Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Ravaleur
n. m.
Ouvrier qui travaille au ravalement.
RAVAUDAGE
n. m.
Action de rapiécer, de repriser à l'aiguille. Le ravaudage de vieux bas.
Il se dit figurément et familièrement d'une Besogne mal faite, faite grossièrement. Vous n'avez fait là que du ravaudage.
Il se dit aussi, familièrement, des Ouvrages de l'esprit qui ne sont faits que d'emprunts, de pièces et de morceaux.
RAVAUDER
v. tr.
Raccommoder, rapiécer, repriser à l'aiguille. Ravauder des bas.
Il s'emploie souvent absolument. Elle s'occupe à ravauder tout le long du jour. Elle gagne sa vie à ravauder.
RAVAUDEUR, EUSE
n.
Celui, celle dont le métier est de raccommoder des bas, de vieux habits; il est principalement d'usage au féminin. Envoyer quelque chose chez la ravaudeuse.
RAVE
n. f.
Pliante crucifère dont la racine est une sorte de gros navet rond, large et aplati.
Céleri-rave, Variété de céleri à racine renflée, ronde et blanche.
RAVENELLE
n. f.
T. de Botanique
. Nom vulgaire du radis sauvage et de la Moutarde des champs.
RAVIER
n. m.
Petit plat oblong où l'on sert des radis, des hors-d'oeuvre.
RAVIGOTE
n. f.
T. de Cuisine
. Sauce piquante, faite principalement de civette, d'estragon, de pimprenelle, de cerfeuil, etc.
RAVIGOTER
v. tr.
Remettre en force, en vigueur une personne, un animal qui semblait faible, exténué. Il se sentait faible, on lui a fait prendre un cordial qui l'a ravigoté. Il est familier.
RAVIN
n m. Forte dépression de terrain, vallon étroit et raide. Il y a beaucoup de ravins dans ces montagnes. Le bord d'un ravin. Passer un ravin profond. La cavalerie se trouva arrêtée par un ravin impraticable. La voiture est tombée dans un ravin.
RAVINE
n. f.
Petit ravin. Avant d'arriver à ce village, il faut passer une ravine.
RAVINEMENT
n. m.
Action de raviner ou Résultat de cette action. Le ravinement d'un terrain.
RAVINER
v. tr.
Creuser de sillons profonds. Les pluies d'orage ont raviné les campagnes. Des champs ravinés par l'orage.
Fig., Un visage raviné.
RAVIOLI
n. m. pl.
T. emprunté de l'italien. Petits carrés de pâte, renfermant de la Viande hachée et bien assaisonnée, et que l'on cuit dans du bouillon.
RAVIR
v. tr.
Enlever de force, emporter avec violence. Ravir une femme. Ravir le bien d'autrui.
Il s'emploie aussi figurément et signifie Enlever, ôter, priver de. Ravir l'honneur à une jeune fille. Ravir à un général la gloire d'une action.
RAVIR signifie encore Charmer l'esprit ou le coeur de quelqu'un, faire éprouver un transport d'admiration, de plaisir, etc. Les merveilles que vous me racontez me ravissent. C'est une beauté qui ravit tous ceux qui la voient, qui ravit tous les coeurs. Cette musique a ravi tous ceux qui l'ont entendue. Ce prédicateur, cet avocat a ravi tout son auditoire.
Un homme ravi de joie, ravi d'admiration, Un homme transporté de joie, d'admiration.
Par exagération et fam., Être ravi de quelque chose, En éprouver un vif plaisir, en être bien aise. Je suis ravi de vous voir. Je suis ravi de vos succès. Je suis ravi qu'il ait gagné son procès. J'apprends que vous avez fait un heureux mariage, j'en suis ravi.
RAVIR, dans le langage religieux, signifie Transporter au ciel. Saint Paul fut ravi jusqu'au troisième ciel.
Dans le langage mystique, Être ravi en extase, Être transporté hors de soi par une forte contemplation et par l'effet d'une grâce particulière. Ce saint a été plusieurs fois ravi en extase.
Fig., Être ravi en extase, Être transporté hors de soi par un sentiment très vif d'admiration. À la vue de ce grand monument, il fut ravi en extase.
À RAVIR,loc. adv.
De façon admirable. Elle chante à ravir. Cette femme est belle à ravir. Elle est mise à ravir, coiffée à ravir.
RAVISEMENT
n. m.
Action de se raviser. Par un ravisement soudain, il accorda ce qu'il avait d'abord refusé. Il est peu usité.
RAVISER (SE)
v. pron.
Changer d'avis. Il voulait faire telle acquisition, mais il s'est ravisé.
RAVISSANT, ANTE
adj.
Qui enlève par force. Un loup ravissant.
Il signifie au figuré Qui transporte d'admiration. Une beauté ravissante. Un concert ravissant. Cela est d'un goût ravissant. Cette femme est ravissante.
RAVISSEMENT
n. m.
Enlèvement qu'on fait avec violence. Il n'est guère en usage que dans ces locutions : Le ravissement d'Hélène, le ravissement de Proserpine, le ravissement d'Europe.
Il désigne aussi l'État de l'âme lorsqu'elle est transportée de joie, d'admiration, etc. Il était dans le ravissement.
Dans le langage mystique, il désigne l'État d'une âme transportée hors d'elle-même par l'extase.
Le ravissement de saint Paul se dit de saint Paul enlevé au troisième ciel.
RAVISSEUR
n. m.
Celui qui ravit, qui enlève avec violence. Les ravisseurs du bien d'autrui. Un injuste ravisseur l'a privé de son bien.
Il se dit plus spécialement de Celui qui ravit une femme ou une jeune fille. Autrefois on punissait de mort les ravisseurs. On poursuivit le ravisseur.
RAVITAILLEMENT
n. m.
Action de ravitailler. Il fut chargé du ravitaillement de la place. Ravitaillement en munitions.
RAVITAILLER
v. tr.
Pourvoir de vivres et de munitions une place, une flotte, une armée, une troupe qui en était démunie. Il n'y avait plus de vivres dans la place, on y fit entrer un grand convoi pour la ravitailler. La flotte rentra dans le port pour se ravitailler.
Il s'emploie aussi, par analogie, dans un sens plus large. Il a fait des achats pour ravitailler sa maison de campagne. On peut se ravitailler facilement à la ville voisine. Fig., Se ravitailler en arguments, en idées.
RAVIVER
v. tr.
Ramener à sa vivacité première. Jeter de l'eau sur le feu d'une forge pour le raviver.
Raviver un tableau, Rendre à ses couleurs l'éclat qu'elles ont perdu. On dit de même Raviver des couleurs, de la dorure.
En termes de Chirurgie, Raviver une plaie, Remettre à nu la chair vive. On dit aussi Raviver les chairs d'une plaie.
RAVIVER s'emploie figurément et signifie Ranimer. Cette nouvelle a ravivé ses espérances. La vue de cet objet ravive en moi des souvenirs que je croyais effacés. Sa douleur s'est ravivée à cette vue.
RAVOIR
(Il n'est usité qu'à l'infinitif.) v. tr.
Avoir de nouveau. J'avais un logement commode, je veux essayer de le ravoir.
Il signifie aussi Recouvrer. Il plaide pour ravoir son bien. Je lui ai prêté un livre, je veux le ravoir.
RAYER
(Il se conjugue comme PAYER.) v. tr.
Marquer d'une ou de plusieurs raies, Rayer de l'argenterie en la nettoyant, Prenez garde de rayer cette glace en la polissant. Rayer du papier avec un crayon.
Il signifie aussi Effacer, raturer, faire une raie, passer un trait de plume sur ce qui est écrit. Il faut rayer cette clause, ce mot, cette phrase. On a rayé cet article sur son compte. On l'a rayé, on a rayé son nom des contrôles de l'armée, du tableau des avocats, de la liste des électeurs, etc.
Fig., Rayez cela de vos papiers se dit pour Faire entendre à quelqu'un qu'il ne doit pas compter sur quelque chose.
Le participe passé RAYÉ est employé comme adjectif et signifie Qui a des raies. Une étoffe rayée. Du taffetas rayé. Le tigre rayé.
L'âne rayé, Le zèbre.
Canon rayé, fusil rayé, carabine rayée, Armes dans lesquelles on a pratiqué des rayures en spirale, pour leur donner plus de justesse et une portée plus grande.
RAYON
n. m.
Ligne lumineuse considérée comme isolée. Les rayons du soleil. Le soleil darde ses rayons. Ce bois touffu est impénétrable aux rayons du soleil. Les rayons de la lune.
Rayon vert, Coloration d'un vert limpide qui se produit, par les temps très clairs, à l'endroit où le soleil vient de disparaître à l'horizon.
RAYON s'emploie figurément et signifie Émanation, lueur. Un rayon de la sagesse divine semblait éclairer son âme. Il ne faut qu'un rayon de la grâce pour éclairer le pécheur. Un rayon d'espérance. Un rayon de joie pénétra son âme, pénétra dans son âme.
En termes de Blason, il se dit de Chacun des rais du soleil, des étoiles que l'on figure sur l'écu.
En termes de Physique, il désigne la Direction dans laquelle se transporte une énergie lumineuse, calorique, etc. Rayon incident, Celui qui tombe sur un point de réflexion ou de réfraction. Rayon réfléchi, Celui qui, après avoir rencontré une surface polie, est renvoyé par elle suivant une nouvelle direction. Rayons parallèles, Ceux qui, partant de divers points, conservent toujours la même distance entre eux. Rayons convergents, Ceux qui, partant de divers points, aboutissent à un même centre. Rayons divergents, Ceux qui, partant du même point, s'écartent et s'éloignent les uns des autres. Rayons visuels, Ceux qui partent des objets et par le moyen desquels les objets sont vus. Rayons X. Rayons cathodiques. Rayons infra-rouges, ultra-violets, etc.
En termes de Géométrie, il désigne le Demi- diamètre d'un cercle, ou la Ligne droite tirée du centre à la circonférence. Ce cercle a tant de centimètres de rayon, Tous les rayons d'un cercle sont égaux entre eux.
Par extension, À dix lieues, à vingt lieues, etc., de rayon, À dix lieues, à vingt lieues, etc., à la ronde. À dix lieues de rayon autour de Paris, on ne trouverait pas une aussi belle demeure. On dit aussi : Dans un rayon de tant de lieues.
RAYON se dit, par analogie, de Certaines choses qui partent d'un centre commun et vont en divergeant :
Rayon d'une roue, Chacune des parties qui vont du moyeu aux jantes.
En termes de Botanique, Les rayons d'une ombelle. Certaines fleurs composées ont des demi-fleurons ou rayons à leur circonférence.
RAYON se dit encore d'une Partie du gâteau de cire, divisé en alvéoles, fait par les abeilles, lorsque le miel y est encore. Un rayon de miel.
Il se dit aussi de Chacune des tablettes posées dans les bibliothèques, dans les armoires, dans les magasins, et qui servent à y poser des livres, du linge, des marchandises, etc. Ce livre est au troisième, au quatrième rayon. Prenez cette pièce d'étoffe sur le rayon d'en haut.
Il se dit, par extension, dans les magasins, de Chacun des groupes d'articles de même espèce. Le rayon de la parfumerie, des costumes d'enfants.
Chef de rayon, Celui qui a la direction de l'un de ces groupes.
En termes d'Agriculture, Rayon se dit d'un Petit sillon tracé le long d'un cordeau tendu sur une planche labourée et passée au râteau, ou sur le bord d'une allée pour en fixer la largeur. Semer, planter en rayons.
RAYONNANT, ANTE
adj.
Qui rayonne. Rayonnant de lumière. Moïse, descendant de la montagne, parut le visage tout rayonnant.
Fig., Être tout rayonnant de gloire se dit de Celui qui vient d'acquérir beaucoup de gloire, de renommée.
Fig., Être rayonnant de joie ou simplement Être rayonnant se dit de Celui dont la figure exprime une vive satisfaction. On dit de même Un visage rayonnant, une figure rayonnante.
RAYONNANT signifie, en termes de Botanique, Qui est disposé en rayons. Ombelle rayonnante, Qui a des fleurs régulières au centre et des fleurs irrégulières plus grandes à la circonférence.
En termes d'Archéologie, Chapelles rayonnantes, Chapelles disposées en rayons autour du choeur. Gothique rayonnant, Forme du style gothique qui a paru après le gothique primitif.
En termes de Blason, Étoile rayonnante, Étoile qui porte entre ses rais de petits rayons.
En termes de Physique, Le calorique rayonnant, Celui qui émane des corps en tous sens.
RAYONNÉ, ÉE
adj.
Qui est disposé en rayons, en lignes qui partent d'un centre commun et vont en divergeant. Il s'emploie surtout en termes d'Anatomie. Ligaments rayonnés.
En termes de Numismatique, Tête rayonnée, Tête couronnée de rayons.
Nimbe rayonné, Nimbe formé de rayons.
RAYONNÉ s'emploie comme nom masculin en termes de Zoologie. Les rayonnés, Animaux sans vertèbres dont les organes sont disposés en rayons autour d'un centre ou d'un grand axe.
RAYONNEMENT
n. m.
Action de rayonner. Le rayonnement du soleil. Le rayonnement des astres. Le rayonnement du feu, de la flamme, de la lumière. Fig., Le rayonnement de la joie, du bonheur. On dit aussi : Le rayonnement d'une doctrine, d'une civilisation, Son expansion.
RAYONNER
v. intr.
Jeter, envoyer des rayons. Le soleil commençait à rayonner sur la cime des montagnes.
Fig., Son visage rayonne de joie, il rayonne de joie, Sa figure exprime une joie très vive.
RAYONNER signifie aussi, figurément, Faire sentir son action sur une certaine étendue. De ce point central, l'armée rayonnait sur les pays voisins.
RAYONNER est aussi verbe transitif et signifie Garnir de rayons. J'ai fait rayonner cette pièce pour y mettre mes livres.
RAYURE
n. f.
La manière, la façon dont une étoffe est rayée. Une étoffe blanche à rayures bleues.
Il se dit aussi des Traces que fait un corps dur sur une surface polie. Les rayures d'une glace.
Il se dit encore des Rainures pratiquées à l'intérieur du canon d'une arme à feu. Rayures en spirale.
RAZ ou RAS
(On prononce Râ.)n. m.
Nom donné à des Courants marins violents qui se font sentir dans un détroit, dans un canal entre deux terres rapprochées.
Raz de marée, Soulèvement subit de la mer, qui porte les vagues sur la terre à une hauteur de plusieurs mètres. Des villes ont été submergées par des raz de marée.
RAZZIA
n. f.
Mot d'origine arabe. Invasion faite sur un territoire à l'effet d'enlever les troupeaux, les récoltes, etc. Cette razzia procura un riche butin.
RAZZIER
v. tr.
Faire une razzia.
RE ou RÉ
Préfixe
qui entre dans la composition de nombreux mots et qui sert ordinairement à indiquer un sens contraire, ou itératif, ou augmentatif. Dans Repousser, réagir, il indique un sens contraire. Dans Redire, refaire, il a un sens itératif : Dire, faire de nouveau. Dans Rétrécir, relâcher, etc., il a un sens augmentatif : Rendre plus étroit, plus lâche.
Parfois l'e de Re est élidé devant une voyelle, comme dans Raccrocher, rajuster, rattraper, etc.
On peut donner à beaucoup de verbes, surtout dans le langage familier, une signification itérative, en les faisant précéder de la particule Re ou Ré. Rebroyer, recarreler, redémolir, redessiner, refeuilleter, regeler, regreffer, réinterroger, remanger, renoircir, etc., Broyer de nouveau, carreler de nouveau, etc. Plusieurs des mots ainsi formés ne se disent guère que dans des phrases où on les joint à ceux dont ils dérivent. Avant d'acheter ce vin, il l'a goûté et regoûté. Il conte et reconte toujours la même histoire. Je chantais et rechantais son air favori. Nous nous bornons à indiquer les plus usités des mots formés avec ce préfixe.
RÉ
n. m.
T. de Musique
. La seconde note de la gamme d'ut. C'est aussi le Nom du signe qui représente cette note. Chanter un ré. Ré dièse. Ré bémol. Le ton de ré. Cette double croche est un ré. RÉACTEUR, TRICE
n.
Celui, celle qui participe à une réaction. Adjectivement, Le parti réacteur. Des menées réactrices. On dit aujourd'hui RÉACTIONNAIRE.
RÉACTIF, IVE
adj.
Qui exerce une réaction. Force réactive.
Il s'emploie aussi comme nom masculin en termes de Chimie et se dit des Substances qu'on emploie pour reconnaître la nature des corps, pour en déceler les éléments inaperçus. Employer un réactif. La potasse, l'ammoniaque, les teintures bleues végétales sont des réactifs.
RÉACTION
n. f.
T. de Physique
. Action d'un corps sur un autre qui agit ou vient d'agir sur lui. La réaction est toujours égale à l'action.
En termes de Chimie, il désigne des Modifications d'ordre chimique résultant de l'action d'un corps sur un autre.
En termes de Physiologie, il désigne une Action de l'organisme en réponse à une excitation quelconque.
RÉACTION se dit, dans le langage courant, d'une Émotion que provoque un reproche, une menace, une nouvelle heureuse ou fâcheuse, etc. Il manque de sang-froid, ses réactions sont violentes. Je croyais l'affliger en lui apprenant cette nouvelle : sa réaction a été faible, a été nulle.
Il se dit encore d'un Mouvement d'opinion qui agit dans un sens contraire au mouvement qui a précédé. Réaction politique, religieuse, philosophique, littéraire. La réaction contre le naturalisme, contre le positivisme.
Il se dit particulièrement de l'Action d'un parti politique qui s'efforce de rétablir l'état de choses antérieur. La réaction thermidorienne.
Il se dit plus particulièrement encore, et par ellipse, de ce Parti lui-même. Combattre la réaction, les menées de la réaction. L'opposition accusait les conservateurs de favoriser la réaction.
Il se dit spécialement d'une Réaction dans le sens conservateur.
En termes d'Équitation, il désigne Chacun des mouvements plus ou moins vifs et brutaux d'un cheval, et chacune des secousses que ces mouvements font éprouver au cavalier. Ce cheval a les réactions dures.
RÉACTIONNAIRE
adj. des deux genres
. T. du Langage politique
. Qui sert à opérer une réaction; qui travaille à une réaction. Des lois, des mesures réactionnaires. Un parti réactionnaire.
Il s'emploie aussi substantivement. C'est un réactionnaire.
RÉAGIR
v. intr.
Il se dit d'un Corps qui agit sur un autre dont il a éprouvé l'action. Un corps élastique réagit sur le corps qui le frappe.
En termes de Chimie, il se dit de la Réaction que les corps en se combinant exercent les uns sur les autres. Il fit réagir deux corps l'un sur l'autre.
En termes de Physiologie, Il se dit de l'Action manifestée par l'organisme à la suite d'une excitation quelconque. Le coeur ne réagit plus.
RÉAGIR s'emploie aussi figurément. Les sentiments manifestés par un auditoire réagissent souvent sur l'orateur.
Il signifie encore Éprouver une émotion à la suite d'une nouvelle, d'un reproche, d'une menace, etc. Cet outrage aurait dû l'irriter il n'a pas réagi.
Il signifie aussi Résister à, ne pas se laisser aller à. Il faut réagir contre cette mauvaise impression, contre cette fâcheuse tendance.
RÉAL
n. m.
Ancienne pièce de monnaie espagnole. Il récolta ainsi quelques réaux.
RÉALGAR
n. m.
T. de Chimie
. Nom vulgaire du Sulfure rouge d'arsenic.
RÉALISABLE
adj. des deux genres
. Qui est susceptible de se réaliser, d'être réalisé. Une fortune facilement réalisable. Des projets qui n'étaient pas réalisables.
RÉALISATEUR, TRICE
n.
Celui, celle qui réalise. Ce n'est pas seulement un imaginatif, c'est un réalisateur. Adjectivement, Un esprit réalisateur.
RÉALISATION
n. f.
Action de réaliser. La réalisation de ses offres.
RÉALISER
v. tr.
Rendre réel et effectif. Réalisez vos promesses. Il a réalisé toutes les espérances qu'il avait données. Il avait formé Réalisez vos promesses. Il a réalisé toutes les beaucoup de projets qu'il n'a pas réalisés. Vos conjectures se réalisent. Mes espérances se réalisèrent.
Réaliser sa fortune, Convertir ses valeurs mobilières ou immobilières en espèces.
En termes de Palais, Réaliser des offres, Faire des offres à deniers découverts.
En termes de Philosophie, Réaliser des abstractions, Leur attribuer le caractère d'êtres réels; ou Supposer sans fondement que les choses ainsi conçues abstraitement ressemblent à l'idée qu'on s'en fait.
RÉALISME
n. m.
T. de Philosophie
. Doctrine platonicienne, diversement interprétée et modifiée au moyen âge et dans le temps modernes, selon laquelle les idées sont des êtres réels, dont les êtres individuels et sensibles ne sont que le reflet et l'image. En ce sens il s'oppose à Nominalisme.
Dans certaines autres doctrines de la philosophie moderne, il s'oppose à Idéalisme.
En termes d'Esthétique, il désigne une Doctrine d'après laquelle l'art ne doit pas chercher à idéaliser le réel, mais seulement à le reproduire exactement. En cette acception, il s'oppose à des mots tels que Idéalisme, Romantisme, Impressionnisme, etc., qui désignent des doctrines ou des écoles de tendance contraire.
Il se dit aussi de toute application de cette doctrine dans une oeuvre d'art ou dans une oeuvre littéraire. Le réalisme d'un décor de théâtre. On trouve dans ses oeuvres un réalisme brutal.
RÉALISME signifie encore, dans le langage général, Sens de la réalité. Réalisme politique.
RÉALISTE
adj. des deux genres
. Qui concerne le réalisme, aux divers sens de ce mot. Une philosophie réaliste. Une description réaliste. Une politique réaliste.
Il signifie aussi Qui est partisan du réalisme. Un peintre réaliste. Un homme d'État réaliste. En ce sens il s'emploie substantivement. Ce romancier est un réaliste.
RÉALITÉ
n. f.
Existence effective. La réalité du corps de Notre-Seigneur au Saint Sacrement de l'autel. La réalité d'un paiement.
Il signifie aussi Ce qui existe effectivement, chose réelle. L'imagination va toujours au-delà de la réalité. Ce n'est pas une fiction, c'est une réalité. On ne vous offre pas des choses en l'air, des chimères, ce sont des réalités.
EN RÉALITÉ,loc. adv.
Réellement, effectivement. Heureux en apparence, il ne l'est pas en réalité.
RÉAPPARAÎTRE
v. tr.
Apparaître de nouveau. Saint Michel est apparu et réapparu à Jeanne d'Arc.
RÉAPPARITION
n. f.
Action de reparaître, d'apparaître de nouveau. La réapparition des symptômes d'une maladie. La réapparition d'une fièvre.
Il désigne particulièrement, en termes d'Astronomie, la Vue d'un astre qui commence à reparaître après une éclipse, ou après avoir été longtemps trop éloigné pour être aperçu, La réapparition d'une comète, d'une étoile.
RÉAPPOSER
v. tr.
Apposer de nouveau. Les scellés furent brisés, il fallut les réapposer.
RÉAPPOSITION
n. f.
Action de réapposer. Il doit assister à la réapposition des scellés.
RÉARMEMENT
n. m.
Action d'armer de nouveau ou Résultat de cette action. Le réarmement de la milice. Le réarmement d'un vaisseau.
RÉARMER
v. tr.
Armer de nouveau. Il signifie particulièrement Armer un vaisseau qui a été désarmé pour réparation. On réarma à la hâte plusieurs vaisseaux.
RÉASSIGNATION
n. f.
T. de Procédure
. Seconde assignation devant un juge. Faire, donner une réassignation.
RÉASSIGNER
v. tr.
T. de Procédure
. Assigner une seconde fois. S'il ne comparaît pas à la première assignation, sur la première assignation, on le réassignera.
RÉASSORTIMENT
n. m.
Voyez RASSORTIMENT.
RÉASSORTIR
v. tr.
Voyez RASSORTIR.
RÉASSURANCE
n. f.
T. de Finance
. Contre- assurance; assurance par laquelle l'assureur se prémunit lui-même contre les risques dont il est chargé.
RÉASSURER
v. tr.
T. de Finance
. Garantir par une réassurance.
REBAPTISER
v. tr.
Baptiser une seconde fois. Certaines sectes rebaptisent ceux qui passent d'une autre communion chrétienne dans la leur.
REBARBATIF, IVE
adj.
Qui est rude et rebutant. Un visage, un air rébarbatif. Une mine rébarbative.
REBÂTIR
v. tr.
Bâtir de nouveau. Cette maison a été rebâtie sur les anciennes fondations. Les Juifs, au retour de la captivité, rebâtirent le temple de Jérusalem.
REBATTRE
(Il se conjugue comme BATTRE.) v. tr.
Battre de nouveau. Il a été battu et rebattu. Rebattez ce tapis, il est encore plein de poussière.
Rebattre un matelas, Le refaire et battre la laine qu'il contient.
Rebattre un tonneau, En resserrer les douves, en frappant sur les cerceaux pour les faire avancer du côté de la bonde.
En termes de Chasse, Ce chien rebat ses voies se dit d'un Chien courant lorsqu'il revient à plusieurs reprises sur les mêmes voies.
Rebattre les oreilles et absolument Rebattre signifie Répéter inutilement et d'une manière ennuyeuse. Il m'en a rebattu les oreilles. Cet avocat n'a fait que rebattre ce qu'il avait dit à la première audience. C'est un sujet rebattu.
Fig. et fam., Être rebattu de quelque chose, en avoir les oreilles rebattues, Être las d'en entendre parler.
REBAUDIR
v. tr.
T. de Chasse
. Caresser, flatter les chiens. Il faut rebaudir les chiens qui ont bien fait.
REBEC
n. m.
Ancien instrument de musique, à archet et monté de trois cordes.
REBELLE
adj. des deux genres
. Qui refuse obéissance à une autorité légitime. Un sujet rebelle. Rebelle au roi. Rebelle aux ordres du prince. Rebelle à la république. On l'a déclaré rebelle. Rebelle à la justice. Un fils rebelle. Esprit rebelle. Une terre rebelle. Substantivement, C'est un rebelle. Punir les rebelles.
Les esprits rebelles, Les anges déchus, les démons.
REBELLE se dit encore des Choses et signifie Qui résiste à un effort. Une mèche de cheveux rebelle.
Une fièvre, une humeur, un ulcère, etc., rebelle aux remèdes, Une fièvre, une humeur, un ulcère, etc., qui ne cède point aux remèdes.
REBELLE signifie aussi Qui est impropre à une chose, qui n'a pas de dispositions pour une chose. Esprit rebelle à tout raisonnement. Rebelle à la musique.
Fig., Un sujet, une matière rebelle à la poésie, Un sujet, une matière qui ne peut pas se traiter ou ne peut se traiter que fort difficilement en vers.
REBELLER (SE)
v. pron.
Se rendre rebelle, se révolter, se soulever contre l'autorité légitime. Il s'est rebellé contre son prince. Plusieurs villes se rebellèrent.
Fig., Les passions, les sens se rebellent contre la raison, Ils ne se soumettent pas à la raison, ils ne la suivent pas.
RÉBELLION
n. f.
Révolte, soulèvement, résistance ouverte aux ordres de l'autorité légitime. Dompter, punir la rébellion.
Fig., La rébellion des sens contre la raison, La révolte, le soulèvement des sens contre la raison.
RÉBELLION désigne aussi l'Ensemble des rebelles. La rébellion a été vaincue.
En termes de Jurisprudence, il désigne l'Action d'empêcher par violence et par voie de fait l'exécution des ordres de la justice. Faire rébellion à la justice. Procès-verbal de rébellion.
REBIFFER (SE)
v. pron.
Se refuser à quelque chose avec brusquerie. Il se rebiffa contre cette proposition. On dit aussi : Se rebiffer contre quelqu'un, Regimber contre lui, refuser de lui obéir. Dans les deux acceptions il est familier.
REBLANCHIR
v. tr.
Blanchir de nouveau. On a reblanchi les murs de ce corridor.
REBOISEMENT
n. m.
Action de reboiser. Le reboisement des montagnes.
REBOISER
v. tr.
Planter des arbres sur des terrains où il existait des bois qui ont été détruits.
REBONDI, IE
adj.
Il se dit de Certaines parties charnues que la graisse fait paraître plus arrondies. Des joues rebondies. Une croupe rebondie. Il est familier.
REBONDIR
v. intr.
Faire un ou plusieurs bonds. Un ballon qui rebondit.
Il s'emploie aussi au figuré et signifie Repartir, prendre un élan nouveau. On croyait cette affaire terminée, elle a rebondi. Dans cette comédie, l'action rebondit au troisième acte.
REBONDISSEMENT
n. m.
Action de rebondir. Le rebondissement d'une balle. Fig., Le rebondissement d'une affaire.
REBORD
n. m.
Bord élevé et ordinairement ajouté, rapporté. Le rebord d'une balustrade. Les rebords d'un fossé.
Il signifie aussi Bord replié, renversé. Rebord d'un manteau de velours.
REBORDER
v. tr.
Mettre un nouveau bord. Reborder une jupe, une robe.
Oreilles rebordées, Oreilles dont le rebord est très marqué.
REBOUCHER
v. tr.
Boucher de nouveau. Reboucher un trou. Reboucher une bouteille. On avait débouché l'ouverture de ce tuyau, elle s'est rebouchée.
REBOURS
n. m.
Sens contraire de ce qui est ou de ce qui doit être. Il se dit principalement du Contre-poil des étoffes. Prendre le rebours d'une étoffe pour la mieux nettoyer.
Il s'emploie au figuré et désigne le Contre- pied, le contraire de ce qu'il faut. Vous n'expliquez pas bien cela, c'est tout le rebours de ce que vous dites. Il faut prendre tout le rebours de ce qu'il dit. Tout ce qu'il fait est le rebours du bon sens.
À REBOURS, AU REBOURS,loc. adv.
En sens contraire, il s'emploie au propre et au figuré. Marcher à rebours. Brosser du drap à rebours. Il prend tout au rebours.
À REBOURS DE, AU REBOURS DE, loc prép. À l'envers de, contrairement à. Au rebours, à rebours du bon sens. Il fait tout à rebours, au rebours de ce qu'on lui dit.
REBOUTEUR, EUSE
n.
Celui, celle qui fait le métier de remettre, par des procédés empiriques, les membres foulés ou luxés. Il faut aller chez le rebouteur, chez la rebouteuse. On dit aussi populairement REBOUTEUX.
REBOUTONNER
v. tr.
Boutonner de nouveau. Reboutonner son manteau.
SE REBOUTONNER signifie Reboutonner son vêtement.
REBRODER
v. tr.
Broder sur ce qui est déjà brodé. Rebroder au point de Venise.
Il signifie aussi Refaire une broderie. Il faudra rebroder le devant de cette robe.
REBROUSSE-POIL (À)
loc. adv.
À contre- poil. Brosser un chapeau à rebrousse-poil.
Il s'emploie aussi figurément et familièrement et signifie À contresens. Prendre une affaire à rebrousse-poil.
Prendre quelqu'un à rebrousse-poil, Le prendre contre sa nature, de manière à le hérisser.
REBROUSSER
v. tr.
Il ne se dit guère au propre qu'en parlant des Cheveux et du poil, lorsqu'on les relève du sens contraire à celui dont ils sont naturellement couchés. Rebrousser les cheveux. Rebrousser le poil d'un chat.
Fig., Rebrousser chemin et, absolument, Rebrousser, Retourner subitement en arrière. Quand il apprit cette nouvelle, il rebroussa chemin. Comme il allait à la campagne, il reçut une nouvelle qui le lit rebrousser aussitôt.
Dans le style biblique, Les rivières rebrousseront contre leur source, vers leur source, avant que... Elles remonteront vers leur source, avant que...
REBUFFADE
n. f.
Mauvais accueil, refus accompagné de paroles dures ou méprisantes. Recevoir une rebuffade. Essuyer, souffrir des rebuffades.
RÉBUS
(On prononce l'S.)n. m.
Jeu d'esprit qui consiste à représenter un mot, un nom ou une phrase par des figures d'objets dont les noms offrent à l'oreille une ressemblance avec ce mot, ce nom, cette phrase. Deviner des rébus.
Il signifie, par extension, Énigme. Cette phrase est obscure, c'est un vrai rébus.
REBUT
n. m.
Action de rebuter. Il a essuyé beaucoup de rebuts.
Il désigne aussi Ce qu'on a rebuté, ce dont on n'a point voulu, ce qu'il y a de plus mauvais en chaque espèce. Il a vendu tout ce qu'il avait de meilleur, il n'a plus que du rebut.
Marchandises de rebut, choses de rebut, Marchandises, choses qui ont été rebutées, ou qui méritent de l'être. Vous ne nous montrez là que des marchandises de rebut. On dit de même : Être, mettre au rebut. Ces meubles sont au rebut.
C'est le rebut du genre humain, de la nature, se dit d'un Homme vil et méprisable.
En termes d'Administration des postes, Mettre une lettre au rebut, Mettre à l'écart une lettre dont on n'a pu trouver le destinataire.
REBUTANT, ANTE
adj.
Qui rebute, qui décourage. Travail rebutant. Étude rebutante.
Il signifie aussi Qui est choquant, déplaisant, qui écarte. Air rebutant. Mine rebutante. Physionomie rebutante. Manières rebutantes.
REBUTER
v. tr.
Rejeter, repousser avec dureté, avec rudesse. Quand je lui parlai de cette affaire, il me rebuta. Rien ne lui plaît, il rebute tout. Rebuter une proposition.
Il signifie encore Décourager, dégoûter par des obstacles, par des difficultés, etc. La moindre chose le rebute. Il a été rebuté par les mauvais procédés dont on a usé envers lui. Il ne faut pas se rebuter si vite. Prenez garde que ce cheval ne se rebute.
Il signifie aussi Choquer, déplaire. C'est un air, une mine qui rebute. Cet homme a des manières qui rebutent tous ceux qui ont affaire à lui.
RECACHETER
v. tr.
Cacheter de nouveau. Après avoir lu cette lettre, il la recacheta avec soin pour qu'on ne s'aperçût pas qu'il l'avait ouverte.
RÉCALCITRANT, ANTE
adj.
Qui résiste avec opiniâtreté, avec humeur. Un caractère, un esprit récalcitrant. Une humeur récalcitrante. Il s'est montré bien récalcitrant. Un cheval récalcitrant.
Il s'emploie aussi substantivement. Il y avait parmi eux quelques récalcitrants. Faire le récalcitrant.
RÉCALCITRER
v. intr.
Regimber. Ce cheval ne fait que récalcitrer.
Il signifie aussi, figurément et familièrement, Résister avec opiniâtreté. Il est peu usité.
RÉCAPITULATIF, IVE
adj.
Qui sert à récapituler. État récapitulatif des dépenses.
RÉCAPITULATION
n. f.
Action de récapituler ou Résultat de cette action. Il fit une courte récapitulation de tout ce qu'il avait dit. La récapitulation d'un compte.
RÉCAPITULER
v. tr.
Résumer point par point ce qu'on a déjà dit. Il récapitula, dans sa péroraison, les principaux points de son discours. Récapituler un compte.
RECARDER
v. tr.
Carder de nouveau. Il faut faire recarder ces matelas.
RECÉDER
v. tr.
Rendre à quelqu'un ce qu'il avait cédé auparavant. Je lui ai recédé la maison qu'il m'avait vendue.
Il signifie encore Céder à quelqu'un à prix d'argent une chose qu'on a achetée. Recédez- moi ce tableau. Recédez-nous la moitié de vos provisions.
RECEL
n. m.
T. de Droit
. Acte de celui qui recèle. Il fut poursuivi pour recel, comme coupable de recel.
RECELÉ
n. m.
T. de Jurisprudence
. Recèlement des effets d'une société, d'une succession, etc. On fait informer du recelé.
RECÈLEMENT
n. m.
Action de receler. Le recèlement et le larcin sont également punissables. Le recèlement d'un meurtrier.
RECELER
(Il se conjugue comme CELER.) v. tr.
Garder, cacher une chose que l'on sait être volée. On a pris celui qui avait recelé tous les objets dérobés.
Il signifie encore Détourner, cacher les effets d'une succession, d'une société, etc. Il est accusé d'avoir recelé des effets considérables.
Il signifie aussi Cacher chez soi des personnes auxquelles les lois défendent de donner retraite. Receler un voleur, un meurtrier.
RECELER signifie aussi figurément Contenir, renfermer. La terre, la mer recèlent de grands trésors dans leur sein.
En termes de Chasse et absolument, Le cerf recèle, se dit quand le cerf reste deux ou trois jours dans son enceinte sans en sortir.
RECELEUR, EUSE
n.
Celui, celle qui recèle. Il y avait autrefois peine de mort contre les receleurs. On a découvert le receleur des objets volés. Elle a été punie comme receleuse. Prov., S'il n'y avait point de receleurs, il n'y aurait point de voleurs.
RÉCEMMENT
adv.
Nouvellement, depuis peu de temps. Cela est arrivé récemment, tout récemment. Il était récemment marié.
RECENSEMENT
n. m.
Dénombrement de personnes, d'effets, de suffrages, etc. On a ordonné un nouveau recensement de la population de cette ville. Il a fait le recensement de ses rentes. D'après le recensement des sommes reçues, il constate que... Il faut procéder au recensement des voix.
Il désigne encore une Nouvelle vérification de marchandises, de leur qualité, de leur quantité, de leur poids.
RECENSER
v. tr.
Faire un recensement. On va recenser de nouveau la population de la France.
RECENSION
n. f.
T. de Philologie
. Comparaison d'une édition d'un auteur ancien avec les manuscrits. Le texte de cet écrivain grec a été établi d'après les plus savantes recensions.
Il se dit aussi du Texte revu et édité par un critique. La recension d'Homère par Aristarque.
RÉCENT, ENTE
adj.
Qui s'est produit depuis peu de temps. Un événement récent. Une découverte récente. Cela est d'une écriture toute récente. Une mort récente.
Avoir la mémoire récente de quelque chose, S'en ressouvenir comme d'une chose nouvellement arrivée.
RECEPAGE
n. m.
Action de receper ou Résultat de cette action.
RECEPÉE
n. f.
Partie d'un bois qu'on a recepée. Le rendez-vous de chasse était à la recepée.
RECEPER
v. tr.
Couper au pied des ceps de vigne afin qu'ils poussent mieux. Il a fallu receper les vignes.
Il se dit aussi en parlant des Arbres et arbustes. Receper des taillis.
Il se dit également en parlant des Pieux, des pilotis que l'on coupe sous l'eau et à fleur du sol. Machine à receper.
RÉCÉPISSÉ
n. m.
Terme emprunté du latin. Écrit par lequel on reconnaît avoir reçu des papiers, des pièces, des titres, une somme d'argent, etc. Je lui donnerai, je lui communiquerai ces pièces sous ou sur un bon récépissé. Je vous en donnerai mon récépissé. J'ai gardé le récépissé du mandat que le lui ai envoyé. Les récépissés de la banque.
RÉCEPTACLE
n. m.
Lieu où se trouvent entassées, où vont s'échouer plusieurs choses telles que détritus, épaves, etc., provenant de divers endroits. Il se prend toujours en mauvaise part. C'est le réceptacle de toutes les ordures, de toutes les immondices de la ville, de la maison.
Il se dit aussi en parlant des Personnes. Cette maison, cet endroit est le réceptacle des vagabonds, des voleurs, etc.
En termes d'Architecture hydraulique, il désigne un Bassin destiné à rassembler des eaux, qui y sont amenées de plusieurs endroits par divers conduits.
En termes de Botanique, il désigne le Fond du calice d'une fleur, au milieu duquel est fixé l'ovaire. Étamines insérées sur le réceptacte. On le dit aussi quelquefois du Placenta Voyez PLACENTA.
RÉCEPTEUR
n. m.
T. de Physique et de Mécanique
. Organe d'une machine transformant le mode d'action des forces mises en oeuvre, de manière à pouvoir les utiliser. Les roues hydrauliques sont des récepteurs. Dans une machine électrique ordinaire, le récepteur transforme l'énergie électrique en énergie mécanique qu'on peut utiliser. Le récepteur d'un téléphone. Décrocher un récepteur.
RÉCEPTEUR, TRICE, s'emploie adjectivement. Un poste récepteur. Une machine réceptrice.
RÉCEPTIF, IVE
adj.
Qui reçoit, qui peut recevoir des impressions. Une plaque réceptive. Un esprit réceptif.
RÉCEPTION
n. f.
Action de recevoir une chose qui vous a été adressée. La réception d'un paquet, d'une lettre. La réception d'une lettre de change. J'ai reçu la lettre par laquelle vous accusez réception de mon paquet. Accusez- moi réception de ma lettre ou, simplement, Accusez-moi réception.
Accusé de réception, Avis de réception, Pièce par laquelle on certifie que la chose envoyée a bien été remise.
RÉCEPTION se dit aussi en parlant des Personnes et signifie Accueil, manière de recevoir. Faire une bonne réception, une mauvaise réception à quelqu'un.
Il se dit également de l'Action de recevoir plusieurs personnes à la fois, avec une sorte de cérémonial. Il y avait réception chez le roi, chez la reine.
Jour de réception se dit du Jour convenu où l'on est assuré de trouver chez elle une personne à qui l'on veut rendre visite. Le samedi est le jour de réception du cette ambassadrice, de ce ministre, du Mme X.
RÉCEPTION se dit aussi de la Cérémonie par laquelle quelqu'un est reçu dans une compagnie ou installé dans une charge. J'étais à sa réception. Il y avait foule à l'Académie pour la séance de réception. Le nouvel académicien a donné lecture de son discours de réception. Les membres de cette compagnie prennent rang selon l'ordre de leur réception.
RÉCEPTIVITÉ
n. f.
T. didactique
. Aptitude à recevoir des impressions.
RECERCELÉ, ÉE
adj.
T. de Blason
. Il se dit des Croix dont les bras se terminent en deux pointes recourbées en volute.
RECETTE
n. f.
Ce qui est reçu, ce qui rentre en espèces, en valeurs. La recette et la dépense. La dépense excède la recette. Chapitre de recette. Article de recette. Passer en recette. Porter en recette. La recette doit à la dépense. Ce théâtre fait de bonnes recettes. On prélève tant sur la recette. Le produit de la recette. Le total de la recette.
Il se dit aussi de l'Action et de la fonction de recevoir, de recouvrer ce qui est dû, soit en argent, soit en nature. Faire la recette d'une terre, la recette des rentes de quelqu'un. Avoir la recette des contributions de tel endroit.
Garçon de recette, Employé chargé d'encaisser des effets de commerce.
RECETTE se dit encore du Bureau où l'on reçoit les contributions. Recette buraliste.
Il se dit également de l'Emploi de celui qui est chargé de recevoir les contributions. Il a été nommé à la recette des finances.
RECETTE se dit aussi de la Composition de certains médicaments. Une bonne recette contre la fièvre.
Il se dit encore de Certaines méthodes, de certains procédés, dont on se sert dans les arts, dans l'économie domestique, etc. Des recettes de cuisine. Enseigner une recette. Demander une recette. Une recette pour conserver les fruits. Une recette pour faire de l'encre.
Il se dit figurément et familièrement de la Manière de se conduire dans certaines circonstances. Comment faites-vous pour rester bien avec tout le monde? Vous me donnerez la recette.
RECEVABILITÉ
n. f.
T. de Procédure
. Qualité de ce qui est recevable. La Cour statua sur la recevabilité de la demande en revision.
RECEVABLE
adj. des deux genres
. Qui est admissible, qui peut être admis, qui doit être reçu. Fournir des marchandises bonnes et recevables. Cette excuse n'est pas recevable, Ce délai passé, on ne sera plus recevable à produire de nouveaux titres. Des offres recevables, des offres non recevables, etc.
En termes de Procédure, Il a été déclaré non recevable dans sa demande, Sa demande a été rejetée par des fins de non-recevoir.
RECEVEUR, EUSE
Celui, celle qui a charge de faire une recette, soit en argent, soit en nature. Receveur des contributions. Receveur de l'enregistrement et des domaines. Receveur des postes. Receveur buraliste. La receveuse du tramway.
RECEVOIR
(Je reçois, tu reçois, il reçoit; nous recevons, vous recevez, ils reçoivent. Je recevais. Je reçus. J'ai reçu. Je recevrai. Je recevrais. Reçois, recevez. Que je reçoive. Que je reçusse. Recevant. Reçu.)v. tr.
Accepter, prendre ce qui est donné, ce qui est présenté, ce qui est offert sans qu'il soit dû. Recevoir un don, un présent. Recevoir quelque chose en don. Recevoir par testament. Recevoir un legs, une donation. Recevoir une aumône. Recevoir des étrennes. En ce sens il s'emploie aussi absolument. Prov., Il vaut mieux donner que recevoir.
Il signifie encore Toucher ce qui est dû, en être payé. Recevoir un paiement, un remboursement. Recevoir le revenu d'une terre, le prix d'un loger, le salaire d'une peine, le prix d'un travail. Recevoir des appointements, des gages. Recevoir des arrérages. Recevoir une indemnité, un dédommagement. Recevoir une gratification.
Il se dit également en parlant de Tout ce qui est délivré, fourni, procuré à quelqu'un. Recevoir sa ration. Les soldats ont reçu des vivres pour trois jours. Ce régiment a reçu des recrues. L'armée va recevoir des renforts. Les assiégés reçurent des secours.
Il se dit, particulièrement, en parlant des Choses qui sont envoyées ou adressées à quelqu'un, lorsqu'elles sont remises entre ses mains, lorsqu'elles parviennent jusqu'à lui. Recevoir des lettres. Recevoir un paquet, un colis. Recevoir une requête, une pétition, un mémoire. Recevoir une dépêche. Recevoir une nouvelle, des nouvelles, des renseignements. Recevoir un ordre. Cette dernière locution se dit aussi bien en parlant d'ordres qui sont donnés de vive voix.
Il se dit, dans un sens analogue, en parlant des Personnes qui sont adressées à quelqu'un. Recevoir un messager, un courrier, un parlementaire, des députés.
Il se dit encore en parlant des Biens qui arrivent, des choses qui sont données, accordées, comme grâce, faveur, récompense, etc., soit par Dieu, soit par les hommes. Recevoir des grâces de Dieu, des grâces d'en haut. Recevoir des inspirations du ciel. Les dons, les avantages, les agréments qu'il a reçus de la nature. Recevoir un service de quelqu'un. Recevoir des politesses, des civilités. Recevoir des marques, des témoignages, des preuves d'estime, d'amitié, d'attachement, etc. Recevoir un bon accueil. Recevoir le prix de ses services, la récompense de son dévouement. Recevoir de bons traitements. Recevoir des consolations. Recevoir des respects, des hommages, de grands honneurs. Recevoir des compliments, des louanges, des éloges. Recevoir sa grâce, son pardon. Recevoir de son ennemi la vie et la liberté.
Fig., Recevoir le bâton de maréchal de France, le chapeau de cardinal, la croix de la Légion d'honneur, etc., Être nommé maréchal de France, cardinal, chevalier de la Légion d'honneur, etc.
RECEVOIR se dit de même en parlant des Maux qui arrivent, de ce qu'on subit, de ce qu'on éprouve de fâcheux, soit par hasard, soit par la volonté d'autrui. Recevoir un coup, des coups, un soufflet, un choc, une blessure. Recevoir une balle dans la cuisse. Recevoir la mort. Recevoir un dommage. Recevoir un outrage, une offense, un affront, une injure. Recevoir des reproches, des remontrances. Recevoir un châtiment, une punition. Recevoir le prix de ses forfaits. Recevoir des marques, des témoignages, des preuves de haine, d'aversion, de mépris, de mécontentement, etc. Recevoir un mauvais accueil.
Il se dit encore, tant au sens physique qu'au sens moral, en parlant des Impressions, des modifications, etc., qu'une chose subit, éprouve. Le miroir reçoit les images des objets. La cire reçoit toutes les formes qu'on veut lui donner. La matière reçoit toutes sortes de formes. Recevoir l'impulsion, le mouvement. Ce passage peut recevoir divers sens, diverses significations, diverses interprétations. L'armée reçut une nouvelle organisation. On dit dans une acception analogue : Recevoir un nom, une dénomination, etc.
Il se dit aussi en parlant de Ce qui est transmis, communiqué. Recevoir la vie, l'existence. Les parents de qui elle a reçu le jour. Recevoir une bonne, une mauvaise éducation. Recevoir de l'instruction. Recevoir des leçons. Recevoir de bons, de mauvais exemples. Ces peuples ne reçurent la foi qu'au troisième siècle. Les apôtres reçurent le Saint-Esprit le jour de la Pentecôte.
Il se dit, dans ce sens, en parlant des Sacrements. Recevoir le baptême. Recevoir la confirmation. Recevoir les ordres. Recevoir l'absolution. Recevoir la bénédiction nuptiale.
Ce malade a reçu les sacrements, Les sacrements de la Pénitence, de l'Eucharistie et de l'Extrême-Onction lui ont été administrés.
RECEVOIR signifie aussi Tirer, emprunter, faire venir. Cet escalier reçoit son jour du haut du bâtiment. La lune reçoit sa lumière du soleil. Les usages qu'un peuple a reçus d'un autre peuple. Il reçoit cette marchandise de tel pays.
Il se dit en outre des Choses qui recueillent, qui contiennent celles qui viennent y aboutir, qui viennent s'y rendre. La mer reçoit tous les fleuves. Une gouttière qui reçoit toutes les eaux d'un toit. Une citerne qui reçoit les eaux pluviales. Un égout qui reçoit toutes les immondices de la ville. Ce port reçoit plus de bâtiments que tel autre. Cette ville pourrait facilement recevoir de nouveaux habitants.
Il se dit également des Personnes et signifie Recueillir, retenir. Recevoir dans une cuvette le sang qui coule d'une saignée. Je lui ai jeté un paquet, il l'a reçu adroitement. Il tombait et se serait tué si je ne l'eusse reçu entre mes bras.
Il se dit encore en parlant de Certaines paroles ou de certains écrits qui sont donnés pour servir d'assurance, de gage, etc. J'en ai reçu sa parole. J'ai reçu sa parole qu'il n'en ferait rien. Il a reçu parole de lui pour telle chose. J'en ai reçu la promesse, l'assurance. Il a reçu ma foi. Elle a reçu mes serments.
Il se dit aussi en parlant de Ce qui est confié. Recevoir de l'argent en dépôt. Recevoir une confidence. J'ai reçu sa déclaration sous le sceau du secret. Recevoir les dernières volontés de quelqu'un.
Fig., Recevoir les derniers soupirs de quelqu'un, L'assister à sa mort.
En termes de Guerre, Recevoir le mot d'ordre, Prendre le mot d'ordre; ou, dans une autre acception, Se faire dire le mot d'ordre par ceux de qui on a droit de l'exiger.
RECEVOIR, en parlant de Certaines choses, signifie Accueillir, agréer, accepter. Je reçois vos offres. Il en a reçu la proposition avec joie. La proposition qu'il a faite a été bien reçue, mal reçue. Son compliment n'a pas été bien reçu. Je ne reçois pas votre excuse. Sa pièce a été reçue à corrections.
Bien recevoir, mal recevoir signifie aussi Approuver, désapprouver. Cette nouvelle fut bien reçue dans le publie. Cela sera mal reçu. Ce livre a été bien reçu.
RECEVOIR se dit également en parlant des Personnes et signifie Accueillir. Recevoir un ambassadeur, le recevoir avec magnificence. Il m'a reçu à bras ouverts, cordialement, avec de grandes démonstrations de joie. Il l'a reçu froidement. On alla le recevoir au bas de l'escalier. Il a été fort bien reçu, fort mal reçu. Il est bien reçu partout. Je me suis présenté chez lui, mais il n'a pas voulu me recevoir. C'est un homme qui reçoit fort bien son monde, qui sait recevoir son monde. Absolument, Il sait recevoir.
Il l'a reçu en brave, en homme de coeur se dit d'un Homme qui s'est présenté courageusement à un ennemi qui venait l'attaquer.
Les ennemis ont été reçus à coups de canon, On a fait sur eux, un violent tir d'artillerie lorsqu'ils se sont approchés.
Fig. et fam., Recevoir quelqu'un comme un chien, le recevoir comme un chien dans un jeu de quilles, Lui faire un très mauvais accueil.
Être reçu chez quelqu'un, Être admis dans sa société. Il est reçu chez le ministre. Il est reçu dans la meilleure société. Son éducation le met en état d'être reçu partout.
Recevoir la visite de quelqu'un, Être visité par quelqu'un.
Recevoir des visites, Être visité par diverses personnes. Il signifie aussi Admettre chez soi les personnes par qui l'on est visité. Pendant le premier mois de son deuil, elle ne recevra pas de visites. On dit absolument dans la même acception : Madame une telle ne reçoit pas aujourd'hui. Le roi reçut hier. On reçoit demain à la cour. Ce ministre reçoit deux fois par semaine.
RECEVOIR signifie encore Donner retraite, donner asile chez soi. Il a reçu des réfugiés chez lui pendant la guerre.
Il signifie aussi Admettre. Après un certain temps, on n'est pas reçu à demander les arrérages d'une rente échue. Un tel homme est mal reçu à se plaindre. Recevoir quelqu'un au nombre de ses amis. Il l'a reçu dans son régiment, dans sa compagnie. Il a été brillamment reçu à son examen.
Il s'emploie dans le même sens en termes de Procédure. On l'a reçu partie intervenante. On l'a reçu à prouver.
Fin de non-recevoir, Exception préalable qui consiste à soutenir que la partie adverse n'est pas recevable dans sa demande. Alléguer des fins de non-recevoir.
RECEVOIR signifie aussi Installer dans une charge, dans une dignité, dans un emploi, etc., avec le cérémonial ordinaire. Le jour qu'il fut reçu conseiller à la Cour de Cassation. On le reçut les chambres assemblées. Cet officier fut reçu à la tête des troupes, à la tête de son régiment. Il est élu membre de l'Académie française, mais il n'a pas encore été reçu. Ce candidat était admissible, mais il n'a pas été reçu. Il a été reçu docteur depuis peu. Se faire recevoir avocat.
Il signifie encore Se soumettre, déférer à quelque chose, comme à une loi, à une règle, à une vérité reconnue. Recevoir une décision avec respect, avec une parfaite soumission. Recevoir de nouvelles lois. Le droit romain n'était reçu qu'en quelques provinces de France. Recevoir une bulle, un décret, etc. Il n'a d'autres opinions que celles qu'il reçoit d'autrui. C'est un principe que tous les philosophes ont reçu. Recevoir comme une vérité incontestable.
Recevoir les ordres de quelqu'un, Être soumis à sa volonté, à ses ordres. Je ne reçois point ses ordres. Je ne reçois point d'ordres de lui. Je n'ai d'ordres à recevoir de personne.
Recevoir les ordres de quelqu'un signifie aussi Savoir de lui ce qu'on peut faire qui lui soit agréable. Je ne manquerai pas d'aller recevoir vos ordres avant de partir.
Le participe passé REÇU s'emploie aussi adjectivement et signifie Qui est admis, établi, consacré. Les usages reçus. Les maximes reçues. Vous pouvez très bien procéder ainsi, cela est reçu. Se conformer à ce qui est reçu.
REÇU est aussi nom masculin. Voyez ce mot à son rang alphabétique.
RÉCHAMPIR
v. tr.
T. de Peinture
. Détacher les objets du fond sur lequel on peint, soit en marquant leurs contours, soit par l'opposition des couleurs. On dit aussi Échampir.
Il signifie également, en termes de Doreur, Réparer avec du blanc de céruse les bavures que la couleur jaune destinée à recevoir la dorure a pu faire sur les fonds.
Le participe passé RÉCHAMPI s'emploie substantivement. Il faudra faire les réchampis d'un ton plus soutenu.
RECHANGE
n. m.
Remplacement. Il se dit en parlant de Certains objets que l'on tient en réserve pour remplacer, au besoin, d'autres objets semblables; en ce sens il ne s'emploie jamais qu'avec la préposition de. Un rasoir mécanique avec des lames de rechange. Une roue de rechange. Emporter des vêtements de rechange. On appelle quelquefois ces divers objets Des rechanges. Les rechanges d'un navire.
Pièce de rechange, Pièce destinée à en remplacer une autre dans un ensemble, dans un mécanisme.
Corps de rechange, Partie de certains instruments à vent qu'on change selon les divers tons dans lesquels on veut jouer. Une trompette à corps de rechange.
RECHANGE désigne aussi, en termes de Commerce, le Droit d'un nouveau change qu'on fait payer par celui qui a tiré une lettre de change, lorsqu'elle a été protestée. Payer le change et le rechange.
RÉCHAPPER
v. intr.
Être délivré, se tirer d'un grand péril. Il a une maladie grave, il n'en réchappera pas. Ce sera un grand bonheur s'il en réchappe. Vous êtes bien heureux d'être réchappé de cet accident.
RECHARGEMENT
n. m.
Action de recharger. Le rechargement d'une voiture, d'une bête de somme. Le rechargement d'une route. Il y a de gros frais de rechargement pour toutes ces marchandises.
RECHARGER
v. tr.
Charger de nouveau, imposer de nouveau quelque charge. On a rechargé ces marchandises sur le même bâtiment. On avait déchargé les mulets, il fallut les recharger.
Il signifie aussi Charger de nouveau une arme à feu. Recharger un canon, un fusil. On dit dans un sens analogue : Recharger un poêle, une pile électrique, un appareil photographique.
En termes de Voirie, Recharger une route, La rééquiper en pierres, gravier, etc.
En termes de Forgeron, Recharger, Ajouter à des outils, à des pièces de fer le métal propre à réparer les parties usées, affaiblies. Recharger une pioche, un essieu.
RECHARGER signifie encore Donner un ordre encore plus pressant. Je vous avais chargé et rechargé de l'avertir, et cependant vous n'en avez rien fait. En ce sens il est familier.
SE RECHARGER signifie Reprendre son fardeau, sa charge. Après s'être reposé un instant, il se rechargea et partit.
RÉCHAUD
n. m.
Ustensile de ménage dans lequel on met du feu pour chauffer les mets, pour tenir chauds les plats et pour d'autres usages. Réchaud de cuivre, d'argent. Réchaud à l'alcool. Réchaud à gaz.
RÉCHAUFFER
v. tr.
Échauffer, chauffer ce qui était refroidi. Faire réchauffer un potage. Le temps se réchauffe.
Fig., C'est un serpent que j'ai réchauffé dans mon sein se dit en parlant d'un Ingrat.
RÉCHAUFFER s'emploie figurément. Ces bons procédés ont réchauffé son amitié. Son zèle s'est réchauffé.
Le participe passé RÉCHAUFFÉ s'emploie adjectivement. Un plat réchauffé. Un dîner réchauffé.
Il s'emploie aussi substantivement. Ce dîner n'est que du réchauffé.
Fig. et fam., Cette nouvelle, cette plaisanterie n'est que du réchauffé, Elle est loin d'être neuve.