Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 232 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Commission

 

n. f.

Charge qu'on donne à quelqu'un de faire quelque chose. Donner commission à quelqu'un de faire quelque chose, lui donner une commission, le charger de quelque commission. Faire une commission. Exécuter, remplir une commission. S'acquitter de sa commission. Outrepasser sa commission. Il a reçu commission d'aller en tel lieu. Révoquer une commission. Elle a commission d'acheter les plus belles étoffes.

Il se dit aussi d'un Message dont on charge un domestique, un subalterne, un commissionnaire. Ce domestique fait fort bien les commissions. On lui a donné plusieurs commissions.

En Termes de Commerce, il se dit de la Profession de celui qui fait habituellement des actes de commerce pour le compte d'autrui. Faire la commission. Il s'est enrichi à faire la commission, dans la commission. Maison de commission.

Il se dit également de Ce qu'un commissionnaire perçoit pour son salaire. Il en a coûté tant de commission sur ces marchandises.

Commission rogatoire. Voyez ROGATOIRE.

Il se disait également d'une Lettre de marque. Un navire ne peut aller en course sans être pourvu d'une commission de son gouvernement. Lettre de commission.

En termes de Marine militaire, Ce vaisseau est en commission, Il est en armement.

Il se dit encore d'une Réunion de personnes commises pour remplir des fonctions spéciales, ou chargées d'un travail préparatoire, de l'examen d'une chose, d'une affaire. Commission permanente. Commission spéciale. Commission d'enquête, d'examen. La Chambre a nommé la commission qui doit être chargée de l'examen du projet de loi. Commission du budget. Amendements proposés par la commission. Rapports de la commission. Le rapporteur d'une commission. L'Académie a nommé une commission qui devra s'occuper de cet objet. Les membres d'une commission.

Il se dit également de Certains tribunaux d'exception. Commission militaire.

 

COMMISSIONNAIRE

 

n. m.

Celui qui est chargé d'une commission pour quelque particulier.

Il se dit spécialement, en termes de Commerce, de Celui qui fait profession d'acheter ou de vendre pour le compte d'autrui et spécialement pour le compte des fabricants et des commerçants.

Il se dit encore de Celui dont le métier est de porter des messages ou des fardeaux. Les commissionnaires se tenaient ordinairement au coin des rues.

 

COMMISSOIRE

 

adj.

T. de Jurisprudence

. Qui a pour effet d'annuler un contrat. Il ne s'emploie que dans les deux expressions : Clause commissoire, Clause par laquelle on stipule, dans un contrat de vente, que, si l'acheteur ne paie plus le prix convenu dans un temps déterminé, la vente sera résiliée. Pacte commissoire, Contrat de gage par lequel le créancier demeure propriétaire de la chose engagée, si le débiteur ne paie pas au terme fixé. Le pacte commissoire est interdit comme usuraire.

 

COMMISSURE

 

n. f.

Point de jonction de deux ou plusieurs parties. En termes d'Anatomie. La commissure des nerfs optiques, La commissure des lèvres, des paupières. En termes d'Architecture, Les commissures d'un pilier.

 

COMMODE

 

adj. des deux genres

. Dont l'usage est utile et agréable. Maison commode. Un meuble commode.

Vie commode, Vie agréable et tranquille. Mener une vie commode. Rendre la vie commode.

Dans ce sens il se dit quelquefois des Personnes, Être commode à vivre. Être d'une société douce et aisée, d'un bon commerce. On dit dans le même sens Avoir l'humeur, un caractère commode.

Fam., C'est un homme qui n'est pas commode, se dit d'un Homme sévère, exigeant, ou avec lequel on ne peut pas plaisanter.

C'est un maître commode, fort commode, C'est un homme qui ne rudoie pas ses domestiques, qui ne les charge pas de trop de travail.

Il signifie aussi Qui est trop indulgent, trop facile. Ainsi on dit d'un Mari qui ferme les yeux sur la mauvaise conduite de sa femme C'est un mari commode ; et d'une Femme qui donne trop de liberté à sa fille C'est une mère commode.

En termes de Morale, il signifie quelquefois Qui est relâché. Avoir une dévotion commode, Une morale commode.

Il se dit aussi, familièrement et ironiquement, pour signifier qu'on ne met pas assez de façons aux choses, qu'on cherche plus ce qui est aisé que ce qui est convenable. Répondre par une simple dénégation, c'est commode.

Il s'emploie comme nom féminin, par ellipse d'Armoire, pour désigner un Meuble à hauteur d'appui, garni de tiroirs et servant particulièrement à serrer du linge et des habits. Une commode de bois d'acajou. Mettre à une commode un dessus de marbre.

 

COMMODÉMENT

 

adv.

D'une manière commode. Vivre commodément. Être logé commodément. Être vêtu commodément. Vous pouvez faire cela commodément.

 

COMMODITÉ

 

n. f.

Tout ce qui facilite l'usage d'une chose et la rend utile et agréable. ou Cet usage même rendu utile et agréable. Les dégagements font toute la commodité d'une maison. Il y a bien des commodités dans cette maison-là. C'est un petit appartement où l'on a toutes ses commodités. Les commodités de la vie. Pour plus de commodité. Prenez votre commodité. Faites cela à votre commodité. Avoir une chose à sa commodité. Le voisinage du parc nous procure la commodité de la promenade.

COMMODITÉS, au pluriel, s'est dit des Lieux d'aisances.

 

COMMODORE

 

n. m.

Dans certaines marines étrangères, Grade intermédiaire entre celui de capitaine de vaisseau et celui de contre-amiral.

 

COMMOTION

 

n. f.

Secousse violente. Nous avons eu un tremblement de terre dont la commotion s'est fait sentir jusqu'à tel endroit. Les commotions se succédaient rapidement. Fig., Les grandes commotions qui bouleversent les empires.

Il se dit spécialement, en termes d'Anatomie, d'un Violent ébranlement des centres nerveux, causé par une chute ou par quelque coup. Il y avait à craindre que ce coup, que cette chute n'eût fait commotion au cerveau. Il tomba de fort haut, ce qui lui causa une commotion générale dans tout le corps.

En termes de Physique, il désigne la Secousse plus ou moins violente que l'on éprouve par une décharge électrique.

 

COMMSSIONNER

 

v. tr.

Délivrer à quelqu'un une commission par laquelle on lui donne la mission de faire quelque chose. Il était commissionné par son gouvernement.

Agent commissionné, Agent muni d'une commission lui assurant son emploi à titre durable.

 

COMMUABLE

 

adj. des deux genres

. Qui peut être commué. Peine commuable.

 

COMMUER

 

v. tr.

Changer. Il ne se dit guère que dans cette phrase, Commuer une peine, La changer en une peine moindre. Il avait été condamné aux travaux forcés, mais sa peine fut commuée en celle de la réclusion.

 

COMMUN, UNE

 

adj.

Qui sert, qui peut servir à tout le monde ou seulement à plusieurs personnes. La lumière est commune à tous les hommes. Un puits commun. Une cour commune. Passage, escalier, chemin commun. Cela est commun à tout le bourg, commun aux deux maisons. Tout est commun entre eux.

Maison commune se disait de l'Hôtel où s'assemblent les officiers municipaux. On dit aujourd'hui MAIRIE.

Il signifie aussi Qui est propre à différents êtres ou à différentes choses. Le boire et le manger sont communs à l'homme et aux animaux. La vie végétative est commune aux animaux et aux plantes. Qualités communes. Traits, caractères communs. Ami commun. Péril commun. Des goûts communs les rapprochèrent. Cette douleur, cette joie m'est commune avec bien des gens. Entreprendre une chose à frais communs. La commune mesure de deux quantités. Diviseur commun. Le plus grand commun diviseur. Dénominateur commun. J'ai cela de commun avec lui. Cette affaire n'a rien de commun avec celle dont il s'agit.

En termes de Rhétorique, Lieux communs, Sources générales d'où un orateur peut tirer ses arguments. Aristote a traité des lieux communs. Il se dit aussi de Certaines réflexions générales qu'on développe à l'occasion de sujets particuliers. Cicéron et Massillon aiment à développer les lieux communs. Il se dit encore des Idées usées, rebattues. Il ne dit que des lieux communs.

Le Droit commun, La loi générale d'un pays qui s'applique à tout le monde sans exception. Un délit de droit commun, régime de droit commun.

Faire cause commune, se dit de Deux ou plusieurs personnes qui réunissent leurs efforts pour atteindre le même but, pour se défendre contre le même danger.

Faire bourse commune, se dit de Deux ou plusieurs personnes qui font leur dépense en commun.

Faire vie commune, Vivre à frais communs.

Vie commune se dit encore en parlant des Religieux ou des religieuses qui vivent en communauté. On appela Cénobites ceux qui avaient adopté la vie commune.

La vie commune se dit encore, surtout en termes de Littérature, des Moeurs générales, des événements ordinaires de la vie, par opposition à la condition des princes, des héros, etc.

En termes de Grammaire, Nom commun, Qui appartient à tous les individus de la même espèce par opposition à Nom propre qui n'appartient qu'à un seul.

Syllabe commune se dit, en termes de Prosodie, d'une Syllabe qui est tantôt brève et tantôt longue.

En termes de Géométrie, il se dit de Ce qui appartient à la fois à deux figures que l'on compare. L'angle a, le côté b c sont communs à tel triangle et à tel autre.

En termes de Jurisprudence, Époux communs en biens, Entre lesquels il y a communauté de biens. Le contrat porte que les époux seront communs en biens. On le dit quelquefois, au singulier, de l'Un des époux entre lesquels il y a communauté. L'époux commun en biens peut...

Sens commun, Faculté par laquelle la plupart des hommes jugent naturellement des choses. Cela est contre le sens commun. Cela répugne au sens commun, n'a pas le sens commun, n'a pas l'ombre du sens commun. C'est un homme qui n'a pas le sens commun.

Il signifie aussi Qui est public, général, qui est ordinaire, qui se pratique ordinairement, qui appartient ou peut appartenir à la plupart des hommes ou à un grand nombre d'hommes. C'est l'opinion commune. Une erreur très commune. L'intérêt commun. Une destinée commune. L'usage en est fort commun. Il n'y a rien de si commun, rien n'est plus commun. C'est une chose bien commune. Rien n'est plus commun que de voir...

Les mots, les termes communs de la langue, Les mots, les termes ordinaires de la langue par opposition à Ceux qui ne sont usités que dans les arts et dans les sciences.

Il signifie en outre Qui se trouve aisément et en abondance. Les melons sont fort communs cette année. Les bons muscats sont communs en Languedoc, en Provence.

La langue commune, La langue qui est parlée le plus généralement dans un pays. En Belgique, le français est la langue commune.

La voix commune, L'opinion générale.

D'une commune voix, À l'unanimité. D'un commun accord, De concert, chacun adhérant à la chose.

Faire preuve par la commune renommée, Faire preuve par l'opinion publique.

Il signifie encore Qui est médiocre, qui ne sort pas de l'ordinaire, qui est peu estimable dans son genre, et se dit aussi, dans cette acception, des Choses de l'esprit. Il a fait un discours très commun. C'est un prédicateur fort commun. Un auteur, un poète très commun. Une invention commune. Des pensées communes. Idée commune. Rien de plus commun (Voyez ci-dessus Lieux communs). Le fond commun.

Il signifie aussi Qui est vulgaire, bas, par opposition à Noble, distingué. Il a l'air commun, la figure commune. Son langage est bien commun. Cette femme a des manières communes.

Il se dit également des Marchandises, des objets de peu de valeur et d'une qualité médiocre. Un marchand qui n'a que des marchandises communes, très communes, qui n'a rien que de commun.

Cette terre donne tant de revenu, année commune, Bon an, mal an, en compensant les mauvaises années avec les bonnes.

Il est aussi nom masculin et il se dit d'une Société entre deux ou plusieurs personnes. Il faut prendre cette dépense sur le commun.

Vivre sur le commun, Vivre aux frais d'une société, sans prendre sa part de la dépense commune.

En commun, Ensemble, en société. Ils ont mis leur bien en commun. Ils vivent en commun. Travailler en commun. Ils jouissent de la succession en commun, jusqu'à ce qu'ils aient fait le partage.

Il signifie encore Le plus grand nombre, la plus grande partie. Le commun des hommes. Le commun des lecteurs.

Fig., Cette personne, cette chose est du commun, Elle n'est pas de grand mérite, de grand prix. C'est un homme du commun. Il est hors du commun. Il passe le commun. Il est au- dessus du commun. Sa charge le tire du commun. Une personne du commun signifie aussi quelquefois Une personne du peuple.

En termes de Liturgie, Le commun des apôtres, des martyrs, des confesseurs, des vierges, etc., L'office général des apôtres, des martyrs, etc., pour qui l'Église n'a point réglé d'office particulier. Fig. et fam., Être du commun des martyrs, Ne se faire distinguer par aucun talent, par aucune qualité.

Les communs, se dit, dans les grandes maisons, des Bâtiments qui servent aux cuisines, aux garages, aux écuries et généralement aux différentes parties du service. L'hôtel est petit, mais les communs sont très vastes.

 

COMMUNAL, ALE

 

adj.

Qui concerne une commune ou les communes ; qui appartient à une commune. Fête communale. Bien communal. École communale. Bois communaux.

Il s'emploie aussi comme nom masculin et signifie Propriété d'une commune et plus particulièrement les pâturages où les habitants d'une ou de plusieurs communes ont droit d'envoyer leurs troupeaux. Il faisait paître sa vache sur le communal. Vente des communaux.

 

COMMUNAUTÉ

 

n. f.

État de ce qui est commun. Communauté de sentiments. Communauté de biens et de maux. Certains utopistes ont proposé la communauté des biens, la communauté des femmes.

En termes de Jurisprudence, il se dit de la Société de biens entre conjoints. Se marier sous le régime de la communauté. Communauté légale. Communauté conventionnelle. Il y a communauté de biens entre eux. Communauté d'acquêts. L'actif, le passif de la communauté. Dissolution de la communauté. Cette femme a tant apporté à la communauté. Accepter la communauté. Renoncer à la communauté.

Il se dit aussi, d'une manière générale, de Certaines sociétés, de certains corps dont les membres sont unis par des intérêts communs. Agir dans les intérêts de la communauté. On disait autrefois La communauté des procureurs, la communauté des notaires.

Il s'applique surtout à la Société de plusieurs personnes qui vivent ensemble sous certaines règles religieuses et dans certaines pratiques de dévotion. Communauté religieuse. Une communauté de religieux, de religieuses, de femmes. Une communauté de prêtres. Les règles d'une communauté. Vivre en communauté.

Il se dit, par extension, d'une Maison religieuse où l'on vit en communauté. Le jardin de la communauté. Nous visitâmes toute la communauté.

 

COMMUNE

 

n. f.

Division du territoire français administrée par un maire et un conseil municipal. La commune de Sèvres, de Vincennes, etc. Le maire d'une commune. Commune rurale. Il y a tant de feux dans cette commune.

Il se dit aussi de la Personne morale représentant les habitants d'une commune. Ces biens ont été achetés par la commune. La commune s'est imposée extraordinairement. Il assigna la commune devant le tribunal de...

On s'en sert aussi quelquefois pour désigner le Corps municipal lui-même. La commune a pris une décision.

Il s'est dit, durant la Révolution française et en 1871, du Gouvernement révolutionnaire de la municipalité de Paris.

Il s'est dit également des Milices bourgeoises et des milices de la campagne. L'arrêt enjoignit aux communes de lui courir sus.

On appelait autrefois ainsi le Corps des bourgeois d'une ville ou des habitants d'un bourg, d'un village qui avaient reçu par une charte le droit de s'administrer eux-mêmes. La commune prit les armes. L'affranchissement des communes. Les privilèges des communes. Assembler les communes. Soulèvement des communes.

 

COMMUNÉMENT

 

adv.

D'après l'usage commun. On dit communément. Cela se pratique communément. Telle est l'idée qu'on s'en fait communément.

À parler communément, communément parlant, Selon l'opinion commune, ou Selon la façon de parler ordinaire.

 

COMMUNIANT, IANTE

 

n.

Celui, celle qui communie. Il y a eu tant de communiants à Pâques dans telle paroisse.

Premiers communiants, Premières communiantes, Ceux, celles qui vont faire ou qui viennent de faire leur première communion.

 

COMMUNICABLE

 

adj. des deux genres

. Qu'on peut communiquer. Le dossier de cet accusé n'est pas communicable.

Il peut signifier aussi Qu'on peut faire communiquer. Ces deux rivières sont communicables, Elles peuvent être jointes par un canal.

Il signifiait aussi Qui peut se communiquer. Il est de la nature de Dieu d'être communicable. COMMUNICANT, ANTE

 

adj.

Qui communique. Vases communicants.

 

COMMUNICATIF, IVE

 

adj.

Qui se communique facilement. Le rire est communicatif. Cet homme a une gaieté communicative.

Il se dit plus ordinairement des Personnes et signifie Qui aime à se communiquer, à faire part aux autres de ses pensées, de ses connaissances, de ses lumières. Il est communicatif. Cette femme est très communicative. C'est un homme peu communicatif.

 

COMMUNICATION

 

n. f.

Action de communiquer ou Résultat de cette action. La communication du mouvement. La communication de l'aimant. La communication de l'électricité. La communication d'une maladie.

Il se dit particulièrement des Informations, des renseignements que l'on donne. J'ai une communication à vous faire. Il a reçu des communications d'un haut intérêt.

Donner communication d'une chose à quelqu'un, Lui en faire part, lui en donner connaissance. On dit dans le même sens On m'a donné communication de cette lettre, de ce traité, de ce contrat, etc. J'en ai demandé, j'en ai eu, j'en ai pris, j'en ai reçu, obtenu communication.

En termes de Procédure, Communication de pièces, Exhibition qu'une partie fait à l'autre des pièces sur lesquelles elle fonde sa demande. La communication se fait entre avoués. Le délai de la communication. Communication d'office. On dit en ce sens Donner, recevoir en communication.

Communication au ministère public, au parquet, Remise que l'on fait au parquet de toutes les pièces du procès, dans les causes où le ministère public doit ou veut être entendu. Ordonner la communication au ministère public.

Il signifie aussi Relation, commerce, correspondance. Ils ont grande communication ensemble. Ils ont, ils entretiennent communication de pensées et de sentiments. Elle ne veut avoir avec lui aucune communication. Intercepter les communications. Entrer en communication avec quelqu'un. Être en communication. Faciliter la communication, les communications. Établir des communications entre deux personnes, entre deux villes.

Il se dit encore du Moyen par lequel deux choses communiquent. Communication d'une chambre, d'un appartement, d'un corps de logis à l'autre. Porte de communication. Escalier de communication. La communication des deux mers. Ouvrir des communications d'un lieu à un autre. Canal de communication. Chemins de grande communication, Routes départementales.

En termes de Téléphonie, Donner la communication, Mettre en communication deux personnes qui veulent causer par le téléphone. Demander la communication.

En termes d'Art militaire, Lignes de communication, Tranchées ou galeries que l'on pratique afin que deux quartiers de l'armée, deux attaques puissent correspondre à couvert et se secourir mutuellement. On dit en ce sens Établir, rompre une communication. La communication est rétablie, etc.

 

COMMUNIER

 

v. intr.

Recevoir le sacrement de l'Eucharistie. Communier dévotement. Dans l'Église catholique, les prêtres seuls communient sous les deux espèces. Communier à Pâques. Communier à sa paroisse. Communier à telle messe. Communier de la main de l'évêque, de la main de son curé.

Il est aussi transitif et signifie Administrer la communion. C'est son curé qui l'a communié.

 

COMMUNION

 

n. f.

Union de plusieurs personnes dans une même foi. La communion des fidèles. La communion de l'Église romaine, La communion de l'Église grecque, etc. Il n'est pas de notre communion. Les diverses communions chrétiennes. Il est dans la communion, hors de la communion de l'Église. Il s'est séparé, on l'a retranché de la communion de l'Église. La Communion des Saints, L'union qui existe entre l'Église triomphante, l'Église militante et l'Église souffrante.

Par extension, on dit aussi Être en communion d'idées, de sentiments avec quelqu'un, Partager les mêmes idées, les mêmes sentiments.

Il se dit aussi de la Réception du corps et du sang de Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST. La sainte communion. Aller à la communion. S'approcher de la communion. Se préparer, se présenter à la communion. Faire sa première communion privée, sa première communion solennelle. Donner la communion. Faire une bonne communion. On n'a pas voulu le recevoir, l'admettre à la communion. Communion pascale.

Il désigne par extension la Partie de la messe où le prêtre communie.

 

COMMUNIQUER

v. tr.

Rendre commun à, faire part de, transmettre. Un corps qui communique son mouvement à un autre. Le feu communique sa chaleur. Le soleil communique sa lumière à toute la terre. L'aimant communique sa vertu au fer et à l'acier. Il lui communiqua sa maladie. Le mouvement d'un corps se communique à un autre. La chaleur du feu se communique aux corps environnants. Une maladie qui se communique aisément.

Fig., Communiquer son savoir, ses lumières, ses vertus à quelqu'un. Il communique sa gaieté, sa joie, sa douleur, sa tristesse à tout le monde. Il sut lui communiquer son zèle. Communiquer sa puissance. Dieu lui communique ses grâces.

Il signifie aussi Donner communication de quelque chose, faire connaître. Communiquer ses affaires à un ami. Il ne m'en a rien communiqué. Je lui ai communiqué mon intention, mon secret. Des renseignements fort exacts m'ont été communiqués. Quand ils se furent communiqué leurs réflexions. Les ambassadeurs se communiquèrent respectivement leurs pouvoirs. Communiquer les pièces d'un procès.

Dans cette acception, le participe passé COMMUNIQUÉ s'emploie comme nom masculin pour désigner une Communication officielle faite à la presse par les pouvoirs publics.

Il se dit spécialement, en temps de guerre, des Communications officielles par lesquelles l'État-Major rend compte quotidiennement des opérations. L'arrivée du communiqué. La lecture du communiqué.

SE COMMUNIQUER signifie spécialement Entrer facilement en conversation avec quelqu'un. C'est un bon chef qui se communique aisément. Les rois d'Orient se communiquent rarement à leurs sujets. Vous vous communiquez trop. Il ne faut pas se communiquer à tout le monde.

COMMUNIQUER est aussi intransitif quand il signifie Se mettre en relation avec. Communiquer avec un accusé. Nous ne pûmes longtemps communiquer ensemble. Ils communiquaient entre eux par tel moyen. On communiquait avec le dehors par tel endroit.

Il signifie aussi, en parlant des Choses, Être en rapport au moyen de, et, dans ce sens, il peut avoir la forme pronominale. Cette chambre communique avec telle autre par un corridor. Ces deux chambres communiquent ou se communiquent par un corridor. Absolument, Ces deux fleuves communiquent ou se communiquent.

 

COMMUNISME

 

n. m.

Doctrine sociale qui demande l'abolition du droit de propriété individuelle et la communauté des biens.

 

COMMUNISTE

n. des deux genres

. Partisan du communisme. Adjectivement, Propagande communiste. Le parti communiste.

 

COMMUTATEUR

 

n. m.

T. de Mécanique

. Appareil qui sert à changer à volonté dans une machine la direction d'un mouvement ou à l'interrompre

Il désigne, spécialement en termes d'Électricité, les Appareils qui servent à la transmission du courant électrique.

COMMUTATRICE.n. f.

désigne un Type spécial de commutateur qui transforme les courants alternatifs en courants continus, ou inversement.

 

COMMUTATIF, IVE

 

adj.

Qui est relatif à un échange, aux échanges. Il n'est guère usité que dans les deux locutions suivantes : Justice commutative, Celle qui, dans l'échange d'une chose contre une autre, oblige à rendre autant qu'on reçoit. La justice commutative diffère de la justice distributive. Contrat commutatif, Celui par lequel chacune des parties s'engage à donner ou à faire une chose équivalente à ce qu'on lui donne ou à ce qu'on fait pour elle.

 

COMMUTATION

 

n. f.

Action de commuer. Commutation de peine. Accorder, obtenir une commutation de peine.

 

COMPACITÉ

 

n. f.

T. de Physique

. Qualité de ce qui est compact.

 

COMPACT, ACTE

 

adj.

Qui est condensé, dont les parties sont fort serrées. Corps compact. Substance compacte. Les métaux les plus compacts sont les plus pesants.

Il signifie figurément Qui est pressé, étroitement uni. Une foule compacte. Une masse compacte. Une majorité compacte.

En termes de Typographie, Volume compact se dit d'un Livre dont le texte imprimé est très serré.

En termes de Librairie, Édition compacte, Édition dont chaque volume renferme la matière de plusieurs volumes des éditions ordinaires.

 

COMPAGNE

 

n. f.

Féminin usuel de Compagnon. Celle qui partage le sort de quelqu'un. Vous fûtes les compagnes de ma captivité. Par analogie, La tourterelle gémit quand elle a perdu sa compagne.

Il se dit plus ordinairement d'une Jeune fille par rapport à celles qui font leurs études avec elle. Compagne de collège, de cours, etc.

Il se dit encore, dans un sens particulier, d'une Femme par rapport à son mari. Prendre, se choisir une compagne.

Il se dit figurément des Choses qui en accompagnent d'autres, qui s'y trouvent ordinairement jointes. La médiocrité, compagne du repos. Les infirmités, compagnes de la vieillesse.

 

COMPAGNIE

 

n. f.

Réunion de plusieurs personnes assemblées pour le plaisir d'être en société. Une nombreuse compagnie. Il fut bien reçu, lui et sa compagnie. Aimer la compagnie. Recevoir compagnie chez soi. Il est très aimable en compagnie. Prov., Il n'y a si bonne compagnie qui ne se sépare ou ne se quitte.

Il se dit, par extension, de Plusieurs personnes que des habitudes ou des goûts communs rapprochent et qui forment une espèce de société. Il est de notre compagnie. Introduire quelqu'un dans une compagnie.

La bonne compagnie, L'ensemble des personnes distinguées par leur éducation, leur politesse, leur bon ton. Sa maison est le rendez-vous de la bonne compagnie. Il a le ton de la bonne compagnie. Par opposition, La mauvaise compagnie. Les mauvaises compagnies l'ont perdu.

Être de bonne compagnie, Avoir un bon ton, de bonnes manières. On dit dans le sens opposé Être de mauvaise compagnie.

Il se dit encore, dans un sens plus général, en parlant de Deux ou plusieurs personnes qui sont ensemble, qui font ensemble la même chose. Ils vinrent de compagnie. Elle y alla de compagnie avec sa soeur. Il sortit en compagnie d'un tel. Tenir, faire compagnie à quelqu'un. Il serait bien aise de jouir un moment de votre compagnie. C'est une triste compagnie que vous me donnez là. On le dit de même en parlant de Certains animaux, par rapport aux personnes, ou par rapport à ceux de leur espèce. Son chien, son oiseau est pour elle une compagnie. Il se dit aussi des Choses qui peuvent distraire quelqu'un dans la solitude, l'empêcher de se sentir seul. Le feu lui tient compagnie. Les livres lui tiennent compagnie.

Dame, demoiselle de compagnie, Dame ou demoiselle placée auprès d'une autre dame ou demoiselle, pour lui tenir compagnie.

Fam., Fausser compagnie, Se dérober d'une compagnie, ou manquer à s'y trouver quand on l'a promis. Il m'a faussé compagnie.

En termes de Chasse, Une compagnie de perdreaux, de faisandeaux, Une bande de perdreaux, etc.

Bêtes de compagnie, Jeunes sangliers qui vont encore par troupes. Ce sanglier a quitté les compagnies, Il commence à aller seul. Fig. et fam., par plaisanterie, Être bête de compagnie, Aimer la société et se laisser facilement mener où les autres veulent. Il fera ce que vous voudrez, il est bête de compagnie.

Il se dit aussi de Certaines associations commerciales dont les membres sont ordinairement en grand nombre. Former une compagnie. Compagnie d'assurance. Compagnie de chemin de fer. L'administration d'une compagnie. Les actionnaires d'une compagnie. On dit plus souvent SOCIÉTÉ.

Règle de compagnie, Règle d'arithmétique dont on se sert pour partager le gain ou la perte des associés, suivant l'intérêt qu'ils ont dans l'entreprise. On dit plutôt aujourd'hui Règle de société.

En termes de Commerce, Un tel et compagnie, Un tel et ses associés. Cette maison de commerce, de banque est sous la raison Gauthier, Lefèvre et compagnie. On écrit ordinairement, par abréviation, ie Un tel et C.

Il se dit également d'une Réunion de personnes formant un corps, une assemblée, tels que des magistrats, des gens de lettres, des savants, des artistes, des religieux. Tel fut l'avis de la compagnie. Il a eu tous les suffrages de la compagnie. La compagnie de Jésus, Nom que prend la Société des jésuites.

Il se dit aussi d'une Unité de formation d'infanterie sous les ordres d'un capitaine. Régiment de tant de compagnies. Commander une compagnie. Les lieutenants, les sous-lieutenants d'une compagnie. Le cadre d'une compagnie. Première, deuxième compagnie.

Compagnie de discipline. Voyez DISCIPLINE.

Compagnie franche, Compagnie qui n'est incorporée dans aucun régiment.

Compagnies, Grandes compagnies, e Bandes qui s'étaient formées au XIV siècle, pendant les guerres entre l'Angleterre et la France, et qui ravagèrent longtemps ce dernier pays.

 

COMPAGNON

n. m.

Celui qui est habituellement avec un autre, qui fait avec lui la même chose. Compagnon d'école, d'étude, de fortune, de gloire. Compagnon de voyage. C'est un agréable compagnon, un fâcheux compagnon. Il a deux compagnons préférés.

Il se dit figurément des Choses qui en accompagnent d'autres, qui s'y trouvent ordinairement jointes. L'esprit n'est pas toujours compagnon du bon sens.

Prov. et fig., Qui a compagnon a maître, On est souvent obligé de céder aux volontés de ses associés, des personnes avec qui l'on vit.

Compagnons d'armes se disait anciennement des Chevaliers qui avaient fait ensemble amitié particulière, avec protestation de ne se quitter jamais. Il se dit encore de Ceux qui ont fait la guerre ensemble.

Il signifie quelquefois Égal. C'est un homme qui ne peut souffrir ni compagnon ni maître. Traiter, vivre de pair à compagnon, Traiter d'égal avec familiarité.

Un bon compagnon se dit encore d'un Homme qui est gaillard, drôle, éveillé. Il fait le bon compagnon.

Fam., C'est un hardi compagnon, Il est homme d'exécution et déterminé.

Fam., C'est un petit compagnon, se dit d'un Homme qui fait pauvre figure.

Il désigne aussi un Apprenti qui travaille auprès d'un ouvrier plus expérimenté.

Il se dit plus particulièrement des Artisans qui font partie d'une société de gens de métier. Compagnons du Tour de France.

 

COMPAGNONNAGE

 

n. m.

Temps pendant lequel un jeune homme qui avait fini son apprentissage travaillait chez un maître, avant de pouvoir travailler pour son propre compte.

Il se dit aussi de la Réunion des gens de certains métiers en différentes associations. Interdire le compagnonnage. Il y a différentes sortes de compagnonnage.

 

COMPARABLE

 

adj. des deux genres

. Qui peut être comparé avec quelqu'un ou avec quelque chose. Un homme comparable aux plus grands hommes de l'antiquité. Y a-t-il rien de comparable à cela? Des talents si divers ne sont pas comparables.