Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Timide
adj. des deux genres
. Qui est craintif, qui manque de hardiesse, d'assurance. L'enfance est timide. Le véritable amour rend timide. Ce jeune homme est fort timide dans le monde. Il est timide auprès des femmes, avec les femmes.
Écrivain timide, style timide, Écrivain, style qui manque de hardiesse, d'énergie.
TIMIDE se dit aussi des Choses où se manifeste un manque d'assurance, de hardiesse. Caractère timide. Esprit timide. Il s'avança d'un air timide. Regard timide. Donner un conseil timide.
Fig., Marche timide, Conduite excessivement prudente.
TIMIDEMENT
adv.
D'une manière timide, avec timidité. Agir timidement. Répondre timidement.
TIMIDITÉ
n. f.
Caractère de celui qui est timide. Extrême timidité. Timidité ridicule. Timidité maladive. Je n'ai jamais vu une timidité comme la vôtre. Sa timidité l'empêche de faire paraître tout son esprit.
Il se dit aussi des Actions, des paroles qui manquent de hardiesse. On blâma la timidité de sa conduite. La timidité de ses conseils devint funeste.
TIMON
n. m.
Longue pièce de bois fixée en avant d'une voiture, d'une charrue et aux deux côtés de laquelle on attelle les chevaux, les boeufs. Lever le timon. Abaisser le timon.
TIMON s'est dit, en termes de Marine, d'une Longue pièce de bois attachée au gouvernail d'un navire et qui servait à le mouvoir. On dit aujourd'hui Barre.
Fig., Le timon des affaires, de l'État, Le gouvernement des affaires, de l'État.
TIMONERIE
n. f.
T. de Marine
. Fonction de timonier. Quartier-maître de timonerie.
Il se dit aussi de l'Endroit où se tiennent les timoniers.
TIMONIER
n. m.
Chacun des chevaux attelés de chaque côté du timon.
En termes de Marine, il s'est dit de Celui qui gouvernait le timon d'un navire sous les ordres du pilote.
Il se dit aujourd'hui des Matelots et gradés chargés des signaux, des tableaux de service, des instruments de navigation, etc.
TIMORÉ, ÉE
adj.
Qui est trop disposé à la crainte, au scrupule. Vous êtes bien timoré. C'est une âme timorée.
TIN
n. m.
T. de Botanique
. Voyez Laurier- tin à l'article LAURIER.
TIN
n. m.
T. de Marine
. Billot de bois qui sert à supporter, à maintenir une pièce de bois pendant qu'on la travaille. Faire porter sur des tins la quille d'un bâtiment.
TINCTORIAL, ALE
adj.
Qui sert à teindre. Plantes tinctoriales.
TINE
n. f.
Sorte de tonneau qui sert à transporter l'eau, le lait, la vendange, etc.
TINETTE
n. f.
Récipient pour les ordures et les excréments.
TINTAMARRE
n. m.
Grand bruit discordant, accompagné de confusion et de désordre. Quel tintamarre est-ce que j'entends? Faire du tintamarre. Il est familier.
TINTEMENT
n. m.
Action de tinter une cloche ou Bruit, son résultant de cette action. Ce tintement annonce que la messe va commencer. Un tintement funèbre.
Il se dit encore du Prolongement du son d'une cloche, lequel va toujours en diminuant dans l'air après que le coup a frappé. Le tintement d'une cloche.
Il se dit aussi de la Sensation que l'on éprouve quelquefois dans les oreilles sans cause extérieure, comme si l'on entendait un son aigu et continu, tel que le tintement d'une cloche. Ce malade a de fréquents tintements d'oreille.
TINTENAGUE
n. f.
Voyez TOUTENAGUE.
TINTER
v. tr.
Faire sonner lentement une cloche, en sorte que le battant ne frappe que d'un côté. Tinter la grosse cloche, la petite cloche. Absolument, On tinte à l'église.
TINTER s'emploie aussi comme verbe intransitif et se dit d'une Cloche qu'on frappe d'un seul côté avec le battant et qui sonne lentement.
Il signifie, par analogie, Rendre un son en étant frappé comme une cloche. Faire tinter un verre.
Il signifie également Donner la sensation d'un tintement de cloche. L'oreille lui tinte.
Fig. et fam., Les oreilles ont dû vous tinter se dit pour faire entendre à une personne qu'on a beaucoup parlé d'elle en son absence, le plus souvent dans un sens élogieux.
TINTER
v. tr.
T. de Marine
. Appuyer sur des tins, assujettir avec des tins. Tinter la quille d'un bâtiment. Tinter des futailles, des caisses, des ballots que l'on arrime.
TINTOUIN
n. m.
Bourdonnement, bruit dans les oreilles. Avoir un tintouin continuel dans les oreilles. Il est vieux en ce sens.
Il se dit figurément de l'Inquiétude qu'on a du succès de quelque chose, de l'embarras que cause une affaire. On juge maintenant son procès, il doit avoir du tintouin. Cette affaire lui donnera beaucoup de tintouin. Il est familier dans les deux acceptions.
TIQUE
n. f.
Insecte parasite à huit pattes et sans ailes, qui s'attache aux oreilles des chiens, des boeufs, etc. La tique tombe après s'être gorgée de sang.
TIQUER
v. intr.
Avoir un tic. Il se dit proprement des Chevaux qui ont l'habitude de mordre leur mangeoire. Ce cheval tique.
Il signifie aussi, dans le langage familier, Être arrêté par une difficulté, être heurté par une proposition, par une requête à laquelle on répugne. Ce mot l'a fait tiquer.
TIQUETÉ, ÉE
adj.
Qui est tacheté, marqué de petites taches. Un oeillet tiqueté.
TIQUEUR, EUSE
adj.
T. d'Art vétérinaire
.
Il se dit d'un Cheval, d'une jument qui tique.
TIR
n. m.
Action, art de tirer, de faire partir une arme de jet ou une arme à feu dans une direction déterminée. La chasse à tir et la chasse à courre. Tir à la cible. La théorie, la pratique du tir. Règles de tir. Tir juste. Tir précis. La justesse du tir. Le tir de l'arbalète. Le tir à l'arc. Le tir au fusil de guerre, au revolver. Le tir au canon.
Il se dit aussi de la Manière dont on tire et s'emploie surtout en parlant du Canon. Ligne, angle, champ de tir. Tir de plein fouet, indirect, rasant, plongeant. Tir d'enfilade. Tir de barrage, de préparation, de destruction. Tir par rafales, à volonté.
Il se dit encore d'un Lieu où l'on s'exerce à tirer. Il a passé deux heures au tir. Le tir aux pigeons.
TIRADE
n. f.
Morceau d'une certaine étendue qui fait partie d'un ouvrage en prose ou en vers et qui roule ordinairement sur une même idée, sur un même fait. Il y a de belles tirades dans ce panégyrique. Il nous a dit une belle tirade de son poème.
Il se dit particulièrement, dans les pièces de théâtre, d'une Suite de phrases, de vers, qu'un des personnages débite sans être interrompu. Les longues tirades interrompent fâcheusement le dialogue. Cet acteur a bien dit sa dernière tirade.
Il se dit, en mauvaise part, des Lieux communs qu'on emploie avec quelque développement et qui n'ont qu'un rapport éloigné au sujet de l'ouvrage. L'orateur aurait bien dû nous faire grâce de ces inutiles tirades.
TIRAGE
n. m.
Action de tirer, de mouvoir. On a payé tant pour la toise du moellon et tant pour le tirage. Il a fallu attacher des chevaux au bateau, et il en a coûté tant pour le tirage.
Chevaux de tirage, Chevaux employés à tirer les bateaux.
Cordons de tirage, Cordons qui servent à tirer des rideaux.
Fig. et fam., Il y aura du tirage dans cette affaire, Cette affaire ne se fera pas sans difficulté.
Tirage des métaux, Action de les faire passer par la filière. Le tirage de l'or, de l'argent. L'or est celui de tous les métaux qui s'étend le plus au tirage.
Tirage de la soie, Action de faire passer le fil du cocon sur le dévidoir.
TIRAGE se dit aussi de l'Action de tirer, de choisir par le sort. Tirage d'une loterie, Action de tirer les billets, les numéros.
Tirage au sort, Action de tirer au sort.
TIRAGE, en termes d'Imprimerie, désigne l'Action de mettre les feuilles sous la presse et d'y imprimer les caractères. Il en a coûté tant pour le tirage des feuilles. Ce tirage n'a pas été soigné. Un ouvrage à tirage limité. Les journaux à gros tirage.
Cet ouvrage a grand succès, on en a déjà fait plusieurs tirages, On en a fait plusieurs réimpressions avec les mêmes formes ou planches. Premier, second, troisième tirage.
TIRAGE se dit aussi en parlant des Estampes et des dessins lithographiés. On n'a fait qu'un très petit tirage de cette eau-forte.
Il se dit également de l'Action par laquelle une cheminée attire l'air nécessaire à la combustion. Cette cheminée fume, le tirage est trop faible.
TIRAILLEMENT
n. m.
Action de tirailler ou Résultat de cette action.
Il se dit, particulièrement, d'une Sorte de malaise, de sensation désagréable, qui est excitée dans certaines parties intérieures du corps et qui les fait sentir comme tiraillées. Tiraillement d'estomac.
Il se dit figurément et familièrement de Difficultés qui surviennent entre des personnes dont chacune tire à soi, cherche à prendre son avantage, à imposer sa volonté. Il y a des tiraillements dans cette administration. Cette disposition fut une cause de tiraillement entre le pouvoir exécutif et l'assemblée.