Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 498 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Gruger

 

v. tr.

Briser quelque chose de dur ou de sec avec les dents. Gruger des croûtes, des macarons, du sucre. Il est vieux.

Il signifie, en termes d'Arts, Briser, avec un marteau à pointes de diamant, certaines matières dures qui ne pourraient être entamées par un outil tranchant. On gruge les saillies du granit.

Il s'emploie surtout dans la locution familière Gruger quelqu'un, Lui manger son bien, lui extorquer ce qu'il possède, lui faire perdre son argent. Il a autour de lui des gens qui le grugent. Les hommes d'affaires l'ont grugé.

 

GRUME

 

n. f.

T. d'Eaux et Forêts

. Écorce laissée sur le bois coupé. Bois de grume ou en grume, Bois coupé qui a encore son écorce. Vendre les bois en grume.

 

GRUMEAU

 

n. m.

Petite portion durcie ou caillée de sang, de lait ou de quelque autre matière liquide. Ce lait est tourné, il s'est mis tout en grumeaux. Cette colle, cette bouillie est pleine de grumeaux.

Il se dit aussi d'une Petite agglomération de quelque chose de pulvérulent, de sablonneux, etc. Des grumeaux de sel.

 

GRUMELER (SE)

 

(Il se conjugue comme APPELER.)v. pron. Se mettre en grumeaux. Le lait tourné se grumelle.

 

GRUMELEUX, EUSE

 

adj.

Qui est composé de grumeaux. Sang grumeleux.

Il signifie, par extension, Qui a de petites inégalités dures, au-dehors ou au-dedans. Caillou grumeleux. Bois grumeleux. Poires grumeleuses.

GRUYER, ÈRE

 

adj.

Qui a rapport à la grue. Il ne s'emploie que dans ces dénominations : Faucon gruyer, Qui est dressé à voler la grue; Faisan gruyer, Qui ressemble à une grue.

 

GRUYÈRE

 

n. m.

Sorte de fromage qui tire son nom d'une région de la Suisse où il se fait. Un morceau de gruyère. On dit aussi Fromage de Gruyère.

 

GUANO

 

n. m.

Substance produite par des amas de fiente d'oiseaux de mer, qui se trouve principalement dans les îles de l'Océan Pacifique appartenant au Pérou, et qui est très employée comme engrais.

 

GUÉ

 

n. m.

Endroit d'une rivière où l'eau est si basse et le fond si ferme qu'on y peut passer sans nager et sans s'embourber. Chercher un gué pour faire traverser une rivière à une troupe. Passer la rivière à gué. Abreuver un cheval au gué. Sonder le gué.

 

GUÉABLE

 

adj. des deux genres

. Que l'on peut passer à gué. La rivière est guéable dans cet endroit.

 

GUÉER

 

v. tr.

Passer à gué. Guéer une rivière.

Par extension, il signifie Faire baigner. Guéer un cheval.

Par analogie, il signifie aussi Laver du linge et le remuer quelque temps dans l'eau avant de le tordre.

 

GUENILLES

n. f.

pl. Vêtement misérable en lambeaux. Un malheureux, un mendiant en guenilles. Ce vêtement tombe en guenilles.

Sac à guenilles, Sac où l'on ramassait les morceaux de linge usé, les chiffons, etc.

Il s'emploie au singulier pour désigner une Chose sans valeur, sans importance, méprisable. Ce vêtement n'est qu'une guenille. Selon lui, le corps est une guenille dont il est honteux de s'occuper. Il est familier.

 

GUENILLON

 

n. m.

Petite guenille. Je n'ai que faire de ce guenillon. Il est familier.

 

GUENIPE

 

n. f.

Coureuse, femme de mauvaise vie. Il est familier et il est vieux.

 

GUENON

 

n. f.

T. de Zoologie

. Genre de singes de l'ancien continent, qui ont une longue queue.

Il désigne, dans le langage ordinaire, la femelle d'un singe. Une petite guenon.

Il se dit, figurément et familièrement, d'une Femme très laide.

 

GUENUCHE

 

n. f.

Petite guenou. Une jolie, une gentille guenuche.

Fig. et fam., C'est une guenuche coiffée, se dit d'un Femme laide et parée de façon ridicule.

 

GUÊPE

 

n. f.

Genre d'Insectes de l'ordre des Hyménoptères, dont les femelles sont pourvues d'un aiguillon analogue à celui des abeilles. On distingue dans ce genre la Guêpe vulgaire et le Frelon. Plusieurs espèces de guêpes vivent en société comme les abeilles. Grosse guêpe. Mouche-guêpe. Il a été piqué par une guêpe. Une piqûre de guêpe.

Fig., Une taille de guêpe, Une taille extrêmement fine. Cette femme a une taille de guêpe.

Prov., Où la guêpe a passé le moucheron demeure, Les gens faibles et pauvres se trouvent mal d'imiter ceux qui ont de la force ou des richesses.

 

GUÊPIER

 

n. m.

Lieu où les guêpes construisent des gâteaux et des alvéoles qui forment un groupe revêtu d'une enveloppe en tout ou en partie.

Prov. et fig., Tomber, donner dans le guêpier, Se trouver par imprudence, maladresse, aveuglement, au milieu de gens dont on n'a que du mal à attendre. Se mettre la tête dans le guêpier, S'engager dans une affaire où l'on a toutes chances d'être dupé. On dit dans un sens analogue : Ne vous engagez pas dans cette affaire c'est un guêpier. Il eut beaucoup de peine à sortir de ce guêpier.

Il se dit aussi de Certains passereaux qui se nourrissent d'abeilles et de guêpes.

 

GUÈRE

 

(On écrit Guères en Poésie, pour les besoins de la rime ou de la mesure.)adv. Il ne s'emploie qu'avec la particule NE pour signifier Pas beaucoup. Il n'a guère d'argent. Il n'a guère de voix. Il n'a guère dormi. Elle n'a guère moins de trente ans. Il n'est guère sage. Ce vin n'est guère bon. Vous ne venez guère nous voir. Il ne s'en soucie guère. La paix ne dura guère. Il n'a plus guère à vivre. Il ne s'en est guère fallu.

Il s'emploie aussi entre NE et QUE signifiant Seulement, et alors il a le sens de Presque. Je ne vois guère que lui qui soit capable de faire cela. Cela n'arrive guère qu'en hiver. Ce mot ne s'emploie guère, n'est guère usité que dans telle phrase.

 

GUÉRET

 

n. m.

Terre labourée et non ensemencée, ou même Terre laissée en jachère.

Il se disait, en Poésie, de Toutes les terres propres à porter des grains, qu'elles soient ensemencées ou qu'elles ne le soient pas. Des guérets couverts d'abondantes moissons.

 

GUÉRIDON

n. m.

Sorte de meuble qui n'a qu'un pied et qui sert à supporter des objets légers. Mettre un plateau, servir le thé sur un guéridon.

 

GUÉRILLA

 

n. f.

Mot emprunté de l'espagnol. Corps franc, bande de partisans. Une guerre de guérillas.

 

GUÉRIR

 

v. tr.

Délivrer d'un mal physique. Ce médecin l'a guéri d'une pneumonie qu'on croyait incurable. Guérir quelqu'un de la fièvre. Par extension, Guérir la fièvre. Guérir une plaie. Cette pommade guérit les engelures. Absolument, L'art de guérir.

Il signifie figurément Délivrer d'un mal moral, de mauvaises habitudes, travers, passions, vices, etc. Cela le guérira peut-être de son indiscrétion. Cet enfant est parvenu à se guérir de la peur. Il est guéri de son ambition. Guérissez-vous de ce vilain défaut.

GUÉRIR,intransitif

, ou SE GUÉRIR signifie Se délivrer d'un mal physique. Il est dans les meilleures conditions pour guérir. Il se guérira peu à peu. Par extension, Sa blessure ne guérit, ne se guérit guère. Fig., On guérit difficilement de la peur. Son coeur a trop souffert pour guérir, pour se guérir jamais.

 

GUÉRISON

 

n. f.

Action de guérir. Guérison entière, parfaite, imparfaite. Prompte guérison. La guérison d'un malade. Il doit sa guérison à tel médecin, à tel remède. Il ne pourra partir qu'après sa guérison, qu'après guérison. La guérison de ces sortes de maux, de maladies est tente, est difficile.

 

GUÉRISSABLE

 

adj. des deux genres

. Qu'on peut guérir. Ce mal est guérissable.

 

GUÉRISSEUR, EUSE

 

n.

Celui, celle qui prétend guérir, qui fait profession de guérir par des moyens empiriques. La foi aux guérisseurs était très répandue dans les campagnes.

 

GUÉRITE

 

n. f.

Abri aménagé pour un soldat en faction.

 

GUERRE

 

n. f.

Conflit entre deux nations, qui se vide par la voie des armes; action d'un peuple qui en attaque un autre, ou qui résiste à une agression, à une invasion, etc. Guerre offensive. Guerre défensive. Les guerres Médiques. La guerre de Cent Ans. Les guerres d'Italie. Les lois de la guerre. Gens de guerre. Ruse de guerre. Préparatifs de guerre. Déclaration de guerre. Vaisseau de guerre. Bâtiment armé en guerre. Les malheurs, les ravages, les horreurs de la guerre. Des aventures de guerre. En temps de guerre. Une guerre à feu et à sang. Avoir la guerre. Être en guerre. En guerre et en paix. Déclarer la guerre. État de guerre. Cette province devint le théâtre de la guerre.

Conseil de guerre. Voyez CONSEIL.

Il désigne aussi l'Art militaire, la connaissance des moyens que l'on doit employer pour faire la guerre avec avantage. L'art de la guerre, le métier de la guerre. La guerre de campagne, la guerre de siège. Guerre de mouvements, de tranchées, d'usure. Guerre aérienne. Guerre des gaz. Un homme de guerre. Avoir le génie de la guerre.

Guerre civile, guerre intestine, Guerre entre les citoyens d'un même État. Guerre étrangère, Guerre contre les étrangers. Le double fléau de la guerre civile et de la guerre étrangère.

Guerres de religion, Celles que les dissensions religieuses allument dans un pays. Guerre sainte se dit de la Guerre qui s'est faite autrefois contre les infidèles pour reconquérir la Terre sainte. Guerre sainte désigne aussi le Soulèvement religieux ordonné contre les chrétiens par les chefs de l'Islam. Proclamer la guerre sainte.

Guerre à mort, Guerre dans laquelle on ne fait aucun quartier. On dit à peu près de même Guerre d'extermination, guerre à outrance.

Petite guerre, Celle qui se fait par détachements ou par partis, dans le dessein d'observer les démarches de l'ennemi, de l'incommoder, de le harceler. Faire la petite guerre. Il se dit aussi d'un Simulacre de guerre, dans lequel des corps d'une même armée manoeuvrent et feignent de combattre les uns contre les autres.

Obtenir les honneurs de la guerre se dit d'une Garnison assiégée qui obtient, avant de quitter la place, de garder ses armes en totalité ou en partie.

Fig. et fam., Sortir d'un procès, d'une querelle, d'une discussion avec les honneurs de la guerre, En sortir honorablement, à son avantage.

Fig. et poétiq., Foudre de guerre. Voyez FOUDRE.

Cela est de bonne guerre, Cela est conforme aux lois et aux usages de la guerre. On le dit figurément en parlant de Toutes les actions de la vie civile où l'on prend ses avantages, sans recourir à aucun moyen déloyal. Usez hardiment de ce moyen, il est de bonne guerre. Ce procédé ne me semble pas de bonne guerre.

Faire la guerre avec quelqu'un, Servir avec lui en temps de guerre dans les armées de la même nation, du même parti. Il a fait avec moi la guerre de Crimée. Nous avons fait la guerre ensemble.

Nom de guerre, Nom que prenait autrefois un soldat en s'enrôlant, tel que La Tulipe, Sans-Quartier, Va-de-bon-coeur, et que, dans certains cas, il prend encore aujourd'hui en s'engageant. Il se dit surtout, maintenant, d'un Nom supposé que l'on prend en littérature, au théâtre, etc.

Prov. et fig., La guerre nourrit la guerre, Ce qu'on prend sur les ennemis sert à entretenir les armées.

Prov. et fig., À la guerre comme à la guerre, Il faut s'accommoder au temps, aux circonstances, quelque fâcheuses qu'elles puissent être.

Guerre à.... Ellipse pour Faites la guerre, faisons la guerre à... Guerre aux tyrans! Guerre à l'envahisseur! Il se dit, par extension, tant au propre qu'au figuré, de Toute espèce de débat, de démêlé, d'attaque, de lutte. Cet homme est toujours en guerre avec ses voisins. Déclarer, faire la guerre aux abus, aux préjugés, aux vices. Une guerre de plume. Guerre économique. Guerre de tarifs.

Prov. et fig., Qui terre a guerre a, Qui a du bien est sujet à avoir des procès.

Être en guerre ouverte avec quelqu'un, Être avec lui sur le pied d'ennemi déclaré.

Fig. et fam., Faire la guerre à quelqu'un, Lui faire constamment des réprimandes, des observations sur quelque chose. Faire la guerre à quelqu'un sur son étourderie, sur son imprudence, sur le laisser aller de ses manières, sur la négligence de sa tenue.

Fig. et fam., Faire la guerre aux mots, Critiquer minutieusement le style et les mots dans un écrit.

Fig. et fam., Faire la guerre au couteau, Employer tous les moyens pour triompher de l'adversaire.

Fig. et fam., Faire quelque chose de guerre lasse, Le faire après avoir longtemps résisté. Je lui ai cédé de guerre lasse. Il s'est longtemps refusé à cet arrangement; enfin, de guerre lasse, il y a consenti.

Il se dit aussi en parlant des Bêtes qui en attaquent d'autres pour en faire leur proie. Le loup fait la guerre aux brebis. Le renard fait la guerre aux poules.

 

GUERRIER, IÈRE

 

adj.

Qui a rapport à la guerre. Actions guerrières. Travaux guerriers. Exploits guerriers.

Il signifie aussi Qui est porté, qui est propre à la guerre. Humeur guerrière. Nation guerrière. Courage guerrier. Une âme guerrière.

Avoir l'air guerrier, la mine guerrière, Avoir l'air, le maintien, la contenance d'un homme de guerre.

Il s'emploie aussi comme nom et signifie Celui qui fait la guerre et qui s'y plaît. C'est un grand guerrier. Les plus fameux guerriers. On l'emploie de même quelquefois au féminin. Une guerrière.

Il s'est dit, dans le style soutenu, pour Soldat. Il rassembla autour de lui ses guerriers.

 

GUERROYER

 

v. intr.

Passer son temps à faire des opérations de guerre plus nombreuses que méthodiques et sans grande envergure. Louis le Gros passa son règne à guerroyer contre les seigneurs. Fig., Cet écrivain s'attacha à guerroyer contre les vices, contre les ridicules. Il se mit à guerroyer contre tous ses contemporains.

 

GUET-APENS

 

(On prononce Guétapan au singulier comme au pluriel.)n. m. Piège tendu pour y faire tomber quelqu'un qu'on veut tenir à sa merci. Ce n'est point une rencontre ni un duel, c'est un guet-apens. On l'a attiré dans un guet-apens.

Il se dit, figurément, de Tout dessein prémédité de nuire. On prit le temps de son absence pour faire juger son procès : c'est un guet-apens, un vrai guet-apens. Des guets-apens.

 

GUET

 

n. m.

Action de guetter. Être au guet. Avoir l'oeil au guet, l'oreille au guet. Faire le guet. Ce chien aboie à propos, il est de très bon guet.

Il se disait particulièrement de la Surveillance qu'on exerçait, pendant la nuit, dans une place de guerre pour prévenir les surprises de l'ennemi, ou dans une ville quelconque pour maintenir le bon ordre, etc. Dans cette ville, ce sont les bourgeois qui font le guet. Être chargé du guet.

Il se disait aussi de la Troupe chargée de faire le guet ou la ronde pendant la nuit. Guet à pied. Guet à cheval. Le guet vient de passer.

 

GUÊTRE

 

n. f.

Enveloppe de drap, de toile, de cuir, qui sert à recouvrir le haut de la chaussure et souvent aussi le bas de la jambe. Guêtre de chasse. Porter des guêtres. Boutonner ses guêtres.

 

GUÊTRER

 

v. tr.

Chausser de guêtres. Il est bien, il est mal guêtré. Se guêtrer. Ironiquement, Vous voilà bien guêtré!

 

GUETTER

 

v. tr.

Épier, observer à dessein de surprendre. Les assassins le guettaient. Des gendarmes le guettent. On sait tous les endroits où il va, on le guette. On le prit sur le fait, car on le guettait. Le chat guette la souris.

Il signifie, figurément et familièrement, Attendre quelqu'un à un endroit où il ne croit pas qu'on le cherche, ou L'attendre simplement à un endroit où il doit passer. Guetter quelqu'un pour lui remettre une lettre. Il guettait son débiteur pour lui réclamer de l'argent. Fig., La mort le guette. La maladie le guette.

Guetter l'occasion de faire une chose, Se tenir prêt à saisir l'occasion de faire une chose. On dit de même Guetter le moment, l'instant favorable, etc.

 

GUETTEUR

 

n. m.

T. de Marine

. Celui qui est placé dans un phare, dans un sémaphore, pour signaler les bâtiments en vue, pour recevoir leurs signaux et y répondre.

Il se disait anciennement d'un Homme qui se tenait dans le beffroi d'une ville, pour annoncer par le son d'une cloche l'arrivée d'une troupe ennemie, un incendie, etc.

On le dit aussi dans un sens analogue, en termes de Guerre, des Soldats chargés de veiller dans la tranchée ou dans un poste d'écoute.

 

GUEULARD, ARDE

 

n.

Celui, celle qui pousse la gourmandise à l'excès.

Il se dit aussi de Celui, de celle qui a l'habitude de parler beaucoup haut et fort. Il est populaire dans les deux sens.

Par analogie, GUEULARD se dit, en termes de Métallurgie, de l'Ouverture d'un haut fourneau par laquelle on entonne le charbon et le minerai; en termes de Ponts et Chaussées, de la Bouche d'un égout et aussi, en termes de Marine, d'un Porte-voix puissant.

Il s'emploie comme adjectif en termes de Manège. Cheval gueulard, Qui tient la gueule ouverte pour ne pas recevoir le mors.

 

GUEULE

 

n. f.

La bouche chez les animaux carnassiers, chez certains autres quadrupèdes, chez certains poissons et certains gros reptiles. La gueule d'un chien, d'un loup, d'un lion, d'un crocodile, d'un requin, d'un brochet, etc. Gueule béante. Le lion emportait sa proie dans sa gueule. Il avait la gueule ouverte pour l'engloutir.

Fig. et fam., Mettre, laisser quelqu'un à la gueule du loup, Exposer, abandonner quelqu'un à un péril certain. Venir se mettre, se jeter dans la gueule du loup, Se livrer soi-même à l'ennemi, au danger dont on est menacé.

Il se dit, populairement et pur mépris, en parlant des Personnes, Il a une vilaine gueule, une gueule d'apache. Il en a menti par la gueule, par sa gueule.

On dit quelquefois GUEULE au lieu BOUCHE dans l'expression Venir la bouche enfarinée.

Pop., Donner sur la gueule à quelqu'un, Lui donner un soufflet, lui donner un coup de poing sur le visage. Casser la gueule, Tuer. Se faire casser la gueule, Se faire tuer.

Pop., Être fort en gueule, Parler beaucoup et en langage trivial.

Fig. et pop., Il a la gueule ferrée, c'est une gueule ferrée, se dit de Quelqu'un qui a souvent l'injure à la bouche. On le dit aussi de Celui qui mange avidement des mets très chauds. Dans ce dernier sens, on dit également Avoir la gueule pavée.

Fig. et fam., Gueule fraîche se dit d'une Personne de bon appétit et toujours prête à manger.

Fig. et bassement, Mots de gueule, Paroles brutales, vertes, populacières.

Fig. et bassement, Avoir la gueule de bois, Avoir la bouche sèche, à la suite d'un excès de boisson.

Fine gueule se dit d'un Gourmet.

GUEULE se dit encore, par analogie, de l'Ouverture de certains objets. La gueule d'un four. La gueule d'une cruche. La gueule d'un sac. Charger un canon jusqu'à la gueule.

En termes de Botanique, Fleur, corolle en gueule, se dit quelquefois d'une Fleur, d'une corolle labiée. Gueule-de-loup, Un des noms vulgaires d'un genre de plantes de la famille des Personnées appelé Muflier.

 

GUEULÉE

 

n. f.

Grosse bouchée. Voyez GOULÉE.

 

GUEULER

 

v. intr.

Parler fort haut, en criant, très haut et très fort, avec trivialité. Qu'avez-vous à gueuler toujours pour rien? On l'entend gueuler après tout le monde. Il est très familier.

Il se dit transitivement, en termes de Chasse, d'un Lévrier qui saisit bien le lièvre avec sa gueule. Ce chien gueule très bien son lièvre.

 

GUEULES

 

n. m.

T. de Blason

. La couleur rouge. Dans la gravure, le gueules se marque par une suite de lignes parallèles et verticales. Il porte de gueules à la bande d'or.

 

GUEULETON

 

n. m.

Repas intime, gai et copieux, partie de table. Il est familier.

 

GUEUSAILLE

 

n. f.

Troupe de gueux. Voilà bien de la gueusaille. Chassez cette gueusaille. Ce n'est que de la gueusaille. Il est populaire.