Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Ha
(H est aspirée.)Interjection
de surprise. Ha! vous voilà! Ha! ha!
HABILE
adj. des deux genres
. Qui fait ce qu'il entreprend avec adresse, souplesse. Un habile ouvrier. Cet artiste est habile à manier le ciseau. Un homme habile dans son métier. Il est habile en toutes choses. Il est habile à se tirer des positions les plus embarrassantes. J'ai fait choix d'un habile avocat. On le dit quelquefois en mauvaise part. Être habile à tromper. C'est un habile fripon.
En termes de Jurisprudence, il signifie Qui a la capacité, le droit de. Être habile à contracter mariage. Être habile à succéder. Être habile à se porter héritier.
Il se dit, par extension, de Ce qui est fait avec adresse, avec souplesse. Une habile manoeuvre. Ce que vous venez de faire n'est guère habile.
HABILEMENT
adv.
D'une manière habile. Manier habilement le pinceau. Il s'est tiré habilement d'affaire. Démêler habilement le vrai du faux. Des négociations habilement conduites.
HABILETÉ
n. f.
Qualité de celui qui est habile. Cet ouvrier est d'une grande habileté. Il a déployé beaucoup d'habileté dans cette affaire. Avec toute son habileté, il a été pris pour dupe.
HABILITATION
n. f.
Action d'habiliter.
Il signifie aussi Fait d'être habilité.
HABILITÉ
n. f.
T. de Jurisprudence
. Capacité, droit de faire quelque chose. Habilité à succéder.
HABILITER
v. tr.
T. de Jurisprudence
. Rendre quelqu'un capable d'un acte en justice, lever les obstacles qui l'en empêchaient. Habiliter un mineur à contracter, une femme à ester en justice, etc.
HABILLAGE
(Dans ce mot et dans les trois suivants, ILL se prononce IYE.)n. m. T. de Cuisine
. Préparation des volailles ou du gibier pour les mettre à la broche. L'habillage d'une perdrix.
En termes de Boucherie, il se dit de l'Opération qui consiste à écorcher, vider et mettre en état pour la cuisine les bêtes tuées. Habillage d'un veau, d'un mouton.
En termes de Typographie, Habillage d'une gravure se dit des Lignes d'impression par lesquelles on entoure cette gravure.
HABILLEMENT
n. m.
Action d'habiller. Fabriquer du drap pour l'habillement des troupes. Capitaine d'habillement. L'habillement des pauvres.
Il signifie aussi Ce dont on est vêtu. Les diverses parties de l'habillement.
HABILLER
v. tr.
Revêtir quelqu'un de ses habits. Habiller un enfant. Un valet de chambre qui habille son maître. Il n'est pas encore achevé d'habiller.
En termes de Beaux-Arts, Habiller une figure se dit de la Manière dont un peintre ou un sculpteur drape et revêt les figures.
Fig. et fam., Habiller quelqu'un, En dire beaucoup de mal. Le voilà bien habillé!
Il signifie aussi Donner, faire des habits à quelqu'un. Habiller les pauvres. Habiller des troupes.
Il signifie également Faire des habits à quelqu'un. C'est tel tailleur qui l'habille. Absolument, Ce tailleur habille bien.
Il signifie au figuré Donner un certain caractère à un personnage; et, dans cette acception, il se dit ordinairement en mauvaise part. Ce poète habille à la française les héros de l'antiquité. On dit, dans un sens analogue, Ce traducteur a habillé Démosthène à la française, à la moderne.
Il se dit encore de l'Effet que font les habits lorsqu'ils sont revêtus. Cette redingote vous habille bien. Cette robe l'habille à ravir.
Absolument, Cette étoffe habille bien, Elle est souple et maniable, et elle prend bien les formes.
Il signifie aussi, par extension, Couvrir, envelopper, entourer. Les gravures de ce livre ont été très adroitement habillées.
Dans la langue technique, il signifie Soumettre à une préparation spéciale en vue de tel ou tel usage. Habiller un veau, Le dépecer en vue de la vente. Habiller du poisson, de la volaille, Les préparer en vue de la cuisson. Habiller de la morue, En ôter les ouïes et l'arête en vue de la salaison. Habiller une montre, En organiser le mécanisme. Habiller une pièce de poterie, La munir de tous ses accessoires, anses, pied, oreilles, etc.
S'HABILLER signifie Mettre des habits, se vêtir. Je le trouvai qui s'habillait. On ne lui donna pas le temps de s'habiller. Le prêtre s'habille pour aller à l'autel.
Il signifie quelquefois Se pourvoir d'habits. Il s'est habillé tout de neuf. S'habiller dans une maison de confection.
Il se dit aussi en parlant de la Manière dont une personne s'habille, du goût qu'elle met dans le choix et l'arrangement de ses habits. Cet homme ne sait pas s'habiller. S'habiller de blanc, de bleu, etc. Elle s'habille toujours avec goût. Un homme habillé de noir.
Costume habillé, Toilette habillée, Costume, toilette que l'on met pour une visite de cérémonie, pour une fête, pour une circonstance où l'on veut paraître à son avantage.
HABILLEUSE
n. f.
Femme chargée dans les théâtres d'aider les actrices à s'habiller.
HABIT
n. m.
Les différentes parties des vêtements de dessus des hommes. Habit de rechange. Habit de travail. Changer d'habit. Mettre habit bas. On l'emploie peu au singulier, on dit plutôt COSTUME. On s'en sert souvent au pluriel. Mettre ses habits du dimanche. Habits sacerdotaux. Habits pontificaux. Marchand d'habits. Vieux habits. Habits de deuil.
Au singulier, il se dit spécialement de cette Partie de l'habillement de cérémonie qui est ouverte par-devant et qui a des pans par- derrière. Habit noir. On sera en habit. L'habit est de rigueur. On disait autrefois FRAC.
Habit vert, L'habit noir brodé de vert qui est le costume officiel des membres de l'Institut.
Il se dit aussi du Costume des religieux et des religieuses. Habit long, La soutane. Habit court, L'habit noir que portent les ecclésiastiques quand ils ne sont pas en soutane.
Absolument, Prendre l'habit, Prendre l'habit de religieux ou de religieuse. On dit en des sens analogues : Porter l'habit. Quitter l'habit. Donner l'habit. Recevoir l'habit. Prise d'habit. En parlant des Religieuses, on dit plutôt aujourd'hui Prendre le voile.
Prov. et fig., L'habit ne fait pas le moine, On ne doit pas juger des personnes par les apparences, par les dehors. Il se dit aussi en parlant de Quelqu'un dont la conduite, les discours ne sont pas conformes à son état.
HABITABLE
adj. des deux genres
. Où l'on peut habiter. Ce logement n'est pas habitable. Ce bâtiment est maintenant habitable. Ce pays n'est pas habitable. Toute la terre habitable.
HABITACLE
n. m.
T. de la langue biblique
. Habitation, demeure. L'habitacle du Très- Haut. Les habitacles éternels.
En termes de Marine, il se dit d'une Espèce d'armoire faite entièrement de bois, sans aucun fer, et placée devant le poste du timonier vers l'artimon. On renferme dans l'habitacle la boussole, la lumière et l'horloge.
HABITANT, ANTE
n.
Celui, celle qui habite en quelque lieu. Les habitants de la campagne. Les habitants d'une ville, d'un quartier, d'une rue. Tous les habitants furent passés au fil de l'épée. La troupe logea chez l'habitant.
Poétiquement, Les habitants des forêts, les habitants de l'air, les habitants des eaux, Les bêtes sauvages, les oiseaux, les poissons. Les habitants de l'Olympe, Les dieux.
HABITAT
n. m.
T. didactique
. Milieu géographique qui réunit les conditions nécessaires à l'existence de l'espèce animale ou végétale. L'habitat d'une plante, d'un animal.
HABITATION
n. f.
Action d'habiter un lieu. On lui a donné cette maison pour son habitation. L'habitation de cette maison est malsaine. L'habitation n'en vaut rien. Une longue habitation.
En termes de Jurisprudence, Droit d'habitation, Droit de demeurer dans la maison d'autrui sans payer de loyer. Le droit d'habitation ne peut être ni cédé ni loué. Avoir habitation avec une femme, Avoir commerce avec elle.
Il signifie également Endroit où l'on demeure, domicile, maison. Une habitation de plaisance. Une habitation d'été. Changer d'habitation.
HABITER
v. tr.
Faire sa demeure, faire son séjour en quelque lieu. Habiter un lieu. Habiter Paris, habiter la province, la campagne. Habiter un hôtel, un appartement. Où habitez- vous? C'est là qu'il habite? Les peuples qui habitent ce pays. Fig., La paix habite ce séjour.
Il est souvent intransitif. Habiter à la ville, à la campagne. Habiter dans un vieux quartier, dans une maison neuve. Habiter sous les toits. Il a longtemps habité parmi nous.
En termes de Jurisprudence, Habiter avec une femme, Avoir commerce avec elle.
HABITUDE
n. f.
Disposition acquise par des actes réitérés. Habitude enracinée, invétérée. Vieille habitude. Une longue, une grande habitude. Avoir l'habitude du cheval. Péché d'habitude. Contracter une habitude. Je m'en suis fait une douce habitude. Faire quelque chose par habitude. Être dans l'habitude de faire une chose. Prendre, perdre l'habitude de faire une chose. Prendre une habitude. Une disposition accidentelle qui se tourne, qui tourne en habitude. Un état d'esprit tourné en habitude.
Prov. et fig., L'habitude est une autre nature, une seconde nature, se dit pour marquer le pouvoir de l'habitude.
C'est un homme d'habitude, Il tient beaucoup à ses habitudes, le moindre changement dans ses habitudes le trouble et lui déplaît. Je suis un homme d'habitude, je suis homme d'habitude, je n'aime pas les visages nouveaux.
Il signifie aussi Accès auprès de quelqu'un, fréquentation ordinaire. Avoir habitude auprès de quelqu'un ou avec quelqu'un, en quelque lieu, en quelque maison. En ce sens, il est vieux.
Par analogie, Avoir ses habitudes dans un pays, dans une maison, dans un restaurant, Y venir souvent, y être connu et y être à l'aise.
HABITUEL, ELLE
adj.
Qui est passé en habitude. Il a fait preuve, une fois de plus, de ces qualités habituelles. Il a montré dans cette circonstance sa bravoure habituelle, sa résignation habituelle. Je compte sur votre habituelle obligeance pour me rendre ce service.
En termes de Théologie, Grâce habituelle, Celle qui réside toujours dans le sujet.
HABITUELLEMENT
adv.
D'une manière habituelle. Il rencontre habituellement à la même heure les personnes avec qui il se trouve habituellement. Les travaux auxquels il se livre habituellement. Les lieux qu'il fréquente habituellement.
HABITUER
v. tr.
Accoutumer, former à une habitude. Il faut habituer de bonne heure les enfants à l'obéissance. Habituer les jeunes gens à la fatigue, à supporter le froid et le chaud. S'habituer au bien. S'habituer au mal. S'habituer au crime. S'habituer au travail, à la misère, aux coups. S'habituer à l'air, au climat, aux moeurs, aux coutumes d'un pays. S'habituer à parler en public, à improviser. S'habituer à obéir.
Le participe passé s'emploie adjectivement dans la langue religieuse. Un prêtre habitué, ou par ellipse Un habitué, Un ecclésiastique qui n'a point de charge ni de dignité dans une église, mais qui assiste à l'office divin et est employé aux fonctions d'une paroisse.
Il s'emploie encore comme nom pour désigner Celui qui va fréquemment et habituellement dans un lieu. C'est un habitué de la maison. Les habitués d'un café, d'un spectacle. Les habitués de l'orchestre.
HÂBLER
(H est aspirée.)v. intr.
Parler beaucoup et en se vantant de mérites qu'on n'a pas et d'avantages illusoires. Cet homme ne fait que hâbler, ne croyez pas tout ce qu'il dit. Il vieillit.
HÂBLERIE
(H est aspirée.)n. f.
Langage de celui, de celle qui hâble, propos exagéré et vantard. Tout ce qu'il dit n'est que hâblerie. Toutes les assurances qu'il vous a données sont autant de hâbleries.
HÂBLEUR, EUSE
(H est aspirée.)n.
Celui, celle qui hâble, qui a l'habitude de hâbler. Méfiez-vous de cet homme : c'est un terrible hâbleur, un grand hâbleur. Une grande hâbleuse.
HACHE-PAILLE
(H est aspirée.)n. m.
T. d'Agriculture
. Instrument dont on se sert pour hacher la paille que l'on donne aux chevaux et au bétail.
HACHE
(H est aspirée.)n. f.
Instrument de fer tranchant, qui a un manche et dont on se sert pour couper et pour fendre. Abattre un arbre avec une hache. Donner un coup de hache. Il lui fendit la tête d'un coup de hache. La hache d'un bûcheron. Il faudra bientôt mettre la hache, porter la hache dans ce bois.
Hache à main, Petite hache dont le manche est court.
Hache d'armes, Sorte de hache dont on se servait autrefois à la guerre et dans les combats de mer quand on allait à l'abordage. Hache d'abordage.
Hache de pierre, Hache dont se servent quelques peuples sauvages et qui est faite d'une pierre très dure, au lieu de fer.
Fig. et fam., Il est fait, il est taillé à coups de hache, Il est grossièrement fait.
Il se disait particulièrement de l'Instrument avec lequel le bourreau tranchait la tête des condamnés. Périr sous la hache.
En termes d'Antiquité, Hache consulaire, Hache entourée de faisceaux de verges que les licteurs portaient devant les consuls.
HACHER
(H est aspirée.)v. tr.
Couper en petits morceaux avec une hache ou avec tout autre instrument tranchant. Hacher de la viande. Hacher de la paille. Absolument, Hacher menu.
Prov., Hacher menu comme chair à pâté. Voyez CHAIR.
Il signifie quelquefois Couper maladroitement. Il ne découpe pas cette viande, il la hache.
Il se dit, par extension, du Dommage que la grêle fait quelquefois aux blés et aux arbres. Ces blés ont été hachés par la grêle.
Ce bataillon, cet escadron s'est fait hacher. Il s'est défendu jusqu'à ce qu'il ait été entièrement exterminé.
Fig. et fam., Il se ferait hacher pour cela, pour cette personne, Il soutiendrait cela, il y persisterait, il défendrait cette personne au péril de sa vie. Je me ferais hacher plutôt que de céder. Il lui est entièrement dévoué, il se ferait hacher pour elle. On dit familièrement, dans un sens analogue, On le hacherait, qu'il ne céderait pas.
En termes de Dessin et de Gravure, il signifie Faire des traits qui se croisent les uns les autres. Hacher avec le burin, avec le crayon, avec la plume. Cette estampe est bien hachée.
Figurément, il signifie Interrompre d'une façon répétée, couper. Son discours fut haché d'interruptions.
Le participe passé HACHÉ, ÉE, s'emploie comme adjectif. Fig., Style haché, Style coupé en phrases très courtes. Débit haché.
HACHEREAU
(H est aspirée.)n. m.
Petite hache, marteau tranchant d'un côté.
HACHIS
(H est aspirée.)n. m.
T. de Cuisine
. Mets fait avec de la viande ou du poisson, qu'on hache menu. Hachis de boeuf, de mouton.
HACHISCH
(H est aspirée.)n. m.
Voyez HASCHICH.
HACHOIR
(H est aspirée.)n. m.
Couperet, instrument pour hacher les viandes.
Il se dit aussi, par extension, d'une Petite table de bois sur laquelle on hache les viandes.
HACHURE
(H est aspirée.)n. f.
T. de Dessin et de Gravure
qui désigne des Traits ordinairement croisés les uns sur les autres par lesquels on forme les demi-teintes et les ombres.
Il se dit aussi, en termes de Cartographie, des Traits par lesquels on marque l'altitude des montagnes ou la ligne des côtes.
Il se dit, en termes de Blason, des Traits ou des points dont on se sert pour marquer la différence des couleurs et des métaux.
HAGARD, ARDE
(H est aspirée.)adj.
Qui a une expression égarée. Avoir l'oeil hagard, les yeux hagards, le visage hagard. La mine farouche et hagarde.
En termes de Fauconnerie, Faucon hagard, Faucon qui a été pris après plus d'une mue et qui ne s'apprivoise pas aisément.
HAGIOGRAPHE
adj. des deux genres
. Qui a rapport aux livres de l'Ancien Testament autres que ceux de Moïse et les prophètes. Substantivement, Les hagiographes, Ces livres eux-mêmes.
Il s'emploie encore comme nom pour désigner Celui qui traite de la vie et des actions des saints. Les Bollandistes sont des hagiographes célèbres.
HAGIOGRAPHIE
n. f.
Traité sur les choses saintes.
Il se dit particulièrement d'un Genre d'ouvrages qui ont pour objet la vie des saints.
HAIE
(H est aspirée.)n. f.
Clôture faite d'arbustes taillés, ou seulement de branchages entrelacés. Une haie fort épaisse. Le long de la haie. Au travers de la haie. Derrière la haie.
Haie vive, Haie formée d'arbustes, ordinairement épineux, qui ont pris racine et qui sont en pleine végétation, par opposition à Haie morte ou sèche, Celle qui est formée d'épines ou d'autres bois morts entrelacés.
Course de haies, Course de chevaux où il faut franchir des haies naturelles ou factices.
Il se dit figurément d'Une ou de plusieurs files de personnes qui marchent ou sont postées, rangées quelque part pour une cérémonie. Le cortège funèbre s'avançait entre deux épaisses haies de spectateurs. Former la haie. Faire la haie. Rompre la haie.
En termes d'Agriculture, il se dit d'une Pièce de bois arrondie qui règne tout le long de la charrue et qu'on nomme aussi FLÈCHE.
HAÏE
(H est aspirée.)Interj.
Un des cris que font les charretiers pour animer leurs chevaux. Haïe, haïe.
HAILLON
(H est aspirée.)n. m.
Vieux lambeau de toile ou d'étoffe. Couvert de haillons, de méchants haillons. Que voulez-vous faire de ces haillons? Haillon de pourpre.
HAINE
(H est aspirée.)n. f.
Violente aversion qu'on a pour quelqu'un. Haine invétérée. Haine mortelle, implacable, enracinée. Sujet de haine. Avoir de la haine pour quelqu'un, contre quelqu'un. Fomenter, exciter les haines. Assoupir les haines. Concevoir de la haine. S'attirer la haine de quelqu'un. Être l'objet, devenir l'objet de la haine publique. Braver la haine de quelqu'un. Prendre quelqu'un en haine. Avoir quelqu'un en haine.
Il signifie aussi Violente aversion, profonde répulsion qu'on a pour quelque chose. Avoir de la haine pour le vice, pour le péché, pour le mensonge, pour la flatterie. Inspirer la haine du vice, la haine du mensonge. Prendre la société en haine.
EN HAINE DE,loc. prép.
, Par aversion, par vengeance, par animosité, par ressentiment. Il fait cela en haine d'un tel. Cet ouvrage a été écrit en haine de la religion, en haine de nos institutions.
HAINEUSEMENT
adv.
D'une façon haineuse.
HAINEUX, EUSE
(H est aspirée.)adj.
Qui est naturellement porté à la haine. Ce sont des gens haineux et vindicatifs. Caractère haineux. Âme haineuse. Paroles haineuses. Propos haineux. Regards haineux.
HAÏR
(H est aspirée.) (Je hais, tu hais, il hait; nous haïssons, vous haïssez, ils haïssent. Je haïssais. Je haïs. Je haïrai. Je haïrais. Hais. Que je haïsse. Haïssant. Haï.)v. tr. Avoir quelqu'un en haine. Haïr ses ennemis. Haïr son prochain. Haïr quelqu'un sans raison, sans sujet. Haïr quelqu'un à mort, le haïr mortellement. Haïr les méchants. Je le haïssais bien cordialement. Il déteste son crime, il se hait lui- même. Ces deux hommes, ces deux peuples se haïssent depuis longtemps.
Il signifie aussi Avoir quelque chose en aversion. Haïr le vice. Haïr le péché. Haïr l'erreur. Haïr le mensonge. Par exagération : Haïr les compliments, les cérémonies.
Fig., Haïr quelqu'un ou quelque chose, comme la peste, comme la mort, Haïr extrêmement quelqu'un ou quelque chose.
HAIRE
(H est aspirée.)n. f.
Espèce de petite chemise faite de crin ou de poil de chèvre, qu'on appliquait sur la peau par esprit de mortification et de pénitence. Porter la haire. La haire et le cilice.
HAÏSSABLE
(H est aspirée.)adj. des deux genres . Qui mérite d'être haï. C'est un homme haïssable. Un caractère haïssable. Le vice est haïssable.
HALAGE
(H est aspirée.)n. m.
T. de Batellerie
. Action de haler un bateau. Chemin de halage. Chevaux de halage.
HALBRAN
(H est aspirée.)n. m.
Jeune canard sauvage. Chasse au halbran.
HALBRENER
(H est aspirée.)v. intr.
T. de Fauconnerie
. Chasser le halbran.
Par extension, Oiseau halbrené, Celui qui s'est rompu les ailes en halbrenant.
HÂLE
(H est aspirée.)n. m.
État de l'atmosphère où l'action de l'air combinée avec celle du soleil est nuisible à la peau humaine, à la chair des animaux et aux végétaux. Le hâle lui a bruni le teint. Porter un voile de peur du hâle. Cette viande a été desséchée par le hâle. Le hâle a fané les herbes.
HALEINE
n. f.
Le souffle de la respiration, l'air attiré et repoussé par les poumons. Avoir l'haleine fraîche comme celle d'un enfant. Avoir l'haleine forte. Haleine de malade. Cela gâte l'haleine. Ternir un verre, un miroir avec son haleine. Se réchauffer les doigts avec son haleine. Retenir son haleine. Avoir mauvaise haleine, Avoir une haleine d'une odeur désagréable dénotant un mauvais état général. Poétiq., L'haleine des vents, Le souffle des vents.
Il se dit aussi de la Faculté de respirer. Perdre haleine. Être hors d'haleine. Se mettre hors d'haleine. Il chante, il rit à perdre haleine. Courir à perte d'haleine.
Fig., Faire des discours, tenir des discours à perte d'haleine, Faire des discours vains et vagues, et d'une longueur importune.
Prendre haleine, Respirer à son aise; et, figurément, Se reposer pour prendre ses forces.
Reprendre son haleine, Recommencer à respirer après une interruption accidentelle plus ou moins longue; et, figurément, Reprendre haleine, Se reposer pour se mettre en état de recommencer à parler, à marcher, à travailler, etc.
Donner haleine à son cheval, Le mener quelque temps au pas, après l'avoir mené au galop.
Il se dit encore de la Faculté d'être un certain temps sans respirer. Il faut qu'un plongeur, qu'un coureur ait beaucoup d'haleine. Cet orateur, ce lecteur a beaucoup d'haleine. Ce cheval a beaucoup d'haleine. Il n'a point d'haleine.
Boire un grand coup tout d'une haleine, Le boire tout d'un trait, sans reprendre haleine.
Réciter, débiter une tirade, un discours, etc., tout d'une haleine, Sans se reposer et sans que la mémoire hésite.
Fig., Tout d'une haleine, Sans intermission. J'ai écrit ces pages tout d'une haleine.
Courte haleine, Essoufflement, respiration difficile et fréquente. Avoir la courte haleine. On dit aussi Avoir l'haleine courte.
Fig., Cet auteur a l'haleine courte, Il n'a pas d'abondance, il est bientôt à bout d'idées.
Fig., Affaire, ouvrage de longue haleine, Affaire qui demande beaucoup de temps pour arriver à sa conclusion, ouvrage qui demande un long effort de composition. Cette négociation sera une affaire de longue haleine. Un poème épique est un ouvrage de longue haleine.
EN HALEINE, En exercice, en habitude de travailler, de faire bien et facilement quelque chose. Il se dit des Exercices du corps et de ceux de l'esprit. Il faut tenir les soldats en haleine. Mettre, tenir un cheval en haleine. Quand on veut être bon chasseur, il faut se tenir en haleine. Il fait quelques vers par-ci, par-là, pour se tenir en haleine.
Fig. et fam., Tenir quelqu'un en haleine signifie quelquefois Tenir quelqu'un dans un état d'incertitude mêlé d'espérance et de crainte.
Être en haleine, Être en train de faire quelque chose. Il faut achever cette besogne tandis que les ouvriers sont encore en haleine. Il signifie aussi Être en disposition de faire quelque chose.
HALENÉE
n. f.
L'air qu'on souffle par la bouche en une seule respiration, lorsqu'il est accompagné d'odeur. Il se prend ordinairement en mauvaise part. Il m'a donné une halenée de vin, une halenée d'ail. Il est vieux.
HALENER
v. tr.
Sentir l'haleine de quelqu'un. Je ne l'eus pas plutôt halené que je vis bien qu'il avait bu du vin.
Il se dit aussi des Chiens de chasse qui prennent l'odeur d'une bête. Dès que ses chiens eurent halené la bête. Dans ces deux acceptions, il est vieux.
HALER
(H est aspirée.)v. tr.
T. de Marine
. Tirer à soi avec force à l'aide d'un cordage. Haler une manoeuvre. Haler un palan. Haler une bouée à bord.
Par extension, il signifie, en termes de Batellerie, Faire avancer un bateau le long d'une rivière, d'un canal, etc., au moyen d'une corde tirée ordinairement à force de bras ou par des chevaux. Haler un bateau. Les bateliers criaient : hale, hale.
Se haler dans le vent, ou, elliptiquement, Haler le vent, Se diriger le plus près qu'il est possible vers l'endroit d'où vient le vent. Absolument, Le vent hale de l'avant, Le vent change en prenant la direction de l'avant.
Il signifie encore Attacher avec une corde quelque objet embarrassant que l'on veut élever.
HALER
(H est aspirée.)v. tr.
T. de Chasse
. Exciter les chiens à se jeter sur un autre chien ou sur quelque personne.
HÂLER
(H est aspirée.)v. tr.
Brunir, en parlant du Teint. Sur la plage, le soleil et l'air marin ont vite fait de hâler les visages. Un teint hâlé par la vie au grand air. Visage hâlé, teint hâlé.
SE HÂLER signifie Devenir brun par le hâle. Les dames portaient autrefois des masques, de peur de se hâler.
HÂLER signifie aussi Dessécher, flétrir les végétaux. Les fleurs de notre jardin sont toutes hâlées. Le vent a hâlé la campagne.
HALETANT, ANTE
(H est aspirée.)adj.
Qui halète. Il arriva tout haletant à force d'avoir couru. Une respiration haletante.
Il s'emploie aussi au figuré pour désigner une Émotion, une curiosité intense. Ce drame tient le public haletant jusqu'au baisser du rideau.
HALÈTEMENT
(H est aspirée.)n. m.
Action de haleter ou État de celui qui est haletant.
HALETER
(H est aspirée.) (Je halète; nous haletons.)v. intr. Respirer fréquemment, souffler comme quand on a couru et qu'on est hors d'haleine. Ce chien ne fait que haleter. Fig., Tout l'auditoire haletait.
HALEUR, EUSE
(H est aspirée.)n. m.
T. de Batellerie
. Celui qui hale un bateau.
HALIEUTIQUE
adj. des deux genres
. T. technique
. Qui concerne la pêche. Il s'emploie au pluriel comme nom masculin. Les Halieutiques d'Oppien. Il est peu usité.
HALITUEUX, EUSE
adj.
T. de Médecine
. Qui est dans un état de moiteur. Peau halitueuse. On dit aussi par extension Chaleur halitueuse. Il est peu usité.
HALLAGE
(H est aspirée.)n. m.
Droit levé sur les marchandises qui s'étalent dans les halles et les foires.
HALLALI
Cri de chasse qui annonce que l'animal poursuivi est sur ses fins. Hallali courant, sur pied, par terre.
Il se dit aussi d'un Air de chasse que les trompes exécutent quand l'animal est rendu. Alors il est nom masculin. Sonner l'hallali.
HALLE
(H est aspirée.)n. f.
Place publique, ordinairement couverte, où se tiennent les marchés ou les foires; Magasin public où les personnes qui font un même commerce enferment leurs marchandises. Les Halles centrales. Halle aux blés. La halle aux vins. Halle aux draps, aux cuirs, etc. Aller à la halle. Le carreau des Halles à Paris. Les forts de la Halle, Les porteurs. Facteur aux Halles. Commissionnaire aux Halles. Les dames de la Halle, Les marchandes.
Langage des halles, Langage grossier, tel que celui qu'on parle communément dans les marchés de Paris.
HALLEBARDE
(H est aspirée.)n. f.
Sorte d'arme, garnie par en haut d'un fer long, large et pointu, traversé lui-même à la base d'un fer d'arrêt, d'un côté en forme de croissant, de l'autre en forme de pointe. Un coup de hallebarde. La hampe d'une hallebarde. Autrefois la hallebarde était l'arme du sergent, dans les compagnies de gens de pied. Porter la hallebarde. Les suisses d'église portent des hallebardes.
HALLEBARDIER
(H est aspirée.)n. m.
Il se disait autrefois d'un homme de pied.
HALLIER
(H est aspirée.)n. m.
Réunion de buissons où se retire le gibier, bien couvert de broussailles. Un hallier épais.