Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Tome
n. m.
Volume séparé qui fait partie d'un ouvrage imprimé ou manuscrit. Il y a tant de tomes à cet ouvrage. J'ai fait relier deux tomes en un volume. Le premier, le second tome. Tome premier, tome second.
TON
adj. possessif masculin
qui répond au pronom personnel Tu, toi. On le met toujours devant le nom ou l'adjectif qui précède le nom. Ton Dieu. Ton père. Ton ami. Ton honneur. Ton seul amour.
Il fait au féminin TA. Ta femme. Ta maison. Ta haine. Mais lorsque le nom ou l'adjectif féminin devant lequel il est placé commence par une voyelle ou une h muette, au lieu de ta on dit ton. Ton amitié. Ton habileté. Ton extrême prudence.
Il fait au pluriel TES pour les deux genres. Tes parents. Tes amis. Tes affaires.
Il s'emploie familièrement pour indiquer des rapports d'habitude, de connaissance, etc. Voilà ton homme. Tu sais ta grammaire.
TON
n. m.
Degré d'élévation ou d'abaissement de la voix ou de quelque autre son. Ton de voix. Un ton plus haut. Un ton plus bas. Il a haussé, il a baissé le ton. Donner le ton. Prendre le ton. Un ton soutenu. Ton aigu, ton grave.
Il se dit, par extension, de la Manière de parler, non seulement par rapport au son de la voix, mais relativement aux sentiments qu'elle exprime, à la nature des paroles. Un ton aigre. Un ton doux. Parler d'un ton de maître, d'un ton impérieux, fier, ferme, d'un ton moqueur, railleur. Ton amical. Ton décidé, tranchant, absolu, dogmatique. Ton patelin, doctoral. Ton réservé, modeste, timide, humble. Ton lamentable, plaintif, pleureur, suppliant. Être sur un ton badin, sur un ton sérieux, sur un ton doucereux. Avoir toujours un ton mielleux. Il me dit cela d'un ton qui marquait un peu de dépit. Le ton de la colère, de l'indignation. Le ton de la pitié, de l'amour. Il est toujours sur un ton familier, sur un ton de réserve, sur le ton de la réserve. Un ton de supériorité. Le ton de la supériorité. Un ton grivois. Un ton noble.
Fig. et fam., Le prendre sur un ton, sur un certain ton, Prendre certaines manières, avoir une certaine conduite, un certain procédé, un certain langage. Si vous le prenez avec moi sur un ton de supériorité, vous ne réussirez pas. Le prenez-vous sur ce ton? Il l'a pris sur un ton fort haut.
Fig. et fam., Faire baisser le ton à quelqu'un, L'obliger à rabattre des airs de supériorité qu'il se donne, à parler d'un ton moins impérieux ou moins emporté.
Fig. et fam., Changer de ton, Changer de conduite, de manières, de langage. Il traitait tout le monde avec hauteur, mais on lui a bien fait changer de ton.
Fig. et fam., Prendre un ton, Prendre des airs, affecter une sorte de supériorité. Vous prenez avec moi un ton qui ne me convient pas.
Fig. et fam., Dire une chose sur tous les tons, L'exprimer de toutes les manières. Je le lui ai dit sur tous les tons; il n'a pas voulu m'écouter.
TON se dit encore du Langage, des manières qu'on emploie dans la société. Le bon ton s'acquiert par la fréquentation des personnes bien élevées. Un homme, une femme de bon ton. Cette façon de parler, ce geste n'est pas de bon ton. Un propos, une familiarité de mauvais ton. Le ton de la ville, de la cour. Le ton d'un homme du monde. Un ton de corps de garde.
Donner le ton, Servir de modèle pour le langage, les manières, etc. Il donne le ton à la jeunesse élégante.
Se mettre au ton de quelqu'un, Se conformer à lui pour le langage, les manières, les goûts, etc.
TON se dit aussi, en parlant des Ouvrages de l'esprit, du Caractère, du genre de style. Le ton de cet ouvrage est soutenu. Il a pris dès le commencement de son livre le ton oratoire, le ton pathétique. Le ton plaintif de l'élégie. Le ton galant du madrigal. Il a commencé son ouvrage sur un ton qu'il n'a pu soutenir.
En termes de Musique, il se dit de l'Intervalle entre deux notes consécutives de la gamme, excepté l'intervalle de la troisième à la quatrième note et celui de la septième à la huitième. Transposer d'un ton. Il y a trois tons du fa au si.
Demi-ton, Moitié d'un ton. Il y a dans la gamme d'ut un demi-ton du mi au fa, et un autre du si à l'ut. Du ré au ré dièse il y a un demi- ton chromatique, et du ré au mi bémol un demi- ton diatonique. Il faut chanter cet air un demi- ton plus haut.
TON se dit aussi de la Gamme dans laquelle est écrit un morceau de musique et qui est désignée par sa note initiale appelée Tonique. Ton d'ut, de ré, de mi, etc. Il y a un dièse dans le ton de sol, deux dans le ton de ré. Le ton de la mineur. Chanter dans tel ton. Ce morceau de musique est dans tel ton.
Donner le ton, Marquer en chantant, ou en touchant un instrument, le ton dans lequel on doit chanter.
Fig. et fam., Je le ferai bien chanter sur un autre ton, Je l'obligerai à parler, à se conduire autrement qu'il ne fait.
Prov. et fig., C'est le ton qui fait la chanson, C'est le ton, c'est la manière dont on dit les choses qui dénote l'intention de celui qui les dit.
TON se dit dans un sens analogue en parlant du Plain-chant. Les tons du plain-chant se divisent en tons authentiques et tons plagaux. En ce sens on dit plutôt Mode.
En termes de Chasse, il se dit des Différents airs que l'on sonne sur la trompe dans une chasse à courre. Il y a de nombreux tons de chasse : le débucher, l'hallali, le bat-l'eau, etc.
En termes de Peinture, il se dit des Teintes, suivant leur différente nature et leur différent degré de force ou d'éclat. Tons sombres. Tons clairs. Tons chauds. Tons vigoureux. Tons fins. Tons rougeâtres, verdâtres. Tons faux, blafards. Voilà une assez bonne copie de Rubens; mais quelle différence, dans le ton de couleur, entre l'original et la copie!
En termes de Médecine, il désigne l'État de tension, d'élasticité ou de fermeté naturel aux différents organes du corps. Les cordiaux donnent du ton à l'estomac.
TONALITÉ
n. f.
T. de Musique
. Caractère d'un ton, d'un morceau écrit dans un ton déterminé. La note sensible et l'accord parfait déterminent la tonalité.
TONDAISON
n. f.
Action de tondre. On dit plutôt Tonte.
TONDEUR, EUSE
n.
Celui, celle qui tond. Prendre des tondeurs à la journée pour tondre des troupeaux. Tondeuse de chiens. Tondeur de draps. Porter des draps au tondeur. Tondeur de buis. Tondeur de palissades.
TONDEUSE se dit aussi d'une Machine qui sert à tondre les draps.
Il désigne également des Instruments qui servent à couper ras les cheveux et la barbe, ainsi que le poil des animaux. Passer quelqu'un à la tondeuse. Tondeuse mécanique.
Il se dit encore d'un Instrument qui sert à faucher le gazon. Tondeuse à gazon.
TONDRE
(Je tonds, tu tonds, il tond. Je tondais. Je tondis. Je tondrai. Tonds. Que je tonde. Que je tondisse. Tondant. Tondu.)v. tr.
Couper la laine ou le poil aux bêtes. Tondre les brebis, les troupeaux. Tondre un barbet.
Fig. et fam., Tondre la brebis de trop près, Mettre des impôts trop lourds sur le peuple. Prov. et fig., Il faut tondre les brebis et non pas les écorcher, Il ne faut pas exiger de quelqu'un plus qu'il ne peut faire.
Fig. et fam., Se laisser tondre la laine sur le dos, Supporter patiemment des injustices, des vexations, des exactions.
Fig. et fam., Il tondrait sur un oeuf se dit d'un Avare qui veut épargner sur les plus petites choses.
Tondre le drap, En couper les poils de manière à le rendre plus uni et plus ras.
Tondre une palissade, La rendre unie en coupant les feuilles et les branches qui débordent. Vous ferez épaissir cette palissade en la tondant. On dit dans un sens analogue : Tondre les buis, le gazon.
Les brebis ont tondu entièrement ce pré, Elles en ont brouté toute l'herbe.
TONDRE se dit familièrement en parlant des Personnes et signifie Couper les cheveux de près avec des ciseaux, avec une tondeuse. Il est nouvellement tondu. Il est tondu de frais.
Fig. et fam., Tondre quelqu'un, Lui prendre tout son argent. Ces aigrefins l'ont complètement tondu.
Le participe passé TONDU s'emploie comme adjectif. Prov. et fig., À brebis tondue Dieu mesure le vent, Dieu ne nous envoie pas plus d'épreuves que nous n'en pouvons supporter.
Il s'emploie aussi substantivement en parlant des Personnes. Il n'y avait que quatre pelés et un tondu se dit en parlant d'une Réunion peu nombreuse composée de gens de peu d'importance. Il est familier.
TONICITÉ
n. f.
T. de Médecine
. Légère contraction, tension élastique que présentent les tissus vivants, spécialement les muscles.
TONIFIANT, ANTE
adj.
Qui tonifie. Un air tonifiant. Substantivement, Un tonifiant.
TONIFIER
v. tr.
Donner du ton, rendre plus vigoureux, plus ferme, plus alerte, plus actif. Le vin tonifie les organes.
TONIQUE
adj. des deux genres
. T. de Grammaire
. Qui reçoit l'accent. Syllabe tonique. Voyelle tonique.
Accent tonique, Intensité plus grande du son sur une syllabe d'un mot.
TONIQUE se dit, en termes de Musique, de la Première note d'un ton. Ut est la note tonique dans le ton d'ut. Substantivement, La tonique et la dominante.
En termes de Médecine, il se dit des Tissus, des muscles et signifie Qui a une tension élastique.
Il signifie aussi Qui excite la tonicité, qui donne du ton, qui fortifie l'organisme, qui le rend plus ferme, plus alerte. Substantivement, Un tonique.
TONITRUANT, ANTE
adj.
Qui fait un bruit comparable à celui du tonnerre. Voix tonitruante.
TONLIEU
n. m.
T. de Féodalité
. Droit payé par les marchands pour leur étal dans un marché, dans une foire.
TONNAGE
n. m.
Capacité, déplacement d'eau d'un bateau.
Droit de tonnage, Droit que paie un navire de commerce en raison de sa capacité.
TONNAGE se dit aussi du Total des tonnes que représentent tous les vaisseaux d'une flotte, tous les navires entrant dans un port ou en sortant.
TONNANT, ANTE
adj.
Qui tonne. Jupiter tonnant.
Fig., Une voix tonnante, Une voix forte et éclatante.
TONNE
n. f.
Récipient de bois à deux fonds, en forme de muid, qui est plus grand et plus renflé par le milieu que le tonneau. Tonne de vin. Une tonne de bois de sapin.
Il se dit aussi d'un Poids de mille kilogrammes. Une tonne de fer. Cent tonnes de houille.
En termes de Marine, il se dit d'un Déplacement d'eau ou d'un Poids de marchandises transportées égal à mille kilogrammes environ. Un cuirassé de vingt-cinq mille tonnes. Un navire de douze mille tonnes.
En termes d'Histoire naturelle, il se dit de Coquilles univalves de forme arrondie.
TONNEAU
n. m.
Grand récipient de bois, de forme à peu près cylindrique, mais renflé dans son milieu, à fonds plats, qui est fait de planches ou douves arquées, maintenues par des cercles de fer, et qui sert à contenir des liquides ou certaines autres marchandises. Tonneau de vin. Tonneau de cidre. Un tonneau de poudre. Du merrain pour faire des tonneaux. Tonneau vide. Vider les tonneaux. Défoncer un tonneau. Mettre un tonneau en perce. Tirer du vin au tonneau.
Fig. et fam., C'est un tonneau se dit d'un Ivrogne, d'un homme habitué à boire d'une manière excessive.
Fig., C'est le tonneau des Danaïdes se dit, par allusion à la fable antique, d'une Chose qui nécessite des dépenses sans limites. Cette entreprise coûte beaucoup et ne rapporte rien, c'est le tonneau des Danaïdes.
TONNEAU se dit aussi du Liquide contenu dans le tonneau. Ils ont bu, depuis un mois, deux tonneaux de vin.
En termes de Marine, il désignait une Unité de poids, de deux mille livres, servant à évaluer la capacité d'un navire. Il se dit aujourd'hui d'une Mesure semblable, égale à mille kilogrammes. Un bâtiment de cent, de deux cents, de trois cents tonneaux. On dit aussi Tonne.
En termes de Jeu, il se dit d'une Sorte de casier percé sur le dessus de plusieurs ouvertures, dans lesquelles on cherche à jeter de loin des petits palets de cuivre, pour gagner un certain nombre de points. Le jeu de tonneau.
TONNEAU se dit encore d'une Voiture légère et découverte, à deux roues.
TONNELET
n. m.
Petit baril destiné à contenir du vin, de l'eau-de-vie ou quelque autre liquide.
TONNELIER
n. m.
Celui qui fait et répare des tonneaux, qui vend des baquets, des bouteilles, des bouchons, etc., et qui se charge de mettre le vin en bouteilles.
TONNELLE
n. f.
Sorte de berceau de treillage couvert de verdure. Manger sous une tonnelle.
TONNELLERIE
n. f.
Profession du tonnelier.
Il se dit aussi d'un Lieu où l'on fabrique des tonneaux.
TONNER
v. intr.
Faire éclater le tonnerre. Jupiter se mit à tonner.
Fig., C'est un bruit si grand qu'on n'entendrait pas Dieu tonner se dit en parlant d'un Très grand bruit, d'un bruit qui assourdit.
TONNER s'emploie surtout impersonnellement. Il n'a fait qu'éclairer et tonner toute la nuit. Il tonne souvent dans cette région.
Il signifie, par extension, Faire entendre un bruit retentissant comme le tonnerre. L'artillerie commençait à tonner. Le canon tonne.
Il signifie aussi, figurément, Parler contre quelqu'un ou quelque chose avec beaucoup de force et de véhémence. Ce prédicateur a tonné contre l'ambition, l'avarice, le luxe. Tonner du haut de la tribune.