Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 755 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Pituitaire

 

adj. des deux genres

. T. d'Anatomie

. Qui a rapport à la pituite. La membrane pituitaire est la muqueuse des fosses nasales. La glande pituitaire ou hypophyse est une glande à sécrétion interne, logée à la base du crâne, qui a d'importantes fonctions physiologiques.

 

PITUITE

 

n. f.

Il se disait de la Sécrétion des fosses nasales et, par extension, d'autres sécrétions muqueuses.

Il se dit encore du Rejet par vomissement de liquide muqueux. Pituite alcoolique.

 

PITUITEUX, EUSE

 

adj.

Qui a le caractère de la pituite. Vomissement pituiteux.

Il signifie aussi Qui est sujet à la pituite. Un vieillard pituiteux.

 

PIVERT

 

n. m.

Oiseau du genre des Pics, dont le plumage est jaunâtre et vert.

 

PIVOINE

 

n. f.

Plante de la famille des Renonculacées, à grosses fleurs rouges, panachées ou blanches.

Fig., Il est devenu rouge comme une pivoine, Il a fortement rougi.

 

PIVOT

 

n. m.

Support de l'axe autour duquel un corps tourne. Le lutrin tourne sur son pivot. Le pivot d'une roue de montre.

Il désigne, par analogie, dans les conversions qu'une troupe exécute, l'Aile sur laquelle on tourne, ou le point autour duquel se fait la conversion. Les hommes du pivot. Dans les conversions en marchant, l'homme qui est au pivot raccourcit le pas.

Il se dit quelquefois figurément et signifie Qui sert d'appui, de soutien. Cet homme est le pivot sur lequel toute l'affaire tourne. Ce système de longs crédits est le pivot de toute l'affaire.

Il se dit aussi de la Racine principale de certains arbres, de certaines plantes, qui s'enfonce verticalement en terre.

En termes de Vénerie, il désigne Chacun des deux os saillants qui sont situés sur l'os frontal du cerf, du daim, du chevreuil et qui portent le bois de ces animaux.

 

PIVOTANT, ANTE

 

adj.

T. de Botanique et d'Agriculture

. Qui pivote, qui s'enfonce verticalement en terre. Racine pivotante. Plante pivotante. Arbre pivotant.

Il se dit quelquefois, en termes militaires, de la Conversion d'un corps d'armée. Le mouvement pivotant de l'ennemi. L'aile pivotante.

 

PIVOTER

 

v. intr.

Tourner sur un pivot, ou comme sur un pivot. Cette machine ne pivote pas bien.

Il se dit aussi des Hommes et signifie Tourner. Pivoter sur les talons.

Fig. et fam., Faire pivoter quelqu'un, Lui donner des ordres nombreux et divers qui l'obligent à beaucoup d'allées et venues.

PIVOTER signifie, en termes militaires, Exécuter une conversion.

En termes de Botanique, il se dit des Arbres, des plantes dont la principale racine s'enfonce verticalement en terre. Le chêne, le poirier pivotent.

 

PIZZICATO

 

n. m.

T. de Musique

emprunté de l'italien. Il se dit des Passages que l'on exécute en pinçant les cordes d'un instrument dont on joue ordinairement avec un archet. Le célèbre pizzicato du ballet de Sylvia. Il fait au pluriel pizzicati.

Il se dit aussi adverbialement. Les basses joueront pizzicato.

 

PLACAGE

 

n. m.

Ouvrage de menuiserie ou d'ébénisterie, fait de bois précieux scié en feuilles minces qui sont appliquées sur d'autre bois de moindre prix. Menuiserie de placage : Table, commode, armoire de placage. Bureau de placage.

Il se dit, figurément et avec une intention péjorative, des Ouvrages de l'esprit qui semblent faits de morceaux rapportés. Ce poème, ce discours n'est que placage.

 

PLACARD

 

n. m.

Assemblage de menuiserie, qui s'élève au-dessus d'une porte et va ordinairement jusqu'au plafond. Il faut un placard au-dessus de cette porte.

Il se dit aussi des Armoires pratiquées dans les enfoncements de mur. Il y a des placards des deux côtés de la cheminée.

Il désigne encore Ce qu'on plaque, ce qui est plaqué. Un placard de couleur. Un placard de pommade.

Il se dit également d'un Écrit, d'un imprimé qu'on affiche dans les rues. Les badauds s'étaient attroupés devant ce placard.

Il se dit aussi d'un Écrit injurieux ou séditieux, qu'on rend public en l'affichant ou en le distribuant.

En termes d'Imprimerie, Épreuve en placard ou simplement Placard, Épreuve imprimée d'un seul côté de la feuille et sans que la composition ait été mise en pages.

 

PLACARDER

 

v. tr.

Mettre, afficher un placard. On vient de placarder une ordonnance de police.

Il signifie aussi Couvrir de placards, d'imprimés. Ce mur est tout placardé d'affiches.

 

PLACE

 

n. f.

Lieu, endroit, espace qu'occupe ou que peut occuper une personne, une chose. La place est prise, occupée, vide. La place est trop petite pour deux. Il y a place pour vingt couverts. Mettre, ranger chaque chose à sa place, en sa place. Changer des livres, des meubles de place. Il change de place à tout moment. Rester, demeurer, se tenir en place. Céder, quitter, perdre sa place. Rendre la place d'un autre. Prendre place à côté de quelqu'un. Trouver place. Payer sa place. Retenir des places au théâtre.

Prov., Qui quitte sa place la perd. On dit familièrement dans le même sens Qui va à la chasse perd sa place.

Quitter la place à quelqu'un, Se retirer devant lui, le laisser à la place qu'on occupait. Je m'aperçois que je vous gêne, je vous quitte la place.

Ne pas tenir en place, S'agiter, marcher fébrilement, en signe d'impatience ou de joie.

Faire place nette, Vider le logement qu'on occupait dans une maison, en ôter tous les meubles. Il s'emploie figurément pour signifier qu'on a renvoyé d'une maison, d'une administration, d'une entreprise, etc., tous ceux dont on voulait, pour quelque raison que ce soit, se débarrasser. Son premier soin en prenant la direction de cette affaire a été de faire place nette. On dit aussi Faire maison nette.

La place n'est pas tenable, On ne saurait y demeurer sans incommodité ou sans péril. Il a donné sa démission, la place n'était plus tenable.

Se faire place, se faire faire place, Pénétrer, arriver, se mettre où on veut être.

Faire place à quelqu'un, Se ranger afin qu'il passe, qu'il aille se mettre à sa place. Il signifie aussi Lui donner une place auprès de soi. Venez auprès de nous, nous vous ferons place. Il signifie encore Céder sa place. Il y a longtemps que vous êtes là, faites place aux autres.

Fig., L'amour, dans son coeur, a fait place à la haine, La haine y a remplacé l'amour.

Place, place! Locution exclamative elliptique dont on se sert pour faire écarter ou ranger ceux qui empêchent la circulation.

Figurément, Place aux jeunes!

En place! Autre locution elliptique dont on se sert pour inviter plusieurs personnes à prendre leurs places. En place, messieurs!

En termes de Beaux-Arts, Mise en place, Action, pour le peintre, de poser son modèle dans l'attitude qu'il doit occuper dans le tableau; ou encore Établissement des grandes lignes, répartition des masses, des volumes d'une composition; pour l'architecte, le décorateur, Action de placer un ornement, un meuble à l'endroit qui lui convient le mieux.

Ce mot n'est pas à sa place, Il ne convient pas à l'endroit où on l'a mis. On dit dans le même sens : Cette pensée, ce discours, cette réflexion n'est pas à sa place.

Cela n'est pas tout à fait à sa place, se dit d'une Façon d'agir, de parler inopportune ou peu convenable.

Fig., Tenir une grande place, Être un personnage considérable.

Fig., Tenir sa place dans le monde, Figurer convenablement dans le monde.

Fig. et fam., Bien tenir sa place à table, Faire honneur au repas, manger de bon appétit.

Fig., Se tenir à sa place, ne pas se tenir à sa place, Observer, ne pas observer les bienséances qu'exige sa condition, son état. Cet homme est, n'est pas à sa place, Il est, il n'est pas dans la situation, dans l'emploi qui lui convient.

Fig., Remettre quelqu'un à sa place, Le rappeler aux convenances, à la bienséance.

Avoir place dans l'histoire, tenir sa place dans l'histoire, Être mentionné par les historiens. Érostrate a voulu avoir une place dans l'histoire. César tient une grande place dans l'histoire. Cette action mérite d'avoir place dans l'histoire.

Cette réflexion, ce fait, ce trait trouvera place, trouvera sa place, aura sa place dans l'ouvrage que j'achève, Il en sera fait mention dans cet ouvrage.

Avoir, obtenir, conserver une place dans le coeur de quelqu'un, dans son estime, dans son amitié, dans sa confiance, Être aimé, estimé de lui. On dit aussi Donnez-moi, accordez-moi, ne me refusez pas une place dans votre amitié, dans votre estime, dans votre souvenir.

Fig., Se mettre en la place et, plus ordinairement, à la place de quelqu'un, Se supposer dans l'état, dans la situation où il est. Mettez- vous à sa place. Supposez que vous soyez à ma place. Si vous étiez en sa place, vous seriez aussi embarrassé que lui. Elliptiquement, À ma place, que feriez-vous? En termes de Procédure, Subroger quelqu'un en son lieu et place.

Je ne voudrais pas être à sa place, se dit en parlant d'une Personne qui est dans une situation pénible, embarrassante, ou qui est menacée de quelque événement fâcheux.

Tenir de la place se dit d'une Personne ou d'une chose qui dépasse un peu les proportions normales. Il se dit figurément d'une Personne qui exagère son importance.

PLACE se dit, figurément, de la Dignité, de la charge, de l'emploi qu'une personne occupe dans le monde; de l'emploi d'un commis, d'un domestique, etc. Place de confiance. Demander, solliciter, obtenir, accepter, refuser une place. Il remplit bien sa place. Connaître les droits, les devoirs de sa place. On n'en voulait pas à sa personne, on n'en voulait qu'à sa place. Perdre sa place.

Absolument, Être en place, Être dans un emploi, dans une charge qui donne de l'autorité, de la considération. Être sans place, Être sans emploi.

Un homme en place, Un homme qui a une situation, un emploi de quelque importance. Les gens en place.

PLACE, dans les Collèges, désigne le Rang qu'un écolier obtient dans un classement. On donne aujourd'hui les places. Il a eu une bonne place, une mauvaise place. La place de premier.

PLACE signifie aussi Espace, lieu public, découvert et environné de bâtiments. Place publique. La place Vendôme. La place des Victoires.

Place de voitures ou, elliptiquement, Place, Endroit où stationnent les voitures à l'usage du public. D'où l'expression : Voiture de place. Vous trouverez un taxi à la place.

PLACE s'emploie quelquefois absolument pour désigner le Lieu où s'assemblent les agents de change, les banquiers, les négociants pour y traiter leurs affaires et y opérer leurs transactions. Négocier un billet sur la place. Être connu, avoir du crédit sur la place de Paris. L'argent est facile, abondant sur la place.

Il se dit quelquefois de l'Ensemble des négociants, des banquiers d'une ville. La place de Lyon est une des plus riches de France. Cette place n'est pas sûre, on y est menacé de beaucoup de faillites.

Faire la place se dit, dans le Commerce, de Commis qui vont offrir des marchandises à des magasins de détail ou à des particuliers. Il se dit aussi des Élèves architectes qui, tout en poursuivant leurs études, vont travailler chez un patron comme dessinateurs apprentis.

PLACE désigne encore une Ville de guerre ou de garnison. Place forte. Place frontière. Place maritime. Reconnaître, assiéger, attaquer, investir, bloquer une place. Emporter une place d'assaut. Démanteler une place. La garnison d'une place. Le commandant de place.

Place d'armes, Terrain destiné à des revues, à des exercices militaires. Dans cette ville il y a une très belle place d'armes.

Place d'armes se dit aussi de la Partie des tranchées dans laquelle on réunit les troupes destinées à repousser les attaques ou à donner l'assaut.

Place d'armes se dit encore de la Ville frontière où est le dépôt principal des vivres, des munitions de l'armée, et sous laquelle les troupes peuvent se retirer en cas de besoin.

SUR PLACE, SUR LA PLACE,loc. adv. À l'endroit même. S'agiter, piétiner, tourner sur place.

Avancer sur place se dit d'un Fonctionnaire qui, sans changer de résidence, passe à une classe supérieure.

Il est demeuré deux mille hommes sur la place, Deux mille hommes ont été tués sur le lieu où s'est donné le combat.

Tomber mort sur la place, Tomber mort sur- le-champ.

Sur la place signifie aussi À terre, par terre. Du premier coup de poing, il l'a étendu sur la place.

 

PLACEMENT

 

n. m.

Action de placer. Le placement d'une bibliothèque. Le placement des convives autour d'une table.

Il signifie encore Vente ou emploi. Ces étoffes m'encombraient, j'en ai enfin trouvé le placement.

Il signifie aussi Action de placer de l'argent; Argent placé. Il a fait un placement avantageux, un placement sûr, un placement de père de famille.

Bureau de placement, Établissement dans lequel on procure des places aux employés de commerce, ouvriers, domestiques, et des employés, ouvriers, domestiques aux personnes qui en cherchent.

 

PLACENTA

 

n. m.

T. d'Anatomie

. Organe charnu et spongieux qui est à l'extrémité du cordon ombilical, et par lequel le foetus s'attache à l'utérus et reçoit la nourriture que lui fournit le corps de sa mère.

Il se dit, par analogie, en Botanique, de la Partie interne de l'ovaire à laquelle sont attachés les ovules.

 

PLACER

 

v. tr.

Situer, mettre dans un lieu. Bien placer un édifice, une maison. Il a tant de meubles, qu'il ne sait où les placer. Où placerez- vous tout ce monde-là? On les plaça suivant leur rang et leur dignité. Placez-vous où vous pourrez. Fig., Son génie l'a placé au premier rang des écrivains de son siècle. Les circonstances l'ont placé dans les situations les plus heureuses, les plus difficiles. Il s'est placé par ses exploits au rang des plus fameux héros.

Il se dit absolument, en parlant de Celui qui est chargé de donner, d'indiquer les places, dans une cérémonie, dans une assemblée. Il fut chargé de placer.

Au jeu de Paume et au jeu de Tennis, Placer la balle, La lancer de manière qu'elle aille tomber où l'on veut. Il place bien la balle. On dit dans le même sens Il place bien son coup. Un coup bien placé. On dit aussi, en termes d'Escrime, Placer bien son coup.

En termes de Manège, Placer un homme à cheval, Lui enseigner les premiers principes de l'équitation et lui donner une bonne position à cheval. Placer un cheval, Le mettre bien en main, de façon qu'il exécute avec aisance tous les mouvements que lui commande le cavalier.

Placer un propos, un mot, etc., Le dire en un certain moment, en une certaine occasion et pour un certain effet. Placer un mot à propos. Savoir placer une citation, un proverbe. Il place à tort et à travers ses anecdotes. Si vous trouvez à placer ce que je vous dis, n'y manquez pas. Placer bien ses charités, ses aumônes, Faire ses charités, ses aumônes avec discernement. On dit de même Placer bien ses faveurs, ses bienfaits, ses libéralités.

Placer bien son affection, son amitié, sa confiance, Donner son affection, son amitié, sa confiance à des personnes qui en sont dignes.

Placer de l'argent, Le prêter à intérêt, lui faire rapporter un intérêt, l'employer d'une façon qui permette d'en tirer profit. Il a beaucoup d'argent et il ne trouve pas où le placer. Il a de grosses sommes placées. Placer son argent dans les banques, en banque. Placer de l'argent en fonds d'État. Il a placé son argent à fonds perdu, en terres, en valeurs industrielles. Placer son argent dans une entreprise.

Placer des marchandises se dit du Fait de servir d'intermédiaire entre les producteurs ou fabricants et les marchands au détail ou les acheteurs.

Placer une personne, Lui donner, lui procurer un emploi, une situation. Il avait trois enfants, et il les a tous placés avantageusement. Placer un commis. Placer un domestique. On dit aussi Se placer, Entrer dans une maison pour quelque travail, pour quelque service rétribué. Il s'est placé dans une maison de commerce. Il cherche à se placer.

Avoir le corps bien placé, la poitrine, les épaules bien placées, Les avoir dans la position où il convient.

Fig., Avoir le coeur bien placé, Avoir de l'honneur, de la vertu, n'avoir que des sentiments d'honnête homme. On dit dans le sens contraire Avoir le coeur mal placé.

C'est un homme qui serait bien placé partout, C'est un homme fait pour être admis dans les sociétés les plus fermées, c'est un homme qui se montrerait apte aux emplois les plus divers.

En termes de Courses, Chevaux placés, Ceux qui arrivent second ou troisième.

Être bien placé pour se dit d'une Personne en situation de... Je suis très bien placé pour vous renseigner.

 

PLACER

 

(On prononce l'R.)n. m.

Mot emprunté de l'espagnol, par lequel on désigne les Emplacements où l'on trouve de l'or.

 

PLACET

 

n. m.

Demande succincte par écrit, pour obtenir justice, grâce, faveur, etc. Placet au roi. Il a présenté un placet au ministre. Il n'est plus guère d'usage; on dit Pétition.

 

PLACIDE

adj. des deux genres

. Qui est doux, paisible, calme. Un homme placide. Un caractère, une humeur placide.

 

PLACIDEMENT

 

adv.

Avec placidité.

 

PLACIDITÉ

 

n. f.

Douceur naturelle, caractère calme. Au milieu de ces scènes violentes, il gardait sa placidité.

 

PLACIER

 

n. m.

T. de Commerce

. Celui qui place des marchandises, des ouvrages de librairie. Un bon placier.

 

PLAFOND

 

n. m.

T. d'Architecture

. Surface plane et horizontale qui forme, dans une construction, la partie supérieure d'un lieu couvert. Le plafond des temples égyptiens était peint en bleu. Les plafonds des péristyles grecs étaient ornés de caissons.

Il se dit plus ordinairement de la Surface, plate ou même cintrée, de plâtre ou de menuiserie, quelquefois ornée de peintures, qui forme le haut d'une salle, d'une chambre, etc. Riche plafond. Plafond peint en compartiments, en perspective. Faux plafond de toile.

Plafond de corniche, de larmier, Le dessous du larmier.

PLAFOND, en termes de Peinture, se dit d'un Ouvrage destiné à décorer un plafond, une voûte, et qui, devant être vu de bas en haut, exige dans les figures certaines dispositions particulières de perspective, certains raccourcis. Un plafond de Tiepolo.

En termes d'Aviation, il désigne la Hauteur maxima à laquelle peut atteindre un avion.

Par analogie, en termes de Finance, il désigne le Chiffre maximum où peuvent se monter les opérations, soit en actif, soit en passif, d'un établissement ou d'un service financier.

 

PLAFONNAGE

n. m.

Action de plafonner; Travail de celui qui plafonne. Le plafonnage de cet appartement a coûté cher.

 

PLAFONNANT, ANTE

 

adj.

T. de Peinture

. Qui plafonne. Des figures plafonnantes.

 

PLAFONNER

 

v. tr.

T. d'Arts

. Couvrir le dessous d'un plancher; garnir de plâtre ou de menuiserie le haut d'une salle, d'une chambre, etc. Il a fait plafonner son appartement. Une chambre plafonnée.

En termes de Peinture, Plafonner une figure, Donner à une figure peinte sur un plafond le raccourci nécessaire pour que, vue de bas en haut, elle fasse un bon effet. On dit aussi intransitivement Cette figure plafonne. Faire plafonner une figure.

PLAFONNER signifie, en termes d'Aviation et absolument, Atteindre la hauteur maxima.

 

PLAFONNEUR ou PLAFONNIER

 

n. m.

T. d'Arts

. Celui qui plafonne, qui fait des plafonds de plâtre.

 

PLAFONNIER

 

n. m.

Appareil d'éclairage plus petit qu'un lustre et qui se place près du plafond.

 

PLAGAL

 

adj. m.

T. de Musique

. Voyez MODE.

 

PLAGE

n. f.

Rivage de mer plat et découvert. Les navires étaient à l'ancre le long de la plage. La plage est bonne. La plage est mauvaise, Plage de sable. Plage de galets. Le navire a été jeté, a échoué sur la plage.

Il se dit aussi, par extension, des Grèves au long des rivières. À cet endroit, la Seine découvre une petite plage.

PLAGE signifie poétiquement Contrée, climat. Il n'y a point de plage si lointaine où le bruit de ses victoires n'ait pénétré.

 

PLAGIAIRE

 

adj. des deux genres

. Qui s'approprie ce qu'il a pillé dans les ouvrages d'autrui. Auteur plagiaire.

Il s'emploie plus ordinairement comme nom masculin. C'est un plagiaire. Impudent plagiaire.

 

PLAGIAT

 

n. m.

Action du plagiaire. Cet auteur est accusé de plagiat. On a découvert tous ses plagiats. Il dissimule adroitement ses plagiats.

 

PLAGIER

 

v. tr.

Emprunter à d'autres auteurs des passages de quelque importance en les donnant comme siens. Il a plagié tel écrivain.

 

PLAID

 

n. m.

Il s'est dit des Procès, assemblées et juridictions du moyen âge.

 

PLAID

 

(On prononce le D.)n. m.

Manteau écossais.

 

PLAIDANT, ANTE

adj.

Qui plaide. Les parties plaidantes.

Avocat plaidant, Avocat qui fait profession de plaider; par opposition à Avocat consultant, Celui qui ne fait que donner des consultations.

 

PLAIDER

 

v. intr.

Contester quelque chose en justice. Il y a dix ans qu'ils plaident l'un contre l'autre. Ils plaident pour le partage d'une succession. C'est un mauvais métier que de plaider. Il s'est ruiné à plaider.

Il signifie aussi Défendre, soutenir de vive voix la cause, le droit d'une partie devant les juges. Il plaide pour un tel contre un tel. Votre avocat a fort bien plaidé. Il plaide avec chaleur, avec action, avec véhémence.

Fig., Cette action plaide en sa faveur, C'est un argument en sa faveur, c'est une bonne note pour lui.

PLAIDER est aussi transitif et signifie Défendre, soutenir. J'ai été obligé de plaider moi- même ma cause.

Plaider une cause se dit, figurément et en général, de Celui qui prend la défense de quelqu'un, ou qui appuie de raisons l'opinion qu'il soutient. Il plaide fort bien sa cause. Il a bien plaidé une mauvaise cause.

En termes de Palais, Plaider un fait, un moyen, Avancer, soutenir un fait, employer, faire valoir un moyen en plaidant. Le fait que cet avocat a plaidé n'est pas exact.

On a plaidé que, On a avancé en plaidant que.

Plaider innocent, Plaider l'innocence. Plaider coupable, Reconnaître la culpabilité en se faisant fort de l'excuser ou de l'atténuer.

Fig. et fam., Plaider le faux pour savoir le vrai, Dire à quelqu'un une chose qu'on sait être fausse, pour tirer de lui le secret de la vérité.

 

PLAIDEUR, EUSE

 

n.

Celui, celle qui plaide, qui est en procès.

Il désigne aussi Celui, celle qui aime à plaider, à chicaner. C'est un plaideur enragé.

 

PLAIDOIRIE

n. f.

Action de plaider; Discours de l'avocat. Cette plaidoirie a tenu deux audiences.

Il désigne aussi l'Art, la profession de l'avocat. Cet avocat est meilleur pour la consultation que pour la plaidoirie.

 

PLAIDOYER

 

n. m.

Discours prononcé à l'audience pour défendre le droit d'une partie. Cet avocat a fait un habile plaidoyer.

Il se dit, par extension, de Toute défense écrite ou orale, en faveur d'une personne, d'une opinion, d'une cause.

 

PLAIE

 

n. f.

Lésion du corps provenant soit d'une blessure sanglante ou d'une contusion, soit d'un accident physiologique. Plaie profonde. Plaie infectée. Panser une plaie. On a laissé fermer trop tôt cette plaie. Sa plaie saigne encore. Sa plaie s'est rouverte. Une plaie qui s'envenime. Sa plaie s'est promptement cicatrisée. On a sondé, on a cautérisé la plaie. Rapprocher les lèvres d'une plaie. Tout son corps n'est qu'une plaie.

Les plaies de Notre-Seigneur ou Les cinq plaies, Les blessures qui furent faites à JÉSUS- CHRIST, le jour de sa Passion, aux mains, aux pieds et au côté gauche.

Fig., Ne rêver que plaies et bosses, Souhaiter qu'il y ait des querelles, des procès, qu'il arrive des malheurs, dans l'espérance d'en tirer profit ou simplement par malignité.

Fig., Rouvrir une plaie, Renouveler une douleur.

Fig., Les plaies des arbres, Les ouvertures qui se font, qui sont faites à l'écorce des arbres.

Prov. et fig., Plaie d'argent n'est pas mortelle se dit en parlant d'une Dépense ou d'une perte fâcheuse, mais qui ne ruine pas et qu'on peut supporter, par comparaison avec d'autres malheurs, qui sont irréparables.

PLAIE se dit aussi des Traces de plaies ou cicatrices. Il racontait ses campagnes et montrait ses plaies.

Il se dit aussi, figurément, de Ce qui est très préjudiciable à un État, à une famille, à un particulier. Le désordre des finances est la plaie de cet empire. La mendicité est la plaie de cette ville. Voilà bien la plaie de ce pays. Quelques années de paix suffiront pour guérir les plaies de l'État. Sa plaie saigne encore. Il se dit aussi des Personnes. Cet enfant est la plaie de sa famille.

Fig., Mettre le doigt sur la plaie, Indiquer nettement ce qui crée une situation fâcheuse pour un peuple, une famille, un individu.

Dans le style de l'Écriture, Les plaies d'Égypte, Les fléaux dont Dieu punit l'endurcissement du Pharaon.

 

PLAIGNANT, ANTE

 

adj.

T. de Jurisprudence et de Police

. Qui se plaint en justice de quelque tort qu'on lui a fait. La partie plaignante.

Il s'emploie substantivement. Ledit plaignant. Ladite plaignante.

 

PLAIN, AINE

 

adj.

Qui est uni, plat, sans inégalités. Ce terrain est plain. Il a vieilli et il est communément remplacé aujourd'hui par PLAN.

Il n'est plus guère usité que dans les composés Plain-pied et Plain-chant.

Un beau plain-pied, Un bel ensemble de pièces de plain-pied.

DE PLAIN-PIED,loc. adv.

Sans monter ni descendre. De la salle on va de plain-pied dans le jardin.

Chambres, pièces de plain-pied, Chambres, pièces d'un appartement qui sont au même étage et de même niveau.

En termes de Fauconnerie, Cet oiseau va de plain. Il plane, il se soutient en l'air sans mouvement apparent des ailes.

 

PLAIN-CHANT

 

n. m.

Le chant ordinaire de l'Église romaine, dans lequel toutes les voix se font entendre à l'unisson. On l'appelle aussi Chant grégorien.

 

PLAINDRE

 

(Il se conjugue comme CONTRAINDRE.) v. tr. Prendre en pitié les maux d'autrui, en être touché, témoigner la compassion que l'on éprouve pour quelqu'un. Plaindre les malheureux. Je plains sa famille. Tout le monde vous plaint. C'est un homme qui mérite qu'on le plaigne. Il est bien à plaindre. Je vous plains de la perte que vous avez faite. Je vous plains d'en être réduit à cette extrémité.

Il se dit aussi des Choses. Je plains votre malheur.

Il signifie aussi Employer, donner avec répugnance, à regret, d'une manière insuffisante. Il ne faut pas plaindre sa peine, ses pas, son temps quand il s'agit d'obliger.

Il ne plaint pas la dépense, Il dépense volontiers.

SE PLAINDRE signifie Se lamenter. Il a souffert de grandes douleurs sans se plaindre. Il se plaint pour la moindre chose. Il aime à se plaindre et à être plaint.

Il signifie aussi Témoigner son mécontentement de quelque chose, du mécontentement contre quelqu'un. Il se plaint fort de vous et du mauvais accueil que vous lui avez fait. Tout le monde croit être en droit de se plaindre de la fortune. Il se plaint qu'on l'ait calomnié.

Il signifie, en termes de Jurisprudence et de Police, Porter plainte. Il est allé se plaindre au commissaire.

 

PLAINE

 

n. f.

Plate campagne, grande étendue de terre dans un pays uni. Plaine d'une grande étendue. Morne plaine. Plaines fertiles. La plaine est inondée. La plaine de Beauce. La plaine de Saint-Denis. Les troupes étaient campées dans la plaine.

Il se dit aussi, par extension, d'une Grande surface unie. Le lac formait une immense plaine d'eau.

Poétiquement, La plaine liquide, La mer.

PLAINE s'est dit, sous la Convention, des Bancs de cette assemblée où s'asseyaient les députés d'opinion modérée. Il siégeait à la plaine. Il s'est dit aussi du Parti que formaient ces députés. Dans les deux acceptions, il est opposé à Montagne.

 

PLAINTE

 

n. f.

Gémissement, lamentation. Les plaintes d'un malade, d'un homme qui souffre. La plainte le soulage. La douleur ne lui arracha pas une seule plainte. Le ciel a entendu ses plaintes.

Il signifie aussi Ce qu'on dit, ce qu'on écrit pour faire connaître le sujet qu'on a de se plaindre de quelqu'un. Il fait de grandes plaintes de vous, contre vous. Il s'est répandu en plaintes à ce sujet. Il m'a adressé les plaintes les plus graves contre vous. Ses plaintes son bien fondées, sont mal fondées, sont exagérées. On n'a pas écouté ses plaintes. On a fermé l'oreille à ses plaintes. On a étouffé ses plaintes. Je ne lui ai donné aucun sujet de plainte.

Il désigne aussi l'Exposé qu'on fait en justice du sujet qu'on a de se plaindre. Porter plainte. Le magistrat a reçu sa plainte. On lui a donné acte de sa plainte.

 

PLAINTIF, IVE

 

adj.

Qui a l'accent de la plainte. Voix plaintive. Ton plaintif. Chant plaintif.

Il se dit aussi des Personnes et signifie Qui se plaint souvent, à tout propos, qui fatigue les autres par ses plaintes. Il est toujours chagrin, toujours plaintif. Un vieillard plaintif. En ce sens il est rare.

Il se dit poétiquement de Personnes, d'animaux qui font entendre des plaintes. Mânes plaintifs. Ombres plaintives. La plaintive tourterelle.

 

PLAINTIVEMENT

 

adv.

D'un ton plaintif, d'une manière plaintive. Réciter plaintivement. Chanter plaintivement. Il s'exprime toujours plaintivement.

 

PLAIRE

 

(Je plais, tu plais, il plaît; nous plaisons, vous plaisez, ils plaisent. Je plaisais. Je plus. Je plairai. Plais. Que je plaise. Que je plusse. Plaisant. Plu.)v. intr. Agréer, être agréable. Cet homme-là me plaît beaucoup. Il a tout ce qui peut plaire. Elle n'est pas très belle, mais elle plaît à tout le monde. Elle n'a qu'à se montrer pour plaire. Elle a le don, le secret, l'art de plaire. Cet ouvrage plaît à ma raison. De telles actions plaisaient à son coeur.

Cela vous plaît à dire, Locution familière servant à faire connaître qu'on ne convient pas de ce qui vient d'être dit, ou à énoncer un refus. Vous prétendez que c'est un honnête homme; cela vous plaît à dire.

PLAIRE s'emploie aussi impersonnellement, en parlant d'une Chose qu'on veut, qu'on a pour agréable. Il me plaît de faire ceci. Il a plu à Dieu de finir ses misères. Il n'en sera que ce qu'il vous plaira. Je ferai ce qu'il vous plaira. Comme il vous plaira. Il ne me plaît pas que vous alliez là. Il fait de ses amis tout ce qu'il lui plaît.

Fig., Cela va comme il plaît à Dieu, se dit d'une Affaire dont la conduite est abandonnée, négligée.

S'il vous plaît, employé absolument, est un simple terme de civilité. Donnez-moi cela, s'il vous plaît. Répondez, s'il vous plaît, à la question que je vais vous faire. C'est aussi une façon de donner à ce qu'on dit plus de force et un accent plus impérieux. Croyez, s'il vous plaît, que je sais ce que je dis. N'allez pas, s'il vous plaît, vous imaginer que je vous laisserai faire.

Dans le style familier, une personne qu'on appelle répond quelquefois Plaît-il! c'est-à- dire Que vous plaît-il? Le plus souvent, on emploie cette formule pour faire répéter ce qu'on n'a pas bien entendu ou parfois ce qu'on ne veut pas avoir entendu.

Plaise à Dieu, plût à Dieu que, Façons de parler dont on se sert pour marquer qu'on souhaite quelque chose. Plaise à Dieu qu'il revienne sain et sauf! Plût à Dieu que cela fût! On dit aussi absolument Plût à Dieu!

À Dieu ne plaise, ce qu'à Dieu ne plaise, Façons de parler dont on se sert pour témoigner l'éloignement ou l'aversion que l'on a pour quelque chose. À Dieu ne plaise que j'y consente jamais. S'il meurt, ce qu'à Dieu ne plaise, je quitterai cette maison.

Plaise, Formule dont on se sert dans quelques écrits ou mémoires qu'on présente aux magistrats. Plaise à la cour.

SE PLAIRE signifie Prendre plaisir à quelque chose. Il se plaît à lire. Elle se plaît à vous mettre en colère. Il ne se plaît qu'à faire du mal. Il ne se plaît à rien. Elle s'est plu à vous contredire. Ils se sont plu à me persécuter.

Il signifie aussi Aimer à être dans un lieu, s'y trouver bien. Il se plaît à la campagne. C'est un des endroits où je me plais le plus.

Il se dit, en ce sens, des Animaux. Le gibier se plaît dans les taillis. Les truites se plaisent dans l'eau vive.

Il se dit aussi des Plantes. La vigne se plaît dans les terres pierreuses. Le sapin se plaît sur les montagnes.

Se plaire à soi-même, Être content de soi.

Se plaire l'un à l'autre, Être agréable l'un à l'autre.

 

PLAISAMMENT

 

adv.

D'une manière plaisante, d'une manière agréable. C'est un homme qui raconte plaisamment.

Il se prend souvent en mauvaise part et signifie Ridiculement.

 

PLAISANCE

 

n. f.

Agrément. Il n'est usité que dans la locution : De plaisance, Qui ne sert qu'au plaisir, à l'agrément. Une embarcation de plaisance. Une maison de plaisance.

 

PLAISANT, ANTE

adj.

Qui est agréable, qui plaît. Ce jardin est plaisant. Il est peu usité en ce sens et s'emploie surtout dans des phrases négatives. Il n'est guère plaisant d'avoir affaire à ces gens-là.

Il signifie plus ordinairement Qui divertit, qui fait rire. Il nous a fait un récit très plaisant. Il est plaisant de voir les airs qu'elle se donne. Je ne trouve rien de plaisant dans votre histoire.

PLAISANT se dit aussi par une sorte d'ironie méprisante et signifie Qui est impertinent, ridicule. En ce sens, il précède toujours le nom. C'est un plaisant personnage. Ce sont de plaisantes gens. Il vous a fait un plaisant accueil. Je vous trouve bien plaisant de vouloir...

PLAISANT est aussi nom masculin et désigne Celui qui cherche à faire rire par ses actions, par ses propos. Il fait le plaisant. Les bons plaisants sont rares.

Un mauvais plaisant, Celui qui fait de mauvaises plaisanteries.

PLAISANT signifie quelquefois Ce qui fait rire. Il ne faut pas confondre le plaisant avec le bouffon et le burlesque. Il y a une grande différence entre le plaisant et le comique.

Fam., Le plaisant, La chose plaisante, le côté plaisant. Le plaisant de l'aventure, le plaisant de l'histoire fut que....

 

PLAISANTER

 

v. intr.

Railler, badiner, dire ou faire quelque chose pour amuser, pour faire rire les autres. Parlez-vous sérieusement ou plaisantez-vous? Ce que j'en dis n'est que pour plaisanter.

Fam., C'est un homme qui ne plaisante pas, avec qui il ne faut pas plaisanter, C'est un homme exact, rigoureux, sévère.

Fam., Il ne plaisante pas là-dessus, Il ne fait aucune concession sur cet article. On le dit aussi dans le sens de : Il prend cette chose, ce discours au sérieux.

Il s'emploie quelquefois transitivement. Ils l'ont tant plaisanté qu'il a fini par se fâcher.

 

PLAISANTERIE

 

n. f.

Raillerie, badinerie, chose dite ou faite pour amuser. Plaisanterie fine, piquante. Plaisanterie de bon goût, de mauvais goût. Plaisanterie risquée, hasardée. Il ne faut pas tourner tout en plaisanterie. Il pousse trop loin la plaisanterie. Il sait manier, il manie bien la plaisanterie. Il fit la plaisanterie de le traiter comme s'il ne le connaissait pas. Il s'est attiré de méchantes affaires par ses plaisanteries. Se prêter à la plaisanterie. La plaisanterie n'est pas de saison.

Par plaisanterie, par manière de plaisanterie, Par badinerie, sans prendre la chose au sérieux. Plaisanterie à part, Sérieusement.

Fam., Cela passe la plaisanterie, Cela est excessif, blessant.

Entendre, entendre bien la plaisanterie, Prendre bien les choses dites en plaisantant, ne point s'en offenser. Il n'entend pas plaisanterie signifie encore Il est susceptible; et plus souvent, Il est sévère, il veut qu'on soit exact. Il se fait obéir, il n'entend pas plaisanterie.

PLAISANTERIE signifie encore, par ironie, Dérision. Ceci a l'air d'une plaisanterie. Je suis las de cette plaisanterie. Cela dégénère en plaisanterie.

Il signifie aussi Bagatelle, chose aisée. C'est une plaisanterie pour lui de faire cela.

 

PLAISANTIN

 

n. m.

Il se dit d'un Homme qui tourne tout en plaisanterie, qui fait à tout propos des plaisanteries d'un goût douteux.

 

PLAISIR

 

n. m.

Sensation, sentiment agréable. Les plaisirs de l'esprit, de l'imagination. Les plaisirs des sens. Ce jardin est fait pour le plaisir des yeux. Éprouver, sentir, goûter un plaisir très vif. Prendre plaisir, avoir plaisir à quelque chose. Céder à l'attrait du plaisir. L'ivresse du plaisir. Troubler le plaisir de quelqu'un. Il n'a de plaisir à rien. Cela fait plaisir à voir. C'est plaisir de l'entendre. Il y a plaisir à travailler avec lui. Je me fais un grand plaisir de vous aller voir. Vous me faites plaisir de parler ainsi, en parlant ainsi. Quel plaisir prenez-vous à le fâcher? Prov., Point de plaisir sans peine.

PLAISIR signifie aussi Divertissement. Plaisirs innocents. Plaisirs permis, défendus. Plaisirs criminels. Les plaisirs de la campagne. Les plaisirs de la ville. Le plaisir de la chasse. Le plaisir de la musique, de la comédie. Passer d'un plaisir à un autre. Aimer, chercher le plaisir. Se livrer au plaisir. C'est un homme de plaisir. Se faire un plaisir de son devoir. Il met tout son plaisir dans l'étude, il en fait tout son plaisir, son unique plaisir. Son plaisir est d'obliger.

Jouer pour le plaisir, pour son plaisir, Ne point jouer d'argent; jouer seulement par divertissement.

PLAISIRS, au pluriel, se dit absolument de Tous les divertissements de la vie. La jeunesse aime les plaisirs. Il a renoncé aux plaisirs. On a dit que la vie serait supportable sans les plaisirs. Poétiquement, dans le même sens, Les jeux, les ris et les plaisirs.

Menus plaisirs, Les petites dépenses que l'on fait pour son divertissement. Il a tant par mois pour ses menus plaisirs.

Menus plaisirs, Nom qu'on donnait à certaines dépenses du roi, qui étaient réglées par une administration particulière, et qui avaient pour objet les cérémonies, les fêtes, les spectacles de la cour, etc. Intendant, trésorier des menus plaisirs ou simplement des menus. On appelait aussi Menus Plaisirs ou Hôtel des Menus Plaisirs Le lieu où étaient les bureaux, les magasins et les ateliers de cette administration. Cette décoration a été peinte aux Menus Plaisirs.

PLAISIR signifie aussi Volonté, consentement. Si c'est votre plaisir, votre bon plaisir. Avec votre bon plaisir.

Arrêter, régler, terminer une affaire sous le bon plaisir de quelqu'un, La régler de manière qu'il n'y ait rien de fait, s'il n'y consent.

Tel est notre plaisir, notre bon plaisir. Formule de chancellerie, par laquelle le souverain marquait sa volonté dans les déclarations, dans les édits, etc.

Régime du bon plaisir, Gouvernement où tout se fait par la volonté seule du monarque. Par extension, il signifie Règne de l'arbitraire.

PLAISIR signifie encore Grâce, faveur, service, bon office. Il m'a fait un grand plaisir, un extrême plaisir, un plaisir que je n'oublierai jamais. C'est un homme qui ne cherche, qui ne demande qu'à faire plaisir. Faites-moi un plaisir.

PLAISIR, en termes de Pâtisserie, désigne une Sorte d'oublie roulée en cornet. Marchande de plaisir. Voilà le plaisir, mesdames!

À PLAISIR,loc. adv.

Avec plaisir, ou Avec soin, de manière à faire plaisir. Un meuble fait à plaisir. Cela est travaillé à plaisir.

Il signifie aussi Qui est purement d'invention. Conte fait à plaisir. Ce que vous nous dites là est une histoire faite à plaisir.

Il signifie encore Sans sujet, comme si on y prenait un singulier plaisir. S'inquiéter, se tourmenter à plaisir.

PAR PLAISIR,loc. adv.

Par divertissement. Il ne travaille à cela que par plaisir.

 

PLAMÉE

 

n. f.

Chaux dont les tanneurs se servaient pour enlever le poil des cuirs.

 

PLAN, ANE

 

adj.

Qui est uni, plat, qui ne présente ni courbure ni ondulation.

En termes de Mathématiques, Surface plane, Surface telle qu'une droite passant par deux de ses points y soit contenue tout entière. Figure plane, Figure tracée sur une surface plane.

En termes d'Optique, Miroir plan, verre plan, Miroir, verre dont la surface est plane; par opposition à Miroir, verre concave ou convexe.

 

PLAN

 

n. m.

Surface plane. En ce sens, il est surtout usité en termes de Mathématiques. Plan horizontal. Plan vertical. Tracer une ligne sur un plan.

Plan incliné, Surface plane présentant une inclinaison.

En termes de Géographie, Plan d'eau, Niveau de l'eau d'une rivière à un endroit donné.

PLAN se dit, en termes de Peinture, des Divers degrés d'éloignement où sont placées en perspective les personnes, les choses représentées. Les figures du second, du troisième, du quatrième plan sont trop grandes par rapport à celles du premier plan. Cette figure n'est pas à son plan.

La dégradation des plans, La différente diminution de la valeur des objets, selon qu'ils sont représentés, dans un tableau, comme plus ou moins éloignés.

Fig., Ces deux affaires ne doivent pas être mises sur le même plan, Elles n'ont pas la même importance.

Fig., C'est un personnage de premier plan, C'est un personnage très important.

Fig., Cette question est au premier plan de l'actualité, Elle fait l'objet en ce moment de l'attention générale.

 

PLAN

 

n. m.

Délinéation, dessin d'une ville, d'une place de guerre, d'un bâtiment, d'un jardin, etc., tracé sur le papier, et représentant la position et la proportion relative de ses différentes parties. Faire, composer, dessiner un plan. Tracer un plan. Prendre, lever un plan. Un plan correct. Le plan d'une ville. Le plan d'un jardin. Le plan de la bataille d'Austerlitz, de la bataille de la Marne.

Plan géométral, Celui qui donne la position, la proportion et la forme exacte des différentes parties d'un ouvrage.

Plan perspectif, Celui qui, après avoir été tracé géométralement, est mis en perspective.

Plan à vol d'oiseau, Plan d'un objet, d'un ouvrage vu de haut en bas.

Plan en relief, Plan géométral sur lequel on figure la représentation réduite, en bois ou en plâtre, de chaque objet.

Lever un plan, Prendre les mesures de toutes les dimensions d'un objet, d'un ouvrage, pour en tracer un plan. Lever le plan d'un édifice, d'une place de guerre, d'un terrain.

Faire l'élévation d'un plan, Après que le dessin fondamental d'un édifice a été tracé sur le papier, représenter tous les dehors du même édifice en élévation.

PLAN désigne, au figuré, le Dessein, le projet d'un ouvrage. Voilà mon plan. J'ai mon plan dans la tête. J'ai jeté mon plan sur le papier. J'ai arrêté mon plan. J'ai changé mon plan. J'ai refait mon plan. Ils traitent tous deux le même sujet, mais ils y travaillent sur des plans différents. Méditer son plan. Exécuter son plan. Un plan qui échoue.

Il se dit, par extension, de Tout projet qu'on fait pour quelque chose que ce soit. Le plan d'une négociation. Le plan de la campagne prochaine. Plan de campagne. Un plan d'études. Un plan de vie. Des plans de gouvernement. Je ne changerai rien à mon plan de conduite. Ce prince avait conçu un vaste plan de domination.

Fig. et pop., Rester en plan, Rester en suspens, rester immobile. On dit de même Laisser en plan, Laisser en suspens, abandonner.

 

PLANCHE

 

n. f.

Ais, pièce de bois refendu, ayant peu d'épaisseur. Planche de sapin. Planche de chêne. Planche de bois de hêtre, de bois de noyer. Scier des planches. Passer un ruisseau sur une planche. On ne saurait monter sur ce bateau, la planche a été enlevée, retirée.

Planche à dessin, Pièce de bois très unie sur laquelle le dessinateur tend son papier.

Fig. et fam., Avoir du pain sur la planche, Avoir des ressources en réserve. Par analogie, Avoir du travail sur la planche.

Fig. et fam., C'est une planche pourrie se dit d'une Personne peu sûre ou de laquelle on ne peut tirer aucun secours.

Fig., C'est une planche dans le naufrage se dit d'une Dernière ressource que quelqu'un trouve dans son désastre, d'un dernier moyen qu'il a d'échapper à une ruine totale.

Fig., C'est une planche qu'il a sauvée de son naufrage, C'est un faible débris qu'il a conservé de sa fortune.

Fig., Planche de salut, Ressource dernière pour éviter une catastrophe. Sa connaissance de la musique a été pour lui une planche de salut.

Fig., en termes de Natation, Faire la planche, Flotter étendu sur le dos, sans mouvement. PLANCHES, au pluriel, désigne la Scène sur laquelle paraissent les acteurs. Monter sur les planches, Se faire acteur. Brûler les planches, Jouer la comédie avec feu.

PLANCHE se dit encore d'un Morceau de bois plat ou d'une plaque de métal sur lesquels on grave un dessin ou de la musique. Une planche de cuivre. Une planche bien gravée, mal gravée. Préparer une planche. Retoucher une planche. La planche est usée. On n'a tiré qu'une centaine d'estampes, d'épreuves, et l'on a brisé la planche.

Il désigne également l'Estampe tirée sur une planche gravée. Il y a plusieurs planches dans ce livre. Un atlas composé de vingt planches. Planche cinq, figure trois. C'est une belle planche d'eau-forte.

En termes de Jardinage, il désigne un Petit espace de terre plus long que large, que l'on cultive pour y faire venir des fleurs, des légumes, des herbages. Une planche de tulipes, d'anémones. Une planche de pourpier, de chicorée.

Il se dit aussi d'un Fer de forme particulière que l'on ajuste au pied des mulets.

Il se dit encore, familièrement, d'une Personne plate et maigre. C'est une vraie planche.

 

PLANCHÉIER

 

v. tr.

T. d'Arts

. Garnir de planches le sol d'un appartement, d'une chambre. Au lieu de faire parqueter sa chambre, il s'est contenté de la faire planchéier.

 

PLANCHER

 

n. m.

Ouvrage de charpente fait d'un assemblage de solives, recouvert de planches formant plate-forme sur l'aire d'un rez-de-chaussée, ou séparant deux étages d'un bâtiment. Poser, établir les planchers d'une maison. Un appartement étant toujours compris entre deux planchers, on désigne par ce mot tantôt le Plancher d'en bas sur lequel on marche : Plancher parqueté. Plancher carrelé. Frotter un plancher. Un plancher ciré. Il est tombé sur le plancher. Le plancher s'est affaissé, enfoncé; tantôt, au contraire, le Plancher supérieur : Peindre les solives d'un plancher. Toucher de la tête au plancher. Sauter jusqu'au plancher. Suspendre quelque chose au plancher. On dit plutôt aujourd'hui Plafond dans ce dernier sens.

Fig. et pop., Débarrasser le plancher, S'en aller, délivrer de sa présence. Je lui ai fait rapidement débarrasser le plancher, Je l'ai fait sortir vivement.

Fig. et pop., Le plancher des vaches, La terre ferme, par opposition au pont d'un navire. Il n'est rien tel que le plancher des vaches, que de marcher sur le plancher des vaches, Il y a bien moins de danger à voyager par terre que par mer.

 

PLANCHETTE

n. f.

Petite planche.

Il se dit particulièrement d'un Instrument propre à lever des plans, et qui consiste en une planche unie sur laquelle on pose une règle que l'on dirige successivement vers les objets que l'on veut relever.

 

PLANCTON

 

n. m.

Organismes animaux et végétaux qui flottent dans la mer ou en eau douce au gré du courant. Le plancton de la mer des Sargasses.

 

PLANE

 

n. m.

Nom qu'on a donné quelquefois au Platane (voyez ce mot).

Il se dit encore d'une espèce d'Érable, appelée aussi Faux platane.

 

PLANE

 

n. f.

T. d'Arts

. Outil tranchant et à deux poignées, dont les charrons, les tonneliers, etc., se servent pour aplanir, pour rendre uni et lisse le bois qu'ils emploient.

Il désigne aussi une Sorte de ciseau recourbé dont les tourneurs se servent pour aplanir et rendre uni.

 

PLANER

 

v. intr.

Se soutenir en l'air les ailes étendues et immobiles, en parlant des Oiseaux. Un aigle planait au-dessus de la vallée.

Vol plané se dit du Vol d'un oiseau qui se soutient longuement dans l'air sans remuer les ailes. Il se dit aussi, par analogie, d'un Avion qui se soutient sur les plans horizontaux, le moteur arrêté. Descendre en vol plané.

PLANER signifie figurément Dominer du regard. De cette hauteur on plane au loin sur la campagne.

Il s'emploie aussi figurément en ce sens, en parlant des Choses abstraites. Son génie plane sur tous les siècles. Planer sur les difficultés. C'est un esprit dédaigneux, qui ne s'occupe pas des détails : il plane.

 

PLANER

 

v. tr.

T. d'Arts

. Unir, polir avec la plane ou avec le marteau. Planer de la vaisselle d'argent, de la vaisselle d'étain. Planer une cuvette de cuivre, une plaque de métal. Planer une douve. Planer des échalas. Marteau à planer.

 

PLANÉTAIRE

 

adj. des deux genres

. T. d'Astronomie

. Qui appartient aux planètes, qui concerne les planètes. Région planétaire. Système planétaire.

Année planétaire, Le Temps qu'une planète emploie à faire sa révolution autour du soleil.

PLANÉTAIRE est aussi nom masculin et désigne un Mécanisme représentant le mouvement des planètes autour du soleil.

 

PLANÈTE

 

n. f.

Astre qui se meut autour du soleil et emprunte de lui sa lumière. Le mouvement des planètes. Les planètes principales sont, dans l'ordre de leur proximité par rapport au soleil : Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune. Observer le cours des planètes. Les astrologues attribuaient aux planètes une influence sur les destinées humaines.

Planètes télescopiques, Petites planètes, visibles seulement à l'aide du télescope, principalement entre Mars et Jupiter.

Fig., Il est né sous une heureuse planète se dit d'un Homme extrêmement heureux.

 

PLANEUR

 

n. m.

T. d'Arts

. Ouvrier qui plane les métaux.

Planeur en cuivre, Artisan qui plane, dresse et polit les planches de cuivre destinées à la gravure. Atelier de planeur.

 

PLANIMÈTRE

 

n. m.

T. didactique

. Instrument qui sert à mesurer les surfaces planes. Planimètre à cône. Planimètre polaire.

 

PLANIMÉTRIE

 

n. f.

T. didactique

. Art de mesurer les surfaces planes terminées par des lignes droites ou courbes.

 

PLANISPHÈRE

 

n. m.

T. d'Astronomie

. Carte où les deux moitiés du globe céleste sont représentées sur une surface plane et où les constellations sont marquées. Il se dit aussi, en termes de Géographie, d'une Carte qui représente de même les deux moitiés du globe terrestre. L'astrolabe est un planisphère céleste, et la mappemonde un planisphère terrestre.

 

PLANT

 

n. m.

T. d'Agriculture

. Il se dit des Jeunes tiges nouvellement plantées ou propres à l'être. Je voudrais bien avoir du plant de cet arbre. Un plant de vigne. Élever du plant.

Il se dit aussi d'une Certaine quantité de jeunes arbres ou de plantes, placés dans un même terrain. Un plant d'ormes, d'artichauts.

Jeune plant, nouveau plant, Les vignes qui ne font que commencer à produire, les arbres fruitiers nouvellement plantés, le bois jusqu'à l'âge de vingt ou trente ans. Ces jeunes plants viennent bien.

 

PLANTAGINACÉES

 

n. f.

pl. Famille de plantes herbacées, dont le plantain est le type.