Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 634 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Matelasser

 

v. tr.

Garnir de coussins rembourrés et piqués, en façon de matelas. Matelasser des chaises. Une porte matelassée.

 

MATELASSIER, IÈRE

 

n.

Celui, celle qui fait et qui rebat des matelas.

 

MATELOT

 

n. m.

Tout homme qui fait partie de l'équipage manoeuvrier d'un bâtiment de mer. On dit plutôt aujourd'hui MARIN.

Il est employé dans la marine militaire pour désigner le grade ou la fonction. Matelot de première classe, de deuxième classe. Matelot timonier, matelot torpilleur, matelot de pont.

Matelot, dans la Marine marchande, se dit de Celui qui est spécialisé dans la conduite nautique du navire. Ce paquebot comprend deux cents hommes d'équipage dont cinquante matelots.

Il se dit, par analogie, dans la Tactique navale, de Chacun des vaisseaux d'une ligne considéré par rapport à celui qu'il précède ou qu'il suit immédiatement. Matelot d'avant. Matelot d'arrière. Chaque unité doit serrer sur son matelot d'avant. Adjectivement, Vaisseau matelot.

 

MATELOTE

 

n. f.

T. de Cuisine

. Mets composé d'une ou de plusieurs sortes de poissons apprêtés avec du vin et des oignons. Matelote d'anguilles. Matelote à la marinière.

 

MATER

 

v. tr.

T. du jeu d'Échecs

. Réduire le roi, par échec qu'on lui donne, à ne pouvoir sortir de sa place, ou à n'en pouvoir sortir sans se mettre de nouveau en échec. Je vous materai avec ce pion-là.

Il signifie, au figuré, Mortifier, affaiblir. Mater son corps, sa chair par des jeûnes, par des austérités.

Il signifie encore Humilier, abattre, dompter. Mater quelqu'un. Il a réussi à mater cette troupe indisciplinée. On a bien maté son orgueil. Il faut mater ce caractère opiniâtre.

 

MÂTER

 

v. tr.

T. de Marine

. Garnir un navire de ses mâts. Mâter un vaisseau. Il signifie aussi Dresser comme un mât. Mâter les avirons.

 

MÂTEREAU

 

n. m.

T. de Marine

. Petit mât.

 

MATÉRIALISER

 

v. tr.

Supposer matériel, considérer comme matériel. Les idolâtres matérialisaient la Divinité. Quelques philosophes matérialisent l'âme, l'esprit.

Il signifie aussi Rendre matériel ou simplement sensible. L'artiste a voulu matérialiser cette idée.

 

MATÉRIALISME

 

n. m.

Doctrine philosophique qui ramène tout à la matière.

 

MATÉRIALISTE

 

n. des deux genres

. Celui, celle qui adopte les principes du matérialisme.

Adjectivement, Doctrine matérialiste. Un écrivain matérialiste.

 

MATÉRIALITÉ

n. f.

Qualité de ce qui est matière.

Il se dit aussi de la Réalité des faits. La matérialité d'un fait.

 

MATÉRIAUX

 

n. m. pl.

Les différentes matières qui entrent dans la construction d'un bâtiment, comme la pierre, le bois, la tuile, etc. Il va bâtir, il a ses matériaux tout prêts. Il assemble ses matériaux. Les matériaux d'un bâtiment.

Il se dit aussi, figurément, de Tout ce qu'une personne qui se dispose à écrire l'histoire ou à composer quelque autre ouvrage de l'esprit rassemble de faits, d'idées, de réflexions, etc. Cet écrivain rassemble, prépare, dispose, met en ordre ses matériaux. Les matériaux d'une histoire, d'un dictionnaire.

 

MATÉRIEL, ELLE

 

adj.

Qui est formé de matière. Les substances, les choses matérielles.

Il signifie aussi Qui a rapport à la matière, qui tient de la matière. Suivant quelques philosophes, les actions des animaux sont purement mécaniques et matérielles.

Fig., Il est matériel, c'est un esprit bien matériel, se dit de Quelqu'un qui ne s'attache guère qu'aux choses de la matière.

MATÉRIEL se dit aussi par opposition à Moral. Les intérêts matériels et les intérêts moraux. Des avantages matériels. Jouissances matérielles.

MATÉRIEL, dans l'ancienne philosophie scolastique, signifiait Qui est opposé à Formel, La cause matérielle doit être distinguée de la cause formelle. Substantivement, Distinguer le matériel du formel.

En termes de Jurisprudence, Faux matériel, Celui qui est commis innocemment et sans intention coupable; par opposition à Faux formel, Celui que l'on commet sciemment et à mauvaise intention.

MATÉRIEL, pris comme nom masculin, désigne l'Ensemble des objets de toute nature qui sont employés à quelque service public, par opposition à Personnel, qui s'entend de Toutes les personnes attachées à ce même service.

Le matériel d'une armée, Les bagages, les munitions, les pièces d'artillerie, etc., par opposition aux troupes qui composent l'armée. Le débarquement du matériel exigera beaucoup de temps. L'ennemi a perdu tout son matériel. Matériel de siège. On dit dans un sens analogue Le matériel d'une imprimerie, d'une fabrique, d'un chemin de fer, etc.

 

MATÉRIELLEMENT

 

adv.

T. de l'ancienne Philosophie scolastique

, qui signifiait Par rapport à la matière et qui s'opposait à Formellement. L'homme est mortel matériellement, et immortel formellement.

Il signifie aujourd'hui Absolument et en fait. La chose est matériellement impossible.

 

MATERNEL, ELLE

 

adj.

Qui est propre à la mère, qui est naturel à une mère. Amour maternel. Affection maternelle. Par extension, Vous êtes maternelle pour lui.

Côté maternel, ligne maternelle, La ligne de parenté du côté de la mère. Parents maternels, biens maternels, Les parents, les biens du côté de la mère.

Langue maternelle, La langue du pays où l'on est né.

 

MATERNELLEMENT

 

adv.

D'une manière maternelle.

 

MATERNITÉ

 

n. f.

État, qualité de mère. La maternité a ses joies et ses peines.

MATERNITÉ se dit d'un Établissement de l'Assistance publique destiné à recevoir les femmes enceintes et qui sont sur le point d'accoucher. La Maternité. Il peut se dire aussi d'Établissements privés analogues. Une maternité.

 

MATHÉMATICIEN, IENNE

 

n.

Celui, celle qui fait son étude principale des mathématiques, qui s'occupe d'ouvrages ou de travaux relatifs à cette science. Un grand mathématicien. Une mathématicienne distinguée. MATHÉMATIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui est relatif à la science des nombres, des figures et des mouvements. Démonstration, opération mathématique.

Point mathématique, Le point considéré abstractivement comme n'ayant aucune étendue.

Sciences mathématiques ou, par ellipse, Les mathématiques, n. f. pl. Nom générique par lequel on désigne l'arithmétique, la géométrie, la mécanique, etc. Problème de mathématiques. Cours de mathématiques.

Mathématiques pures, Celles qui considèrent les propriétés des nombres et des figures d'une manière abstraite; et Mathématiques appliquées, Celles qui les considèrent dans leurs applications aux sciences physiques. La géométrie, l'algèbre, etc., appartiennent aux mathématiques pures; l'astronomie, la mécanique font partie des mathématiques appliquées.

Dans les établissements d'instruction publique on distingue deux classes de mathématiques : Les mathématiques élémentaires et Les mathématiques spéciales, cette dernière servant à la préparation des grandes Écoles.

 

MATHÉMATIQUEMENT

 

adv.

Selon les règles des mathématiques. Cela est vrai mathématiquement parlant.

 

MATIÈRE

 

n. f.

Ce dont une chose est faite. La matière de cet ouvrage est riche, mais l'art surpasse encore la matière. La façon de l'ouvrage coûte plus que la matière.

Matières d'or et d'argent, Les espèces fondues, les lingots et les barres employés pour la fabrication des monnaies.

Dans l'industrie et le commerce, Matières premières, Les matières avant qu'elles soient mises en oeuvre.

MATIÈRE désigne, en termes de Philosophie, la Substance étendue, divisible et susceptible de recevoir toute sorte de formes. Les propriétés de la matière. La divisibilité de la matière. On ignore quelle est l'essence de la matière.

Matière animale, végétale, minérale, Substance appartenant au règne animal, végétal, minéral.

Matière brute, Celle qui n'offre pas les caractères de l'organisation.

Matière organisée, Toute matière vivante ou ayant vécu, qu'elle appartienne à un végétal ou à un animal.

MATIÈRE se dit aussi par opposition à Esprit. S'élever au-dessus de la matière. Être dégagé de la matière.

Fam., Être enfoncé dans la matière, Avoir l'esprit grossier.

MATIÈRE, en termes de Médecine, se dit des Substances évacuées par le haut ou par le bas. Matière des vomissements. Matière fécale.

Matière médicale, Connaissance des substances employées en médecine et de la manière de les préparer et de les administrer. Il possède à fond la matière médicale. Traité de matière médicale.

En termes d'Arts, MATIÈRE se dit de la Qualité des éléments matériels qui entrent dans la réalisation d'une oeuvre d'art. Cette statue, ce meuble est d'une belle matière.

MATIÈRE désigne figurément le Sujet sur lequel on écrit, on parle. Belle, ample, riche matière à traiter. Matière pauvre, stérile, ingrate. La matière d'un discours. Traiter à fond, approfondir, épuiser une matière. Il a bien divisé, bien distribué sa matière. Entrer en matière. La conversation a roulé sur toute sorte de matières. Il faut à la fin d'un livre une table des matières très complète.

Au sens scolaire, MATIÈRE désigne le Sujet qu'on propose à des élèves pour le mettre en narration, en discours, en vers. Matière à mettre en vers latins.

MATIÈRE se dit aussi en parlant de Quelques-unes des parties qui composent la science du droit. Matière féodale. On l'emploie le plus souvent au pluriel. Les matières commerciales lui sont très familières.

EN MATIÈRE DE,loc. prép.

En fait de, quand il s'agit de. En matière de religion, de finance, etc.

MATIÈRE signifie aussi Cause, sujet, occasion. En ce sens, il s'emploie sans article. Il n'y a pas là matière à se fâcher. Donner, fournir matière à rire. Il n'y a pas matière à procès.

En termes de Jurisprudence, Matière civile, Ce qui donne action au civil. Matière criminelle, Ce qui donne action au criminel. La matière d'un crime, d'un délit, Ce qui constitue un crime, un délit.

 

MATIN

 

n. m.

La première partie, les premières heures du jour. Il se lève de bon matin, de grand matin. La prière du matin. Le crépuscule du matin. Dès le matin. Adverbialement, Il s'est levé matin, fort matin, très matin. Faire sa prière matin et soir. Soir et matin. On dit Demain au matin et, plus ordinairement, Demain matin.

Fam., Un de ces matins, un beau matin, se dit d'un Jour, d'un temps qui n'est pas déterminé. J'irai vous voir un de ces matins. Il nous arriva un beau matin.

Fig. et poétiquement, Le matin de la vie, Les premières années de la vie. On dit, dans le même sens, Être dans son matin, à son matin.

Fig. et fam., Il faut se lever bien matin pour l'attraper, Il est toujours sur ses gardes, on ne saurait le surprendre.

Prov., Rouge au soir, blanc au matin, c'est la journée du pèlerin, Le ciel rouge le soir et blanc le matin présage un beau temps.

MATIN signifie aussi Tout le temps qui s'écoule depuis le moment où on se lève jusqu'au repas du milieu du jour. Il travaille tout le matin, et l'après-midi il se repose. Il reste chez lui, il reçoit le matin.

Il signifie encore Tout le temps qui s'écoule depuis minuit jusqu'à midi. Une heure, deux heures, trois heures du matin, et ainsi de suite, jusqu'à onze heures du matin.

 

MÂTIN

 

n. m.

Gros chien de garde.

Fig. et fam., il s'emploie pour désigner un Enfant qui a fait preuve de malice ou de hardiesse. Ah! le mâtin!

MÂTIN est aussi une exclamation populaire qui exprime la Surprise, l'étonnement.

 

MATINAL, ALE

 

adj.

Qui s'est levé de bonne heure, ou qui a coutume de se lever de bonne heure. Vous êtes bien matinal aujourd'hui. C'est un homme qui n'est guère matinal.

Il signifie aussi Qui appartient au matin. La brise matinale.

Fleurs matinales, Les fleurs qui s'ouvrent le matin.

 

MÂTINEAU

 

n. m.

Petit mâtin.

 

MATINÉE

n. f.

La partie du matin qui s'écoule depuis le point du jour jusqu'à midi. Une belle matinée. Les matinées sont fraîches en automne. Il ne fait rien de toute la matinée. Passer la matinée à lire.

Fam., Faire la grasse matinée, Dormir bien avant dans le jour.

 

MÂTINER

 

v. tr.

Il se dit d'un Mâtin et, par extension, de tous les chiens qui couvrent une chienne d'une espèce différente de la leur.

Il s'emploie surtout au participe passé et se dit d'un Animal qui a perdu une partie de sa race. Les chiens mâtinés sont parfois bons à la chasse.

Par extension, MÂTINÉ signifie Qui est mêlé de. Il parle un français mâtiné d'espagnol.

 

MATINES

 

n. f.

pl. T. de Liturgie catholique

. La première partie de l'office divin, contenant un certain nombre de psaumes et de leçons qui se disent ordinairement la nuit. Le premier, le second, le troisième nocturne des matines. Aller, assister à matines. Chanter matines. On a dit matines et laudes. Sonner les matines. Matines sont sonnées.

Prov., Être étourdi comme le premier coup de matines, Être fort étourdi.

 

MATINEUX, EUSE

 

adj.

Qui a l'habitude de se lever matin. Il faut être plus matineux que vous n'êtes.

 

MATINIER, IÈRE

 

adj.

Qui appartient au matin. Il n'est guère usité que dans cette expression : L'étoile matinière, La planète Vénus, que l'on appelle aussi L'étoile du matin.

 

MATIR

 

v. tr.

T. d'Arts

. Rendre mat de l'or ou de l'argent, sans le polir, ni le brunir.

 

MATITÉ

 

n. f.

T. didactique

. État de ce qui est mat. Il se dit particulièrement d'un Son.

 

MATOIS, OISE

 

adj.

Qui est rusé. Il est très matois. Elle est plus matoise que vous ne pensez.

Substantivement, C'est un matois, un fin matois.

 

MATOISERIE

 

n. f.

Qualité de celui qui est matois. Vous ne connaissez pas sa matoiserie.

Il signifie aussi Tromperie, fourberie. Voilà une fine matoiserie. Il est vieux.

 

MATOU

 

n. m.

Chat mâle et entier. Gros matou. Un matou de gouttière.

 

MATRAQUE

 

n. f.

Il se dit proprement du Bâton qui sert de canne aux conducteurs d'animaux en Afrique, et plus généralement d'une Trique dont on se sert pour frapper.

 

MATRAS

 

n. m.

Vase de verre à long col dont se servent les chimistes et les pharmaciens.

 

MATRIARCAT

n. m.

Régime social de certaines tribus primitives où le pouvoir était exercé par les femmes, par les mères de famille.

 

MATRICAIRE

 

n. f.

T. de Botanique

. Plante de la famille des Composées dont les fleurs sont en corymbe.

 

MATRICE

 

n. f.

T. d'Anatomie

. Organe de la femme, dans lequel le foetus se nourrit et s'accroît jusqu'au terme de la gestation. Le col, les ligaments, l'orifice de la matrice. Cette femme a une maladie de la matrice. Chute, descente de matrice. Ulcère à la matrice. Il se dit aussi en parlant des Animaux. La matrice d'une jument, d'une chienne.

En termes de Minéralogie, il désigne soit le Lieu, soit la Substance où se forment certains minéraux. Les marcassites sont les matrices des métaux.

En termes d'Imprimerie, il se dit de la Pièce, ordinairement de cuivre, qui a reçu en creux l'empreinte de la lettre gravée sur un poinçon d'acier et qui s'ajuste au fond du moule dans lequel on fond les caractères.

Il désigne également le Coin d'une médaille ou d'une monnaie gravée avec le poinçon.

Il se dit aussi des Originaux ou étalons des poids et mesures.

Il désigne encore le Registre original où sont consignés les chiffres des rôles d'impositions directes. Matrice du rôle des contributions foncières.

 

MATRICULE

 

n. f.

Le registre, la liste, le rôle sur lequel on inscrit le nom de ceux qui entrent dans un régiment, dans un hôpital, dans une prison, et, en général, dans une société, une compagnie, etc. Le nom de cet avocat n'est point dans la matricule. Il a été rayé de la matricule. Par apposition, Registre matricule.

Numéro matricule et elliptiquement MATRICULE, n. m. On lui a indiqué son matricule. Tous les effets d'un soldat sont marqués à son matricule. MATRIMONIAL, ALE

 

adj.

T. de Jurisprudence

. Qui appartient au mariage. Questions matrimoniales. Conventions matrimoniales. Droits matrimoniaux.

 

MATRONE

 

n. f.

Nom donné autrefois par les tribunaux aux sages-femmes qu'ils désignaient, dans certains procès, pour visiter des femmes. On jugea sur le rapport de la matrone. Les matrones furent appelées.

Il se dit aussi des Dames romaines. Les vierges et les matrones.

Il se dit quelquefois, par plaisanterie, d'une Femme corpulente d'un certain âge, d'une certaine gravité. C'est une respectable matrone.

 

MATTE

 

n. f.

T. d'Arts

. Substance métallique qui n'a subi qu'une première fonte et qui n'est pas encore dans un état suffisant de pureté.

 

MATURATION

 

n. f.

Progrès successif des fruits vers la maturité. Ce temps est contraire à la maturation des fruits.

Il se dit, dans un sens analogue, en parlant des Tumeurs purulentes. La maturation d'un abcès.

 

MÂTURE

 

n. f.

Ensemble des mâts d'un bâtiment.

Il désigne aussi le Bois propre à faire des mâts.

Il signifie encore l'Art de mâter les bâtiments.

Il désigne aussi l'Atelier et les magasins établis pour confectionner, réparer, conserver les mâts et les bois de mâture. Je vais à la mâture.

 

MATURITÉ

 

n. f.

État où sont les fruits, les grains, les légumes quand ils sont mûrs. Parfaite maturité. Ce fruit ne viendra pas à maturité. Le raisin est à son point de maturité. Ces blés sont en pleine maturité.

Il se dit, dans un sens analogue, en parlant des Abcès et de la matière qu'ils contiennent. Cet abcès est ou n'est pas à son point de maturité.

La maturité de l'âge, L'état de développement complet des forces intellectuelles et physiques.

Maturité d'esprit, L'état d'un esprit mûr, formé, solide, etc. On dit aussi Maturité de jugement, de réflexion. Il manque de maturité. Avec l'âge il acquerra de la maturité.

 

MATUTINAL, ALE

 

adj.

Qui appartient au matin. Il est peu usité.

 

MAUDIRE

 

(Je maudis; nous maudissons. Maudis.)v. tr. Lancer des imprécations contre quelqu'un pour qu'il lui arrive du mal. Le christianisme défend de maudire ses persécuteurs. Il maudit tous les jours ceux qui lui ont donné de mauvais conseils.

MAUDIRE signifie, en particulier, dans le langage de la Bible, Réprouver. Caïn a été maudit de Dieu. Par extension, Ce père a maudit son fils.

MAUDIRE signifie aussi Détester une chose, exprimer l'horreur qu'on en a. Maudire sa destinée.

Le participe passé MAUDIT, ITE, s'emploie quelquefois adjectivement et signifie Qui est très mauvais. Un maudit chemin. Un temps maudit. Un maudit métier.

Il se dit aussi quelquefois, en parlant des Personnes et des choses, pour s'en plaindre avec impatience ou colère. Ce maudit homme est cause que j'ai perdu mon procès. Ce maudit valet de chambre a cassé toute ma verrerie. Il y a près de chez moi un forgeron dont le maudit marteau me casse la tête.

Par imprécation, Maudit soit le butor, le maladroit! Maudit soit le jour où je suis né! MAUDIT est aussi employé comme nom dans cette phrase de l'Évangile : Allez, maudits, au feu éternel.

 

MAUGRÉER

 

v. intr.

Manifester une très mauvaise humeur, en parlant ou plus souvent en grommelant. Il maugrée à toute occasion. Il ne cesse de maugréer contre tout le monde.

 

MAUPITEUX, EUSE

 

adj.

Vieux mot qui signifiait Cruel, impitoyable; et qui depuis a pris un autre sens dans cette phrase familière, peu usitée, Faire le maupiteux, Faire le misérable, se plaindre, se lamenter, sans en avoir autant de sujet qu'on veut le faire croire.

 

MAURESQUE

 

adj. des deux genres

. Qui appartient aux Maures. Style mauresque. Il s'emploie aussi comme nom féminin et désigne une Danse à la manière des Maures.

 

MAUSOLÉE

 

n. m.

Grand et riche monument funéraire; par allusion à celui que la reine Artémise fit élever à Mausole, son mari. Le mausolée de l'empereur Adrien. On lui a élevé un superbe mausolée. Un mausolée de marbre.

 

MAUSSADE

 

adj. des deux genres

. Qui est d'humeur fâcheuse. Cet homme est maussade. Il est d'un caractère maussade, d'une humeur maussade.

Il signifie, par extension, Qui cause du mécontentement, de l'ennui. Un temps, une journée maussade. Une lecture maussade.

 

MAUSSADERIE

n. f.

Mauvaise humeur, manières désagréables. Cet enfant est d'une maussaderie insupportable.

 

MAUVAIS, AISE

 

adj.

Il s'oppose à Bon et se dit des Choses, tant matérielles que morales, qui ont quelque vice ou quelque défaut essentiel. Mauvais pain. Mauvais vin. Mauvaise eau. Mauvais repas. Mauvaise chère. Mauvais chemin. Mauvais temps. Mauvaise odeur. Mauvais goût. L'air est mauvais dans ce pays. Mauvaise humeur. Mauvaise parole. Mauvaise action. Mauvaise habitude. Mauvais sentiment. Mauvais exemple. Mauvaise grâce. Mauvaise rencontre. Mauvais métier. Il est de mauvaise foi. Une mauvaise façon de parler. Il s'est tiré d'un mauvais pas. Mauvaise vue. Mauvaises jambes. Il est en mauvais état, en mauvaise santé, en mauvaise posture. Mauvaise nouvelle. Mauvais raisonnement. Mauvaise année. Un ami des bons et des mauvais jours. Être dans une mauvaise voie.

Mauvais lieu. Voyez LIEU.

Femme de mauvaise vie. Voyez VIE.

Les temps sont mauvais, se dit des Temps de trouble, de disette, d'oppression.

Avoir mauvaise mine. Voyez MINE. Faire mauvais visage, mauvaise mine à quelqu'un. Voyez VISAGE, MINE.

Avoir la langue mauvaise, mauvaise haleine. Voyez LANGUE, HALEINE.

Trouver une chose mauvaise, au sens matériel et au sens moral, La trouver désagréable, la désapprouver, J'ai trouvé cette médecine mauvaise. J'ai trouvé cette raison, cette plaisanterie très mauvaise, ce procédé fort mauvais.

Prendre, interpréter une chose en mauvaise part. Voyez PART.

Mauvais bruit, Nouvelle défavorable, propos désavantageux. Il court de mauvais bruits sur cette affaire.

MAUVAIS signifie quelquefois Qui est nuisible, incommode, qui cause du mal. Cet air est mauvais pour vous. Les fruits sont mauvais pour certains estomacs.

Mauvais pas. Voyez PAS.

Mauvais livre, Livre dangereux.

Il signifie encore Qui est sinistre, funeste, qui fait craindre quelque mal. Mauvais augure. Mauvais présage. Mauvais pronostic.

Le mauvais oeil. Voyez OEIL.

MAUVAIS, en parlant des Personnes, signifie Qui est enclin à faire du mal. C'est un mauvais homme, une mauvaise femme. C'est un mauvais coeur, un mauvais esprit. Mauvaise compagnie.

Le mauvais ange, Le diable, le démon.

Pop., Mauvaise bête, Homme ou femme qui se plaît à dire ou à faire des méchancetés.

Fam., Faire le mauvais, Se montrer agressif, prêt à causer du désordre.

MAUVAIS signifie encore Qui n'a pas les qualités qu'il doit avoir. Mauvais parent. Mauvais prêtre. Mauvais orateur. Mauvais poète. Mauvais peintre. Mauvais musicien. Mauvais ouvrier.

Mauvais plaisant se dit de Celui qui fait une plaisanterie de mauvais goût.

Avoir mauvais esprit. Voyez ESPRIT.

Mauvaise tête. Voyez TÊTE.

Avoir mauvaise tête et bon coeur. Voyez COEUR.

Mauvais garnement, mauvais sujet. Voyez GARNEMENT, SUJET.

MAUVAIS signifie quelquefois Qui est malicieux, épigrammatique, médisant. Que vous êtes mauvais! On dit quelquefois substantivement, par forme de plainte légère et amicale : Oh! le mauvais! Oh! la mauvaise!

MAUVAIS, avec la négation, en parlant des Personnes et des choses, signifie souvent Assez bon, ou même Fort bon, selon le ton qu'on y donne. Ce n'est pas un mauvais écrivain. Vous pouvez boire de ce vin : il n'est pas mauvais. Ce qui vient de se passer n'est pas mauvais pour vous, n'est pas déjà si mauvais.

MAUVAIS se prend comme nom masculin et signifie Ce qu'il y a de mauvais dans la chose ou dans la personne dont il s'agit. Il faut prendre le bon et le mauvais d'une affaire. Il y a du bon et du mauvais dans cet homme.

MAUVAIS s'emploie aussi adverbialement.

Ainsi l'on dit Sentir mauvais, Exhaler une mauvaise odeur. Cette viande est corrompue, elle sent mauvais. Cela sent fort mauvais dans cette chambre.

Fig. et fam., Cela sent mauvais, L'affaire tourne mal. D'après les nouvelles que j'ai reçues, cela sent mauvais pour lui.

Il fait mauvais, Il est dangereux de. Il fait mauvais marcher par un temps de verglas.

Il fait mauvais, Il fait vilain temps.

Trouver mauvais, Désapprouver. Ne trouvez pas mauvais que je prenne la liberté, si je prends la liberté de vous écrire. Je suis assuré qu'il ne le trouvera pas mauvais.

 

MAUVE

 

n. f.

Plante qui a donné son nom à la famille des Malvacées et qui est fréquemment employée en médecine comme émolliente et adoucissante. Une infusion de fleurs de mauve. De la tisane de mauve.

MAUVE s'emploie aussi comme nom masculin et désigne la Couleur de violet pâle de la mauve. Le mauve convient à votre teint. Le demi-deuil se porte quelquefois en mauve. Adjectivement, Une robe mauve. Des rubans mauves.

 

MAUVIETTE

 

n. f.

Espèce d'alouette. Une douzaine de mauviettes. Pâté de mauviettes.

Fig. et fam., C'est une mauviette, se dit d'une Personne grêle, d'une chétive complexion, d'une faible apparence.

Fig. et fam., Manger comme une mauviette, Manger fort peu.

 

MAUVIS

 

n. m.

Petite espèce de grive.

 

MAXILLAIRE

 

(On prononce les deux L.) adj. des deux genres . T. d'Anatomie

. Qui appartient aux mâchoires, qui a rapport aux mâchoires. Muscles, nerfs, artères, glandes maxillaires.

Os maxillaire ou, substantivement, MAXILLAIRE, Chacun des os composant la mâchoire.

 

MAXIMA

 

n. m. pl.

Il s'emploie quelquefois comme pluriel de Maximum. Voyez ce mot. Des maxima. Il s'emploie aussi comme adjectif féminin. Pression maxima.

En termes de Médecine, Tension ou Pression maxima. Température maxima.

Thermomètre à maxima, Thermomètre qui marque le plus haut degré de température atteint au cours d'une expérience.

 

MAXIME

 

n. f.

Proposition générale qui sert de principe, de fondement, de règle dans un art, dans une science, et particulièrement en matière de politique et de morale. Maxime générale, fondamentale. Fausse, dangereuse maxime. Maxime d'État. C'est une maxime reçue parmi les théologiens, parmi les casuistes. Suivre de mauvaises maximes. Agir contre sa maxime ordinaire, suivant, selon ses maximes.

Il se dit au pluriel d'un Recueil de pensées. Les Maximes de La Rochefoucauld.

 

MAXIMUM

 

(UM se prononce OME.)n. m.

T. de Mathématique

emprunté du latin. L'état le plus grand auquel une quantité variable puisse parvenir. Au pluriel, les mathématiciens disent des Maximums ou des Maxima. Déterminer les maxima et les minima d'une fonction.

MAXIMUM désigne aussi dans le langage ordinaire la Somme la plus forte dans l'ordre de celles dont il est question. Il a obtenu le maximum de l'indemnité à laquelle il pouvait prétendre.

Il se dit, par extension, de La plus forte des peines prononcées par la loi contre un crime ou un délit. On lui a appliqué le maximum de la peine.

Il se dit également du Taux au-dessus duquel, à certaines époques, Il a été défendu de vendre une denrée, une marchandise. Les effets du maximum ne pouvaient être que désastreux.

Il s'emploie, dans le langage courant, pour désigner Le plus haut point où une chose puisse être portée. Cette concession est le maximum de ce que je puis accorder. C'est le maximum de ce qu'on peut supporter. Cet arrangement présente le maximum d'avantages.

Il s'emploie aussi adjectivement. Loi du travail maximum. Tarif maximum.

 

MAYONNAISE

 

n. f.

T. de Cuisine

. Sorte de sauce froide faite avec du sel, du poivre, de l'huile, du vinaigre et du jaune d'oeuf. Par apposition, Sauce mayonnaise.

Il se dit aussi des Mets préparés avec cette sauce. Une mayonnaise de volaille.

 

MAZETTE

 

n. f.

Mauvais petit cheval. Il était monté sur une mazette. Une petite, une vieille mazette. Il est vieux.

Il se dit aujourd'hui, figurément et familièrement, de Celui qui manque de force ou d'ardeur, soit en marchant, soit en portant des fardeaux. Vous n'avancez pas, vous êtes une mazette.

Il se dit surtout d'une Personne inhabile à quelque jeu qui demande de la combinaison ou de l'adresse. Il ne sait pas jouer, c'est une mazette.

 

MAZOUT

 

n. m.

Mot emprunté du russe. Combustible liquide provenant de la distillation des pétroles.

 

MAZURKA

 

n. f.

Danse à trois temps, d'origine polonaise.

 

ME

 

Pronom personnel des deux genres

, représentant la première personne du singulier et qui s'emploie comme complément du verbe. Tantôt il est complément direct : Vous me soupçonnez mal à propos. Tantôt il est complément indirect et signifie à moi. Vous me donnez de sages conseils.

Il s'élide devant un mot commençant par une voyelle, et aussi devant en et y. Vous m'aimez. Vous m'avez secouru. Passons devant la porte de mon oncle, vous m'y laisserez. Ne m'en parlez pas.

Il se place devant le verbe, sauf quand celui- ci est à l'impératif sans négation. J'ai besoin de renseignements, donnez-m'en. Vous m'avez jeté dans l'embarras, faites-m'en sortir.

 

MEÂ-CULPÂ

 

n. m.

Expression latine tirée du Confiteor. Par ma faute.

Dire son meâ-culpâ, Faire son meâ-culpâ d'une chose, ou, absolument, Faire ou dire son meâ-culpâ, signifient Se repentir, avouer sa faute aux autres ou à soi-même. J'en fais mon meâ-culpâ.

 

MÉANDRE

 

n. m.

Sinuosité d'un fleuve, d'une rivière, par allusion au fleuve de Phrygie qui portait ce nom.

Par analogie, Les méandres d'un labyrinthe. Fig., Je ne parviens pas à suivre les méandres de sa pensée.

 

MÉAT

 

n. m.

T. d'Anatomie

. Orifice d'un conduit. Le méat auditif. Le méat urinaire.

 

MÉCANICIEN

 

n. m.

Celui qui invente, calcule, construit des machines. Dans cette acception, il s'emploie surtout par apposition. Ingénieur mécanicien. Chef mécanicien. Ouvrier mécanicien, et plus souvent, par ellipse, Mécanicien, Celui qui monte ou répare des machines. Officier mécanicien se dit, dans la Marine, de Celui qui a la charge de toutes les machines à vapeur ou électriques du bord.

MÉCANICIENNE se dit pour désigner une Ouvrière qui travaille à la machine à coudre.

MÉCANICIEN désigne spécialement Celui qui dirige une locomotive.

 

MÉCANIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui a rapport aux machines, aux mécanismes. Moyens mécaniques.

Par extension, il signifie Qui est machinal, rendu familier par l'habitude. Mouvements mécaniques. Il travaille, il agit d'une façon toute mécanique.

Il se dit encore de Ce qui agit par le mouvement et non par un effet chimique.

Il se dit aussi des Arts qui ont principalement besoin de l'action de la main. On divise les arts en arts libéraux et en arts mécaniques. La menuiserie, la serrurerie sont des arts mécaniques. Il signifie surtout Qui a rapport aux lois qui régissent le mouvement. Puissances, propriétés, causes, lois, principes mécaniques.

En termes de Géométrie, Courbes mécaniques, Courbes qui ne peuvent pas être exprimées par des équations algébriques. On dit plutôt Courbes transcendantes.

Il s'emploie très souvent comme nom féminin et désigne la Partie des mathématiques qui a pour objet la connaissance et l'application des lois générales de l'équilibre et du mouvement, ainsi que la théorie de l'action des machines. Les lois, les principes de la mécanique. Les termes de mécanique. Mécanique rationnelle ou analytique. Mécanique appliquée. La mécanique rationnelle se divise en trois parties : la cinématique, la dynamique et la statique. Traité de mécanique, ou elliptiquement Mécanique, Ouvrage qui traite des différentes parties de la mécanique.

Mécanique céleste, Science du mouvement des astres.

Il désigne aussi la Structure naturelle ou artificielle d'un corps, d'une chose en ce qui concerne son fonctionnement. La mécanique du corps humain. La mécanique animale.

Il se dit, par extension, dans le sens de Machine. Dentelle, broderie faite à la mécanique.

Il se dit spécialement du Mécanisme qui sert de frein à une voiture à cheval. Serrer la mécanique.

 

MÉCANIQUEMENT

 

adv.

D'une manière mécanique.

 

MÉCANISME

 

n. m.

La structure d'un organisme naturel ou artificiel et l'action combinée de ses parties. Le mécanisme de l'univers, du corps humain. Le mécanisme d'une montre, d'une pendule.

Par extension, Le mécanisme du langage, La structure matérielle des éléments de la parole, l'arrangement des mots et des phrases. On a écrit savamment sur le mécanisme du langage. On dit de même Le mécanisme des vers, de la prose. On dit aussi Le mécanisme de la pensée, de la passion.

Par analogie, Il n'est pas aisé de saisir au premier abord le mécanisme de cette opération financière.

En termes de Musique, L'étude du mécanisme. Ce pianiste a un bon mécanisme.

En termes de Philosophie, il désigne la Doctrine d'après laquelle tout s'explique dans l'univers par les seules propriétés mécaniques de la matière.

MÉCÈNE

 

n. m.

Celui qui encourage par ses libéralités les sciences, les lettres et les arts, par allusion au personnage de l'Histoire romaine qui portait ce nom. Pour installer ce musée, il faudrait trouver un mécène. Ce riche amateur est le mécène des artistes.

 

MÉCHAMMENT

 

adv.

Avec méchanceté. Il a dit cela méchamment. Il s'est comporté très méchamment en cette circonstance.

 

MÉCHANCETÉ

 

n. f.

Penchant à faire du mal. La méchanceté de son caractère. Cet homme est plein de méchanceté. Il l'a fait par méchanceté, par pure méchanceté. Une action pleine de méchanceté.

Il se dit familièrement de l'Opiniâtreté des enfants. Voyez la méchanceté de cet enfant.

Il signifie aussi Action méchante. Il a fait, il a commis toute sorte de méchancetés. Une méchanceté noire.

Il signifie encore Parole médisante, parole dite dans l'intention de nuire, d'offenser. Ce propos n'est pas une plaisanterie, c'est une méchanceté. Il n'ouvre la bouche que pour dire des méchancetés.

 

MÉCHANT, ANTE

 

adj.

Qui est mauvais, qui ne vaut rien dans son genre, qui est maigre, insuffisant. Dans cette acception, il précède toujours le nom. Il n'a hérité que d'une méchante terre. Il n'a reçu qu'une méchante gratification. Un méchant salaire. Une méchante compensation. Nous n'avions à nous mettre sous la dent qu'un méchant poulet. On dit dans le même sens Un méchant poète. Un méchant orateur. Un méchant livre.

Une méchante affaire, Une affaire qui peut causer des embarras, des dangers.

Avoir méchante mine signifie quelquefois Avoir l'air misérable.

Être de méchante humeur, Être d'humeur chagrine.

Fam., Méchante langue, Homme ou femme qui se plaît à médire.

Il signifie aussi Qui a un penchant à faire du mal. C'est un méchant enfant. Il est plus bête que méchant. Substantivement, Il faut fuir les méchants.

Par extension, Une méchante action. Des propos méchants. Un air, un regard méchant.

Fam., Trouver plus méchant que soi, Trouver plus fort, plus fier, plus puissant que soi.

Fig., La mer est méchante, La mer est menaçante, dangereuse.

MÉCHANT se dit, par forme de plainte légère et obligeante, de Celui qui s'est rendu coupable de quelque oubli, de quelque négligence. Vous êtes bien méchant d'être resté si longtemps sans me donner de vos nouvelles.

Le sens de méchant varie selon qu'il précède ou qu'il suit le substantif. Ainsi, Une méchante épigramme, de méchants vers signifient Une épigramme mal tournée, des vers mal faits; et Une épigramme méchante, des vers méchants, Une épigramme, des vers où il y a beaucoup de malignité.

 

MÈCHE

 

n. f.

Assemblage de fils de coton, de chanvre, etc., qu'on utilise pour l'éclairage dans les lampes à huile, à pétrole, à essence, etc. Allumer la mèche. Mettre le feu à la mèche. Une mèche qui charbonne. Moucher une mèche.

Il se dit encore d'un Assemblage de fils tordus que l'on enduit de suif pour faire des chandelles ou que l'on recouvre de cire ou de stéarine pour faire des cierges ou des bougies.

Mèche de briquet, Assemblage de fils de coton tordus et imprégnés de benzine ou d'essence qu'on enflamme au moyen d'une étincelle produite par une pierre spéciale.

Mèche de tonnelier, Sorte de tresse plate trempée dans du soufre et qu'on introduit enflammée dans les tonneaux pour leur enlever toute mauvaise odeur.

Par analogie, en termes de Chirurgie, il désigne une Sorte de petit rouleau de gaze stérilisée qu'on introduit dans une plaie pour faire séton et aussi un Petit tube de caoutchouc stérilisé faisant le même office.

Il se dit également de la Corde faite d'étoupe broyée et sèche, dont les soldats du génie, les mineurs, les carriers se servent pour mettre le feu à un explosif.

En termes de Génie militaire et d'Artillerie, Découvrir, éventer la mèche, Découvrir, au moyen d'une contre-mine, l'endroit où une mine a été pratiquée et enlever la mèche qui devait la faire jouer.

Fig. et fam., Découvrir, éventer la mèche, Découvrir le secret d'un complot, d'un arrangement, d'un dessein qui ne devait pas être divulgué. On dit aussi Vendre la mèche.

MÈCHE se dit encore du Bout de ficelle attaché à l'extrémité d'un fouet. La mèche de votre fouet est usée.

Il se dit aussi de la Houppette d'un bonnet de coton. Casque à mèche.

Mèche de cheveux, Pincée de cheveux séparée, en forme de mèche, du reste de la chevelure. Couper une mèche de cheveux.

Par extension, il se dit aussi, en termes d'Arts, de la Spirale de fer ou d'acier de certains outils servant à percer. La mèche d'un tire-bouchon, d'un vilebrequin.

 

MÉCHER

 

v. tr.

T. de Marchand de vin

. Faire entrer dans un tonneau la vapeur du soufre brûlant, au moyen d'une mèche.

 

MÉCOMPTE

 

n. m.

Espérance trompée, idée fausse ou exagérée qu'on s'est faite d'une chose. Il a éprouvé dans ses affaires de grands mécomptes. Cette entreprise ne lui a apporté que des mécomptes.

 

MÉCONIUM

 

(UM se prononce OME.)n. m.

T. de Médecine

. Matières visqueuses que rend l'enfant peu de temps après la naissance et qui s'étaient accumulées dans son intestin durant la grossesse.

 

MÉCONNAISSABLE

 

adj. des deux genres

. Qu'on ne peut reconnaître qu'avec peine. La maladie l'a rendu méconnaissable.

 

MÉCONNAISSANCE

 

n. f.

Action de méconnaître. La méconnaissance du Christ par les Juifs.

 

MÉCONNAÎTRE

v. tr.

Ne pas reconnaître. Le médecin a méconnu la nature de cette maladie.

Il signifie, par extension, Désavouer quelqu'un en affectant de ne pas le connaître. Il est devenu si orgueilleux qu'il méconnaît ses parents, ses amis.

Il signifie figurément Ne pas rendre justice à une personne; ne pas apprécier une qualité, une chose comme elle le mérite. Cet homme de génie a été méconnu de ses contemporains. On a méconnu ses talents, ses vertus, ses services, ses bienfaits. Un talent, un génie méconnu, ou substantivement Un méconnu, Celui auquel on ne rend pas justice, dont on n'apprécie pas le mérite.

SE MÉCONNAÎTRE signifie Se tromper sur soi-même.

 

MÉCONTENT, ENTE

 

adj.

Qui n'est pas satisfait de quelque chose. Il est mécontent de sa santé, de la conduite de son fils. Il est mécontent de n'avoir pas été récompensé. Je suis mécontent du résultat de cette affaire. Vous êtes mécontent de tout. Par extension, il s'applique aux Personnes dont on croit avoir à se plaindre. Il est mécontent de vous. Il s'en est allé mécontent. Je ne veux pas que vous soyez mécontent. Il est fort mécontent de son fils. Substantivement, Souvent, pour obliger une personne, on fait dix mécontents.

Être mécontent de soi-même, Avoir le sentiment qu'on n'a pas fait ce qu'on aurait dû, s'attribuer une faute, un manque d'adresse, d'à-propos.

Il se dit, particulièrement, de Ceux qui ne sont pas satisfaits du gouvernement, de l'administration des affaires publiques. Il y a beaucoup de mécontents dans cet État. Le parti des mécontents. C'est un mécontent.

 

MÉCONTENTEMENT

 

n. m.

État de celui qui est mécontent. Il a donné du mécontentement, de grands mécontentements, de grands sujets de mécontentement à ses parents. Le mécontentement qu'il a éprouvé de ce passe-droit l'a décidé à donner sa démission. J'ai bien du mécontentement de votre conduite. Un mécontentement général se manifesta.

 

MÉCONTENTER

 

v. tr.

Rendre mécontent. Cet enfant mécontente ses maîtres, ses parents. Ce ministre mécontente tous ceux qui ont affaire à lui.

MÉCRÉANT, ANTE

 

adj.

Qui ne croit point les dogmes de la religion et qu'on regarde comme impie. Vous avez l'âme mécréante. Substantivement, Un mécréant.

Il signifiait autrefois Qui est en dehors de la religion chrétienne et se disait surtout des Mahométans. Les peuples mécréants. Substantivement, Les mécréants.

 

MÉDAILLÉ, ÉE

 

adj.

Qui a reçu une médaille. Un artiste médaillé. Substantivement, Les médaillés de Sainte-Hélène. Les médaillés militaires.

 

MÉDAILLE

 

n. f.

Pièce de métal frappée ou parfois fondue en l'honneur d'une personne illustre, ou pour conserver le souvenir d'une action mémorable, d'un événement, d'une entreprise. On comprend aussi sous le nom de Médailles les Anciennes monnaies des Grecs, des Romains, etc. Médaille d'or, d'argent, de cuivre, de bronze. Médaille antique. Médailles impériales, consulaires. Médaille bien conservée, entière. Médaille à fleur de coin. Médaille frappée, moulée. Le coin ou la matrice d'une médaille. Le poinçon d'une médaille. Le module d'une médaille. La légende, le champ, l'exergue, l'inscription d'une médaille. Cabinet de médailles. Frapper, fondre une médaille, des médailles. Histoire par les médailles. La face ou l'avers d'une médaille. Le revers d'une médaille. Médaille saucée. Voyez SAUCER. Médaille fruste. Voyez FRUSTE. Médaille incuse. Voyez INCUSE. Médaille fourrée. Voyez FOURRER. Médaille martelée. Voyez MARTELER. Médaille restituée. Voyez RESTITUTION.

Fig. et fam., Le revers de la médaille. Voyez REVERS.

Prov. et fig., Toute médaille a son revers. Voyez REVERS.

Prov. et fig., C'est un profil de médaille, se dit d'une Personne dont les traits sont d'un dessin net et pur.

MÉDAILLE se dit aussi d'une Pièce d'or, d'argent, ou de cuivre, généralement bénite, qui représente un sujet de dévotion. Médailles de baptême, de première communion. Il a plusieurs médailles suspendues à son chapelet.

Il se dit encore de Certains prix qu'on donne aux poètes, aux orateurs, aux artistes, aux industriels qui ont obtenu les premiers rangs dans les concours ouverts par les académies ou par le gouvernement, etc. Il a obtenu une médaille d'or, d'argent, de bronze à la dernière Exposition universelle. Médaille d'honneur du Salon.

La médaille militaire, Décoration instituée en 1852 en faveur des sous-officiers et soldats les plus méritants et qu'on donne également aux généraux en récompense de services éclatants. La médaille de 1870, du Tonkin, du Maroc, Médailles données aux militaires en commémoration de ces campagnes. La médaille de Sainte-Hélène, Médaille donnée aux anciens militaires de la République et du Premier Empire.

Médaille de sauvetage, des épidémies, Médailles qui se donnent aux marins, aux médecins, etc.

MÉDAILLE se dit, de plus, d'une Plaque de métal numérotée que portent les commissionnaires, les porteurs des gares de chemins de fer, etc.

Il se dit également d'une Pièce de métal attribuée aux membres de certaines corporations. Médaille de membre de l'Institut. Médaille de député.

 

MÉDAILLER

 

v. tr.

Récompenser par une médaille. Il a été plusieurs fois médaillé au Salon.

 

MÉDAILLEUR

 

n. m.

Artiste qui fait des médailles. Les grands médailleurs de la Renaissance.

 

MÉDAILLIER

 

n. m.

Meuble composé de plusieurs tablettes à tiroir dans lesquelles il y a de petites découpures en creux, de forme ronde et de différentes grandeurs, propres à recevoir des médailles. Médaillier d'acajou.

Il désigne aussi une Collection de médailles. Son médaillier est l'un des plus curieux que l'on connaisse.

 

MÉDAILLON

 

n. m.

Médaille qui surpasse en poids et en volume les médailles ordinaires. Médaillon d'or, d'argent, de bronze.

En termes d'Architecture, il se dit d'un Bas-relief de forme ronde, sur lequel est représentée la tête de quelque personnage illustre ou quelque action mémorable.

En termes de Peinture, il désigne un Tableau de forme ronde ou ovale.

Il se dit aussi d'un Bijou, de forme circulaire ou ovale, dans lequel on enferme un portrait, des cheveux, etc. Médaillon d'or, d'écaille.

Il se dit aussi figurément, en termes de Littérature et d'Histoire, du Court portrait d'un écrivain ou de tout autre personnage notoire.

 

MÉDECIN

 

n. m.

Celui qui exerce la médecine. Médecin de la Faculté de Paris, de la Faculté de Montpellier. Médecin des hôpitaux. Médecin spécialiste. Médecin de quartier. Médecin consultant. Médecin d'étal civil. Médecin légiste. Médecin militaire. Médecin-major; on dit actuellement, en termes militaires : Lieutenant-médecin, capitaine-médecin, etc. Médecin inspecteur. Appeler le médecin. Il est abandonné des médecins, condamné par les médecins. Par ordonnance du médecin. On dit quelquefois Docteur médecin.

Prov. et fig., Médecin, guéris-toi toi-même, se dit d'un Homme qui se mêle de donner des conseils et qui aurait besoin d'en recevoir.

MÉDECIN se dit quelquefois figurément de Ce qui est propre à rendre ou à conserver la santé. Le régime et l'exercice sont d'excellents médecins.

MÉDECIN s'emploie aussi figurément par rapport aux Afflictions, aux maladies morales. En certains cas, le médecin de l'âme est plus nécessaire que le médecin du corps. Le temps est un grand médecin.

MÉDECIN VÉTÉRINAIRE. Voyez VÉTÉRINAIRE.

 

MÉDECINE

 

n. f.

Science des maladies et art de les guérir. Faire sa médecine. Docteur, étudiant en médecine. La Faculté, les écoles de médecine. Des livres, des thèses de médecine. Pratiquer, exercer la médecine.

Il se dit quelquefois pour Système médical. L'ancienne médecine. La médecine d'Hippocrate. La médecine des Arabes. Médecine homéopathique, allopathique.

Médecine agissante, Celle qui fait usage tout de suite des moyens qui tendent à guérir; par opposition à Médecine expectante, Celle des médecins qui ont pour principe d'attendre l'évolution naturelle de la maladie avant de se décider.

Médecine clinique, Celle qui se pratique auprès du lit des malades.

Médecine opératoire, Celle qui a pour objet les opérations chirurgicales. Médecine mentale, Celle qui s'occupe des maladies de l'esprit.

Médecine légale, Science de la médecine appliquée à différentes questions de droit pour les éclaircir et servir à les résoudre.

Médecine vétérinaire, Celle qui a pour objet la santé des animaux domestiques.

MÉDECINE se dit encore d'un Remède, sous forme liquide ou solide qu'on prend pour se purger. Ordonner une médecine. Prendre médecine.

Fam., Médecine de cheval, Médecine d'une action très énergique, ou même violente.

Fig. et fam., Avaler la médecine, Prendre son parti, se résigner malgré ses dégoûts. Il lui fallut avaler la médecine. On dit plutôt aujourd'hui Avaler la pilule.

 

MÉDIAL, ALE

 

adj.

T. de Grammaire

. Qui occupe le milieu d'un mot. Il ne se dit guère que des lettres. Consonne médiale. Substantivement, Une médiale. On dit aussi Médiane.

 

MÉDIAN, ANE

 

adj.

T. didactique

. Qui est placé au milieu. En termes de Géométrie, Ligne médiane, Ligne qui partage longitudinalement les figures et les corps en deux parties symétriques. Substantivement, La médiane, La ligne qui va du sommet d'un triangle au milieu du côté opposé. En termes d'Anatomie, Veines médianes, Veines, au nombre de trois, qui sont à la superficie de l'avant-bras. En termes de Botanique, Nervure médiane, Celle qui est au milieu de chaque feuille.

En termes d'Architecture, Colonnes médianes, Celles qui sont au milieu du porche et dont l'entrecolonnement est plus large que les autres.

 

MÉDIANOCHE

 

n. m.

Terme emprunté de l'espagnol. Repas qui se faisait après minuit sonné. Faire médianoche. Il est vieux.

 

MÉDIANTE

 

n. f.

T. de Musique

. La tierce qui tient le milieu entre la tonique et la dominante. Dans le mode majeur d'ut, mi est la médiante. Dans le mode mineur de la, ut est la médiante.

 

MÉDIASTIN

 

n. m.

T. d'Anatomie

. Cloison membraneuse formée par l'adossement des deux plèvres et qui sépare la poitrine en deux parties, l'une à droite, l'autre à gauche.

 

MÉDIAT, ATE

 

adj.

T. didactique

. Qui n'est en relation avec un corps que par un autre interposé. On le dit aussi d'une Personne ou d'une chose qui est en relation avec une autre par un intermédiaire. Héritier médiat. Juridiction médiate.

Princes médiats se disait des Princes allemands qui ne tenaient point leurs possessions directement de l'Empereur.

 

MÉDIATEMENT

 

adv.

T. didactique

. D'une manière médiate. Cette cause n'agit que médiatement. Ce seigneur ne relevait de la couronne que médiatement.

 

MÉDIATEUR, TRICE

 

n.

Celui, celle qui s'entremet pour opérer un accord, un accommodement entre deux ou plusieurs personnes, entre différents partis. Il a été médiateur dans cette affaire. Il a été choisi, il s'est offert pour médiateur de la paix. Convenir d'un médiateur. Récuser un médiateur. Les deux partis prirent cette princesse pour médiatrice. Elle se fit médiatrice entre les deux partis. Le roi de France se fit médiateur entre l'Autriche et l'Angleterre. JÉSUS-CHRIST est le médiateur entre Dieu et les hommes, est notre médiateur auprès de Dieu. Adjectivement, Les puissances médiatrices déclarèrent que...

 

MÉDIATION

 

n. f.

Entremise pour mettre d'accord deux personnes, deux partis. Cet accommodement a été fait par la médiation de tel homme d'État. On s'est servi de sa médiation. Il a offert, on a accepté, on a refusé sa médiation.

Médiation armée s'est dit de l'Acte de médiation dans lequel la puissance qui s'entremet entre les belligérants menace de faire la guerre à celle des deux parties qui n'acceptera pas ses propositions.

 

MÉDIATISER

 

v. tr.

Dans l'ancienne constitution de l'Allemagne, Faire qu'un prince, un pays, en Allemagne, ne relève plus immédiatement de l'Empereur. Prince médiatisé.

 

MÉDICAL, ALE

 

adj.

Qui a rapport à la médecine. Art médical. Profession médicale. Études médicales. Librairie médicale. Cet ouvrage est purement médical. C'est là une question tout à la fois judiciaire et médicale.

Le corps médical, L'ensemble des médecins d'une ville, d'une région.

Il signifie quelquefois Qui est propre à guérir. Les propriétés médicales d'une plante. On dit plutôt aujourd'hui MÉDICINAL.

Matière médicale, Connaissance des substances employées en médecine, et de la manière de les préparer et de les administrer. Il possède à fond la matière médicale. Traité de matière médicale.

 

MÉDICAMENT

 

n. m.

Préparation servant de remède et employée soit à l'intérieur, soit à l'extérieur du corps. Médicament pour l'usage interne, pour l'usage externe. Administrer des médicaments. Il se ruine en médicaments.

 

MÉDICAMENTER

 

v. tr.

Prescrire, administrer des médicaments à un malade. Il s'emploie surtout dans un sens péjoratif. Cet homme s'est rendu malade à force de se médicamenter.

 

MÉDICAMENTEUX, EUSE

adj.

Qui a la vertu d'un médicament. Le lait est un aliment médicamenteux. Substance médicamenteuse.

 

MÉDICASTRE

 

n. m.

Médecin ignorant et hâbleur.

 

MÉDICATION

 

n. f.

Fait d'administrer des remèdes à quelqu'un; Ensemble des remèdes qui constituent le traitement d'une maladie. Médication locale. Médication générale. Médication tonique.

 

MÉDICINAL, ALE

 

adj.

Qui sert de remède. Herbe, plante, potion médicinale. Ces eaux sont médicinales.

 

MÉDICO-LÉGAL, ALE

 

adj.

Qui a rapport à la médecine légale. Enquête, expertise médico- légale. Institut médico-légal, Nom donné nouvellement à la Morgue.

 

MÉDIÉVAL, ALE

 

adj.

Qui appartient à la période historique désignée par le nom de moyen âge. La littérature médiévale.

 

MÉDIÉVISTE

 

n. des deux genres

. Celui, celle qui se consacre aux études du moyen âge. C'est le plus savant des médiévistes actuels.

 

MÉDIOCRE

adj. des deux genres

. Qui est entre le grand et le petit, qui est moyen, à l'égard, soit de la qualité, soit de la quantité. Une somme médiocre. Un cheval de médiocre taille, de taille médiocre. Faire médiocre chère. Une fortune médiocre.

Il désigne spécialement Ce qui est intermédiaire entre le bon et le mauvais, mais plus rapproché du mauvais. Du vin médiocre. Livre médiocre. Un esprit médiocre. Ce devoir n'a eu qu'une note médiocre.

Un homme médiocre, Un homme de peu d'esprit, de peu de talent, de peu de capacité. Les gens médiocres réussissent souvent dans la vie, parce qu'ils ne portent ombrage à personne. Substantivement, Un médiocre.

Il s'emploie aussi substantivement pour désigner Ce qui est médiocre. En art, le médiocre est insupportable. Cet ouvrage est au-dessous du médiocre.

 

MÉDIOCREMENT

 

adv.

D'une manière médiocre. Il est médiocrement riche, médiocrement savant.

Il signifie aussi Peu, pas beaucoup. Je suis médiocrement satisfait de ce que vous me dites. Les louanges le touchent médiocrement.

 

MÉDIOCRITÉ

 

n. f.

État, qualité de ce qui est médiocre. La médiocrité de sa fortune, de son esprit.

Il se dit, absolument, de Cet état de fortune qui tient le milieu entre la richesse et la pauvreté, entre l'élévation et une condition inférieure. Vivre dans la médiocrité, dans une heureuse médiocrité.

Il signifie aussi Insuffisance du côté de l'esprit, du mérite. Cet homme est d'une grande médiocrité.

Il se dit, dans le même sens, en parlant des Ouvrages de l'esprit. Ce livre, ce discours, ce poème est d'une médiocrité désolante. La médiocrité en poésie est intolérable.

 

MÉDIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui appartient aux Mèdes, ou aux Perses que les Grecs appelaient souvent Mèdes. Il s'emploie surtout dans cette expression : Guerres médiques, Les guerres que les Perses firent aux Grecs dans le cinquième siècle avant J.-C. La première guerre médique, la seconde guerre médique.

 

MÉDIRE

 

(Je médis; nous médisons, vous médisez.)v. intr. Dire du mal de quelqu'un, soit par méchanceté, soit par légèreté. Médire de son prochain. Vous médisez de tout le monde.

 

MÉDISANCE

 

n. f.

Action de médire. La médisance est très commune dans le monde. Le péché de médisance. L'habitude de la médisance. Le mal fait par la médisance. Avoir horreur de la médisance.

Il signifie aussi Propos désavantageux. Dire une médisance, des médisances. Il s'est répandu en médisances sur votre compte. Semer les médisances.

C'est une pure médisance, se dit d'une Imputation avancée sans preuve.

MÉDISANCE se dit figurément et collectivement des Gens médisants. Faire taire la médisance. La médisance ne l'a point épargné.

 

MÉDISANT, ANTE

 

adj.

Qui médit. Personne, langue médisante. Propos médisants. Substantivement, On ne saurait trop se méfier des médisants.

 

MÉDITATIF, IVE

 

adj.

Qui est porté, livré, consacré à la méditation. Un esprit méditatif. Vie méditative. Substantivement, Les méditatifs sont souvent distraits.

 

MÉDITATION

 

n. f.

Action de méditer. Cette question exige une longue et profonde méditation. Être plongé dans la méditation. S'absorber dans la méditation.

Il se dit aussi de Certains écrits composés sur des sujets de dévotion ou de philosophie. Les Méditations de sainte Thérèse. Les Méditations de Descartes. Par extension, Les Méditations de Lamartine.

Il signifie encore Oraison mentale. Les religieux font la méditation. Entrer en méditation. Une heure de méditation. Une méditation d'une heure.

 

MÉDITER

 

v. tr.

Réfléchir sur quelque chose, l'examiner mûrement, de manière à l'approfondir. Méditer un sujet, une idée, une question, une difficulté. Méditer les principes d'un art, les vérités éternelles. C'est un livre à méditer. J'ai médité longtemps cette question. Méditez le sujet qui vous est donné.

Absolument, Ce philosophe passe sa vie à méditer. Il y a des gens qui sont incapables de méditer. Méditer sur un sujet, sur une question, sur une difficulté. Méditer sur Dieu, sur l'âme, sur le monde.

Il signifie aussi Projeter, penser à faire une chose, réfléchir aux moyens de l'exécuter. Méditer un projet, une entreprise. Méditer une bonne, une mauvaise action. Méditer la ruine de quelqu'un. Méditer une vengeance éclatante. Une entreprise longtemps méditée. Une réponse méditée. Avec un infinitif ou une proposition pour complément. Méditer de réparer une faute, de reprendre une affaire interrompue. Je méditais comment j'éviterais ce danger. Je médite à qui je confierai ce dépôt, à quoi je bornerai mes demandes, à quel tribunal je pourrais avoir recours. Méditer où on ira d'abord, par où on passera. Méditer si on acceptera telle proposition.

MÉDITER signifie aussi absolument Faire une méditation pieuse. Les religieux, les séminaristes ont des heures réglées pour méditer en commun.

 

MÉDITERRANÉ, ÉE

 

adj.

T. de Géographie

. Qui est au milieu des terres, enfermé dans les terres. Les villes, les provinces méditerranées. Les pays méditerranés. La mer Caspienne est une mer méditerranée.

Absolument, La mer Méditerranée, ou, substantivement, La Méditerranée, La mer qui est entre l'Europe, l'Afrique et l'Asie.

 

MÉDITERRANÉEN, ENNE

 

adj.

Qui appartient à la mer Méditerranée. Régions méditerranéennes. La civilisation méditerranéenne.

MÉDIUM

 

(UM se prononce OME.)n. m.

Mot emprunté du latin. T. de Musique

. Qui tient le milieu entre le grave et l'aigu, en parlant des Sons de la voix. Ce chanteur a la voix belle dans le médium, sa voix a un beau médium.

MÉDIUM se dit aussi d'une Personne qui passe pour servir d'intermédiaire entre les êtres vivants et ce qu'on appelle le monde des esprits. Un médium. Des médiums.

 

MÉDIUS

 

(On prononce l'S.)n. m.

Mot emprunté du latin. T. d'Anatomie

. Doigt du milieu de la main. Le médius est le plus long des cinq doigts.

 

MÉDULLAIRE

 

(On prononce les deux L.) adj. des deux genres . Qui appartient à la moelle ou qui en a la nature. Canal médullaire. La substance médullaire du cerveau, des plantes.

 

MÉDUSE

 

n. f.

Zoophyte au corps gélatineux. Le corps des méduses est phosphorescent pendant la nuit.

Fig., La tête de Méduse, Tout objet qui frappe d'épouvante, de stupeur, par allusion à Méduse, l'une des Gorgones, dont le regard et la tête, d'après la mythologie, avaient la vertu de changer en pierre tous ceux qui la regardaient. Son apparition subite fut pour moi la tête de Méduse.

 

MÉDUSER

 

v. tr.

Frapper de stupeur comme le faisait, selon la Fable, la tête de Méduse.

 

MEETING

 

(On prononce Mitign.)n. m.

Mot emprunté de l'anglais, qui signifie Réunion publique.

MÉFAIRE

 

v. intr.

Faire le mal, faire une mauvaise action. Il ne faut ni méfaire ni médire. Il est vieux.

 

MÉFAIT

 

n. m.

Mauvaise action. Il a été puni de ses méfaits. Commettre de nombreux méfaits.

 

MÉFIANCE

 

n. f.

Disposition à se méfier, à soupçonner, crainte habituelle d'être trompé. Un proverbe dit : Méfiance est mère de sûreté. Provoquer la méfiance. Son attitude a éveillé la méfiance. Être en méfiance à l'égard de quelqu'un.

 

MÉFIANT, ANTE

 

adj.

Qui se méfie. C'est un esprit méfiant, un homme méfiant.

 

MÉFIER (SE)

 

v. pron.

Ne pas se fier à quelqu'un, à ce qu'il dit, à ce qu'il fait paraître, parce qu'on le soupçonne de peu de fidélité, de peu de sincérité. Il se méfie de tout le monde. Je me méfie de ses protestations, de ses caresses, de ses intentions.

 

MÉGA ou MÉGALO

 

Préfixe

formé de l'adjectif grec qui signifie Grand. Il sert à former un grand nombre de mots, surtout scientifiques, dont nous n'indiquons que les plus usités.

 

MÉGALITHE

 

n. m.

T. d'Archéologie préhistorique . Pierre très grosse, non travaillée, ou très gros assemblage de pierres qui, dans les temps primitifs, constituaient des monuments de destinations diverses.

 

MÉGALITHIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui a trait aux mégalithes. Monuments mégalithiques.

 

MÉGALOMANE

 

adj. des deux genres

. Qui est atteint de mégalomanie. Substantivement, Un mégalomane.

 

MÉGALOMANIE

 

n. f.

Maladie qui consiste soit en un désir insatiable de gloire, de grandeur, soit dans l'illusion qu'on les possède. Être atteint de mégalomanie. Un accès de mégalomanie.

 

MÉGALOSAURE ou MÉGALOSAURUS

 

(Dans ces deux mots l'S du milieu se prononce fortement, et dans le second on fait sentir l'S finale.)n. m.

Sorte de grand lézard fossile.

 

MÉGARDE (PAR)

 

loc. adv.

Faute d'attention, faute de prendre garde. Il a brisé ce vase par mégarde. Il lui est arrivé par mégarde de blesser son ami.

 

MÉGATHÉRIUM

 

(UM se prononce OME.) n. m.

Grand mammifère fossile.

 

MÉGÈRE

 

n. f.

Femme méchante et emportée, par allusion à une des Furies. C'est une vraie mégère. Il a épousé une mégère. Il y avait dans cette foule de hideuses mégères.

 

MÉGIE

 

n. f.

T. d'Arts

. Préparation des peaux de mouton et autres peaux délicates par un mégissier.

 

MÉGISSERIE

 

n. f.

Métier et Commerce du mégissier, ou Lieu où ils s'exercent.

 

MÉGISSIER, IÈRE

 

n.

Celui, celle qui apprête les peaux de mouton, de veau, etc., pour la ganterie ou pour la fourrure.

 

MÉGOT

 

n. m.

Bout qui reste d'un cigare ou d'une cigarette quand on a fini de les fumer. Un ramasseur de mégots. Il est très familier.

 

MÉHARI

 

n. m.

Il se dit du Chameau de course, en pays arabe. Des méharis.

 

MÉHARISTE

 

n. m.

Celui qui monte un méhari. Compagnie de méharistes.

 

MEILLEUR, EURE

 

adj.

Comparatif de BON. Qui est d'un degré supérieur à bon, qui vaut plus que la personne ou la chose à laquelle on le compare. Cet homme est bon, mais son frère est meilleur, encore meilleur. Le temps est meilleur qu'il n'était hier. Il n'y a rien de meilleur. Cela est un peu meilleur. Il est en meilleur état. Il est impossible de voir un meilleur homme, une meilleure femme, de meilleures gens. Les lois rigoureuses ne rendent pas les peuples meilleurs.

MEILLEUR, précédé de l'article le, est superlatif et signifie Qui est au-dessus de tout, dans son genre, pour la bonté, l'utilité. C'est le meilleur ouvrage de cet auteur. C'est le meilleur homme du monde. C'est le meilleur de tous les hommes. C'est la meilleure leçon que vous puissiez recevoir. Il est dans les meilleures dispositions. Il m'a témoigné la meilleure volonté. Substantivement, Le meilleur de l'affaire, le meilleur du conte, le meilleur est que... Prenez le meilleur et laissez le reste. Il lui faut toujours le plus beau et le meilleur. C'est un acheteur à qui il faut toujours donner du meilleur. Je vous le dis du meilleur de mon coeur.

Fam., Boire du meilleur, Du meilleur vin qu'il y ait ou qu'on ait.

Le meilleur n'en vaut rien, se dit de Deux ou de plusieurs personnes presque également méchantes ou vicieuses, de Deux ou plusieurs choses presque également mauvaises.

 

MÉLANCOLIE

 

n. f.

T. de Médecine

. Bile noire et Disposition triste que l'ancienne médecine attribuait à un excès de bile noire. Il se dit aujourd'hui d'une Variété de maladie mentale. Accès de mélancolie. Atteint de mélancolie. Il désigne dans le langage courant une Certaine disposition de l'âme à la tristesse. Accablé de mélancolie. Tomber dans une sombre mélancolie. Quand elle n'est qu'un penchant à la rêverie et à la méditation vague, la mélancolie a son charme et même sa poésie. À l'époque romantique, la mélancolie était à la mode dans la littérature et dans les arts.

Fig. et fam., Il n'engendre point la mélancolie, se dit d'un Homme qui vit sans souci, qui est d'humeur gaie.

 

MÉLANCOLIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui se livre à la mélancolie. Un homme mélancolique. Tempérament, humeur mélancolique. Il signifie aussi Qui est triste, qui est chagrin. Qu'avez-vous? vous êtes tout mélancolique, je vous trouve bien mélancolique. Substantivement, Les rêveries d'un mélancolique. Par extension, Écrire sur des sujets mélancoliques. Une musique mélancolique. Un air, une physionomie mélancolique. L'automne est une saison mélancolique.

 

MÉLANCOLIQUEMENT

 

adv.

D'une manière mélancolique. Nous avons passé quelques jours assez mélancoliquement. MÉLANGE

 

n. m.

Action de mélanger ou Résultat de cette action. Le mélange des liqueurs. Le mélange de plusieurs vins.

Il se dit aussi de Personnes réunies confusément. Un mélange de toute sorte de gens. Le mélange des bons et des méchants. Cette assemblée présente un singulier mélange.

Il se dit figurément de l'Union de qualités de conditions, d'affaires différentes. Une vertu sans mélange de faiblesse. Un mélange de biens et de maux. La vie est un mélange d'événements heureux et malheureux.

Un bonheur sans mélange, Un bonheur qui n'est troublé, interrompu par aucun événement fâcheux.

MÉLANGES, au pluriel, est le titre de Certains recueils composés de pièces de prose ou de poésie, de petits ouvrages sur différents sujets. Mélanges de littérature. Mélanges littéraires, historiques, philosophiques.

MÉLANGES est aussi le Titre qu'on donne quelquefois, dans les publications périodiques, à une Réunion d'articles sur des objets variés. Il se dit aussi d'un Ouvrage composé de plusieurs articles réunis en volume et écrits par les amis et les disciples d'un maître à l'occasion d'un anniversaire, d'un cinquantenaire, etc. On donne ce même titre, dans les catalogues de livres, à la Partie qui comprend les ouvrages qu'on n'a pu classer dans les autres divisions.

 

MÉLANGER

 

v. tr.

Unir une chose avec une autre, ou plusieurs choses ensemble, de façon qu'elles forment comme un tout. Mélanger des vins. Mélanger les couleurs, les mélanger avec art. Ces deux liquides ne peuvent pas se mélanger. Drap mélangé, Drap dont la trame et la chaîne sont de laines de différentes couleurs.

 

MÉLASSE

 

n. f.

Résidu du sucre après son extraction et sa cristallisation.

 

MELCHITE

 

(CH se prononce K.)n. m.

Chrétien appartenant au rite grec uni à l'Église romaine. Le patriarche grec-melchite d'Antioche.

MÊLÉE

 

n. f.

Combat opiniâtre, où deux troupes s'attaquent corps à corps et se mêlent. Affreuse, sanglante mêlée. Se jeter dans la mêlée. Périr dans la mêlée.

Il se dit aussi, par extension, d'une Lutte entre plusieurs individus. Il a perdu son chapeau dans la mêlée.

Il signifie encore, figurément et familièrement, Contestation vive entre plusieurs personnes. Comme je vis que la dispute s'échauffait, je me tirai de la mêlée.

 

MÊLER

 

v. tr.

Mettre ensemble deux ou plusieurs choses et les confondre. Mêler des grains. Mêler des couleurs. Mêler l'eau avec le vin. Mêler du cuivre dans de l'argent. J'ai mêlé mes livres, mes papiers, en sorte que je ne puis plus trouver ce que je cherche. Par extension, Se mêler à la foule. En parlant des Personnes, Société mêlée, monde mêlé, Monde où se trouvent des éléments de valeur inégale. Il fréquente un monde un peu mêlé. Fig., Il sait mêler à propos la douceur à la sévérité. Cet auteur a mêlé l'agréable et l'utile dans tous ses ouvrages, OEuvres mêlées. Lettres mêlées de vers et de prose. Mêler les affaires aux plaisirs.

Mêler le vin, le lait, Mettre ensemble des vins, des laits de diverses sortes.

Mêler du fil, un écheveau, des écheveaux, Les brouiller de telle sorte qu'on ne puisse pas aisément les dévider ou les séparer. On dit de même Mêler des cheveux, etc.

En termes de Jeu, Mêler les cartes, ou simplement Mêler, Battre les cartes. Mêlez les cartes. C'est à vous à mêler.

Fig. et fam., Mêler les cartes, Embrouiller les affaires. On dit plutôt aujourd'hui Brouiller les cartes.

Mêler une serrure, Fausser les gardes ou quelque ressort d'une serrure, en sorte que la clef ne puisse ouvrir.

Fig., Mêler quelqu'un dans une accusation, L'y comprendre. Être mêlé dans une mauvaise affaire, Y être impliqué. Mêler quelqu'un dans des discours, dans des propos, Parler de lui de manière à le compromettre ou à lui déplaire.

Fig., Mêler ses larmes à celles de quelqu'un, Pleurer avec lui, partager son affliction.

SE MÊLER signifie Devenir moins pur. Cette race s'était mêlée et avait perdu beaucoup de sa pureté. Les étrangers envahissaient le Sénat; le sang romain se mêlait.

SE MÊLER DE signifie spécialement Participer à une chose, intervenir dans une affaire. Il a réussi dans toutes les choses dont il s'est mêlé. Je ne me mêlerai plus de vos affaires. Il ne se mêle de rien. Mêlez-vous de vos affaires, de ce qui vous regarde, ne vous mêlez pas de celles des autres. Ironiquement, Il se mêle de politique et n'y entend rien.

Fig. et fam., Cette affaire se fera, à moins que le diable ne s'en mêle, si le diable ne s'en mêle, Cette affaire se fera malgré tous les obstacles. Cette affaire ne se fera pas, à moins, etc., Il est presque impossible que cette affaire réussisse.

Se mêler d'une chose signifie aussi S'occuper d'une chose étrangère à sa profession, à ses habitudes, à ses talents, à ses affaires. Il est médecin, et il se mêle d'astronomie. C'est un littérateur, et il se mêle de donner des conseils aux généraux. Quand ce bon homme se mêle de railler, il est plus malin que personne.

Sang mêlé, Personne issue d'un croisement entre races différentes.

 

MÉLÈZE

 

n. m.

Arbre de la famille des Conifères et de forme pyramidale, dont les feuilles étroites et groupées en bouquet tombent pendant l'hiver. On le nomme aussi Larix.

 

MÉLI-MÉLO

 

n. m.

Mélange confus et désordonné. On ne peut se reconnaître dans ce méli-mélo. Il est très familier.

 

MÉLILOT

 

n. m.

Plante de la famille des Légumineuses, utilisée en médecine.

 

MÉLINITE

 

n. f.

Explosif puissant employé dans le chargement des obus et dû au chimiste Turpin.

 

MÉLISSE

 

n. f.

Plante aromatique de la famille des Labiées, dont on fait une eau spiritueuse, appelée Eau de mélisse ou des Carmes, parce que ce sont des religieux carmes qui en ont fait les premiers. MELLIFÈRE

 

adj. des deux genres

. T. d'Histoire naturelle

. Qui porte, qui produit du miel. Les insectes mellifères. Par analogie, Plantes mellifères.

 

MELLIFLUE

 

adj. des deux genres

. Qui distille du miel. Il ne s'emploie qu'au figuré pour signifier Qui est doucereux. Langage melliflue.

 

MÉLODIE

 

n. f.

Suite de sons d'où résulte un chant agréable et régulier. Douce mélodie. Cet air a beaucoup de mélodie. Cet air manque de mélodie.

Il se dit quelquefois, dans un sens plus technique, de Tout arrangement de sons, exécutés, entendus successivement dans un même air, par opposition à l'Harmonie qui consiste dans l'accord de plusieurs parties exécutées, entendues simultanément. Les règles de la mélodie. La mesure est essentielle à la mélodie et ne l'est point à l'harmonie.

Il se dit encore d'une Pièce de musique vocale avec accompagnement. Les mélodies de Fauré.

MÉLODIE se dit, par extension, en parlant de poésie ou de prose, et désigne la Qualité harmonieuse d'une suite de mots ou de phrases. La mélodie des vers de Racine.

 

MÉLODIEUSEMENT

 

adv.

D'une manière mélodieuse. Le rossignol chante mélodieusement.

 

MÉLODIEUX, IEUSE

 

adj.

Qui est agréable à l'oreille. Chant, air, son mélodieux. Voix mélodieuse.

 

MÉLODIQUE

 

adj. des deux genres

. T. de Musique

. Qui appartient à la mélodie. Progression mélodique.

 

MÉLODRAMATIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui a rapport au mélodrame, qui ressemble au mélodrame, qui est exagéré. Scène mélodramatique. Gestes mélodramatiques.

 

MÉLODRAME

 

n. m.

Sorte de drame populaire, mêlé de musique.

Il se dit, par extension, de Tout ouvrage dramatique dans lequel sont accumulées les situations violentes et les péripéties imprévues; ou en mauvaise part, dont le langage est emphatique et exagéré. Personnage de mélodrame. Style de mélodrame.

 

MÉLOMANE

 

n. des deux genres

. Celui, celle qui aime la musique avec passion. Il s'emploie aussi adjectivement. Il est très mélomane.

 

MÉLOMANIE

 

n. f.

Amour passionné de la musique.

 

MELON

 

n. m.

Plante de la famille des Cucurbitacées, dont la tige rampe sur le sol et dont le fruit, gros et côtelé, est d'un goût agréable. Cultiver des melons. Couche de melons. Melons sur couche, en pleine terre. Melon à côtes. Une tranche, une côte de melon.

Melon d'eau. Voyez PASTÈQUE.

Par analogie, Chapeau melon, ou absolument Melon, Chapeau de feutre rond et bombé.

 

MELONNIÈRE

n. f.

Partie de terrain réservée à la culture des melons.

 

MÉLOPÉE

 

n. f.

T. de Musique

. L'art, les règles de la composition du chant. On ne l'emploie qu'en parlant de la Musique des anciens.

Il se dit aussi de la Déclamation notée des anciens.

Il se dit aujourd'hui d'un Récitatif, d'un Chant monotones.

 

MEMBRANE

 

n. f.

T. d'Anatomie

. Tissu organique animal servant à former, à envelopper ou à tapisser des organes. Les fibres d'une membrane. La membrane qui enveloppe le muscle. Les membranes du cerveau. La membrane muqueuse.

Fausse membrane, Tissu qui se forme quelquefois à la surface des membranes muqueuses et séreuses lorsqu'elles sont enflammées. Dans le croup il se forme une fausse membrane qui obstrue les voies respiratoires.

Il se dit, par extension, en termes de Botanique, de l'Enveloppe de certaines parties d'une plante. La membrane d'une tige.

Il se dit, par analogie, en termes de Reliure, de Planchettes qui se placent en dessus et en dessous d'une pile de cahiers que l'on met en presse.

 

MEMBRANEUX, EUSE

 

adj.

T. d'Anatomie

. Qui est de la nature de la membrane. Partie membraneuse. Ligament membraneux.

 

MEMBRÉ, ÉE

 

adj.

Il ne s'emploie guère qu'avec un adverbe. Qui a des membres bien faits, bien proportionnés. Il est fortement, solidement membré.