Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 970 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Tirailler

 

v. tr.

Tirer une personne à diverses reprises, avec importunité ou avec violence. Il y a une heure qu'ils ne font que me tirailler.

Il se dit surtout au figuré, pour signifier Importuner, harceler. Des importuns sont venus me tirailler de tous les côtés.

TIRAILLER s'emploie aussi comme verbe intransitif et signifie Tirer d'une arme à feu à diverses reprises, sans ordre et souvent sans effet. Il y a longtemps qu'ils ne font que tirailler.

En termes de Guerre, il se dit de l'Action des soldats qui, dispersés en avant d'une colonne, commencent l'attaque par un feu irrégulier et à volonté. Dès la pointe du jour on commença à tirailler.

 

TIRAILLEUR

 

n. m.

Il se dit de Soldats en ordre dispersé, faisant feu à volonté contre l'ennemi. Se déployer en tirailleurs.

Il se dit aussi de Soldats d'une troupe coloniale indigène. Les tirailleurs algériens, sénégalais.

 

TIRANT

 

n. m.

Ce qui sert à tirer. Il se dit spécialement de Chacun des cordons servant à ouvrir et à fermer une bourse. Les tirants d'une bourse.

Il se dit aussi des Morceaux de cuir placés des deux côtés du soulier, qui servent, à l'aide de boucles, d'agrafes ou de cordons, à l'attacher sur le cou-de-pied, de manière que le pied soit ferme et le talon bien emboîté.

Il se dit encore de Sortes de boucles dont on se sert pour tirer la botte plus facilement lorsqu'on veut la chausser. Des tirants de botte.

Il se dit en outre d'une Sorte de noeud fait de cuir, qui sert à tendre la peau d'un tambour, en bandant les ficelles qui y sont attachées.

Il se dit également de Certaines portions de tendons de couleur jaunâtre, qui se trouvent dans la viande.

En termes d'Architecture, il se dit d'une Pièce de bois ou d'une Barre de fer destinée à maintenir l'aplomb d'un mur ou à empêcher l'écartement des pièces de charpente. Il se dit spécialement de la Pièce de charpente qui porte le poinçon et les arbalétriers.

En termes de Marine, il désigne la Quantité d'eau que tire un navire, la profondeur dont il s'enfonce dans la mer, dans une rivière, etc. Ce navire a quatre mètres de tirant d'eau. Le tirant d'eau de ces deux navires n'est pas égal.

 

TIRASSE

 

n. f.

T. de Musique

. Sorte de pédale qui, dans l'orgue, sert à accoupler les claviers.

 

TIRE-BOTTE

 

n. m.

Petite planche élevée d'un côté, qui a une entaille où peut s'emboîter le pied d'une botte et dont on se sert pour se débotter seul. Des tire-bottes.

Il se dit également des Crochets de fer qu'on passe dans les tirants d'une botte, lorsqu'on veut la chausser.

 

TIRE-BOUCHON

 

n. m.

Sorte de vis de fer ou d'acier munie d'un petit manche ou d'un anneau et dont on se sert pour tirer les bouchons des bouteilles. Acheter un tire-bouchon. Couteau à tire-bouchon. Des tire-bouchons.

Cheveux frisés en tire-bouchon, des cheveux en tire-bouchon, Cheveux dont les mèches sont, naturellement ou artificiellement, frisées en spirale, à peu près dans la forme d'un tire-bouchon.

 

TIRE-BOURRE

 

n. m.

Instrument composé de deux mèches de fer tordues en spirale, dont les extrémités forment deux crochets pointus, et qui, étant mis au bout de la baguette d'une arme à feu, sert à en tirer la bourre, afin qu'on puisse ensuite ôter la charge. Des tire-bourre.

 

TIRE-BOUTON

 

n. m.

Instrument en forme de crochet, dont on se sert pour faire entrer les boutons des chaussures, guêtres, etc., dans les boutonnières. Des tire-boutons.

TIRE-D'AILE (À)

 

loc. adv.

Avec un battement d'aile prompt et vigoureux. Cet oiseau vole à tire-d'aile, Il vole aussi rapidement que possible.

 

TIRE-FOND

 

n. m.

Anneau de fer qui se termine en vis et qui sert aux tonneliers pour élever la dernière douve du fond d'un tonneau, afin de la faire entrer dans la rainure. Des tire- fond.

Il se dit aussi d'un Anneau du même genre qui sert à suspendre un lustre, un ciel de lit au plafond d'une pièce.

En termes de Chemins de fer, il se dit d'une Grosse vis à bois qui sert à fixer un rail à une traverse.

 

TIRE-LAINE

 

n. m.

Il se disait anciennement d'un Filou qui volait les manteaux la nuit. Des tire-laine.

 

TIRE-LAIT

 

n. m.

Petit appareil qui sert à tirer le lait d'une nourrice, soit pour nourrir un enfant, soit pour dégorger le sein. Des tire- lait.

 

TIRE-LARIGOT (À)

 

loc. adv.

Voyez LARIGOT.

 

TIRE-LIGNE

 

n. m.

T. d'Arts

. Petit instrument de métal, terminé par une pincette de fer en forme de lance, dont on se sert pour tirer des lignes plus ou moins grosses. Les deux lames de la pince d'un tire-ligne, qu'on approche ou qu'on éloigne à volonté, donnent le moyen de tirer des lignes de différentes grosseurs. Des tire- lignes.

 

TIRE-PIED

 

n. m.

T. d'Arts

. Grande lanière de cuir, dont les cordonniers se servent pour tenir leur ouvrage plus ferme sur leurs genoux, quand ils travaillent. Des tire-pieds.

 

TIRE-POINT ou TIRE-POINTE

 

n. m.

Instrument pointu dont on se sert pour piquer, pour faire des trous. Des tire-points.

 

TIRE

 

n. f.

Il n'est guère usité que dans l'expression populaire : Vol à la tire, Vol qui consiste à tirer des poches les objets qu'on dérobe.

À tire-d'aile. Voyez TIRE-D'AILE (À).

 

TIRELIRE

 

n. f.

Petit récipient de terre, de bois, de métal, etc., dans lequel on introduit par une fente des pièces de monnaie pour les mettre en réserve. Il met ses économies dans une tirelire. Sa tirelire est pleine.

 

TIRER

 

v. tr.

Mouvoir vers soi, amener vers soi ou après soi. Tirer avec force. Tirer la porte après soi, la tirer sur soi. Tirer quelque chose à soi. Des chevaux qui tirent une voiture. Tirer une brouette. Tirer quelqu'un par le bras, par l'habit. Tirer un cheval par la bride. Tirer quelqu'un à part, le tirer à l'écart pour lui parler. Tirer les oreilles, les cheveux à quelqu'un. Absolument, Ces chevaux tirent bien, ils tirent mal.

Tirer le verrou, Fermer une porte au verrou.

Tirer le pied, la jambe en arrière, Les porter en arrière pour faire une révérence. On dit aussi par extension et populairement : Tirer sa révérence à quelqu'un, Le saluer. Cette expression signifie encore, familièrement, Quitter. Je lui dis nettement ma façon de penser et je lui tirai ma révérence. Elle s'emploie aussi pour Refuser. Ce que vous me proposez ne me convient pas, je vous tire ma révérence.

Fig. et fam., Tirer les yeux, Faire mal aux yeux, leur causer de la fatigue. Ce caractère typographique est trop fin, il tire les yeux.

Fig. et fam., Se faire tirer l'oreille, Avoir de la peine à consentir à quelque chose. Il s'est fait tirer l'oreille pour donner cette somme.

Fig. et fam., Cette comparaison est tirée par les cheveux, Elle est amenée de loin, d'une manière peu naturelle, forcée.

Fig. et fam., Tirer la couverture à soi, de son côté, Prendre plus que sa part, chercher dans une affaire à s'emparer de profits, d'avantages qu'on doit partager avec d'autres. On dit dans le même sens : Cet homme tire tout à lui.

Fig. et fam., Tirer le diable par la queue, Être démuni d'argent, avoir beaucoup de peine à subsister.

Tirer un criminel à quatre chevaux signifiait L'attacher par les pieds et par les mains à quatre chevaux, qui le tiraient chacun d'un côté et le démembraient.

Fig. et fam., Après lui il faut tirer l'échelle se dit d'un Homme qui a si bien fait en quelque chose que personne ne peut faire mieux.

Par analogie, Après cela il faut tirer l'échelle se dit d'un Fait tellement imprévu et déconcertant qu'on ne peut imaginer rien au-delà.

En termes de Manège, Tirer à la main se dit d'un Cheval qui résiste à l'action de la bride.

TIRER signifie encore Tendre, allonger. Tirer une courroie. Tirer un câble.

Tirer l'or, l'argent, etc., Les allonger en fils déliés, afin de s'en servir ensuite pour divers usages.

Tirer ses bas, Les étendre sur ses jambes de manière qu'ils ne fassent pas de plis. Des bas bien tirés.

Fig. et pop., Tirer ses chausses, tirer ses grègues, S'en aller, s'enfuir.

Tirer les rideaux, Les ouvrir ou les fermer.

Fig., Tirer le rideau sur quelque chose et absolument Tirer le rideau, Ne plus parler, ne plus s'occuper l'esprit de quelque chose de fâcheux, de désagréable.

Fig., Tirer une chose en longueur, En éloigner la conclusion. Il tire l'affaire en longueur pour la faire échouer.

Fig. et fam., Être tiré à quatre épingles, Être ajusté avec un très grand soin et de manière à paraître craindre de déranger son ajustement.

TIRER signifie aussi Ôter, faire sortir une chose d'une autre, d'un lieu. Tirer du fer d'une mine, du marbre d'une carrière, du sable du bord d'une rivière. Tirer de l'argent de sa bourse, de sa poche. Tirer une écharde du doigt. Tirer une épine du pied. Tirer une bague de son doigt. Tirer l'épée du fourreau. Tirer de l'eau d'un puits, du vin d'un tonneau; et absolument, Tirer de l'eau, tirer du vin.

Tirer du sang, Saigner.

Tirer la langue, Avancer la langue hors de la bouche.

Fig. et pop., Faire tirer la langue à quelqu'un, Le faire languir dans l'attente de quelque assistance dont il a grand besoin. On dit aussi en parlant d'une Personne dont on n'a aucune compassion : Je lui verrais tirer la langue d'un pied de long que je ne lui donnerais pas un verre d'eau.

Tirer l'épée contre quelqu'un, Se battre contre lui. Faire tirer l'épée à quelqu'un, L'obliger à se battre.

Fig., Tirer l'épée contre son prince, Se révolter contre son prince.

Tirer des sons d'un instrument, Lui faire rendre des sons.

Tirer du feu d'un caillou, En faire jaillir du feu en le frappant.

Tirer des larmes des yeux de quelqu'un, Le faire pleurer. Ce discours lui a tiré les larmes des yeux.

Tirer les bas, les bottes à quelqu'un, Les lui ôter des jambes.

Tirer son chapeau, L'ôter pour saluer. Je ne lui tirerai pas mon chapeau s'il ne me salue le premier.

Fig. et fam., Tirer son épingle du jeu, Se dégager adroitement d'une mauvaise affaire.

Fig. et fam., Tirer les marrons du feu, Faire au profit d'un autre et sans avantage pour soi- même quelque chose de difficile, de dangereux.

Fig. et fam., Tirer à quelqu'un les vers du nez, Lui faire dire ce qu'on veut savoir, en le questionnant adroitement.

Fig. et fam., Se tirer une épine du pied, Surmonter un obstacle, se délivrer d'un grand embarras. On dit dans le même sens : Tirer à quelqu'un une épine du pied.

Fig. et fam., Tirer pied ou aile d'une chose, En tirer quelque profit de manière ou d'autre.

Fig. et fam., Tirer d'un sac deux moutures, Prendre double profit dans une même affaire. Tirer du vin au clair, Le mettre en bouteilles quand il a été bien reposé. On dit aussi figurément : Tirer au clair un fait, une difficulté, L'éclaircir, la débrouiller. Il reste bien des obscurités dans cette affaire : il faudra la tirer au clair.

Prov. et fig., Quand le vin est tiré, il faut le boire, L'affaire est engagée, il n'y a plus à reculer.

En termes de Marine, Ce navire tire tant d'eau, tant de mètres d'eau, Il s'enfonce dans l'eau de tant de mètres.

TIRER signifie aussi Choisir au sort, faire sortir au hasard de la boîte qui les contient des billets, des noms, des numéros. Le président de la cour a tiré au sort les noms de ceux qui doivent former le jury. Tirer les numéros gagnants d'une loterie.

Par extension, Tirer une loterie, Tirer les numéros d'une loterie, pour savoir à qui le sort fera échoir les lots.

Tirer le gâteau des Rois ou, simplement, Tirer les Rois, Distribuer les parts du gâteau pour voir à qui la fève écherra.

TIRER signifie également Faire venir certains produits d'un pays plus ou moins éloigné. Les blés que Rome tirait de l'Égypte, de la Sicile.

Il signifie encore Faire sortir une personne de quelque endroit, l'éloigner de quelque chose. On ne l'a tiré de cette prison que pour le conduire dans une autre. On ne l'a tiré qu'à grand-peine de l'eau où il était tombé. On ne saurait le tirer de son cabinet, de ses livres.

Fig. et fam., On ne peut le tirer de là se dit en parlant d'un Homme qui se tient attaché à une idée et qui répond toujours la même chose.

Fig., Tirer quelqu'un d'un mauvais pas, Le dégager d'une affaire difficile, embarrassante, fâcheuse.

Fig., Tirer quelqu'un de la boue, de la poussière, Le faire sortir d'un état misérable et bas. On dit aussi : Tirer quelqu'un de son obscurité.

TIRER signifie particulièrement Dégager, délivrer quelqu'un. Tirer quelqu'un de prison, de captivité. Tirer son ami d'un danger, d'un péril. Qui le tirera de cet embarras? On l'a tiré de la misère. Il m'a tiré de peine. Tirez-moi de souci, d'inquiétude. Je l'ai tiré d'erreur. Se tirer d'affaire. Il s'est heureusement tiré de ce sujet difficile, de ce rôle ingrat.

Absolument, S'en tirer, s'en bien tirer, Sortir heureusement d'une maladie, d'une difficulté, d'un procès, d'une affaire fâcheuse, etc. Il s'en est tiré. Il s'en est bien tiré. Vous ne vous en tirerez jamais. On dit de même : Il s'est fort bien tiré de là. Vous aurez quelque peine à vous tirer de là.

TIRER signifie encore Extraire. Tirer le suc des herbes, le suc des viandes.

Fig. et par exagération, Il tirerait de l'huile d'un mur se dit d'un Homme qui sait tirer profit de tout. On tirerait plutôt de l'huile d'un mur que de tirer de l'argent de lui se dit d'un Homme avare et tenace.

TIRER signifie, au figuré, Recueillir, percevoir, obtenir, recevoir. Tirer du profit. Quel avantage tirez-vous de là? Il tire dix mille francs de rente de sa terre. Il a tiré de cette affaire tout ce qu'on en pouvait tirer. Il a tiré de grands services de cet homme. Les leçons qu'on peut tirer de l'histoire. Cet argument, ce raisonnement tire sa principale force de la manière dont il est présenté.

Tirer de l'argent de quelqu'un, Se faire donner de l'argent par quelqu'un, à force de sollicitations, de poursuites, etc. C'est un très mauvais débiteur, on n'en peut tirer aucun argent.

Tirer un éclaircissement de quelqu'un, Faire en sorte qu'il donne l'éclaircissement qu'on souhaite de lui.

On ne saurait tirer un mot de lui, on ne peut rien tirer de lui se dit en parlant d'un Homme qui ne veut point répondre sur quelque chose.

On ne saurait tirer raison de cet homme, On ne peut obtenir de lui qu'il fasse ce qu'il doit.

Tirer raison, tirer satisfaction d'une injure, d'une offense, Faire réparer l'injure, l'offense.

Tirer vengeance, Se venger.

Tirer parti de quelqu'un, de quelque chose, En tirer des services, des avantages. Il a su tirer un grand parti de cet homme, de cette affaire. Il tire parti de tout. Tirer parti des circonstances.

Tirer avantage d'une chose, La tourner, l'interpréter à son avantage. Il tire avantage de votre modération, de votre retenue et s'imagine que vous le craignez.

Tirer vanité d'une chose, S'en glorifier. Il tire vanité d'une action dont il devrait avoir honte.

TIRER signifie aussi, figurément, Extraire, puiser, emprunter. Il a tiré une infinité de belles sentences des anciens. C'est de tel auteur qu'il a tiré tout ce qu'il sait sur ce sujet. Les mots que nous avons tirés du latin.

C'est de là que cette ville, que cette rivière tire son nom, C'est à telle circonstance que cette ville, que cette rivière doit le nom qu'elle porte. C'est de ce lieu que telle famille tire son nom, Elle porte le nom de cette localité. Les Condé tirent leur nom d'un village de la Brie champenoise.

Tirer son origine, tirer sa source de, Descendre, être issu de. Il tire son origine de telle famille. Cette rivière tire sa source de telle montagne.

TIRER signifie aussi Inférer, conclure. De cela je tire une conséquence. On tire de là un grand argument contre lui. La conclusion que vous voulez tirer de ce fait n'est pas juste. Tirer un bon, un mauvais augure, un fâcheux, un heureux présage de quelque chose.

Absolument, Cette chose tire à conséquence, On pourrait s'en autoriser, s'en prévaloir à l'avenir pour quelque chose de pareil. Je lui accorderai sa demande, sans que cela doive, sans que cela puisse tirer à conséquence ou, elliptiquement, sans tirer à conséquence. Tirer l'horoscope d'une personne, Faire l'horoscope d'une personne suivant les règles de l'astrologie. Il signifie figurément Deviner par quelques circonstances ce que cette personne sera un jour, ce qu'elle fera dans telle ou telle occasion.

Tirer les cartes à quelqu'un, Lui prédire sa destinée d'après l'arrangement fortuit des cartes que l'on consulte.

TIRER signifie aussi Tracer. Tirer une ligne sur du papier. Tirer un trait sur ce qu'on a écrit. Tirer une allée au cordeau. Tirer le plan d'une forteresse, d'une maison.

Tirer une copie, tirer la copie, tirer copie d'un acte, d'une lettre, d'un dessin, etc., Les copier.

Tirer les parties d'une partition, En copier à part les différentes parties d'orchestre.

En termes de Finance et de Commerce, Tirer une lettre de change, tirer un chèque, Signer un effet de commerce, une sorte de lettre par laquelle on charge un correspondant de payer la somme énoncée à celui qui présentera cette lettre, ce chèque.

En termes de Marine, Tirer des bordées, Louvoyer.

TIRER signifie en outre Imprimer. Tirer des feuilles. Tirer des estampes. On n'a tiré que cent exemplaires de son livre. Cet ouvrage a été tiré à cinq cents exemplaires. Il n'y a encore que deux feuilles de tirées. Bon à tirer.

Il signifie encore Faire partir une arme de trait, une arme à feu. Tirer l'arc. S'exercer à tirer le pistolet. Tirer le canon. Tirer un coup de fusil. Tirer des salves d'artillerie.

Tirer un feu d'artifice, des fusées, etc., Les faire partir.

Fig. et fam., Tirer sa poudre aux moineaux, Employer pour des bagatelles son crédit, ses ressources, ses amis, dont on aurait pu se servir plus utilement.

TIRER signifie également Chercher à atteindre avec une arme de trait, avec une arme à feu. Tirer une perdrix, un lièvre.

TIRER est aussi verbe intransitif et signifie Faire usage d'une arme de trait ou d'une arme à feu, la faire partir. Tirer de l'arc, de l'arbalète. Tirer au pistolet, à la carabine. Tirer en l'air. Tirer à blanc, à la cible. Tirer juste. Tirer à boulets rouges, à coups perdus. Tirer à bout portant. Tirer sur quelqu'un. Tirer à plomb, à balle.

Tirer au vol, Tirer sur un oiseau lorsqu'il vole.

Tirer au jugé, Tirer sans voir le gibier dans la direction où l'on suppose qu'il se trouve.

Tirer à l'oiseau, Chercher à abattre un oiseau de bois placé au haut d'une perche.

Fig. et fam., Tirer sur quelqu'un, Dire des choses offensantes de quelqu'un. Tirer à boulets rouges sur quelqu'un, En dire les choses les plus offensantes. Tirer sur quelqu'un à bout portant, Lui dire en face les choses les plus dures. Ces expressions se prennent quelquefois dans un sens moins sérieux, en parlant d'Épigrammes, de plaisanteries.

Fig., Vous tirez sur vos troupes, sur vos gens, Vous attaquez ceux qui sont dans vos intérêts.

TIRER se dit aussi des Armes à feu, lorsqu'elles partent. Dès que le canon eut commencé à tirer, les ennemis capitulèrent.

Un fusil qui tire juste, Qui ne fait point dévier la balle ou le plomb de la direction dans laquelle on a voulu les lancer.

TIRER,intransitif

, signifie aussi Exercer une traction, un effort pour amener à soi quelque chose. Tirer fortement sur une corde pour amener un fardeau. Tirer sur une amarre.

En termes d'Escrime, il signifie Faire des armes. Tirer de tierce, de quarte. Tirer en tierce. Tirer à la muraille, au mur. Il tire bien.

TIRER signifie encore S'en remettre à la décision du sort. On les fit tirer au sort. Ils tirèrent tous deux à la courte paille, au doigt mouillé.

En termes de jeux de Cartes, Tirer à qui fera, À qui commencera, à qui donnera les cartes.

TIRER signifie aussi Aller, s'acheminer. Tirons de ce côté. En tirant vers la droite. En tirant sur la gauche. Ce sens est familier.

Tirer au large, S'enfuir.

Tirez, tirez. Terme dont on se servait autrefois pour chasser un chien.

Tirer à sa fin, Être bien près de finir, d'être terminé. Cet ouvrage, cette affaire tire à sa fin. Sa maladie tire à sa fin. Ce tonneau de vin tire à sa fin.

Ce malade tire à sa fin, Il est près de mourir.

Tirer en longueur, Se prolonger, ne pas se terminer. Cette affaire tire en longueur. On dit aussi absolument Tirer. Cette négociation tire beaucoup.

Fam., Tirer à la ligne, Allonger un écrit pour qu'il contienne plus de lignes et soit plus copieux, partant plus payé.

TIRER signifie figurément Avoir quelque rapport, quelque ressemblance; il se dit principalement du Rapport que les couleurs ont ensemble. Cette pierre tire sur le vert. Le plumage de cet oiseau tire sur le violet.

Le participe passé TIRÉ s'emploie comme adjectif. Un visage tiré, Un visage abattu, amaigri, qui témoigne d'usure, de fatigue. On dit de même : Avoir les traits tirés.

Fig. et fam., Ils sont à couteaux tirés, Ils sont ennemis déclarés.

TIRÉ s'emploie aussi comme nom masculin et désigne une Chasse au fusil. Le roi fit hier un beau tiré. On dit dans le même sens : Chasse au tiré.

Il se dit encore d'un Endroit aménagé pour cette chasse. Les tirés de Rambouillet.

En termes de Finance et de Commerce, il désigne Celui sur qui un effet a été tiré, qui est indiqué dans une lettre de change, dans un chèque, pour payer cet effet.

 

TIRET

 

n. m.

Petit trait qui sert à indiquer un nouvel interlocuteur dans un dialogue, ou à séparer du contexte des mots, des propositions.

Il se dit aussi d'un Petit morceau de parchemin coupé en long et tortillé, servant à enfiler et à attacher des papiers ensemble. Il est vieux en ce sens.

 

TIRETAINE

 

n. f.

Sorte de droguet, drap tissu grossièrement, moitié laine, moitié fil. Un habit de tiretaine.

 

TIRETTE

 

n. f.

Cordon servant à ouvrir ou à fermer des rideaux, à fermer un gant.

Il désigne aussi une Planchette mobile adaptée à une bibliothèque, à un bureau, à un guéridon, à une table. Table à tirettes.

 

TIREUR, EUSE

 

n.

Celui, celle qui tire, aux divers sens du mot. Il se dit absolument d'une Personne qui tire, qui chasse au fusil. C'est un mauvais tireur. Elle est bonne tireuse. Un habile tireur.

En termes d'Escrime, il se dit d'une Personne qui sait tirer. C'était un des meilleurs tireurs de la salle d'armes.

En termes de Banque et de Commerce, il se dit de la Personne qui tire un chèque, une lettre de change.

Tireur d'or, d'argent, etc., Ouvrier dont le métier est de tirer l'or, l'argent, etc., en fils déliés.

Tireuse de cartes, Personne qui prétend prédire l'avenir, d'après les diverses combinaisons des cartes à jouer.

Franc-tireur. Voyez ce mot à son rang alphabétique.

 

TIROIR

 

n. m.

Compartiment mobile emboîté dans une armoire, dans une table, dans une commode, etc., et qui se tire par le moyen d'un bouton, d'un anneau, d'une clef. Mettre des papiers dans un tiroir. Il faut chercher dans les tiroirs de cette armoire, de cette commode. Ouvrir, fermer un tiroir.

Fig., Roman à tiroirs, Roman où se trouvent des histoires particulières, qui forment hors- d'oeuvre et qui ne sont pas nécessaires à l'action générale.

Fig., Pièce à tiroirs, Pièce de théâtre dont les scènes, quoique réunies par un lien commun, souvent très léger, ne tiennent pas l'une à l'autre et ne forment point une action.

TIROIR se dit aussi d'Une des principales pièces des machines à vapeur, qui sert à distribuer alternativement la vapeur en dessus et en dessous du piston.

 

TIRONIENNE

 

adj. f.

T. d'Antiquité

. Il n'est usité que dans cette expression : Notes tironiennes, Sorte de sténographie dont l'invention est attribuée à Tiron, affranchi de Cicéron, et qui fut en usage chez les Romains et dans la première partie du moyen âge.

 

TISANE

 

n. f.

Eau dans laquelle on a fait bouillir ou infuser des plantes sèches, pour en composer une boisson médicamenteuse. Tisane rafraîchissante. Une tasse de tisane. Boire de la tisane.

Tisane de Champagne, Sorte de vin de Champagne plus léger et moins spiritueux.

 

TISON

 

n. m.

Reste d'une bûche, d'un morceau de bois, dont une partie a été brûlée. Tison ardent. Tison éteint. Rapprocher les tisons.

Fig., Tison d'enfer se dit, par exagération, d'un Méchant homme, d'une méchante femme, qui excite au mal par ses discours, par ses exemples.

Fig., Tison de discorde, Personnage séditieux et funeste au repos de la société. Il se dit aussi d'une Chose qui est une matière de discorde, un sujet de longues dissensions. On dit plutôt Brandon de discorde.

 

TISONNÉ, ÉE

 

adj.

T. de Manège

. Il se dit du Poil d'un cheval sur lequel on observe des taches irrégulièrement éparses, comme si le poil eût été noirci dans ces endroits avec un tison. Un cheval gris tisonné.

 

TISONNER

 

v. intr.

Remuer les tisons. Quand il est auprès du feu, il ne fait que tisonner. Il S'amuse toujours à tisonner.

 

TISONNEUR, EUSE

 

n.

Celui, celle qui aime à tisonner. C'est un grand tisonneur.

 

TISONNIER

 

n. m.

Instrument de fer, étroit et long, qui sert à attiser le feu, à faire tomber les cendres, etc.

 

TISSAGE

 

n. m.

Action de tisser; Ouvrage de celui qui tisse. Le tissage des draps.

 

TISSER

 

v. tr.

Faire de la toile ou d'autres étoffes en croisant ou entrelaçant sur un métier les fils dont elles doivent être composées. Tisser de la toile, du drap. Tisser du lin, de la laine, du coton. Tisser au métier. Un métier à tisser.

 

TISSERAND

n. m.

Ouvrier qui tisse de la toile. La navette d'un tisserand. Le métier d'un tisserand.

Il se dit aussi des Ouvriers qui font des étoffes de laine ou de soie. Tisserand en drap, tisserand en soie.

 

TISSERANDERIE

 

n. f.

Métier de tisserand. Exercer la tisseranderie.

 

TISSEUR, EUSE

 

n.

Celui, celle qui fait le métier de tisser.

 

TISSU, UE

 

part. passé de l'ancien verbe, maintenant inusité, Tistre. Tissé. Il s'emploie ordinairement au figuré. C'est lui qui a tissu cette intrigue. Une vie tissue de chagrins et d'infortunes.

 

TISSU

 

n. m.

Étoffe, produit du métier à tisser. Voilà un beau tissu de soie. Un tissu d'or et d'argent. Les riches tissus de l'Inde. Tissus de coton. Tissus de laine. L'industrie des tissus.

Il signifie, par extension, Tissure, texture. Le tissu de cette étoffe est lâche, est serré.

Il se dit par analogie, en termes d'Anatomie, des Substances de nature diverse qui forment les différents organes de l'homme et des animaux, et qui résultent d'un entrelacement de fibres, d'une certaine liaison ou combinaison des parties élémentaires. Tissu fibreux. Tissu cellulaire.

Il se dit figurément d'une Suite, d'un enchaînement de choses. Cet ouvrage est un tissu de mensonges, de calomnies, d'inexactitudes. Sa vie est un tissu de grandes et belles actions. Cette histoire est un tissu d'horreurs, de cruautés.

 

TISSURE

 

n. f.

Liaison de ce qui est tissu. Tissure ferme, serrée. Tissure lâche. La tissure de cette toile est inégale.

Fig., La tissure d'un discours, d'un poème, La disposition, l'ordre, l'économie des parties d'un discours, d'un poème.

 

TITAN

 

n. m.

Nom des géants qui, selon la Fable, voulurent escalader le ciel et détrôner Jupiter. Jupiter foudroya les Titans.

Fig., Un travail, une oeuvre de titan, Un travail, une oeuvre gigantesque.

 

TITANIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui est propre aux Titans; qui est démesuré, gigantesque. Un orgueil titanique.

 

TITHYMALE

 

n. m.

T. de Botanique

. Nom que l'on donne à diverses espèces d'euphorbes, telles que l'euphorbe cyprès et l'euphorbe exiguë.

 

TITILLATION

 

(Dans ce mot et dans le suivant, on fait sentir les deux L.)n. f. Chatouillement léger. Une titillation agréable. Une titillation incommode.

 

TITILLER

 

v. tr.

Chatouiller légèrement. Il est peu usité.

 

TITRAGE

 

n. m.

T. de Chimie

. Action de titrer. Le titrage d'une solution.

 

TITRE

n. m.

Désignation de la matière d'un livre, d'un article, d'un chapitre, etc., qui se trouve inscrite en tête, sur la couverture, sur le dos, etc. Le titre d'un livre. Il a donné un beau titre à son livre. il a paru un ouvrage sous tel titre. Il n'y a rien dans ce chapitre de ce que le titre annonce. Quel est le titre de ce paragraphe, de cette section? Juger un livre sur le titre.

Sous-titre. Voyez ce mot à son rang alphabétique.

En termes d'Imprimerie, Faux titre d'un livre, Premier titre abrégé, imprimé sur le feuillet qui précède celui où se trouve le titre entier. Titre courant, Ligne, ordinairement en capitales, qui est mise au haut des pages d'un livre, pour indiquer le sujet dont il traite.

TITRE se dit, par extension, de Certaines subdivisions employées dans les codes de lois, dans les recueils de jurisprudence, etc. Livre douze, titre trois du Digeste. Le titre des Successions, dans le code civil.

Il se dit aussi d'une Désignation honorifique, d'un nom indiquant un rang, une dignité. Il avait le titre de duc, de marquis, de comte. Cette terre portait titre de comté. Ce n'est qu'un vain titre. Un titre de noblesse. Les titres nobiliaires. Il prend le titre de prince. Votre Sainteté est le titre qu'on donne aux papes. On donne aux rois le titre de Majesté, aux cardinaux celui d'Éminence, aux évêques celui d'Excellence, etc.

Il se dit encore d'un Nom qui indique un grade, une fonction, une charge. Il se donne le titre de docteur. Il porte le titre d'avocat à la Cour d'appel. Il a le titre de notaire, mais il n'exerce pas encore.

Titre nu, Titre acheté sans clientèle.

Professeur en titre, Professeur qui en a le titre avec tous les droits qui en découlent, par opposition à Professeur suppléant et à Chargé de cours.

TITRE se dit également des Qualifications qu'on donne aux personnes, pour exprimer certaines relations. Le titre de père, d'époux, de frère, de parent. Le titre de bienfaiteur. Le titre dont je suis le plus fier est celui d'ami d'un homme tel que vous.

Il se dit aussi de la Dénomination donnée à certains cardinaux et, empruntée à certaines églises de Rome ou des environs. Cardinal du titre de Sainte-Sabine. Cardinal-prêtre de la Sainte Église romaine, sous le titre de Saint- Pierre aux liens.

Il se dit encore de l'Acte, de l'écrit, de la pièce authentique qui sert à établir un droit, une qualité. Ce titre a été tiré des archives de telle abbaye. Les anciens titres d'une maison. Titre de propriété. Titre inattaquable. Il produisit des titres authentiques, des titres faux.

Titre de rente, Reconnaissance d'une rente que l'État paie au porteur du titre. Titre nominatif, Titre qui porte le nom du propriétaire.

Titre au porteur, Titre qui ne porte aucun nom.

TITRE se dit spécialement, en termes de Finance, de Valeurs mobilières transmissibles. Des titres négociables. Le service des titres dans une banque. Avance sur titres.

Il désigne aussi Ce qui établit le droit qu'on a de posséder, de demander, de faire quelque chose. Il possède cette maison à titre d'achat. À quel titre demande-t-il cette place? À quel titre avez-vous obtenu cet emploi? À titre onéreux. À titre gratuit.

À juste titre, Justement, avec raison. C'est à juste titre qu'il fut surnommé le Père du peuple.

TITRE se dit, par extension, de la Capacité, des qualités, des services qui donnent droit à une chose. Il a des titres à cette place. Il a bien des titres à mon amitié, à mon estime, à ma reconnaissance. Je ferai valoir vos titres. Exposer les titres d'un candidat.

En termes de Monnayage, il désigne la Proportion d'or fin, d'argent dans les monnaies, dans les ouvrages d'or ou d'argent. Cette monnaie n'est pas au titre légal. Les monnaies françaises sont au titre de neuf dixièmes de fin et d'un dixième d'alliage. Cette vaisselle est à tel titre, au titre de tel pays.

En termes de Chimie, il se dit du Degré, de la proportion dans laquelle un produit a été dissous dans un liquide.

À TITRE DE,loc. prép.

En qualité de. À titre d'héritier. Il s'est introduit dans cette maison à titre de parent.

Il se dit aussi des Choses et signifie Comme. À titre de grâce. À titre de dette. À titre de don, de prêt.

 

TITRER

 

v. tr.

Donner un titre honorifique à une personne, à une terre.

En termes de Chimie, il signifie Déterminer le titre d'une solution.

Le participe passé TITRÉ s'emploie comme adjectif et se dit d'une Personne qui porte un titre de noblesse. Un homme titré.

Terre titrée, Terre qui a le titre de duché, de marquisat, de comté, etc.

 

TITUBANT, ANTE

 

adj.

Qui chancelle. Une démarche titubante.

 

TITUBATION

n. f.

Action de chanceler. La titubation est un symptôme des lésions de la moelle épinière.

 

TITUBER

 

v. intr.

Chanceler en se tenant debout, en marchant. Cet ivrogne s'avançait en titubant.

 

TITULAIRE

 

adj. des deux genres

. Qui a le titre et le droit d'une dignité sans en avoir la possession, sans en remplir la fonction. Les princes de cette maison ont été longtemps empereurs titulaires de Constantinople.

Archevêchés, évêchés titulaires, Sièges épiscopaux qui existèrent jadis dans les pays conquis par l'Islam et dont on donne le titre à des prélats; il s'oppose à Archevêchés et évêchés résidentiels. Archevêques, évêques titulaires, Prélats pourvus de la dignité épiscopale, mais n'ayant aucune juridiction diocésaine. Archevêque titulaire de Mélitène.

TITULAIRE se dit aussi de Quiconque est revêtu d'un titre et en touche les émoluments réguliers, soit qu'il en remplisse, soit qu'il n'en remplisse pas la fonction. Professeur titulaire. Juré titulaire. Les membres titulaires d'une société savante.

TITULAIRE s'emploie comme nom dans le même sens. Cette chaire d'anatomie a été supprimée, depuis la mort du dernier titulaire. Il n'est que le gérant de ce bureau de tabac, un tel en est le titulaire, une telle en est la titulaire. Le titulaire et le survivancier.

 

TITULARISER

 

v. tr.

Rendre un auxiliaire titulaire de la fonction qu'il remplit. Titulariser un suppléant.

 

TMÈSE

 

n. f.

T. de Grammaire

. Division d'un mot composé, dont les parties se trouvent séparées par un ou plusieurs mots. Il y a des exemples de tmèse en français, ainsi lorsqu'on dit : puis donc que vous le voulez lors même qu'il aurait parlé ainsi.

 

TOAST

(On prononce Toste.)n. m.

Mot emprunté de l'anglais. Proposition de boire à la santé de quelqu'un, à l'accomplissement d'un voeu, etc. Porter un toast.

Il désigne aussi une Tranche de pain rôti et beurré qui se sert avec le thé.

 

TOC

 

interj.

Onomatopée qui sert à exprimer un bruit, un choc sourd. Il entendit frapper à sa porte : Toc, toc.

TOC s'emploie aussi comme nom masculin pour désigner un Objet faux ou un Objet prétendu ancien qui n'offre aucun caractère d'authenticité. Cet objet est du toc, est en toc. Il est familier.

 

TOCSIN

 

n. m.

Tintement d'une cloche à coups pressés et redoublés pour donner l'alarme, pour avertir du feu, etc. Dès que l'ennemi parut, on sonna le tocsin. Sitôt qu'on sonna le tocsin, les habitants accoururent pour éteindre le feu. Les factieux sonnèrent le tocsin pour ameuter le peuple.

Dans quelques villes, Cloche du tocsin ou simplement Tocsin, Cloche destinée à sonner le tocsin. Le tocsin est bien placé dans cette tour.

 

TOGE

 

n. f.

T. d'Antiquité

. Robe de laine fort ample et longue, qui était le vêtement particulier des Romains et qu'ils mettaient par- dessus la tunique. Les Romains se couvraient la tête d'un pan de leur toge lorsqu'ils étaient incommodés du soleil ou de la pluie.

Il se dit, par extension, de la Robe que portent les professeurs, les magistrats, les avocats, etc.

 

TOHU-BOHU

 

n. m.

Nom que les livres hébraïques donnent au Chaos primitif, à l'état confus des éléments qui précéda la création.

Il se dit figurément et familièrement d'une Grande confusion, d'un grand tumulte ou d'un bruyant conflit d'opinions, de paroles. Il est impossible de se reconnaître, de s'entendre dans ce tohu-bohu.

 

TOI

 

Pronom singulier de la deuxième personne, qui est des deux genres .

Il s'emploie comme sujet, à la place de Tu : dans une proposition elliptique : Qui est désigné pour le remplacer? Toi. Il est aussi grand que toi. Aurais-je fait comme toi? ù dans une proposition dont le verbe est à l'infinitif : Toi, nous quitter en ce moment? Partir ainsi, toi! ù dans une proposition participe : Toi parti, nous nous trouverons bien seuls. Comme sujet réel : Il n'y eut que toi de ce sentiment. Il s'emploie encore comme sujet coordonné à un nom ou à un autre pronom. Ton frère et toi êtes mes meilleurs amis. Ni lui ni toi ne m'avez donné de vos nouvelles.

Il s'emploie aussi comme attribut. C'est toi.

Il s'emploie également comme complément direct à la place de Te : dans une proposition elliptique. Qui a-t-on choisi? Toi. On l'a désigné ainsi que toi; ù dans une proposition dont le verbe est accompagné de ne... que au sens de Seulement : Je n'aime que toi; ù après un verbe à l'impératif sans négation : Arrête-toi. Il s'emploie encore comme complément direct coordonné à un nom ou à un autre pronom. J'ai invité tes parents et toi. Il ira vous voir, elle et toi.

Il s'emploie aussi comme complément indirect sans préposition après un verbe à l'impératif non accompagné d'une négation. Rends- toi compte de ce que tu as fait. Donne-toi cette peine. Mais avec le mot en, on dit : Donne-t'en la peine.

Il s'emploie, en outre, comme complément indirect ou circonstanciel après une préposition. J'ai pensé à toi. Il a parlé de toi. Cette chose est pour toi. Selon toi, il a raison. Je vais avec toi. Tout est contre toi.

Il s'emploie de même après une préposition comme complément du nom. C'est un ami à toi. De toi s'emploie pour le tien quand il est coordonné à un nom de personne ou à un pronom personnel également précédé de la préposition de. C'est l'avis de ton père et de toi que je désire avoir. Je me suis rendu au désir d'elle et de toi.

TOI s'emploie aussi pour donner plus d'énergie à la phrase et pour mettre en relief la personne à qui on parle. Il peut ainsi s'ajouter à Tu. Tu dis, toi. Toi, tu prétends. Je suis inquiet; toi, tu es tranquille. Toi, à qui tout le monde reconnaît tant de valeur, tu n'as pas plus confiance en toi?

Il peut de même s'ajouter à Te, soit comme complément direct, soit précédé de à, comme complément indirect. Je t'abandonnerais, toi mon meilleur ami? On te l'a dit, à toi?

Il s'emploie encore avec cette valeur d'insistance dans les locutions Pour toi, quant à toi. Je n'ai pas besoin de lui; pour toi, quant à toi, tu serais bien aimable de rester un peu avec moi. Il s'emploie aussi dans certains tours particuliers, soit comme sujet, soit comme complément. C'est toi qui as fait cela? C'est toi que j'ai choisi pour me guider. C'est à toi que je parle. C'est de toi qu'il s'agit.

Fam., Être à tu et à toi avec quelqu'un. Voyez TU.

 

TOILE

 

n. f.

Tissu de fils de lin ou de chanvre. Toile fine. Grosse toile. Toile ronde. Toile bien unie. Toile lâche, serrée. Toile écrue. Toile de chanvre. Toile de lin. Faire le commerce des toiles. Tisser de la toile. Chemise de toile.

Il se dit aussi de Divers tissus où il entre du coton. Toile à matelas. Toile d'emballage.

Toile cirée, Toile enduite d'une composition qui la rend imperméable.

Toile imprimée, Toile peinte par impression.

Toile à voile, Forte toile en fils de chanvre employée pour la voilure des navires.

Toile d'avion, Toile fine dont sont tendues les ailes de certains avions.

Les toiles d'un moulin à vent, Les toiles tendues sur les ailes d'un moulin pour le faire tourner.

TOILE se dit encore de Tissus faits avec toutes sortes de matières. Toile de soie. Toile de crin. Toile d'amiante. Toile métallique.

Toile d'or, toile d'argent, Tissus légers dont la trame est d'or ou d'argent, et la chaîne de soie.

TOILE se dit spécialement, en termes de Peinture, de la Toile préparée et clouée sur un châssis, sur laquelle on peint.

Il se dit, par extension, d'un Tableau peint sur toile. Le musée possède plusieurs toiles de ce peintre.

En termes de Théâtre, Toile de fond, Toile verticale sur laquelle sont représentés les derniers plans du décor.

TOILE, en termes de Marine, se dit des Voiles. Porter beaucoup de toile.

TOILE se dit encore d'une Sorte de tissu que font les araignées pour prendre des mouches. Les araignées avaient tendu leurs toiles dans cette pièce abandonnée. L'araignée se tient au centre de sa toile, Des toiles d'araignées.

TOILES, au pluriel, se dit, en termes de Chasse, des Pièces de toile avec lesquelles on fait une enceinte en forme de parc, pour prendre des sangliers. Il a tué le sanglier dans les toiles. Tendre les toiles.

Il se dit aussi de Grands filets que l'on tend pour prendre des cerfs, des biches, des chevreuils, etc. Quand on veut prendre des cerfs vivants, on les prend dans les toiles.

 

TOILETTE

 

n. f.

Meuble garni de ce qui sert pour se laver, se coiffer, se parer. Le miroir d'une toilette.

Garniture de toilette, Ensemble des objets qu'on place sur une toilette.

TOILETTE se dit encore de l'Action de se laver, de se coiffer, de se parer, de s'habiller. Une toilette soignée. Faire sa toilette. Être longtemps à sa toilette.

Nécessaire de toilette, Sorte de trousse, de mallette qui contient tous les objets nécessaires à la toilette.

Cabinet de toilette, Petite pièce où l'on fait sa toilette.

Fig., Faire la toilette d'un texte, Le revoir et y apporter les dernières corrections de détail.

TOILETTE se dit aussi de l'Ensemble des vêtements, des ajustements qui servent à une femme à se parer. Elle dépense beaucoup pour sa toilette. Elle aime la toilette. Elle est en grande toilette. Toilette de bal.

Revendeuse à la toilette, marchande à la toilette, Femme qui revend des vêtements, des parures, etc.

TOILETTE se dit aussi d'un Morceau de toile dont les marchands d'étoffes, les tailleurs, les libraires, etc., enveloppent les marchandises pour les livrer.

 

TOILIER, IÈRE

 

n.

Celui, celle qui vend de la toile. La boutique d'un toilier.

 

TOISE

 

n. f.

Ancienne mesure, longue de six pieds, soit de 1 mètre 949. Mesurer avec une toise, avec la toise, à la toise, la toise à la main.

Prov., On ne mesure pas les hommes à la toise, C'est par leur degré de mérite qu'il faut les apprécier.

TOISE désigne aujourd'hui une Tige graduée qui sert à mesurer la taille des soldats. Passer sous la toise.

TOISÉ

 

n. m.

Mesurage à la toise. Le juge a nommé des experts pour faire le toisé de cette maison. Il est vieux; on dit aujourd'hui Métré.

 

TOISER

 

v. tr.

Mesurer à la toise. Toiser un bâtiment, une muraille. Il est vieux; on dit aujourd'hui Métrer.

Toiser un soldat, Mesurer sa taille.

Fig. et fam., Toiser quelqu'un, L'examiner avec une attention nuancée de dédain et parfois d'hostilité. Il l'a toisé de la tête aux pieds. Ils se sont toisés sans se dire un seul mot.

 

TOISON

 

n. f.

Laine d'une brebis, d'un mouton. Ce mouton a une belle toison. Abattre la toison. Laver les toisons. Il a vendu tant de toisons de ses bêtes à laine.

La toison d'or, La toison du bélier sur lequel les poètes de l'antiquité content que Phrixus et Hellé passèrent la mer. Jason alla avec les Argonautes à la conquête de la toison d'or. C'est aussi le Nom d'un ordre de chevalerie institué par Philippe le Bon, duc de Bourgogne, et dont l'insigne est un mouton d'or. Chevalier de l'ordre de la Toison, de la Toison d'or. L'insigne de la Toison d'or.

 

TOIT

 

n. m.

Partie supérieure d'une maison, d'un édifice, qui sert de couverture au bâtiment. Toit plat. Toit pointu. Toit en terrasse. Toit de chaume, d'ardoise, de tuile. Le couvreur travaille sur le toit de la maison. Monter sur le toit.

Loger sous le toit, Habiter au dernier étage d'une maison.

Habiter sous le même toit, Loger dans la même maison. Ils habitaient tous les deux sous le même toit.

Recevoir quelqu'un sous son toit, Le recevoir chez soi, dans sa maison. Je l'ai reçu sous mon toit. On dit de même : Il a vécu sous mon toit.

Fig., Le toit paternel, La maison paternelle. Sous le toit paternel. Loin du toit paternel. Fig., Un toit hospitalier, un toit protecteur, Une maison où l'on reçoit l'hospitalité, où l'on trouve un refuge. Un humble toit, Une petite maison de peu d'apparence, une chaumière qu'habitent de pauvres gens.

Fig., En termes de l'Écriture, Publier, prêcher une chose sur les toits, En parler publiquement, l'annoncer hautement. On dit aussi, familièrement : Dire, crier une chose sur les toits, La répandre, la divulguer partout.

Toit à porc, Étable qui sert à loger les porcs.

TOIT, en termes de jeu de Paume, désigne les Ais en forme de toit qui couvrent la galerie, le côté du dedans, et l'autre bout du jeu où est la grille.

En termes de Mines, il désigne la Partie supérieure de la galerie.

 

TOITURE

 

n. f.

Ensemble de ce qui compose le toit d'une maison, d'un bâtiment. Les couvreurs et les charpentiers travaillent, font des réparations à la toiture.

 

TÔLE

 

n. f.

Fer ou acier laminé et réduit en feuilles ou plaques minces. Tuyaux de tôle. Plateau de tôle peinte et vernie. Un abri recouvert de tôle ondulée.

 

TOLÉRABLE

 

adj. des deux genres

. Qu'on peut tolérer, qu'on peut supporter. Pensez- vous que cela soit tolérable? Cette douleur n'est pas tolérable.

 

TOLÉRANCE

 

n. f.

Condescendance, indulgence, action de supporter ce qu'on ne peut empêcher ou qu'on croit ne devoir pas empêcher. Longue tolérance. Ce n'est pas un droit, c'est une tolérance. Il ne jouit de cela que par tolérance. Il n'en jouit que par la tolérance de ceux qui le pourraient empêcher. User de tolérance.

En termes d'Administration, Maison de tolérance, Maison de prostitution. TOLÉRANCE s'emploie particulièrement en matière de religion et se dit de l'Action de supporter des idées, des sentiments différents des nôtres. Pratiquer la tolérance. Voltaire a été l'apôtre de la tolérance.

Tolérance théologique ou religieuse, Condescendance qu'on a les uns pour les autres, touchant certains points qui ne sont pas regardés comme essentiels à la religion. L'Église latine a toujours usé de tolérance pour l'Église grecque sur le mariage des prêtres. La tolérance est prescrite aux théologiens touchant les opinions des diverses écoles.

Tolérance civile, Permission qu'un gouvernement accorde de pratiquer, dans l'État, d'autres religions que celles qui y sont établies, reconnues par les lois, pratiquées par le plus grand nombre des citoyens. La tolérance civile est quelquefois restreinte à certains cultes, à certaines croyances. Tolérance générale, universelle. Édit de tolérance.

TOLÉRANCE, en termes de Monnayage, se dit de Ce que la loi permet de donner aux monnaies d'or et d'argent en plus ou en moins que le titre ou le poids réel.

En termes d'Administration et d'Arts, il se dit de Certains écarts tolérés dans la dimension, la quantité, etc., des marchandises fournies.

 

TOLÉRANT, ANTE

 

adj.

Qui tolère.

Il se dit quelquefois d'un Homme indulgent dans le commerce de la vie. Il est fort tolérant de son naturel.

Il se dit particulièrement en matière de religion. Un prince tolérant.

 

TOLÉRANTISME

 

n. m.

T. de Théologie

. Opinion de ceux qui étendent trop loin la tolérance théologique. La tolérance dégénère en tolérantisme.

 

TOLÉRER

 

v. tr.

Supporter. Son estomac ne tolère pas les crudités.

Il signifie encore Ne pas réprimer certains abus, supporter chez autrui ce que l'on n'approuve pas. Il y a des pays où l'on autorise l'exercice de tous les cultes et d'autres où l'on ne fait que le tolérer. Il tolérait leurs injustices. Je ne puis tolérer que cet homme s'arroge un tel droit. Il faut tolérer les défauts de son prochain.

Il se dit dans un sens analogue en parlant des Personnes. Tolérer quelqu'un. Ces deux partis, ne pouvant s'entendre, doivent du moins se tolérer.

 

TÔLERIE

 

n. f.

Industrie ou métier du tôlier.

Il désigne aussi une Fabrique de tôle.

 

TOLET

 

n. m.

T. de Marine

. Fiche de bois ou de fer fixée dans le plat-bord d'une embarcation pour servir de point d'appui à l'aviron.

 

TÔLIER

 

n. m.

Celui qui fabrique ou vend de la tôle.

 

TOLLÉ

 

(On prononce les deux L.)n. m.

Mot emprunté du latin et qui sert à marquer l'Indignation. Il s'éleva contre l'orateur un tollé de toutes les parties de la salle. Cette opinion excita, souleva un tollé général.

 

TOMAHAWK

 

(On prononce Tomahauk.) n. m.

Hache de guerre dont se servaient les sauvages de l'Amérique du Nord.

 

TOMAISON

 

n. f.

T. d'Imprimerie et de Librairie

. Indication du tome auquel appartient un volume, dans les ouvrages qui ont plusieurs tomes.

 

TOMATE

n. f.

Plante de la famille des Solanées, qui porte des fruits d'un rouge vif.

Il se dit aussi du Fruit de cette plante, qui est employé en cuisine. Salade de tomates. Tomates farcies. Sauce aux tomates ou, par ellipse, Sauce tomate.

 

TOMBAL, ALE

 

adj.

T. d'Archéologie

. Il n'est guère employé que dans cette locution : Pierre tombale, Pierre d'un tombeau, d'une sépulture.

 

TOMBANT, ANTE

 

adj.

Qui tombe. Les tiges de cette plante sont grêles et tombantes.

Des cheveux tombants, Des cheveux longs qu'on laisse pendre.

À la nuit tombante, Au déclin du jour, à l'approche de la nuit. Il rentra de la chasse à la nuit tombante.

 

TOMBE

 

n. f.

Fosse recouverte d'une table de pierre, de marbre, de cuivre, etc., qui renferme un ou plusieurs morts.

Il se dit, en général, de Tout lieu où un mort est enseveli.

Fig., Avoir un pied dans la tombe, Être très âgé, très malade, être sur le point de mourir.

Fig., Descendre dans la tombe, Mourir.

TOMBE se dit figurément, surtout dans le langage soutenu, de la Mort. Chaque instant de la vie est un pas vers la tombe.

Fig., Suivre quelqu'un dans la tombe, Mourir peu de temps après lui.

 

TOMBEAU

 

n. m.

Sépulcre, monument élevé à la mémoire d'un mort dans l'endroit où il est enterré. Tombeau magnifique. Les tombeaux des rois. Dresser, élever un tombeau. Profaner un tombeau.

Cette famille a son tombeau en tel endroit, On enterre ordinairement en tel endroit les morts de cette famille.

Fig., C'est le tombeau des secrets se dit d'une Personne à qui l'on peut confier un secret en toute sûreté, sans crainte qu'elle le trahisse.

TOMBEAU désigne, au figuré, la Mort. Chaque moment de notre vie nous approche du tombeau. Je vous serai fidèle jusqu'au tombeau. La nuit du tombeau.

Fig., Mettre, conduire, mener quelqu'un au tombeau, Causer sa mort. Cette maladie le mènera au tombeau. Le chagrin l'a conduit au tombeau.

Fig., Descendre au tombeau, Mourir. Tirer quelqu'un du tombeau, Lui sauver la vie, le rendre à la vie.

TOMBEAU se dit figurément des Choses et signifie Fin, destruction. L'anarchie est le tombeau de la liberté.

 

TOMBÉE

 

n. f.

Chute, mouvement de ce qui tombe. Il ne se dit guère que dans ces expressions : Tombée du jour, Déclin du jour; Tombée de la nuit, Approche de la nuit.

 

TOMBER

 

v. intr.

Perdre son équilibre, être renversé, abattu. Tomber lourdement. Tomber à la renverse. Tomber de son haut, de toute sa hauteur. Tomber sur les genoux. Tomber à terre, par terre. Tomber dans l'eau. Tomber tout à plat, tout de son long. Tomber d'une fenêtre, par la fenêtre. Tomber de cheval. Tomber dans un fossé. Il tomba percé de coups. Il a failli tomber. Il a voulu courir et il est tombé. Elle releva son enfant qui était tombé.

Tomber raide mort, tomber mort, Mourir tout d'un coup en tombant.

Tomber aux pieds, aux genoux de quelqu'un, S'y jeter. Il signifie, au figuré, S'abaisser devant lui aux plus humbles supplications.

Fig., Tomber de son haut, Être extrêmement surpris de quelque chose. Quand je vois cela, je tombe de mon haut. On dit de même : Les bras m'en tombent, m'en sont tombés, Ma surprise fut si grande que je demeurai comme paralysé.

Fig. et fam., Cet homme est tombé les quatre fers en l'air, Il est tombé à la renverse. Fig., Tomber du ciel, Survenir à l'improviste. Cet homme est tombé du ciel pour nous venir en aide. Ce secours nous est tombé du ciel.

Fig. et fam., Tomber des nues. Voyez NUE.

TOMBER se dit aussi des Choses et signifie Être entraîné de haut en bas par son poids. Il a laissé tomber sa montre. La chaise tomba par terre. Ce vase est tombé et s'est cassé. Le fil qui les tenait s'étant cassé, les perles tombèrent à terre. Le brouillard tombe. Le tonnerre est tombé. La pluie, la neige, la grêle tombe. Impersonnellement, Il tombe de la pluie, de la neige, de la grêle.

Cet édifice tombe en ruines, Il est dans un tel état de vétusté, de délabrement qu'il en tombe de temps en temps quelque partie.

TOMBER se dit aussi d'une Chose qui étant suspendue, retenue d'un côté tend vers le bas de l'autre côté. Sa robe tombe bien. Ses cheveux tombaient sur ses épaules.

Fig., Laisser tomber sur quelqu'un un regard de pitié, de dédain, etc., Le regarder avec pitié, avec dédain, etc.

TOMBER signifie aussi Se détacher. Toutes ses dents sont tombées. Ses cheveux tombent. Ce fruit est tombé. Les feuilles commencent à tomber. Fig., Mes illusions sont tombées une à une.

Faire tomber la tête de quelqu'un, Le décapiter. Sa tête tomba sur l'échafaud.

Fig., Faire tomber les armes des mains, Fléchir quelqu'un, l'apaiser. Les soumissions de ses ennemis lui firent tomber les armes des mains.

Fig., Faire tomber la plume des mains, Décourager quelqu'un, le dégoûter d'écrire, faire qu'il s'interrompe tandis qu'il écrit. Cette funeste nouvelle m'a fait tomber la plume des mains.

TOMBER s'emploie aussi figurément et signifie Se jeter, se précipiter, fondre sur quelqu'un, sur quelque chose, le charger, l'attaquer vigoureusement. Il tomba sur lui avec fureur et le frappa. Ils sont tombés l'un sur l'autre avec impétuosité, à bras raccourcis. Les ennemis, qui étaient en embuscade, tombèrent sur la patrouille. Six vaisseaux de guerre tombèrent tout à coup sur une flotte de navires marchands.

Fig. et fam., Tomber sur quelqu'un, Dire de quelqu'un des choses dures et désobligeantes, soit en sa présence, soit en son absence.

Fig., Tomber sur un passage, sur un vers, sur un mot, etc., Le rencontrer par hasard dans un livre. En ouvrant le livre, je suis tombé sur le passage que je cherchais.

Fig., Tomber bien, Arriver au bon moment, rencontrer heureusement. Vous tombez bien : j'ai justement quelque chose à vous dire.

Fig. et fam., Tomber sur les bras de quelqu'un, Se trouver inopinément à sa charge.

TOMBER signifie encore Se trouver fortuitement, subitement dans une situation désavantageuse, dans une position fâcheuse. Tomber entre les mains des ennemis, au pouvoir de l'ennemi. Tomber dans une embuscade, dans un piège. Ces navires marchands tombèrent dans une flotte de vaisseaux ennemis. Il tomba au milieu de gens qui lui étaient inconnus.

Fig., Tomber sous la main de quelqu'un, Se trouver sous sa dépendance, à portée de sa colère, de son ressentiment. S'il tombe jamais sous ma main, il se repentira de m'avoir offensé.

Fig., Tomber de Charybde en Scylla, En voulant éviter un mal, tomber dans un autre.

Cela n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd, Ce propos a été compris par celui qui l'a entendu et qui en fera son profit.

Cela m'est tombé sous les yeux, Je l'ai vu par hasard.

TOMBER se dit aussi des Choses qui se trouvent fortuitement, sans qu'on les cherche. Si, en rangeant votre bibliothèque, ce volume vous tombe sous la main, je vous prie de le mettre à part.

Il se dit encore en parlant d'un État physique ou moral, le plus souvent fâcheux, où l'on se trouve plus ou moins brusquement. Tomber en défaillance. Tomber en démence. Tomber en syncope. Tomber en pâmoison. Tomber en langueur. Tomber en enfance. Tomber en léthargie. Tomber dans l'erreur. Tomber dans la contradiction. Tomber dans le ridicule.

Tomber amoureux, Devenir amoureux.

Tomber malade, Devenir malade.

Tomber du haut mal, Avoir une crise d'épilepsie.

Tomber de faiblesse, tomber d'inanition, Être dans une extrême faiblesse, être près de se trouver mal, faute de nourriture. Tomber de sommeil, Avoir un besoin extrême de dormir.

Tomber dans la misère, dans le malheur, Devenir pauvre, malheureux. Tomber dans le mépris, Devenir un objet de mépris. Tomber en disgrâce, N'être plus dans les bonnes grâces de quelqu'un, n'avoir plus de part à sa bienveillance, à sa faveur. Faire tomber quelqu'un en confusion, Lui faire éprouver, lui causer une grande confusion.

Fam., Tomber dans la dévotion, Devenir dévot.

Dans le langage religieux, Tomber dans l'aveuglement, dans l'endurcissement, Devenir insensible aux vérités de la religion. Tomber dans le péché, Commettre une faute, céder au péché.

On dit aussi absolument, en termes de l'Écriture : Tomber, Pécher. Le juste tombe sept fois le jour.

TOMBER signifie aussi Dégénérer, descendre, se laisser aller à quelque chose de blâmable. Cet auteur prétend au sublime et tombe souvent dans le galimatias. Tomber dans l'affectation, dans le précieux. Ce peintre tombe quelquefois dans le maniérisme.

Il se dit aussi des Choses qui passent de l'état où elles étaient dans un état défavorable. Tomber en désuétude. Cela est tombé dans l'oubli.

Tomber à rien, Se réduire à très peu de chose. Toute sa fortune est tombée à rien.

Cette maison est tombée en quenouille, Il n'en reste que des filles. Cette couronne, cette souveraineté tombe en quenouille, Les filles en peuvent hériter au défaut des mâles.

Tomber en putréfaction, en pourriture, Se pourrir. Tomber en poussière, Se réduire en poussière.

TOMBER signifie également Déchoir de réputation, de crédit, perdre de sa vogue. Ce livre a eu d'abord quelque succès, mais il est tombé. Cet homme n'a pas été longtemps en crédit, il est bientôt tombé. Ces fabriques, ces manufactures sont tombées. Cette mode commence à tomber.

Ces études sont tombées, On les néglige beaucoup aujourd'hui.

Son goût pour les tableaux, pour la musique est bien tombé, Il s'est bien affaibli.

TOMBER signifie également Succomber, périr, s'anéantir. Il est tombé sur le champ de bataille. Ilion tomba sous les efforts des Grecs. On vit ces empires tomber les uns après les autres. Avec lui tomba la puissance de son favori.

Le ministère est tombé, Il a été mis en minorité, il est obligé de quitter le pouvoir.

TOMBER signifie encore, surtout en parlant d'Ouvrages dramatiques, Ne pas réussir. Cette pièce est tombée à la première représentation; elle est tombée à plat.

Il signifie pareillement Cesser, discontinuer. Le vent est tombé. Ce grand courage a tombé tout à coup. Laissez tomber tous ces bruits, tous ces mauvais propos. Cette calomnie tombera d'elle-même. La fièvre est tombée.

Le jour tombe, La nuit approche.

Il faut laisser tomber cela, Il faut, pour empêcher qu'on n'y fasse attention, paraître n'y pas faire attention soi-même.

Laisser tomber la conversation, Ne pas l'entretenir, ne pas l'alimenter.

Sa voix tombe, Sa voix faiblit. Il ne faut pas laisser tomber sa voix à la fin des phrases.

TOMBER signifie également Se porter sur, atteindre, frapper. Les coups tombaient sur lui. Le soupçon tomba sur lui. Il cherchait à faire tomber les soupçons sur cette personne. Un grand malheur est tombé sur elle. Sa colère tomba sur ceux qui l'entouraient.

Faire tomber la conversation sur quelque sujet, L'y amener. On dit de même : L'entretien tomba sur un tel.

TOMBER signifie encore Échoir. Cette terre est tombée en partage au cadet. Cela est tombé dans son lot. Cela est tombé en de bonnes mains, en bonnes mains.

Cet ouvrage est tombé dans le domaine public, Il a cessé d'être une propriété privée.

Ce document, cet écrit est tombé entre mes mains, le hasard l'a fait tomber entre mes mains, C'est à une circonstance fortuite que je dois la possession, la connaissance de ce document, de cet écrit. Il m'est tombé entre les mains une pièce fort curieuse.

Les biens de cette maison sont tombés dans telle autre par un mariage, Ils y sont passés.

Le sort tomba sur lui, Ce fut lui que le sort désigna.

TOMBER sert encore, dans certaines locutions, à marquer Jonction, coïncidence, rapport, tant au sens physique qu'au sens moral. Ce chemin tombe dans tel autre, cette rivière tombe dans telle autre, Ce chemin aboutit à tel autre, cette rivière se décharge dans telle autre. La rue Saint-Benoît tombe dans la rue Jacob.

Cette fête tombe un jeudi, Elle a lieu un jeudi.

Faire tomber les pages les unes sur les autres en imprimant, Faire que les pages imprimées sur l'un des côtés d'une feuille répondent exactement à celles qui sont imprimées sur l'autre côté.

Tomber d'accord avec quelqu'un, Convenir avec lui. On dit aussi simplement : Tomber d'accord, Avouer, convenir que. Je tombe d'accord que cela est ainsi. Je ne conteste point ce que vous dites, j'en tombe d'accord.

Cela tombe sous le sens se dit d'une Chose claire, évidente.

Le participe passé TOMBÉ s'emploie adjectivement. Un auteur tombé, Un auteur dramatique dont la pièce a été sifflée.

 

TOMBEREAU

 

n. m.

Sorte de charrette entourée de planches, servant à porter du sable, des pierres, des matériaux, etc. Conduire un tombereau.

Il se dit aussi de Ce qui est contenu dans un tombereau. Un tombereau de sable.

 

TOMBOLA

 

n. f.

Sorte de loterie dans laquelle on gagne un objet, un lot en nature. Dans cette soirée on tira une tombola. Une tombola de charité.