeur des mers. Voyez ÉCUMEUR.
Homme de mer, Homme dont la profession est de naviguer sur mer. Gens de mer.
Coup de mer, Tempête de peu de durée. Il se dit aussi d'une Vague. Durant cette tempête, un coup de mer emporta notre gouvernail.
Armée de mer, Ensemble des troupes et des forces navales d'un État.
Tenir la mer, Naviguer. Ce vaisseau a beaucoup souffert : il n'est plus en état de tenir la mer.
Il est basse mer, la mer est basse, La mer est vers la fin de son reflux.
Il est haute mer, la mer est haute, Elle est pleine.
La mer est étale. Voyez ÉTALE.
Fam., Cette viande, cette soupe, cette sauce est salée comme la mer, Elle est trop salée.
Fig. et fam., C'est la mer à boire. Voyez BOIRE.
Par exagération, Il avalerait la mer et les poissons. Voyez AVALER.
Fig., C'est porter l'eau à la mer. Voyez EAU.
Fig., C'est une goutte d'eau dans la mer. Voyez EAU.
Un homme à la mer! se dit proprement d'un Homme qui tombe à la mer. Il se dit figurément d'un Homme dont la situation matérielle et morale est perdue.
MER se dit quelquefois, par exagération, d'une Grande étendue d'eau non salée. La rivière débordée couvrait la campagne, c'était une mer.
Il se dit quelquefois, par analogie, d'une Vaste étendue de terre couverte de sable. Le désert n'offrait aux yeux qu'une mer de sable.
Fig., Une mer de sang, Une grande quantité de sang répandu.
MERCANTI
n. m.
Marchand, dans les pays d'Orient. Il s'emploie surtout au sens péjoratif pour désigner un Homme qui fait argent de tout. Vous avez affaire à un affreux mercanti.
MERCANTILE
adj. des deux genres
. Qui concerne le commerce. Il se prend surtout en mauvaise part. Esprit mercantile.
MERCANTILISME
n. m.
Penchant à rapporter tout à une question de gain et de bénéfice. Il ne s'emploie qu'en mauvaise part.
MERCENAIRE
adj. des deux genres
. Qui se fait seulement pour le gain, pour le salaire. Labeur mercenaire.
Troupes mercenaires, Troupes étrangères dont on achète le service.
Il s'emploie en mauvaise part et signifie Qui se laisse aisément corrompre par l'intérêt, à qui l'on fait faire tout ce qu'on veut pour de l'argent. C'est une âme, un esprit mercenaire. Par extension, Une éloquence mercenaire.
MERCENAIRE s'emploie comme nom et se dit d'un Ouvrier, d'un artisan, d'un homme de journée qui travaille pour de l'argent. Employer des mercenaires.
Fig. et fam., Travailler comme un mercenaire, Travailler beaucoup. MERCENAIRE se dit également des Étrangers qui servaient dans une armée pour de l'argent. Un corps de mercenaires.
Il désigne au figuré un Homme intéressé et facile à corrompre pour de l'argent. C'est un mercenaire, un vil mercenaire.
MERCERIE
n. f.
Terme collectif par lequel on désigne les diverses marchandises qui servent pour l'habillement et la parure, comme le fil, les aiguilles, les épingles, les rubans, etc. Vendre de la mercerie. Menue mercerie.
Il se dit aussi du Commerce de mercerie et du magasin, de la boutique où s'exerce ce commerce. Il est dans la mercerie. Entrer dans une mercerie pour y faire emplette.
MERCI
n. f.
qui n'a point de pluriel. Miséricorde. Crier, demander merci. Prendre, recevoir à merci. C'est un homme sans merci, qui ne vous fera aucune merci, dont vous ne devez point attendre de merci. J'implore votre merci. Se rendre à merci. Selon d'anciennes coutumes féodales, le peuple était réputé corvéable et taillable à merci et miséricorde.
Être, se mettre à la merci de quelqu'un, Être, se mettre à sa discrétion. Être à la merci du vainqueur. Je me mets à votre merci. On dit dans une acception à peu près semblable : Ce berger a laissé son troupeau à la merci des loups. Cet homme a passé la nuit dans un bois, à la merci des bêtes sauvages. Être à la merci des flots, à la merci de l'orage.
MERCI est aussi une Sorte d'interjection qu'on emploie pour remercier, pour rendre grâce. Vous m'avez rendu un vrai service : merci! Merci de m'avoir répondu si aimablement. Merci à vous, merci de votre obligeance. Dire merci. Substantivement au masculin, Grand merci. Mille mercis. Il s'emploie souvent aussi dans le sens négatif. Voulez-vous une tasse de thé? ù Merci. Dans ce sens Grand merci s'emploie aussi ironiquement. Vous me chargez là d'une agréable commission : grand merci! On dit encore ironiquement : Voilà le merci, le grand merci que j'en ai, tout le merci que j'en ai, Voilà la reconnaissance que j'en ai pour le bien que je lui ai fait.
Dieu merci, Grâce à Dieu. Il est guéri, Dieu merci. Dieu merci, je n'ai rien à me reprocher.
MERCIER, IÈRE
n.
Celui, celle qui vend en gros ou en détail des objets de mercerie. Petit mercier. Mercier en gros.
MERCIER s'est dit aussi d'un Porteballe qui allait par les villes et par les villages pour y vendre toute sorte de menues marchandises.
Fig. et prov., Petit mercier, petit panier, ou À petit mercier, petit panier, Il faut que ceux qui ont peu de bien proportionnent leur dépense à leur revenu; et plus particulièrement, lorsqu'il s'agit de commerce, Il ne faut pas faire des spéculations, des entreprises au- dessus de ses forces.
MERCREDI
n. m.
Le quatrième jour de la semaine. C'est aujourd'hui mercredi. De mercredi en huit. Mercredi prochain. Le mercredi saint. Le mercredi des Cendres. Il vient chez moi tous les mercredis.
MERCURE
n. m.
Dieu de la Fable qui présidait à l'éloquence, au commerce, etc., et qui était le messager des autres dieux. On ne met ici ce nom propre que parce qu'il a servi de titre à divers écrits périodiques traitant surtout de littérature et contenant. aussi des annonces, des nouvelles : Le Mercure français, le Mercure galant, le Mercure de France.
MERCURE
n. m.
T. de Chimie
. Substance métallique qui est toujours fluide à la température ordinaire et qu'on appelle communément Vif-argent. Le mercure d'un thermomètre. La colonne de mercure. Mobile comme le mercure. Dorer au mercure.
MERCURIALE
n. f.
T. de Botanique
. Plante dioïque de la famille des Euphorbiacées, dont une espèce est une mauvaise herbe très commune dans les jardins et les terrains cultivés. La mercuriale est utilisée en pharmacie. On l'appelle encore ORTIE MORTE.
On tire du suc de cette plante une sorte de miel, qu'on appelle Miel mercurial.
MERCURIALE
n. f.
Assemblée semestrielle des cours souveraines qui se tenait toujours un mercredi, et dans laquelle le premier président, ou le procureur général, ou l'un des avocats généraux, parlait contre les abus qui pouvaient s'être introduits dans l'administration de la justice.
Il se disait aussi des Discours mêmes qui étaient prononcés dans ces occasions et de Ceux que les officiers du ministère public prononçaient à la rentrée des cours et des tribunaux.
Il se dit, figurément, d'une Réprimande qu'on fait à quelqu'un. On lui a fait une sévère, une rude mercuriale. J'ai dû subir une mercuriale en règle.
MERCURIALE
n. f.
État du prix des grains, des fourrages, etc., qui ont été vendus au marché. Le registre des mercuriales. Afficher la mercuriale. La mercuriale des blés.
MERCURIEL, ELLE
adj.
Qui contient du mercure. Onguent mercuriel. Pilules mercurielles. Eau mercurielle.
Frictions mercurielles, Frictions faites avec un onguent qui contient du mercure.
MERDE
n. f.
Excrément, matière fécale de l'homme et de quelques animaux. Il est bas.
Il s'emploie en manière d'interjection pour exprimer la colère, le mépris, l'indignation, le refus. Il est bas.
MERDEUX, EUSE
adj.
Qui est souillé de merde. Il est bas.
Pop., C'est un bâton merdeux, on ne sait par quel bout le prendre, se dit d'un Homme de caractère difficile, que tout irrite, qui prend tout en mauvaise part.
MERDOIE
adj.
Il se dit d'une Couleur entre le vert et le jaune.
MÈRE
n. f.
Femme qui a mis un enfant au monde. Mère tendre. Mère dénaturée. Elle est la mère d'un tel. Elle est mère d'une famille nombreuse. Un coeur de mère. Les devoirs d'une mère. Il est parent du côté de la mère. Ils sont frères de père et de mère.
Il se dit aussi des Femelles des animaux, lorsqu'elles ont des petits. La mère de ce poulain. La mère de ces chiens. La mère et les poussins. Un faon qui suit sa mère.
Mère de famille, Femme mariée qui a des enfants.
Notre première mère, Ève, la femme d'Adam.
Grand-mère, Aïeule. Grand-mère du côté paternel, du côté maternel. Grand-mère paternelle, maternelle. Populairement, on dit quelquefois Mère-grand.
Belle-mère, Terme relatif. C'est, à l'égard des enfants, la Femme que leur père a épousée, après la mort de leur mère; à l'égard d'un gendre, la Mère de sa femme; et, à l'égard d'une bru, la Mère de son mari.
Fig., Notre mère commune, La terre.
Fig., L'Église est la mère des fidèles. Notre mère la sainte Église. Notre sainte mère l'Église.
Fig., Cette femme est la mère des pauvres, Elle fait de grandes charités; elle donne des soins aux pauvres.
Fig. et fam., Contes de ma Mère l'Oie. Voyez CONTE.
Fig. et fam., La mère une telle, se dit d'une Femme du peuple un peu âgée. La mère Michel. Venez, la mère, la bonne mère, qu'on vous parle.
MÈRE est aussi la qualification qu'on donne à certaines Religieuses. La mère prieure. La mère abbesse. La mère Angélique. Ma mère.
MÈRE se prend figurément pour Cause. L'oisiveté est la mère de tous les vices. La nécessité est la mère des inventions.
Il se dit aussi des Lieux, des établissements où une chose a commencé et s'est perfectionnée. La France, mère des arts.
MÈRE s'emploie quelquefois adjectivement, comme dans les locutions suivantes :
La reine mère, La reine douairière.
La mère patrie, L'État, le pays qui a fondé une colonie et qui la gouverne. Langue mère, Langue qui ne paraît dérivée d'aucune autre et dont quelques-unes sont dérivées. L'hébreu est une langue mère.
L'idée mère d'un ouvrage, La principale idée d'un ouvrage, l'idée dont il est le développement.
Maison-mère, Établissement religieux qui est à la tête d'un certain nombre de couvents.
Mère branche, Grosse branche d'où sortent plusieurs autres branches.
Mère perle, Grosse coquille qui renferme quelquefois un grand nombre de perles.
En termes de Chimie, Eau mère, Eau de cristallisation après que les cristaux se sont déposés.
Mère de vinaigre, Couche qui se forme à la surface du vinaigre et qui permet d'en fabriquer à nouveau.
En termes d'Anatomie, Dure-mère et Pie- mère, Deux des membranes qui enveloppent le cerveau.
MÈRE
adj. f.
Qui est pure. Il n'est usité que dans les deux locutions suivantes : Mère goutte, Le vin qui coule de la cuve ou du pressoir, sans que l'on ait pressuré le raisin; et Mère laine, La laine la plus fine qui se tond sur une brebis.
MÉRIDIEN, IENNE
adj.
Qui a rapport à l'heure de midi.
Hauteur méridienne d'un astre en un lieu, Sa hauteur au-dessus de l'horizon au moment où il passe au méridien.
Ligne méridienne ou simplement méridienne d'un lieu, Intersection du méridien de ce lieu avec l'horizon.
Lunette méridienne, Lunette dont l'axe optique se meut dans le méridien d'un lieu.
MÉRIDIEN
n. m.
T. d'Astronomie
. Plan passant par la verticale d'un lieu et parallèle à l'axe de rotation de la Terre. En termes de Géographie, quand on suppose la Terre sphérique, le méridien peut être regardé comme le plan passant par un lieu et la ligne des pôles. Le méridien de Paris. Le premier méridien est celui à partir duquel on compte les longitudes. Le méridien de Greenwich a été choisi comme premier méridien.
MÉRIDIENNE
n. f.
Il se dit de la Ligne méridienne. Voyez MÉRIDIEN.
Il se dit aussi, par extension, du Sommeil auquel les habitants des pays chauds se livrent ordinairement vers l'heure du midi. Faire la méridienne.
Il se dit encore d'un Lit de repos de style Empire.
MÉRIDIONAL, ALE
adj.
Qui est du côté du midi, qui est propre au midi. Un pays méridional. Les régions méridionales. Les peuples méridionaux. Le climat méridional. L'accent méridional. L'Amérique méridionale.
Il se dit substantivement de Celui, de celle qui est originaire de la région du Midi de la France. Tartarin et Maurin des Maures sont des types de méridionaux. Le méridional passe pour être expansif et loquace.
MERINGUE
n. f.
Sorte de pâtisserie très légère faite avec des blancs d'oeufs et du sucre en poudre, et que l'on garnit de crème fouettée.
MERINGUER
v. tr.
T. de Pâtisserie et de Cuisine
. Recouvrir d'une couche de blancs d'oeufs et de sucre passée au four. Riz meringué. Pommes meringuées.
MÉRINOS
(On prononce l'S.)n. m.
Mouton de race espagnole dont la toison est épaisse et dont la laine est très fine. Un mérinos. Un troupeau de mérinos. Laine de mérinos. Par apposition, Bélier mérinos, brebis mérinos. Il se dit aussi de l'Étoffe faite avec de la laine de mérinos. Une robe, un châle de mérinos.
MERISE
n. f.
Fruit du merisier.
MERISIER
n. m.
Cerisier sauvage. Pipe de merisier. Table de merisier.
MÉRITANT, ANTE
adj.
Qui a du mérite. Un employé, un serviteur très méritant. Il a toujours eu une conduite fort méritante.
MÉRITE
n. m.
Ce qui rend une personne digne d'estime. Mérite supérieur, éminent. Mérite personnel. Un homme de mérite, d'un mérite rare. Ce sont des gens de mérite. Avoir du mérite, bien du mérite. Avoir un mérite réel. Être plein de mérite. Il n'est pas sans mérite. Cela est dû à son mérite. Son peu de mérite est cause que.... Reconnaître, apprécier, considérer, honorer le mérite. Il faut donner les emplois au mérite et non à la faveur. Il réunit tous les genres de mérite. Il a le mérite de savoir se taire et parler à propos. Il n'y a pas grand mérite à cela. Il y a beaucoup de mérite à confesser ses torts.
En parlant des Choses, il se dit de Ce qu'elles ont de bon et d'estimable. Le temps seul décide du mérite des ouvrages. Cette pièce n'est pas sans mérite. Sa modestie rehausse le mérite de sa belle action.
MÉRITE ne s'emploie qu'au singulier, quand il est pris dans un sens collectif, comme dans tous les exemples précédents; mais, pris dans un sens distributif, il peut avoir un pluriel. Ces deux hommes sont également remarquables, mais par des mérites différents.
MÉRITE signifie aussi Ce qui rend Dieu miséricordieux pour nous; dans cette acception, le pluriel est aussi usité que le singulier. Dieu nous jugera selon le mérite de nos oeuvres. Dieu récompense ou châtie suivant le mérite. Dieu nous traitera suivant nos mérites. Cette dernière locution a passé dans la conversation, où elle se prend d'ordinaire en mauvaise part. Il sera traité selon ses mérites.
Les mérites de la Passion de JÉSUS-CHRIST, ou simplement Les mérites de JÉSUS-CHRIST, Ses souffrances et sa mort, en tant qu'elles ont satisfait pour nous à la justice divine. Les mérites des saints, Les bonnes oeuvres des saints.
Se faire un mérite de quelque chose, Tirer gloire, tirer avantage d'avoir fait quelque chose. On dit dans un sens analogue : Se faire un mérite de quelque chose, auprès de quelqu'un. Se donner le mérite d'une chose auprès de quelqu'un.
MÉRITER
V. tr. Être digne, se rendre digne de. Il mérite une récompense. Il mérite sa grâce, son pardon. Mériter l'estime, l'amitié, les bonnes grâces de quelqu'un. Il a mérité le prix. Je n'ai pas mérité cet honneur. Il a droit à prendre du repos : il l'a bien mérité. Il mérite tous les éloges. Il mérite d'être encouragé. Il mérite qu'on s'occupe de lui.
Bien mériter de la patrie, des lettres, etc., Rendre de grands services à la patrie, aux lettres.
Absolument, Mériter beaucoup, Être digne de récompense par ses talents, par ses services. Il a beaucoup mérité et peu reçu.
Il se prend aussi en mauvaise part et signifie alors Encourir, attirer sur soi. Il mérite punition, châtiment. Je n'ai pas mérité de vous un si mauvais traitement. Il mérite d'être puni. Il mérite qu'on le punisse.
MÉRITER se dit aussi des Choses et il se prend de même en bonne et en mauvaise part. Cette action mérite récompense, mérite punition. Ce présent mérite bien un grand merci. Ce crime mérite d'être puni, mérite qu'on le punisse. Cet ouvrage mérite votre attention. Votre proposition mérite qu'on y songe. Ce choix mérite réflexion. Cela ne mérite pas qu'on en parle. Cette nouvelle mérite confirmation, Elle n'est pas sûre, elle a besoin d'être confirmée.
Mériter quelque faveur à quelqu'un, se dit de Ce qui fait obtenir une faveur à quelqu'un, de Ce qui est cause qu'on la lui accorde. Les services de son père lui ont mérité cet accueil favorable. La mort de Notre-Seigneur nous a mérité le ciel.
MÉRITOIRE
adj. des deux genres
. Qui mérite l'approbation, l'estime. En défendant cet homme injustement accusé, vous avez fait une action méritoire. Il a fait preuve en cette circonstance d'une modération bien méritoire.
Il signifie particulièrement Qui rend Dieu miséricordieux pour nous. Le pardon des injures, l'aumône est méritoire devant Dieu.
MERLAN
n. m.
Poisson de mer du genre Gade, dont la chair est extrêmement légère. Merlan frit. Merlan à frire. Des merlans au gratin. Des filets de merlan.
MERLE
n. m.
Oiseau de l'ordre des Passereaux, à bec comprimé et échancré, dont l'espèce la plus commune en France a le plumage noir et le bec jaune. Siffler comme un merle.
Fig. et fam., C'est un fin merle, C'est un homme fin et rusé. Jaser comme un merle, Parler beaucoup.
Fig. et fam., Un vilain merle, Un homme très désagréable.
Fig. et fam., Beau merle se dit en manière d'interjection ironique. Halte-là, beau merle, je vous vois venir. Je vous reconnais là, beau merle.
Fig. et prov., Faute de grives, on mange des merles, Quand on n'a pas ce que l'on souhaitait, il faut savoir se contenter de choses moindres.
Fig. et fam., Si vous faites cela, je vous donnerai le merle blanc, un merle blanc, se dit Pour défier quelqu'un de faire une chose qu'on regarde comme impossible. On dit aussi C'est le merle blanc de Quelqu'un qui possède des qualités très difficiles à réunir.
MERLETTE
n. f.
Femelle du merle.
Il se dit spécialement, en termes de Blason, d'un Petit oiseau représenté sans pieds, ni bec. Il porte d'or à trois merlettes de sable.
MERLIN
n. m.
Sorte de hache à fendre le bois.
Il se dit aussi d'un Long marteau dont les bouchers se servent pour assommer les boeufs.
MERLON
n. m.
T. de Fortification
. La partie pleine du parapet qui est entre deux embrasures, entre deux créneaux.
MERLUCHE
n. f.
Nom qu'on donne au merlus quand il a été desséché au soleil, et surtout à la Morue sèche.
MERLUS
n. m.
Poisson de mer du genre Gade.
MERRAIN
n. m.
Bois de chêne fendu en menues planches, dont on fait des panneaux, des douves de tonneaux et d'autres ouvrages. Par apposition, Bois merrain.
En termes de Vénerie, il désigne la Matière de la perche et du bois du cerf.
MERVEILLE
n. f.
Chose qui cause une grande admiration. Rare merveille. Les merveilles de la nature, de la science. Une merveille de l'art. Il regarde cela comme une merveille. Il nous a dit des merveilles. Il nous raconta des merveilles de ce pays. Il fut surpris à la vue de tant de merveilles. Il a payé ses dettes, c'est merveille, c'est grande merveille. Ce n'est pas merveille. La merveille est que... C'était merveille de l'entendre. C'est une merveille qu'il soit si promptement sorti d'embarras. L'emploi de l'électricité est la merveille de nos jours. Il se dit quelquefois des Personnes. Cet enfant est vraiment une merveille de sagesse. Pic de la Mirandole fut regardé comme la merveille de son siècle.
Les sept merveilles du monde, Les murailles et les jardins de Babylone, ouvrages de Sémiramis; les pyramides d'Égypte; le phare d'Alexandrie; le tombeau qu'Artémise fit élever pour Mausole, son mari; le temple de Diane à Éphèse; celui de Jupiter Olympien à Pise, en Élide; et le colosse de Rhodes.
Par exagération, C'est une des sept merveilles du monde, se dit d'un Superbe édifice, ou de quelque autre chose semblable, étonnante en son genre. On dit de même C'est la huitième merveille du monde.
Fam., Ce n'est pas grande merveille, ou, par ironie, Voilà une belle merveille, se dit Pour rabaisser une chose, une action que quelqu'un veut faire passer pour admirable.
Fam., C'est une merveille, c'est merveille de vous voir, se dit Pour faire un reproche d'amitié à quelqu'un qu'on avait coutume de voir et qu'on ne voit plus que rarement.
Fam., Faire merveille, faire merveilles, faire des merveilles, Se distinguer dans quelque circonstance par un zèle, un courage, une adresse, un talent extraordinaires. Je l'ai vu faire merveilles ce jour-là.
Fig., et fam., Promettre monts et merveilles. Voyez MONT.
À MERVEILLE,loc. adv.
Très bien, parfaitement. Il prêche à merveille. Il peint à merveille. Il danse, il chante à merveille. Ce costume vous va à merveille. Il se dit aussi après une interrogation pour marquer un Acquiescement complet, réel ou ironique. Vous voulez qu'il en soit ainsi? À merveille!
MERVEILLEUSEMENT
adv.
D'une façon merveilleuse, à merveille. Elle est merveilleusement belle. Une imagination merveilleusement féconde. Il s'acquitte de ses fonctions merveilleusement bien. Cet orateur parle merveilleusement.
MERVEILLEUX, EUSE
adj.
Qui cause une grande admiration, mêlée d'une sorte de surprise. Un esprit merveilleux. C'est un homme merveilleux. On ne vit jamais rien de plus merveilleux. C'est une pièce merveilleuse. Cela a produit un effet, obtenu un succès merveilleux. Un événement merveilleux. Un récit accompagné de circonstances merveilleuses.
Il signifie aussi Qui est excellent en son espèce. Les muscats ont été merveilleux cette année. Les draps de cette fabrique sont merveilleux.
Fam. et par ironie, Vous êtes un homme merveilleux, Vous êtes un homme étrange, extraordinaire par vos sentiments, par vos manières.
MERVEILLEUX s'emploie comme nom dans le langage de la littérature pour signifier l'Intervention des êtres surnaturels dans un poème épique ou dramatique. Le merveilleux de la mythologie. Il a emprunté le merveilleux de son épopée à la magie, à la féerie. Dans ce poème, le merveilleux se réduit à l'emploi de personnages allégoriques. On distingue le merveilleux chrétien et le merveilleux païen.
Il signifie aussi Ce qui, dans un événement, dans un récit, s'éloigne de l'ordre naturel et du cours ordinaire des choses. Voilà le merveilleux de l'aventure, de l'histoire.
Il s'est dit aussi substantivement, à l'époque du Directoire, de Celui, de celle qui affectaient une élégance excentrique. Un merveilleux, une merveilleuse.