Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 4 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Abornement

 

n. m.

Action d'aborner.

 

ABORNER

 

v. tr.

Délimiter un terrain.

 

ABORTIF, IVE

 

adj.

Qui est venu avant terme, qui n'a pu acquérir son entier développement. Enfant abortif. Fruit abortif. Graines abortives. Il a vieilli.

Il se dit, par extension, de Tout ce qui peut provoquer l'avortement. Manoeuvres abortives. Substances abortives.

 

ABOUCHEMENT

 

n. m.

Action d'aboucher ou de s'aboucher. On avait ménagé un abouchement entre eux. L'abouchement des deux princes n'eut pas le succès qu'on en attendait. Il a vieilli.

En termes d'Anatomie, il signifie Union, jonction de deux vaisseaux.

On dit également, en termes d'Arts, L'abouchement de deux tubes, de deux tuyaux.

 

ABOUCHER

 

v. tr.

Faire trouver deux ou plusieurs personnes dans un lieu, pour qu'elles confèrent ensemble. Il faut les aboucher. S'aboucher avec quelqu'un. Nous devons nous aboucher au premier jour.

Il se dit, en termes d'Anatomie, de Deux vaisseaux qui communiquent.

 

ABOULIE

 

n. f.

T. de Médecine

. Disparition ou diminution de la volonté. Voyez NEURASTHÉNIE.

 

ABOULIQUE

 

adj. des deux genres

. T. de Médecine

. Qui est atteint d'aboulie.

 

ABOUT

 

n. m.

T. d'Arts

. Extrémité par laquelle une pièce de charpente, de menuiserie ou de métal est assemblée avec une autre.

 

ABOUTAGE ou ABOUTEMENT

 

n. m.

T. de Marine

. Action d'abouter.

 

ABOUTER

 

v. tr.

Joindre deux choses bout à bout.

Le participe passé ABOUTÉ, ÉE, se dit, en termes de Blason, des Différentes pièces d'armoiries qui se répondent par les pointes.

 

ABOUTIR

 

v. intr.

Toucher par un bout. Un arpent de terre qui d'un côté aboutit au grand chemin, et de l'autre au champ d'un tel. Ce champ aboutit à un marais.

Il se dit figurément d'une Affaire, d'un raisonnement, d'une entreprise, et signifie Avoir pour résultat. Tous ses desseins aboutissent à cela. À quoi aboutissent tous les raisonnements que vous faites? Cela ne peut aboutir à rien. Cela n'aboutira qu'à le perdre.

D'une manière générale, il signifie Avoir un résultat, réussir. Cette affaire a abouti. Il se dit également des Abcès lorsqu'ils viennent à crever. Faire aboutir un abcès. Un clou, un abcès qui aboutit.

 

ABOUTISSANT, ANTE

 

adj.

Qui aboutit. Un arpent aboutissant à la forêt.

Il s'emploie au pluriel comme nom. Les tenants et aboutissants d'une pièce de terre, d'un domaine, Les pièces de terre, les domaines qui y sont adjacents, qui le bornent de divers côtés.

Fig., Savoir tous les tenants et aboutissants d'une affaire, En bien connaître toutes les circonstances et tous les détails.

 

ABOUTISSEMENT

 

n. m.

Action d'aboutir ou Résultat de cette action. L'aboutissement d'une entreprise.

 

ABOYANT, ANTE

 

adj.

Qui aboie. Des chiens aboyants. Meute aboyante.

 

ABOYER

 

v. intr.

Il se dit du Chien qui fait entendre son cri. Un chien qui aboie à la lune, qui aboie aux voleurs. Un chien qui aboie après tous les passants.

Prov. et fig., Tous les chiens qui aboient ne mordent pas, Les gens qui menacent ne sont pas toujours redoutables.

Prov. et fig., Aboyer à la lune, se dit en parlant d'un Homme qui crie inutilement contre quelqu'un.

Il signifie figurément Poursuivre de cris importuns, d'injures; Dire du mal, avec acharnement, d'une personne ou d'une chose. Tous ses créanciers aboient après lui. Certains journaux aboient après ce ministre, après ce décret.

 

ABOYEUR

 

n. m.

T. de Chasse

. Chien qui aboie à la vue du sanglier, sans en approcher.

Il signifie au figuré Celui qui fatigue par des criailleries importunes, par des injures. Ce polémiste n'est qu'un aboyeur. Un méchant aboyeur. Un aboyeur fatigant.

Il se dit aussi de Celui qui, à la porte des théâtres, hôtels, cafés, restaurants, etc., appelle les voitures.

 

ABRACADABRA

 

n. m.

Mot auquel on attribuait anciennement des vertus magiques, et qui, disait-on, guérissait la fièvre, lorsqu'on le portait autour du cou, écrit dans une certaine forme.

 

ABRACADABRANT, ANTE

 

adj.

Qui est très extraordinaire, très surprenant. Il est familier.

 

ABRAXAS

 

n. m.

T. d'Antiquité

. On donne ce nom à Toute une classe d'objets, tels que statuettes, plaques métalliques et surtout pierres gravées, sur lesquels on lit plusieurs lettres grecques, dont la réunion forme le mot Abraxas ou Abrasax, qui n'appartient à aucune langue. L'Abraxas se portait comme une amulette.

 

ABRÉGÉ

 

n. m.

Écrit ou discours dans lequel on rend d'une manière succincte ce qui est ou ce qui pourrait être plus développé. Mézeray a fait lui-même un abrégé de sa grande Histoire de France. On a réduit toute cette science en abrégé; on en a fait un abrégé. Indiquez-moi un bon abrégé d'astronomie. Voici l'abrégé de sa vie. Par analogie, L'homme offre un abrégé des merveilles de l'univers.

Par extension, il signifie aussi les Points essentiels d'une proposition, d'une réclamation, etc. Donnez-moi un abrégé de votre affaire.

EN ABRÉGÉ,loc. adv.

Sommairement, en peu de paroles. Contez-moi la chose en abrégé.

Il signifie aussi Par abréviation. Écrivez ce mot en abrégé.

 

ABRÉGER

 

v. tr.

Rendre plus court. Ses débauches, ses chagrins abrégèrent sa vie. La méthode qu'il a pour enseigner le latin abrège de beaucoup le temps des études. Abréger une narration, un discours. Abréger un délai.

Il s'emploie quelquefois absolument. Vous êtes trop long, abrégez. Prenez ce chemin, il abrège.

Il signifie encore Faire paraître moins long. La conversation abrège le chemin. Rien n'abrège le temps comme le travail.

 

ABREUVER

 

v. tr.

Faire boire. Dans ce sens, il ne se dit proprement qu'en parlant des bêtes, et particulièrement des chevaux. Abreuvez ces chevaux. C'est dans cette mare que les bestiaux du village s'abreuvent.

Il se dit aussi en parlant des Personnes, et ordinairement par plaisanterie. Vous nous avez bien abreuvés. J'ai abreuvé toute la troupe. Il s'abreuve d'excellent vin.

Fig., La pluie a bien abreuvé les terres, Elle les a bien pénétrées, bien humectées. On dit aussi Ces prairies, ces plantes ont besoin d'être abreuvées, Il faut qu'on les arrose.

Fig., Abreuver quelqu'un de chagrins, de dégoûts. Abreuver de douleurs, d'ennuis, d'humiliations, d'amertume. S'abreuver de larmes. S'abreuver de fiel. Un homme abreuvé de fiel et de haine.

Abreuver des tonneaux, des cuves, Les remplir d'eau pour en faire gonfler le bois afin qu'ils ne coulent point.

En termes d'Arts, il signifie Mettre sur un fond poreux une couche d'huile, d'encollage, de couleur ou de vernis, pour en boucher les pores et en rendre la surface unie.

 

ABREUVOIR

 

n. m.

Lieu où l'on mène les chevaux et les bestiaux boire et se baigner. L'abreuvoir est à l'entrée du village. Mener les chevaux à l'abreuvoir.

 

ABRÉVIATEUR, TRICE

n.

Celui, celle qui abrège.

Il se dit particulièrement des Officiers de la Chancellerie romaine chargés de la rédaction des brefs pontificaux.

Il se dit aussi d'un Auteur qui abrège l'ouvrage d'un autre. Justin est l'abréviateur de Trogue-Pompée.

 

ABRÉVIATIF, IVE

 

adj.

Qui abrège. Signes abréviatifs.

 

ABRÉVIATION

 

n. f.

Action d'abréger. Il se dit spécialement du Retranchement de lettres dans un mot, pour écrire plus vite, ou en moins d'espace. Les écritures de la Cour de Rome sont pleines d'abréviations. On écrit, par abréviation, M., Mme, Mlle, au lieu de Monsieur, Madame, Mademoiselle; S. M., S. A. R., au lieu de Sa Majesté, Son Altesse Royale; S. S. pour Sa Sainteté, Sa Seigneurie; etc.

Il se dit également de Certains signes destinés à représenter sous une forme abrégée des mots ou plusieurs notes de musique. Les médecins emploient, dans leurs formules, diverses abréviations pour indiquer les poids, les mesures, le mode de préparation, etc. C'est surtout dans la musique instrumentale qu'on fait usage des abréviations.

 

ABRI

 

n. m.

Lieu où l'on peut se mettre à couvert. Un bon abri. Chercher, trouver un abri, de l'abri. Se faire un abri. Un abri contre la tempête. C'est un lieu extrêmement découvert, où il n'y a point d'abri.

Cette rade, cette plage est un bon abri, Les vaisseaux y sont en sûreté contre le vent, contre la tempête.

Il se dit également, en termes d'Agriculture, de Tout ce qui sert à garantir, soit de l'action désastreuse des vents, soit de la trop grande ardeur du soleil. Les abris sont ou naturels, comme les montagnes, les forêts, les plantations en lignes et les haies; ou artificiels, comme les murs et les paillassons.

Il se dit pareillement, en termes de Guerre, de Tout ce qui met une troupe à couvert des projectiles de l'ennemi.

Il se dit figurément de Quelque lieu que ce soit où l'on est en sûreté, et généralement de Tout ce qui nous préserve d'un danger. La solitude est un abri contre les embarras du monde. La médiocrité est un abri contre les coups de la fortune. Il trouvera dans la maison d'un tel protecteur un abri contre les violences de ses ennemis.

À L'ABRI,loc. adv.

À couvert. Il tombait une pluie abondante, nous nous mîmes à l'abri. Être à l'abri sous un hangar, sous un arbre, derrière une muraille, derrière une haie. Rester prudemment à l'abri.

À L'ABRI DE,loc. prép.

Se mettre à l'abri de la pluie, du vent, du mauvais temps. Fig., Se mettre à l'abri de la persécution, de la vexation. Dans ces phrases, De a la signification de Contre.

À L'ABRI DE se dit aussi de Ce qui sert à mettre à couvert. Être à l'abri d'un bois, à l'abri d'une muraille. Fig., Agir à l'abri de la faveur. Dans ces phrases, De signifie Sous.

En termes de Marine, Être à l'abri d'une terre; se mettre à l'abri sous le vent d'une île; etc.

 

ABRICOT

 

n. m.

Fruit de l'abricotier. Abricots d'espalier. Compote d'abricots. Confiture d'abricots. Abricots confits.

Abricot-pêche, Espèce d'abricot dont le goût se rapproche de celui de la pêche.

 

ABRICOTIER

 

n. m.

Arbre de la famille des Rosacées, qui porte les abricots. Abricotier en espalier. Abricotier en plein vent.

 

ABRITER

 

v. tr.

Mettre à l'abri. Abriter un espalier. Cette maison est abritée par une montagne. S'abriter derrière un mur. Voici l'orage, abritons-nous. Dans les sièges, on fait des fossés, des épaulements, pour s'abriter contre le canon.

 

ABROGATION

 

n. f.

Action d'abroger. L'abrogation d'une loi, d'une coutume, d'un usage, d'un rite, d'une cérémonie.