Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Coucher
v. tr.
Étendre de son long sur la terre, sur un lit, etc. Il le coucha sur l'herbe. On coucha le blessé sur un matelas. Saint Louis en mourant voulut qu'on le couchât sur la cendre. On le dit aussi en parlant des Choses. Coucher une statue par terre. Coucher une armoire, une chaise, une poutre, une échelle, etc.
Il signifie particulièrement Mettre quelqu'un au lit, le déshabiller, l'aider à se mettre au lit, Coucher un enfant, un malade.
Se coucher, Se mettre au lit. Il se couche de bonne heure. On dit plaisamment dans ce sens Un couche-tôt.
Coucher quelqu'un par terre, le coucher sur le carreau, sur le champ de bataille, L'étendre sur la place, mort ou très blessé. Il coucha son homme par terre. À peine les hommes étaient-ils sortis de la tranchée que le feu des mitrailleuses en coucha cinquante sur le sol. Plus de vingt mille hommes étaient couchés sur le champ de bataille.
Fig., Coucher quelqu'un sur l'état des pensions, sur une liste, etc., L'inscrire sur l'état des pensions, sur une liste, etc. On dit plus ordinairement Porter sur l'état des pensions, sur une liste, etc.
Fig. et fam., Coucher par écrit, Mettre par écrit. Il ne suffit pas de faire cette promesse verbalement, il faut la coucher par écrit. Coucher une clause, un article dans un acte, dans un contrat. On dit plus ordinairement Porter une clause dans un contrat. Coucher un article en recette, en dépense, Employer un article sur l'état de la recette, de la dépense. Cette façon de parler vieillit. On dit plus ordinairement Porter un article en recette, en dépense.
Par extension, Coucher en joue, Ajuster son fusil et viser, pour tirer sur quelqu'un, sur quelque chose. J'avais déjà couché l'animal en joue.
SE COUCHER signifie S'étendre tout de son long sur quelque chose. Il s'est couché par terre. Se coucher sur un lit, sur un sofa. Se coucher sur le ventre, sur le dos, etc.
Il signifie particulièrement Se mettre au lit. Ils se sont couchés fort tard. Allez vous coucher.
Fam., Se coucher comme les poules, Se mettre au lit de très bonne heure.
Fig. et pop., Allez vous coucher, Laissez- moi tranquille.
Prov. et fig., Comme on fait son lit, on se couche, Il faut s'attendre au bien ou au mal qu'on s'est préparé par la conduite qu'on a tenue, par les mesures qu'on a prises.
Il se dit figurément du Soleil et des autres astres et signifie Descendre sous l'horizon. Le soleil se couchera bientôt. Il y a une heure que la lune est couchée.
COUCHER signifie quelquefois simplement Pencher. Couchez un peu votre papier, vous écrirez plus commodément.
Il signifie également Courber, incliner ce qui est naturellement droit. La grêle, la pluie et le vent couchent les blés, les herbes. Coucher un sarment, un cep de vigne. Coucher les branches d'un arbuste en terre pour faire des nouveaux plants. Coucher le poil d'un chapeau, d'une étoffe. On dit aussi Le vaisseau s'est couché sur le flanc.
Coucher des couleurs signifie particulièrement, en termes de Peinture, Étendre des couleurs avec le pinceau l'une à côté de l'autre, avant de les fondre.
En termes de Botanique, Tige couchée, Tige qui ne s'élève point, qui reste étendue sur la terre.
Papier couché, Papier qui a reçu une couche de plâtre ou de kaolin pour le rendre plus sensible à l'impression.
Il s'emploie aussi intransitivement et signifie Être étendu pour prendre son repos. Coucher dans un lit, dans des draps, entre deux draps. Coucher sur un matelas, sur la plume, mollement, durement. Coucher sur la dure, sur une paillasse, sur la terre, à terre, sur le ventre, sur le dos, sur le côté. Coucher tout habillé. Chambre à coucher. Quand nous arrivâmes, tout le monde était couché.
Il signifie aussi Loger la nuit en quelque endroit en y prenant du repos. Il coucha à l'hôtel. Ils allèrent coucher à tant de lieues de Paris. Coucher dehors. Coucher dans la rue. Coucher en ville. Le mauvais temps ne leur ayant pas permis d'aborder, ils couchèrent dans le bateau.
Fig. et fam., Coucher à la belle étoile. Voyez BEAU.
Fam., Un nom à coucher dehors, Un nom difficile à prononcer et à retenir.
COUCHER
n. m.
Action de se coucher, C'est l'heure de son coucher. Le coucher du roi, ou simplement Le coucher, L'heure à laquelle le roi recevait ceux qu'il admettait à lui faire leur cour avant qu'il se retirât pour se coucher. Le petit coucher du roi, ou simplement Le petit coucher, L'espace de temps qui restait depuis que le roi avait donné le bonsoir jusqu'à ce qu'il se mit au lit.
Fig., Le coucher d'un astre, Le moment où il descend et se cache sous l'horizon. Au coucher du soleil. De beaux couchers de soleil. En termes de Peinture, Ce tableau représente un coucher de soleil, Il représente l'aspect du ciel et de l'horizon au moment où le soleil se couche. On dit aussi Un coucher de soleil, Un tableau qui représente un coucher du soleil.
Il désigne aussi l'Usage du lit, la façon dont on est couché, soit bien, soit mal. Il ne paya rien pour son coucher, pour le coucher.
Il se dit encore de la Garniture d'un lit, comme matelas, lit de plume, etc. Un bon, un mauvais coucher.
COUCHETTE
n. f.
Petit lit. Une couchette de bois de noyer. Couchette de wagon-lit.
COUCHEUR, EUSE
n.
Celui, celle qui couche avec un autre. Il ne se dit guère que dans l'expression figurée et familière C'est un mauvais coucheur, C'est un homme difficile à vivre.
COUCHIS
n. m.
T. d'Arts
. Lit de sable et de terre qu'on met sur les madriers d'un pont de bois pour asseoir le pavé.
Il désigne aussi l'Assemblage de pièces de bois qu'on pose sur les formes d'un cintre pour supporter la voûte.
COUCI-COUCA ou COUCI-COUCI
loc. adv.
À peu près, ni bien ni mal. Êtes-vous content? Couci-couci. Les affaires vont couci-couca. Il est familier.
COUCOU
n. m.
Oiseau du genre des pies, qui a tiré son nom de son chant. J'ai entendu chanter le coucou. Les coucous ne font point de nid et déposent leurs oeufs dans celui des autres oiseaux.
Pendule à coucou, ou simplement Coucou, Pendule, ordinairement de bois, où il y a une figure d'oiseau qui, lorsque les heures sonnent, se montre à une petite porte et imite le chant du coucou.
Il est aussi interjection quand il désigne le Cri dont les enfants se servent en jouant à cache-cache.
En termes de Botanique, il se dit d'une Espèce de primevère jaune. Un bouquet, une botte de coucous.
COUDE
n. m.
Partie extérieure du bras, à l'endroit où il se plie. Il était appuyé sur le coude. Il lui donna un coup de coude. Il le poussa du coude. Il a les coudes fort pointus. Manger avec ses amis en toute liberté, les coudes sur la table. Par analogie, Le coude d'un tuyau.
Fam., Jouer des coudes, Se frayer un passage dans une foule. Il se dit aussi figurément de Quelqu'un qui sait se pousser dans le monde, avancer dans une carrière en écartant ses rivaux. Pour être arrivé à une si belle situation, il lui a fallu terriblement jouer des coudes.
Se sentir, se serrer les coudes, Se serrer les uns contre les autres et figurément S'entraider.
Fig. et pop., Lever le coude, Boire beaucoup.
Il désigne, par extension, l'Endroit de la manche qui couvre le coude. Son veston ne vaut plus rien, il a les coudes percés, il est percé aux coudes.
Il se dit par analogie de l'Angle que présente un mur, une rivière, une allée, etc., à l'endroit où sa direction change brusquement. Cette muraille fait un coude. La rivière forme le coude en cet endroit. À l'endroit où la route fait le coude. Cette branche a un coude à la moitié de sa longueur.
COUDÉE
n. f.
Toute l'étendue du bras depuis le coude jusqu'au bout du doigt du milieu. En ce sens, il ne se dit que dans Avoir ses coudées franches, les coudées franches, Avoir la liberté du mouvement des bras, des coudes. Il ne s'emploie plus qu'au sens figuré et signifie N'être point contraint ni gêné dans ce qu'on veut faire. Personne ne contrôle plus ses actions, il n'est plus en tutelle, il a ses coudées franches.
Il se disait d'une Mesure de longueur prise sur l'étendue qu'il y a depuis le coude jusqu'au bout du doigt du milieu.
COUDER
v. tr.
Plier en forme de coude. Couder une barre de fer. Couder une branche de vigne.
En termes de Tailleur, Couder une manche, En faire le coude.
Le participe passé COUDÉ, ÉE, se dit adjectivement et signifie Qui fait le coude, qui a un coude. Beaucoup d'outils sont coudés. Levier coudé. La tige de cette plante est coudée.
COUDOYER
v. tr.
(Il se conjugue comme BROYER.) Heurter quelqu'un du coude. Pourquoi m'a-t-il coudoyé? Nous étions si serrés à table qu'il était impossible de ne pas se coudoyer.
Il signifie figurément Passer fréquemment près de quelqu'un. Nous les coudoyons tous les jours. On dit aussi, en parlant des Choses, Coudoyer le bonheur. Coudoyer la faillite.
COUDRAIE
n. f.
Lieu planté de coudriers. On dit aussi COUDRETTE.
COUDRE
(Je couds, il coud ; nous cousons. Je cousais. Je cousis. J'ai cousu. Je coudrai. Couds. Que je couse. Que je cousisse. Cousant. Cousu.)v. tr. Assembler deux ou plusieurs objets avec un fil passé dans une aiguille ou un autre instrument semblable. Coudre du linge. Coudre des boutons à un gilet. Coudre une pièce à un vêtement, à des souliers. Coudre des cahiers ensemble pour en faire un volume. Cela doit être cousu avec de gros fil, avec de la soie, etc. Coudre une plaie, les bords, les lèvres d'une plaie, pour qu'elle se ferme plus promptement. Absolument, Coudre proprement. Coudre dans du linge. Coudre à grands points, à points rabattus. Il s'est piqué en cousant. Coudre à la main. Coudre à la machine. Machine à coudre.
Il se dit quelquefois au figuré, surtout en parlant des Ouvrages de l'esprit. Cette étude n'est fuite que de citations cousues ensemble, d'emprunts mal cousus.
Fig. et fam., Des finesses cousues de fil blanc. Voyez FINESSE.
Fig. et fam., Bouche cousue, Gardez le secret, ne parlez point de cela, n'en dites mot. Faites ce qu'il vous plaira, mais surtout bouche cousue. On dit plus ordinairement et mieux Bouche close.
Fig. et fam., Être tout cousu d'or, Avoir beaucoup d'argent comptant, être fort riche.
Fig. et fam., Avoir le visage cousu, tout cousu de petite vérole, Avoir le visage fort marqué de petite vérole.
COUDRETTE
n. f.
Synonyme de COUDRAIE.
COUDRIER
n. m.
Arbre de la famille des Amentacées dont le fruit est la noisette et qu'on nomme aussi Noisetier. Baguette de coudrier.
COUENNE
n. f.
Peau du cochon, surtout lorsqu'elle a été raclée. Couenne de lard. Frotter avec de la couenne.
Il se dit aussi de la Peau des marsouins.
Il se dit, en termes de Médecine, de la Peau épaisse et grisâtre qui se forme sur le sang tiré des veines ; de Certaines altérations locales de la peau, de la Fausse membrane qui se forme à la gorge dans certaines angines.
COUENNEUX, EUSE
adj.
T. de Médecine
. Qui présente une couenne. Angine couenneuse. Sang couenneux.
COUETTE
n. f.
Lit de plume. Couette bien pleine, bien remplie. Il a vieilli.
En termes d'Arts, il désigne la Pièce sur laquelle pose et pivote l'arbre d'une machine, le pivot d'un gond.
COUFIQUE
adj. des deux genres
. T. de Philologie
. Il se dit des Caractères alphabétiques dont se servaient les Arabes avant le quatrième siècle de l'hégire. L'écriture coufique.
COUGUAR
n. m.
Espèce de grand chat sauvage d'Amérique qu'on appelle aussi Tigre rouge.