Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 477 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Gondolier

 

n. m.

Celui qui mène une gondole. Les gondoliers de Venise.

 

GONFALON

 

n. m.

Bandelette en pointe dont les chevaliers ornaient leur lame. Il est spécialement usité en termes de Blason.

Il se dit aussi d'une Bannière d'église à trois ou quatre fanons, qui sont des pièces pendantes.

 

GONFALONIER

 

n. m.

Celui qui porte le gonfalon. On a longtemps donné ce titre aux Chefs de quelques-unes des républiques d'Italie, au moyen âge.

 

GONFLEMENT

 

n. m.

État de ce qui est gonflé. Gonflement d'estomac. Le gonflement de la peau.

 

GONFLER

 

v. tr.

Augmenter un corps de volume par une distension intérieure produite par l'ingestion d'un gaz, d'un liquide. Gonfler un ballon, une vessie. Trop boire en mangeant gonfle l'estomac. Il a le ventre tout gonflé. Il s'amuse à se gonfler les joues. Par extension, Le vent gonfle les voiles.

Il signifie aussi Augmenter un corps de volume. La pluie gonfle les torrents. Il a les yeux tout gonflés à force de pleurer. Fig., Le départ de son fils lui a gonflé le coeur. Être gonflé d'orgueil.

SE GONFLER, ou intransitivement GONFLER, signifie Devenir volumineux, au propre et au figuré. Le ballon se gonfle, gonfle. Cette pâte a trop gonflé. Son coeur se gonfle.

 

GONG

 

(Le G final se prononce.)n. m.

Instrument de musique d'Extrême-Orient, composé d'un disque de métal dont on tire des sons retentissants en le frappant avec une baguette garnie de peau.

Il désigne aussi un Dispositif de forme analogue dont on se sert comme signal.

 

GONIOMÈTRE

 

n. m.

T. de Géométrie

. Instrument qui sert à mesurer les angles sur le terrain.

 

GONIOMÉTRIE

 

n. f.

T. de Géométrie

. Art de mesurer les angles.

 

GONORRHÉE

 

n. f.

T. de Médecine

. Voyez BLENNORRAGIE.

 

GORD

 

n. m.

T. de Pêche

. Double rangée de perches plantées dans le fond de la rivière, qui forment un angle, au sommet duquel est un filet où viennent se prendre les poissons.

 

GORDIEN

 

adj. m.

Voyez NOEUD.

 

GORET

 

n. m.

Jeune cochon. La peau d'un goret.

Fig. et fam., il se dit d'un Enfant qui n'est pas soigneux, qui n'est pas propre. C'est un petit goret.

 

GORGÉ, ÉE

 

adj.

Qui a beaucoup de voix, une bonne voix, en parlant d'un Chien. Un chien bien gorgé.

Il signifie spécialement, en termes de Blason, Qui a le cou ceint d'une couronne dont l'émail est différent de celui de l'animal, en parlant d'un Lion, d'un cygne ou de quelque autre animal.

 

GORGE

 

n. f.

Partie antérieure du cou. On le dit aussi en parlant des Animaux. Un chien qui prend un taureau à la gorge. Pigeon à grosse gorge.

Couper la gorge à quelqu'un, L'égorger, le tuer. Se couper la gorge.

Se couper la gorge l'un à l'autre, S'entre-tuer. Si vous n'allez pas apaiser la querelle, ils se couperont la gorge.

Se couper la gorge avec quelqu'un, Se battre en duel avec lui. Il veut se couper la gorge avec son rival.

Gorge-de-pigeon, Couleur composée et mélangée qui parait changer suivant les différents aspects du corps coloré, comme celle de la gorge des pigeons. Du taffetas gorge-de- pigeon. Une robe gorge-de-pigeon.

Fig., Tendre la gorge, Livrer sa vie, sans résistance, à un assassin.

Fig., Tenir quelqu'un à la gorge, Le réduire dans un état à ne pouvoir faire aucune résistance à ce qu'on veut de lui.

Fig., Prendre quelqu'un à la gorge, Le contraindre avec violence à faire quelque chose. S'il n'a point d'argent pour vous payer, le prendrez-vous à la gorge? On dit, dans le même sens, Tenir le pied sur la gorge à quelqu'un; lui mettre, lui tenir le pistolet, le couteau, le poignard sur la gorge; et, dans un sens analogue, Avoir le poignard, le couteau sur la gorge, en parlant de la Personne qui est l'objet d'une violence.

Il désigne spécialement le Cou et le sein d'une femme. Elle a la gorge belle. Elle a la gorge plate. Montrer, découvrir sa gorge. Cacher, couvrir sa gorge. Avoir la gorge découverte.

Il désigne, par extension, la Partie supérieure de la chemise d'une femme.

Il se prend aussi pour le Gosier. Avoir mal à la gorge. Avoir un mal de gorge. Il lui est resté une arête, un os dans la gorge.

En termes de Musique vocale, Chanter de la gorge, se dit d'un Chanteur qui ne sait modifier sa voix qu'en resserrant la gorge avec effort. On dit, dans le même sens, Voix de la gorge.

Rire à gorge déployée, crier à pleine gorge, Rire, crier de toute sa force.

Il a menti par la gorge, se dit pour donner fortement un démenti à quelqu'un. Vous en avez menti par la gorge.

Fig. et fam., Faire rentrer à quelqu'un les paroles dans la gorge, L'obliger à désavouer les propos offensants qu'il a tenus.

Pop., Rendre gorge, Vomir après avoir trop bu ou trop mangé. Il signifie, figurément et familièrement, Restituer par force ce qu'on a pris, ce qu'on a acquis par des voies illicites. Cet intendant s'était scandaleusement enrichi : on lui a fait rendre gorge.

En termes de Fauconnerie, Gorge chaude, La chair des animaux vivants que l'on donne aux oiseaux de proie.

Fig. et fam., Faire des gorges chaudes, Faire des plaisanteries plus ou moins malveillantes sur quelqu'un ou quelque chose. L'accoutrement de cet original parut très ridicule : on en fit des gorges chaudes.

Il désigne, par analogie, l'Entrée, l'ouverture, l'orifice de certaines choses. Arriver à la gorge d'un souterrain.

Il se dit encore d'un Passage entre deux montagnes. Les gorges du Tarn, du Var. L'armée souffrit beaucoup en traversant les gorges étroites de ces montagnes.

En termes d'Architecture, il signifie Moulure concave.

La gorge d'une poulie, La cannelure, le creux demi-circulaire qui règne sur la circonférence d'une poulie. On dit de même La gorge d'une serrure.

GORGE se dit aussi d'un Bâton ou morceau de bois tourné auquel on attache les estampes, les cartes de géographie, etc., pour pouvoir les rouler.

 

GORGÉE

 

n. f.

Quantité de liquide que l'on peut avaler en une seule fois. Ce malade n'a pu prendre que deux gorgées de bouillon. Boire à petites gorgées.

 

GORGER

 

v. tr.

Alimenter avec excès. Il ne faut pas gorger les enfants. On les a gorgés de vin et de viandes. Il signifie spécialement Engraisser certains animaux, en particulier la volaille. On gorge les dindons.

Il signifie, figurément et familièrement, Combler quelqu'un d'avantages au-delà de ses espérances, de ses désirs. On les a gorgés d'honneurs, d'emplois, de biens. Gorger quelqu'un d'argent.

Spécialement, en termes d'Art vétérinaire, Ce cheval a les jambes gorgées, Il les a enflées et pleines de mauvaises humeurs.

 

GORGERETTE

 

n. f.

Espèce de collerette servant à couvrir la gorge des femmes. Il est vieux.

 

GORGERIN

 

n. m.

Pièce de l'armure qui servait autrefois pour couvrir et défendre la gorge d'un homme d'armes.

En termes d'Architecture, il désigne la Partie du chapiteau dorique, au-dessus de l'astragale de la colonne.

 

GORGONE

 

n. f.

T. d'Histoire naturelle

. Genre de polypiers qui ressemblent à des arbrisseaux.

 

GORILLE

 

n. m.

T. de Zoologie

. Grand singe dont la forme approche le plus de la forme humaine et qu'on trouve dans plusieurs contrées de l'Afrique.

 

GOSIER

 

n. m.

La partie intérieure de la gorge qui fait communiquer le pharynx avec l'oesophage. Gosier large. Gosier étroit. Avoir le gosier écorché, le gosier tout en feu. Il lui est resté une arête dans le gosier.

Fig. et fam., Avoir le gosier pavé ou ferré, se dit d'une Personne qui mange ou boit extrêmement chaud, sans éprouver de sensation désagréable, ou qui fait un grand usage soit d'épices, soit de liqueurs fortes.

Fig. et fam., Avoir le gosier sec, Aimer à boire, avoir toujours soif.

Il se dit aussi du Canal qui fait communiquer le pharynx avec le larynx. Le gosier d'un oiseau. Le gosier d'un rossignol.

Fig., Cette femme a un gosier de rossignol, Elle a une belle voix.

En termes de Musique vocale, Coup de gosier, se dit d'Une seule émission de voix, de son. Lier plusieurs notes d'un seul coup de gosier.

 

GOTHIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui appartient aux Goths. La langue gothique.

Alphabet gothique, Alphabet formé au quatrième siècle par l'évêque Ulphilas et employé par lui à la transcription de la langue gothique. On dit aussi Les lettres gothiques. Les lettres inventées par Ulphilas. Substantivement, Ulphilas a traduit la Bible en gothique.

GOTHIQUE signifie, par extension, Qui est relatif au moyen âge. Architecture gothique, Architecture ogivale qui fut en usage au moyen âge.

On dit de même Le genre gothique, Le style gothique, ou absolument, comme nom masculin, Le gothique. Le gothique ancien. Le gothique moderne. Le gothique flamboyant. Le gothique fleuri.

Écriture gothique, ou absolument, comme nom féminin, La gothique, Sorte d'écriture usitée au XIV e siècle, écriture droite où les caractères sont ornés de pointes et de crochets.

Il se dit aussi d'Anciens caractères d'imprimerie qui ont de la ressemblance avec ce genre d'écriture.

Il se dit, de plus, du Caractère d'imprimerie que les Allemands emploient encore aujourd'hui.

Il se dit figurément et familièrement de Ce qui parait trop ancien, hors de mode, désuet. Raisonnements, manières, idées gothiques.

 

GOTON

 

n. f.

Il se disait anciennement d'une Femme de mauvaise vie. Il désigne aujourd'hui une Fille de ferme ou de cuisine mal tenue. Une goton.