Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 121 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Bonze

 

n. m.

Prêtre appartenant à la religion bouddhique.

 

BOOKMAKER

 

(On prononce Boukméker.) n. m.

Celui qui fait métier d'accepter les paris à la cote dans les courses de chevaux et qui les inscrit sur un livre.

 

BOQUILLON

 

n. m.

Bûcheron. Il est vieux.

 

BORATE

 

n. m.

T. de Chimie

. Sel formé par l'acide borique combiné avec une base. Borate de soude.

 

BORAX

 

n. m.

T. de Chimie

. Sel très propre à faciliter la fusion des métaux qui sert à de nombreux usages industriels. On l'a longtemps employé en médecine comme désinfectant. Le borax se trouve dans plusieurs lacs des Indes orientales et de l'Amérique. Borax artificiel.

 

BORBORYGME

 

n. m.

T. de Médecine

. Bruit que font entendre les gaz contenus dans l'abdomen quand ils se déplacent au milieu des liquides contenus dans les intestins.

 

BORD

 

n. m.

L'extrémité d'une surface ou Ce qui la termine, la ligne qui forme le contour d'une chose. Le bord d'une robe, d'un manteau. Le bord d'un verre. S'asseoir sur le bord d'un chemin. Le bord, les bords d'un précipice.

Avoir un mot sur le bord des lèvres, Être ou se croire tout près de se souvenir d'un mot, d'un nom qu'on a oublié et qu'on cherche à se rappeler. Avoir un aveu, un secret sur le bord des lèvres, Éprouver une grande envie de faire un aveu, de révéler un secret.

Fig., Être au bord du précipice, être sur le bord du précipice, Être près de tomber dans un malheur, dans quelque grand danger; être sur le point de se perdre, d'être ruiné. On dit en des sens analogues Conduire, pousser quelqu'un au bord du précipice; l'arrêter au bord du précipice.

Un rouge bord, Un verre de vin rempli jusqu'au bord.

Il se dit aussi de Tout ce qui s'étend vers les extrémités de certaines choses. Le bord, les bords d'un plat, Tout ce qui est depuis la partie concave d'un plat jusqu'à l'extrémité. Les bords d'un chapeau, Tout ce qui excède par en bas la forme d'un chapeau. Chapeau à grands bords, à petits bords, à bords relevés.

Il se dit particulièrement du Terrain, du sol qui est le long de la mer, d'un fleuve, autour d'un lac, etc. Se promener sur le bord, sur les bords de la mer. Le bord de l'eau. Le bord, les bords d'une rivière, d'un lac, d'un étang. Cette plante ne croît que sur les bords de la mer. Les bords du Rhin sont fort pittoresques. Cette rivière coule à pleins bords. Poétiquement, Les sombres bords, Les bords du Cocyte, l'enfer païen.

Venir, arriver à bord, Atteindre le rivage, arriver au bord de l'eau, au bord de la mer. Il se dit d'un bateau ou d'un navire.

Il ne put atteindre le bord et se noya, Il ne put atteindre le rivage et se noya.

Elliptiq., À bord, à bord. Cri de gens qui sont sur un navire pour avertir qu'ils veulent aller à terre, ou de gens qui sont sur le rivage pour demander à s'embarquer.

Au pluriel, il se dit poétiquement des Régions, des contrées environnées d'eau. Les bords africains. Les bords indiens. Vivre sur les bords étrangers. Il a quitté ces bords. Il s'est éloigné de nos bords.

Il se dit aussi d'une Espèce de ruban ou galon, d'une bande d'étoffe dont on borde certaines parties de l'habillement. Mettre un bord à un chapeau, à une jupe.

BORD, en termes de Marine, désigne le Côté d'un bâtiment, d'un vaisseau. De quel bord vient le vent. S'appuyer sur le bord d'un navire. Sauter par-dessus le bord. Le bord d'un bateau. Ces deux bâtiments sont bord à bord, Côté à côté. Faire feu des deux bords en même temps. Voyez BÂBORD et TRIBORD.

Virer de bord, Changer de route, en mettant au vent un côté du bâtiment pour l'autre. Figurément et familièrement, Changer la direction de sa conduite, s'attacher à un autre parti. Cet homme est inconstant, il a viré de bord en mainte occasion.

Courir bord sur bord, Louvoyer à petites bordées, tantôt à droite, tantôt à gauche, pour se maintenir à la même place, ou pour ne changer de place que le moins possible.

Rouler bord sur bord, Éprouver un roulis violent et continu.

Être bord à quai, se dit quand l'un des côtés du bâtiment touche à un quai.

Vaisseau de haut bord se disait autrefois de Tout bâtiment qui naviguait au long cours, par opposition à Vaisseau de bas bord, qui se disait de Tout petit bâtiment plat. Vaisseau de haut bord ne se dit plus aujourd'hui que des Bâtiments de guerre à plusieurs ponts.

Il se dit aussi du Navire, du bâtiment même. Le capitaine nous régala sur son bord. Il a tant de matelots, de soldats, de passagers à son bord. Prendre quelqu'un à bord, sur son bord. Monter à bord. Coucher à bord. Aller à bord. Envoyer à bord. Il était à bord de l'amiral. Être consigné à bord. Descendre, sortir du bord. Quitter le bord.

Fig., Être du bord de quelqu'un, Être de son parti, de son avis, de son opinion.

Il se dit quelquefois pour Bordée. Courir des bords. Louvoyer à petits bords. Courir un bord à terre, un bord au large. Le bon bord, Celle des deux bordées qui rapproche du but; et Le mauvais bord, Celle qui en éloigne.

 

BORDAGE

 

n. m.

Action de border. Le bordage d'une robe, d'un chapeau.

En termes de Marine, il se dit du Fer et de l'Acier qui revêtent d'un bout à l'autre le corps d'un bâtiment, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur. Les bordages du premier pont, du second pont, etc. Les bordages de carène.

En termes de Construction, il désigne une Sorte de coffre en planches où l'on enferme le béton.

Il se dit aussi, dans quelques pays, des Habitations agricoles, des métairies. On dit aussi dans le même sens BORDE.

 

BORDE

 

n. f.

Voyez BORDAGE.

 

BORDÉ

 

n. m.

Galon d'or, d'argent ou de soie qui sert à border des vêtements, des meubles, etc. Son habit n'avait qu'un simple bordé. Il faut mettre un petit bordé à ces rideaux.

En termes de Constructions navales, il désigne l'Enveloppe extérieure ou intérieure de la membrure d'un navire. Les bordés de carène. Les bordés des ponts.

 

BORDÉE

 

n. f.

T. de Marine

. La décharge simultanée de tous les canons rangés sur un des bords dans les anciens vaisseaux. Lâcher une bordée contre l'ennemi. Tirer une bordée. Envoyer une bordée. Essuyer une bordée.

Fig. et fam., Une bordée d'injures, ou absolument Une bordée, Beaucoup d'injures rapidement accumulées et dites presque à la fois. Il lui a lâché une bordée. Il a essuyé une furieuse bordée.

Il désigne aussi le Chemin, la route que fait un bâtiment sur un même bord, lorsqu'il est obligé de louvoyer, c'est-à-dire d'aller en zigzag, tantôt sur un côté, tantôt sur l'autre, pour arriver en quelque endroit. Faire une bordée. Courir une bordée, des bordées. Les vaisseaux furent obligés de courir plusieurs bordées pour arriver sur les ennemis. Continuer, prolonger la bordée. Atteindre, doubler un lieu à bout de bordée.

Fam., par analogie, Courir une bordée, des bordées, en parlant de marins à terre, signifie Aller de cabaret en cabaret.

BORDÉE désigne encore la Partie de l'équipage attachée à tel ou tel service du bord.

 

BORDEL

 

n. m.

Lieu de prostitution. Il est trivial.

 

BORDER

 

v. tr.

Garnir sur le bord d'un ruban, d'un galon, d'un morceau d'étoffe, de toile, etc. Border un manteau, le border d'hermine. Border un chapeau d'un galon d'or. Border des souliers. Border des rideaux.

Border un filet, Attacher une corde autour d'un filet pour le rendre plus fort.

Border un lit, Engager le bout des draps et de la couverture entre le bois de lit et la paillasse ou le matelas. On dit dans le même sens Border un drap, une couverture, etc. Par extension, Border quelqu'un dans son lit, ou absolument, Border quelqu'un.

En termes de Marine, Border un bâtiment, Revêtir sa membrure de bordages. Border les avirons, Les mettre sur le bord d'un bâtiment à rames, prêts à nager. Border une voile, L'arrêter, la tendre par en bas. On dit de même Border les écoutes.

En termes de Jardinage, Border une planche, Relever avec le dos de la bêche la terre des bords, de manière que la planche soit plus élevée que le sentier. Border une allée, une plate-bande, etc., Planter une bordure sur ses bords.

Il se dit aussi de Ce qui s'étend, de ce qui règne le long de certaines choses et qui y sert comme de bord. Le quai, la chaussée qui borde la rivière. Un ruisseau, un fossé borde ce jardin. Une belle prairie qui borde un étang. Une grande allée d'arbres borde le canal. Un parterre bordé de fleurs. Un bassin bordé de gazon. Un lieu bordé de précipices. On dit de même Les précipices qui bordaient notre route. La foule bordait le chemin par où il devait passer, etc.

Border la haie, se dit en parlant de Troupes rangées en longue ligne sur un des côtés ou de chaque côté d'une rue, d'un chemin où doit passer un personnage important, un cortège, etc.

En termes de Marine, il signifie aussi Côtoyer, naviguer le long des côtes. La flotte ne fit que border les côtes. Ce sens a vieilli.

Border un vaisseau ennemi, Le suivre de côté, afin de l'observer.

 

BORDEREAU

 

n. m.

Relevé détaillé des divers articles dont se compose une somme à payer ou à recevoir. Bordereau de compte.

Bordereau de courtier, d'agent de change, Écrit constatant les opérations, les négociations faites par un courtier, par un agent de change. On dit dans un sens analogue, en termes de Typographie, Le bordereau d'un metteur en pages, etc.

En termes de Procédure, Bordereau de collocation, Acte que le greffier d'un tribunal délivre à chacun des créanciers hypothécaires utilement colloqués dans un ordre.

En Matière hypothécaire, Bordereau d'inscription, Acte dressé par un créancier et remis par lui à un conservateur des hypothèques, pour que ce dernier le copie sur ses registres, et qui contient, entre autres désignations, celle des sommes dues à ce créancier en principal et accessoires, ainsi que celle de l'immeuble affecté à l'hypothèque. C'est l'inscription de ce bordereau sur les registres du conservateur qui fixe la date et le rang de l'hypothèque.

En termes d'Administration, il se dit de la Notice des pièces qui composent un dossier.

 

BORDIER

 

adj.

T. de Marine

. Qui a un côté plus fort que l'autre, qui incline plus d'un côté que de l'autre. Un bâtiment bordier.

Il s'emploie quelquefois comme nom. Un bordier.

Il signifie aussi Celui qui habite, qui exploite une borde.

 

BORDIGUE

 

n. f.

T. de Pêche

. Enceinte formée avec des claies, des perches, etc., sur le bord de la mer, pour prendre du poisson à la marée descendante.

 

BORDURE

 

n. f.

Ce qui garnit, orne ou renforce le bord de quelque chose. La bordure d'un bas-relief. La bordure d'une tapisserie. La bordure d'un chapeau, d'un soulier. Bordure de galon. Les bordures d'un parterre. Bordure de buis, de gazon, de fraisiers, de lavande, etc.

Il se dit, en termes de Blason, d'une Brisure qui entoure l'écu et qui est toujours différente de l'émail de l'écu. Bordure de gueules.

La bordure d'un bois, d'une forêt, Les arbres qui en forment la lisière.

Bordure de pavé, Rang de gros pavés qui terminent et retiennent chacun des deux côtés d'une chaussée.

 

BORE

 

n. m.

T. de Chimie

. Corps élémentaire qui, combiné avec l'oxygène, constitue l'acide borique.

 

BORÉAL, ALE

 

adj.

Qui est ou qui se montre du côté du Nord. Pôle boréal. Hémisphère boréal. Aurore boréale.

 

BORGNE

adj. des deux genres

. Qui ne voit que d'un oeil, à qui il manque un oeil. Cet homme est borgne. Cette femme est borgne. Son cheval est devenu borgne.

Il s'emploie aussi comme nom, en parlant des Personnes. Elle a épousé un borgne. C'est un méchant borgne.

Fig. et fam., Au royaume des aveugles les borgnes sont rois. Voyez AVEUGLE.

Fig. et fam., Changer, troquer son cheval borgne contre un aveugle. Voyez AVEUGLE.

Prov. et fig., Jaser comme une pie borgne, Parler beaucoup, babiller.

Par analogie, il se dit de Ce qui semble n'être pas ce qu'il devrait être, au sens physique et moral. En termes de Marine, Ancre borgne, Ancre qui n'a qu'une patte qui est mouillée sans avoir de bouée. Fenêtre borgne, Fenêtre disposée de façon qu'elle éclaire le dedans d'une pièce sans permettre de voir au-dehors. Une maison borgne, un appartement borgne, Une maison, un appartement sombre et obscur. Par extension, Maison borgne, Maison mal famée. Cabaret borgne, Petit cabaret mal fréquenté ou de mauvaise apparence. Compte borgne, Qui n'est pas juste.

 

BORIQUE

 

adj. m.

T. de Chimie

. Qui est formé de bore et d'oxygène. Le borax est une combinaison de l'acide borique avec la soude.

 

BORNAGE

 

n. m.

T. de Jurisprudence

. Action de planter des bornes pour marquer les limites d'un champ, d'une propriété rurale. Ils sont en différend pour le bornage de leurs terres.

Action en bornage, Celle qu'un propriétaire intente à son voisin pour l'obliger au bornage de leurs propriétés contiguës.

 

BORNE

 

n. f.

Pierre, arbre ou autre marque qui sert à séparer un champ d'avec un autre. Planter une borne. Asseoir des bornes. Arracher des bornes.

Par extension, il désigne les Pierres qui marquent les distances sur les routes. Nous atteindrons bientôt la dernière borne. On dit surtout dans ce sens Bornes kilométriques.

Il se dit aussi de l'Espèce de colonne qui marquait l'extrémité de la carrière dans les cirques des anciens. Tourner autour de la borne. Doubler la borne.

Il se dit encore des Pierres plantées debout qu'on met à côté des portes, le long des murailles, ou à l'encoignure des édifices, pour empêcher qu'ils ne soient endommagés par les voitures ou dont on borde un chemin, une place publique, un port, etc. Mettre une borne contre un mur. Mettre des bornes à une porte. Cette place publique est entourée de bornes. Monter sur une borne. Des bornes de granit. Une rangée de bornes liées par des barres de fer, par des chaînes. On se sert quelquefois de vieux canons en guise de bornes.

Borne-fontaine, Sorte de petite fontaine en forme de borne disposée sur la voie publique.

Fam., Il est planté là comme une borne, se dit d'un Homme qui se tient debout et sans remuer.

Au pluriel, il se dit de Tout ce qui sert à séparer un État, une province d'une autre. Reculer les bornes d'un État. Étendre les bornes de son Empire.

Il se dit figurément pour Limites, au sens moral. Passer les bornes de la raison, de la modestie. Aller, passer au delà des bornes de la bienséance. Demeurer, se tenir, se renfermer dans les bornes les plus étroites du devoir. Franchir les bornes du respect. Se prescrire des bornes. Son ambition n'a point de bornes, est sans bornes, ne connaît point de bornes. Les bornes de l'esprit humain.

Absolument, Passer les bornes, Aller trop loin, dépasser toute mesure. Cela passe toutes les bornes.

 

BORNER

 

v. tr.

Limiter par une ou plusieurs bornes. Borner un champ. Borner des vignobles.

Il signifie aussi Limiter, resserrer, renfermer dans une certaine étendue, dans un certain espace. La mer et les Alpes bornent l'Italie. La rivière qui borne son jardin.

Borner la vue, L'arrêter, l'empêcher de s'étendre plus loin. Des coteaux riants bornent agréablement la vue de ce côté-là. Cette maison a une vue bornée, La vue en est de peu d'étendue. Fig., Avoir des vues bornées, Avoir peu de lumière, avoir peu d'étendue dans l'esprit; ou, dans un autre sens, Avoir peu d'ambition. Avoir l'esprit borné, être borné, Avoir peu d'intelligence, peu de capacité, être capable de peu de chose. Une fortune bornée, Une fortune qui est médiocre et qui ne peut guère augmenter. Une autorité bornée, Une autorité fort restreinte.

Il se dit, dans le même sens, en parlant des Personnes, par rapport à leurs propriétés, à leurs domaines. Il est borné par une grande forêt du côté du levant. Il acheta la pièce de terre qui le bornait au couchant. Il veut vendre ce domaine parce qu'il s'y trouve trop borné et qu'il ne saurait faire d'acquisitions pour s'arrondir.

Il signifie encore figurément Modérer, restreindre. Borner son ambition, ses désirs, ses prétentions, ses espérances. Borner les pouvoirs d'un envoyé, d'un ambassadeur, d'un commandant. Borner la juridiction d'un tribunal. Je me suis borné à demander, à exiger telle chose. Se borner au strict nécessaire. Il faut se borner à cela. Absolument, Il faut se borner. C'est un homme qui sait se borner.

 

BORNOYER

 

(Je bornoie; nous bornoyons.) v. intr.

Regarder d'un oeil en fermant l'autre, pour mieux connaître si un alignement est bien droit, si une surface est bien plane.

Par extension, il s'emploie transitivement avec le sens de Placer des jalons pour construire, disposer en ligne droite. Bornoyer un mur, une allée.

 

BORRAGINÉES ou BORRAGINACÉES

 

n. f.

pl. T. de Botanique

. Famille de plantes dicotylédones, dont le genre le plus connu est la bourrache.

 

BOSQUET

 

n. m.

Petit bois, touffe d'arbres. Un petit bosquet. De jolis bosquets. Planter un bosquet. Se promener dans un bosquet, sous un bosquet. Les bosquets de Versailles.

 

BOSSAGE

 

n. m.

T. d'Architecture

. Toute saillie laissée exprès à la surface d'un ouvrage de pierre ou de bois, soit comme ornement, soit pour y faire quelque sculpture. Bossage en tête de diamant, Celui dont le parement a quatre glacis terminés par un point ou une arête. Bossage rustique. Bossage brut. Laisser un bossage dans un tympan pour y tailler des armoiries, pour y sculpter des bas-reliefs.

Mur à bossages, porte à bossages, colonne à bossages, Mur, porte, colonne ornés de bossages.

 

BOSSE

 

n. f.

Grosseur ou saillie contre nature qui se forme au dos ou à la poitrine par la déviation de l'épine dorsale ou du sternum. Grosse bosse. Avoir une bosse par devant, une bosse par derrière.

Il se dit aussi de Certaines grosseurs que quelques animaux ont naturellement sur le dos. La bosse d'un chameau, d'un bison.

En termes d'Anatomie, il se dit des Éminences arrondies qu'on remarque à la surface des os plats. Les bosses frontales. La bosse nasale. Les bosses pariétales. La bosse occipitale.

Il se dit particulièrement des Protubérances du crâne considérées comme indices des penchants, des dispositions morales. Avoir la bosse de la musique, la bosse du vol, etc. Ce sens est ordinairement familier.

Il se dit encore d'une Enflure, d'une tumeur qui provient d'un coup, d'une chute, d'une contusion. En tombant il s'est fait une bosse au front.

Prov., Ne demander, ne chercher que plaies et bosses, Souhaiter qu'il y ait des querelles, des procès, qu'il arrive des malheurs, dans l'espérance d'en profiter ou par pure malignité.

Il se dit aussi d'une Élévation dans toute superficie qui devrait être plate et unie. Un terrain plein de bosses. Une pièce d'argenterie pleine de bosses.

Il se dit en outre pour Relief et s'emploie principalement dans les locutions suivantes :

En termes de Sculpture, Ouvrages de ronde bosse, Les ouvrages de plein relief, les statues proprement dites. Ouvrages de demi-bosse, Les bas-reliefs dont quelques parties sont saillantes et entièrement détachées du fond.

En termes de Dessin et de Peinture, Dessiner, peindre d'après la bosse, Dessiner, peindre d'après une figure ou une portion de figure moulée en plâtre. On dit de même Dessiner la bosse; et dans un sens analogue, Étude d'après la bosse. L'atelier des bosses. Une belle bosse, etc.

En termes d'Orfèvrerie, Relever en bosse, Donner un relief et quelque convexité à certaines parties d'un ouvrage. De la vaisselle relevée en bosse, ou simplement De la vaisselle en bosse. On dit de même Travailler en bosse. Des ornements faits en bosse.

En termes de Serrurerie, Serrure à bosse, Serrure appliquée en saillie sur le côté intérieur d'une porte.

En termes de Marine, il se dit de Certains cordages très courts qui font dormant d'un bout sur un point solide et qui servent principalement à tenir tendu un câble, un grelin, etc. Retenir une manoeuvre avec des bosses.

 

BOSSELAGE

 

n. m.

Travail en bosse qui se fait sur la vaisselle et sur les pièces d'orfèvrerie. Travailler en bosselage. Faire du bosselage.

 

BOSSELER

 

(Je bosselle; nous bosselons.) v. tr.

Travailler en bosse. Il ne se dit guère qu'en parlant de la vaisselle, de l'argenterie. Bosseler de la vaisselle.

SE BOSSELER signifie Se bossuer. Cette écuelle s'est bosselée en tombant.

Le participe passé BOSSELÉ, ÉE, se dit adjectivement de Certaines feuilles de plantes qui ont des saillies creuses en dessous. Les feuilles des choux sont bosselées.

 

BOSSER

 

v. tr.

T. de Marine

. Retenir avec des bosses. Bosser un câble, un cordage. Bosser les huniers.

 

BOSSETTE

 

n. f.

Ornement attaché aux deux côtés du mors d'un cheval et aux deux oeillères, et fait en bosse. Bossettes dorées. Bossettes argentées. Mors à bossettes.

 

BOSSOIR

 

n. m.

T. de Marine

. Chacune des deux pièces de bois ou de fer saillant en dehors d'un bâtiment et permettant la manoeuvre des ancres ou celle des embarcations. Les deux bossoirs. Avoir l'ancre au bossoir. Le bossoir de tribord.

 

BOSSU, UE

 

adj.

Qui a une ou plusieurs bosses au dos ou à la poitrine, par un vice de conformation. Un homme bossu. Une femme bossue. Bossu par-devant. Bossu par-derrière.

Il s'emploie aussi comme nom. C'est un bossu plein de malice. Une petite bossue.

Prov. et fam., Rire comme un bossu, Rire aux éclats, à gorge déployée.