Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 688 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Nyctalopie

 

n. f.

Faculté que certains animaux et aussi certaines personnes atteintes de maladies des yeux ont de voir la nuit.

 

NYMPHE

 

n. f.

Chacune des divinités secondaires qui, suivant la mythologie grecque et romaine, habitaient les fleuves, les sources, les bois, les montagnes et les prairies. Les nymphes des bois, des eaux.

Elle a une taille de nymphe se dit d'une Jeune fille, d'une jeune femme dont la taille est élégante et fine.

En Histoire naturelle, il se dit d'un Insecte dans le degré de ses métamorphoses qui est intermédiaire entre l'état de larve et celui d'insecte parfait. On dit plutôt Chrysalide.

 

NYMPHÉA

 

n. m.

T. de Botanique

. Nom scientifique du genre Nénuphar.

 

NYMPHÉACÉES

 

n. f.

pl. T. de Botanique

. Famille de plantes dicotylédones aquatiques, dont le Nymphéa est le type.

 

NYMPHÉE

 

n. f.

T. d'Architecture

. Construction destinée à recevoir de l'eau et le plus souvent ornée de statues, de vases, de portiques. Dans presque toutes les maisons de plaisance des anciens, il y avait des nymphes, qui servaient ordinairement de bains.

 

NYMPHOMANE

 

n. f.

T. de Médecine

. Celle qui est atteinte de nymphomanie.

 

NYMPHOMANIE

 

n. f.

T. de Médecine

. Excitation sexuelle de caractère pathologique.

 

O

 

n. m.

La quinzième lettre de l'alphabet. Elle représente une des voyelles. Un grand O. Un petit o. Former un o. O est marqué d'un accent circonflexe dans côte. O est ouvert dans bord. O est fermé dans rose. O se combine avec E dans OEuf. O est nasalisé dans bon. O ne se prononce pas dans faon, paon.

Ô, avec l'accent circonflexe, est une interjection qui sert à marquer diverses passions, divers mouvements de l'âme, etc. Ô temps! ô moeurs! Ô douleur! ô regret! Ô le malheureux d'avoir fait une si méchante action! Ô le plaisant homme de prétendre que...

Il marque aussi le vocatif, l'apostrophe. Ô mon fils! Ô mon Dieu!

Les O de Noël, Neuf antiennes qui commencent chacune par la particule latine O et que l'Église chante successivement dans les neuf jours qui précèdent Noël.

 

OASIS

 

(On prononce l'S finale.)n. f.

Lieu, espace qui, dans les déserts de sable de l'Afrique ou de l'Asie, offre de la végétation. L'oasis de Biskra. La grande oasis.

Il se dit figurément d'un Lieu qui offre un repos, une détente. Une oasis de verdure, de fraîcheur.

 

OBÉDIENCE

 

n. f.

Obéissance. Il ne se dit ordinairement qu'en parlant des Religieux. Le supérieur a commandé à ce religieux en vertu de la sainte obédience. Il a vieilli.

Il désigne aussi l'Ordre, la permission par écrit qu'un supérieur donne à un religieux ou à une religieuse pour aller en quelque endroit, pour passer d'un couvent à un autre. Il ne saurait partir sans obédience, s'il n'a son obédience.

Il désigne encore l'Emploi particulier qu'un religieux ou une religieuse a dans son couvent. Cette religieuse est cellérière, c'est son obédience.

Il désigne aussi Certaines maisons religieuses dépendant d'une maison principale.

 

OBÉDIENCIER

 

n. m.

Religieux qui, par ordre de son supérieur, dessert un bénéfice dont il n'est pas titulaire.

 

OBÉDIENTIEL, ELLE

 

adj.

Qui appartient, qui est relatif à l'obédience.

 

OBÉIR

 

v. intr.

Se soumettre à la volonté, aux ordres de quelqu'un, et les exécuter. Obéir à Dieu, aux lois. Commandez et j'obéirai. Il a obéi à vos ordres. Il sait bien se faire obéir. Il obéit aveuglément. Pour bien commander, il faut avoir obéi. Obéir de gré ou de force. Ce chien, ce cheval obéit docilement à la voix de son maître. Le participe passé s'emploie au sens passif. Être obéi. Vous serez obéi.

Il signifie aussi, figurément, Céder à. Obéir à la force, à la nécessité. Obéir à l'instinct, à sa nature.

Ce cheval obéit bien à l'éperon, à la main, aux aides, Il se laisse gouverner, manier aisément.

OBÉIR se dit aussi des Peuples, des provinces, des villes qui sont soumises à l'autorité d'un prince, d'un État. Les provinces qui obéissent au roi. Les peuples qui obéissaient à l'empire romain.

Il signifie encore, en parlant des Choses, Être soumis à, subir l'action de. Les corps obéissent à la loi de l'attraction, de la gravitation, etc., Ils suivent les mouvements qui leur sont imprimés par celles de leurs propriétés naturelles qu'on nomme Attraction, Gravitation, etc.

En termes de Marine, Obéir à la barre, au gouvernail, Prendre une direction nouvelle sous l'impulsion du gouvernail.

 

OBÉISSANCE

 

n. f.

Action de celui qui obéit. Un acte d'obéissance. Il a manqué d'obéissance. Vous n'apaiserez votre père que par une prompte obéissance.

Prêter obéissance à un prince, Se soumettre solennellement à sa domination.

OBÉISSANCE signifie aussi Disposition à obéir, habitude d'obéir, soumission d'esprit aux ordres des supérieurs. Grande, parfaite, entière obéissance. Obéissance passive. Faire voeu de pauvreté, de chasteté et d'obéissance. Cet enfant est d'une grande obéissance.

Prov., en termes de Dévotion, Obéissance vaut mieux que sacrifice, Rien ne plaît à Dieu autant qu'une entière soumission à ses volontés.

OBÉISSANCE se prend quelquefois pour Domination, autorité. Il a réduit, il a rangé cette province sous son obéissance.

Être sous l'obéissance de père et de mère, Être soumis à l'autorité légale de son père et de sa mère.

 

OBÉISSANT, ANTE

 

adj.

Qui obéit. Un fils obéissant. Il a toujours été très obéissant à son père. Une fille bien obéissante. Des sujets obéissants. Un chien, un cheval obéissant.

OBÉISSANT signifie aussi Qui est soumis, docile. Un caractère, un coeur obéissant. Une nature obéissante.

 

OBEL

 

n. m.

T. de Philologie

. Sorte de signe en forme de broche par lequel on signalait dans les manuscrits anciens les passages interpolés.

 

OBÉLISQUE

 

n. m.

T. d'Antiquité

. Monument quadrangulaire en forme d'aiguille, élevé sur un piédestal et ordinairement monolithe. L'obélisque de Louqsor. Dresser un obélisque. Un obélisque chargé de caractères hiéroglyphiques. Obélisque de pierre, de granit, de marbre.

Il se dit, par analogie, de Monuments modernes ayant la même forme. Obélisque indiquant un rendez-vous de chasse.

OBÉRER

 

v. tr.

Endetter jusqu'à la ruine. Il a eu vite fait d'obérer sa famille. Ses folles dépenses l'ont obéré. S'obérer. Je crains de m'obérer. Des gens obérés. Un État obéré. Situation fâcheusement obérée.

 

OBÈSE

 

adj. des deux genres

. Qui est d'un embonpoint excessif.

 

OBÉSITÉ

 

n. f.

Excès d'embonpoint.

 

OBIER

 

n. m.

Espèce de viorne dont le bois est fort dur et dont une variété, cultivée dans les jardins, se nomme vulgairement Boule de neige.

 

OBIT

 

(On prononce le T.)n. m.

T. de Liturgie catholique

. Service fondé pour le repos de l'âme d'un mort et qui doit être célébré à des époques déterminées. Fonder, dire un obit.

 

OBITUAIRE

 

n. m.

Registre tenu dans une église et indiquant à la date de chaque jour les noms des personnes pour lesquelles doivent être célébrés des obits. Thibaut le Chansonnier figure à la date du 11 juillet dans l'obituaire de Saint-Étienne de Troyes.

 

OBJECTER

 

v. tr.

Opposer un argument, une affirmation. On peut objecter de bonnes raisons à cette hypothèse. À cela j'objecte que... Je sais tout ce qu'on peut objecter. Vous m'objecterez peut-être que...

Il signifie, par extension, Alléguer, opposer une difficulté, un empêchement, un obstacle à une demande. Objecter la fatigue pour ne point sortir. Il sollicitait ce poste, on lui objecta sa trop grande jeunesse.

 

OBJECTIF, IVE

 

adj.

T. didactique

. Qui concerne l'objet.

En termes de Philosophie il signifie Qui a rapport, qui répond à un objet, qui représente un objet tel qu'il est en réalité, sans aucune déformation de notre esprit, de nos tendances personnelles. Le point de vue objectif. Un récit objectif. Il s'oppose dans ce sens à SUBJECTIF. Voyez ce mot. Il s'emploie aussi substantivement et se dit de Tout ce qui est en dehors du sujet pensant et observant.

En termes d'Optique, Verre objectif, Le verre d'une lunette, destiné à être tourné du côté de l'objet qu'on veut voir; à la différence du Verre oculaire, Celui qui est destiné à être placé du côté de l'oeil.

OBJECTIF s'emploie plus ordinairement en ce sens comme nom masculin. L'objectif de cette lunette est défectueux; l'oculaire est excellent. Par analogie, L'objectif d'une chambre noire, d'un appareil photographique.

OBJECTIF s'emploie encore comme nom dans le langage courant pour désigner le But que l'on cherche à atteindre, le point où l'on se propose d'arriver. L'ennemi avait pour objectif de s'emparer de cette ville. Une troupe qui a atteint son objectif. L'objectif de toute sa vie a été l'accès au pouvoir.

 

OBJECTION

 

n. f.

Ce que l'on oppose à une affirmation, à une proposition, à une demande. Objection forte, solide, fondée, sans réplique, pressante, subtile, spécieuse, ingénieuse. Faire une objection. Résoudre, repousser, réfuter une objection. Répondre à une objection. Prévoir, prévenir une objection. Aller au-devant d'une objection. Insister sur une objection. Il n'y a pas d'objection à cela. Cette objection se détruit, tombe d'elle-même.

 

OBJECTIVEMENT

 

adv.

T. de Philosophie . D'une manière objective. Considérer une chose objectivement, L'examiner en elle-même, abstraction faite de toute autre et même du sujet observant.

 

OBJECTIVITÉ

 

n. f.

T. de Philosophie

. Qualité de ce qui est objectif, existence des objets en dehors de nous.

Il signifie aussi Soumission de l'esprit à l'objet dans la recherche scientifique.

 

OBJET

 

n. m.

Tout ce qui s'offre, tout ce qui est présenté à la vue. Objet agréable, horrible, plaisant, insupportable. La beauté, la laideur d'un objet. Écartez cet objet de mes yeux. Reposer sa vue sur un objet charmant. Cette lunette grossit trop les objets. Les objets se peignent sur la rétine.

Il se dit, figurément, de Tout ce qui se présente à l'esprit, de tout ce qui l'occupe. Les objets se peignent confusément dans son esprit, dans son imagination. Il a la tête remplie, occupée de mille objets, d'un objet important. Il ne saurait donner une attention suivie au même objet. Son esprit troublé confond et défigure les objets. Il est éloquent lorsqu'il parle des objets qui le touchent.

OBJET, en termes de Philosophie, signifie Tout ce qui affecte les sens, tout ce qui intéresse les facultés de l'âme. Les objets des sens. Les couleurs sont les objets de la vue. Le son est l'objet de l'ouïe. Les saveurs sont l'objet du goût. Les odeurs sont l'objet de l'odorat. Le vrai est l'objet de l'entendement. Le bien est l'objet de la volonté.

Il signifie encore, en termes de Philosophie, Ce qui est pensé, par opposition à l'Être pensant ou Sujet.

En termes de Grammaire, il s'oppose à sujet et désigne la Personne ou la chose sur laquelle se porte l'action exprimée par le verbe. Dans la phrase : Dieu a créé l'homme, Dieu est le sujet et l'homme l'objet.

OBJET désigne encore Tout ce qui sert de matière à une science, à un art. La logique a pour objet les opérations de l'entendement. Chaque science a son objet.

Il désigne aussi Tout ce qui est la cause, le sujet, le motif d'un sentiment, d'une passion, d'une action. Être l'objet de la raillerie, de la médisance, de la calomnie, du mépris. Objet de pitié. L'objet de son amour, de son respect, de sa passion. Objet de tristesse, d'affliction, de douleur, etc. Vous étiez l'objet de notre entretien. La conversation a changé d'objet.

Dans le même sens, mais d'une manière plus particulière, Objet désigne la Personne qu'on aime. L'objet aimé.

OBJET signifie également le But, la fin qu'on veut atteindre. Cet homme n'a pour objet que de faire fortune. L'objet de ma remarque. L'objet que je me propose, que j'ai en vue. Voilà mon objet. Remplir son objet. Quel est l'objet de cette démarche? Discours, action sans objet.

OBJET se prend encore pour Chose, dans un sens indéterminé. C'est un objet de peu de valeur. Il vend toute sorte d'objets. Objets de première nécessité. Un objet d'art.

 

OBJURGATION

 

n. f.

Reproche violent, réprimande. Il s'emploie surtout au pluriel et signifie Paroles vives par lesquelles on essaie de détourner quelqu'un d'agir comme il se propose de le faire. Il a cédé, il a résisté à mes objurgations.

 

OBLAT, ATE

 

n.

T. du langage ecclésiastique

. Laïque qui participe, dans une certaine mesure, à la vie d'un ordre religieux. Un oblat bénédictin.

Il se dit aussi d'un Membre de certains ordres religieux. Les oblats de Marie-Immaculée. Les oblats de Saint-François de Sales.

 

OBLATION

 

n. f.

T. de Liturgie

. Offrande, action par laquelle on offre quelque chose à Dieu. JÉSUS-CHRIST, étant sur la croix, fit l'oblation de lui-même à son Père. Spécialement, L'oblation du pain et du vin dans l'Eucharistie.

Il se dit aussi du Moment de la messe où se fait cette offrande.

Il se dit, par extension, de Ce qu'on offre à Dieu.

 

OBLIGATAIRE

 

n. des deux genres

. Celui, celle qui possède des obligations d'une compagnie de chemin de fer, d'un établissement de crédit, etc.

 

OBLIGATION

n. f.

Lien moral qui impose quelque devoir concernant la religion, la morale ou la vie civile. S'acquitter des obligations d'un bon citoyen, d'un bon chrétien. Satisfaire aux obligations de son état, à toutes ses obligations. Remplir ses obligations. Les obligations d'un père envers ses enfants, des enfants envers leur père. Obligation de conscience. Obligation d'honneur. Fête d'obligation. Cela est d'obligation stricte. Vous êtes dans l'obligation de lui répondre.

Obligation morale, Celle qui n'est imposée ni par la religion, ni par une décision légale, ni par une convention sociale, mais qui résulte du sentiment moral que l'homme porte en soi.

OBLIGATION se dit, en termes de Droit, d'un Lien de droit qui oblige à donner, à faire ou à ne pas faire une chose. Ce professeur explique le titre du code intitulé : Des contrats ou des obligations. Les obligations naissent des conventions ou contrats, ou des quasi-contrats, des délits ou des quasi-délits. Obligation solidaire. Les obligations du vendeur, de l'acheteur. Obligation exécutée, non exécutée, conditionnelle, divisible, indivisible. Obligation éteinte, prescrite.

Il se dit encore de l'Acte, fait par-devant notaire ou sous seing privé, par lequel on s'oblige à payer une certaine somme, à donner ou à faire telle chose dans un temps fixé. Une obligation de dix mille francs. Signer une obligation. Il lui en a passé obligation devant notaire. La minute, la grosse d'une obligation.

Faire honneur à ses obligations, Payer ses dettes, acquitter ses engagements.

OBLIGATION se dit, par extension, de Certains titres productifs d'intérêt et remboursables dans un temps limité, que le gouvernement, des compagnies, des villes émettent pour se procurer de l'argent. Une obligation du Crédit Foncier. Obligations de la Ville de Paris. Obligations du Chemin de fer du Nord. Obligations nominatives, au porteur. Rembourser une obligation.

Il désigne figurément un Lien de reconnaissance envers les personnes qui nous ont rendu des services plus ou moins importants. Il vous a obligation de la vie. Il prétend ne vous avoir aucune obligation. Contracter une obligation envers quelqu'un. Je lui en ai autant d'obligation que si la chose avait réussi. C'est un homme à qui j'ai bien des obligations.

 

OBLIGATOIRE

 

adj. des deux genres

. Qui a la force d'obliger suivant la religion, suivant la loi. Clauses obligatoires. Service militaire obligatoire. Le dimanche, l'assistance à la messe est obligatoire. L'instruction publique et obligatoire.

Il se dit, figurément et par extension, de Ce qui est exigé par la bienséance, la morale. La tenue de soirée est obligatoire pour ce bal. Votre présence à cette cérémonie me paraît obligatoire.

 

OBLIGEAMMENT

adv.

D'une manière obligeante. Il m'a reçu obligeamment. Il les a traités aussi obligeamment qu'ils pouvaient le désirer. Il en a usé fort obligeamment à mon égard. Il parle obligeamment de vous.

 

OBLIGEANCE

 

n. f.

Disposition à se montrer obligeant. Vous avez mis beaucoup d'obligeance dans cette affaire. C'est un homme d'une extrême obligeance.

 

OBLIGEANT, ANTE

 

adj.

Qui aime à obliger, à faire plaisir. C'est un homme fort obligeant, extrêmement obligeant, tout à fait obligeant.

Il se dit aussi des Paroles et des actes qui dénotent un désir d'obliger, de faire plaisir. Une humeur obligeante. Il a des manières obligeantes. Elle lui parle d'un ton fort obligeant. Un accueil, un sourire obligeant. Faire une réponse obligeante. Il ne lui a pas dit seulement. une parole obligeante. Ce que vous me dites n'est pas obligeant.

 

OBLIGER

 

v. tr.

Mettre quelqu'un dans l'obligation de faire ou de dire quelque chose. La loi naturelle, la loi divine nous oblige à honorer père et mère. L'équité nous oblige à restituer ce qui ne nous appartient pas. Obliger à restitution. La vérité m'oblige à vous dire que...

Prov., Noblesse oblige. Voyez NOBLESSE.

OBLIGER signifie encore, en termes de Jurisprudence, Lier quelqu'un par un acte, en vertu duquel on puisse l'appeler en justice, s'il n'exécute pas la chose à laquelle il s'est engagé. Son contrat l'oblige à cela. Faire obliger le mari et la femme. Il est obligé par le contrat de faire telle chose. Il y a dans le bail une clause qui l'y oblige. S'obliger solidairement. S'obliger par-devant notaire.

Il se dit aussi en parlant des Biens. Il a obligé tous ses biens.

S'obliger pour quelqu'un, Lui servir de caution, répondre des pertes ou des dommages qui peuvent arriver par sa faute, des engagements qu'il ne remplirait pas. Substantivement, Le principal obligé, Le principal débiteur, pour le distinguer de la caution.

S'OBLIGER signifie encore Se lier par une simple promesse. Prêtez-moi cette somme, je m'oblige à vous la rendre dans deux jours.

OBLIGER signifie aussi Contraindre, forcer, mettre dans la nécessité de faire quelque chose. Son impertinence m'a obligé à le chasser de chez moi. Quelle raison vous oblige à faire ce que vous faites? Cela m'oblige à une grande surveillance. Après un mois de siège, cette place fut obligée de se rendre. La nécessité de le payer m'a obligé à vendre ma maison. La crainte l'oblige à se taire. Je suis obligé de sortir, de vous quitter. Vous m'obligerez à me fâcher. Je serai obligé de vous punir.

Il signifie encore Attacher quelqu'un par un service, rendre un bon office, faire plaisir. Il m'a obligé quand j'étais malheureux. Vous m'obligerez extrêmement, infiniment. Il oblige tout le monde. Il m'a obligé de son crédit, de sa bourse. Vous m'obligerez beaucoup d'aller lui parler pour moi. En me rendant ce service vous n'obligerez pas un ingrat.

Je vous suis fort obligé de votre attention, de la peine que vous avez prise, Je vous suis fort redevable, je vous sais beaucoup de gré. On dit souvent, par forme de remerciement, Je vous suis bien obligé, ou familièrement, par ellipse, Bien obligé.

Substantivement, Je suis votre obligé, votre obligée, se dit à Quelqu'un dont on a reçu un service.

OBLIGÉ, pris adjectivement, signifie Qui est d'usage, dont on ne peut guère se dispenser. C'est le compliment obligé. La formule obligée d'une lettre, d'une pétition.

 

OBLIQUE

 

adj. des deux genres

. T. de Géométrie

. Qui s'écarte plus ou moins de la verticale. Ligne oblique. Plan oblique. Couper un cône par une section oblique. Les rayons du soleil sont plus obliques en hiver qu'en été. Par analogie, Il a le regard oblique, Il ne regarde pas droit, pas en face.

En termes de Tactique, Ordre oblique, Disposition d'après laquelle une armée ou un corps d'armée engage le combat par une de ses ailes, en refusant l'autre aile à l'ennemi. Marche oblique, Celle d'une troupe qui s'avance d'une manière oblique par rapport à son front, qui incline soit vers la droite, soit vers la gauche. On dit aussi dans ce sens Faire oblique à droite, à gauche. En commandement, Oblique à droite! Oblique à gauche!

OBLIQUE se dit substantivement, en termes d'Anatomie, de Divers muscles de l'abdomen, de l'oeil, de la tête, qui ont une direction oblique, par rapport au plan supposé qui divise le corps en deux moitiés égales et symétriques. Le grand oblique de l'abdomen. L'oblique inférieur de l'oeil. Le petit oblique de la tête.

OBLIQUE signifie, au figuré, Qui est indirect, détourné. Une accusation, un argument oblique.

Il signifie aussi Qui manque de droiture, de franchise. Sa conduite est oblique. Il suit une marche oblique. Il emploie des moyens obliques.

En termes de Grammaire et dans les langues où les cas se déclinent, Cas obliques, Tous les cas, sauf le nominatif. Modes obliques, Ceux qui ne peuvent servir qu'à énoncer une proposition subordonnée, tels que le subjonctif et le conditionnel. Propositions obliques, Les propositions subordonnées qui sont énoncées par ces modes.

 

OBLIQUEMENT

 

adv.

D'une manière oblique. Une ligne tirée obliquement. Le zodiaque coupe obliquement l'équateur.

Il signifie, au figuré, D'une manière insidieuse, contraire à la droiture, à la franchise. Il agit toujours obliquement. Il va toujours obliquement en tout ce qu'il fait.

 

OBLIQUER

 

v. intr.

Prendre une direction oblique. Quand vous serez arrivé à tel endroit, il vous faudra obliquer. Obliquer à droite.

 

OBLIQUITÉ

 

n. f.

T. de Géométrie

. Inclinaison d'une ligne, d'une surface sur une autre. L'obliquité d'une ligne. L'obliquité des rayons du soleil.

En termes d'Astronomie, L'obliquité de l'écliptique, L'angle que l'écliptique fait avec l'équateur.

Fig., L'obliquité de sa conduite, de ses démarches, Ce qu'il y a de contraire à la droiture, à la franchise dans sa conduite, dans ses démarches.

 

OBLITÉRATION

 

n. f.

Action d'oblitérer. L'oblitération d'un timbre.

Il désigne aussi l'État de ce qui est oblitéré. L'oblitération d'une artère.

 

OBLITÉRER

 

v. tr.

Effacer, user. Il se dit principalement en parlant de Ce qui a souffert des injures du temps, ou de quelque autre cause naturelle. Le temps a oblitéré cette inscription, a oblitéré plusieurs caractères, plusieurs mots dans ce manuscrit. La circulation des monnaies oblitère insensiblement les figures et les lettres qui y sont empreintes. Ces caractères se sont oblitérés.

Oblitérer un timbre-poste, Lui imprimer une marque pour qu'il ne puisse plus servir.

Fig., Cette coutume s'est oblitérée avec le temps. Ses souvenirs s'oblitèrent, se sont oblitérés. Il est peu usité dans cette acception.

Il se dit, en termes d'Anatomie, d'un Canal, d'un conduit, d'un vaisseau qui se ferme peu à peu et dont les parois finissent par adhérer l'une à l'autre. Cette partie de l'intestin, cette veine s'est tout à fait oblitérée.

 

OBLONG, ONGUE

 

adj.

Qui est beaucoup plus long que large. Une place oblongue.

Il se dit, en termes de Librairie, des Livres qui ont moins de hauteur que de largeur. Un format oblong. Les albums, les livres de musique sont souvent oblongs.

 

OBNUBILATION

 

n. f.

Action d'obnubiler; état de ce qui est obnubilé. Obnubilation cérébrale.

 

OBNUBILER

 

v. tr.

Couvrir d'une sorte de nuage. Il se dit de la Vue et, au figuré, de la Pensée. Sa pensée s'obnubile.

 

OBOLE

 

n. f.

Nom d'une ancienne monnaie de peu de valeur, employée dans l'antiquité grecque. Il est encore usité dans cette phrase proverbiale : Je n'en donnerais pas une obole, Je ne fais aucun cas de cela, je n'en donnerais pas le moindre prix.

Il se dit, en général, d'une Petite somme. Je vous envoie ma modeste obole.

 

OBOMBRER

 

v. tr.

Couvrir de son ombre. Il ne s'emploie guère que dans le sens mystique. Les anges l'obombraient de leurs ailes.

 

OBREPTICE

 

adj. des deux genres

. T. de Chancellerie

. Il se disait des Grâces obtenues en taisant une vérité qu'on aurait dû exprimer pour qu'elles fussent valables.

 

OBREPTICEMENT

 

adv.

D'une manière obreptice.

 

OBSCÈNE

 

adj. des deux genres

. Qui blesse ouvertement, qui révolte la pudeur. Paroles obscènes. Mot obscène. Chanson obscène. Livre obscène, qui fait naître des pensées obscènes. Geste obscène. Peinture, image obscène.

Il se dit aussi des Personnes. C'est un être obscène.

 

OBSCÉNITÉ

 

n. f.

Caractère de ce qui est obscène. L'obscénité de son langage est révoltante.

Il se dit, par extension, de Tout ce qui a un caractère obscène. Cette chanson est pleine d'obscénités. Il nous a dit des obscénités. Ce tableau est une obscénité.

 

OBSCUR, URE

 

adj.

Où il y a peu, où il n'y a pas de lumière. Lieu obscur. Chambre obscure. Prison obscure. Forêt obscure. Nuit obscure. Temps obscur.

Il fait obscur, Le temps est sombre. Il fait obscur dans cet endroit, Ce lieu n'est pas bien éclairé, on n'y voit pas clair.

Chambre obscure. Voyez, au mot NOIR, Chambre noire.

OBSCUR, en parlant de Couleurs, signifie Qui est moins clair, moins vif, moins éclatant, plus brun, plus chargé. Couleurs obscures. Bleu obscur.

Clair-obscur. Voyez CLAIR-OBSCUR.

OBSCUR signifie au figuré Qui n'est pas clair, intelligible, qui ne se fait pas comprendre, ou se fait difficilement comprendre. Discours obscur. Livre fort obscur. Passage, terme obscur. En termes obscurs. Cet auteur est obscur, affecte d'être obscur. Les oracles étaient obscurs.

OBSCUR signifie aussi Qui est peu connu, caché. C'est un homme obscur. Il mène une vie obscure. État obscur. Condition obscure. Mérite obscur. Vertu obscure. Cet homme est d'une naissance, d'une famille obscure, est né de parents obscurs.

 

OBSCURANTISME

 

n. m.

Doctrine de ceux que l'on juge hostiles au progrès des lumières. Il est péjoratif.

 

OBSCURATION

 

n. f.

T. d'Astronomie

. Obscurcissement causé par une éclipse. La période d'obscuration.

 

OBSCURCIR

 

v. tr.

Rendre obscur. Les nuages obscurcissent le jour, le soleil. Les fumées obscurcissent l'air. Fig., Quand l'intelligence est obscurcie par les passions, par les préjugés. Quelquefois le commentaire obscurcit le texte en voulant l'éclaircir.

S'OBSCURCIR signifie Devenir obscur, perdre sa clarté. Le soleil s'obscurcit. L'air, le jour, le temps s'obscurcit. Fig., Quand la raison vient à s'obscurcir. Sa gloire s'est obscurcie peu à peu. Son esprit s'obscurcit.

La vue s'obscurcit dans la vieillesse, Dans la vieillesse, la vue diminue, s'affaiblit.

 

OBSCURCISSEMENT

 

n. m.

Le fait de devenir obscur ou d'être obscurci. L'obscurcissement de l'horizon. L'obscurcissement du paysage quand le soleil descend sur l'horizon. Fig., L'obscurcissement de l'intelligence.

OBSCURÉMENT

 

adv.

D'une manière obscure, peu claire. La nuit approchait, on ne voyait les objets qu'obscurément.

Fig., Il parle, il écrit obscurément. C'est un homme qui a toujours vécu obscurément.

 

OBSCURITÉ

 

n. f.

Absence partielle ou totale de lumière. Profonde obscurité. L'obscurité de la nuit, du temps, d'un bois, d'une cave, d'une chambre. À travers l'obscurité. À la faveur de l'obscurité. Les yeux du chat brillent dans l'obscurité. Percer, dissiper l'obscurité.

Fig., L'obscurité des temps, l'obscurité de l'avenir, Le peu de connaissance qu'on a des temps éloignés, l'ignorance où l'on est de l'avenir.

OBSCURITÉ signifie au figuré Défaut de clarté dans les idées, dans les expressions. Au pluriel, il désigne souvent des Passages difficiles à comprendre, des points douteux. Cet auteur affecte l'obscurité. L'obscurité des oracles. Ce récit est plein d'obscurités.

Il signifie encore, figurément, Situation médiocre, sans éclat. Il n'a point voulu s'élever, il est demeuré dans l'obscurité. Il aime à vivre dans l'obscurité. Il est sorti de son obscurité. Il est rentré dans son obscurité. L'obscurité de sa naissance, de sa famille, de son état, de sa condition.

 

OBSÉCRATION

 

n. f.

T. de Rhétorique

. Figure par laquelle l'orateur implore l'assistance de Dieu ou de quelqu'un au nom de Dieu.

 

OBSÉDANT, ANTE

 

adj.

Qui obsède. Une pensée obsédante. Un souvenir obsédant.

 

OBSÉDER

 

v. tr.

Importuner, excéder quelqu'un par ses assiduités, par ses démarches. Ses visites quotidiennes ont fini par m'obséder. Sa générosité bien connue fait qu'il est obsédé par la foule des solliciteurs.

Il signifie au figuré Tourmenter d'une manière persistante. La pensée du suicide l'obsédait. Il était obsédé par ce désir, par cette tentation. Substantivement, Un obsédé.

 

OBSÈQUES

 

n. f.

pl. Convoi funèbre ayant, plus ou moins, un caractère de solennité. Tout Paris a assisté aux obsèques de cet illustre maréchal. On lui fit de magnifiques obsèques.

 

OBSÉQUIEUSEMENT

 

adv.

D'une manière obséquieuse.

 

OBSÉQUIEUX, EUSE

 

adj.

Qui porte à l'excès les témoignages de respect, les égards, la complaisance, les attentions. Quel personnage obséquieux! Par extension, Caractère obséquieux. Manières obséquieuses.

 

OBSÉQUIOSITÉ

 

n. f.

Défaut de celui qui est obséquieux. Cet homme est d'une obséquiosité très déplaisante. Il se dit, par extension, des Paroles et des actes qui dénotent ce défaut. Je suis las de ses obséquiosités.

 

OBSERVABLE

 

adj. des deux genres

. T. didactique

. Qui peut être observé. Cet astre n'est que rarement observable, n'est observable qu'à certaines époques de l'année.

 

OBSERVANCE

 

n. f.

Il n'est usité qu'en matière de religion. Pratique d'une règle, exécution de ce que prescrit une règle, une loi religieuse. L'observance de la règle dans les maisons religieuses. L'observance du jeûne.

Religieux d'étroite observance, Religieux d'une maison qui observe la règle plus strictement que les autres maisons du même ordre. L'étroite observance de Cîteaux.

Il se dit aussi d'une Règle, d'une loi religieuse. Le judaïsme était chargé d'un nombre infini d'observances. Manquer aux observances. Se dispenser des observances de la vie religieuse.

Observances légales, Certaines pratiques ou cérémonies que prescrivait la loi de Moïse. L'Évangile nous a délivrés du joug des observances légales.

OBSERVANCE se dit aussi des Communautés religieuses où certaines règles s'observent. Observance de saint François.

 

OBSERVANT

 

n. m.

Religieux de l'étroite observance de saint François. Adjectivement, Mineurs observants.

 

OBSERVATEUR, TRICE

 

n.

Celui, celle qui accomplit ce que prescrit quelque loi ou quelque règle. Dans ce sens, il ne s'emploie guère sans épithète. Fidèle observateur des ordres du prince. Socrate fut grand observateur des lois. Cette religieuse est une exacte observatrice de sa règle.

Il désigne le plus souvent Celui, celle qui s'applique à observer les phénomènes de la nature, les événements du monde, les moeurs et les actions des hommes. Observateur attentif. Observateur malicieux, satirique. Observateur de la nature. La Bruyère fut un remarquable observateur des moeurs de son temps. Stendhal se qualifiait lui-même observateur du coeur humain.

Il se dit quelquefois par opposition à Celui qui agit. Je n'ai pris aucune part à ce qui se faisait, j'étais là comme observateur.

Il s'emploie adjectivement dans les deux dernières acceptions. Médecin observateur. Écrivain, moraliste observateur. Elle est très observatrice. Esprit, génie observateur. Coup d'oeil observateur.

Il signifie encore Celui qui est chargé d'observer. Observateur d'artillerie. Observateur en avion.

 

OBSERVATION

 

n. f.

Action d'observer ce qui est prescrit par quelque loi, ce que l'on a promis à quelqu'un. L'observation des commandements de Dieu, des lois. L'observation de sa parole, de sa promesse.

Il signifie aussi Action de regarder avec attention, de surveiller. Voilà un excellent poste d'observation. Être en observation, se tenir en observation, Être, se tenir dans un lieu d'où l'on observe, d'où l'on surveille, d'où l'on épie quelqu'un ou quelque chose.

Armée, corps d'observation, Armée, corps d'armée chargés de surveiller les mouvements d'une armée étrangère.

OBSERVATION se dit également de la Surveillance attentive à laquelle on soumet des personnes ou des animaux dont l'état est inquiétant. Mettre un malade en observation. Ce chien, mordu par un chien errant, est en observation.

Il signifie encore Action de considérer avec attention, avec étude les choses physiques ou morales. L'observation est le premier fondement de toutes les sciences. Une observation bien faite. Des observations exactes, précises, minutieuses, superficielles. Il a fait de belles observations sur la structure du corps humain. Molière a fait de profondes observations sur la société et sur le coeur de l'homme.

Avoir l'esprit d'observation, Savoir remarquer les causes et les effets des phénomènes, des événements, des actions des hommes.

OBSERVATION se dit également du Résultat de l'observation. Observations astronomiques, météorologiques, médicales.

Il signifie encore Remarque sur des écrits de quelque auteur. En ce sens, il s'emploie ordinairement au pluriel. Observations sur la Rhétorique d'Aristote. Il a publié tel auteur avec de savantes observations.

Il signifie aussi, dans le langage de la conversation, de la discussion, Réflexion, considération. Je demande à faire une observation. Permettez que je fasse une observation. Avez- vous encore quelque observation à faire? Votre observation me paraît juste.

Il se dit encore, par analogie, d'une Remarque nuancée de reproche que l'on fait à quelqu'un sur sa manière d'agir, sur sa conduite. Faire des observations à un enfant.

 

OBSERVATOIRE

 

n. m.

Édifice construit de façon à pouvoir observer les astres et leurs mouvements. L'Observatoire de Paris, du mont Blanc, de Greenwich.

Il se dit aussi, en termes militaires, d'un Lieu d'où l'on peut observer, surveiller l'ennemi, d'un Endroit aménagé à cet effet. Un observatoire d'artillerie.

 

OBSERVER

v. tr.

Accomplir, suivre ce qui est prescrit par quelque loi, par quelque règle. Observer les commandements de Dieu. Observer les ordonnances des médecins. Observer le silence, le jeûne, etc. Observer la discipline, les règles de la discipline. Observer les statuts, les lois, les coutumes, les bienséances.

OBSERVER signifie aussi Regarder avec attention, surveiller, épier. On a mis autour de lui des gens qui l'observent. Prenez garde à ce que vous direz, on vous observe, vous êtes observé. Un bon général doit observer, faire observer tous les mouvements des ennemis. J'ai bien observé cet homme et je ne l'ai pas encore pénétré.

S'OBSERVER signifie spécialement Se surveiller, être fort circonspect dans ses actions, dans ses paroles. C'est un homme qui s'observe beaucoup, qui s'observe fort.

Il signifie encore, dans le sens réciproque, Se surveiller l'un l'autre. Ces deux champions, avant d'en venir aux mains, s'observent, se mesurent des yeux. Le créancier et le débiteur, avant de s'adresser la parole, se sont observés fort attentivement.

OBSERVER signifie encore Considérer avec application, en vue d'une étude, les choses physiques ou morales. Observer le cours des astres, le changement du temps. Observer la nature. Observer les symptômes d'une maladie. Le moraliste observe les hommes, la société, le coeur humain. Observer les moeurs des différentes nations.

Il s'emploie quelquefois absolument dans ce sens. Observer avec de bons instruments. Ce savant a beaucoup observé.

Il se dit aussi à propos de Ce qui attire l'attention et signifie Remarquer. J'ai observé qu'il n'adressait la parole qu'à vous. J'ai observé du coin de l'oeil qu'il lui donnait quelque chose. Je vous prie d'observer la différence qu'il y a entre ces deux choses.

Faire observer, Faire remarquer, attirer l'attention sur quelque chose. Je vous fais observer que vous vous trompez. Lui avez-vous fait observer que je n'y consentais point?

 

OBSESSION

 

n. f.

Action de celui qui obsède quelqu'un, qui est tellement assidu auprès de lui, que d'autres personnes ne peuvent en approcher. Il ne le quitte point : c'est une obsession. Il me fatigue par ses continuelles obsessions.

Il s'emploie surtout au figuré et désigne un État psychique consistant dans la présence à l'esprit d'une préoccupation ou d'une représentation, son ou image, que la volonté ne parvient pas à écarter. Ce souvenir est pour moi une obsession. Cet air me poursuit comme une véritable obsession.

 

OBSIDIENNE

n. f.

T. de Minéralogie

. Pierre vitreuse, d'origine volcanique, d'un vert foncé ou d'un beau noir. Des parures en obsidienne. Une pointe de flèche en obsidienne. Les Anciens employaient l'obsidienne à faire des miroirs.

 

OBSIDIONAL, ALE

 

adj.

Qui concerne les sièges. Il n'est guère usité que dans certaines locutions :

Couronne obsidionale, Couronne d'herbes que les Romains donnaient à celui qui avait fait lever le siège d'une ville.

Monnaie obsidionale, Monnaie qu'on frappe dans une place assiégée, pour suppléer au défaut ou à la rareté du numéraire, et à laquelle on donne ordinairement cours, durant le siège, pour une valeur beaucoup plus forte que sa valeur intrinsèque. On a employé le cuir à faire des monnaies obsidionales.

Fièvre, folie obsidionale, Exaltation, désordre mental qui se produit dans les populations de villes assiégées.

 

OBSTACLE

 

n. m.

Ce qui empêche de passer. Une route semée d'obstacles. Franchir, renverser, forcer un obstacle. Saut d'obstacles.

Il se dit figurément de Ce qui empêche qu'une personne n'arrive à son but, ne parvienne à ses fins ou qu'une chose ne se fasse, ne réussisse. Lever tout obstacle. Vaincre, surmonter un obstacle. Triompher d'un obstacle. Faire naître un obstacle, des obstacles. Rencontrer un obstacle. Faire obstacle à quelqu'un. Mettre obstacle à quelque chose. Il n'y a nul obstacle. Il lui a opposé des obstacles insurmontables, invincibles. Aucun obstacle ne l'arrête.

 

OBSTÉTRICAL, ALE

 

adj.

T. de Médecine

. Qui a rapport aux accouchements.

 

OBSTÉTRIQUE

 

n. f.

T. de Médecine

. Partie de la médecine relative aux accouchements.

 

OBSTINATION

 

n. f.

Fait de s'attacher opiniâtrement à une idée, à un sentiment, à une entreprise. Obstination irréductible. Ridicule, étrange obstination. Obstination au mal, dans le mal.

Il signifie aussi Qualité de celui qui s'attache à une idée, à un sentiment, à une entreprise. Il lui a fallu beaucoup d'obstination pour réussir dans son examen. Obstination au travail, à l'étude.

 

OBSTINÉ, ÉE

 

adj.

Qui s'obstine, qui est entêté, acharné. Un paresseux obstiné. Un menteur obstiné. En bonne part, Un travailleur obstiné.

Substantivement, C'est un obstiné.

Par extension, Un rhume obstiné. Lutte obstinée.

 

OBSTINÉMENT

 

adv.

Avec obstination. Soutenir obstinément un mensonge. Travailler obstinément.

 

OBSTINER (S')

 

v. pron.

Faire acte d'obstination. Plus on le prie, plus il s'obstine dans son refus. Ne vous obstinez point à cela. S'obstiner à persécuter quelqu'un. Il s'obstine dans son opinion. Il s'est obstiné à ne pas faire ce qu'on exigeait de lui.

Il s'emploie aussi en bonne part et signifie S'attacher opiniâtrement à une tâche, à un travail. Il s'est tellement obstiné à terminer cet ouvrage qu'il en est venu à bout.

 

OBSTRUCTION

 

n. f.

T. de Médecine . Engorgement, embarras qui se forme dans les conduits de l'organisme. Obstruction intestinale.

Il se dit aussi de Toute espèce d'engorgement dans toute espèce de conduits, canaux, voies de communication.

Il se dit également, au figuré, des Manoeuvres tendant à retarder, à empêcher un débat, le vote d'une mesure, etc. Faire de l'obstruction.

 

OBSTRUER

 

v. tr.

Rendre impraticable par quelque obstacle. Vous obstruez le passage. Un grand nombre de voitures obstruaient la rue.

Il signifie aussi Embarrasser, engorger un conduit. Une mauvaise digestion lui a obstrué l'estomac. Un torrent de boue a obstrué l'égout.

 

OBTEMPÉRER

 

v. intr.

Obéir, se soumettre. Il ne se dit qu'en termes de Droit et de Police. Obtempérer à un ordre, à une sommation, à un règlement.

 

OBTENIR

 

(Il se conjugue comme TENIR.) v. tr.

Se faire accorder par tel ou tel moyen une chose que l'on désire. J'ai obtenu de lui qu'il demeurerait encore trois jours avec nous. On a obtenu de lui qu'il se désistât. J'ai obtenu de le voir. Ce criminel a obtenu sa grâce. Obtenir par son mérite, obtenir par faveur une place, un emploi. Obtenir une permission. De tels résultats ne s'obtiennent pas sans beaucoup de peine. Obtenir les suffrages du public, les bonnes grâces, l'amitié, l'estime de quelqu'un. Obtenir satisfaction d'un outrage.

En termes de Procédure, Obtenir un arrêt, Parvenir à avoir un arrêt qu'on poursuivait. Obtenir ses fins et conclusions, Obtenir en justice ce qu'on demande par sa requête, par ses conclusions.

En termes de Science, Par ce procédé chimique, on obtient tel produit. En introduisant ce corps dans ce liquide, on obtient un précipité rouge. La lumière qu'on obtient par ce moyen est d'une grande intensité. En greffant tel arbre sur tel autre, il a obtenu une nouvelle variété de fruits.

 

OBTENTION

n. f.

Action d'obtenir. Il est vieux et ne se dit plus guère que dans quelques expressions spéciales. Obtention d'un diplôme, d'une grâce, d'un arrêt.

 

OBTURATEUR

 

n. m.

T. d'Arts

. Pièce, appareil qui sert à fermer, à boucher. L'obturateur d'un canon. L'obturateur d'une conduite d'eau.

Il se dit, en termes de Chimie, d'une Plaque de verre que l'on met sous les cloches remplies de gaz ou de liquide, pour les fermer hermétiquement.

Il se dit, en termes de Photographie, d'un Appareil qui normalement masque l'objectif et qui ne le découvre que pendant le temps de pose voulu.

Il se dit, en termes de Chirurgie, d'une Plaque d'or ou d'argent destinée à fermer une ouverture accidentelle à la voûte du palais, aux os du crâne, etc.

OBTURATEUR, OBTURATRICE se disent, en termes d'Anatomie, de Certains éléments anatomiques qui servent à boucher le trou ovale de l'os iliaque. Muscles obturateurs. Membrane obturatrice.

 

OBTURATION

 

n. f.

Action d'obturer ou Résultat de cette action.

 

OBTURER

 

v. tr.

T. d'Arts

. Boucher une ouverture qui s'est produite accidentellement. Obturer une fissure, une fuite avec du ciment, du mastic.

Il signifie spécialement, en termes de Chirurgie, Fermer une ouverture accidentelle à la voûte du palais, aux os du crâne ou boucher un trou qui s'est produit dans une dent par suite de carie.

 

OBTUS, USE

 

adj.

T. d'Histoire naturelle

. Qui est arrondi, émoussé au lieu d'être anguleux ou pointu. Poisson à tête obtuse. Feuille obtuse.

Il se dit, par analogie, en termes de Géométrie, d'un Angle plus grand, plus ouvert qu'un angle droit. Angle obtus.

Fig., Esprit obtus, Esprit peu pénétrant, qui a de la peine à concevoir.

Fig., Sensation obtuse, Sensation qui manque de vivacité, de netteté. Le toucher est le plus obtus de nos sens.

 

OBTUSANGLE

 

adj. des deux genres

. T. de Géométrie

. Il se dit principalement d'un Triangle qui a un angle obtus. Triangle obtusangle.

 

OBUS

 

(On prononce l'S.)n. m.

T. d'Artillerie

. Projectile creux, en forme de cylindre terminé par un cône, rempli de matière explosive.

 

OBUSIER

 

n. m.

T. d'Artillerie

. Pièce d'artillerie courte qui lance des obus, généralement à tir plongeant. Un obusier de siège. Un obusier de campagne.

 

OBVIER

 

v. intr.

Prendre les précautions, les mesures nécessaires pour parer à telle ou telle éventualité fâcheuse. Obvier à un accident possible. Pour obvier à cet inconvénient.

 

OC

 

Mot qui n'est usité en français que dans cette expression, La langue d'oc, La langue que parlaient en France, dans le moyen âge, les peuples situés au sud de la Loire. Dans cette langue, Oc signifiait Oui. Langue d'oc est opposé à Langue d'oïl.