Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 129 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Brandebourg

 

n. m.

Espèce d'ornement de broderie ou de galon qui va d'un bouton à l'autre de certains habits. Brandebourg d'or. Brandebourg d'argent. Un habit à brandebourgs.

 

BRANDEVIN

 

n. m.

Eau-de-vie de vin.

 

BRANDILLER

 

v. tr.

Mouvoir deçà et delà. Brandiller les jambes. Brandiller les bras.

SE BRANDILLER ou intransitivement BRANDILLER, Se mouvoir deçà, delà. Il vieillit.

 

BRANDIR

 

v. tr.

Agiter dans sa main une arme, comme si on se préparait à frapper. Il brandissait une pique. Brandir une lance. Brandir une épée, un sabre, une hache, un bâton, etc.

 

BRANDIR

 

v. tr.

T. d'Arts

. Affermir deux pièces de bois l'une contre l'autre, sans qu'elles soient entaillées, ce qui se fait au moyen d'une cheville qui les traverse. Brandir un chevron sur la panne.

 

BRANDON

 

n. m.

Espèce de flambeau fait avec de la paille tortillée. Allumer des brandons.

Il se dit aussi des Corps enflammés qui s'élèvent d'un incendie. Le vent poussait des brandons qui portaient l'incendie de tous côtés.

Fig., Les brandons de la discorde. Jeter le brandon de la discorde parmi les citoyens. Cet homme est un brandon de discorde. Cet écrit est un brandon de guerre civile.

Le dimanche des brandons, se disait anciennement du Premier dimanche de carême, parce que, ce jour-là, le peuple allumait des feux, dansait à l'entour et parcourait les rues et les campagnes en portant des brandons ou des tisons allumés.

 

BRANDON

 

n. m.

Paille tortillée au bout d'un bâton qu'on plantait aux extrémités d'un champ, d'un terrain, pour marquer que les fruits en avaient été saisis judiciairement. Voyez SAISIE-BRANDON.

 

BRANDONNER

 

v. tr.

Mettre des brandons aux extrémités d'un champ où l'on a fait une saisie de fruits. Brandonner un champ, une terre.

 

BRANLANT, ANTE

 

adj.

Qui branle, qui penche tantôt d'un côté, tantôt de l'autre. Avoir la tête branlante, les jambes branlantes. Une poutre branlante. Une dent branlante.

Fig. et fam., C'est un château branlant, se dit de Quelqu'un ou de Quelque chose de mal assuré et qui paraît près de tomber. Ce vieillard est un château branlant.

 

BRANLE-BAS

 

n. m.

T. de Marine ancienne

. Action de détendre tous les branles ou hamacs d'entre les ponts, de les mettre dans les filets de bastingage et de dégager les batteries pour se disposer au combat. Faire branle-bas. Branle-bas général. Branle-bas de combat. Il fit le commandement de branle-bas.

Il se dit encore figurément d'une Agitation désordonnée causée par un événement inattendu. Quand on apprit l'arrivée des ennemis, ce fut un branle-bas dans toute la ville. Au pluriel, Des branle-bas.

 

BRANLE

 

n. m.

Oscillation, mouvement qui porte un corps tantôt d'un côté, tantôt de l'autre. Le branle d'une cloche. Mettre les cloches en branle.

Sonner en branle, Donner aux cloches tout le mouvement qu'elles peuvent recevoir.

Il signifie figurément Première impulsion donnée à quelque chose. Suivre le branle général.

Fig. et fam., Être en branle, se mettre en branle, Commencer à être en mouvement pour faire quelque chose, à être en action. Cet homme est paresseux; mais, quand il est une fois en branle, il en fait plus qu'un autre.

Fig. et fam., Donner le branle aux autres, mettre les autres en branle, Les mettre en mouvement, les mettre en train, en disposition d'agir. Donner le branle à une affaire, aux affaires, Les mettre en mouvement, leur donner une impulsion plus ou moins forte. C'est lui qui a donné le branle à cette affaire. On dit quelquefois absolument, dans l'un et dans l'autre sens, Donner le branle.

Il se disait autrefois d'une Espèce de danse où plusieurs personnes se tenaient par la main et se menaient tour à tour. Danser un branle. Mener un branle. Il se disait également de l'Air sur lequel on dansait un branle. Jouer, chanter un branle. Fig. et fam., Mener le branle, Donner le premier l'exemple de quelque chose; Être le chef d'une association d'intérêt ou de plaisir. On dit quelquefois de même Ouvrir le branle, commencer le branle.

 

BRANLEMENT

 

n. m.

Oscillation de ce qui est en branle. Branlement de tête. Le branlement d'une charrette.

 

BRANLER

 

v. tr.

Mettre en branle. Branler les jambes. Branler les bras. Branler la tête.

Il est aussi intransitif et signifie Être en branle. Ce plancher branle. La tête lui branle. Les dents lui branlent. Prov., Tout ce qui branle ne tombe pas.

Branler au manche, dans le manche, se dit d'un Outil qui n'est pas solidement emmanché. Il signifie, figurément et familièrement, N'être pas ferme dans le parti qu'on a embrassé, dans la résolution qu'on a prise. Il signifie plus ordinairement Être menacé de perdre sa fortune ou sa place, la faveur dont on jouit, etc. Ce ministre branle au manche.

Fig., Ces enfants n'osent branler devant leur père, Ils sont dans une crainte, dans une contrainte continuelle devant lui. Cette acception familière vieillit.

 

BRAQUE

 

n. m.

Chien d'arrêt à poil ras, à oreilles pendantes, excellent pour la chasse en plaine. Ce braque arrête bien.

Fig. et fam., C'est un braque, un vrai braque, C'est un homme très étourdi. Adjectivement, Il est braque. Elle est braque.

 

BRAQUEMART

 

n. m.

Anciennement, Épée courte et large à deux tranchants.

 

BRAQUEMENT

 

n. m.

Action de braquer. Le braquement d'un canon. Il est peu usité.

 

BRAQUER

 

v. tr.

Tourner de façon à placer dans une direction déterminée. Braquer un canon. Braquer une lunette.

Fig. et fam., Braquer les yeux, braquer ses regards sur quelqu'un, sur quelque chose, Tenir ses regards arrêtés sur quelqu'un, sur quelque chose.

 

BRAS

 

n. m.

Membre du corps humain qui tient à l'épaule. Bras droit. Bras gauche. Bras nerveux. Bras long. La force du bras. Lever, hausser, étendre, plier le bras. Être blessé au bras. Elle portait un enfant sur ses bras, entre ses bras, dans ses bras. Lever un fardeau à bras tendu. Se jeter dans les bras, entre les bras de quelqu'un. Jeter les bras, ses bras au cou de quelqu'un. Un enfant qui tend les bras à sa nourrice. Saisir quelqu'un par le bras.

On le dit proprement, en termes d'Anatomie, de la Portion du bras qui s'étend depuis l'épaule jusqu'au coude; celle qui va du coude au poignet se nomme Avant-bras.

Donner le bras à une femme, L'accompagner et lui présenter le bras pour qu'elle s'y appuie en marchant. Il se dit également de la Personne qui s'appuie sur le bras de l'autre. Elle donnait le bras à son mari. On dit dans le même sens Elle était au bras de son mari.

Donner, offrir, tendre le bras à quelqu'un, Lui prêter le bras de façon qu'il s'en aide et s'appuie dessus, soit pour se relever, s'il est tombé, soit pour marcher plus facilement. On dit dans un sens analogue Prendre le bras de quelqu'un et S'appuyer sur le bras de quelqu'un en marchant. On dit aussi dans le sens réciproque Se donner le bras, en parlant de Deux personnes dont l'une a le bras passé dans celui de l'autre. Ils marchaient en se donnant le bras. Fam., Avoir le bras retroussé jusqu'au coude, Avoir ses manches retroussées de manière que le bras soit nu jusqu'au coude.

Être en bras de chemise, se dit d'un Homme qui, pour être plus à l'aise, n'a pas mis ou a retiré habit, veste ou blouse.

Fig. et fam., Avoir les bras rompus, Avoir les bras fatigués par l'excès du travail.

Fig., Ne vivre que de ses bras, Ne vivre que du travail de ses bras.

Fig. et fam., Demeurer les bras croisés, Demeurer sans rien faire.

Fig. et fam., Couper bras et jambes à quelqu'un, Lui retrancher beaucoup de ses prétentions, de ce qu'il garde comme ses droits. Cet arrêt nous a coupé bras et jambes. Il signifie plus ordinairement Ôter à quelqu'un le moyen d'agir, d'arriver à ses fins, de réussir. La perte de son protecteur lui a coupé bras et jambes. Cette disgrâce, ce malheur lui a coupé bras et jambes. Il signifie encore Frapper d'étonnement, de stupeur. Cette nouvelle me coupa bras et jambes. On dit, dans une acception analogue à ce dernier sens, Les bras m'en tombent.

Fig. et fam., Traiter quelqu'un de monsieur, de monseigneur, gros comme le bras, Lui donner ces titres fréquemment et avec emphase.

Fig., Tendre les bras à quelqu'un, L'aider, lui offrir ses secours, son appui; s'il a des torts, être prêt à les lui pardonner. Je lui ai tendu les bras dans sa disgrâce. On dit quelquefois dans ce sens Ouvrir ses bras à quelqu'un.

Tendre les bras à quelqu'un peut signifier aussi figurément Implorer son secours. On dit également Tendre les bras vers quelqu'un.

Fig., Se jeter dans les bras, entre les bras de quelqu'un, Se mettre sous sa protection, recourir à lui pour en avoir du secours. Se voyant ainsi persécuté, il se jeta entre les bras d'un tel. Se jeter entre les bras de Dieu, dans les bras de sa miséricorde.

Fig., Recevoir quelqu'un à bras ouverts, Le recevoir avec grande joie.

Fig. et fam., Avoir quelqu'un sur les bras, En être chargé ou importuné. Cette pauvre veuve a cinq enfants sur les bras. Que cet homme-là est importun! je l'ai toujours sur les bras. Fig., Avoir l'ennemi, avoir une armée entière sur les bras, Avoir à se défendre contre l'ennemi, contre une armée entière. Avoir beaucoup d'affaires sur les bras, En être accablé, surchargé.

Fig., Tirer quelqu'un d'entre les bras de la mort, des bras de la mort, Le guérir d'une maladie qui semblait mortelle. Ce médecin m'a tiré des bras de la mort.

Fig. et poétiq., Être dans les bras du sommeil, de Morphée, Dormir.

Fig., Arrêter, retenir le bras à quelqu'un, L'empêcher de punir, de se venger.

Fig. et fam., Si on lui en donne long comme le doigt, il en prend long comme le bras, Il abuse de la liberté, il étend la permission qu'on lui accorde.

BRAS signifie par extension la Personne même qui travaille, qui agit ou qui peut travailler, agir. Avoir plusieurs bras à son service. Cette terre exige un grand nombre de bras pour son exploitation. Souvent après les longues guerres, les bras manquent à l'agriculture. Des bras inutiles. Mille bras se sont armés pour le défendre.

Fig., Être le bras droit de quelqu'un, Être son principal agent en toutes choses.

Par extension, il désigne le Pouvoir, la puissance. Le bras de Dieu. Le bras du Tout- Puissant. Un bras protecteur. Un bras puissant. La puissance de son bras.

Fig., en termes d'Écriture sainte, S'appuyer sur un bras de chair, Mettre sa confiance dans les hommes, au lieu de la mettre en Dieu.

Le bras séculier, La puissance temporelle, par opposition à la puissance ecclésiastique. Implorer le bras séculier. Livrer un ecclésiastique au bras séculier.

Fig. et fam., Avoir le bras long, Avoir un crédit, un pouvoir qui s'étend bien loin.

Il se dit aussi figurément en parlant de la force et du courage guerrier, des exploits militaires. Tout cède à l'effort de son bras. La patrie a besoin de ton bras.

Par analogie, il se dit de Plusieurs autres choses qui ont avec le bras de l'homme un certain rapport de forme ou de destination. Les bras d'une baleine, Ses nageoires. Les bras d'un polype, Ses tentacules. Siège à bras, Siège aux deux côtés duquel il y a de quoi s'appuyer les bras. Fauteuil à bras. Il y a de petites chaises à bras pour les enfants. Les bras d'un fauteuil. Les bras d'une civière, d'un brancard, Les deux bâtons parallèles qui se prolongent à chaque extrémité d'une civière, d'un brancard, et qui servent à le soulever et à le porter. En termes de Marine, Le bras d'un aviron, La partie par laquelle on le tient, on le manie, pour ramer. Les bras d'une vergue, Les manoeuvres ou cordages amarrés à l'extrémité d'une vergue pour la gouverner ou la mouvoir selon le vent. En termes d'Arts, Bras de balance, Chaque moitié de la verge transversale qui est posée en équilibre sur le point d'appui et aux deux extrémités de laquelle pendent les bassins de la balance. En termes de Mécanique, Bras de levier, La partie du levier comprise entre le point d'appui et celui auquel est appliquée la puissance ou la résistance. En termes de Géographie, Bras de mer, Partie de la mer qui passe entre deux terres assez proches l'une de l'autre. L'Italie est séparée de la Sicile par un bras de mer.

À FORCE DE BRAS, ou simplement À BRAS, loc. adv. qui se disent en parlant de Travaux, de transports pour lesquels on n'emploie que la seule force des bras. Ils montèrent le canon à bras, à force de bras. Tirer, traîner, transporter à bras, à force de bras. On dit dans un sens analogue Moulin à bras, civière à bras, charrette à bras.

À TOUR DE BRAS,loc. adv.

De toute sa force. Frapper à tour de bras.

À BRAS RACCOURCIS,loc. adv.

En employant toute sa force. Il tomba sur son adversaire à bras raccourcis. Frapper à bras raccourcis.

À BRAS-LE-CORPS,loc. adv.

Il ne s'emploie guère que dans cette phrase, Saisir, prendre, tenir, porter quelqu'un à bras-le-corps, Le saisir le prendre, le tenir, le porter au moyen du bras ou des deux bras passés autour du corps. Il prit l'enfant à bras-le-corps et, le tenant ainsi, le porta jusqu'à sa mère.

BRAS DESSUS, BRAS DESSOUS,loc. adv. et fam. En se donnant le bras avec amitié. Ils marchaient bras dessus, bras dessous.

 

BRASER

 

v. tr.

T. d'Arts

. Constituer une pièce unique par la soudure au feu de plusieurs pièces. Braser un fusil, un canon. Ce canon de fusil a été mal brasé.

Il signifie aussi intransitivement Se fendiller par l'effet de la cristallisation en parlant de la croûte de sel des marais salants.

 

BRASERO

 

n. m.

Grand bassin de cuivre à pieds, rempli de charbons ardents, destiné, surtout en Espagne, à chauffer une pièce d'appartement.

Il désigne surtout un Récipient de métal, percé de trous et rempli de charbons ardents, destiné au chauffage en plein air ou à l'usage de certains métiers, comme celui des poseurs de bitume.

 

BRASIER

 

n. m.

Feu de charbons ardents.

Il signifie par extension Grand feu.

Fig., C'est un brasier que son corps, se dit d'une Personne qui a une fièvre ardente.

Fig., Sa tête est un brasier, Il s'échauffe jusqu'à l'exaltation.

 

BRASILLEMENT

 

n. m.

T. de Marine

. Action de brasiller, en parlant de la mer.