Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Dessaisissement
n. m.
Action de dessaisir ou de se dessaisir.
DESSALAGE
n. m.
Action de dessaler. Le dessalage de la morue.
DESSALER
v. tr.
Faire qu'une chose ne soit plus aussi salée qu'elle l'était, ou qu'elle ne le soit plus du tout. Dessaler de la morue, des harengs. Mettre du jambon à dessaler. Dessaler une sauce trop salée. On dessale l'eau de mer en la distillant.
DESSANGLER
v. tr.
Desserrer une sangle en la lâchant ou la défaisant. Dessangler une selle, un bât. Par extension, Dessangler un cheval.
DESSÉCHANT, ANTE
adj.
Qui dessèche. Un vent desséchant. Une exhalaison desséchante. Fig., Des doctrines desséchantes. Une ironie desséchante.
DESSÈCHEMENT
n. m.
Action de dessécher ou État d'une chose desséchée. Le dessèchement des feuilles. Par analogie, Le dessèchement d'un étang, d'un marais. Fig., Le dessèchement du coeur, de l'imagination.
DESSÉCHER
v. tr.
Rendre sec. Le vent, la chaleur a desséché les feuilles de cet arbre. Dessécher des plantes pour les conserver dans un herbier. Sa peau se dessèche. Un arbre qui se dessèche et meurt.
Il signifie aussi Mettre à sec. Dessécher les fossés d'une ville. Dessécher un étang. Ces marais se dessèchent en partie durant l'été.
Il signifie par extension Exténuer, amaigrir, consumer. Un corps que les veilles et les travaux ont desséché. Son corps se dessèche.
Fig., Dessécher l'esprit, l'imagination, Ôter l'esprit, à l'imagination leur agrément.
Dessécher le coeur, Le rendre froid, insensible. Cette triste expérience lui a desséché le coeur.
SE DESSÉCHER signifie aussi Désirer quelque chose avec impatience, au point d'en maigrir.
DESSEIN
n. m.
Intention d'exécuter quelque chose. Concevoir un dessein. Former un dessein. Faire dessein de. Avoir des desseins. Avoir dessein de voyager. Changer de dessein. Cacher son dessein. Exécuter son dessein. Accomplir ses desseins. Il le fit servir à ses desseins. Être l'instrument des desseins de quelqu'un. Prévenir, renverser, traverser, ruiner les desseins de quelqu'un. Découvrir, pénétrer, éventer le dessein des ennemis. Il y est allé de dessein prémédité, de dessein formé. Il ne va pas là sans dessein. Il est dans le dessein de faire telle chose. Il était parti dans le dessein, avec le dessein d'aller vous voir.
Les desseins de la Providence, Ses arrêts.
Il signifie aussi Projet, plan d'un ouvrage. Le dessein d'un poème, d'une tragédie, d'un tableau.
À DESSEIN,loc. adv.
Exprès, avec intention. Je l'ai fait à dessein.
À DESSEIN DE,loc. prép.
En vue de, dans l'intention de. Il va chez lui à dessein de le faire changer de résolution, à dessein de lui parler.
DESSELLER
v. tr.
Décharger de la selle. Ce cheval a trop chaud, il ne faut pas le desseller tout de suite.
DESSERRE
n. f.
Action de desserrer. Il ne s'emploie que comme locution adverbiale. Une arbalète dure à la desserre, Dont la détente est dure.
DESSERRER
v. tr.
Relâcher ce qui est serré. Cette ceinture vous serre trop, desserrez- la. Desserrer un lien, un noeud.
Desserrer les dents à quelqu'un, Lui faire ouvrir par force les deux mâchoires, lorsque, par convulsion ou autrement, il les tient extrêmement serrées l'une contre l'autre.
Fig. et fam., Ne pas desserrer les dents, Se taire obstinément, ne pas dire un seul mot dans une occasion de parler. On n'a pu lui faire desserrer les dents, On n'a pu l'obliger à parler, à rompre le silence.
DESSERT
n. m.
Ce qu'on sert, ce qui se mange à la fin du repas, comme le fruit, le fromage, les confitures, la pâtisserie. Servir le dessert. Manger une poire, du fromage à son dessert, pour son dessert. Assiettes à dessert.
Il se dit, par extension, du Moment où le dessert est sur la table. Il arriva au dessert.
DESSERTE
n. f.
Meuble ou Table où l'on met ce que l'on a desservi.
Anciennement il signifiait Viande, mets qu'on a desservis, qu'on a ôtés de dessus la table. Donner la desserte aux domestiques, aux pauvres.
DESSERTE
n. f.
Ensemble des fonctions attachées au service d'une cure, d'une chapelle, etc. Il s'emploie surtout en parlant du Service que fait un prêtre.
DESSERTIR
v. tr.
Dégager une pierre précieuse, une pierre gravée, un portrait, de ce qui les retient dans une monture de métal.
DESSERVANT
n. m.
Celui qui dessert une cure, une chapelle, etc. On a nommé un desservant à cette cure.
DESSERVIR
v. tr.
Débarrasser une table des plats, assiettes, etc. Desservir la table, ou absolument Desservir.
Il signifie, par extension, Nuire à quelqu'un, lui rendre de mauvais offices. Il a fait tout ce qu'il a pu pour me desservir. Il vous a desservis auprès d'un tel.
DESSERVIR
v. tr.
Faire le service d'une église, d'une chapelle, etc.
Il signifie de plus Faire un service de voirie, mettre plusieurs endroits en communication l'un avec l'autre. Cet autobus dessert les boulevards, les Champs-Élysées. Par analogie, Ce bureau de poste dessert plusieurs communes.
DESSICCATIF, IVE
adj.
Qui a la propriété de dessécher. Eau dessiccative, onguent dessiccatif, Propres à dessécher une plaie. Huiles dessiccatives, se dit de Certaines huiles qui, employées avec les couleurs, les rendent propres à sécher plus promptement. On dit aussi Huiles siccatives.
DESSICCATION
n. f.
Action de dessécher. En termes de Botanique, La dessiccation d'une plante, L'action de dessécher une plante par la pression ou autrement, pour la placer ensuite dans l'herbier.
DESSILLER
v. tr.
Il ne s'emploie que dans cette expression, Dessiller les yeux, Amener quelqu'un à voir ce qu'il ignorait ou voulait ignorer.
DESSIN
n. m.
Représentation d'une ou de plusieurs figures, d'un paysage, d'un morceau d'architecture, d'un objet quelconque, faite au crayon, à la plume, au pinceau ou par tout autre instrument. Un portefeuille plein de beaux dessins. Des dessins de Raphaël, de Callot, de Watteau, d'Ingres. Dessin colorié. Dessin au trait. Dessin au lavis. Dessin lithographié. Dessin au crayon, à la plume. Des dessins tracés sur la muraille avec du charbon, avec de la craie. Dessin linéaire. Dessin de construction. Dessin d'ornement.
Il se dit également des Représentations de fantaisie, plus ou moins variées qu'on fait, qu'on applique sur divers objets, et principalement sur les étoffes, pour les orner. Le dessin d'une indienne, d'un papier de tenture. Cette étoffe est d'un joli dessin. Un dessin bleu sur un fond jaune. Le dessin d'une broderie, d'un guillochis, d'une mosaïque. Faire des dessins sur quelque chose.
Il désigne aussi l'Art qui enseigne à bien dessiner. Apprendre le dessin. Les arts du dessin, Les arts dont le dessin fait la partie essentielle, comme la peinture, la gravure, la sculpture.
Il se dit encore, dans un sens plus spécial, de la Simple délinéation et des contours des figures d'un tableau. Dessin correct, exact. Le dessin est la probité de l'art.
Il se dit pareillement du Plan d'un bâtiment, d'un parc, d'un jardin. J'ai fait faire le dessin de ce bâtiment par un habile architecte. Le dessin de ce jardin a été fait par un maître jardinier.
DESSINATEUR, TRICE
n.
Celui, celle dont la profession est de dessiner. Dessinateur correct. Il y a un dessinateur pour les costumes à ce théâtre. Les dessinateurs d'une fabrique d'indiennes. Un dessinateur de jardins. Un dessinateur de machines. Une dessinatrice de maison de couture.
Il se dit aussi d'un Peintre qui sait rendre avec justesse les formes, le contour des figures. Ce peintre est bon coloriste, mais il n'est pas dessinateur. Ingres était un grand dessinateur.
DESSINER
v. tr.
Représenter, reproduire par le dessin. Dessiner une figure d'après nature. Une figure bien dessinée. Dessiner le paysage. Dessiner une tête. Dessiner une main. Dessiner un plan. Dessiner des arabesques, des fleurs. Absolument, Dessiner au crayon, à la plume. Dessiner de fantaisie. Dessiner d'après l'antique, d'après la bosse, d'après nature. L'art de dessiner.
Il signifie particulièrement Tracer le contour, exprimer les formes des figures d'un tableau. Ce peintre dessine hardiment, correctement.
Il signifie encore Tracer sur le terrain un jardin ou un parc.
Il signifie, par analogie, Indiquer ou faire ressortir les formes du corps. Un vêtement qui dessine bien les formes.
SE DESSINER signifie Paraître ou Se détacher plus ou moins nettement sur un fond quelconque. Je voyais se dessiner sur la muraille l'ombre des gens qui allaient et venaient. On dit souvent dans un sens analogue, en termes de Marine, Une terre se dessine dans la brume, se dessine légèrement à l'horizon.
Il signifie encore Prendre, acquérir des contours plus saillants, plus prononcés. Cette jeune personne a beaucoup grandi, les formes de sa taille commencent à se dessiner. Fig., Les opinions, les partis commençaient à se dessiner. On dit, dans le même sens, Ses intentions, son entreprise se dessinent.
DESSOLER
v. tr.
Débarrasser de la sole, de la partie inférieure du sabot. Dessoler un cheval, un mulet, etc.
DESSOLER
v. tr.
T. d'Agriculture
. Cultiver avec un nouvel assolement. Dessoler les terres d'une ferme.
DESSOUDER
v. tr.
Disjoindre ce qui était soudé. Le raccord de ce tuyau est dessoudé. Le fer-blanc se dessoude facilement au feu.
DESSOULER
v. tr.
Débarrasser des malaises et des troubles de l'ivresse.
Il est aussi intransitif et signifie Cesser d'être ivre. Il ne dessoule jamais. Dans l'un et l'autre sens, il est populaire.
DESSOUS
(DE se prononce DE et non DÉ.) adv. de lieu . Dans la partie, à la face inférieure. On le cherchait sur le lit, il était dessous.
Mettre une chose sens dessus dessous. Voyez DESSUS.
Il entre en composition dans les locutions adverbiales :
LÀ-DESSOUS, Sous cela. Il y a quelque piège là-dessous.
CI-DESSOUS, Plus bas dans la page. Comme on le verra ci-dessous. Voyez ci-dessous.
PAR-DESSOUS, Par le côté qui est en dessous. Prenez-le par-dessous. Passez par-dessous.
EN DESSOUS. Du côté de dessous, vers ou dans la partie de dessous. Un pain tout brûlé en dessous. Ces clous sont rivés en dessous. Passer, se mettre en dessous. Un vêtement qui se porte en dessous. Fam., Regarder en dessous, Regarder obliquement, en baissant les yeux. On dit aussi Avoir le regard, la mine en dessous, en parlant d'une Personne sournoise, cafarde, qui regarde habituellement de cette manière. On dit encore figurément Être en dessous. C'est un homme en dessous.
DESSOUS est aussi quelquefois préposition et signifie À la partie, à la face inférieure d'une chose. Cherchez dessous la table.
Dans cet emploi il figure plus souvent dans des locutions prépositives. Il se vantait de faire sortir une armée de dessous terre. Prendre quelqu'un par-dessous le bras.
Fig. et fam., Par-dessous jambe, par-dessous la jambe, Sans se donner de peine. Cet élève fait ses devoirs par-dessous la jambe.
Il est très souvent nom masculin et signifie La partie, la face inférieure d'une chose. Le dessous d'une boîte, d'un plateau.
Il désigne, en termes de Peinture, le Premier travail de l'artiste, l'ensemble des touches préparatoires qu'un travail ultérieur recouvrira plus ou moins.
Le dessous des cartes, La face où sont imprimés les signes et les figures. Fig. et fam., Voir, savoir le dessous des cartes, Apercevoir, connaître les ressorts secrets d'une affaire, d'une intrigue. Il a fini par découvrir le dessous des cartes. On dit de même Il y a dans cette affaire un dessous de cartes, ou absolument un dessous, c'est-à-dire Quelque chose de secret, de caché dont il faut se défier.
Fig. et fam., Les dessous se dit des Parties du costume féminin qui sont sous la robe. Cette femme a des dessous élégants. On dit aussi Les vêtements de dessous.
Les dessous d'un théâtre, Étages disposés sous la scène pour la machination.
Fig. et fam., Être dans le troisième dessous, Être très bas dans ses affaires.
Il signifie au figuré Désavantage dans un combat, dans une lutte, dans un débat quelconque. Les ennemis eurent le dessous. Leur faction eut le dessous. Il aime la discussion quoiqu'il y ait presque toujours le dessous.
AU-DESSOUS DE,loc. prép.
Plus bas que. Ce village est au-dessous de Paris, par rapport au cours de la Seine. Être assis au-dessous de quelqu'un. Être logé au-dessous de quelqu'un. Au-dessous du genou, du sein. Sa taille est fort au-dessous de la taille ordinaire. Le thermomètre est au-dessous de zéro. Fig., Être au-dessous de sa place, N'être pas en état de la bien remplir. On dit au contraire, Cet emploi est au-dessous de lui, Cet emploi n'est pas digne de lui.
AU-DESSOUS DE s'emploie encore figurément pour exprimer Toute espèce d'infériorité, de subordination. Dans la hiérarchie militaire, le général de brigade est au-dessous du général de division. Il est fort au-dessous d'un tel en mérite, en qualité, en richesse. Il est resté bien au-dessous de son concurrent. Je mets cet écrivain au-dessous de tel autre. Cela est au- dessous du médiocre. Cela est au-dessous de l'idée que je m'en faisais.
Il se dit particulièrement pour marquer une Infériorité de nombre, de durée, de valeur, etc. On enrôla tous les hommes au-dessous de cinquante ans. Toute somme au-dessous de mille francs. Vendre une chose au-dessous de sa valeur. Au-dessous du cours, du taux, du prix ordinaire.
Fam., Être au-dessous de tout, N'avoir aucune valeur. Ce roman est au-dessous de tout.
DESSUS
(DE se prononce DE et non DÉ.) adv. de lieu . À la partie, à la face supérieure. Ce qui est sous la table, mettez-le dessus. Il n'est ni dessus ni dessous. Voilà ce qui est écrit dessus. Jetez de l'eau dessus.
Sens dessus dessous se dit en parlant de la Situation d'un objet tourné de manière que ce qui devrait être dessus ou en haut se trouve dessous ou en bas. Cette boîte est sens dessus dessous. Renverser un objet sens dessus dessous. Il se dit aussi figurément et familièrement, en parlant de Ce qui est dans un grand désordre et tout bouleversé. Ma bibliothèque est sens dessus dessous. Tous mes papiers sont sens dessus dessous.
EN DESSUS,loc. adv.
Du côté de dessus, vers ou dans la partie de dessus. Cela est noir en dessus, et blanc en dessous. J'ai mis en dessus les effets dont on a le plus souvent besoin. Ces cordons se nouent en dessus.
LÀ-DESSUS,loc. adv.
Sur cela. Mettez ce livre là-dessus. Il signifie, au figuré, Sur ce sujet, sur cette affaire, sur la réalité de telle ou telle chose. Pourquoi revenir toujours là-dessus? Que n'a-t-on pas écrit là-dessus? Vous pouvez compter là-dessus. Il signifie encore Aussitôt après cela, après ces mots. On lui déclara qu'il n'obtiendrait rien : là-dessus il se retira.
CI-DESSUS,loc. adv.
Dans ce qui a été dit, écrit, exposé plus haut. Comme nous l'avons dit ci-dessus. Voyez ci-dessus. Comme ci-dessus.
DESSUS s'employait aussi comme préposition. Il n'est ni dessous ni dessus la table.
Dans cet emploi, il n'est plus usité que dans la locution prépositive suivante :
PAR-DESSUS. Sur, au-delà, par-delà. Il porte un grand manteau par-dessus son habit. Il sauta par-dessus la barrière.
Fig. et fam., Avoir d'une chose par-dessus la tête, En être fatigué, dégoûté, ou En avoir plus qu'on n'en peut faire, qu'on n'en peut supporter.
Fig. et fam., Regarder quelqu'un par-dessus l'épaule, Le regarder avec dédain, d'une façon altière.
Par-dessus tout, Surtout, principalement, plus que tout le reste. Je vous recommande par-dessus tout d'être fort réservé. C'est là ce que je préfère par-dessus tout.
Fig. et fam., Par-dessus le marché, En outre. Je lui ai prêté mille francs et par-dessus le marché sans intérêts. Non seulement il arrive en retard, mais par-dessus le marché il ne daigne pas s'excuser.
Il est aussi nom masculin et alors il désigne la Partie qui est dessus; l'endroit, le côté de dessus. Dans ce corps de logis, un tel occupe le dessus, et moi le dessous. Enlever le dessus d'une caisse. Le dessus de la main. Le dessus de la tête. Le dessus d'un livre. Le dessus d'une table. Le dessus d'une étoffe.
En termes d'Architecture, Dessus de porte, Ornement de boiserie, de peinture ou de sculpture, placé dans un encadrement au-dessus du chambranle d'une porte.
Le dessus d'un théâtre, Le cintre, la partie qui s'étend au-dessus de la scène, jusqu'aux combles.
Fig., Avoir, prendre le dessus, Obtenir l'avantage dans quelque genre que ce soit de combat, de lutte, de débat. Nous avons eu le dessus dans ce combat, dans cette discussion. La maladie était violente, mais la nature a pris le dessus.
Il désigne, en termes de Musique, la Partie la plus haute, celle qui est opposée à la basse. Il faut que les basses laissent entendre le dessus, les dessus. Il se dit également d'une Personne qui chante le dessus. C'est un dessus, un bon dessus.
AU-DESSUS DE,loc. prép.
Plus haut que. Au-dessus de la montagne. Au-dessus des nues. Charenton est au-dessus de Paris, par rapport au cours de la Seine. Au-dessus du genou, de l'estomac, des yeux. Au-dessus de la porte étaient écrits ces mots. Cet arbre s'élève au- dessus de tous les autres. Sa taille est fort au- dessus de la moyenne. Le thermomètre est à quinze degrés au-dessus de zéro.
Il s'emploie figurément pour exprimer Toute espèce de supériorité, de prééminence, ou d'excès. Il est au-dessus de tous par son mérite, par sa naissance. Il est fort au-dessus d'un tel en mérite, en naissance, en richesse, etc. Ils le plaçaient au-dessus d'Alexandre et de César. Cela le met, l'élève au-dessus de tous ses rivaux. S'élever au-dessus de la nature humaine. Être au-dessus du commun des hommes. Cet ouvrage me semble bien au-dessus de tel autre. Cela est bien au-dessus de l'idée que je m'en faisais. Cela est au-dessus de ses forces, au- dessus de son génie, ou simplement au-dessus de lui. Cela est au-dessus de tout éloge. Elle montra une fermeté au-dessus de son sexe.
Être au-dessus de sa condition, Avoir des sentiments, des qualités qui se trouvent rarement chez les personnes de la même condition. On dit aussi Mener un train de vie, avoir une mise au-dessus de son état.
Il se dit particulièrement, dans le sens qui précède, pour marquer une Supériorité de nombre, de durée, de valeur, etc. On enrôla tous les citoyens au-dessus de dix-huit ans. Les nombres au-dessus de mille. Au-dessus du cours, du taux ordinaire. Vendre une chose au- dessus de sa valeur.
Il se dit encore figurément, en parlant de Ce dont une personne se dégage, s'affranchit. S'élever au-dessus des faiblesses humaines. Une âme au-dessus de l'ambition. C'est un homme au-dessus de l'intérêt, au-dessus de toute passion vile. Il est au-dessus de toutes ces vaines craintes.
Il se dit pareillement en parlant de Ce qu'une personne dédaigne ou brave, de ce dont elle ne se met point en peine. Être au-dessus des événements. Son courage est au-dessus de tout. C'est un homme au-dessus des louanges, de la flatterie. Ils peuvent m'injurier à leur aise, je suis au-dessus de leurs insolences. Il est au- dessus de tout ce qu'on peut dire de lui.
Il se dit aussi, tant au sens physique qu'au sens moral, en parlant de Ce qui est nuisible en soi, mais dont l'effet ou l'influence ne saurait atteindre la personne ou la chose dont on parle. Être au-dessus du besoin. Être au- dessus des vicissitudes de la fortune. Cet homme est au-dessus de l'envie, de la calomnie.
Fam., Être au-dessus de ses affaires, Avoir une fortune bien établie, avoir plus de bien qu'on n'en dépense, avoir des recettes supérieures aux dépenses.
AU-DESSUS DE s'abrège elliptiquement dans certaines phrases en AU-DESSUS,loc. adv. Au- dessus étaient écrits ces mots. Il habite le premier étage, et ses bureaux sont installés au-dessus. On exempta les hommes de soixante ans et au-dessus. Cela est admirable, et je ne connais rien qui soit au-dessus.
DESTIN
n. m.
Puissance mystérieuse à qui les anciens attribuaient le pouvoir de déterminer d'avance et d'une façon irrévocable la suite des événements. Destin immuable. Les païens avaient fait du destin une puissance à laquelle les dieux mêmes étaient soumis. L'ordre du destin. Les arrêts du destin. Le livre du destin. On dit également Destin et Destins. Le destin ennemi. Les destins favorables.
Il se prend aussi pour le Sort particulier d'une personne ou d'une chose, en tant qu'il résulte de forces extérieures invincibles, et pour Ce qui arrive aux hommes, de bien ou de mal, indépendamment de leur volonté. On ne peut fuir son destin. Un heureux destin. Un destin funeste. Son destin le voulait ainsi. C'est le destin des grands hommes. Le destin, les destins d'un empire. Le destin des combats.
Il se dit, en poésie, pour Ensemble de la vie, de l'existence. Il a terminé son destin, ses destins. Trancher, abréger le destin, les destins de quelqu'un.
DESTINATAIRE
n. des deux genres
. Celui, celle qui doit recevoir un message, une lettre, un paquet expédiés par une autre personne. Le destinataire de ce colis a changé de domicile. On ne trouve pas la destinataire de cette lettre.
DESTINATION
n. f.
Emploi auquel une personne ou une chose doit être affectée ou Usage qu'on en peut faire. La destination de l'homme ici-bas. Cet édifice a changé de destination. On a employé cette somme, ces fonds suivant la destination qui en avait été faite. Remplir sa destination.
Immeubles par destination, Choses mobilières par leur nature, comme les bestiaux, les instruments aratoires, les semences, qui sont fixées à demeure dans un immeuble comme en devant faire partie.
Il désigne en outre le Lieu où l'on doit se rendre, le lieu où une chose est envoyée, expédiée, ou la Détermination de ce lieu. Partir pour sa destination. Ce corps de troupes va se rendre à sa destination. On ne connaît pas encore la destination de cette flotte. Cette lettre n'est point parvenue à sa destination ou à destination. Arriver au lieu de sa destination.
DESTINÉE
n. f.
Destin particulier d'une personne ou d'une chose. Il eut une singulière destinée. Heureuse, malheureuse destinée. Remplir ses destinées. Accomplir ses destinées. Il faut suivre sa destinée. S'abandonner à sa destinée. On ne peut fuir, on ne peut vaincre sa destinée. On ne peut se dérober à sa destinée.
Il se dit, par extension, de la Puissance suprême qui règle le cours des choses. Se soumettre à la destinée.
Il s'emploie, surtout en poésie, pour Vie, existence. Finir sa destinée. Trancher la destinée de quelqu'un.
DESTINER
v. tr.
Affecter une personne ou une chose à tel ou tel emploi, à tel ou tel usage. Savons-nous à quoi le ciel nous destine? Il se destine au barreau, à l'armée. Il destine cet argent à l'achat d'une maison. Cet édifice est destiné au culte. Ce bassin est destiné à recevoir le trop-plein des eaux.
Il signifie aussi Préparer, réserver. Je sais l'accueil qu'il me destine. Le prix qui vous est destiné.
Il signifiait anciennement Fixer d'avance dans l'ordre des événements en parlant du Destin. C'est dans cette acception que l'on dit encore quelquefois : Un homme destiné à une grande fortune. Il était destiné à périr de cette manière.
DESTITUER
v. tr.
Déposer quelqu'un, le priver de sa charge, de sa fonction, de son emploi. Destituer un professeur, un conseiller d'État, un employé. On l'a destitué de son emploi, de la tutelle de son neveu.
Le participe passé DESTITUÉ, ÉE, s'emploie comme adjectif, dans le sens de Dépourvu, dénué, en parlant des Choses. Une crainte destituée de fondement.
DESTITUTION
n. f.
Action de destituer ou le Fait d'être destitué. Depuis sa destitution, il ne se mêle de rien. Prononcer la destitution d'un administrateur. Le conseil de famille a prononcé la destitution de ce tuteur.
DESTRIER
n. m.
Cheval de bataille au moyen âge. Il était opposé à Palefroi, qui se disait d'un Cheval de cérémonie.
DESTRUCTEUR, TRICE
n.
Celui, celle qui détruit. Les Grecs furent les destructeurs de Troie. Les Huns étaient de grands destructeurs. Par extension, Force destructrice. Fig., Louis XIV voulut être le destructeur de l'hérésie. Le destructeur des abus. Cet homme a été, par ses folles dépenses, le destructeur de sa maison. Cette réforme fut la destructrice des lois. Adjectivement, Un animal destructeur. Fléau destructeur. Un système destructeur.
DESTRUCTIBLE
adj. des deux genres
. Qui peut être détruit.
DESTRUCTIF, IVE
adj.
Qui est propre à détruire. Germe destructif. Doctrine destructive de toute morale.
DESTRUCTION
n. f.
Action de détruire, au propre et au figuré. La destruction du temple de Jérusalem. La destruction de Carthage. La destruction d'un État, d'un Empire, d'une famille. Travailler à la destruction de l'hérésie, des abus. Ces maximes tendent à la destruction de la morale.
DÉSUET, ETTE
(Dans ce mot et dans le suivant, S se prononce dure.)adj. Qui a cessé d'être en usage. Locution, tournure désuète.
DÉSUÉTUDE
n. f.
Cessation, par laps de temps, d'un usage, d'une habitude. Il se dit surtout en parlant des Lois, des règlements, etc., qu'on a cessé d'observer sans qu'ils aient été formellement révoqués. Cette loi est tombée en désuétude.
DÉSUNION
n. f.
Action de désunir, en parlant d'une Famille, d'un parti, etc., ou Résultat de cette action. La diversité d'intérêts cause la désunion. C'est lui qui a mis la désunion dans cette famille. Cela ne peut manquer d'amener entre eux une complète désunion.
DÉSUNIR
v. tr.
Séparer ce qui était uni.
Il signifie plus ordinairement au figuré Mettre en mésintelligence des personnes qui étaient unies de coeur. C'est l'intérêt qui unit et désunit les princes. Ses intrigues ont désuni tous les membres de cette famille.
En termes de Manège, Cheval désuni, Cheval qui galope à droite des pieds de devant et à gauche des pieds de derrière, ou réciproquement.
DÉTACHAGE
n. m.
Action de détacher.
DÉTACHEMENT
n. m.
Action de se détacher ou État de celui qui s'est détaché d'une passion, d'un sentiment, de tout ce qui peut captiver trop l'esprit ou le coeur. Être dans un entier détachement de toute espèce d'intérêt. Être dans un parfait détachement des choses du monde.
En termes de Guerre, il se dit d'un Certain nombre de soldats ou d'une Troupe qu'on a détachée d'un corps plus considérable pour quelque service. Former un détachement. Envoyer un détachement d'infanterie, de cavalerie à la découverte. Commander un détachement.
DÉTACHER
v. tr.
Débarrasser d'une tache, de taches. Détacher un habit. Substance qui sert à détacher. Savon à détacher.
DÉTACHER
v. tr.
Dégager une personne ou une chose de ce qui l'attachait, de ce qui la retenait, de l'objet auquel elle était attachée, fixée. Détacher un chien. Détacher une tapisserie, un tableau. Détacher une barque du rivage. Détacher un fruit de l'arbre. Un créneau qui commence à se détacher de la muraille. Un bloc énorme se détache de la montagne.
Fig., Détacher ses yeux d'un objet, Cesser de le regarder. Il ne pouvait en détacher ses yeux.
Il signifie aussi Ôter, défaire ce qui sert à attacher. Détacher une épingle. Détacher une agrafe. Détacher un ruban, une jarretière. Un ruban qui s'est détaché. Une épingle qui va se détacher.
Il signifie encore, par extension, Tenir écarté de. Détachez vos bras du corps.
Il signifie pareillement Rendre distinct, isolé. Détacher les notes du texte par un filet. Ce titre ne se détache pas assez du texte.
En termes de Musique, Détacher des notes, Les séparer, dans l'exécution, par de courts silences pris sur leur valeur. Les notes qui doivent être détachées sont marquées d'un petit trait vertical, placé au-dessus.
Il signifie encore, surtout en termes de Peinture, Faire apercevoir et ressortir les contours d'un objet, lui donner de la saillie par le contraste de sa couleur avec celle du fond, ou par quelque autre moyen. Les figures de ce tableau se détachent bien du fond. Ces fleurs rouges se détachent bien sur ce fond noir.
Il se dit aussi en parlant des Choses qu'on sépare de celles avec lesquelles elles sont jointes et font en quelque sorte un même corps. Détacher un pré, une vigne d'une ferme. Cette administration a été réunie au ministère dont on l'avait autrefois détachée. Il a détaché ce traité de son grand ouvrage. Pièces détachées, morceaux détachés, Petits ouvrages en prose ou en vers, qui n'ont pas de liaison entre eux, dont chacun forme un tout. Un recueil de pièces détachées. On dit de même Des pensées détachées.
Il se dit spécialement, en termes de Guerre, d'une Troupe qu'on tire d'un corps d'armée, des soldats qu'on tire d'un régiment, d'une compagnie, etc., pour quelque service. On détacha mille hommes pour investir la place. L'ennemi fondit sur un corps détaché. On détacha tant d'hommes par régiment, par compagnie. Deux hommes se détachèrent de la troupe pour aller à la découverte.
On dit aussi Détacher un fonctionnaire de son service, pour signifier qu'on le dispense de ses fonctions habituelles en lui donnant un emploi temporaire. Cet employé sera détaché au secrétariat, à la direction.
Il s'emploie dans un sens analogue en termes de Marine. On détacha de la flotte deux bâtiments légers, qui prirent les devants. Trois vaisseaux se détachèrent de la flotte.
Détacher des gendarmes, des agents, etc., contre quelqu'un, Les mettre à sa poursuite, les envoyer après lui pour le prendre.
Il se dit encore figurément en parlant des Engagements, des occupations, des passions, des affections, etc., qu'on détermine une personne à quitter. Détacher quelqu'un d'un parti, d'une alliance. Il s'est détaché de la passion qu'il avait. Il s'est détaché peu à peu de cette femme. Se détacher du jeu. On ne saurait le détacher de cet engagement. Détacher son esprit d'une opinion, d'un système, d'une pensée. Se détacher du monde, des choses du monde.
DÉTAIL
n. m.
Chacune des parties qui concourent à la composition et à la formation d'un ensemble. Il doit tant pour les réparations dont voici le détail, dont le détail suit. Un détail estimatif. On dit de même Les détails d'un compte.
Il signifie aussi Énumération des circonstances et des particularités d'un événement, d'une affaire. Il a donné au public une relation de cette bataille, avec un détail exact de toutes les circonstances. Il nous a fait un long détail de sa mésaventure. Je vous raconterai l'affaire en gros, sans entrer dans le détail, sans descendre dans le détail. Raconter une chose en détail. Il a l'esprit de détail.
Il se dit également de Ces circonstances, de ces particularités mêmes, et alors il s'emploie très souvent au pluriel. Je n'omis aucun détail. Les détails en sont fort curieux. Je veux en connaître les détails, les moindres détails. Entrer dans des détails ennuyeux. Tous ces détails sont inutiles. Rien ne plaît tant aux curieux que les détails. Cette histoire contient des détails pleins d'intérêt. Je vais vous exposer, vous donner les détails de toute cette affaire. Il veut connaître le détail. Descendre jusqu'aux moindres, aux plus petits aux infimes détails. Il se perd dans les détails. Bien des détails doivent lui échapper.
Dans l'armée, Officier de détail, Celui qui est chargé de pourvoir à la solde et à l'habillement d'une partie d'un corps. Revue de détail, Revue où l'inspecteur examine, d'après les registres et le matériel, l'administration des troupes.
Guerre de détail, Guerre de partisans et qui use l'ennemi par des petits combats.
C'est un détail se dit familièrement d'une Circonstance sur laquelle on passe légèrement.
Il se dit également en termes de Beaux-Arts et de Littérature. L'ensemble et les détails. Il ne faut point s'attacher à reproduire minutieusement chaque détail de son modèle. Ce peintre, ce sculpteur ne soigne pas assez les détails. Cette oeuvre imparfaite se relève par des beautés de détail. Il y a quelques détails spirituels dans cette pièce.
Il s'emploie souvent en termes de Commerce et désigne l'Action de vendre des marchandises à plus petites mesures, à plus petits poids qu'on ne les a achetées; de les couper, de les diviser pour en faire le débit. En gros et en détail. Ce marchand en gros fait aussi le détail. Commerce de détail. Vendre au détail.
EN DÉTAIL, signifie figurément Pièce à pièce, partie par partie. Il perdait peu à peu toutes ses facultés et mourait, pour ainsi dire, en détail. À les considérer en détail, il semble que... J'examinerai la chose en détail, c'est-à-dire Dans toutes ses parties.
DÉTAILLANT, ANTE
n.
Celui, celle qui vend en détail. Par apposition, Un marchand détaillant.
DÉTAILLER
v. tr.
Couper en pièces, distribuer par parties. Détailler un boeuf, un mouton à la boucherie.
Il signifie par extension Débiter, vendre en détail. Il n'a pu vendre ses marchandises en gros, il a été contraint de les détailler.
Il signifie encore Raconter, exposer en détail. Il nous a détaillé toute l'histoire. Il serait trop long de détailler toutes les beautés dont cet ouvrage est rempli. Un récit détaillé. Une histoire détaillée.
DÉTALAGE
n. m.
Action de détaler des marchandises.
DÉTALER
v. tr.
Ôter, resserrer la marchandise qu'on avait étalée. Absolument, La foire est finie, les marchands ont détalé. Dans ce sens, il a vieilli.
Il est aussi intransitif et signifie familièrement Se retirer de quelque endroit promptement et malgré soi. Quand il m'aperçut, il détala bien vite. Je le ferai bien détaler. Comme ce lièvre a détalé!
DÉTAXE
n. f.
T. d'Administration
. Remise ou diminution d'une taxe.
DÉTAXER
v. tr.
T. d'Administration
. Affranchir un contribuable ou une marchandise d'une taxe ou d'une partie de cette taxe.
DÉTECTIVE
n. m.
Mot emprunté de l'anglais. Agent de police employé à un service de recherches.
DÉTEINDRE
(Il se conjugue comme TEINDRE.) v. tr.
Dépourvoir de sa teinture. Le soleil éteint toutes les couleurs.
Il s'emploie aussi intransitivement et signifie Se décolorer, en parlant d'un Tissu teint. Cette étoffe déteint beaucoup.
Déteindre sur quelque chose, Lui communiquer une partie de sa couleur. Ces cravates déteignent sur le linge.
Fig., Déteindre sur quelqu'un, Influer sur lui par ses idées, son tour d'esprit, etc.
DÉTELER
(Je dételle; nous dételons.)v. tr.
Détacher une bête de trait d'une voiture, d'une charrue à laquelle elle était attelée. Un cocher qui dételle ses chevaux. Un laboureur qui dételle ses boeufs. Absolument, Dételez. Il n'a pas encore dételé. Par extension, Dételer une voiture.
Figurément et familièrement, Sans dételer se dit de Quelqu'un qui se livre à une occupation pendant un temps plus ou moins long sans interruption. Il a travaillé toute la journée sans dételer.
DÉTENDRE
v. tr.
Relâcher ce qui était tendu. Détendre une corde. Détendre un arc. Un ressort qui se détend. Fig., Détendre son esprit après avoir été longtemps appliqué à quelque chose. L'esprit a parfois besoin de se détendre.
Fig., Il faut quelquefois détendre l'arc, Il faut donner de temps en temps un peu de détente à l'esprit.
Il signifie encore Détacher, enlever ce qui était tendu en quelque endroit. Détendre une tapisserie. Détendre des rideaux. Par extension, Détendre une chambre, détendre un appartement, En ôter, en détendre les tapisseries, le lit, les rideaux, etc. Absolument, On détend dans toutes les rues quand le Saint Sacrement est passé.
DÉTENIR
v. tr.
Garder en sa possession. Détenir les effets d'une succession. Détenir le bien d'autrui. Détenir le pouvoir. Détenir un secret.
Détenir quelqu'un en prison, ou simplement Détenir quelqu'un, Le garder, le retenir en prison. On l'a détenu arbitrairement pendant huit jours. Être détenu prisonnier. Être détenu pour vols.
DÉTENTE
n. f.
Diminution progressive de la pression d'un gaz ou d'une vapeur qui augmente de volume, ou bien de la tension d'un ressort qui revient à son équilibre. Une machine à vapeur à détente variable.
Il se dit encore d'une Petite pièce de fer ou d'acier qui maintient un ressort bandé et qui, en s'écartant, lui permet de se détendre. Il se dit spécialement quand il s'agit des Armes à feu. La détente d'une carabine.
Il se dit aussi de l'Action de lâcher la détente et de l'Effort que fait cette pièce lorsqu'elle vient à se détendre. Un fusil qui est dur, qui est fort, qui est aisé à la détente. Il est à craindre que ce ressort ne se rompe à la détente.
En termes de Mécanique, il désigne le Travail développé par la vapeur dans le cylindre d'une machine.
Fig. et pop., Être dur à la détente, Être avare, avoir de la peine à donner de l'argent, à payer.
Figurément, il signifie Relâchement d'une tension physique, morale ou intellectuelle et Moment de calme, de répit qui en résulte. Après cette crise, il s'est produit une détente de l'organisme, une légère détente, une sérieuse détente. Ces deux hommes se haïssaient sans se connaître : il y a dans leurs rapports une détente visible. Après un long travail, il faut se donner quelques jours de détente. La détente s'accentue entre le gouvernement et l'opposition.
DÉTENTEUR, TRICE
n.
Celui, celle qui retient une chose. Détenteur des deniers publics. Elle a été condamnée comme détentrice des biens de la succession. Tiers détenteur, Celui qui est actuellement possesseur d'un bien sur lequel une personne, autre que celle dont il le tient, a une hypothèque à exercer, un droit à réclamer.
DÉTENTION
n. f.
T. de Jurisprudence
. Action de détenir une chose. La détention d'une somme, d'un bien. La détention des effets d'une succession.
Il se dit aussi de l'État d'une personne détenue. Depuis sa détention. Après une longue détention. Détention préventive. Détention arbitraire.
En termes de Droit criminel, il signifie Peine afflictive et infamante, consistant dans un emprisonnement dans une enceinte fortifiée, sur le territoire de la France, pendant un laps de temps qui peut varier de cinq à vingt ans. Être condamné à cinq ans de détention. La détention est surtout une peine politique.
DÉTENU, UE
adj.
Qui est en état de détention. Un homme détenu. Une femme détenue. Substantivement, Plusieurs détenus s'évadèrent.
Les jeunes détenus, Les mineurs des deux sexes, emprisonnés en raison de crimes, délits ou contraventions, ou par voie de correction paternelle.
DÉTERGENT, ENTE
adj.
T. de Médecine
. Qui déterge. On dit plutôt DÉTERSIF.
DÉTERGER
v. tr.
T. de Médecine
. Nettoyer en faisant écouler les humeurs, le pus. Déterger une plaie, un ulcère.
DÉTÉRIORATION
n. f.
Action par laquelle une chose est détériorée ou Résultat de cette action. Tout locataire est responsable des détériorations survenues durant son bail. Il y a de grandes détériorations dans cette terre, tout y est dans une étrange détérioration.
DÉTÉRIORER
v. tr.
Mettre en mauvais état. Il a laissé sa maison se détériorer. Le temps détériore toutes choses. Les marchandises ont été détériorées par l'humidité. On a laissé détériorer des tapisseries.
DÉTERMINABLE
adj. des deux genres
. Qui peut être déterminé. Une quantité déterminable.
DÉTERMINANT, ANTE
adj.
Qui détermine, qui sert à déterminer. Ce motif est déterminant. C'est une raison déterminante.
En termes de Mathématiques et spécialement en Algèbre, Les déterminantes, L'élément qui permet à certaines équations d'avoir des solutions finies et déterminées. Voyez Fonctions génératrices.
DÉTERMINATIF, IVE
adj.
T. de Grammaire
. Qui détermine, qui précise ou restreint la signification d'un mot. Dans La lumière du soleil, Soleil est le mot déterminatif de lumière. Adjectif déterminatif. Complément déterminatif.
Il est quelquefois nom masculin. L'article est un déterminatif. Un mot et son déterminatif.
DÉTERMINATION
n. f.
Action de déterminer, de délimiter avec précision, de caractériser sans ambiguïté, clairement. La détermination d'une espèce en Botanique, en Zoologie.
Il signifie aussi Résolution qu'on prend après avoir balancé entre plusieurs partis. Détermination volontaire. On lui demande une prompte détermination. Prendre une détermination.
Il se dit encore, en termes de Philosophie, de l'Action par laquelle une chose, également susceptible de plusieurs qualités, de plusieurs manières d'être, est déterminée à recevoir l'une plutôt que l'autre. La détermination de la matière au mouvement ne peut venir que de Dieu. Détermination du mouvement d'un corps, Ce qui détermine ce corps en mouvement à aller d'un côté plutôt que d'un autre. La détermination du mouvement peut changer, quoique la force du mouvement demeure la même.
DÉTERMINÉ, ÉE
adj.
Qui est fixé avec précision. Une quantité déterminée.
En termes d'Algèbre, Problème déterminé, Celui qui n'a qu'un certain nombre de solutions possibles.
Il signifie aussi Qui sait prendre une résolution ou Qui dénote un naturel résolu. Un homme déterminé. Un caractère déterminé. Par extension, Un air déterminé.
Par extension, il se dit d'une Personne entièrement adonnée à quelque passion, à quelque habitude. C'est un chasseur déterminé, un joueur déterminé, un buveur déterminé.
DÉTERMINER
v. tr.
Délimiter, fixer avec précision. Déterminer le sens d'un mot, la véritable signification d'un mot. Ce mot a un sens déterminé. Déterminer le mode suivant lequel on doit faire certaines réclamations. Déterminer la marche à suivre. Jussieu a le premier déterminé les familles des plantes. Déterminer la distance qu'il y a du soleil à la terre. Déterminer l'heure à laquelle une éclipse doit avoir lieu. Déterminer une chose par le calcul. À une époque déterminée. En nombre déterminé.
Il signifie particulièrement, en termes de Grammaire, Préciser ou restreindre le sens d'un mot, d'une expression, d'une phrase. Ce mot est déterminé par celui qui précède. Dans la phrase : Le livre de Pierre, le mot Pierre détermine le mot livre.
Il signifie par extension Causer, produire, faire qu'une chose ait lieu, s'accomplisse. Les écarts de régime déterminent des maladies. Cela peut déterminer une explosion. Ce mur était peu solide, un faible choc a suffi pour en déterminer la chute. Les causes qui déterminent une révolution. Déterminer le succès d'un événement, d'une affaire, d'une négociation. La bataille était douteuse, cette habile manoeuvre en détermina le succès.
Il signifie aussi Faire résoudre, faire prendre une résolution. Il était irrésolu sur le parti qu'il devait prendre, cette nouvelle le détermina. C'est moi qui l'ai déterminé à cela. Je le déterminai à partir.
Se déterminer à, être déterminé à quelque chose, S'arrêter, s'être arrêté à un parti. Il était indécis, mais il s'est déterminé. Se déterminer à une chose, à faire une chose. Vous avez l'esprit bien irrésolu, déterminez-vous à quelque chose. Je ne puis me déterminer à rien. Absolument, Sachez enfin vous déterminer.
DÉTERMINISME
n. m.
T. de Philosophie
. Système d'après lequel les phénomènes de la nature sont fatalement produits par un enchaînement nécessaire d'antécédents et de conséquents, de causes et d'effets.
Il se dit aussi du Système qui nie l'influence de la libre volonté sur les actes humains.
DÉTERMINISTE
n. des deux genres
. Celui, celle qui est partisan du déterminisme. Par apposition, Philosophe déterministe. Hypothèse déterministe.
DÉTERRER
v. tr.
Retirer de terre ce qui s'y trouvait caché, enfoui. Déterrer un trésor. Déterrer une statue antique.
Il signifie particulièrement Exhumer, retirer un corps de la sépulture. Le bruit s'étant répandu que cet homme avait été empoisonné, on l'a déterré. On a fait déterrer le corps.
Fig. et fam., Cet homme a l'air d'un déterré, a un air de déterré, Il a le visage pâle et défait.
Il signifie au figuré Découvrir une chose qui était cachée, découvrir une personne qui se tenait cachée, qui ne voulait pas être connue. Déterrer un titre, une pièce authentique. Je ne sais où il a déterré ce secret. Il s'était retiré dans un endroit où il pensait être bien caché, mais on le déterra bientôt.
DÉTERSIF, IVE
adj.
T. de Médecine
. Qui déterge. Remède détersif. Substantivement, Un excellent détersif.
DÉTESTABLE
adj. des deux genres
. Qui doit être détesté. Le plus détestable de tous les crimes. la seule pensée en est détestable. Il a des maximes, des opinions détestables. C'est un homme détestable.
Il se dit, par exagération et familièrement, de Tout ce qui est fort mauvais dans son genre. Le temps est détestable. Du vin détestable. Une écriture détestable. Il fait des vers détestables. Un style détestable.
DÉTESTATION
n. f.
T. de Dévotion
. Horreur qu'on a de quelque chose. La détestation du péché. La pénitence enferme une sincère détestation du péché.
DÉTESTER
v. tr.
Avoir en aversion. Détester ses péchés. Détester son crime. Détester les désordres de sa vie passée. On ne peut trop détester cette action. La méchanceté de cet homme fait qu'on le déteste. Il se fait détester de tout le monde. Il abhorre ses fautes, il se déteste lui- même.
Il se dit, par exagération et familièrement, en parlant de Ce qu'on ne peut endurer, supporter. Je déteste l'hiver. Il déteste ces faiseurs de compliments.
DÉTIRER
v. tr.
Étendre en tirant. Détirer des dentelles. Détirer du linge.
DÉTISSER
v. tr.
Défaire ce qui est tissé.
DÉTONANT, ANTE
adj.
Qui est susceptible de détoner. Mélange détonant. Substance détonante.
DÉTONATEUR
n. m.
Instrument ou organe d'un mécanisme qui détermine une détonation.
Il désigne aussi une Substance capable de provoquer des explosions violentes. Les amorces sont des détonateurs. Le fulminate de mercure est un détonateur puissant.
DÉTONATION
n. f.
Explosion violente et subite accompagnée de bruit, telle que celle de la poudre à canon. Une forte détonation. Le bruit d'une détonation.
DÉTONER
v. intr.
S'enflammer subitement avec bruit, faire explosion. Faire détoner de la poudre.
DÉTONNER
v. intr.
Sortir du ton qu'on doit garder pour chanter juste. Il n'a pas l'oreille juste, il détonne à tout moment.
Fig., Il y a dans ce livre des choses qui détonnent, Il contient des choses qui ne sont pas dans le ton général de l'ouvrage. On dit aussi, en parlant des Personnes, Cet individu détonne dans un tel milieu.
DÉTORDRE
(Il se conjugue comme TORDRE.) v. tr.
Remettre dans son premier état ce qui était tordu. Détordez ce linge pour l'étendre. Détordre une corde. Détordre du fil. Du fil qui se détord.
DÉTORS, ORSE
adj.
Qui est détordu. Du fil détors. De la soie détorse.
DÉTORTILLER
v. tr.
Défaire ce qui était tortillé. Détortiller un ruban, un cordon. Je ne sais comment vous avez tortillé cela, je ne puis arriver à le détortiller.
DÉTOUR
n. m.
Action de s'écarter du chemin direct. La rivière fait là un détour, fait plusieurs détours. J'ai fait un grand détour pour arriver. Fig., Les détours du coeur, Les replis secrets du coeur.
Il signifie aussi Endroit où un chemin change de direction. Il y a un détour à droite, à gauche. Il l'attendit à un détour. Le détour de la rue. Les détours d'un labyrinthe. Se perdre dans les détours d'un souterrain. Il connaît tous les détours de ce bois.
Il se dit également d'un Chemin qui éloigne du droit chemin. N'allez pas par là, vous prenez un trop grand détour. Se perdre dans un détour. C'est un détour de plus d'une lieue, il y a plus d'une lieue de détour.
Fig., Il est revenu, pour un long détour, à sa première hypothèse.
Il se dit figurément, surtout au pluriel, des Discours dans lesquels on ne s'exprime que d'une manière indirecte, par crainte ou par ménagement, par délicatesse, etc. Pourquoi ces détours? Parlez-moi franchement. Prendre des détours, de grands, de longs détours, Parler sans détour, sans aucun détour.
Il désigne également Toute espèce de biais, de moyens adroits, de ruse, de subtilité, pour éluder quelque chose, pour venir à bout de ce qu'on veut faire. Je connais ses tours et détours. Le détour est fin. User de détours. Voilà un détour que je n'avais point prévu.
Être sans détour, Être loyal, franc, ne jamais user de faux-fuyants.
DÉTOURNEMENT
n. m.
Action de détourner. Le détournement d'un cours d'eau. Fig., Détournement de fonds, de titres, Action de disposer de sommes, de titres dont on n'a pas la libre propriété. Il est accusé de nombreux détournements. Détournement de mineur, de mineure. Voyez DÉTOURNER.
DÉTOURNER
v. tr.
Éloigner dans une autre direction. Détourner quelqu'un de son chemin. Se détourner de sa route. Se détourner du chemin de quelqu'un. Je me suis détourné de trois lieues pour venir vous voir. Détourner un ruisseau. Détourner un coup. Elle se détournait, afin qu'on ne pût la voir. Se détourner avec horreur. Détourner la vue, les yeux de dessus quelque objet. Détourner ses regards. Il se détourna pour m'éviter. Fig., Détourner quelqu'un de son devoir, ou, absolument, Détourner quelqu'un. Détourner une accusation. Détourner les soupçons. Détourner son esprit, sa pensée d'un objet désagréable.
Détourner le sens d'un passage, d'une loi, d'un mot, etc., Donner à ce passage, etc., une signification, en faire une application différente de celle qu'il doit avoir.
Il signifie aussi figurément Distraire de quelque occupation. Cela m'a détourné de mes études, de mes affaires. Se détourner de son travail.
Il signifie encore Dissuader. Il voulait vous faire un procès, je l'en ai détourné. Tâchez de le détourner de ce projet. Détourner du mal, du péché.
Il signifie en outre Soustraire frauduleusement. Il a détourné les papiers de la succession. On l'accuse d'avoir détourné ces fonds. Fonds détourné de sa destination.
Détourner un mineur, une mineure, Les soustraire illicitement, dans des circonstances plus ou moins aggravantes, au domicile de leurs parents, de leur tuteur, aux établissements, aux lieux où ils avaient été mis par ceux-ci.
Il signifie spécialement, en termes de Chasse, Déterminer l'endroit où est une bête à la reposée, pour la courir ensuite, la chasser. Détourner un cerf. Détourner un sanglier.
Le participe passé DÉTOURNÉ, ÉE, s'emploie adjectivement et se dit des Endroits écartés ou des moyens de communication qui ne sont pas directs. Rue détournée. Sentier détourné.
Fig., Voie détournée, Moyen indirect. Ces renseignements lui parvinrent par une voie détournée. Cela se dit plus ordinairement des Voies, des moyens secrets ou artificieux par lesquels on tâche d'arriver à ses fins. On dit également, dans ce dernier sens, Chemin déformé et Moyen détourné. Il prit, il employa des voies détournées, des moyens détournés. Cet homme prend toujours des chemins détournés.
Fig., Reproche détourné, Reproche indirect. Louange détournée, Louange délicate et fine, qui ne s'adresse pas directement à la personne qu'on a intention de louer. Sens détourné, Sens qui n'est pas le sens ordinaire ou naturel d'un mot, d'une phrase.
DÉTRACTEUR
n. m.
Celui qui prend plaisir à rabaisser quelqu'un ou quelque chose. C'est un détracteur d'Homère, des anciens.
DÉTRAQUEMENT
n. m.
Action de détraquer ou Résultat de cette action.
DÉTRAQUER
v. tr.
Déranger dans ses fonctions une chose organisée ou un être intelligent dans ses facultés. Détraquer un moteur, une horloge. Cette montre se détraque. Ce médicament lui a détraqué l'estomac. Une administration qui se détraque. Fam., Il a le cerveau détraqué. Sa tête se détraque. Dans ce sens familier, le participe passé s'emploie aussi comme nom. Un détraqué, une détraquée, Celui, celle qui a le cerveau dérangé.
En termes de Manège, il signifie Faire perdre à un cheval ses bonnes allures, son allure ordinaire. Celui qui a monté ce cheval l'a tout détraqué.
DÉTREMPE
n. f.
T. de Peinture
. Couleur délayée avec de l'eau et de la colle et dont on se sert pour peindre. La détrempe s'efface, s'enlève aisément avec de l'eau. Ce tableau n'est pas peint a l'huile, il n'est qu'en détrempe. Peindre à la détrempe.
DÉTREMPE
n. f.
T. d'Arts
. Opération par laquelle on enlève la trempe de l'acier.
DÉTREMPER
v. tr.
Délayer dans quelque liquide. Détremper de la farine avec des oeufs, du lait. Détremper quelque chose dans du vin. Détremper de la chaux. Détremper des couleurs.
DÉTREMPER
v. tr.
T. d'Arts
. Débarrasser un métal de la trempe, en le faisant rougir au feu et en le laissant refroidir peu à peu. Détremper de l'acier. Détremper un couteau.
DÉTRESSE
n. f.
Angoisse causée par un malheur imminent. Pousser des cris de détresse.
Il signifie aussi Situation malheureuse, embarras critique qui étreint le coeur. Être dans une extrême détresse. Mettre, laisser quelqu'un dans la détresse. J'eus pitié de sa détresse.
En termes de Marine, Navire en détresse. Signal de détresse, Signal par lequel un bâtiment fait connaître qu'il a besoin d'un secours urgent, qu'il est dans une situation périlleuse. On le dit figurément pour désigner Toute action qui fait présumer qu'une personne est dans un embarras pressant. La vente de sa terre est un signal de détresse.
On dit de même d'un Train de chemin de fer qu'Il est en détresse lorsque sa marche est arrêtée par tel ou tel accident.
DÉTRIMENT
n. m.
Dommage, préjudice. Cela va, tourne à mon détriment. Causer, recevoir un notable détriment. Il n'acquit tant de richesses qu'au détriment de sa réputation, de son honneur.
DÉTRITUS
(On prononce l'S.)n. m.
T. d'Histoire naturelle
. Débris de matières organisées ou Amas de ces débris. Détritus de végétaux, d'animaux.
Il désigne aussi Tous les matériaux réduits à l'état de poussière ou de boue.
DÉTROIT
n. m.
Passage naturel par lequel deux mers communiquent. Le détroit de Gibraltar. Le détroit de Magellan.
DÉTROMPER
v. tr.
Tirer quelqu'un d'erreur. Vous avez une opinion dont je veux vous détromper. Je veux vous détromper sur le compte de cet homme-là. Il se fiait à ce fripon, j'ai eu bien de la peine à l'en détromper. Cette lettre le détrompa. L'événement l'a bien détrompé. Il a eu de la peine à s'en détromper. Détrompez-vous.
DÉTRÔNEMENT
n. m.
Action de détrôner ou le Fait d'être détrôné. La mort de ce prince suivit de près son détrônement.
DÉTRÔNER
v. tr.
Déposséder de la puissance souveraine. La révolution qui détrôna Jacques II. Un souverain détrôné.
Il signifie figurément Déposséder quelqu'un de son crédit, de sa notoriété. Que de célébrités littéraires la postérité a détrônées!
DÉTROUSSER
v. tr.
Dépouiller par la violence quelqu'un de ce qu'il porte sur lui ou avec lui. On l'a détroussé sur la grand-route. Détrousser les passants, les voyageurs.
DÉTROUSSEUR
n. m.
Celui qui détrousse les passants. Des détrousseurs de grand chemin.
DÉTRUIRE
v. tr.
Démolir, ruiner un édifice, une construction. Détruire une forteresse, une église. Le temps détruit les plus solides édifices. Ces bâtiments se détruisent tous les jours, faute de réparations. Détruire une ville de fond en comble. Un palais détruit. Les eaux détruisirent la digue, la chaussée.
Il signifie, dans une acception plus générale, Faire qu'une chose quelconque ne soit plus, l'anéantir. Un incendie a détruit la forêt. Le débordement de la rivière détruisit son potager, sa récolte. Détruire une armée. Détruire les animaux nuisibles. Détruire une race, une famille. Les Barbares ont détruit l'Empire romain. Le temps détruit tout. Ce raisonnement détruit toutes les objections qu'on avait faites. Cette opinion se détruit d'elle-même. C'est un faux bruit qui s'est détruit de lui-même. Tous ses projets se détruisaient l'un l'autre. Détruire les abus. Absolument, Il n'a su que détruire.
Fig., Détruire une personne dans l'esprit de quelqu'un, Décréditer entièrement une personne auprès de quelqu'un.
SE DÉTRUIRE signifie figurément Se donner la mort. Il se dit aussi de Quelqu'un qui, par des excès, ruine progressivement sa santé. Il se détruit par l'abus de l'alcool.
DETTE
n. f.
Ce qu'on doit à quelqu'un. Il se dit plus particulièrement d'une Somme d'argent. Contracter, faire des dettes. Payer, acquitter une dette, des dettes. N'avoir pas un sou de dettes. Être accablé de dettes, perdu de dettes, criblé de dettes.
Dettes actives, Les sommes dont on est créancier; par opposition à Dettes passives, Celles dont on est débiteur. Faire l'état de ses dettes actives et passives.
Dette hypothécaire, Dette qui est garantie par une hypothèque. Dette privilégiée, Celle pour laquelle le créancier a un privilège spécial. Dette exigible, Celle qu'on peut exiger actuellement. Dette personnelle, Dette qui est attachée à la personne du débiteur. Dette réelle, Dette à laquelle on n'est obligé qu'à raison d'un immeuble que l'on détient. Dette propre, Dette à laquelle un des conjoints est tenu sur ses biens personnels.
Dettes d'honneur, Dettes qui ne sont garanties que par l'honnêteté du débiteur et qu'on ne peut faire valoir en justice. On nomme ainsi particulièrement les Dettes de jeu. Il se dit figurément de Toute obligation morale dans laquelle l'honneur est intéressé.
Fam., Dettes criardes, Petites sommes qu'on doit à des ouvriers, à des marchands, et dont ils sollicitent le paiement avec importunité.
Spécialement, Dette publique, Ensemble des sommes empruntées par l'État à des particuliers auxquels il sert un revenu dit Rente.
Le Grand Livre de la Dette publique. Voyez LIVRE.
Dette nationale, Ensemble des obligations contractées par une nation envers des particuliers prêteurs.
Dette flottante, Somme des capitaux reçus en dépôt par le Trésor public, laquelle n'est jamais fixe et varie toujours suivant les dépôts et les retraits.
Dette consolidée ou Dette perpétuelle, Emprunt dont la rente seule est exigible.
Il se dit figurément de Tout ce qu'on doit ou qu'on veut faire en retour de quelque chose; et, en général, de Toute chose qu'on ne peut se dispenser de faire, d'accomplir. Acquitter la dette de la reconnaissance, les dettes de l'amitié. La dette que nous contractons envers nos parents. C'est une dette sacrée. Payer sa dette à la patrie.
Payer la dette de la nature, sa dette à la nature, Mourir.
DEUIL
n. m.
Affliction, douleur qu'on éprouve de la perte de quelqu'un. Cette guerre a plongé beaucoup de familles dans le deuil. Donner des signes de deuil.
Il se dit, par extension, d'une Grande tristesse causée par une chose funeste, déplorable. Le jour où l'on apprit la mort de ce grand homme d'État fut un jour de deuil.
Poétiq. et fig., Le deuil de la nature se dit de l'Aspect triste de la nature pendant la mauvaise saison. On dit, dans le même sens, La nature est en deuil.
Il désigne par extension les Vêtements noirs, le crêpe, les voitures drapées, et tout ce qui, à l'extérieur, caractérise la tristesse à l'occasion de la mort. Vêtu de deuil. S'habiller de deuil. Prendre le deuil. Être en deuil. Être en deuil de quelqu'un. Quitter le deuil. Habit de deuil. Voiture de deuil. Demi-deuil. Porter le deuil. Il porte le deuil de son frère. Tendre une église de deuil. Magasin de deuil. Papier de deuil.
Il se dit encore du Temps pendant lequel se porte le deuil. On a abrégé les deuils. Le deuil des veuves ne dure plus qu'un an. L'année de deuil.
Il se dit en outre du Cortège des parents qui assistent aux funérailles de quelqu'un. J'ai vu passer le deuil. Mener, conduire le deuil.
Fam., Faire son deuil d'une chose, La regarder comme une chose sur laquelle il ne faut plus compter, ou comme une chose perdue, et se résigner à s'en passer.
DEUTÉRONOME
n. m.
Nom du cinquième livre du Pentateuque, où de nouvelles lois mosaïques furent édictées.
DEUX-MÂTS
n. m.
T. de Marine
. Bâtiment à voiles ou à vapeur muni de deux mâts.
DEUX-POINTS
n. m.
Signe de ponctuation qui précède d'ordinaire une citation.
DEUX
(X ne se prononce que devant une voyelle ou une H non aspirée et a le son Z.)adj. numéral cardinal
. Qui est le double de l'unité. Deux hommes. Deux femmes. Deux fois autant. Des deux côtés. Il l'a fait en deux jours. De deux jours en deux jours. De deux jours l'un. À deux heures. Nous étions deux. Partager en deux parties, ou simplement en deux.
Fam., Il n'y a pas deux voix là-dessus, Tout le monde est d'accord là-dessus.
Ne faire ni une ni deux, Se décider sur-le- champ, agir immédiatement.
Il s'emploie familièrement pour exprimer Un très petit nombre indéterminé. J'ai deux mots à vous dire. Il n'est qu'à deux pas d'ici. Écrivez-moi deux lignes seulement. Je suis à vous dans deux secondes.
Il s'emploie aussi dans le sens ordinal de Deuxième ou Second. Page deux. Article deux. Tome deux. Henri deux, roi de France. Catherine deux, impératrice de toutes les Russies. On écrit plus ordinairement Henri II, Catherine II.
Le deux du mois, ou simplement Le deux, Le second jour du mois.
Il s'emploie également comme nom cardinal pour désigner le Chiffre qui marque deux. Ce deux est mal fait. Effacez ce deux.
Il se dit surtout d'un Ensemble de deux unités. Le produit de deux multiplié par cinq. Le nombre deux. Deux à deux. Deux à la fois. Je les ai vus tous deux ensemble, tous les deux.
Fam., Cela est clair comme deux et deux font quatre, Cela est évident, incontestable.
C'est deux se dit familièrement, dans la conversation, de Deux choses qui ne peuvent se comparer. Promettre et tenir, c'est deux. On dirait mieux Promettre et tenir sont deux.
Elliptiq., Donner ou mieux Piquer des deux, Faire sentir les deux éperons à un cheval pour qu'il aille plus vite. Il signifie figurément et familièrement Aller très vite, faire beaucoup de diligence.
À deux de jeu. Voyez JEU.
Une, deux, se dit, en termes d'Escrime, pour exprimer une Feinte par laquelle on attire l'épée de son adversaire, d'un côté, pour l'attaquer de l'autre.
Il désigne en outre une Carte à jouer ou le Côté d'un dé à jouer, qui porte deux points. Un deux de coeur, de pique, d'un domino. Amener cinq et deux. Fermer le jeu, au domino, avec des deux. Double-deux. Voyez DOUBLE.
DEUXIÈME
(L'X se prononce comme Z.) adj. ordinal
de deux. Qui vient immédiatement après le premier. Il loge au deuxième étage. Je suis le deuxième sur la liste.
DEUXIÈMEMENT
adv.
En deuxième lieu.
DÉVALER
v. intr.
Aller de haut en bas. Il a dévalé de la montagne. Transitivement, Dévaler une pente. Il a dévalé la montagne. Absolument, Les troupes dévalèrent au pas gymnastique.
DÉVALISER
v. tr.
Dépouiller quelqu'un de son argent, de ses effets, etc. Il a trouvé au coin d'un bois des voleurs qui l'ont dévalisé. Des cambrioleurs pénétrèrent chez lui et le dévalisèrent complètement. Voyageur dévalisé. Fig., Une maison dévalisée.
DEVANCEMENT
n. m.
Action ou Fait de devancer. Il s'emploie surtout, en termes militaires, dans cette expression, Devancement d'appel.
DEVANCER
v. tr.
Précéder quelqu'un en gagnant le devant, en arrivant devant lui. Devancer quelqu'un à la course. Il a devancé le courrier. Nous vous avons devancés dans cette ville.
Il signifie aussi, tant au propre qu'au figuré, Précéder dans l'ordre des temps. L'aurore devance le lever du soleil, devance le soleil. Son génie a devancé son siècle. La raison devance en lui les années.
Devancer l'appel se dit, en termes militaires, des Jeunes gens qui s'engagent dans l'armée avant l'appel de la classe dont ils font partie par leur date de naissance.
Il signifie en outre, figurément, Précéder quelqu'un dans l'accomplissement d'une chose en y apportant plus de diligence. J'allais vous voir, mais vous m'avez devancé. Il croyait être le premier à demander cette place, mais d'autres l'avaient déjà devancé.
Il signifie encore, figurément, Surpasser, avoir l'avantage. Nous avons commencé nos études ensemble, mais vous m'avez bien devancé. Il devança tous ses rivaux.
DEVANCIER, IÈRE
n.
Celui, celle qui a précédé une personne dans ce qu'elle fait. Je tiens cela de mes devanciers. Ce peintre n'imite point ses devanciers. Cet auteur a beaucoup profité des travaux de ses devanciers. Imitez l'exemple de vos illustres devanciers.
DEVANT
préposition de lieu. À l'opposite de, vis-à-vis de, en face de. Se mettre devant quelqu'un pour lui barrer le passage. Regarder devant soi. Avoir toujours une chose devant les yeux. Passer devant quelqu'un sans le voir. Ôtez-vous de devant mon jour.
Il est quelquefois synonyme de En avant de. Porter quelque chose devant soi. Il se promenait devant la maison.
Fam., Avoir du temps devant soi, Avoir tout le temps nécessaire pour faire une chose. On dit de même Avoir de l'argent devant soi, Avoir une réserve d'argent disponible.
Il sert aussi à désigner le Rang et s'oppose à Après. C'est mon ancien, il marche devant moi. Il a le pas devant moi.
Il signifie aussi En présence de. Il a prêché devant le roi. Parler devant une grande assemblée. Cela fut dit devant plus de vingt personnes, devant des témoins, devant témoins. Ne dites rien devant lui, c'est un homme fort indiscret. Nous comparaîtrons tous devant Dieu. Cette affaire a été portée devant tel tribunal. On dit dans le même sens Par-devant, en termes de Procédure. Par-devant le magistrat. Un contrat passé par-devant notaire. Un acte par- devant notaire.
Il s'emploie également comme adverbe dans les sens qui précèdent. Il est là devant. Il ne sait point s'habiller et met devant ce qui doit être derrière. Si vous êtes si pressé, courez devant. Mettez cela devant ou derrière, devant ou après.
Fig. et pop., Partir les pieds devant, Être porté en terre.
Comme devant, Comme précédemment.
Sens devant derrière se dit en parlant de la Situation d'un objet tourné de telle façon que ce qui devrait être devant se trouve derrière. Son chapeau est sens devant derrière.
En termes de Marine, Être vent devant, se dit d'un Navire qui est debout au vent, qui reçoit le vent sur ses voiles, en le prenant de devant.
PAR-DEVANT,loc. adv.
Par la partie antérieure. Il le saisit par-devant. Il fut blessé par- devant.
CI-DEVANT,loc. adv.
Précédemment, ci- dessus. Comme nous avons dit ci-devant.
Il signifie aussi Autrefois. Il demeurait ci-devant en tel endroit. Ci-devant gouverneur. On l'emploie quelquefois adjectivement en ce sens. Les ci-devant récollets.
Pendant la Révolution, il servait à désigner Ceux qui avaient été privés de leurs titres de noblesse. Un ci-devant noble, et par ellipse, dans le langage populaire, Un ci-devant.
DEVANT s'emploie aussi comme nom et alors il désigne le Côté qui est devant, la partie antérieure. Le devant de la tête. Le devant d'un habit, d'une jupe, d'une robe. Mettre le devant derrière. Un devant d'autel. Un devant de cheminée. Le devant de la maison, ou simplement Le devant. Un appartement sur le devant. Il bâtit sur le devant de sa maison. Votre cheval est blessé sur le devant. Les jambes de devant d'un cheval.
En termes de Peinture, Les devants d'un tableau, Les premiers plans.
Prendre les devants, Partir avant quelqu'un, le dépasser en allant plus vite. Prenez les devants, nous ne tarderons pas à vous rejoindre. Il signifie figurément Prévenir, devancer quelqu'un, le gagner de vitesse dans une affaire. Quand il sut que je voulais me plaindre, il prit les devants. Si vous ne prenez les devants dans cette affaire, vous êtes perdu.
AU-DEVANT DE,loc. prép.
À la rencontre de. Aller, venir, envoyer au-devant de quelqu'un. On alla, on envoya au-devant de lui. Il vint au-devant de moi. Elliptiquement, Mon père arrive, allons au-devant.
Aller au-devant de signifie figurément Prévenir. Aller au-devant d'une objection. Aller au- devant du mal. Il va toujours au-devant de tout ce qu'on peut désirer de lui. J'allais au-devant de tous ses désirs.
DEVANTURE
n. f.
T. d'Architecture
. Face antérieure. La devanture d'une maison. On dit plutôt aujourd'hui la FAÇADE.
Il se dit aussi particulièrement du Revêtement de bois, de fer ou de vitrerie qui garnit le devant d'une boutique, d'un magasin, etc. On a réparé, on a refait la devanture de cette boutique. L'autobus est entré dans la devanture de ce magasin.
Il se dit aussi, par extension, de l'Étalage d'un magasin. Ce diamant a été exposé à la devanture de tel bijoutier.
Il se dit, au pluriel, des Plâtres que les couvreurs mettent au devant des souches de cheminées pour raccorder les tuiles ou les ardoises.
DÉVASTATEUR, TRICE
n.
Celui, celle qui dévaste. Les Vandales furent les dévastateurs de l'Empire romain. Adjectivement, Un torrent dévastateur. Une armée dévastatrice.
DÉVASTATION
n. f.
Action de dévaster ou Résultat de cette action. La dévastation de cette région est l'un des crimes commis par l'ennemi. Ils mirent un terme à ces dévastations. Les dévastations causées par le débordement du fleuve.
DÉVASTER
v. tr.
Ruiner un pays par la destruction de tout ce qu'il renferme. Les ennemis ont dévasté cette province. Ces campagnes furent dévastées par un ouragan. Un pays dévasté. Fig., Un coeur dévasté par les passions.
DÉVEINE
n. f.
Mauvaise chance persistante, surtout au jeu. Je suis dans la déveine. Quelle déveine! Il est familier.
DÉVELOPPEMENT
n. m.
Action de développer, de se développer ou Résultat de cette action, au propre et au figuré. Le développement d'une pièce d'étoffe, d'une tapisserie roulée. Le développement d'un bourgeon. Avant que le corps arrive à son entier développement. Le développement d'un germe. Le développement de l'intelligence, des facultés. Le développement d'une maladie. Le développement d'un système, d'une doctrine. Le développement des caractères dans une pièce de théâtre.
Il se dit souvent au pluriel d'une Exposition plus ou moins détaillée, par opposition aux Vues, aux considérations générales. Cela exigerait d'assez longs développements. Entrer dans les développements.
En termes de Photographie, il se dit de l'Action de développer un cliché.
En termes de Géométrie, il se dit d'une Figure de carton ou de papier dont les parties, étant pliées et rejointes, composent la surface d'un solide.
Il se dit spécialement, en termes de Mécanique, du Nombre de mètres qu'une bicyclette parcourt sur un coup de pédale.
Ce mot est employé dans diverses autres acceptions en Art militaire, en Architecture. Voyez DÉVELOPPER.
DÉVELOPPER
v. tr.
Dégager une chose de ce qui l'enveloppe ou Déployer une chose enveloppée, pliée. Développer une tapisserie. Développer du drap, des habits. Développer un paquet de linge.
Il signifie au figuré, tant au sens physique qu'au sens moral, Faire qu'un être ou une chose prenne son accroissement. La chaleur développe les germes des plantes. Des exercices propres à développer le corps. Un enfant bien développé. Développer l'intelligence d'un enfant. Cet enfant se développe. À cet âge la raison se développe. Son génie se développa tout à coup. Les conséquences de cet événement se développèrent quelques années après.
En termes de Géométrie, Développer une surface courbe, Étendre cette surface, en respectant ses dimensions, sur un plan.
Il signifie en outre, en termes d'Architecture, Représenter sur un plan les diverses faces d'un objet.
En termes de Photographie, Développer un cliché ou simplement Développer, Faire apparaître, à l'aide de procédés chimiques, les images que la lumière a produites sur le cliché.
Il signifie aussi Exposer, présenter, faire voir quelque chose en détail. Développer le plan, le sujet d'un ouvrage. Développer un système. On dit à peu près de même, Développer les caractères dans une pièce de théâtre, dans un roman. L'action de cette pièce ne se développe que lentement. L'intrigue se développe.
En termes d'Algèbre, Développer une fonction, une série, Trouver les différents termes qui y sont implicitement enfermés. Développer une expression algébrique, Pousser aussi loin que possible les opérations qui y sont indiquées.
SE DÉVELOPPER signifie quelquefois S'étendre. L'armée se développa dans la plaine. À l'extrémité de cette vallée, le fleuve se développe majestueusement.
DEVENIR
(Il se conjugue comme VENIR.) v. intr.
Commencer à être ce qu'on n'était pas; passer d'une situation, d'un état à un autre. Devenir maigre. Devenir sage, savant, jaloux, dévot, etc. De riche qu'il était, il devint pauvre. Ces fruits deviennent rouges en mûrissant. Cela commence à devenir fatigant. Il est devenu ministre. Il devint l'objet de l'admiration générale. Son bien est devenu la proie d'un intrigant. Rome devenue la maîtresse du monde.
Pop., Devenir à rien se dit des Choses et signifie Se réduire considérablement, s'évaporer. Cela est devenu à rien, en cuisant. On dit quelquefois Cet homme, cet enfant devient à rien, Il devient excessivement maigre.
Il signifie particulièrement, surtout dans les phrases qui marquent doute, conjecture, etc., Avoir tel ou tel sort, tel ou tel résultat, telle ou telle issue. Que deviendrai-je? Que vais-je devenir? Je ne sais ce que tout ceci deviendra. On pouvait dès lors prévoir ce que tout cela deviendrait. Que deviendra tout le bien qu'il a amassé? Que deviendront vos promesses, si vous m'abandonnez? Que sont devenus vos serments? Que deviendraient tant de belles espérances, s'il venait à mourir?
Qu'est devenue telle personne, telle chose? Où est-elle? où a-t-elle passé? Qu'est devenu monsieur votre frère? Il était près de nous il n'y a qu'un instant, je ne sais ce qu'il est devenu. Qu'étiez-vous donc devenu? nous vous cherchions partout. Par extension, Vous tremblez, qu'est donc devenu votre courage?
Que devenez-vous? Qu'êtes-vous devenu? Qu'avez-vous fait, que vous est-il survenu depuis que je ne vous ai vu? On dit dans un sens analogue Que devenir? et Ne savoir que devenir.
L'infinitif DEVENIR s'emploie comme nom, en termes de Philosophie, pour exprimer le Mouvement par lequel une chose, un être se forme ou se transforme. Le devenir est opposé à l'être.
DÉVERGONDAGE
n. m.
Libertinage effronté, scandaleux. La plus grande partie de sa vie ne fut qu'un long dévergondage. Fig., Dévergondage d'esprit, d'imagination, Excès d'esprit, d'imagination.
DÉVERGONDÉ, ÉE
adj.
Qui mène une vie de dévergondage. Un jeune homme dévergondé. Cette fille est bien dévergondée. Substantivement, C'est une dévergondée.
DÉVERNIR
v. tr.
Dégarnir quelque chose de son vernis. Dévernir un tableau.
DÉVERROUILLER
v. tr.
Faire qu'une porte, une clôture, etc., ne soit plus verrouillée.
DÉVERS, ERSE
adj.
Qui n'est pas d'aplomb. Ce mur est dévers.
Il s'emploie surtout comme nom masculin et signifie Inclinaison de ce qui penche d'un côté. Le dévers d'une pièce de bois. Le dévers d'une voie ferrée, La différence de hauteur du rail intérieur au rail extérieur dans une courbe pour combattre la force centrifuge.
DEVERS
préposition de lieu. Du côté de. Il est allé quelque part devers Lyon. Il est de devers Toulouse. Il demeure en Languedoc, devers Montpellier. Il est vieux.
PAR-DEVERS,loc. prép.
Du côté de. Par- devers moi, par-devers toi, par-devers soi, etc., De mon côté, de ton côté, de son côté. Retenir des papiers par-devers soi. Tenir le bon bout par-devers soi. Il avait par-devers lui des preuves du contraire. En termes de Procédure, Se pourvoir par-devers le juge, Se pourvoir à son tribunal.
DÉVERSER
v. tr.
Faire devenir dévers. Déverser une pièce de bois.
Intransitivement, il signifie Devenir dévers. Un mur qui déverse.
DÉVERSER
v. tr.
Faire couler de l'eau d'un lieu dans un autre. Déverser l'eau d'une rivière dans un canal. Le Nil se déverse dans le lac Moeris. Fig., Déverser le blâme sur quelqu'un.
DÉVERSOIR
n. m.
Endroit de la conduite de l'eau d'un moulin, d'un étang, etc., par où l'eau se perd quand il y en a trop.
DÉVÊTIR (SE)
(Il se conjugue comme VÊTIR.)v. pron.
Se dépouiller de tout ou partie de ses vêtements. Il est dangereux de se dévêtir trop tôt au printemps.
DÉVIATION
n. f.
Action de dévier ou Résultat de cette action. Les déviations de la colonne vertébrale. Étudier la déviation d'un filon de minerai. Les projectiles subissent une déviation du fait de la résistance de l'air ou de la distance. Fig., Il a suivi ce principe sans déviation, dans toute sa conduite.
DÉVIDAGE
n. m.
Action de dévider. Le dévidage d'un écheveau de fil, d'un peloton.
DÉVIDER
v. tr.
Mettre en écheveau le fil qui est sur le fuseau. Dévider le fil que l'on a filé.
Il signifie aussi Mettre en peloton le fil qui est en écheveau ou en bobines. Elle a dévidé trois écheveaux dont elle n'a fait qu'un peloton.
Il signifie, d'une façon plus générale, Dérouler le fil enroulé sur une bobine.
DÉVIDEUR, EUSE
n.
Celui, celle qui dévide des fils, des laines, des soies, ou en pelotons, ou en écheveaux.
DÉVIDOIR
n. m.
Instrument dont on se sert pour dévider. Mettre un écheveau sur le dévidoir.
DÉVIER
v. intr.
Se détourner, être détourné de sa direction. Il a dévié de son chemin. Quand la colonne vertébrale vient à dévier. Fig., Ne pas dévier des principes de la justice.
Il est aussi transitif et signifie Écarter une portion du corps de sa direction normale. Une chute lui a dévié la taille. Sa colonne vertébrale est toute déviée.
DEVIN, INERESSE
n.
Celui, celle qui fait profession de prédire les événements qui arriveront et de découvrir les choses cachées. Consulter les devins. Elle passait pour devineresse.
Fig. et fam., Je ne suis pas devin, se dit pour faire entendre qu'on ne pouvait se douter d'une certaine chose, ou qu'on ne saurait la comprendre si elle n'est mieux expliquée.
DEVINER
v. tr.
Prédire ce qui doit arriver; ou découvrir, par des sortilèges, ce qui est caché. Il prétendait deviner où était caché le trésor. Absolument, L'art de deviner est une chimère.
Il signifie plus ordinairement Parvenir à connaître, à découvrir par voie de conjecture. Devinez ce que j'ai fait aujourd'hui. Devinez d'où je viens. Devinez combien cela me coûte. Il a deviné ma pensée, ou simplement Il m'a deviné. Je devine la cause de ce refus. Son écriture est si peu lisible, qu'il faut qu'un mot fasse deviner l'autre. Cela n'est pas difficile à deviner. Cela se devine aisément. Nos coeurs s'étaient devinés.
Deviner une énigme, un logogriphe, une charade, En trouver le mot.
Fam., Il n'y a là rien à deviner, C'est une chose claire par elle-même.
Je vous le donne à deviner en dix, en cent, se dit en parlant d'une Chose dont on suppose que celui à qui l'on parle ne se douterait jamais.
Fam., Devinez le reste, Jugez du reste. On dit, dans un sens analogue, Vous devinez le reste.
DEVINERESSE
n. f.
Voyez DEVIN.
DEVINETTE
n. f.
Question à deviner par manière de jeu. Jouer aux devinettes. Proposer une devinette.
DEVIS
n. m.
Description ou état détaillé de toutes les parties d'un ouvrage, dans lequel on indique, non seulement la nature, la forme et la dimension des matériaux, mais encore le prix de chacun et l'évaluation de tout l'ouvrage. Un devis n'est qu'un aperçu de la dépense. Devis exact. Faire un devis. Donner le devis d'une maison. Le devis de l'architecte. Le devis du menuisier, du charpentier, du maçon, d'un serrurier, d'un typographe, etc. Examiner si les travaux sont conformes au devis.
En termes de Marine, Devis d'armement d'un navire, État de prévision de tout ce qu'il doit contenir.
DÉVISAGER
v. tr.
Regarder quelqu'un avec une attention curieuse et impertinente. Avez-vous fini de me dévisager? Ils restèrent longtemps à se dévisager.
SE DÉVISAGER signifie quelquefois Chercher à se reconnaître mutuellement. Ils se dévisagèrent longtemps sans pouvoir se reconnaître.
DEVISE
n. f.
Figure accompagnée d'une phrase exprimant d'une manière allégorique et brève quelque pensée, quelque sentiment. Devise ingénieuse. Graver une devise. Choisir une devise.
Il se dit aussi, en termes de Blason, de la Sentence qui accompagne les armoiries. Tous les chevaliers du carrousel portaient chacun une devise. Il a pris telle devise. La devise de Louis XIV était un soleil qui éclaire un monde, avec ces mots : NEC PLURIBUS IMPAR.
Le corps de la devise, La figure de la devise. L'âme de la devise, Les paroles de la devise.
Il se dit, par extension, d'Un ou de plusieurs mots formant une espèce de sentence qui exprime en quelques mots les manières de penser, de sentir, d'agir de quelqu'un : Plutôt mourir que faillir. Diversité, c'est ma devise.
Il se dit spécialement, en termes de Banque, des Billets de banque de tel ou tel État. Acheter des devises étrangères.