Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 59 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Asservir

 

v. tr.

Réduire une nation à la servitude. Asservir un peuple. Coriolan conçut le projet d'asservir son propre pays.

Il signifie figurément Mettre dans une extrême dépendance. Asservir les autres à ses volontés. S'asservir aux caprices de quelqu'un. S'asservir à l'étiquette.

 

ASSERVISSANT, ANTE

 

adj.

Qui asservit. Il ne se dit guère que des choses. Un joug asservissant. Une condition asservissante. Des règles asservissantes.

 

ASSERVISSEMENT

 

n. m.

Action d'asservir ou État de ce qui est asservi. Tenir un peuple dans l'asservissement. Il ne put survivre à l'asservissement de sa patrie. C'est trop d'asservissement aux usages du monde, à la mode. L'asservissement des esprits.

 

ASSESSEUR

 

n. m.

Officier de justice adjoint à un juge principal, pour l'assister dans ses fonctions ou le suppléer en son absence. Conseiller assesseur. Assesseur d'un juge de paix.

 

ASSEZ

 

adv. de quantité

. Suffisamment, autant qu'il faut. Assez bon. Assez grand. Assez long. Il n'a pas assez de vivres pour un mois. Assez d'argent. Assez d'amis. Assez et plus qu'il ne faut. Il est assez fort pour vous tenir tête. Il a assez de courage. Il fut assez hardi pour y aller. Vous êtes venu assez à temps. Il y a assez de temps. Assez et trop longtemps. C'est assez parlé, assez disputé. C'est assez parler, assez disputer. J'en ai assez, je m'en contente. Vous avez assez fait, vous avez fait assez pour la gloire. C'est assez, c'en est assez ou simplement Assez. C'est assez que vous soyez averti.

Il sert aussi à affaiblir plus ou moins la signification des mots auxquels on le joint. Cela est assez bien. Cela paraît assez vraisemblable. Cette femme est assez jolie. C'est assez l'usage. Cet ouvrage est fait avec assez de goût. On remarque assez ordinairement que...

Il peut servir, au contraire, à renforcer le sens. Il est assez étrange que vous refusiez. Voilà qui est assez plaisant. Cela fait assez voir quelle estime il a pour vous. C'est dans un sens analogue qu'on dit Suis-je assez malheureux? Etc.

Il sert encore à préciser l'incertitude d'adverbes exprimant des appréciations très générales et des évaluations très relatives, tels que Peu, souvent. A-t-il du bien? Assez peu. C'est un homme d'assez peu de sens, d'assez peu d'esprit. Il va assez souvent dans cette maison. On se trouve assez souvent embarrassé pour choisir.

 

ASSIDU, UE

 

adj.

Qui fait preuve d'assiduité au propre et au figuré. Magistrat assidu aux audiences. Écolier assidu au travail. Être fort assidu auprès du prince. Il était fort assidu auprès de cette femme.

Il signifie aussi, par extension, Qui est continu, qui se répète fréquemment. Des soins assidus. Des peines assidues. Un travail assidu. Des visites assidues.

 

ASSIDUITÉ

 

n. f.

Régularité à se trouver où l'on doit être. L'assiduité d'un juge aux audiences, d'un commis à son bureau.

Il signifie aussi Application continue à un travail. Cet emploi demande, exige une grande assiduité. J'ai refusé cet emploi, parce qu'il demandait, parce qu'il y fallait trop d'assiduité. L'assiduité vient à bout de tout. À force de patience et d'assiduité. Assiduité à l'étude.

Il se dit également de la Présence fréquente d'une personne dans un lieu, ou bien auprès de quelqu'un pour lui faire la cour, lui rendre des soins, des services. Son assiduité à la cour lui valut des dignités. Avoir de l'assiduité auprès du prince. Il redouble d'assiduité auprès de sa maîtresse. Importuner une femme par ses assiduités.

 

ASSIDÛMENT

 

adv.

D'une manière assidue. Il travaille assidûment. Il est assidûment auprès d'elle.

 

ASSIÉGEANT, ANTE

 

adj.

Qui assiège. L'armée assiégeante. Les troupes assiégeantes.

Il s'emploie plus souvent comme nom, surtout au pluriel. Les assiégeants ont beaucoup avancé les travaux cette nuit. Un des assiégeants. On dit aussi avec un sens collectif L'assiégeant et l'assiégé, pour Les assiégeants et les assiégés.

 

ASSIÉGER

 

v. tr.

Faire le siège d'une place de guerre. On va bientôt assiéger la ville, la forteresse.

Il se dit aussi en parlant des Personnes qui sont enfermées dans une place. Assiégés durant de longs mois, ils résistèrent héroïquement.

Fig., Déjà les eaux débordées assiégeaient notre dernier refuge, nous assiégeaient de toutes parts.

Il se dit encore d'une Foule qui se présente avec empressement à l'entrée de quelque lieu. La foule assiégeait de bonne heure les bureaux du théâtre. Les curieux assiégeaient la porte du tribunal.

Il signifie aussi figurément Obséder, poursuivre, importuner. Ses créanciers l'assiègent tous les matins dans sa maison. Être assiégé par les solliciteurs. On dit dans un sens analogue Assiéger la porte de quelqu'un, S'y présenter continuellement, fréquemment.

Il se dit également des Choses. Les fléaux qui nous assiègent. Tous les maux assiègent sa vieillesse. Ce souvenir m'assiège.

Le participe passé ASSIÉGÉ, ÉE, s'emploie souvent comme nom. Les assiégés firent une sortie. Un des assiégés vint, se rendit dans le camp. On dit dans un sens collectif L'assiégeant et l'assiégé. Voyez ASSIÉGEANT.

 

ASSIETTE

 

n. f.

Manière d'être assis ou placé. Bonne assiette. Mauvaise assiette. Assiette contrainte, incommode. Ce malade ne peut trouver une bonne assiette. C'est un homme inquiet qui ne peut demeurer, qui ne peut se tenir dans la même assiette.

Il signifie particulièrement, en termes de Manège, la Situation du cavalier sur la selle. Cet écuyer fait prendre une bonne assiette à ses élèves. Perdre son assiette. Manquer d'assiette.

En termes de Marine, L'assiette d'un navire, La meilleure situation où puisse être un bâtiment sous voiles pour bien naviguer.

Il signifie aussi la Situation d'un corps posé sur un autre, en sorte qu'il soit ferme et stable. L'assiette d'une pierre, d'une poutre. Cela n'est point dans son assiette.

Il se dit également de la Situation d'une maison, d'une ville, d'une forteresse. L'assiette de cette place est avantageuse.

L'assiette d'un camp, L'Établissement d'un camp, par rapport au choix du terrain.

Il s'applique figurément à l'État et à la disposition de l'esprit. Il n'a pas l'esprit dans une bonne assiette. Il est fort inconstant, il n'a jamais l'esprit dans une assiette ferme, dans une égale assiette, dans la même assiette. Il n'est pas aujourd'hui dans son assiette ordinaire, naturelle, ou simplement dans son assiette.

Il se dit aussi par analogie de la Répartition des impôts, des contributions. Faire l'assiette de l'impôt. On disait de même L'assiette des tailles.

En termes de Jurisprudence, L'assiette d'une rente, le Fonds sur lequel une rente est assise, est assignée.

En termes d'Eaux et Forêts, Assiette des ventes, Désignation du canton de bois que l'on destine à être coupé.

Il se dit encore d'une Sorte de vaisselle à fond plat sur laquelle chacun prend ou reçoit les mets. Assiette d'argent. Assiette de vermeil. Assiette d'étain. Assiette de terre, de faïence, de porcelaine. Assiette creuse. Assiette plate. Assiette à soupe. Assiette à dessert. Une douzaine d'assiettes. Une pile d'assiettes. Changer d'assiette. Servez cela sur une assiette.

Par extension, Une assiette de soupe, de fruits, etc., Ce qu'une assiette contient de soupe, de fruits, etc. Une assiette de gâteaux, Une assiette qui contient les gâteaux qu'on doit faire passer aux convives.

Assiettes blanches, Assiettes propres. Donnez- nous des assiettes blanches.

Fig. et fam., Piquer l'assiette, Manger habituellement chez les autres. Piqueur d'assiette ou Pique-assiette, Un parasite.

Fig. et fam., Un casseur d'assiettes, Un tapageur, un fanfaron.

 

ASSIETTÉE

 

n. f.

Ce que tient une assiette pleine. Une assiettée de soupe.

 

ASSIGNABLE

 

adj. des deux genres

. Qui peut être assigné.

 

ASSIGNAT

n. m.

T. d'ancienne Jurisprudence

. Constitution ou assignation d'une rente sur un héritage qui demeure nommément affecté au paiement annuel de cette rente. On dit maintenant Constitution de rente.

Il s'est dit, pendant la Révolution, d'un Papier-monnaie dont le paiement était assigné sur la vente des biens nationaux. Un assignat de vingt francs, de cinq cents francs. Payer en assignats.

 

ASSIGNATION

 

n. f.

T. de Procédure et de Finance

. Action d'assigner. L'assignation du douaire de cette femme a été faite sur tel immeuble. Pour le remboursement de ses avances, on lui a donné des assignations sur tel fonds. Des assignations peu sûres. Je lui ai fait donner assignation. J'ai reçu assignation. Il faut comparaître, se présenter à toute assignation, sur toute assignation.

 

ASSIGNER

 

v. tr.

Déterminer, faire connaître. On ne peut pas toujours assigner la véritable cause des événements. Assigner une origine à une guerre, à une révolution. Assigner une différence.

Il signifie aussi Affecter un fonds ou une certaine nature de deniers au paiement d'une dette, d'une rente, etc. Sur quel fonds cette dépense sera-t-elle assignée? On assigna son remboursement, sa pension, ses appointements sur le Trésor public. Il m'a assigné une rente de tant sur ses biens présents et à venir. Être assigné sur un bon, sur un mauvais fonds.

Il signifie encore Fixer, donner, attribuer. Vous ne vous êtes pas rendu au lieu qu'on vous avait assigné, au lieu assigné. Assigner un terme, un but. Assigner un traitement à quelqu'un pour son travail. Assigner une tâche à des ouvriers. Assigner le rang qu'une personne ou une chose doit occuper. Assigner les rangs. Assigner à chacun ses fonctions. Assigner des terres.

En termes de Procédure, il signifie par extension Sommer par un exploit de comparaître devant le juge. On l'assigna en justice de paix. Je l'ai fait assigner à comparaître devant le tribunal. Plusieurs témoins furent assignés. Assigner en référé.

Prov. et fig., Ce paiement est assigné sur les brouillards de la Seine, se dit d'un Paiement que rien ne garantit.

Dans cette acception Le participe passé ASSIGNÉ s'emploie comme nom. L'assigné qui ne comparaît pas est condamné par défaut.

 

ASSIMILABLE

adj. des deux genres

. T. didactique

. Qui est susceptible d'assimilation. Substances assimilables, non assimilables. Nourriture, aliments assimilables, Qui s'assimilent au corps et lui profitent.

 

ASSIMILATION

 

n. f.

Action d'assimiler. L'assimilation de l'homme au singe. Vous faites là une fausse assimilation. Une assimilation injurieuse. Procéder par assimilation.

Il se dit aussi, en termes de Physiologie, de l'Action par laquelle un corps vivant s'empare de certaines matières étrangères à sa substance, se les approprie et les fait entrer dans le système organique qui le constitue. La faculté d'assimilation.

Fig., Il a une grande faculté d'assimilation, Il a la faculté de s'initier aux idées, aux connaissances, aux principes d'un art ou d'un métier.

 

ASSIMILER

 

v. tr.

Rendre semblable. Ces penchants honteux assimilent l'homme à la brute. S'assimiler à quelqu'un.

Il signifie plus ordinairement Présenter comme semblables deux ou plusieurs personnes, deux ou plusieurs choses. On ne peut assimiler ce cas à aucun autre. Le détenu pour délit politique ne saurait être assimilé à un vil criminel. Pensez-vous que j'ose m'assimiler à ce grand homme?

S'ASSIMILER se dit aussi, en termes de Physiologie, de l'Acte par lequel les corps vivants exercent leur faculté d'assimilation. Les corps vivants croissent et s'entretiennent en s'assimilant des substances étrangères, en les assimilant à leur propre substance. Les particules matérielles qui s'assimilent à la propre substance d'un animal, d'un végétal.

 

ASSISE

 

n. f.

Rang de pierres de taille qu'on pose horizontalement pour construire une muraille. Les ouvriers sont à la première, à la seconde assise. Chaque assise a tant de centimètres de haut.

Bâtir par assises réglées, Bâtir avec des pierres qui sont toutes de même hauteur et dont le milieu répond exactement aux joints montants de l'assise inférieure.

Fig., Les assises de la société. Établir une entreprise sur des assises solides. ASSISES, au pluriel, avait autrefois le sens de Loi, institution juridique. Assises de Jérusalem.

Fig. et fam., Cet homme tient ses assises dans cette maison, dans cette compagnie, Il y est fort écouté, fort applaudi, il y domine.

Il se dit maintenant des Sessions d'une Cour criminelle. Présider, tenir les assises. Plaider aux assises, en assises. Avocat d'assises. Il sera jugé aux prochaines assises.

Cours d'assises, Cours criminelles, tribunaux criminels.

 

ASSISTANCE

 

n. f.

Présence. Il est surtout usité en parlant de la Présence d'un officier public ou d'un ecclésiastique dans quelqu'une des fonctions de leur ministère. On lui donne tant pour son droit d'assistance, pour son assistance. Les chanoines ont un droit d'assistance aux enterrements, aux offices, etc.

Il se dit, plus généralement, d'un Nombre, plus ou moins considérable, de personnes assemblées en quelque lieu. Son discours ravit toute l'assistance. J'en prends à témoin l'assistance. Une nombreuse assistance.

Il signifie aussi Aide, secours. Donner, prêter, promettre assistance. Demander assistance, de l'assistance. Demander, implorer l'assistance de quelqu'un. Refuser son assistance, toute assistance à quelqu'un. OEuvres d'assistance.

Assistance judiciaire, Autorisation donnée à un plaideur pauvre de procéder en justice sans payer les frais, soit comme demandeur, soit comme défendeur.

Assistance publique, Administration qui est chargée des secours à donner aux pauvres, aux infirmes, aux malades. Le directeur de l'Assistance publique. Les hôpitaux relèvent de l'Assistance publique.

Assistance privée, Secours de tout genre donné par les sociétés particulières.

Il se dit aussi, dans quelques Ordres religieux, des Différents états ou provinces où se trouve celui qui assiste le général ou le provincial de son ordre. L'ordre des Jésuites a tant de provinces sous l'assistance d'Italie.

 

ASSISTANT, ANTE

 

n.

Celui qui est présent en un lieu. Dans cette acception, il ne s'emploie généralement qu'au pluriel. Il y eut beaucoup d'assistants à cette cérémonie. Il prit tous les assistants à témoin. Il se dit aussi de Celui, de Celle qui se tient auprès de quelqu'un pour l'aider. Un prêtre assistant de l'évêque. L'assistant du chirurgien. Ce professeur, dans son cours, a toujours près de lui un assistant.

Dans certains Ordres religieux, il se dit généralement de Ceux qui sont établis pour aider le général ou le provincial dans les fonctions de sa charge. Il est assistant du général. Un des assistants. Le corps des assistants.

 

ASSISTER

 

v. intr.

Être présent. Assister au service divin. Assister à la messe, à une cérémonie, à un enterrement. J'assistais aux débats, au jugement. J'assisterai à l'opération. Assister à l'ouverture d'un testament. Il assista au crime et ne fit rien pour l'empêcher. Assister à la lecture d'une tragédie. Il n'assista point au spectacle, à la fête.

Assister à un jugement signifie quelquefois Faire partie du tribunal qui prononce un jugement.

Il est aussi verbe transitif et signifie Secourir, aider. Assister les pauvres. Assister ses amis de son crédit, de sa bourse, de ses conseils. Dieu nous a bien assistés. J'espère que Dieu m'assistera. Assister un malheureux dans sa détresse. Vous l'avez assisté dans sa maladie. Il serait mort si on ne l'eût assisté avec soin. Il n'est assisté que de vous seul. Les enfants assistés.

Assister un malade, un criminel à la mort, L'exhorter à bien mourir, l'aider à mourir en bon chrétien.

Il signifie encore Accompagner pour quelque action. Je vous prie de m'assister dans cette démarche, dans cette entreprise. Se faire assister par quelqu'un. Il se fit assister par des gendarmes. Il était assisté de deux commissaires. Il comparut assisté de son avoué.

 

ASSOCIATION

 

n. f.

Action d'associer, d'être associé. Acte d'association. Traité d'association. Former une association. Se former en association. Leur association est rompue, est dissoute, est finie. Association d'intérêts. L'association des idées. Association bizarre d'idées disparates. Une heureuse association de mots.

Il se dit aussi de Ceux qui sont associés. Association amicale d'anciens élèves d'un lycée. Faire partie d'une association. Se retirer d'une association. Les membres d'une association.

 

ASSOCIER

 

v. tr.

Prendre quelqu'un pour compagnon, pour collègue dans une dignité, dans un emploi, dans une entreprise, etc. Dioclétien associa Maximien à l'Empire. Je l'ai associé à mes affaires pour me soulager. Associer quelqu'un à des travaux. Il associa ses deux fils à son commerce. Les entrepreneurs de cette manufacture l'ont associé aux eux. S'associer quelqu'un. Il s'est associé un homme intelligent et laborieux. Je veux me l'associer pour finir plus promptement ce travail. Nous nous sommes associés pour cette opération.

Fig., Associer quelqu'un à son crime, à ses dangers, à son triomphe, etc., L'y faire participer.

Il signifie aussi Unir, joindre. L'intérêt qui associe deux personnes. Associer des idées. Associer les mots d'une façon bizarre. Cet écrivain associe l'élégance de la forme à la solidité du savoir. Je veux m'associer à tous vos périls. Voilà deux idées qui ne peuvent s'associer. Ce mot ne s'associe pas bien avec tel autre.

S'ASSOCIER signifie particulièrement Hanter, fréquenter quelqu'un, avoir liaison, avoir commerce avec quelqu'un. Il ne faut pas qu'un jeune homme s'associe avec toute espèce de gens.

Le participe passé ASSOCIÉ, ÉE, est aussi nom. C'est mon associé. Les bénéfices sont partagés entre tous les associés également. Leur associé est mort et sa veuve est aujourd'hui leur associée. Un tel, banquier, un tel, négociant et ses associés.

Dans quelques Académies, Membres associés, ou simplement Associés, Membres d'une académie, de nationalité étrangère, qui jouissent de quelques-uns des droits des autres membres.

 

ASSOIFFÉ, ÉE

 

adj.

Qui a soif. Il s'emploie surtout figurément. Assoiffé d'argent, d'honneurs.

 

ASSOLEMENT

 

n. m.

T. d'Agriculture

. Action d'assoler. L'assolement triennal.

 

ASSOLER

 

v. tr.

T. d'Agriculture

. Faire succéder des cultures dans un certain ordre en divisant les terres labourables en grandes portions ou soles.

 

ASSOMBRIR

v. tr.

Rendre sombre. Ces arbres assombrissent notre maison. Les malheurs ont assombri son caractère.

S'ASSOMBRIR signifie Devenir sombre. Le ciel s'assombrit. Tout sourit à la jeunesse, tout s'assombrit pour la vieillesse. Sa figure s'est assombrie.

 

ASSOMBRISSEMENT

 

n. m.

État de ce qui s'assombrit. L'assombrissement du ciel.

Fig., L'assombrissement de son caractère.

 

ASSOMMANT, ANTE

 

adj.

Qui assomme, au sens figuré. Travail assommant. Chaleur assommante. Un homme assommant. Quel assommant discoureur! Dissertation assommante. Il est familier.

 

ASSOMMER

 

v. tr.

Tuer au moyen d'une arme pesante ou par un coup violemment assené. Assommer un boeuf avec un maillet. Assommer à coups de bâton. Il fut assommé à coups de pierres. Des brigands l'ont assommé dans un bois. Ses ennemis lui ont dressé une embuscade et l'ont assommé. Il l'a assommé d'un coup de poing.

Il signifie aussi Battre avec excès. On ne peut rester à son service, il assomme de coups ses domestiques. Cet homme est un brutal qui assomme ses enfants.

Il signifie figurément et familièrement Incommoder et importuner ou Accabler beaucoup. Ce grand parleur assomme tout le monde. Il m'assomme de ses questions, avec ses questions. La perte de ce procès l'a assommé. La chaleur m'assomme.

 

ASSOMMOIR

 

n. m.

Arme qui sert à assommer. Il se dit d'un Bâton garni, à l'une de ses extrémités, d'une balle de plomb enveloppée de ficelle.

Il se dit aussi d'une Sorte de piège que l'on tend à certaines bêtes telles que renards, blaireaux, etc., et qui est disposé de manière à les assommer lorsqu'elles s'y prennent.

Fig., C'est un coup d'assommoir, C'est un événement accablant auquel on était loin de s'attendre.

Il désigne encore un Débit de boissons où les gens du peuple s'assomment d'alcool. Dans cette acception il est familier.

 

ASSOMPTION

 

n. f.

Il se dit de l'Enlèvement miraculeux de la Sainte Vierge au ciel par les anges. L'assomption de la Sainte Vierge, de la Vierge.

Il se dit aussi du Jour auquel l'Église célèbre la fête de cet enlèvement. L'Assomption est le 15 août.

 

ASSONANCE

 

n. f.

Répétition du même son. Il se dit particulièrement, en termes de Versification, de la Répétition d'une même voyelle accentuée à la dernière syllabe de chaque vers. Dans la prose, il ne suffit pas d'éviter les rimes à la fin des membres de la période, il faut éviter aussi les assonances. Proverbe et perde, France et branche, fer et cerf sont des assonances. Dans les anciens poèmes français l'assonance tient lieu de la rime.

 

ASSONANT, ANTE

 

adj.

Qui produit une assonance. Voyelle assonante. Mots assonants.

 

ASSORTIMENT

 

n. m.

Convenance de plusieurs choses qui ont entre elles quelque rapport. L'assortiment de ces couleurs est agréable, bien entendu. L'assortiment de ces meubles est de fort bon goût. Un bel assortiment de fleurs.

Il signifie aussi Assemblage complet de certaines choses qui vont ordinairement ensemble. Un assortiment de diamants, de pierres de couleur, de perles, etc. Assortiment de vaisselle plate, de cristaux, de porcelaines. Assortiment d'outils, d'ustensiles. Assortiment complet. Assortiment de couleurs, Toutes les couleurs nécessaires à un peintre.

Il se dit, en termes de Typographie, d'un Supplément de différentes sortes de caractères servant à compléter une fonte dans la proportion requise pour le genre de composition auquel on la destine. Voyez POLICE.

Il signifie, en termes de Commerce, Fonds, collection de marchandises de même genre. Ce marchand a un bel assortiment de soieries, de châles, de dentelles, etc.

En termes de Librairie, Livres d'assortiment, Les livres qu'un libraire tire des autres libraires, par opposition à Ceux qu'il a fait imprimer ou qu'il est chargé de vendre et qu'on appelle Livres de fonds.

 

ASSORTIR

 

v. tr.

Mettre ensemble deux ou plusieurs choses qui se conviennent. Assortir diverses couleurs l'une avec l'autre. Cette étoffe est riche, il faut l'assortir d'une doublure qui le soit aussi. Assortir des fleurs avec goût. Ces deux couleurs, ces deux meubles ne s'assortissent pas ensemble. Assortir les chevaux d'un attelage. Attelage assorti.

Dans cette acception il peut être intransitif et signifier Convenir. Cette pièce de tapisserie n'assortit pas bien à l'autre. Ces deux couleurs n'assortissent pas bien ensemble. Ce tableau n'assortit pas à son pendant. Cette garniture assortit bien à la robe, avec la robe.

Il se dit figurément en parlant des Personnes. Quand on prie des gens à un repas, il faut avoir soin de les assortir. Pour faire un bon mariage, il faut bien assortir les personnes. Il faut assortir les conditions, les âges.

Il se dit spécialement de la Convenance des caractères. En fait de mariage, il faut songer d'abord à bien s'assortir. Leurs caractères ne s'assortissent point.

Il signifie encore Fournir de toutes les choses nécessaires, convenables. Assortir un magasin, une boutique de toute sorte de marchandises. Allez chez tel marchand, il a de quoi vous assortir. Ce libraire s'assortit de tous livres nouveaux. Un magasin bien assorti.

 

ASSORTISSANT, ANTE

 

adj.

Qui assortit bien. Donnez-moi une couleur assortissante à celle-ci, à mon âge.

 

ASSOTER

 

v. tr.

Rendre sot. Vos discours finiront par m'assoter.

Il se dit parfois pour Rendre sottement amoureux. Il s'est assoté d'une femme qui le ruinera.

Dans les deux acceptions il est familier et vieux.

 

ASSOUPIR

v. tr.

Endormir à demi. Les fumées du vin l'assoupissent. Les vapeurs qui montent à la tête assoupissent. Un discours monotone assoupit ordinairement les auditeurs. Une drogue qui assoupit les sens. Il s'assoupit ordinairement après le repas.

Il signifie figurément Suspendre pour un temps l'effet d'une chose. Un remède qui assoupit les grandes douleurs.

Il signifie aussi, figurément, Empêcher l'éclat, le progrès, les suites de quelque chose de fâcheux. Il se trouva impliqué dans l'accusation; mais ses parents assoupirent l'affaire. Cette affaire est capable de vous ruiner, de vous perdre, il faut l'assoupir. Assoupir la sédition. La guerre fut assoupie. Assoupir un différend, une querelle.

S'ASSOUPIR se dit figurément et signifie Se calmer, s'affaiblir. La douleur va bientôt s'assoupir. Avec le temps, les haines s'assoupissent. La querelle s'est enfin assoupie.

 

ASSOUPISSANT, ANTE

 

adj.

Qui assoupit. Fumées, vapeurs assoupissantes. Remède assoupissant. Lecture assoupissante. Son débit est assoupissant. Ouvrage assoupissant.

 

ASSOUPISSEMENT

 

n. m.

État d'une personne assoupie. Il était dans un grand assoupissement, dans un profond assoupissement. Un assoupissement léthargique. Tomber dans l'assoupissement.

Figurément il signifie Grande nonchalance, grande négligence pour ses devoirs, pour ses intérêts. Sortez de votre assoupissement. Il est temps de revenir de votre assoupissement.

 

ASSOUPLIR

 

v. tr.

Rendre souple. Assouplir une étoffe, un ressort. Le cuir s'assouplit à l'eau.

En termes de Manège, Assouplir un cheval, L'habituer à se mouvoir avec souplesse.

Fig., Assouplir le caractère de quelqu'un. Assouplir une langue rude et grossière. Son caractère altier n'a pu s'assouplir.

 

ASSOUPLISSEMENT

n. m.

Action d'assouplir, de s'assouplir. Exercices d'assouplissement. L'assouplissement du caractère, des caractères.

 

ASSOURDIR

 

v. tr.

Rendre sourd momentanément. Le canon, le bruit du canon l'avait assourdi. Par exagération, Il criait à nous assourdir. Ce bruit m'assourdit tellement que je ne puis entendre ce que vous me dites.

Il signifie aussi Rendre moins sonore. Cet épais rideau assourdit les bruits de la rue. Sons assourdis. Notes assourdies.

En termes de Peinture, il signifie par extension Diminuer la lumière et les détails dans les demi-teintes. Teinte assourdie.

 

ASSOURDISSANT, ANTE

 

adj.

Qui assourdit. Bruit assourdissant. Ces cloches sont assourdissantes. Babil, bavardage assourdissant.

 

ASSOURDISSEMENT

 

n. m.

Action d'assourdir ou Résultat de cette action.

 

ASSOUVIR

 

v. tr.

Rassasier pleinement, délivrer d'une faim vorace. Depuis qu'il est relevé de maladie, on ne saurait l'assouvir. On ne peut assouvir cet enfant. Assouvir sa faim. C'est une faim canine qu'on assouvira difficilement. Que faut-il faire pour assouvir cette voracité? C'est un loup affamé qu'on ne saurait assouvir. On ne peut l'assouvir de pain, l'assoupir de viande.

Il se dit au figuré, en parlant de Certaines passions violentes. Assouvir sa vengeance, sa cruauté, sa rage. Il a un désir de gloire qu'il ne peut assouvir. Son ambition ne saurait être assouvie. Rien ne peut assouvir leur cupidité. Cette avarice ne pourra donc jamais s'assouvir?

 

ASSOUVISSEMENT

n. m.

Action d'assouvir ou Résultat de cette action. Rien ne suffit à l'assouvissement de sa faim. L'assouvissement des désirs, des passions.

 

ASSUJETTIR

 

v. tr.

Rendre sujet, soumettre à sa domination. Assujettir un peuple, une province.

Fig., Vos charmes l'ont assujetti. Sa bonté lui assujettit tous les coeurs. L'âme ne doit point être assujettie au corps. S'assujettir aux usages, aux préjugés, à la mode. S'assujettir à des règles.

Il signifie par extension Astreindre, obliger à faire habituellement et fréquemment quelque chose. Les règles de l'art assujettissent l'ouvrier. Il les assujettissait à des travaux pénibles. Il veut vous assujettir à d'étranges conditions. Ses hautes fonctions l'assujettissent à des devoirs très absorbants. Je ne veux pas m'assujettir à cela. S'assujettir aux heures d'autrui. S'assujettir aux fantaisies, aux caprices d'une personne.

Être assujetti, fort assujetti, se dit d'une Personne que les devoirs de sa charge, de son emploi tiennent dans une grande sujétion.

Il signifie encore par analogie Arrêter une chose de telle sorte qu'elle soit stable et sans mouvement. Assujettir un mât. Assujettir une table qui vacille. Assujettir une couture, un pli. Assujettir un chapeau sur sa tête.

 

ASSUJETTISSANT, ANTE

 

adj.

Qui astreint, qui tient dans une grande sujétion, qui exige beaucoup d'assiduité. C'est un métier bien assujettissant. Des travaux fort assujettissants.

 

ASSUJETTISSEMENT

 

n. m.

Action d'assujettir. L'assujettissement de la Gaule par les Romains.

Il signifie aussi État de dépendance. L'assujettissement d'un pays. L'assujettissement d'une province à un royaume. L'assujettissement aux modes, à l'étiquette, aux usages.

Il signifie, par extension, Contrainte, obligation de faire habituellement ou fréquemment quelque chose. C'est un grand assujettissement. Il ne peut souffrir cet assujettissement. Je ne saurais vivre dans un tel assujettissement. Il est des assujettissements qu'on ne peut longtemps supporter. Les tristes assujettissements de la grandeur.