Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Nominatif
n. m.
T. de Grammaire
. Cas qui sert à exprimer le sujet, dans les langues qui ont des déclinaisons. Le nominatif d'un nom, d'un adjectif, d'un pronom. Ce mot est au nominatif.
NOMINATION
n. f.
Action de nommer à quelque emploi, à quelque charge, à quelque dignité, etc. On a fait la nomination aux places vacantes dans ce tribunal. La nomination aura lieu la semaine prochaine.
Il se dit aussi du Droit de nommer à un emploi, à une charge, à une dignité, etc. Cet emploi, cette place est à la nomination du ministre.
Il se dit aussi, dans le sens passif, en parlant de Celui qui a été nommé à un emploi, à une charge, à une dignité, etc. Je ne l'ai point encore vu depuis sa nomination au Conseil d'État, à la Cour des Comptes, à la Sorbonne.
Par extension, il se dit des Mentions obtenues dans un concours. Il a eu trois nominations au Concours général.
NOMINATIVEMENT
adv.
En nommant les personnes ou les choses dont on parle. Interpellé nominativement, il a déclaré que...
NOMMÉMENT
adv.
En nommant par son nom la personne dont il s'agit. Ce terme est employé surtout lorsque, après avoir parlé de plusieurs personnes ou de plusieurs choses en général, on vient à en désigner particulièrement une ou plusieurs. On accuse plusieurs personnes, et nommément tels et tels.
NOMMER
v. tr.
Donner, imposer un nom. Nommer un enfant au baptême. Son parrain l'a nommé François, Jacques. Il fut le premier qui découvrit cette île, qui rapporta en France cette plante, et il la nomma de son nom. Ce fort fut nommé le Fort-Louis, du nom du roi.
Fam., Être bien nommé, mal nommé, se dit d'une Personne dont le nom propre est un nom significatif qui lui convient ou qui ne lui convient pas.
NOMMÉ s'emploie aussi substantivement. Un nommé Pierre. Le nommé Jacques. Les nommés tels et tels. À qui est cette maison? C'est à un nommé Dubois. Cette manière de parler emporte l'idée que celui qu'on désigne ainsi est un individu sans notoriété, dont on ne connaît que le nom.
NOMMER signifie aussi Donner une qualification, décerner une épithète. Charles V a été nommé le Sage. Louis XII a été nommé le Père du peuple.
Nommer quelqu'un son protecteur, son maître, son bienfaiteur, Le reconnaître comme son protecteur, son maître, son bienfaiteur.
NOMMER signifie aussi Dire le nom d'une personne, d'une chose; dire comment une personne, une chose s'appelle. Si vous voulez, je vous nommerai mon auteur. Je vous nommerai plusieurs personnes. Il y a des choses qu'on ne saurait nommer par leur nom. Comment nommez-vous cet homme? On le nomme Pierre, Jean, Jacques, etc.
Nommer ses complices, Les déclarer, les faire connaître.
NOMMER signifie encore Désigner, choisir pour une fonction, un poste donné. Nommer quelqu'un à un emploi, à une charge, à une dignité. Il a été nommé à l'ambassade de Rome. On dit dans le même sens : Il a été nommé ministre des Affaires étrangères, ambassadeur en Angleterre. Il a été nommé cardinal, évêque. On l'a nommé préfet, sous-préfet. On a nommé des experts, des arbitres.
Évêque nommé, Évêque qui a été nommé par le Pape ou par le gouvernement, mais qui n'a pas encore reçu ses bulles.
Nommer quelqu'un son héritier, L'instituer son héritier.
Nommer d'office se dit du Juge qui, d'après la loi, choisit et nomme des experts, des arbitres, des défenseurs, etc. L'une des parties n'ayant pas nommé d'expert, le tribunal en a nommé un d'office. Cet avocat a été nommé d'office pour défendre l'accusé.
NOMMER se dit aussi pour Élire. Les magistrats de cette république étaient nommés tous les ans par le peuple. À Rome, on nomma des décemvirs pour composer les lois, et des questeurs pour faire juger les crimes publics.
SE NOMMER signifie Déclarer son nom. Vous êtes obligé de vous nommer.
Il signifie aussi, dans un sens passif, Être nommé, avoir pour nom. Comment se nomme- t-il? Quel est son nom? Comment vous nommez- vous? Il se nomme Pierre, Jacques, Paul. Comment se nomme celle place, cette rue?
À POINT NOMMÉ,loc. adv.
Exactement au temps qu'il faut, tout à fait à propos. Il arriva à point nommé pour nous rassurer. Vous venez à point nommé pour nous départager.
NON AVENU, UE
adj.
Qui n'est pas arrivé. Cet incident fut considéré comme nul et tenu pour non avenu. Nul et non avenu. Voyez AVENU.
NON-ACTIVITÉ
n. f.
T. d'Administration
. Position d'un officier, d'un fonctionnaire, qui, momentanément, ne fournit pas de service actif. Lieutenant en non-activité. Mise en non- activité par retrait d'emploi.
NON-COMBATTANT, ANTE
adj.
Qui ne combat pas. Soldat non-combattant, troupe non-combattante, Soldat, troupe qui, momentanément ou d'une façon permanente, ne sont pas engagés dans le combat. Substantivement, Un non-combattant. Les non-combattants.
NON-COMPARANT, ANTE
adj.
T. de Procédure
. Qui ne se rend pas à une assignation de justice. Substantivement, La non-comparante. Les non-comparants.
NON-CONFORMISTE
n. des deux genres
. Terme générique par lequel on désigne, en Angleterre, Ceux des protestants qui s'écartent de la religion anglicane. Adjectivement, Doctrine non-conformiste.
NON-CONFORMITÉ
n. f.
Le fait de n'être pas conforme. On constata la non-conformité des deux objets, des deux récits. NON-ÊTRE
n. m.
T. de Philosophie
. Ce qui n'a pas d'existence, de réalité. L'être et le non-être.
NON-INTERVENTION
n. f.
T. de Politique
. Principe du droit des gens en vertu duquel on ne devrait pas intervenir, militairement ou par menace, dans les affaires des autres peuples; Convention par laquelle on s'engage à ne pas intervenir dans les affaires d'un pays.
NON-JOUISSANCE
n. f.
T. de Procédure
. Privation de jouissance. Il lui est dû une indemnité pour la non-jouissance du terrain qui lui était affermé.
NON-LIEU
n. m.
T. de Procédure
. Déclaration d'un juge, d'un tribunal pour constater qu'il n'y a pas sujet de donner suite à une plainte, à une action en justice. Ordonnance de non-lieu. Un non-lieu. Des non-lieux.
NON-MOI
n. m.
T. de Philosophie
. Il se dit, par opposition au moi métaphysique, de Tout ce qui nous est extérieur.
NON-PAIEMENT
n. m.
T. de Finance
. Défaut de paiement. En cas de non-paiement, il sera assigné.
NON-RECEVOIR
n. m.
Voyez FIN.
NON-RÉSIDENCE
n. f.
Absence du lieu où l'on devrait résider.
NON-SENS
n. m.
Défaut de sens, de signification. Cette phrase est un non-sens. Ce discours est plein de non-sens, est un non-sens continuel.
NON-USAGE
n. m.
Défaut, cessation d'usage. L'usufruit, les servitudes se prescrivent, s'éteignent par le non-usage pendant trente ans.
NON-VALEUR
n. f.
Manque de produit dans une terre, dans une ferme, dans une maison. Cette terre n'est pas bien cultivée, elle est en friche, en non-valeur. Cette terre était affermée trente mille francs, mais elle a fort diminué à cause des non-valeurs.
En termes de Finance et de Commerce, il se dit de Certaines parties d'impositions qu'on n'a pu lever, de certaines créances qu'on n'a pu recouvrer. Il y a dans la masse des contributions de ce département pour cent mille francs de non-valeurs.
Dans une armée, il se dit des Hommes qu'on ne peut compter ni pour le service de campagne ni pour le combat.
Il se dit aussi dans une profession quelconque et en général de Tous les incapables. On n'a pu garder cet employé, c'était une non- valeur.
NON
Particule négative
, qui est opposée à la particule affirmative Oui. Il ne dit jamais non. Cette affaire est aisée à conclure, il n'y a qu'à dire oui ou non. Je gage que non. Il ne répond ni oui ni non. Avez-vous fait telle chose? Non. Le voulez-vous? Non. Répondez catégoriquement par oui ou par non.
Substantivement, Ils sont gens à se brouiller pour un oui ou pour un non. Il m'a répondu un non bien sec. Il lui répondit par un non significatif. Le oui et le non.
Il est souvent accompagné de Certes, de Vraiment, qui en renforcent le sens. Non certes, non vraiment, je ne le ferai pas.
Il peut être aussi renforcé par le mot Pas. Prendrai-je cela? Non pas, s'il vous plaît.
Il se met encore au commencement d'une phrase négative pour en annoncer le caractère et pour fortifier l'expression de la pensée. Non, je n'en ferai rien. On le redouble même quelquefois pour s'exprimer plus énergiquement. Non, non, je n'y consentirai jamais. Non, non, cent fois non.
NON sert, soit seul, soit avec Pas, à opposer une négation à une affirmation. Je désire du vin et non de la bière. Que vous m'approuviez ou non, je continuerai d'agir de même. Il était son rival et non pas son ami.
Il sert encore à infirmer, à nier fortement ce qui est exprimé par un des termes de la proposition. Il en est fâché, non sans cause. Il en est en peine, non sans raison. Il vous a fait plaisir, non pas tant pour l'amour de vous que par vanité. Non toutefois que je prétende à lui plaire. Non qu'il ne soit fâcheux de le mécontenter. Non loin de la ville se trouve le château qu'il habile.
Il sert également à infirmer, à nier l'idée exprimée par un mot. Tous les gens non intéressés, non préoccupés, non solvables, non recevables.
NON PLUS,loc. adv.
Pas plus. Il n'en fut non plus ému que s'il eût été innocent. On n'en parle non plus que s'il n'eût jamais existé. Je n'en sais rien, non plus que vous.
Il signifie aussi, dans certains cas, Pareillement; mais il n'a cette acception que dans une phrase négative. Vous ne le voulez pas, ni moi non plus. Ceux-ci n'en sont pas, ni ceux-là non plus.
NON SEULEMENT, locution adverbiale, qui est ordinairement suivie de la conjonction adversative Mais. Non seulement il n'est pas savant, mais il est très ignorant. Non seulement je l'ai payé, mais encore je lui ai fait un cadeau. Un chrétien doit aimer non seulement ses amis, mais même ses ennemis.
NON se soude également avec quelques mots, que l'on trouvera ci-dessous à leur ordre alphabétique.
NONAGÉNAIRE
adj. des deux genres . Qui a atteint l'âge de quatre-vingt-dix ans. Un homme, une femme nonagénaire. Substantivement, Un nonagénaire. Une nonagénaire.
NONANTE
adj. numéral cardinal des deux genres
. Qui est composé de neuf dizaines. Il a vieilli; on dit Quatre-vingt-dix.
NONANTIÈME
adj. des deux genres
. Nombre ordinal qui répond à l'adjectif numéral Nonante. La nonantième année de son âge. Il a vieilli; on dit Quatre-vingt-dixième.
NONCE
n. m.
Prélat qui est le représentant diplomatique du Pape, accrédité auprès d'un gouvernement étranger. Le nonce du Pape en France, en Espagne. On dit aussi Nonce apostolique.
NONCHALAMMENT
adv.
Avec nonchalance. Agir, s'informer nonchalamment. S'occuper nonchalamment d'une affaire.
Il signifie aussi Mollement, avec abandon. Il était couché nonchalamment sur un lit de repos. Elle s'appuyait nonchalamment sur le bras de son amie.
NONCHALANCE
n. f.
Caractère de celui qui est nonchalant. Il laisse ses affaires en désordre par nonchalance. Il s'est fait tort par sa nonchalance. Il fait tout avec nonchalance.
Il signifie aussi Mollesse, abandon. Elle marche, elle parle avec nonchalance, avec une certaine nonchalance qui n'est pas sans grâce.
Il se dit aussi de Ce qui est fait avec nonchalance. Mathurin Régnier a dit du poète que ses nonchalances sont ses plus grands artifices.
NONCHALANT, ANTE
adj.
Qui apporte de l'insouciance, un manque de zèle, d'ardeur à tout ce qu'il doit faire. Quel enfant nonchalant! Par extension, Une humeur nonchalante. Une démarche nonchalante. Une façon de parler nonchalante. Substantivement, Un nonchalant. Une nonchalante.
NONCHALOIR
n. m.
Nonchalance, abandon.
NONCIATURE
n. f.
Charge de nonce. Le pape a nommé tel prélat à la nonciature de France.
Il se dit aussi de la Résidence du nonce. Se rendre à la nonciature.
Il se dit aussi du Temps pendant lequel on exerce cet emploi. Cela arriva pendant, avant, après sa nonciature.
NONE
n. f.
T. d'Antiquité romaine
. Il se disait de la Quatrième partie du jour, qui commençait à la fin de la neuvième heure, ou, selon notre manière de compter, à trois heures après midi.
NONE
n. f.
T. de Liturgie catholique
. Celle des sept heures canoniales qui se chante ou qui se récite vers la neuvième heure du jour. Où en êtes-vous de votre bréviaire? J'en suis à none. Après none, on dit vêpres.
NONES
n. f.
pl. T. d'Antiquité romaine
. Le septième jour dans les mois de mars, mai, juillet et octobre, le cinquième dans les autres, et toujours le neuvième des ides.