Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Arracher
v. tr.
Détacher avec effort, Ôter de force. Arracher des arbres. Arracher des herbes. Arracher les cheveux. S'arracher les cheveux. Arracher un clou d'une muraille. Arracher quelque chose des mains de quelqu'un. Arracher un enfant à sa mère, des bras de sa mère, d'entre les bras de sa mère. Ils s'arrachaient les lambeaux de son vêtement.
Prov. et fig., Il vaut mieux laisser son enfant morveux que de lui arracher le nez, Il est sage de tolérer un petit mal, lorsqu'on risque, en voulant y remédier, d'en causer un plus grand.
Fig., Je lui ai arraché une dent, se dit en parlant d'un Avare de qui on a tiré de l'argent.
Par exagération, On se l'arrache, se dit en parlant d'une Personne ou d'une Chose qui est extrêmement recherchée, et signifie On se dispute à qui l'aura. Il est fort aimable en société, on se l'arrache. Ce roman a le plus grand succès, on se l'arrache. Il est familier.
Fig., Vous lui arracheriez plutôt la vie, se dit pour marquer l'extrême répugnance d'une personne à faire quelque chose et combien il serait difficile de l'y contraindre. On dit de même Vous lui arracheriez plutôt le coeur. Ce serait lui arracher l'âme.
Fig., Arracher une opinion de l'esprit, de la tête de quelqu'un, Détacher quelqu'un d'une opinion, l'y faire renoncer. On dit dans un sens analogue Arracher de son coeur un sentiment, une passion, un souvenir, etc.
Il signifie aussi figurément Obtenir avec peine quelque chose de quelqu'un. Il ne rend pas facilement l'argent qu'on lui a prêté, il faut le lui arracher. On ne saurait arracher quelque argent de lui. On ne peut arracher un sou de personne. Il n'y a pas moyen d'arracher une parole de lui. On ne peut lui arracher une parole. J'ai eu bien de la peine à arracher de lui cette promesse, cette parole. Il m'a arraché mon secret, mon consentement à force d'importunité. Vous m'arrachez cet aveu. Les révélations que les tourments lui arrachèrent. Il a fallu vous arracher cette louange. Je n'ai pu lui arracher cette grâce.
Fig., Arracher des larmes, des cris, des soupirs, des plaintes à quelqu'un, Le faire pleurer, le faire crier, etc. Ce récit m'arracha des larmes. La douleur m'a arraché des cris. Ce souvenir pénible lui arrache des plaintes, des soupirs.
En parlant des Personnes, il signifie souvent, tant au propre qu'au figuré, Détourner, écarter, éloigner avec effort. Il a fallu l'arracher de ce lieu, de dessus le corps de son fils. On ne saurait l'arracher à l'étude, l'arracher du jeu. Il ne peut pas s'arracher à cette ville. Je ne saurais m'arracher d'auprès de vous. Il s'arracha aux embrassements de sa mère.
Arracher quelqu'un à la misère, à la mort, etc., Le retirer de la misère, le préserver d'une mort imminente, etc.
D'ARRACHE-PIED,loc. adv. et fam.
Tout d'une suite, sans intermission, sans discontinuer. Je l'ai attendu trois heures d'arrache- pied. Il a travaillé six heures d'arrache- pied.
ARRACHEUR, EUSE
n.
Celui, celle qui arrache des pommes de terre, des betteraves.
Prov., Il ment comme un arracheur de dents, se dit d'un Homme qui ment impudemment.
Il s'emploie comme nom féminin, avec le sens de Machine qui sert à arracher les betteraves, les pommes de terre, etc.
ARRAISONNER
v. tr.
Chercher à amener quelqu'un à un avis, à une opinion, en lui donnant des raisons pour le déterminer. Je l'ai arraisonné à ce sujet et il s'est rendu. Il est vieux.
En termes de Marine, il s'emploie spécialement avec le sens de Reconnaître le chargement, la destination, l'état sanitaire, etc., d'un navire qui aborde.
ARRANGEANT, ANTE
adj.
Qui est conciliant, spécialement en affaires. Naturel arrangeant. Cette marchande est arrangeante.
ARRANGEMENT
n. m.
Action d'arranger ou Résultat de cette action, au propre et au figuré. Arrangement de meubles, de tableaux. Arrangement d'un salon. L'arrangement des mots dans une phrase s'appelle construction. L'arrangement des matières d'un ouvrage. Prendre des arrangements pour payer ses dettes. L'arrangement de ce procès n'est pas aisé.
ARRANGER
v. tr.
Mettre dans un certain ordre, dans l'ordre convenable. Arranger des livres, un mobilier, un appartement.
Fig., Arranger ses affaires, Les remettre en meilleur état. Arrangez-vous pour finir vite ce travail, pour arriver ce soir à telle heure.
Par extension, Arrangez-vous comme vous voudrez, Vous êtes libre de prendre les dispositions qu'il vous plaira.
Par extension aussi, il signifie Disposer en vue de la commodité, en vue de telle ou telle destination. Arranger sa vie. Arranger un morceau de musique. S'arranger dans un fauteuil pour dormir.
S'arranger d'une chose, En prendre son parti, se disposer pour en accepter les conséquences.
Fig., ARRANGER ou S'ARRANGER signifie Régler par voie de conciliation, mettre d'accord. Arranger une affaire. Ils n'ont pas tardé à s'arranger entre eux.
Par antiphrase et accompagné d'un adverbe ou d'une locution adverbiale à sens ironique, ARRANGER signifie Causer du dommage, maltraiter. La pluie vous a bien arrangé. Qui vous a arrangé ainsi?
Il signifie aussi Dire son fait à quelqu'un, le traiter comme il le mérite. Je l'ai arrangé de la belle manière.
Il se dit aussi des choses et signifie Être commode, agréable. Cela m'arrange tout à fait.
Sonparticipe passé
ARRANGÉ, ÉE, s'emploie adjectivement. Elle est bien arrangée se dit d'une femme dont la toilette est bien ordonnée.
ARRANGEUR
n. m.
Celui qui a l'art de concilier des intérêts. Le hasard est un grand arrangeur des choses.
ARRENTEMENT
n. m.
Action de donner ou de prendre à rente. Donner un arrentement. Faire un arrentement. Prendre un arrentement. Tenir un champ, une vigne, un pré par arrentement.
ARRENTER
v. tr.
Donner à rente. Il a arrenté toutes ses vignes. Il lui a arrenté tant d'hectares de terre moyennant telle redevance.
ARRÉRAGER
v. intr.
Être en retard de paiement. Il ne faut pas laisser arrérager ses rentes, ses pensions. Il ne faut pas se laisser arrérager.
ARRÉRAGES
n. m. pl.
Ce qui est dû, ce qui est échu d'un revenu, d'une rente, d'un loyer, d'une ferme. Il lui doit tant d'années d'arrérages. Cela fait dix mille francs, tant en principal qu'en arrérages. Payer le principal et les arrérages. Recevoir, toucher des arrérages.
ARRESTATION
n. f.
T. de Procédure
. Action d'arrêter quelqu'un pour l'emprisonner ou État de celui qui est emprisonné. Décider l'arrestation d'un accusé. Mettre en état d'arrestation. Son arrestation fut de courte durée.
ARRÊT
n. m.
Action de s'arrêter ou d'être arrêté. L'arrêt du train. Il y a un arrêt dans la marche de sa maladie. Un mandat d'arrêt.
Temps d'arrêt se dit de Courts intervalles ménagés entre certains mouvements qui doivent s'exécuter avec précision.
Il signifie aussi Jugement d'une Cour souveraine, par lequel une question de fait ou de droit est décidée. Arrêt de la Cour d'appel, de la Cour de Cassation. Arrêt par défaut. Arrêt contradictoire. Arrêt sur requête. Arrêt par forclusion. Arrêt solennel. Arrêt des Chambres assemblées. Arrêt de mort. Arrêt de renvoi. Poursuivre un arrêt. Prononcer un arrêt. Rendre un arrêt. Lever un arrêt. Casser un arrêt. Se pourvoir contre un arrêt. En cassation d'arrêt. Exécuter un arrêt. En exécution de l'arrêt. Un recueil d'arrêts.
Il se dit figurément des Jugements de Dieu, des décisions des hommes qui ont ou croient avoir quelque autorité. Les arrêts de Dieu. Les arrêts du destin, de la Providence. J'attends de vous mon arrêt. Je n'appellerai point de votre arrêt. Il faut se défier quelquefois des arrêts de ce critique.
Maison d'arrêt, Prison, lieu de détention pour les prévenus. Maison d'arrêt militaire. Le corps de garde de la maison d'arrêt.
Il signifie encore Saisie, soit de la personne, soit des biens. On a fait arrêt sur sa personne et sur ses biens. Il a fait arrêt sur de l'argent qui revient à son débiteur. Faire saisie et arrêt entre les mains de quelqu'un. En parlant d'une Saisie d'argent faite entre les mains d'un tiers, on ne dit plus que SAISIE-ARRÊT ou OPPOSITION.
ARRÊTS, au pluriel, se dit, en termes de Discipline militaire, de la Défense qui est faite à un officier de sortir de chez lui, ou de s'éloigner d'un lieu déterminé. On l'a mis aux arrêts. Il est aux arrêts dans sa chambre. Il sera puni pour n'avoir pas gardé ses arrêts, pour avoir rompu les arrêts. On a levé les arrêts, il peut sortir.
Arrêts forcés ou de rigueur, Défense absolue de sortir. Arrêts simples, Défense de sortir aux heures où l'on n'est pas de service.
ARRÊT, en termes de Manège, se dit de l'Action du cheval, quand il s'arrête. Ce cheval a l'arrêt bon, mauvais, l'arrêt sûr et léger. Il est ferme sur l'arrêt.
Il se dit aussi de l'Action de la main pour arrêter le cheval. Temps d'arrêt, demi-arrêt, Action de la main pour ralentir le mouvement sans le faire cesser. Former ou faire des arrêts, des temps d'arrêt, des demi-arrêts.
En termes de Chasse, il se dit de l'Action du chien couchant, lorsqu'il arrête le gibier. Ce chien est à l'arrêt. Il est en arrêt. Il a fait un bel arrêt. Tenir le gibier en arrêt, Être en arrêt devant le gibier. Chien d'arrêt.
Fig., Être en arrêt, Avoir l'attention éveillée. Il est en arrêt devant toutes les nouveautés.
Il désignait autrefois la Pièce du harnais où un chevalier appuyait et arrêtait sa lance. Mettre la lance en arrêt.
Cran d'arrêt, de sûreté. Voyez CRAN.
Il se dit également d'une Petite pièce qui empêche que le mouvement d'une horloge n'aille trop vite. L'arrêt d'une horloge.
En termes de Couture et de Lingerie, il se dit de Tout ce qu'on met à l'extrémité des ouvertures, pour empêcher que le linge ou l'étoffe ne se déchire. On a oublié de faire un arrêt à l'ouverture de cette chemise.
ARRÊTE-BOEUF
n. m.
T. de Botanique
. Nom donné souvent à la bugrane, parce que ses racines traçantes font obstacle à la charrue.
ARRÊTÉ
n. m.
Décision de quelque autorité administrative. Un arrêté du Préfet de Police.
En termes de Finance, Arrêté de compte, Règlement de compte.
ARRÊTER
v. tr.
Empêcher quelqu'un ou quelque chose de continuer sa marche en avant. Arrêter un passant, un cheval. S'arrêter quelques jours dans une ville. S'arrêter quelques instants. S'arrêter au milieu d'un récit. Arrêter une pendule. L'horloge s'est arrêtée. Arrêter la marche des affaires. Quelle difficulté vous arrête? Aucune considération, aucun scrupule ne peut l'arrêter.
Fig., S'arrêter en bon chemin, Arrêter la marche d'une entreprise dont la réussite était assurée.
Dans cette acception, S'ARRÊTER ou ARRÊTER, intransitif, signifie Cesser d'avancer. Arrêtez-vous. Arrêtez, je vous prie. Dites au cocher d'arrêter.
Il signifie encore Tarder, s'amuser, rester quelque temps dans un lieu sans en sortir. Nous nous sommes arrêtés une heure chez lui. Il s'arrête à tous les cabarets.
Il se dit particulièrement en termes de chasse. Ce chien arrête bien les perdrix, les cailles. Absolument, Ce chien arrête bien.
Il se dit aussi absolument en termes de Manège. Arrêter et rendre, Prendre des demi- temps d'arrêt successifs.
Il signifie aussi Empêcher de bouger, fixer. Arrêter un volet. Arrêter son esprit sur quelque chose.
Arrêter un point (en cousant), Faire un noeud pour que le fil ne s'échappe pas.
Fig., S'arrêter aux apparences, à des bagatelles, Ne pas aller au fond des choses, des idées.
Par analogie, il signifie S'assurer le service de quelqu'un ou l'usage de quelque chose. Arrêter un valet de chambre, L'engager. Arrêter un appartement, Promettre qu'on le prendra à location.
Il signifie également Prendre et retenir prisonnier. Ses créanciers le firent arrêter. Il fut arrêté pour dettes. Être arrêté pour vol. Au nom de la loi, je vous arrête.
Fig., il signifie aussi Résoudre une chose individuellement ou de concert avec d'autres. Arrêter un projet, un plan de campagne. Il a été arrêté qu'on ne passerait plus par cette rue.
Arrêter un compte, Le régler.
Dans cette acception, il a souvent la forme pronominale et a son complément construit avec la préposition à. Après avoir écoulé différentes propositions, il s'arrêta à la première. Après avoir vu toutes ces étoffes, mon choix s'arrêta, j'arrêtai mon choix, ou je m'arrêtai à celle-là.
Sonparticipe passé
ARRÊTÉ, ÉE, s'emploie souvent comme adjectif. Cet homme n'a pas un caractère bien arrêté, Il a une volonté hésitante, flottante. Avoir des idées arrêtées, des principes arrêtés, une opinion arrêtée sur quelque chose, Avoir sur une chose des idées, des principes fixes, une opinion bien établie. C'est une affaire arrêtée, C'est une chose décidée, convenue.
En termes de Peinture, Dessin arrêté, esquisse arrêtée, composition arrêtée, Dessin terminé, esquisse, composition où l'on n'a plus rien à changer, à retoucher. Dessin arrêté, se dit aussi d'un Dessin tracé avec justesse et fermeté.
ARRÊTISTE
n. m.
Compilateur ou commentateur d'arrêts des Cours souveraines, etc.
ARRHES
n. f.
pl. Argent qu'un acquéreur ou un locataire donne pour garantir l'exécution d'un marché verbal et qu'il perd s'il rompt le marché. Le marché est-il conclus? donnez des arrhes. Il s'est engagé, puisqu'il a pris des arrhes. Donner des arrhes à un tailleur.
Il se disait autrefois figurément dans le sens d'Assurance et de gage. Les bonnes OEuvres sont les vraies arrhes du salut. Les présents sont des arrhes d'amitié.
ARRIÈRE-BAN
n. m.
Voyez BAN.
ARRIÈRE-BEC
n. m.
T. d'Architecture
. Angle, éperon de chaque pile d'un pont, en aval. Des arrière-becs.
ARRIÈRE-BOUCHE
n. f.
T. d'Anatomie
. Synonyme de PHARYNX.
ARRIÈRE-BOUTIQUE
n. f.
Pièce placée immédiatement et de plain-pied derrière la boutique. Il a ses marchandises les plus précieuses dans son arrière-boutique. Ce marchand couche dans son arrière-boutique. Des arrière- boutiques.
ARRIÈRE-CORPS
n. m.
T. d'Architecture
. Partie renfoncée de la façade d'un bâtiment, par opposition à AVANT-CORPS qui en désigne la partie saillante.
ARRIÈRE-COUR
n. f.
Petite cour qui, dans un corps de bâtiment, sert à dégager et à éclairer les appartements. Cette maison a une arrière-cour fort commode. Des arrière- cours.
ARRIÈRE-FAIX
n. m.
Ce qui reste dans la matrice après la sortie du foetus, c'est- à-dire le placenta, le cordon ombilical et les membranes qui enveloppaient le foetus.
ARRIÈRE-FIEF
n. m.
Fief mouvant d'un autre fief. Des arrière-fiefs.
ARRIÈRE-GARANT
n. m.
T. de Jurisprudence
. Garant du garant. Il est peu usité. Des arrière-garants.
ARRIÈRE-GARDE
n. f.
Partie d'une armée, d'un corps de troupes qui marche la dernière. Les ennemis donnèrent, tombèrent sur l'arrière-garde. Ils harcelaient perpétuellement l'arrière-garde. On mit notre bataillon à l'arrière-garde. Notre marche était protégée par l'arrière-garde. L'arrière-garde d'une armée navale. Les vaisseaux qui forment l'arrière- garde. Des arrière-gardes.
ARRIÈRE-GOÛT
n. m.
Goût que laissent dans la bouche certains aliments ou certaines liqueurs, différent de celui qu'on avait éprouvé d'abord. Il se prend le plus souvent en mauvaise part. Ce vin laisse un arrière-goût. Des arrière-goûts.
ARRIÈRE-GRAND-MÈRE
n. f.
et
ARRIÈRE-GRAND-PÈRE
n. m.
La mère, le père de la grand-mère, du grand-père. Des arrière-grand-mères, des arrière-grands- pères.
ARRIÈRE-MAIN
n. f.
Coup du revers de la main. Dans ce sens, il n'est guère usité qu'au jeu de Paume. J'ai gagné la partie par un beau coup d'arrière-main, elliptiquement, par un bel arrière-main.
Par extension, Avoir l'arrière-main belle, Jouer bien du revers de la raquette ou du battoir.
En termes de Manège et d'Art vétérinaire, il signifie Partie postérieure du cheval, par opposition au corps et à l'avant-main. Les défectuosités de l'arrière-main. Des arrière- mains.
ARRIÈRE-NEVEU
n. m.
Fils du neveu ou de la nièce, par rapport à l'oncle ou à la tante.
Dans le style soutenu, Nos arrière-neveux, La postérité la plus reculée.
ARRIÈRE-PENSÉE
n. f.
Pensée que l'on tient secrète, intention que l'on cache, tandis qu'on en manifeste une autre. Il y a dans cette proposition quelque arrière-pensée dont je me défie. Il y a dans cette démarche une arrière- pensée qui se démêlera avec le temps. Des arrière-pensées. Il se prend le plus souvent en mauvaise part.
ARRIÈRE-PETIT-FILS
n. m.
et ARRIÈRE- PETITE-FILLE.n. f.
Les enfants, le fils ou la fille du petit-fils ou de la petite-fille, par rapport au bisaïeul ou à la bisaïeule. Louis XV était arrière-petit-fils de Louis XIV. Ce vieillard a vu ses arrière-petits-fils, ses arrière- petites-filles.
ARRIÈRE-PETITS-ENFANTS
n. m. pl.
ARRIÈRE-PLAN
n. m.
Plan en arrière d'un autre. Les ouvertures dans cette chaîne de collines laissent voir un arrière-plan de rochers. Des arrière-plans.
Il se dit figurément de Quelqu'un qu'on laisse ou qui reste volontairement à l'écart, dans une position peu en vue. Sa modestie le retient à l'arrière-plan.
ARRIÈRE-POINT
n. m.
Point d'aiguille qui empiète sur celui qu'on vient de faire. Des arrière-points. On dit plutôt Point- arrière.
ARRIÈRE-SAISON
n. f.
L'automne, et plus ordinairement la Fin de l'automne ou même le Commencement de l'hiver. Les fruits de l'arrière-saison. Ces pommes, ces poires, etc., sont pour l'arrière-saison. Le bon-chrétien, la reinette ne se mangent que dans l'arrière- saison. Nous avons eu encore de beaux jours dans l'arrière-saison. Des arrière-saisons.
Il signifie figurément Commencement de la vieillesse. Il faut se ménager, se réserver quelque chose pour l'arrière-saison.
En parlant du Blé et du Vin, il désigne les derniers mois qui précèdent la récolte ou les vendanges. Le blé se vend plus cher dans l'arrière-saison, c'est-à-dire Dans les mois de juin et de juillet. Ce vin ne se boit que dans l'arrière-saison, c'est-à-dire Dans les mois de juillet et d'août.
ARRIÈRE-TRAIN
n. m.
Partie postérieure d'une voiture à quatre roues ou d'un train de chemin de fer. Des arrière-trains.
Il se dit aussi de la Partie postérieure du corps d'un quadrupède.
ARRIÈRE-VOUSSURE
n. f.
T. d'Architecture
. Espèce de voûte pratiquée derrière une porte ou une fenêtre pour couronner l'embrasure. Des arrière-voussures.
ARRIÈRE
adv. de lieu
. Loin, bien loin. Il n'est guère usité en ce sens que dans certaines phrases elliptiques par lesquelles on enjoint de se retirer, de s'éloigner, et qui marquent l'horreur ou le mépris. Arrière Satan. Arrière les médisants.
En termes de Marine, Vent arrière, Vent qui souffle de la poupe. Aller vent arrière. Avoir vent arrière.
Il s'emploie aussi comme nom masculin, pour désigner la Partie postérieure d'une chose. L'arrière d'une voiture. L'arrière d'un navire, La moitié de la longueur d'un bâtiment, depuis le grand mât jusqu'à la poupe. Les gens de l'arrière, Tous ceux, tant militaires que civils, qui, dans une guerre, ne prennent point part aux opérations.
ARRIÈRE se joint à certains noms comme adverbe ou comme préposition. Arrière- boutique. Arrière-grand-père.
EN ARRIÈRE,loc. adv.
Vers le lieu ou vers le côté qui est derrière. Aller en arrière. Retourner en arrière. Faire un pas en arrière. Se porter en arrière. Votre coiffure est trop en arrière. Penchez-vous un peu en arrière. Il est resté bien loin en arrière.
Fig. et fam., Cette affaire ne va ni en avant ni en arrière, Elle est toujours dans le même état.
Fam., Il me loue en face et me déchire en arrière, Il me déchire quand je suis absent.
Figurément, il signifie En retard. Vous êtes bien en arrière, et je crains que votre tâche ne soit pas achevée à temps. Ce fermier est toujours en arrière pour ses paiements. Il est en arrière de trois termes pour son loyer.
EN ARRIÈRE DE,loc. prép.
Un corps placé en arrière d'un autre. En arrière de la ligne de bataille. Être en arrière de son temps. Cet écolier est très en arrière de ses camarades.
ARRIMAGE
n. m.
T. de Marine
. Action d'arrimer ou Résultat de cette action. Chargement d'un bon arrimage, d'un difficile arrimage. Frais d'arrimage. Arrimage bien fait, mal fait.
ARRIMER
v. tr.
T. de Marine
. Distribuer, arranger convenablement et placer avec solidité dans l'intérieur d'un bâtiment les divers objets qui composent sa charge, sa cargaison. Arrimer le lest. Arrimer des futailles, des marchandises, une cargaison.
ARRIMEUR
n. m.
T. de Marine
. Celui qui arrime.
ARRISER
v. tr.
T. de Marine
. Diminuer la surface des voiles en les amenant un peu. Arriser les voiles.
ARRIVAGE
n. m.
Abord des navires dans un port.
Il signifie aussi Arrivée des marchandises par tel ou tel mode de transport. L'arrivage des grains, des farines. Le lieu d'arrivage.
ARRIVÉE
n. f.
Action d'arriver. Son arrivée m'a fait grand plaisir.
En termes de Chemins de fer, Côté de l'arrivée s'oppose à Côté du départ.
Il signifie aussi Moment où une personne ou une chose arrive. Je me trouvai à son arrivée, à l'arrivée du courrier. Depuis mon arrivée. À l'arrivée de ces marchandises. Fixer son arrivée à telle heure.
ARRIVER
v. intr.
Aborder, approcher de la rive. La tempête nous obligea de relâcher et nous arrivâmes à une plage déserte. Arriver au port.
Il se dit, en termes de Marine, d'un Bâtiment qui se dirige, qui vient sur un autre. Ce vaisseau arriva sur l'autre et lui lâcha sa bordée. Deux vaisseaux arrivèrent sur nous. Commandement d'arriver. Il a vieilli dans ces deux acceptions.
Il signifie plus ordinairement Parvenir au lieu où l'on voulait aller ou, en parlant d'une chose, Parvenir à sa destination. Arriver au but le premier. Arriver à Paris. Arriver de bonne heure. Arriver tard. La nuit nous empêcha d'arriver à tel lieu. Arriver dans sa patrie, dans sa maison. Il arrive de voyage. Ils sont arrivés d'Espagne. Dès que ces marchandises seront arrivées. Il est arrivé à ce négociant trente balles de café. Une lettre m'est arrivée de Rome. Le paquet, la lettre n'arriva point à son adresse. Cette nouvelle n'était pas encore arrivée.
Arriver à bon port. Voyez PORT.
Il se prend aussi dans le sens de Venir, d'approcher. Voilà une foule qui arrive de ce côté. Il arrivait à grands pas. Nous arrivons, Nous serons bientôt au terme du voyage.
Fig., La nuit arrive. Le jour fatal arrive. Arriver à la belle saison. Cet enfant arrive à l'âge de puberté. Quant à la seconde objection, ne m'interrompez pas, j'y arrive, Je vais bientôt l'examiner.
Il se dit à peu près dans le même sens en parlant des Mots, des idées, etc. Les mots lui arrivent aisément. Les idées m'arrivaient en foule.
Il signifie encore figurément Parvenir, atteindre à une chose. Arriver à la fin de son discours. Arriver aux honneurs, aux dignités, à une haute situation. Arriver au but qu'on s'était proposé. Arriver à la connaissance d'une chose. Arriver à connaître une chose. Arriver à la perfection. Il faut donner aux fruits le temps d'arriver à leur maturité.
Fam., Arriver à ses fins, ou absolument, Arriver, Obtenir le succès que l'on désirait. Il ne peut arriver à ses fins. Avec de tels moyens on arrive. Vous aurez peine à arriver, si vous ne vous y prenez autrement.
Un homme arrivé, Qui a obtenu la situation qu'il désirait.
Il s'emploie aussi en parlant des accidents, des événements de la vie, et signifie Avoir lieu, survenir. La chose arriva comme je l'avais prévu. Voyez ce qui m'arrive. Cela n'arrive qu'à moi. Un malheur n'arrive jamais seul.
Cela peut arriver à tout le monde, C'est à quoi tout le monde est exposé. Cela ne m'arrivera jamais, cela ne m'arrivera plus, C'est une chose que je ne ferai jamais, que je ne ferai plus. Par menace, Que cela vous arrive encore!
Il s'emploie souvent comme verbe impersonnel. Il m'est arrivé de Londres une lettre, un paquet. Il nous arriva compagnie. Il arriva des personnes que nous n'attendions pas. Il m'arrive un grand malheur. Il arrive souvent que... Il est arrivé une nouvelle fâcheuse. Il vient d'arriver un étrange événement. Qu'arriva-t-il de là? Qu'en arriva-t-il? Il arrive à tout le monde de faillir, de se tromper, etc. Vous est-il jamais arrivé de... Toutes les fois qu'il m'arrive de songer à cela, je frémis. La première fois qu'il vous arrivera de parler ainsi, vous en serez puni. Il vous en arrivera malheur. Quoi qu'il arrive, je ferai mon devoir.
Fam., Il en arrivera ce qu'il pourra, Peu m'importe le résultat.
Prov., Fais ce que dois, advienne que pourra.
ARRIVISME
n. m.
Disposition à user de n'importe quel moyen pour se pousser dans le monde.
ARRIVISTE
n. m.
Celui qui pratique l'arrivisme.
ARROGAMMENT
adv.
D'une manière arrogante. Parler arrogamment.
ARROGANCE
n. f.
Attitude hautaine et présomptueuse. Sotte arrogance. Arrogance insupportable. Parler avec arrogance. Cet homme est plein d'arrogance.
ARROGANT, ANTE
adj.
Qui montre de l'arrogance. Un homme arrogant. Une personne arrogante. Paroles arrogantes. Mine arrogante. Ton arrogant.
Il s'emploie aussi comme nom. C'est un arrogant, un petit arrogant. C'est une arrogante.
ARROGER (S')
v. tr.
S'attribuer mal à propos quelque chose. Il s'arroge un pouvoir, une qualité, une autorité qu'il n'a pas. Pourquoi vous arroger un droit, un titre qui ne vous appartient pas? Ils se sont arrogé ce privilège.
ARROI
n. m.
Train, équipage. Il est vieux.
Fig., Être en mauvais arroi, Être en mauvaise posture.
ARRONDIR
v. tr.
Rendre rond. Arrondir une boule. Un ballon qui se gonfle et s'arrondit. Ce bâton n'est pas assez arrondi. Arrondir une meule. Arrondir un manteau, une robe. Arrondir ses bras en dansant. Quand on prononce la lettre O, la bouche s'arrondit.
Fig. et fam., Arrondir son champ, son pré, sa terre, etc., Y faire les augmentations nécessaires pour que ce champ, ce pré, etc., forme un tout régulier, complet. On dit aussi, dans un sens analogue, Arrondir sa fortune, L'augmenter, la rendre considérable de médiocre qu'elle était.
Fig., Arrondir une période, arrondir ses phrases, Leur donner du nombre, de l'harmonie.
En termes de Marine, Arrondir un cap, une île, etc., Naviguer en décrivant une route à peu près circulaire autour d'un cap, d'une île, etc.
En termes de Peinture, il signifie Faire sentir la rondeur des objets, leur saillie et leurs tournants.
Sa taille s'arrondit, se dit d'une Femme devenue enceinte.
S'ARRONDIR signifie aussi familièrement Arrondir son champ, son pré, etc.. ou Arrondir sa fortune. J'ai acheté ce petit champ pour m'arrondir. Ce propriétaire s'est bien arrondi. Il avait une fortune médiocre, mais il est parvenu à s'arrondir.
Le participe passé ARRONDI, IE, s'emploie adjectivement dans le sens de Qui est rond. Des formes arrondies. Un objet de figure arrondie. Les feuilles de cette plante sont arrondies. Tige arrondie. Un visage arrondi, Un visage gras et plein.
En termes de Sculpture, Ces formes sont trop arrondies, Leurs plans ne sont pas assez ressentis.
ARRONDISSEMENT
n. m.
Action par laquelle on arrondit ou Résultat de cette action. L'arrondissement de ce globe a coûté beaucoup de temps. L'arrondissement de ces figures est parfait. L'arrondissement d'un domaine.
Il signifie, par extension, Circonscription administrative. Chaque département est divisé en un certain nombre d'arrondissements. Conseil d'arrondissement. Arrondissement maritime. Paris compte vingt arrondissements. Scrutin d'arrondissement.
ARROSAGE
n. m.
Action d'arroser par des moyens artificiels. La pente légère du terrain facilite l'arrosage. Cette prairie a besoin de fréquents arrosages. Canal d'arrosage. L'arrosage de la ville.
ARROSEMENT
n. m.
Action d'arroser ou le Fait d'être arrosé naturellement. L'arrosement de l'Égypte par le Nil.
Il signifie aussi Action d'arroser au jeu. L'arrosement a été cher.
ARROSER
v. tr.
Humecter. mouiller quelque chose en versant de l'eau dessus, ou quelque autre liquide. Arroser des fleurs, des plantes, des légumes. Arroser le pied des arbres. Arroser un jardin. Arroser les rues, une promenade publique, une salle, une chambre. Arroser des toiles sur le pré pour les faire blanchir. Il arrosa d'une liqueur parfumée les cendres du bûcher. Arroser l'autel du sang de la victime.
Fam., J'ai été bien arrosé, J'ai été bien mouillé par la pluie.
Par analogie, Arroser de la viande qui rôtit, Répandre sur la viande le suc que le feu en a fait sortir, ou du beurre, ou du lard fondu.
Arroser de larmes, Mouiller de larmes. La Madeleine arrosa de ses larmes les pieds de JÉSUS-CHRIST. Il arrosait son lit de ses larmes. Fig. Arroser son pain de ses larmes, Vivre dans la douleur et la pauvreté.
Fig., Arroser la terre de ses sueurs, Travailler péniblement la terre. Arroser une terre de son sang, Y verser son sang en combattant.
Il signifie aussi Faire circuler de l'eau dans des terres, par des canaux ou des rigoles, afin de les fertiliser. Le ruisseau voisin me fournit de l'eau pour arroser la prairie.
Par extension, Cette rivière arrose une campagne, un grand pays, etc., Elle y passe, elle y coule. Les pays que ce fleuve arrose.
Fig. et fam., Arroser des créanciers, Distribuer à ses créanciers quelques sommes qui les apaisent. On dit de même, en parlant de libéralités qu'on a intérêt à distribuer, Ayez soin d'arroser ces gens-là.
En termes de Jeu, il se dit figurément, en parlant de la Rétribution qu'un joueur doit à tous les autres dans certains jeux et dans certains cas. Il lui en a coûté tant d'argent pour arroser.
Il se dit aussi en parlant d'un Supplément que des actionnaires ou des intéressés dans une entreprise sont obligés d'ajouter à leur mise de fonds pour subvenir à des dépenses imprévues. Il nous en a coûté autant pour arroser que pour la première mise.
ARROSOIR
n. m.
Instrument qui sert à arroser. Arrosoir de cuivre. Arrosoir de fer- blanc. Ce jardin est sec, il faut que le jardinier ait toujours l'arrosoir à la main. Arrosoir à pomme. Arrosoir à goulot.
ARRRIÉRER
v. tr.
Retarder. On ne le dit guère que dans Arriérer un paiement, Le différer, ne pas le faire à son échéance.
S'ARRIÉRER signifie Demeurer en arrière. L'infanterie s'arriéra.
Il signifie plus ordinairement Ne pas payer aux échéances convenues. Un fermier qui s'est arriéré.
Le participe passé ARRIÉRÉ, ÉE, est souvent adjectif et signifie Qui est en retard. Paiement arriéré. Réclamer un traitement arriéré.
Des affaires arriérées, Des affaires qui n'ont pu être examinées ou expédiées à temps.
En termes de Médecine, il se dit spécialement des Enfants dont le développement intellectuel ne correspond pas à leur âge.
Fig., Un peuple arriéré, Un peuple qui a fait moins de progrès que les autres.
Idées arriérées, Qui ne correspondent plus aux idées courantes, qui sont d'une autre époque.
Fig., Vous voilà bien arriéré, Il s'en faut de beaucoup que votre tâche soit aussi avancée qu'elle devrait l'être.
Il s'emploie aussi comme nom, en termes de Finance, pour désigner d'une manière collective les Dettes de l'État dont le paiement est retardé. On ne paie pas ce fournisseur, il a été mis à l'arriéré. Ma créance a été mise dans l'arriéré, portée à l'arriéré. Liquider l'arriéré.
Il signifie encore Toute portion d'une dette quelconque dont le paiement a été retardé. Il vient de solder son arriéré. J'ai réclamé l'arriéré.
Il se dit en outre, par extension, de la Partie d'un travail, d'une tâche, que l'on n'a pu faire à temps. J'ai beaucoup d'arriéré dans ma correspondance.
ARS
n. m. pl.
T. d'Art vétérinaire
. Pli formé par la réunion des membres antérieurs et du poitrail du cheval. Il ne se dit guère que dans ces phrases : Saigner un cheval aux ars. Un cheval frayé aux ars, Qui a une inflammation, des gerçures aux ars.
ARSENAL
n. m.
Lieu où l'on gardait et où l'on fabriquait des armes et des munitions de guerre. Il se dit aujourd'hui d'Ateliers de fabrication pour les armées de terre; il se dit principalement, pour la Marine, d'Établissements où l'on construit, répare et ravitaille les navires de guerre.
Fig., Ce livre est un arsenal qui fournit des armes à tous les partis.
ARSÉNIATE
n. m.
T. de Chimie
. Nom générique des sels composés d'acide arsénique et d'une base. Arséniate de potasse, de soude, d'ammoniaque.
ARSENIC
n. m.
T. de chimie
. Métal qui a la propriété de se volatiliser au feu sous la forme d'une fumée dont l'odeur est alliacée.
Il se dit aussi de l'Acide arsénieux. L'arsenic est un poison très dangereux.
ARSENICAL, ALE
adj.
T. de Chimie
. Qui est de la nature de l'arsenic ou Qui contient de l'arsenic. Un poison arsenical. Des poisons arsenicaux. Sel arsenical. Pâte arsenicale.
ARSÉNIEUX
adj.
T. de Chimie
. Qui est formé d'arsenic et d'une quantité d'oxygène inférieure à celle de l'acide arsénique. Acide arsénieux.
ARSÉNIQUE
adj.
T. de Chimie
. Qui est formé d'arsenic et d'oxygène. Acide arsénique.
ARSÉNITE
n. m.
T. de Chimie
. Nom générique des sels composés d'acide arsénieux et d'une base. Arsénite de potasse, de soude, d'ammoniaque. Tous les arsénites sont artificiels.