Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 383 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Esturgeon

 

n. m.

Gros poisson de mer qui remonte les fleuves comme le saumon. OEufs d'esturgeon.

 

ÉSULE

 

n. f.

T. de Botanique

. Variété d'euphorbe. Grande ésule. Petite ésule.

 

ET COETERA

 

Locution empruntée du latin. Et le reste. Il s'emploie quand on charge le lecteur de compléter lui-même une énumération ou une phrase inachevée. On l'abrège en Etc. Il y a dans son laboratoire toutes sortes d'ustensiles, des fourneaux, des cornues, des creusets, etc. Vous savez le proverbe : Quand chacun fait son métier, etc.

Substantivement, Le reste de la phrase n'est exprimé que par un et coetera. Mettre trois et coetera de suite.

 

ET

 

(On prononce É, sans faire sentir le T.) Conjonction qui lie entre eux les noms, les adjectifs, les pronoms, les verbes, les adverbes et les propositions coordonnées. Le feu et l'eau. Bon et sage. Vous et moi. Chanter et danser. Sagement et fortement. Il a fait cette sottise et il est sur le point d'en faire une autre. Et le riche et le pauvre, et le fort et le faible.

Il est quelquefois emphatique, au commencement des phrases. Et voilà que tout d'un coup... Et toi aussi, mon fils! Et ainsi, vous osez me dire...

Au commencement d'une proposition ou d'une phrase, il signifie souvent Alors. Ainsi dit le renard, et flatteurs d'applaudir.

ET a souvent le sens de Mais. Il plie et ne rompt pas.

 

ÉTABLAGE

 

n. m.

Ce qu'on paie pour l'attache, pour la place d'un cheval, d'un boeuf, etc., dans une écurie, dans une étable.

ÉTABLE

 

n. f.

Lieu où l'on loge des boeufs, des vaches, des brebis et autres bestiaux. Étable à boeufs, à vaches. Notre-Seigneur voulut naître dans une étable.

 

ÉTABLE

 

n. f.

T. de Marine

. Ce mot s'emploie dans l'expression Franc-étable. Voyez ÉTRAVE et FRANC-ÉTABLE.

 

ÉTABLER

 

v. tr.

Loger dans une étable, dans une écurie. Il y a dans cette ferme de quoi établer tant de boeufs.

 

ÉTABLI

 

n. m.

Table étroite et longue, dont la planche de dessus est fort épaisse et sur laquelle les ouvriers de certains métiers posent ou fixent les ouvrages auxquels ils travaillent. L'établi d'un menuisier, d'un serrurier, d'un armurier.

Il se dit aussi d'une Table sur laquelle les tailleurs s'asseyent, les jambes croisées, pour travailler.

 

ÉTABLIR

 

v. tr.

Asseoir et fixer une chose en quelque endroit, l'y rendre stable. Établir les fondements d'un édifice. Ce mur est bien établi sur le roc. Cette table n'a pas été bien établie sur ses pieds. Fig., Constantin établit le siège de l'empire à Constantinople. Un empire qui s'établit. Établir sa demeure, son domicile, sa résidence en un lieu. Établir des communications, des moyens de communication, de correspondance entre deux villes. Une correspondance régulière s'établit entre eux. Des relations se sont vite établies entre ces écoliers.

Être bien établi à la cour, dans une maison, Y avoir beaucoup de crédit.

Bien établir sa fortune, son crédit, Leur donner des bases solides.

Établir sa réputation, La fonder, lui donner de la consistance. Sa réputation est trop bien établie pour que...

Il signifie quelquefois simplement Installer. Établir un camp sous les murs d'une ville. Ce marchand avait établi sa boutique en tel endroit. Ils s'établirent dans le poste que l'ennemi venait de quitter. L'armée s'établit dans une bonne position. Cette colonie est allée s'établir en tel endroit. On dit aussi Établir une manufacture, une imprimerie, un collège, etc., Il s'est établi plusieurs fabriques dans le voisinage de cette ville.

Établir une machine, La construire et la mettre en état de servir. On dit de même Établir un livre, un rapport, un budget.

Il signifie particulièrement, au figuré, Mettre dans un état, dans un emploi avantageux, dans une condition stable. Ce père a bien établi tous ses enfants. Établir quelqu'un dans un emploi, dans l'exercice d'un emploi. Un homme établi.

Établir une fille, La marier.

S'ÉTABLIR signifie particulièrement Fixer sa demeure, sa résidence en quelque lieu. Il est venu s'établir en France. Il s'est établi dans notre ville. Il s'est établi hôtelier, horloger dans tel quartier.

Il signifie encore particulièrement Se marier ou prendre un état. Il songe à s'établir.

Il signifie aussi figurément Gagner la faveur, la confiance. Se bien établir dans une ville, dans un milieu.

ÉTABLIR signifie également Instituer et s'applique alors tant aux Personnes qu'aux choses. Établir un gouvernement, une administration. Le gouvernement établi. Les lois établies. Établir un tribunal dans une ville. S'établir juge d'un différend.

Il se dit encore figurément, en parlant des Lois, des opinions, des doctrines et autres choses semblables, dont on est l'auteur, ou que l'on fait adopter, auxquelles on commence à donner cours. Établir de nouvelles opinions, de nouvelles maximes. De nouveaux usages, de nouvelles doctrines s'établirent. Ces locutions auront bien de la peine à s'établir dans l'usage, à s'établir. C'est une coutume, une opinion établie, un principe établi.

On a établi que... il est établi que..., C'est une coutume reçue que...

Il signifie en outre, figurément, Prouver, démontrer. Il a établi sa proposition par des raisonnements sans réplique. Il a établi son droit sur des pièces authentiques. Établir un compte, Le dresser avec pièces à l'appui.

Établir des principes, Poser des principes. Établir un fait, Exposer un fait avec ses preuves. On dit aussi Voilà un point bien établi.

 

ÉTABLISSEMENT

 

n. m.

Action d'établir. L'établissement d'une colonie. Les établissements des Français dans l'Inde. Depuis l'établissement de la monarchie. L'établissement d'une fabrique. Frais, comptes de premier établissement. L'établissement d'un tribunal. L'établissement d'une législation, d'une doctrine nouvelle.

Il se dit aussi de la Situation sociale, de l'emploi, de la profession, du métier. Un bon, un solide établissement. Il s'est donné beaucoup de peine pour l'établissement de ses enfants. Ce père a été heureux dans l'établissement de ses filles, Il les a bien mariées.

L'établissement d'un fait, d'un droit, L'exposition d'un fait, d'un droit, etc., accompagnée de preuves.

Il se dit aussi de Ce qui est établi pour l'utilité publique, pour l'exercice ou l'exploitation d'une industrie, etc. Établissement public. Établissement reconnu d'utilité publique. Les hôpitaux peuvent être des établissements publics ou privés. Les ouvriers employés dans un établissement. Établissement de crédit. Fermer un établissement. Établissements dangereux, insalubres.

Les Établissements de saint Louis, Le code de lois donné par ce prince.

En termes de Marine, L'établissement d'un port, d'une baie, L'heure de la haute mer dans ce port, dans cette baie, dans la région. Établissement des marées, Tableau qui indique l'établissement des principaux ports de mer.

 

ÉTAGE

 

n. m.

Espace entre deux planchers dans un bâtiment. Premier, second, troisième, quatrième étage, ou elliptiquement Le premier, le second, le troisième, etc. Ordinairement, quand on parle des étages séparément, on appelle Premier étage Celui qui est au-dessus du rez-de-chaussée et de l'entresol. Les étages supérieurs, inférieurs. Il a loué le premier étage. Il occupe le second étage. Loger au quatrième étage. Étage en mansarde. Étage bas, Étage peu exhaussé.

Il se dit quelquefois en parlant des Maisons où il n'y a que le rez-de-chaussée. Dans ce pays-là, les bâtiments ne sont qu'à un étage, que d'un étage, n'ont qu'un étage.

Il se dit, par analogie, en parlant de Choses disposées par rangs les unes au-dessus des autres. Une coiffure à double, à triple étage. Disposer par étage. Les étages d'une chaîne de collines. Des coteaux en étages.

Fig. et fam., Avoir un menton à double étage, à triple étage, se dit d'une Personne qui a le dessous du menton fort gras.

Fig., Des gens de bas étage, Des gens d'une condition inférieure.

 

ÉTAGER

 

v. tr.

Disposer par étages. Les collines s'étageaient jusqu'à l'horizon. Les maisons étaient étagées sur le coteau. Les troupes s'étagèrent sur les hauteurs.

En termes de Guerre, Étager des redoutes, Disposer des redoutes les unes au-dessus des autres.

Il s'emploie par extension dans le sens d'Espacer à des dates déterminées. Étager les paiements.

 

ÉTAGÈRE

 

n. f.

Meuble à rayons superposés sur lesquels on place divers objets, soit d'ornement, soit d'un usage journalier.

Objets d'étagère, Petits objets d'art ou de fantaisie que l'on place sur une étagère.

 

ÉTAI

 

n. m.

T. d'Arts

. Pièce de bois ou de fer dont on se sert pour appuyer, pour soutenir quelque construction ou partie de construction qui menace ruine, ou que l'on reprend sous oeuvre. Mettre un étai, des étais à une muraille, l'appuyer avec des étais.

 

ÉTAI

 

n. m.

T. de Marine

. Gros cordage de navire destiné à maintenir les mâts dans leur position normale. Étai du grand mât, ou Grand étai. Étai de misaine. Étais des mâts de hune, de perroquet, d'artimon. Voile d'étai. Faux étai.

 

ÉTAIEMENT

 

n. m.

Voir ÉTAYAGE.

 

ÉTAIM

 

n. m.

La partie la plus fine de la laine cardée. Filer de l'étaim.

ÉTAIN

 

n. m.

Métal blanc, léger, dont on fabrique des ustensiles de ménage. Vaisselle d'étain. Cuiller d'étain. Potier d'étain. On le dit aussi pour Objet d'étain. Dans ce sens il a un pluriel. Ces étains sont admirablement fondus, ciselés. Les étains de tel artiste.

Dans l'ancienne Nomenclature chimique, Étain de glace, Le bismuth. Étain d'antimoine, Certaine préparation par laquelle l'antimoine prend une couleur et une consistance presque semblables à celles de l'étain.

 

ÉTAL

 

n. m.

Sorte de table sur laquelle les bouchers débitent la viande. Viande à l'étal.

Il se dit aussi de la Boutique même où l'on vend de la viande.

 

ÉTALAGE

 

n. m.

Exposition de marchandises qu'on veut vendre, ou Ces marchandises mêmes. Mettre à l'étalage. Étalage bien fourni.

Il se dit, particulièrement, des Marchandises qu'on étale, qu'on déploie pour servir de montre. Ce magasin n'a de beau que l'étalage.

Il se dit figurément de Tout ce dont on fait parade par vanité, par ostentation. Faire étalage de son esprit, de ses richesses, de ses alliances. Étalage indiscret de grands sentiments. Il y a dans ce livre un grand étalage d'érudition.

 

ÉTALAGISTE

 

n. des deux genres

. Celui, celle qui expose sa marchandise en vente dans les rues, sur les places, dans les marchés. Il y a des règlements de police concernant les étalagistes.

Il désigne aussi Celui, celle qui, dans les magasins, dispose l'étalage à la devanture.

 

ÉTALE

 

adj. des deux genres . Qui est stationnaire. Il ne s'emploie qu'en termes de Marine. La mer est étale, Elle ne monte ni ne descend à la fin du flot ou du jusant.

On peut dire aussi d'un Fleuve en crue qu'Il est étale, c'est-à-dire qu'Il a fini de grossir sans avoir encore commencé à baisser.

Par extension, Navire étale, Qui n'avance ni ne recule; Ancre étale, Qui s'est fixée au fond; Cordage étale, Qui s'arrête après avoir filé; Vent étale, Dont la vitesse reste la même. En termes de Pêche, Filet étale, Filet fixe.

 

ÉTALER

 

v. tr.

Exposer en vente, dans une boutique ou dans quelque autre lieu, des marchandises, des denrées, etc. Étaler des chaussures, des draps, des toiles, des livres. Absolument, Les marchands n'ont pas encore étalé. Il est défendu d'étaler les jours de fêtes.

Fig. et fam., Étaler sa marchandise, Tirer vanité de ce qu'on fait, de ce qu'on a de rare, de singulier, en faire parade.

Il signifie aussi Mettre à plat sur une table, sur le sol, sur une muraille, etc., une chose ou plusieurs choses de même nature. Étaler une carte de géographie. Ces plantes entassées ne sécheront pas, il faut les étaler sur cette table. Étalez ces bijoux, afin qu'on les voie mieux, qu'on en juge mieux.

Étaler son jeu, Montrer toutes ses cartes, les étendre sur la table.

Il se dit aussi figurément et familièrement des Personnes qui, de leur plein gré ou involontairement, sont étendues sur le sol. Un coup de poing a suffi pour l'étaler par terre. En faisant un faux pas, il s'est étalé tout de son long. Étalons-nous sur l'herbe pour nous reposer. On dit dans un sens à peu près analogue S'étaler dans un fauteuil.

Il signifie encore figurément Montrer avec ostentation. Cette femme étale tous ses joyaux. Étaler un grand luxe. Il aime trop à étaler son esprit, son savoir. Le vice s'étale impudemment dans ce pays.

Il s'emploie aussi dans le sens de Se tenir étale contre. Étaler la marée, Se tenir au mouillage en dépit de la marée contraire. Étaler le vent, Lui opposer une force égale à la sienne. Étaler un navire, L'égaler en vitesse. On dit aussi intransitivement : La mer étale, La mer ne monte ni ne descend.

 

ÉTALIER

 

n. m.

Celui qui tient un étal.

Par apposition, Garçon étalier, Celui qui est employé à l'étal d'un boucher.

ÉTALON

 

n. m.

Cheval entier qu'on emploie à la reproduction. Ce cheval est bon à servir d'étalon. Il avait de beaux étalons dans son haras. Étalon de bonne race, de pure race.

 

ÉTALON

 

n. m.

Modèle de poids, de mesure, qui est réglé, autorisé et conservé par l'autorité publique et auquel les mesures, les poids des marchands doivent être conformes. Étalon de mètre, de litre, de gramme, etc. Rectifier un poids à l'étalon.

 

ÉTALONNAGE ou ÉTALONNEMENT

 

n. m.

Action d'étalonner. Faites procéder à l'étalonnement de ces poids.

 

ÉTALONNER

 

v. tr.

Marquer d'une empreinte un poids, une mesure, pour attester qu'ils sont conformes à l'étalon, ou qu'on les a rectifiés sur l'étalon. Il faut étalonner ces poids, ces mesures. Ce marchand fut mis à l'amende, parce que ses mesures n'étaient pas étalonnées.

 

ÉTALONNIER

 

n. m.

Celui qui conduit l'étalon destiné à la monte.

 

ÉTAMAGE

 

n. m.

Action d'étamer ou État de ce qui est étamé. L'étamage de cette casserole ne vaut rien. Envoyer de la vaisselle à l'étamage.

 

ÉTAMBOT

 

n. m.

T. de Marine . Forte pièce de bois ou de métal qui, élevée à l'extrémité de la quille du bâtiment, termine l'arrière de la carène. L'étrave et l'étambot. L'étambot sert de support au gouvernail.

 

ÉTAMER

 

v. tr.

Recouvrir un ustensile de métal d'une couche d'étain fondu, pour l'empêcher de s'oxyder. Étamer l'intérieur d'un récipient de cuivre, d'une casserole, d'une marmite. Étamer du fer, de la tôle pour en faire du fer-blanc. Étamer un mors, des éperons, une serrure, des clous, des boutons.

Étamer une glace, Recouvrir la face interne d'une glace d'un mélange d'étain et de mercure dit TAIN.

 

ÉTAMEUR

 

n. m.

Celui qui fait métier d'étamer.

 

ÉTAMINE

 

n. f.

Petite étoffe mince, qui n'est pas croisée. Étamine de laine, de soie. Robe d'étamine. Voile d'étamine.

Il se dit également d'un Tissu peu serré, fait de crin, de soie ou de fil, qui sert à passer le plus délié de la farine, ou quelque poudre; et, en général, de Toute pièce d'étoffe qui sert à passer des liqueurs pour les filtrer. Étamine grossière, fine. Un blutoir fait d'étamine de soie. Passer une poudre à l'étamine. Fig. et fam., Passer par l'étamine, Examiner sévèrement les actes d'une personne, les mérites d'un ouvrage.

 

ÉTAMINE

 

n. f.

T. de Botanique

. Organe mâle des fleurs, qui est ordinairement formé d'un filet plus ou moins allongé et d'une espèce de tête, nommée Anthère, dans laquelle est renfermée la poussière fécondante. La plupart des fleurs ont plusieurs étamines. Les étamines de la tulipe, du lis. La poussière des étamines.

 

ÉTAMINIER

 

n. m.

T. d'Arts

. Celui qui fabrique de l'étamine.

 

ÉTAMPER

 

v. tr.

T. d'Arts

. Modeler par la pression un métal on d'autres matières. Ces bijoux sont étampés.

En termes de Maréchalerie, Étamper un fer de cheval, Y faire les huit trous. On dit aussi ESTAMPER.

 

ÉTAMPEUR

 

n. m.

T. d'Arts

. Celui qui étampe. On dit aussi ESTAMPEUR.

 

ÉTAMPURE

 

n. f.

T. d'Arts

. Évasement que présente l'entrée d'un trou percé dans une plaque de métal. Il se dit aussi du Trou lui- même. Percer les étampures d'un fer de cheval. On dit aussi ESTAMPURE.

 

ÉTAMURE

 

n. f.

Matière qui sert à étamer. Cette étamure est trop légère.

 

ÉTANCHE

 

adj. des deux genres

. Qui ne laisse point passer les liquides, les gaz. Un tonneau étanche. Un navire étanche. Une chaussée étanche. Navire à cloisons étanches.

 

ÉTANCHE

 

n. f.

Action d'étancher ou État de ce qui est étanché. Mettre à étanche.

ÉTANCHÉITÉ

 

n. f.

Caractère de ce qui est étanche. Assurer l'étanchéité d'un réservoir.

 

ÉTANCHEMENT

 

n. m.

Action d'étancher. L'étanchement du sang.

 

ÉTANCHER

 

v. tr.

Arrêter un liquide qui s'écoule. En creusant les fondations, ils trouvèrent un courant d'eau qu'ils ne purent étancher. Étancher une voie d'eau. Fig., Étancher les larmes. Étancher ses larmes.

Il signifie aussi Rendre étanche. Étancher une cuve. Étancher un tonneau.

Par extension, Étancher la soif, Apaiser la soif.

 

ÉTANÇON

 

n. m.

T. d'Arts

. Grosse pièce de bois qu'on met sous un mur, sous une charpente, sous un navire en construction, sous des terres minées, pour les soutenir. Quand on reprend une muraille sous oeuvre, on y met des étançons. Le navire étant à l'échouage, on dut y mettre des étançons.

 

ÉTANÇONNER

 

v. tr.

T. d'Arts

. Soutenir par des étançons. Étançonner une muraille.

 

ÉTANG

 

n. m.

Grand amas d'eau retenu par une chaussée naturelle ou artificielle. La chaussée, la bonde, la queue d'un étang. Peupler un étang. Vider, pêcher un étang. Empoissonner un étang. Ouvrir, lâcher, fermer la bonde d'un étang.

Étang salé, Étang qui communique avec la mer.

 

ÉTAPE

 

n. f.

Chacun des lieux où des troupes en marche s'arrêtent pour se reposer.

Il se dit aussi de la Distance entre un de ces lieux et un autre. Le régiment fit ce jour-là une longue étape. Doubler l'étape, Faire deux étapes en un jour. Fig., Les étapes de la vie. Les étapes d'un voyage.

Fig., Brûler l'étape, Ne pas s'arrêter dans un lieu d'étape, et pousser plus loin. Faire étape, S'arrêter.

 

ÉTAT-MAJOR

 

n. m.

T. militaire

. Ensemble des officiers sans troupes placés, auprès des chefs investis du commandement pour transmettre leurs ordres, en assurer l'exécution et coordonner les opérations des diverses armes et des services militaires. Il y a des États-majors aux différents échelons du commandement. État-major d'un régiment, d'un bataillon, d'une brigade, d'une division, d'un corps d'armée, d'une armée, d'un groupe d'armées.

État-major d'armée ou État-major général, Ensemble de tout le personnel et de tous les services réunis autour du commandant d'une armée pour constituer les organes nécessaires à l'exercice de sa fonction.

Grand État-major, État-major de l'officier général commandant un groupe d'armées et qui est auprès de lui au grand quartier général.

Chef d'État-major, Officier supérieur qui est à la tête d'un État-major aux divers échelons du commandement. Sous-chef d'État- major.

Chef d'État-major de l'armée, Général auxiliaire du Ministre de la Guerre en temps de paix et qui est, en temps de guerre, le commandant en chef du principal groupe d'armées. En temps de paix, il dirige, au Ministère de la Guerre, les diverses sections de l'État- major de l'armée. On dit plus souvent Chef d'état-major général de l'armée.

État-major de l'armée, Ensemble des bureaux ministériels qui centralise les affaires relatives au personnel du service d'État-major, au matériel et à la comptabilité de ce service, et, en outre, à la mobilisation, à l'instruction générale, aux transports des troupes, aux informations, etc. Il y a, à l'État-major de l'armée, une section historique spéciale.

État-major du Ministre de la Guerre, Les chefs, sous-chefs du Cabinet et les officiers supérieurs ou subalternes attachés à la personne du ministre.

Carte d'État-major, e Carte de France, dressée à l'échelle de 1/80 000, tenue au courant par les officiers du service de l'État-major et qui reproduit, dans un grand détail, l'aspect du territoire dans son état le plus récent.

État-major désigne aussi, par extension, le Lieu où sont les bureaux de l'État-major.

Il désigne, figurément et familièrement, dans le langage courant, les Auxiliaires dont s'entoure un ingénieur, un savant, etc.

 

ÉTAT

 

n. m.

Disposition dans laquelle se trouve une personne, une chose, une affaire. Bon, mauvais, heureux, malheureux, pitoyable état. État de maladie, de faiblesse, de souffrance. Son état n'a pas changé depuis hier. État d'innocence. Être en état de grâce. Il a envoyé s'informer de l'état de votre santé. Tel est l'état des choses. Dans cet état de choses. En quel état avez-vous trouvé cette affaire? Je vois ses affaires en mauvais état. Il est dans un état à faire pitié. Il n'est pas dans son état naturel, ordinaire. Il n'est pas en état de faire cette dépense. Il est hors d'état de rien entreprendre. Je voudrais être en état de vous servir.

États des corps, États solide, liquide ou gazeux.

L'état de nature, par opposition à L'état de société, se dit des Moeurs, de la vie que l'on suppose exister chez l'homme isolé ou chez des troupes d'hommes n'ayant subi aucune influence civilisatrice. Les théologiens chrétiens distinguent : l'état de nature pure, l'état de nature intègre, l'état de nature déchue et relevée.

L'état de la question, L'exposition et le développement des rapports à considérer dans une question.

État du ciel, Position où se trouvent les astres les uns à l'égard des autres dans un certain moment. Trouver l'état du ciel pour tous les jours du mois.

En termes de Jurisprudence, État de prévention, État de l'inculpé contre lequel le juge d'instruction du tribunal de première instance a déclaré qu'il y a lieu de suivre. État d'accusation, État du prévenu contre lequel la chambre des mises en accusation a prononcé le renvoi à la Cour d'assises.

En termes de Procédure, Mettre un procès, une affaire en état, Faire les procédures et les productions nécessaires pour qu'elle puisse être jugée.

Mettre les choses, les lieux en état, Mettre les choses, les lieux dans la disposition convenable à leur destination.

Tenir une chose en état, La tenir ferme, de manière qu'elle ne se dérange pas. Il faut mettre des liens de fer pour tenir ces poutres en état.

Tenir une chose en état, signifie aussi La tenir prête. Tenir un compte en état. Tenir les choses en état, Les tenir en suspens, les laisser comme elles sont. Toutes choses demeurant en état, Sans qu'il soit fait de changement à l'état des choses, les choses demeurant dans leur situation et dans leur force et valeur actuelles.

Faire état, Estimer, faire cas. Je fais beaucoup d'état, peu d'état de cet homme-là. Je fais peu d'état de ses menaces. Il signifie encore Présumer, penser, se proposer de. Je fais état de partir tel jour. Il signifie en outre Être assuré de, compter sur. Faites état de cette somme. Faites état que vous aurez cette somme dans quinze jours. Il signifie aussi S'appuyer sur, tenir compte de. Faire état d'une pièce. Ne pas faire état d'un document, d'un témoignage.

ÉTAT signifie aussi Liste, registre. État des pensions.

Il signifie également Mémoire, inventaire. État de frais. État de dépense. État de lieux. L'état des meubles qui garnissent un appartement. Dresser l'état, un état. Arrêter, signer un état.

Il signifie aussi Profession, condition. État ecclésiastique. État de mariage. Vivre selon son état. Remplir les devoirs de son état.

Être au-dessus de son état, Avoir des sentiments ou des lumières supérieures à sa condition.

Il y a des grâces d'état se dit des Aptitudes, des qualités qui naissent quelquefois de la situation où l'on se trouve. Il se dit aussi des Illusions qui nous aident à supporter une position pénible. Il se dit aussi quelquefois par ironie.

L'état civil d'une personne, La condition d'une personne d'après les actes publics qui établissent sa naissance, sa filiation légitime, illégitime ou adoptive, son mariage, son décès, etc. On lui conteste son état civil, on dit qu'il est irrégulier. Certifier l'état civil de quelqu'un.

En termes de Procédure, Question d'état, Contestation dans laquelle on révoque en doute la filiation de quelqu'un. Soulever une question d'état.

Actes de l'état civil, registres de l'état civil, Les actes, les registres qui constatent l'état civil des personnes.

Officier de l'état civil, Magistrat municipal chargé de constater les faits qui constituent l'état civil des personnes et d'en tenir les registres.

Le tiers état, se disait autrefois de cette Partie de la nation qui députait aux États généraux et qui, n'étant comprise ni dans le clergé, ni dans la noblesse, constituait la roture. Par extension, le mot Tiers signifiait, dans l'assemblée, les Députés du tiers état. On appliquait aussi cette appellation couramment à la Portion la plus éclairée de la roture, c'est-à-dire à la Bourgeoisie. Les doléances, les droits du tiers état. Les députés du tiers état. On dit aussi parfois, dans le langage politique, le quatrième état pour désigner la Classe populaire par opposition aux autres classes.

États généraux, ou, absolument, Les états, s'est dit autrefois, en France, de l'Assemblée des trois ordres du royaume, qui étaient le clergé, la noblesse et le tiers état.

Les états de Blois, d'Orléans, de Tours, etc., Les états généraux tenus à Blois, à Orléans, etc. États provinciaux s'est dit autrefois, en France, des États particuliers qui coopéraient à l'administration dans quelques provinces, appelées par cette raison Pays d'états. Les états de Languedoc, de Bretagne, etc. Convoquer, assembler, tenir les états. Les cahiers des états. Les députés des états.

ÉTAT se dit encore de la Forme du gouvernement d'un peuple, d'une nation. État monarchique, démocratique ou populaire, aristocratique, constitutionnel, républicain, etc.

Il désigne aussi le Gouvernement, l'administration d'un pays, d'une société politique. Ministre d'État. Secrétaire d'État. Conseil d'État. Conseiller d'État. Maximes d'État. C'est un grand homme d'État. Secret d'État. Affaires d'État.

Il se dit aussi de la Communauté des citoyens d'une même nation, de l'ensemble de la nation. Il y a les droits de l'État et ceux de l'individu. Dans le revenu des contributions, il y a tant pour l'État et tant pour les départements et les communes.

Il se dit également d'un Peuple, en tant qu'il est constitué en corps de nation, qu'il forme une société politique distincte. Servir l'État. Les lois fondamentales de l'État. Leurs enfants seront élevés aux frais de l'État. Le trésor, la marine de l'État. Réformer l'État. Troubler l'État. Les intérêts de l'État. Un État pauvre, obéré. Les soutiens, les défenseurs de l'État.

Il se dit aussi du Gouvernement d'un pays. L'État français. En France, l'État a tel ou tel droit. En France, la poste est une administration d'État.

Il se dit pareillement des Pays qui sont sous une même domination. Étendre les bornes d'un État. Un grand État.

Raison d'État se dit des Considérations d'intérêt public par lesquelles on se conduit dans le gouvernement d'un État. La raison d'État n'a pas permis que... On a souvent voulu justifier par la raison d'État les mesures les plus odieuses.

Coup d'État, Mesure extraordinaire, et toujours violente, à laquelle un gouvernement, une assemblée ou une partie de ceux qui détiennent l'autorité a recours, lorsque la sûreté de l'État est, suivant eux, compromise. Faire, conseiller, risquer un coup d'État. Il se dit, figurément, de Tout ce qui est décisif dans quelque affaire importante. Il a fait un coup d'État dans sa famille.

Fig., Affaire d'État, Affaire importante. Ce n'est pas une affaire d'État. La moindre chose est pour lui une affaire d'État.

 

ÉTATISME

 

n. m.

Doctrine qui préconise la concentration des organismes industriels, commerciaux, etc., entre les mains de l'État et qui exagère les droits de l'État au détriment de ceux de l'individu.

 

ÉTAU

n. m.

T. d'Arts

. Instrument dont les serruriers et quelques autres ouvriers se servent pour tenir fermes et serrés les objets qu'ils travaillent, et qui est formé de deux pièces de fer, appelées Mâchoires. Il y a aussi des étaux de bois, à l'usage de quelques artisans.

Étau à main, Petit étau dont on se sert eu le tenant à la main.

 

ÉTAYAGE ou ÉTAIEMENT

 

n. m.

Action d'étayer ou État de ce qui est étayé.

 

ÉTAYER

 

(Il se conjugue comme BALAYER.) v. tr. Appuyer, soutenir avec des étais. Étayer une maison, une muraille. On a bien étayé ce bâtiment, il ne s'écroulera pas. Fig., C'est une affaire qui a besoin d'être étayée. Cette thèse s'étaie de nombreux documents.

 

ÉTÉ

 

n. m.

La saison qui commence au solstice de juin et qui finit à l'équinoxe de septembre. Jours d'été. Chaleur d'été. Un été pluvieux. Costume, vêtements d'été. Station d'été. Fruits d'été. Solstice d'été. L'été passé. L'été prochain. Nous étions en été.

Semestre d'été, Les six mois qui s'écoulent d'avril à septembre inclusivement.

Fam., Se mettre en été, Se vêtir légèrement, prendre ses habits d'été.

Fig., Être dans son été, Avoir passé l'âge de la jeunesse, être dans la force de l'âge.

L'été de la Saint-Martin, Les huit ou dix jours d'automne qui précèdent ou qui suivent ces fêtes, parce qu'ils sont quelquefois assez beaux. Il se prend quelquefois figurément pour désigner chez un homme un Regain de jeunesse ou chez une femme un Dernier éclat de beauté.

 

ÉTEIGNOIR

 

n. m.

Petit ustensile creux en forme de cône, qui sert à éteindre les cierges, les bougies. Éteignoir de fer-blanc. Éteignoir d'argent.

Il s'emploie figurément et familièrement pour désigner une Personne qui arrête la gaieté, l'activité des autres.

 

ÉTEINDRE

 

(Il se conjugue comme TEINDRE.) v. tr.

Faire cesser une chose d'être en combustion. Éteignez ce feu. Éteindre un cierge, un flambeau. Éteindre la lumière. Éteindre un incendie. Le feu était à cette maison, mais on l'a éteint. Le feu s'éteint. Ma torche s'éteignit. Des volcans éteints. N'oubliez pas d'éteindre l'électricité quand vous sortirez.

Il signifie par extension Amortir, tempérer. Éteindre de la chaux. Éteindre l'ardeur de la fièvre. L'âge éteint le feu des passions. Une ardeur qui s'éteint. Il parvint à éteindre une guerre qui menaçait d'embraser toute l'Europe. Éteindre une rébellion, une sédition. La sédition va s'éteindre d'elle-même.

Éteindre le feu de l'ennemi, Faire cesser le tir de l'ennemi par un tir supérieur.

Il signifie, figurément, Faire oublier complètement, abolir. Rien ne semblait capable d'éteindre son ressentiment. On veut en éteindre la mémoire. On a dit de même, en termes de Chancellerie, Éteindre et abolir un crime.

Éteindre une rente, La faire cesser par le remboursement du principal. On dit de même Éteindre une dette.

En termes de Peinture, il signifie Adoucir, affaiblir. Éteindre les lumières trop fortes, les couleurs trop éclatantes dans un tableau. Des couleurs éteintes. On dit dans un sens analogue Éteindre son style.

Il prend quelquefois une acception analogue dans le langage ordinaire. La souffrance, la tristesse avait éteint l'éclat de ses yeux, la vivacité de ses regards. Des regards éteints. Par extension, Un homme éteint. Un génie éteint.

S'ÉTEINDRE se dit, dans un sens particulier, d'une Personne qui s'affaiblit très sensiblement et qui touche à sa fin, ou d'une Personne qui meurt lentement et presque sans s'en apercevoir. Ce vieillard s'éteint. Elle s'éteignit doucement entre les bras de ses enfants.

Il se dit encore particulièrement des Maisons, des dignités qui finissent faute d'héritiers. Cette maison, cette famille est près de s'éteindre. Cette pairie s'éteignit par la mort du dernier titulaire. Une famille éteinte.

 

ÉTENDAGE

 

n. m.

Action d'étendre en vue de faire sécher. Procéder à l'étendage du linge.

Il désigne spécialement un Assemblage de cordes tendues horizontalement, sur lesquelles on fait sécher. L'étendage d'une blanchisserie, d'une imprimerie.

Il se dit encore, en termes d'Arts, d'une Opération qui se fait sur les laines avant de les employer.

Il se dit encore, en termes de Médecine, de l'Action de s'étendre, de rester allongé en vue de la guérison de certaines affections. Le docteur a prescrit l'étendage pour cet enfant atteint de rachitisme.

 

ÉTENDARD

 

n. m.

Enseigne de la cavalerie. Se ranger sous l'étendard. Porte-étendard.

Il se dit, par extension, de Toutes sortes d'enseignes de guerre. Déployer, arborer, planter un étendard.

Fig., Suivre les étendards de quelqu'un, se ranger sous les étendards, combattre sous les étendards de quelqu'un, Embrasser son parti. Lever, arborer l'étendard de la révolte, Se révolter.

En termes de Botanique, ÉTENDARD se dit du Pétale supérieur des fleurs papilionacées, qui est grand et redressé et qui enveloppe les autres avant la floraison.

 

ÉTENDOIR

 

n. m.

Ce qui sert à étendre. Il s'emploie spécialement, en termes de Typographie, pour désigner une Espèce de petite pelle à long manche, qui sert à placer sur l'étendage les feuilles imprimées.

Il se dit encore d'une Corde tendue sur perche sur laquelle les blanchisseuses font sécher le linge.

Il désigne l'Endroit où l'on étend. L'étendoir d'une imprimerie, d'une chamoiserie.

 

ÉTENDRE

 

v. tr.

Faire qu'une chose acquière ou plus de surface ou plus de volume, soit en la rendant plus mince, soit en la tirant ou en la dilatant. On étend l'or sous le marteau. Étendre du beurre sur du pain. Étendre de la cire. Étendre du drap, du parchemin. C'est un métal qui s'étend beaucoup quand on le bat.

Étendre ses troupes, son armée, Leur faire occuper plus de terrain, leur donner plus de front. L'armée s'étendit dans la plaine.

Fig., Étendre la clause d'un contrat, les termes d'un arrêt, d'une loi, etc., Porter le sens d'un contrat, d'un arrêt, d'une loi au- delà de ce que les termes signifient précisément. On dit aussi Étendre le sens, la signification d'un mot, Appliquer un mot à une chose, à une idée qu'il n'était pas originairement destiné à signifier, à exprimer.

Il signifie aussi Déployer en long et en large. Étendre du linge pour le sécher. Étendre de la toile sur l'herbe pour la blanchir. Étendre un tapis. Étendre quelqu'un sur une table, sur un lit, pour lui faire subir quelque opération. Il s'étendit tout de son long sur l'herbe pour dormir. JÉSUS-CHRIST fut étendu sur la croix, sur l'arbre de la croix. Ces martyrs furent étendus sur le chevalet.

Étendre le bras, étendre les bras, étendre la jambe, Les déployer de leur long. On dit de même Étendre les ailes, en parlant d'un Oiseau qui déploie ses ailes pour voler.

Fig., Étendre un homme par terre, Le renverser.

Fig., Étendre un homme sur le carreau, Le tuer, le renverser mort par terre. On dit de même Il l'étendit mort sur la place.

Il signifie encore, tant au propre qu'au figuré, Élargir, agrandir, augmenter. Étendre son empire. Étendre les limites de son royaume. Il a étendu son parc, étendu sa terre jusqu'à cet endroit. Une tache d'huile s'étend peu à peu. Étendre sa domination, son pouvoir. Étendre sa juridiction. Étendre sa réputation. Étendre ses affaires. En termes de Chimie, Étendre une solution, Augmenter la proportion du dissolvant. Étendre un acide, de l'alcool, des couleurs, Y ajouter de l'eau. Un acide étendu, Un acide affaibli par un dissolvant. On dit de même Étendre du vin avec de l'eau.

S'ÉTENDRE signifie quelquefois Tenir un certain espace, se prolonger jusqu'à un certain endroit. Leur empire s'étendait jusqu'à tel fleuve. Ma propriété ne s'étend pas plus loin.

Il se dit figurément des Personnes, en parlant de leur Propriété. Ce propriétaire s'est fort étendu de ce côté. Il ne peut s'étendre de ce côté-là, parce qu'il est borné par d'autres propriétés. Il se dit, dans cette acception, de Certaines choses. Son pouvoir ne s'étend pas si avant. Son crédit s'étend jusque-là. Sa réputation, son nom, sa gloire s'étendent par toute l'Europe. Cette règle s'étend à un grand nombre de cas.

Il se dit particulièrement de la Vue. De cette terrasse on voit aussi loin que la vue peut s'étendre.

Fig., S'étendre sur quelque sujet, En parler au long. S'il m'était permis de m'étendre sur cette matière. On dit aussi dans ce sens S'étendre sur les louanges, sur les bonnes ou mauvaises qualités de quelqu'un.

S'ÉTENDRE signifie encore Durer. La vie de l'homme ne s'étend guère au-delà de cent ans.

Le participe passé ÉTENDU, UE, s'emploie adjectivement et se dit, tant au propre qu'au figuré, de Certaines choses qui, dans leur genre, sont grandes, larges, vastes, etc. Un empire fort étendu. La vue est ici fort étendue. Un pouvoir fort étendu. Responsabilité peu étendue. Des connaissances étendues.

ÉTENDUE

 

n. f.

T. didactique

. Dimension d'une chose en longueur, largeur et profondeur. La notion de l'étendue. Le point n'a pas d'étendue.

En termes de Philosophie, il s'applique aussi au Volume des choses et peut s'entendre des trois dimensions.

Dans le discours ordinaire, il ne se dit que par rapport à la Superficie d'une chose. Dans toute l'étendue du royaume. Pays, plaine, parc d'une grande étendue. L'étendue de ses domaines. La vaste étendue des mers. L'étendue des cieux. Fig., L'étendue du pouvoir, de l'autorité. L'étendue de ses devoirs. Il voudrait donner à l'application de cette loi plus d'étendue qu'elle n'en doit avoir. Cette proposition, prise dans toute son étendue, serait fausse. Il connut alors toute l'étendue de sa misère. Un esprit d'une grande étendue, d'une vaste étendue. Une voix d'une grande étendue. Il a une grande étendue de connaissances. l'étendue du mal, du danger. Sa voix manque d'étendue.

L'étendue d'un discours, d'une dissertation, Sa longueur. Vous devriez donner un peu plus d'étendue à ce chapitre.

Il se dit aussi en parlant du Temps. Dans l'étendue de tous les âges, de tous les siècles. La vie de l'homme est d'une étendue bien bornée.

 

ÉTERNEL, ELLE

 

adj.

Qui n'a point vu de commencement et n'aura jamais de fin. Il n'y a que Dieu qui soit éternel. Le Père éternel. Le verbe éternel. La sagesse éternelle.

Il est quelquefois nom masculin et se dit seulement de Dieu. L'Éternel soit béni. La loi de l'Éternel.

Une vérité éternelle, Une vérité immuable et nécessaire.

Il signifie aussi Qui n'aura jamais de fin, quoiqu'il ait eu un commencement. La vie éternelle. La gloire éternelle. La damnation éternelle. Les peines éternelles.

Il signifie encore, par exagération, Qui doit durer si longtemps, qu'on n'en sait point la fin. C'est une guerre éternelle. Un procès éternel. Des haines éternelles. Des amours éternelles. Une reconnaissance éternelle. Un éternel oubli. On a appelé Rome la Ville éternelle.

Un éternel adieu, Dernier adieu, adieu adressé à une personne, à une chose que l'on ne doit jamais plus revoir.

Il s'applique également aux Choses qui sont dites, qui sont répétées trop souvent. Ses discours éternels. Ses éternelles récriminations fatiguent tout le monde.

Fam., Un bavard éternel, Un homme qui parle trop.

 

ÉTERNELLEMENT

 

adv.

D'une manière éternelle. Dieu existe éternellement. Le bonheur des élus, les peines des damnés dureront éternellement.

Il se prend aussi familièrement pour Continuellement, toujours. Il est éternellement sur mon dos. Voulez-vous demeurer là éternellement?

 

ÉTERNISER

 

v. tr.

Rendre éternel. Éterniser son nom. Éterniser sa mémoire.

Il signifie aussi Prolonger outre mesure. Éterniser un débat, un différend, une discussion. C'est ainsi que les abus s'éternisent.

S'ÉTERNISER peut signifier figurément Demeurer trop longtemps. On croirait qu'il veut s'éterniser chez nous.

 

ÉTERNITÉ

 

n. f.

Durée qui n'a ni commencement ni fin. L'éternité de Dieu. Dieu est de toute éternité. Le temps n'est qu'une partie de l'éternité.

Il se dit aussi d'une Durée qui a un commencement, mais qui n'aura point de fin. L'Empire romain s'était promis l'éternité. Dans ce sens on l'emploie surtout en parlant de la Vie à venir. Éternité bienheureuse. Il ne songe point à l'éternité.

Il désigne encore, par exagération, un Temps fort long. Ces bâtiments dureront une éternité. En voilà pour une éternité. Cette année d'attente fut pour moi une éternité.

De toute éternité, De temps immémorial.

 

ÉTERNUEMENT

 

n. m.

Action d'éternuer. Il est sujet à des éternuements fréquents.

ÉTERNUER

 

v. intr.

Expirer violemment, avec un mouvement convulsif des muscles, à la fois par le nez et par la bouche. Il éternue souvent. Cette poudre, cette fumée fait éternuer.

 

ÉTÉSIEN

 

adj. m.

Qui se reproduit chaque année. Il n'est employé que dans l'expression Vents étésiens, Vents réguliers qui soufflent chaque année pendant un certain nombre de jours dans la Méditerranée.

 

ÉTÊTEMENT

 

n. m.

Action d'étêter. Bien des branches ont repoussé sur cet arbre depuis son étêtement.

 

ÉTÊTER

 

v. tr.

T. d'Arboriculture

. Tailler un arbre par la tête. Étêter des saules, des platanes. Par analogie, Étêter une épingle. On a étêté ce clou, il ne peut plus servir.

 

ÉTEUF

 

n. m.

Petite balle dont on se sert pour jouer à la longue paume.

 

ÉTEULE

 

n. f.

T. d'Agriculture

. Chaume qui reste sur la terre après la moisson.

 

ÉTHER

 

(On prononce l'R.)n. m.

Substance très subtile que l'on supposait remplir la plus haute région de l'air.

Il se dit couramment au figuré de la Partie la plus subtile et la plus élevée de l'atmosphère.

Il s'est dit spécialement, en termes de Physique, d'un Fluide invisible, impondérable, éminemment élastique, que les physiciens supposaient être répandu partout et servir de milieu de transmission à la lumière, à la chaleur, à l'électricité, etc. Les ondulations de l'éther.

Il se dit, en termes de Chimie, d'une Liqueur spiritueuse très volatile qu'on obtient par la distillation d'un acide mêlé avec de l'alcool. On distingue les éthers sels et les éthers oxydes. L'éther acétique est un éther sel. L'éther sulfurique est un éther oxyde. Un flacon d'éther. Respirer de l'éther pour calmer une souffrance. L'éther est un poison. L'éther excite ou insensibilise.

En termes de Thérapeutique, Sirop d'éther, perles d'éther, Remèdes qui contiennent de l'éther sulfurique.

 

ÉTHÉRÉ, ÉE

 

adj.

Qui a rapport à l'éther, aux espaces célestes. Substance éthérée. Corps éthéré. Région éthérée. Poétiq., La voûte éthérée, Le ciel.

Il se dit figurément des Sentiments très purs, très immatériels, parfois raffinés, et des Personnes qui les éprouvent. Amour éthéré. Nature éthérée. Jeune fille éthérée.

 

ÉTHÉRISATION

 

n. f.

T. de Chimie et de Médecine

. Action d'éthériser ou Résultat de cette action.

 

ÉTHÉRISER

 

v. tr.

T. de Chimie

. Combiner avec un éther, convertir en éther. Éthériser un liquide. Éthériser un corps.

En termes de Médecine, il signifie Soumettre une personne à l'action de l'éther sulfurique pour produire chez elle un état d'insensibilité générale. Éthériser un malade qui doit subir une opération douloureuse.

 

ÉTHÉROMANE

 

n. des deux genres

. Celui, celle qui abuse de l'éther.

ÉTHÉROMANIE

 

n. f.

Maladie des éthéromanes.

 

ÉTHIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui a rapport à la morale. Préceptes éthiques.

Il s'emploie le plus souvent comme nom féminin pour désigner la Science de la morale ou un Ouvrage traitant de cette science. S'occuper d'éthique. L'Éthique de Spinoza.

 

ETHMOÏDAL, ALE

 

adj.

T. d'Anatomie

. Qui appartient à l'ethmoïde. Nerf ethmoïdal. Suture ethmoïdale. Sinus ethmoïdaux.

 

ETHMOÏDE

 

adj. m.

T. d'Anatomie

. Qui a la forme d'un crible. Os ethmoïde ou, par ellipse et comme nom, L'ethmoïde, Os du crâne dont la lame supérieure est percée de petits trous.

 

ETHNIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui tient à la race. Caractères ethniques. Différences ethniques.

 

ETHNOGRAPHE

 

n. m.

Celui qui s'occupe d'ethnographie.

 

ETHNOGRAPHIE

 

n. f.

Science qui traite des différents peuples, de leurs moeurs, coutumes, religions, langage.