Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Prose
n. f.
Langage, manière d'écrire qui n'est point assujettie à une certaine mesure, à un certain nombre de pieds et de syllabes, etc.; il se dit par opposition à Vers, à poésie. Prose française. Écrire en prose. Il a traité le même sujet en vers et en prose. Mélanges de vers et de prose. Épître en prose mêlée de vers. Comédie en cinq actes et en prose. Ce n'est pas de la poésie, ce n'est que de la prose rimée.
Prose poétique, Prose qui affecte le ton et le style figuré de la poésie.
Fig. et fam., Faire de la prose sans le savoir, Réussir par hasard et sans dessein.
PROSE se dit familièrement d'un Simple écrit. J'ai reçu de sa prose.
Il se dit aussi d'une Sorte d'hymnes latines, où la rime et le nombre des syllabes remplacent la quantité, et que l'on chante à la messe immédiatement avant l'évangile, dans les grandes solennités. La prose du Saint Sacrement. La prose des morts. Le Dies irae, le Stabat Mater sont des proses.
PROSECTEUR
(On prononce l'S comme dans Secteur.)n. m. T. d'Anatomie
. Celui qui prépare ou fait les dissections pour un professeur, et qui exerce les élèves à disséquer.
PROSÉLYTE
n. des deux genres
. Terme emprunté du grec, qui signifie proprement Étranger, nouveau venu dans un pays, mais que l'Écriture et les écrivains ecclésiastiques emploient pour désigner une Personne qui a passé du paganisme à la religion judaïque. Un nouveau prosélyte. Les Juifs et les prosélytes.
Il se dit aussi, dans le langage courant, d'une Personne nouvellement convertie à la foi catholique. Ce missionnaire fit beaucoup de prosélytes parmi les musulmans.
Il se dit, par extension, des Partisans qu'on gagne à une secte, à une opinion. Cette doctrine a fait beaucoup de prosélytes. La persécution multiplie les prosélytes.
PROSÉLYTISME
n. m.
Zèle de faire des prosélytes; il se prend le plus souvent en mauvaise part. La manie du prosélytisme. Cet ouvrage a été conçu dans un esprit de prosélytisme. L'ardeur du prosélytisme l'entraîne.
PROSODIE
n. f.
T. de Grammaire
. Prononciation régulière des mots conformément à l'accent et à la quantité. Les règles de la prosodie. Observer la prosodie. Faire une faute contre la prosodie, une faute de prosodie. La prosodie française est moins marquée que celle de plusieurs autres langues.
Il se dit aussi de la Connaissance des règles de la quantité en grec et en latin et, plus généralement, des Règles de la versification en toutes langues. Traité de prosodie. Elliptiquement, Une prosodie.
PROSODIQUE
adj. des deux genres
. Qui appartient à la prosodie. Accent prosodique.
PROSOPOPÉE
n. f.
T. de Rhétorique
. Figure par laquelle l'orateur introduit dans son discours soit une personne morte, absente ou feinte, soit une chose inanimée qu'il personnifie, qu'il fait parler ou agir. L'une des prosopopées les plus célèbres est celle des Lois, dans le dialogue de Platon intitulé Criton.
PROSPECTER
v. tr.
T. didactique
. Explorer, étudier les terrains où l'on a lieu de penser que se trouvent des gisements miniers ou des sources d'huiles minérales.
PROSPECTEUR
n. m.
T. didactique
. Celui qui prospecte, qui s'occupe de prospecter.
PROSPECTION
n. f.
T. didactique
. Action de prospecter.
PROSPECTUS
(On prononce l'S finale.) n. m.
Mot emprunté du latin. Sorte de programme qui se publie avant qu'un ouvrage paraisse et dans lequel on donne une idée de cet ouvrage, on annonce le format, le caractère, le nombre des volumes et les conditions de la souscription. Le prospectus de l'Encyclopédie.
Il se dit, dans un sens analogue, en parlant d'une Publicité par imprimé ou brochure, fait pour un établissement destiné au public. Le prospectus d'une ville d'eaux, d'une maison de santé, d'un collège.
Il se dit, par extension, de Toute annonce de publicité. Distribuer des prospectus.
PROSPÈRE
adj. des deux genres
. Qui est favorable au succès d'un dessein, d'une entreprise. Il a eu les vents prospères. Les destins lui ont été prospères. Avoir la fortune prospère. Toutes choses lui ont été prospères. Il n'est guère usité que dans le style soutenu.
Il signifie, dans le langage courant, Qui est heureux. Être dans un état prospère. Ses affaires sont dans une situation prospère.
PROSPÉRER
v. intr.
Être heureux, avoir la fortune favorable. Dieu permet quelquefois que les méchants prospèrent.
Il se dit des Choses et signifie Réussir, avoir un heureux succès. Toutes ses entreprises prospèrent. Faire prospérer les sciences et les arts. L'industrie automobile prospère dans ce pays.
PROSPÉRITÉ
n. f.
Heureux état, heureuse situation, soit des affaires générales, soit des affaires particulières. Longue prospérité. Prospérité de peu de durée. Un moment de prospérité. On ne manque jamais d'amis dans la prospérité. La prospérité de l'État. La prospérité des affaires. La prospérité du commerce, de l'agriculture.
Fam., Avoir un air, un visage de prospérité, Avoir l'air gai, content, une mine de bonne santé.
PROSPÉRITÉS, au pluriel, signifie Événements heureux. Rien n'a interrompu le cours de ses prospérités. Je vous souhaite toute sorte de prospérités.
PROSTATE
n. f.
T. d'Anatomie
. Glande située chez l'homme sur la ligne médiane et à la partie inférieure du col vésical.
PROSTATIQUE
adj. des deux genres
. T. d'Anatomie
. Qui se rapporte à la prostate.
PROSTATITE
n. f.
T. de Médecine
. Inflammation pathologique de la prostate.
PROSTERNATION
n. f.
Action de celui qui se prosterne; État de celui qui est prosterné. Dans la religion orthodoxe, les fidèles multiplient les signes de croix et les prosternations.
PROSTERNEMENT
n. m.
Action de se prosterner. Les Orientaux témoignent leur respect par de fréquents prosternements.
PROSTERNER
v. tr.
Renverser, mettre aux pieds de. La religion prosterne l'homme devant la divinité.
SE PROSTERNER signifie Se baisser jusqu'à terre, en signe d'adoration on en posture de suppliant, se jeter à genoux aux pieds de quelqu'un. Il se prosterna devant lui. Se prosterner la face contre terre. Se prosterner au pied des autels.
Fig. et par exagération, Se prosterner devant quelqu'un, Reconnaître, avouer sa supériorité en quelque genre que ce soit. Je me prosterne devant vous.
PROSTITUER
v. tr.
Livrer à la débauche. Il se dit d'une Personne qui, par intérêt, oblige ou engage une femme ou une fille à se livrer à la débauche publique. Elle a prostitué elle-même sa fille. Elle l'a prostituée pour de l'argent à un vieillard dépravé. Elle s'est prostituée dès son plus jeune âge. Elle s'est prostituée à ce misérable.
Fig., Cet écrivain se prostitue, Il vend sa plume.
PROSTITUER s'emploie figurément, en parlant des Choses qu'on ravale, que l'on déshonore par l'usage indigne qu'on en fait. C'est prostituer son honneur que d'agir aussi bassement. Un juge accessible à la corruption prostitue la justice, la magistrature, prostitue sa dignité.
Le participe passé s'emploie adjectivement. Une femme, une fille prostituée. Il s'emploie plus ordinairement comme nom. Une prostituée.
Dans le langage religieux, Babylone la grande prostituée, La Rome païenne.
PROSTITUTION
n. f.
Pratique de la débauche à prix d'argent; en ce sens il ne se dit que des Femmes et des filles. Vivre dans la prostitution.
Lieu, maison de prostitution, Maison de débauche.
PROSTITUTION s'emploie aussi figurément. La prostitution de la justice, la prostitution des lois, L'abus qu'un juge corrompu fait des lois et de la justice en y trouvant son intérêt.
PROSTITUTION désigne, dans le langage de l'Écriture, le Fait de s'abandonner à l'idolâtrie.
PROSTRATION
n. f.
Affaiblissement extrême, profond abattement. Cet accès fut suivi d'une grande prostration.
PROSTRÉ, ÉE
adj.
Qui est dans un état de prostration.
PROSTYLE
n. m.
T. d'Architecture
. Édifice qui n'a de colonnes qu'à sa façade antérieure. On l'emploie aussi comme adjectif. Temple prostyle.
PROTAGONISTE
n. m.
T. didactique
. Principal personnage d'une pièce de théâtre, celui qui y joue le premier rôle. Le protagoniste ne paraît dans cette pièce qu'au troisième acte.
Il se dit, par extension, de Quelqu'un qui joue le rôle principal dans une affaire quelconque.
PROTASE
n. f.
T. didactique
. Partie d'un poème dramatique qui contient l'exposition du sujet de la pièce.
PROTATIQUE
adj. des deux genres
. T. didactique
. Il n'est guère usité que dans cette locution : Personnage protatique, Personnage qui ne paraît qu'au commencement d'une pièce de théâtre, pour en faire l'exposition.
PROTE
n. m.
T. d'Imprimerie
. Employé d'une imprimerie, dont les fonctions correspondent à celles de chef d'atelier ou de contremaître. On distingue le prote à la composition et le prote aux presses ou prote aux machines.
PROTECTEUR, TRICE
n.
Celui, celle qui protège, qui défend les faibles et les affligés, qui les préserve du mal. Dieu sera notre protecteur. Avec un tel protecteur, qu'avons- nous à craindre? Nous avons un puissant protecteur. Il est le protecteur des pauvres, le protecteur des affligés, des opprimés, le protecteur de la veuve et de l'orphelin, le protecteur de l'innocence.
Il signifie, aussi Patron, patronne, celui, celle qui prend soin des intérêts d'une personne, qui favorise l'accroissement, le progrès d'une chose. Ce ministre est son protecteur. Ce grand roi fut le protecteur des lettres, des sciences, des arts, du commerce. Il se donne, il prend des airs de protecteur.
PROTECTEUR est aussi un Titre, une dignité, une fonction. Le roi était le protecteur de l'Académie française. Cromwell a gouverné l'Angleterre sous le titre de Protecteur. Cette communauté religieuse avait tel évêque, tel magistrat pour protecteur.
Il se dit particulièrement du Cardinal qui est chargé, à Rome, du soin des affaires consistoriales de certains États ou des intérêts de certains ordres religieux. Ce cardinal est protecteur des affaires de France, protecteur des affaires d'Espagne. Ce cardinal est le protecteur des dominicains.
PROTECTEUR, TRICE, s'emploie aussi adjectivement et se dit des Choses comme des Personnes. Il prend un ton protecteur, des airs protecteurs. Les puissances protectrices. Les lois protectrices de l'enfance.
En termes d'Économie politique, Système protecteur, Système dans lequel on grève de droits élevés les produits étrangers qui feraient concurrence aux produits nationaux. On dit de même Droits protecteurs.
PROTECTION
n. f.
Action de protéger, de défendre quelqu'un, de veiller à ce qu'il ne lui arrive point de mal. La protection de Dieu. La protection du ciel. C'est une puissante protection que la sienne. Assurer la protection des opprimés, de l'innocence. Prendre quelqu'un sous sa protection, en sa protection. Avoir recours à la protection d'un homme puissant. Étendre sa protection sur tous les malheureux. Je mets cet enfant sous votre protection.
Il signifie aussi Action de prendre soin de la fortune, des intérêts de quelqu'un, de favoriser l'accroissement, le progrès de quelque chose. Rechercher la protection d'un homme politique influent. Sa protection ne vous manquera pas. Accordez-lui protection. C'est un homme qui mérite protection. La protection accordée par des lois à l'industrie nationale s'oppose au système du libre-échange.
Il se dit aussi des Personnes qui en protègent, qui en favorisent d'autres. Cet homme a de puissantes protections. Il compte sur ses protections. Il n'a aucune protection.
Il se dit encore de l'Emploi de protecteur à Rome. Le roi donna la protection de France à tel cardinal. Le pape donna la protection des jacobins à tel cardinal.
PROTECTIONNISME
n. m.
T. d'Économie politique
. Système ayant pour objet de protéger le travail national et les productions nationales par des tarifs appliqués aux produits étrangers.
PROTECTIONNISTE
n. m.
T. d'Économie politique
. Partisan du système protecteur.
Il s'emploie aussi adjectivement. Les doctrines protectionnistes.
PROTECTORAT
n. m.
Dignité de protecteur. C'est le titre sous lequel Cromwell gouverna l'Angleterre après la mort de Charles Ier.
Il se dit maintenant du Contrôle politique exercé par une grande puissance sur une contrée d'outre-mer qui l'accepte. La Tunisie, le Maroc sont des pays de protectorat.
PROTÉE
n. m.
Nom d'un Personnage mythologique, qui, dans le langage courant, désigne un Homme qui change continuellement de manières, d'opinions, qui joue toutes sortes de rôles. Cet homme est un vrai protée.
PROTÉGER
v. tr.
Prendre la défense de quelqu'un, de quelque chose; prêter secours et appui. Protéger les gens de bien contre les entreprises des méchants. Protéger la veuve et l'orphelin. Protéger les faibles. Protéger les opprimés. Protéger l'innocence.
Il signifie aussi S'intéresser, contribuer à la fortune d'une personne, veiller au maintien, au progrès d'une chose. Un ami du ministre le protège. Protéger la religion. Protéger les arts, le commerce, l'agriculture, les lettres, les sciences, etc.
Il signifie encore Garantir, mettre à l'abri d'une incommodité, d'un danger. Ce mur nous protège contre le froid. Ces arbres nous protègent de leur ombre. Ce fort protège la ville.
Le participe passé PROTÉGÉ s'emploie substantivement. Cet homme est un des protégés du ministre. C'est sa protégée.
PROTÉIFORME
adj. des deux genres
. Qui est susceptible de prendre les formes les plus différentes.
PROTESTANT, ANTE
n.
Nom qui fut donné d'abord aux luthériens, et qu'on a étendu depuis aux calvinistes et à tous les partisans de la Réforme. Les protestants d'Allemagne. Les opinions des protestants. Il a épousé une protestante.
Il est aussi adjectif. La religion protestante. Les princes protestants. Un ministre, un pasteur protestant. Les États protestants. C'est une ville protestante. Cet homme est protestant.
PROTESTANTISME
n. m.
Croyance des Églises protestantes sur tous les points où elle diffère de la doctrine catholique.
PROTESTATAIRE
adj. des deux genres
. Qui proteste. Un député protestataire. Substantivement, Un protestataire.
PROTESTATION
n. f.
Déclaration solennelle que quelqu'un fait de ses dispositions, de sa volonté; promesse formelle, assurance positive. Il lui a fait mille protestations d'amitié, de service, de fidélité, d'attachement.
Il signifie aussi Déclaration en forme par laquelle on réclame contre quelque chose. Protestation verbale. Protestation écrite. Faire sa protestation par-devant notaire. Rédiger, signer une protestation. Donner acte d'une protestation. Nonobstant toutes protestations à ce contraires. Il a fait ses protestations.
Il signifie, par extension, Réclamation, dénégation. Ses paroles ont soulevé de nombreuses protestations dans l'auditoire.
PROTESTER
v. tr.
Promettre formellement, assurer positivement, solennellement. Il lui protesta qu'il le servirait en toutes rencontres. Il proteste, dans sa préface, qu'il n'a jamais eu de telles intentions. Je vous proteste qu'il ne m'a rien dit.
Il s'emploie aussi intransitivement dans ce sens. Protester de son innocence, de sa fidélité.
En termes de Procédure, Protester de violence, Déclarer que c'est par violence, par force, que l'on condescend à quelque chose. Il leur remit les papiers qu'ils demandaient, mais en même temps il protesta de violence. On dit de même : Protester de nullité, protester d'incompétence, Déclarer que l'on regarde une procédure comme nulle, un juge comme incompétent.
PROTESTER signifie encore, intransitivement, Réclamer formellement contre une chose, déclarer qu'on la tient pour nulle, pour illégale. Protester contre une délibération, contre une résolution, contre une élection, contre une mesure arbitraire.
Il signifie, en termes de Banque et de Commerce, Faire un protêt. Dans ce sens, il est transitif. Protester une lettre de change. Quand un banquier ne paie pas une traite à l'échéance, il faut la protester, la faire protester. Billet protesté.
Il se dit aussi en parlant des Personnes. Ce négociant est mal dans ses affaires, il a déjà été protesté deux fois, on l'a protesté hier.
PROTÊT
n. m.
T. de Banque et de Commerce
. Acte par lequel le porteur d'un effet de commerce fait constater le défaut d'acceptation ou de paiement à l'époque déterminée. Faire un protêt par-devant notaire. Faire signifier un protêt. Protêt faute d'acceptation, faute de paiement.
PROTHÈSE
n. f.
T. de Chirurgie
. Remplacement d'un organe ou d'un membre par un appareil artificiel. Prothèse dentaire.
PROTO
Préfixe
, emprunté du grec, qui signifie Premier et qui entre dans la composition d'un certain nombre de mots dont nous ne donnons ci-dessous que les plus usités.
PROTOCARBURE
n. m.
T. de Chimie
. Premier degré de combinaison d'un corps simple avec le carbone.
PROTOCHLORURE
n. m.
T. de Chimie
. Premier degré de combinaison d'un corps simple avec le chlore.
PROTOCOLAIRE
adj. des deux genres
. Qui se rapporte au protocole.
PROTOCOLE
n. m.
Recueil des formules prescrites pour la rédaction des actes publics. Le protocole des notaires, des avoués, des huissiers.
Il désigne aussi le Recueil des formules en usage pour la correspondance officielle ou privée, selon la hiérarchie sociale des correspondants. Le protocole des lettres adressées à un cardinal comporte l'appellation d'Éminence.
En termes de Diplomatie, il désigne le Recueil des formules consacrées pour la rédaction des instruments diplomatiques, conventions, traités, lettres de créance, déclarations, etc. Il désigne aussi le Procès-verbal authentique d'une conférence, d'un congrès. La conférence de La Haye en son troisième protocole...
Il désigne encore le Recueil des règles établies pour les honneurs et les préséances dans les cérémonies officielles.
Par extension, il désigne le Service du Ministère des Affaires étrangères où se traitent les questions protocolaires. Le chef du protocole est chargé d'introduire les ambassadeurs auprès du Président de la République.
PROTONOTAIRE
n. m.
Nom donné à des Prélats de la cour de Rome, qui ont un degré de prééminence sur tous les notaires de la même cour, et qui reçoivent les actes des consistoires publics et les expédient en forme. Le collège des douze protonotaires participants est le premier des collèges des prélats qui ne sont pas évêques.
Protonotaire apostolique à l'instar, Celui qui a été investi d'une prélature de premier ordre accordée à des ecclésiastiques ne faisant pas partie du Collège des protonotaires.
PROTOPLASMA
n. m.
T. de Biologie
. On désigne ainsi la Matière vivante la plus rudimentaire encore amorphe.
PROTOTYPE
n. m.
Original, modèle, premier type, premier exemplaire. On a moulé ces figures sur les prototypes qui sont à Rome. Cette médaille est le prototype sur lequel on a moulé toutes les autres. Le prototype de l'unité de longueur est conservé à Sèvres. Un prototype d'avion.
PROTOXYDE
n. m.
T. de Chimie
. Composé le moins oxygéné de tous ceux que peut former une substance quelconque, en se combinant avec l'oxygène. Le protoxyde d'azote.
PROTOZOAIRE
n. m.
Animalcule de l'organisation la plus élémentaire et placé au plus bas degré de l'échelle animale.
PROTUBÉRANCE
n. f.
T. didactique
. Éminence, saillie. Les protubérances du crâne, du cerveau. Les protubérances du soleil.
PROTUBÉRANT, ANTE
adj.
Qui fait saillie. Un front protubérant.
PROTUTEUR
n. m.
Celui qui, sans avoir été nommé tuteur, est néanmoins fondé à gérer et administrer les affaires d'un mineur. Celui qui épouse une tutrice devient protuteur.
Il désigne aussi Celui qui est nommé pour gérer les affaires d'un mineur domicilié en France et ayant des biens dans les colonies, ou domicilié dans les colonies et ayant des biens en France.
PROU
adv.
Assez, beaucoup. Il est vieux et ne s'emploie que dans ces locutions familières : Peu ou prou. Ni peu ni prou.
PROUE
n. f.
Partie extrême de l'avant d'un vaisseau. Aller de poupe à proue, de la poupe à la proue. La proue d'une galère.
PROUESSE
n. f.
Action de preux, vaillance. Dans cette extrémité il se rappela son antique prouesse. Cette armée aussi célèbre par ses prouesses que par ses malheurs. Dans ce sens on l'emploie aussi ironiquement. Il va partout contant ses prouesses.
Il se dit, figurément et par plaisanterie, de Certains excès, surtout d'un excès de débauche. Ironiquement, Voilà une belle prouesse, se dit en parlant de Quelque action ridicule ou blâmable.
PROUVER
v. tr.
Établir la vérité de quelque chose par le raisonnement ou par le témoignage. Les premiers principes ne se prouvent pas, ils se supposent. Prouver un fait. Prouver la vérité d'un fait. Prouver une chose en justice. Le crime a été suffisamment prouvé. On prouva par ses lettres et par sa propre signature qu'il était d'intelligence avec les ennemis. Ce que vous dites là me prouve à quel point vous êtes mal renseigné. Reste à prouver que... Il n'est pas prouvé que... Condamné faute d'avoir pu prouver l'alibi. Qu'est- ce que cela prouve?
Prov., Qui veut trop prouver ne prouve rien, Trop d'empressement à vouloir convaincre d'une chose provoque le soupçon, l'incrédulité.
PROUVER signifie quelquefois, par extension, Montrer, indiquer, marquer. Cette action prouve beaucoup de bonté, beaucoup de dureté de coeur, beaucoup d'égoïsme. Cette réponse prouve beaucoup de présence d'esprit. Cet événement prouve que je ne m'étais pas trompé dans mes conjectures. Cela prouve la nécessité d'en finir.
PROVÉDITEUR
n. m.
Nom que les Vénitiens donnaient à Certains officiers publics, qui avaient le commandement d'une flotte, ou d'une province, ou d'une place de guerre, ou qui étaient chargés de quelque inspection particulière. Provéditeur de la santé.
PROVENANCE
n. f.
Origine, endroit d'où provient une chose. Des marchandises de provenance étrangère.
Il se dit, en termes de Commerce et de Douanes, de Tout ce qui provient d'un pays, de tout ce qui est transporté d'un pays dans un autre; alors il s'emploie surtout au pluriel. Les provenances de tel pays ne sont pas soumises aux mêmes droits que celles de tel autre.
PROVENDE
n. f.
Provision de vivres. Bonne provende. Songeons à la provende. Il faut aller à la provende. Il est familier et peu usité.
Il se dit, en termes d'Économie rurale, d'un Mélange de divers aliments très nourrissants qu'on donne aux bestiaux.
PROVENIR
v. intr.
Procéder, venir, dériver, résulter. D'où croyez-vous que proviennent tant d'abus? Cela provient de ce qu'il n'y a pas de surveillance. De là sont provenus tous les désordres. Les enfants qui proviendront de ce mariage. Les biens qui proviennent de la succession.
PROVERBE
n. m.
Sorte de sentence, de maxime exprimée en peu de mots et devenue d'usage commun. Cela a passé en proverbe. Il ne parle que par proverbes.
Proverbes de Salomon, Les sentences, les paraboles, les maximes de Salomon, contenues dans le livre qui porte le titre de Proverbes.
PROVERBE se dit aussi d'une Sorte de petite comédie qui se joue en société et qui met en action un proverbe. Ils ont joué des proverbes. Les proverbes de Carmontelle. Les Comédies et Proverbes d'Alfred de Musset.
PROVERBIAL, ALE
adj.
Qui tient du proverbe, qui est passé en proverbe. Certaines gens abusent des façons de parler proverbiales. Son avarice est proverbiale.
PROVERBIALEMENT
adv.
D'une manière proverbiale. Parler proverbialement. On dit proverbialement : Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse.
PROVIDENCE
n. f.
Sagesse qui prévoit et qui pourvoit. La providence du prince doit s'étendre sur tous ses sujets. En ce sens il est vieux.
Il désigne spécialement la Suprême sagesse par laquelle Dieu conduit toutes choses. L'univers est réglé par la providence de Dieu. C'est un secret de la Providence divine. La divine Providence. Dieu lui-même considéré dans sa Providence. Les dons de la Providence. Les décrets, les conseils, les desseins, les vues, les ordres de la Providence.
L'ordre de la Providence, Le gouvernement temporel de la Providence.
Fig. et fam., Être la providence de quelqu'un, Contribuer beaucoup à sa fortune ou à son bonheur, songer pour lui à tout ce qui peut lui être utile ou agréable. Cet auteur est la providence des libraires. Vous êtes ma providence.
PROVIDENTIEL, ELLE
adj.
Qui a rapport à la Providence, qui est un effet de la Providence. Un événement providentiel.
Il se dit aussi des Personnes. Un homme providentiel.
PROVIDENTIELLEMENT
adv.
D'une manière providentielle. Il a été sauvé providentiellement.
PROVIGNEMENT
n. m.
T. d'Agriculture
. Action de provigner.
En termes de Grammaire, il signifie Création de mots nouveaux à l'aide de suffixes. Règle donne par provignement Règlement, réglementer.
PROVIGNER
v. tr.
T. d'Agriculture
. Coucher en terre les jeunes pousses d'une plante, après y avoir fait une entaille, afin qu'elles prennent racine et qu'il s'en forme d'autres rejetons. Provigner une vigne pour la regarnir.
Il est quelquefois intransitif et signifie Multiplier. Ce plant a beaucoup provigné cette année.
PROVIN
n. m.
T. d'Agriculture . Rejeton d'une plante provignée. Voilà des provins qui viennent bien. Les provins ne rapportent pas la première année.
PROVINCE
n. f.
Étendue de pays qui fait partie d'un État et qui comprend plusieurs villes, bourgs, villages, etc., sous un même gouvernement. La France était divisée en provinces. La province de Guyenne, de Normandie, etc. Les provinces d'un royaume. Ce prince voyait la plupart de ses provinces au pouvoir de l'ennemi. Les États, les députés de telle province.
Il se dit, par extension, des Habitants mêmes d'une province. Cette province était surchargée d'impôts. Plusieurs provinces se soulevèrent.
En parlant de la France, il se dit, au singulier, par opposition à la Capitale, du Reste du pays. Gens de province. Noblesse de province. Aller en province. Partir pour la province. Se fixer en province. Demeurer en province. La vie de province. Une ville de province.
Il se dit aussi des Habitants des provinces en général. Toute la province en parle. Cet ouvrage a charmé la cour, la ville et la province.
Il a un air de province, se dit d'un Homme venu depuis peu de sa province et qui n'a pas encore pris l'air, les manières, le langage des habitants de la capitale. On dit aussi, familièrement et adjectivement : Il a un air province; Il est très province. On dit encore dans le même sens : Accent de province. Manières de province. Cela sent la province.
Dans l'ancienne circonscription ecclésiastique de la France, Province ecclésiastique, Étendue de la juridiction d'une métropole. Il y avait dix-huit provinces ecclésiastiques dans le royaume. En ce sens on disait aussi Province absolument. La province de Sens. Toute la Bourgogne était de la province de Lyon. La Bretagne était de la province de Tours.
PROVINCE, parmi les Religieux, se dit d'un Certain nombre de monastères soumis à la direction d'un même supérieur, appelé Provincial. Les cordeliers de la province de France. Les augustins de la province d'Aquitaine.
En termes d'Histoire romaine, il désigne un Pays conquis hors de l'Italie, assujetti aux lois romaines et administré par un gouverneur romain. Après la défaite de Persée, la Macédoine fut réduite en province romaine.
PROVINCIAL, ALE
adj.
Qui appartient à une province, qui concerne une province. Administration provinciale. Assemblée provinciale. Synode provincial. Concile provincial. Chapitre provincial. États provinciaux.
Il se dit souvent de l'Air, des manières, du langage, etc., des personnes de province, par opposition à l'air, aux manières, etc., des habitants de la capitale. Air provincial. Manières provinciales. Langage, accent, style provincial. Les moeurs provinciales.
PROVINCIAL s'emploie aussi comme nom et désigne les Habitants de la province. Un provincial. Une petite provinciale. Il nous amena une bande de provinciaux.
Il désigne encore, parmi les Religieux, le Supérieur général qui a inspection sur toutes les maisons d'une province de son ordre. Le provincial, le père provincial des cordeliers de France, des augustins d'Aquitaine.
PROVINCIALISME
n. m.
Locution particulière à une province. On remarque dans le style de cet écrivain un certain nombre de provincialismes.
PROVISEUR
n. m.
Directeur d'un lycée. Proviseur du lycée Louis-le-Grand, du lycée Henri-IV, etc.
Il se disait autrefois du Chef de certaines corporations, de certaines maisons. Proviseur de Sorbonne.
PROVISION
n. f.
Réunion, faite par prévoyance, de choses nécessaires ou utiles, soit pour la subsistance d'une maison, d'une ville, d'une province, soit pour la défense d'une place de guerre. Provision de vin, de blé, sel. Il n'a besoin ni de vin ni de bois pour cette année, il en a sa provision. La place est munie de toutes sortes de provisions de guerre et de bouche. Par extension, Faire provision de livres, faire bonne provision de livres pour la campagne.
Aller aux provisions, faire ses provisions, Se pourvoir des choses nécessaires.
Prov., Provision fait profusion, Quand on a dans un ménage une provision abondante de choses nécessaires à la vie, on en consomme plus que s'il fallait se les procurer à mesure.
PROVISION se dit figurément en parlant des Choses morales, et il signifie Réserve, quantité, dose. Ne cherchez pas à lui donner des ridicules, il en a déjà sa provision, bonne provision, une bonne provision. Cet homme, au cours de ses lectures, a fait provision de lieux communs sur tous les sujets. Il faut avoir une grande provision de patience.
En termes de Palais, il désigne Ce qui est adjugé préalablement à une partie, en attendant le jugement définitif, et sans préjudice des droits réciproques au principal. On lui a adjugé une provision de six mille francs. Provision alimentaire. Sentence de provision. Cet homme ayant été lésé a obtenu une provision de trois mille francs. Gagner la provision.
Il se dit aussi d'une Somme remise en acompte à un mandataire pour couvrir les premiers frais d'une opération, d'un procès, etc.
En termes de Commerce et de Banque, il se dit de la Somme déposée entre les mains de celui sur qui une lettre de change ou un chèque est tiré et qui doit suffire à en opérer le paiement. Faire la provision d'une lettre de change. Un chèque sans provision.
PAR PROVISION,loc. adv.
Provisoirement, en attendant et préalablement. Il a été ordonné par provision qu'il jouirait de la terre, qu'il toucherait la somme en donnant caution.
Il s'emploie aussi dans le langage familier et par plaisanterie. Comme nous ne dînerons qu'à neuf heures, je vais par provision faire un second déjeuner.
PROVISIONNEL, ELLE
adj.
Qui se fait par provision, en attendant ce qui sera réglé définitivement. Traité provisionnel. Partage provisionnel.
PROVISOIRE
adj. des deux genres
. Qui se fait en attendant une autre chose, préalablement à une autre chose qui sera définitive. Nous avons fait un arrangement provisoire. Ce n'est là qu'un établissement provisoire.
En termes de Politique, Gouvernement provisoire Gouvernement qui n'est pas définitif.
PROVISOIRE se dit, en termes de Procédure, d'un Jugement rendu par provision. Jugement provisoire. Sentence provisoire. Arrêt provisoire.
Mainlevée provisoire, Mainlevée qui a été ordonnée en jugement par provision.
Matière provisoire, Ce qui requiert célérité. Les aliments, les réparations, etc., sont matière provisoire. On dit, dans un sens analogue, Demande provisoire.
Exécution provisoire, Celle qui a lieu nonobstant l'appel du jugement. Ordonner, prononcer l'exécution provisoire, avec ou sans caution.
PROVISOIRE s'emploie aussi comme nom dans toutes ses acceptions. Il a gagné le provisoire. Introduire un provisoire. Ce n'est là qu'un provisoire. Rester dans le provisoire. Sortir du provisoire. Prov., En France, rien ne dure comme le provisoire.
PROVISOIREMENT
adv.
D'une manière provisoire, en attendant. On arrange mon appartement, et provisoirement j'habite à l'hôtel.
En termes de Procédure, il signifie Par provision. Cela n'a été jugé que provisoirement.
PROVISORAT
n. m.
Dignité, qualité de proviseur.
Il se dit aussi de la Durée des fonctions d'un proviseur.
PROVOCANT, ANTE
adj.
Qui provoque. Regards provocants. Des sourires provocants. Des paroles provocantes.
PROVOCATEUR, TRICE
adj.
Qui provoque. Agent provocateur. Des mesures provocatrices.
Il s'emploie aussi comme nom. C'est lui qui a été le provocateur.
PROVOCATION
n. f.
Action de provoquer. Provocation à la révolte. Coupable de provocations. Ces continuelles provocations finirent par le lasser.
PROVOQUER
v. tr.
Inciter, exciter. Provoquer quelqu'un au combat. Il l'a frappé, mais il avait été provoqué par beaucoup d'injures. On l'avait provoqué à se battre. Provoquer en duel.
Absolument, Provoquer quelqu'un, L'exciter à la lutte. Il signifie aussi Inciter au désir. Cette femme s'entend à provoquer les hommes.
PROVOQUER signifie aussi Causer, susciter. Provoquer une éruption. Ce remède provoque des vomissements. Provoquer l'hilarité. Ses paroles ont provoqué des protestations. Provoquer une émeute.
PROXÉNÈTE
n. m.
Anciennement, Courtier, celui qui négociait un marché. Il ne s'emploie plus aujourd'hui qu'en mauvaise part; il est alors des deux genres et désigne un Entremetteur, une entremetteuse.
PROXÉNÉTISME
n. m.
Métier d'entremetteur, d'entremetteuse.
PROXIMITÉ
n. f.
Voisinage d'une chose à l'égard d'une autre. La proximité des lieux où l'on a souvent affaire épargne bien du temps. La proximité de leurs maisons leur donne la facilité de se voir à toute heure. Avoir une chose à sa proximité, à proximité. Il est à proximité de la ville. Cette villa est à proximité de la mer.
Il se dit encore du Rapprochement dans le temps. La proximité d'une date.
Il se dit aussi de la Parenté qui est entre deux personnes. C'est la proximité du sang, plutôt que l'amitié, qui les a unis dans un même intérêt. La proximité qui est entre nous. La proximité du degré.
PRUD'HOMIE
n. f.
Probité, sagesse dans la conduite. C'est un homme d'une grande prud'homie. J'ai toujours eu bonne opinion de sa prud'homie. Il est vieux.
Il désigne encore le Lieu ou siègent les prud'hommes de certains métiers, particulièrement chez les pêcheurs des ports français de la Méditerranée. Aller à la prud'homie.
PRUD'HOMME
n. m.
Vieux mot qui désignait autrefois un Homme sage, un homme d'honneur et de probité. On ne s'en sert plus que pour désigner un Homme expert et versé dans la connaissance de certaines choses. L'arrêt portait qu'on s'en remettrait au dire de prud'hommes et gens à ce connaissants. Il y a des conseils de prud'hommes qui jugent les différends en matière d'arts et de métiers, entre les ouvriers et les maîtres.
Il se dit particulièrement, dans les ports et les villes de la Méditerranée, de Pêcheurs élus par les gens de leur profession, pour connaître des contraventions et des contestations relatives à la pêche maritime.
PRUD'HOMMESQUE
adj. des deux genres
. Il se dit, par dérision, de Façons de parler banales et sentencieuses qui s'accompagnent d'airs importants. Un langage prud'hommesque. Une solennité très prud'hommesque.
PRUDE
adj. des deux genres
. Vieux mot qui désignait autrefois une Personne sage, honnête, vertueuse. Il ne s'emploie plus aujourd'hui que dans un sens péjoratif et signifie Qui a l'air et les manières de la pruderie. C'est une femme quia toujours été prude. Elle a toujours passé pour prude. Une mine, un extérieur prude. Ce jeune homme a un petit air prude dont on serait la dupe.
Il s'emploie aussi comme nom; mais on ne le dit alors que des Femmes. C'est une prude. Les prudes et les coquettes.
PRUDEMMENT
adv.
Avec prudence. Agir prudemment. Se conduire prudemment.
PRUDENCE
n. f.
Qualité qui permet d'apercevoir et d'éviter les dangers et les fautes, qui fait connaître et pratiquer ce qui est convenable dans la conduite de la vie. Agir, se conduire avec prudence. La prudence doit être la règle de toutes nos actions. Il n'y a pas de prudence à en user de la sorte. Il a bien manqué de prudence dans cette occasion. Une prudence consommée. Ce magistrat s'est conduit avec beaucoup de prudence. Ce général a donné des marques d'une grande prudence dans toutes ses campagnes. Je m'en remets, je m'en rapporte à votre prudence. Je me repose sur votre prudence. Sa prudence s'est trouvée en défaut. J'admire la prudence de votre conduite, de vos discours. La prudence est une des quatre vertus cardinales.
Prov., Prudence est mère de sûreté. Dans le style de l'Écriture sainte, Prudence mondaine, prudence de la chair, prudence du siècle, Habileté dans la conduite, lorsqu'elle ne regarde que les choses du monde et qu'elle n'a point de rapport à celles du ciel; par opposition à Prudence chrétienne, Celle qui apprend à discerner ce qui conduit à Dieu de ce qui en éloigne, et qui fait préférer l'un à l'autre.
Fig. et fam., Avoir la prudence du serpent, Être très prudent.
PRUDENT, ENTE
adj.
Qui a de la prudence, qui est doué de prudence. C'est un homme très prudent, une femme très prudente.
Il se dit aussi de la Conduite dans les affaires du monde et dans les choses qui y ont rapport. Il a tenu une conduite prudente dans cette affaire. Il fit une réponse très prudente. Ce fut une action prudente que la sienne. Il fit une retraite prudente. Il a gardé un silence prudent. Vos avis prudents m'ont empêché de faire cette faute.
PRUDERIE
n. f.
Réserve outrée et affectée en ce qui touche à la pudeur et à la bienséance; pudibonderie. C'est une pruderie hors de saison. Elle est d'une pruderie insupportable. Elle a un air de pruderie. La pruderie du langage. Cet écrivain fait sourire par sa pruderie.
PRUNE
n. f.
Fruit à noyau, rond ou allongé, dont la chair est couverte d'une peau lisse et fleurie, et dont il y a plusieurs variétés agréables au goût. Prunes de reine-Claude. Prunes de Monsieur. Prunes de mirabelle. Prunes sèches. Prunes confites. Prunes à l'eau-de-vie.
Il est aussi adjectif des deux genres et signifie Qui est d'un violet foncé. Un manteau prune. Une robe prune.
POUR DES PRUNES,loc. adv.
Pour peu de chose, pour rien. On ne l'emploie guère qu'avec la négative ou dans une interrogation qui vaut une négative. Ce n'est pas pour des prunes qu'ils se sont rassemblés. Ils ne sont pas là pour des prunes. Suis-je venu pour des prunes? Cette locution est populaire.
PRUNEAU
n. m.
Prune séchée au four ou au soleil. Des pruneaux de Tours. Une caisse de pruneaux. Faire cuire des pruneaux.
Fig. et fam., C'est un petit pruneau se dit, par plaisanterie, d'une Fille ou d'une femme qui a le teint extrêmement brun.
Il s'emploie dans le langage populaire comme synonyme de projectile.
PRUNELAIE
n. f.
Lieu planté de pruniers.
PRUNELLE
n. f.
Sorte de petite prune sauvage et âpre.
Il se dit aussi d'une Liqueur faite avec ce fruit.
PRUNELLE
n. f.
Ouverture, qui paraît noire, dans le milieu de l'oeil et par laquelle passent les rayons lumineux qui vont impressionner la rétine. La prunelle de l'oeil. Une taie qui couvre la prunelle de l'oeil. La dilatation de la prunelle.
Fam., Jouer de la prunelle, Jeter des oeillades, faire quelque signe des yeux. Il se dit ordinairement en parlant des Signes qu'un homme et une femme se font l'un à l'autre, quand ils sont d'intelligence.
Fig. et fam., Conserver une chose comme la prunelle de ses yeux, La conserver soigneusement, précieusement. Il y tient comme à la prunelle de ses yeux.
PRUNELLE
n. f.
Sorte d'étoffe de laine.
PRUNELLIER
n. m.
Prunier sauvage, arbrisseau qui porte les prunelles.