Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Pessaire
n. m.
T. de Chirurgie
. Instrument dont on se sert dans le traitement de certaines affections de la matrice.
PESSIMISME
n. m.
Doctrine philosophique selon laquelle le mal l'emporte sur le bien.
Dans le langage courant, il signifie Opinion de ceux qui sont portés à croire que tout va mal.
PESSIMISTE
n. m.
Philosophe qui professe le pessimisme.
Dans le langage courant, il désigne Celui qui voit les choses en noir.
Il s'emploie aussi adjectivement. Doctrines, idées pessimistes. Théories pessimistes.
PESTE
n. f.
Maladie épidémique, contagieuse, qui produit des bubons, des exanthèmes, etc., et qui cause une grande mortalité. Être frappé de la peste. Mourir de la peste. Avoir la peste. Gagner la peste. Communiquer la peste. En temps de peste. Sérum contre la peste. La peste se mit dans l'armée.
La peste noire, Terrible épidémie qui sévit sur une grande partie du monde, vers le milieu du quatorzième siècle.
Fig. et fam., On le fuit comme la peste, On l'évite avec un grand soin, on fait tout ce qu'on peut pour l'éviter.
Peste bovine, Maladie infectieuse et contagieuse qui sévit sur les bêtes à cornes.
PESTE se dit, figurément, de Certaines choses pernicieuses et funestes qui corrompent les coeurs ou les esprits. Cette doctrine est une peste dont on doit prévenir les ravages. La discorde est la peste des États.
Il se dit aussi des Personnes dont le rôle est funeste, dont la fréquentation est pernicieuse. Cet homme est une peste. Cette femme est une peste. C'est une méchante peste. Les flatteurs, peste fatale aux rois et aux peuples. Peste de cour.
Fam., C'est une petite peste, se dit d'un Enfant terrible, fille ou garçon.
PESTE se dit quelquefois par une sorte d'imprécation. Peste de l'étourdi! La peste soit de l'ignorant!
PESTE est aussi une sorte d'interjection familière. Peste! Peste, que cela est beau! Peste, qu'il fait froid! Dans ces deux dernières acceptions, il vieillit et n'est plus guère employé que par affectation d'archaïsme.
PESTER
v. intr.
Montrer, par des paroles aigres et emportées, le mécontentement qu'on a de quelqu'un ou de quelque chose. C'est un homme qui passe sa vie à pester. Il peste contre ses juges. Tout le monde peste contre lui. Vous avez beau pester, il n'en sera ni plus ni moins. Il est familier.
PESTEUX, EUSE
adj.
Qui se rapporte à la peste. Un bubon pesteux.
PESTIFÉRÉ, ÉE
adj.
Qui est infecté de peste. Il venait d'un lieu pestiféré. On brûla ces marchandises, comme pestiférées.
Il s'emploie substantivement en parlant des Personnes et il désigne Celui qui est atteint de la peste. Visiter les pestiférés.
On le fuit comme un pestiféré se dit en parlant d'un Homme dont on évite à tout prix le commerce.
PESTILENCE
n. f.
Peste répandue dans un pays, corruption de l'air. Dans un temps de pestilence. Il est vieux.
Fig. et en termes de l'Écriture, Être assis dans la chaire de pestilence, Professer une mauvaise doctrine.
PESTILENT, ENTE
adj.
T. didactique
. Qui tient de la peste. Une fièvre pestilente. Respirer un air pestilent. Il est peu usité.
PESTILENTIEL, ELLE
(TIEL se prononce CIEL.)adj.
Qui a les caractères de la peste. Maladie pestilentielle.
Il signifie aussi Qui donne la peste et, par extension, Qui est infecté. Un air pestilentiel. Vapeurs pestilentielles.
PET-EN-L'AIR
n. m.
Veston court, qui ne descend que jusqu'au bas des reins. Il est familier et il vieillit.
PET
n. m.
Gaz qui sort du corps par en bas avec bruit. Faire un pet. Lâcher un pet. Il est trivial.
En termes de Cuisine, Pet de nonne, Beignet soufflé.
PÉTALE
n. m.
T. de Botanique
. Chacune des pièces qui composent la corolle d'une fleur. Corolle à cinq pétales.
PÉTARADE
n. f.
Suite de pets que font certains animaux en ruant.
Il se dit aussi d'une Suite de bruits provenant de l'explosion d'un feu d'artifice ou de pièces d'artillerie.
Par extension, il désigne surtout aujourd'hui les Bonds de gaieté bruyante que font certains animaux.
PÉTARADER
v. intr.
Faire une pétarade.
PÉTARD
n. m.
Petit fourneau chargé d'explosif, qu'on fait éclater pour briser une porte, ébranler une muraille, faire une excavation dans un terrain très dur. Charger un pétard. Faire partir un pétard.
Il se dit spécialement, en termes de Chemins de fer, d'une Petite boîte détonante que l'on place sur un rail comme signal et qui, écrasée par une locomotive, attire par le bruit de la détonation l'attention du mécanicien. Poser des pétards sur la voie.
Il se dit aussi d'une Pièce d'artifice faite avec de la poudre et du papier roulé et serré. Un pétard lui éclata dans la main.
Fig. et fam., Un pétard, Une nouvelle à sensation lancée à dessein de faire scandale. Lancer un pétard.
PÉTARDER
v. tr.
Faire sauter avec un pétard. Pétarder une porte.
PÉTASE
n. m.
T. d'Antiquité
. Chapeau rond à larges bords, qui était en usage chez les Anciens. Le pétase ailé de Mercure.
PÉTAUD
n. m.
Terme qui n'est usité que dans cette phrase familière, La cour du roi Pétaud, Un lieu de confusion où tout le monde est maître. Tout le monde commande dans cette maison : c'est la cour du roi Pétaud.
PÉTAUDIÈRE
n. f.
Assemblée où il n'y a pas d'ordre, lieu où chacun veut commander. Cette administration est une pétaudière, une vraie pétaudière. Il est familier.
PÉTÉCHIES
n. f.
pl. T. de Médecine
. Taches pourprées, semblables à des morsures de puces, qui paraissent sur la peau dans certaines maladies.
PÉTER
v. intr.
Faire un pet. Il est trivial.
Fig., Péter plus haut que le cul ou Péter plus haut que son derrière, Entreprendre des choses au-dessus de ses forces; Prendre des airs au- dessus de son état. Il est très familier.
PÉTER se dit figurément de Certaines choses qui font un bruit subit et éclatant. Le bois de chêne pète dans le feu. Ce vin fait péter les bouteilles. Il est très familier.
Son fusil, son pistolet lui a pété dans la main, Son fusil, son pistolet a éclaté dans sa main.
Fig. et fam., Ne comptez pas sur les promesses de cet homme, il vous pétera dans la main, Il vous manquera au moment où vous aurez besoin de lui. On dit de même J'avais pour cinquante mille francs de billets qui m'ont pété dans la main, Que j'ai perdus, dont je n'ai pas été payé.
PÉTEUX, EUSE
n.
Qui est pleutre. Il s'est laissé chasser comme un péteux.
PÉTILLANT, ANTE
adj.
Qui pétille, qui brille avec éclat. Vin pétillant. Des yeux pétillants de gaieté. Un écrit, un style, un dialogue pétillant d'esprit.
PÉTILLEMENT
n. m.
Action de pétiller. Le pétillement du sarment dans le feu.
PÉTILLER
v. intr.
Éclater avec un petit bruit réitéré et en sautant. Le sel pétille dans le feu. Du bois, du charbon, du feu qui pétille.
Il signifie, par extension, Jeter une sorte d'éclat en faisant un léger bruit. Le vin de Champagne pétille dans le verre.
Fig., Ses yeux pétillent, Ils sont vifs et étincelants.
Fig., Le sang lui pétille dans les veines, Il a le sang vif, il est impatient, impétueux.
Fig., Pétiller d'ardeur, d'impatience, de joie, etc., Manifester par ses regards, par ses gestes, beaucoup d'ardeur, d'impatience, de joie, etc.
Fig., Pétiller d'esprit, Avoir, montrer, annoncer un esprit vit et brillant. Cet enfant pétille d'esprit. Son style pétille d'esprit. Ses yeux pétillent de contentement.
PÉTIOLÉ, ÉE
adj.
T. de Botanique
. Qui est porté par un pétiole; par opposition à Sessile. Feuille pétiolée.
PÉTIOLE
(Dans ce mot et dans le suivant, TI se prononce CI.)n. m. T. de Botanique
. La partie d'une feuille qui lui sert de support, la queue d'une feuille. Pétiole simple. Pétiole commun.
PETIOT, IOTE
adj.
Qui est tout petit, toute petite. Ce mot s'emploie comme un diminutif amical. Substantivement, Les petiots. Il est familier.
PETIT, ITE
adj.
Qui n'atteint pas les dimensions des autres êtres de la même espèce, des autres choses du même genre. En ce sens il s'oppose à Grand, et aussi à Gros, selon le cas. Un petit homme. Un petit chien. Un petit cheval. C'est un homme de petite taille. De petites proportions. Le petit doigt du pied, de la main. Un petit paquet. Un petit pâté.
Porter le petit collet, Être habillé en ecclésiastique.
Au petit pied. Voyez PIED.
PETIT se dit aussi d'un Être qui n'a pas encore atteint tout son développement. Un petit garçon. Une petite fille. Un petit chien.
Fig., Se sentir petit garçon devant quelqu'un, Se sentir inférieur à lui, être intimidé par lui.
PETIT signifie aussi Qui est peu élevé en quantité, qui n'atteint pas la mesure ordinaire. Un petit nombre de personnes. Un petit revenu. Une petite fortune. Petite dépense. Petit train. Une petite heure.
Il se dit généralement de Toutes les choses physiques ou morales qui sont moindres que d'autres dans le même genre. Petit talent. De petite conséquence. Petit ménage. Marcher à petit bruit, à petites journées. Aller au petit pas. Brûler à petit feu. Rendez-moi ce petit service. Prov., Petite pluie abat grand vent.
C'est un petit génie se dit d'un Homme dont les facultés intellectuelles sont très bornées et inférieures à ses prétentions.
C'est un petit esprit se dit d'un Homme minutieux, qui attache de l'importance à de petites choses. On le dit aussi d'un Homme qui a des sentiments peu nobles, peu généreux.
Cela est bien petit, Cela est peu noble, cela est bas. Il s'est vengé en le destituant; cela est bien petit.
Une petite santé, Une santé médiocre, une constitution faible.
C'est un petit malheur, Ce n'est pas bien grave.
Au petit bonheur se dit Quand on veut courir la chance, si faible soit-elle.
Se faire petit, S'arranger de manière à occuper le moins de place qu'il est possible; et, figurément, Éviter l'éclat, ne pas chercher à attirer les regards, l'attention sur soi.
Fig., Se faire petit, être petit devant quelqu'un, S'abaisser devant lui par respect ou par crainte. Être petit devant quelqu'un signifie aussi Perdre beaucoup à être comparé avec lui; ne paraître rien devant lui. Tout ce qu'il y a de grand dans le monde est petit devant Dieu.
Être aux petits soins auprès de quelqu'un, Avoir pour lui mille attentions délicates. Le petit peuple, Le bas peuple. De petites gens, Des gens de basse condition. Petit marchand, Marchand au détail, qui a une boutique de peu d'apparence. On dit de même Le petit commerce. Petit rentier.
Le petit monde, Les gens de petite bourgeoisie, les petits rentiers, etc. Il y a beaucoup de vertus dans le petit monde.
Il se dit, dans un sens défavorable, de Ceux qui ont les manières peu élégantes. Il a des manières du petit monde ou elliptiquement des manières petit monde.
Le petit monde se dit aussi des Enfants, d'un groupe d'enfants.
Le petit jour, La partie de la matinée où le jour commence à poindre. Au petit jour.
La petite guerre se dit des Manoeuvres militaires qui sont un simulacre de guerre. Il se dit aussi de Combats d'escarmouche, de surprises, d'engagements partiels. Il se dit encore d'un Jeu d'enfants qui est une imitation de ces manoeuvres. Jouer à la petite guerre.
PETIT signifie quelquefois En raccourci, en miniature. Cette ville est un petit Paris.
Il est aussi un terme d'affection dans le langage familier. Mon petit mari. Cher petit, chère petite. Ma petite fille. Mon petit, ma petite.
PETIT se joint aussi à plusieurs noms avec lesquels il forme des mots composés ou des locutions.
Petit-fils, Le fils du fils ou de la fille, par rapport à l'aïeul et à l'aïeule. On dit au féminin Petite-fille. Arrière-petit-fils, arrière- petite-fille, Le fils, la fille du petit-fils et de la petite-fille, par rapport au bisaïeul ou à la bisaïeule.
Petit-gris, Sorte de fourrure faite de la peau d'un écureuil du Nord.
Petit-lait, Partie liquide du lait lorsqu'il se caille. Petit-lait clarifié.
Petite main, Ouvrière, jeune couturière qui vient de terminer son apprentissage.
Petites-Maisons. Voyez MAISON.
Petit-maître, Petite-maîtresse. Voyez MAÎTRE.
Petit-neveu, petite-nièce, petit-cousin, petite- cousine se disent des Neveux et cousins au second degré.
Petite-oie. Voyez OIE.
Petits pieds. Voyez PIED.
Petite vérole, Maladie éruptive. Voyez VARIOLE.
PETIT est aussi employé comme nom et se dit des Enfants, par tendresse ou par familiarité. Mon petit est très raisonnable et très obéissant. Votre petite est un amour. Venez ici, mon petit. Pauvre petit!
Il se dit aussi, comme nom masculin, de Certains animaux nouvellement nés, par rapport au père et à la mère. Cette chienne a fait des petits. Le père, la mère et les petits.
PETIT se dit encore substantivement des Hommes qui manquent de naissance, de fortune, de crédit, de pouvoir, par opposition à Ceux qui jouissent de ces avantages, La mort n'épargne ni grands ni petits. Il a contre lui les grands et les petits. Dans cette acception, il ne s'emploie qu'au masculin.
Il se dit encore des Petits êtres, des petites choses. Les infiniment petits.
Du petit au grand, Par comparaison des petites choses aux grandes. Il ne faut pas toujours conclure du petit au grand.
UN PETIT,loc. adv.
Un peu. Reposons-nous un petit. Il est vieux.
EN PETIT,loc. adv.
En raccourci. Peindre en petit. Un modèle en petit.
PETIT À PETIT,loc. adv.
Peu à peu, par degrés peu sensibles. Il a fait sa fortune petit à petit.
Prov. et fig., Petit à petit l'oiseau fait son nid, On fait peu à peu sa fortune, sa maison.
PETITEMENT
adv.
Avec parcimonie, chichement ou mesquinement. Vivre petitement. Recevoir petitement.
Être logé petitement, Être logé à l'étroit.
PETITEMENT signifie encore Avec petitesse, sans élévation. C'est penser petitement. Il s'est vengé petitement.
PETITESSE
n. f.
Petite dimension, petite étendue, petit volume. La petitesse d'un vase. La petitesse de sa faille. La petitesse des caractères employés dans cette édition. La petitesse du volume.
Il signifie aussi Modicité et, en ce sens, il n'est guère usité qu'en parlant de Dons, de présents. La petitesse de ce don sera pour vous un motif de l'accepter.
Il s'emploie figurément et signifie Faiblesse. L'homme, en considérant sa petitesse, ne saurait trop s'humilier devant Dieu.
Il signifie encore, figurément, Étroitesse, mesquinerie. Il y a de la petitesse d'esprit, il y a de la petitesse à se formaliser d'une pareille chose, à s'occuper de semblables bagatelles.
Il se dit aussi des Actions qui dénotent cette petitesse. C'est une petitesse à lui de s'être offensé de si peu de chose. C'est un homme plein de petitesses.
PÉTITION
n. f.
Action de demander. Il se dit, dans le langage ordinaire, d'une Demande par écrit adressée à une autorité. Rédiger une pétition. Adresser, présenter une pétition au ministre, à la Chambre. Apostiller, appuyer une pétition. Faire droit à une pétition. Une pétition qui se couvre de signatures.
En termes de Logique, Pétition de principe, Raisonnement vicieux qui consiste à tenir pour acquise la chose même qui est en question. C'est une pétition de principe. Faire une pétition de principe.
En termes de Jurisprudence, Pétition d'hérédité, Demande de reconnaissance d'un droit à une succession.
PÉTITIONNAIRE
n. des deux genres
. Celui ou celle qui fait, qui présente une pétition.
PÉTITIONNER
v. intr.
Faire des pétitions, en faire fréquemment ou collectivement. Ils pétitionnèrent inutilement.
PÉTITOIRE
n. m.
T. de Jurisprudence
. Il se dit en parlant d'une Demande faite en justice, pour être maintenu ou rétabli dans la propriété d'un bien immobilier. La loi défend de juger conjointement le pétitoire et le possessoire.
Gagner son procès au pétitoire, Être déclaré légitime propriétaire de l'héritage en litige. PÉTITOIRE est aussi adjectif féminin, dans cette locution : Action pétitoire, Demande au pétitoire.
PETON
n. m.
Diminutif de Pied. Voilà de jolis petons. Il ne se dit guère qu'en parlant des Enfants et familièrement.
PÉTONCLE
n. f.
Nom de plusieurs espèces de coquillages bivalves.
PÉTRÉE
adj. f.
Qui est pierreux, rocheux. Il n'est usité que dans cette expression, L'Arabie Pétrée, Partie de l'Arabie qui est couverte de pierres, de rochers.
PÉTREL
n. m.
Oiseau nageur de haute mer, au vol bas et rapide, dont la présence passe pour annoncer aux navigateurs l'approche des tempêtes.
PÉTRIFIANT, ANTE
adj.
Qui pétrifie. Fontaine pétrifiante.
PÉTRIFICATION
n. f.
Conversion en matière pierreuse de certaines substances du règne animal ou du règne végétal.
Il désigne aussi la Chose pétrifiée. Il y a de belles pétrifications dans ce musée.
PÉTRIFIER
v. tr.
Convertir en matière pierreuse. Il y a des eaux qui pétrifient les choses qu'on y jette. Suivant la Fable, la tête de Méduse avait la vertu de pétrifier ceux qui la regardaient. Le bois se pétrifie promptement dans cette terre. Os pétrifiés. Coquillages pétrifiés.
Il s'emploie figurément et signifie Frapper de stupeur, rendre immobile. Vous m'avez pétrifié. Cette nouvelle m'a pétrifié. Il resta pétrifié, pétrifié de surprise.
PÉTRIN
n. m.
Coffre dans lequel on pétrit le pain. Mettre de la farine dans le pétrin. Pétrin mécanique.
Prov., fig. et pop., Être, se mettre dans le pétrin, Être, se mettre dans l'embarras.
PÉTRIR
v. tr.
Détremper de la farine avec de l'eau, la malaxer et en faire de la pâte. Pétrir du pain. Pétrir un gâteau. Ce boulanger pétrit bien sa pâte, pétrit bien son pain et, absolument, pétrit bien.
Il se dit, par extension, en parlant de Certaines choses grasses et onctueuses que l'on presse et que l'on malaxe, pour leur faire prendre une forme. Pétrir de l'argile.
Fig., Dieu nous a tous pétris du même limon, Il nous a tous faits semblables, nous a donné à tous les mêmes facultés, les mêmes passions, les mêmes faiblesses.
Fig., Il se croit pétri d'un autre limon que le reste des hommes, Il se croit d'une nature supérieure à celle des autres.
Fig., Un homme pétri d'orgueil, Un homme très orgueilleux.
Fig., Une âme pétrie de fange, de boue, Une âme vile et corrompue.
PÉTRIR se dit encore en parlant de Certaines choses que l'on presse fortement avec les mains pour leur donner une autre forme ou pour les assouplir. Certains peuples sauvages pétrissent la tête des enfants nouveau-nés. Pétrir un muscle au cours d'un massage.
PÉTRISSABLE
adj. des deux genres
. Qui peut se pétrir. Cette terre est pétrissable comme l'argile.
Il s'emploie aussi figurément. Il faut s'occuper à façonner pour le bien l'âme des enfants quand elle est encore pétrissable.
PÉTRISSAGE
n. m.
Action de pétrir.
PÉTRISSEUR
n. m.
Celui qui dans une boulangerie pétrit la pâte.
PÉTROGRAPHE
n. des deux genres
. T. didactique
. Celui, celle qui s'occupe de pétrographie.
PÉTROGRAPHIE
n. f.
T. didactique
. Étude des roches et des minéraux.
PÉTROGRAPHIQUE
adj. des deux genres
. T. didactique
. Qui a rapport à la pétrographie.
PÉTROLE
n. m.
Huile minérale servant à l'éclairage et au chauffage. Le pétrole est un mélange de carbures d'hydrogène naturels, s'enflammant à des températures variées. Puits de pétrole. Une nappe de pétrole.
PÉTROLIER, IÈRE
adj.
Qui a rapport au pétrole. L'industrie pétrolière. Navire pétrolier. Substantivement, Un pétrolier, Un navire pétrolier.
PÉTROLIFÈRE
adj. des deux genres
. Où il se trouve du pétrole. Gisements pétrolifères. Région pétrolifère.
PÉTROSILEX
(L'S se prononce comme un C.)n. m.
T. de Minéralogie
. Pierre siliceuse de la nature du feldspath.
PETTO (IN)
Voyez IN PETTO.
PÉTULANCE
n. f.
Qualité de celui qui est pétulant. Parler avec pétulance. La pétulance de ses mouvements, de son caractère.
PÉTULANT, ANTE
adj.
Qui est vif, brusque, impétueux, qui a peine à se contenir. Naturel pétulant. Humeur pétulante.
PÉTUN
n. m.
Ancien nom du tabac.
PÉTUNER
v. intr.
Prendre, fumer du tabac. Ils n'ont fait que pétuner toute la nuit. Il est vieux et ne se dirait plus que par plaisanterie.
PÉTUNIA
n. m.
T. de Botanique
. Plante de la famille des Solanacées, originaire de l'Amérique du Sud, et que l'on cultive en Europe pour l'ornement des jardins.
PEU
adv. de quantité
. En petite quantité, pas beaucoup. Dépenser peu. Avoir peu de bien. Être peu sensible à l'intérêt. Il arrivera dans peu de jours. Je vous dirai en peu de mots. Cela est de peu de conséquence. Peu s'en est fallu qu'il ne se soit tué. Il s'en faut de peu que ce vase ne soit plein. Il s'en faut de peu que je ne vous blâme. Il a fini son travail ou peu s'en faut. Peu m'importe qu'il m'approuve ou me blâme. Peu de gens négligent leurs intérêts. C'est peu d'être concis, il faut être clair. C'est peu qu'il veuille être le premier, il voudrait être le seul. Il est aussi peu capable de commettre une injustice que de la subir. Il y a peu d'hommes qui sachent connaître leurs véritables intérêts. Un homme comme il y en a peu.
C'est peu de chose se dit d'une Chose ou d'une personne dont on ne fait point cas. C'est peu de chose que cela. C'est peu de chose que cet homme-là.
Peu de chose se dit aussi d'un Petit obstacle, d'un petit retard, d'un petit changement, d'un petit travail, etc. Il faudra peu de chose pour que....
Fam., C'est peu de chose que de nous ou Nous sommes bien peu de chose se dit pour marquer la Faiblesse et la misère de la condition humaine.
Peu ou prou, ni peu ni prou, Peu ou beaucoup, ni peu ni beaucoup. Donnez-m'en peu ou prou. Je n'en ai ni peu ni prou.
Peu ou point, Presque point. Il a peu ou point de santé.
PEU s'emploie aussi comme nom et désigne une Petite quantité. Le peu que j'ai fait pour vous ne mérite pas tant de remerciements, Le peu qui me reste à vivre. Le peu de cas qu'on en fait. Son peu de mérite. Il vit du peu qu'il a. Excusez mon peu de mémoire. J'attribue cela au peu de soin que vous avez eu.
Le peu, Le petit nombre. Le peu qu'il en restait ne fit pas grande défense.
Le peu de, suivi d'un nom au pluriel, peut désigner le Manque absolu, l'absence totale; il peut aussi signifier Quelques. Dans le premier cas, l'accord du verbe se fait avec le peu. Le peu de qualités dont il a fait preuve l'a fait éconduire. Dans le second cas, l'accord du verbe se fait avec le nom au pluriel. Le peu de services qu'il a rendus ont paru mériter une récompense.
Excusez du peu se dit ironiquement à celui qui se plaint qu'on ne lui donne pas assez, quoiqu'on lui donne beaucoup, qu'on ne fasse pas assez pour lui, quoiqu'on fasse beaucoup. Il se dit encore, comme une remarque ironique, quand on énonce ou qu'on entend énoncer une grosse somme. Elle a un million de dot, excusez du peu.
PEU s'emploie aussi substantivement sans article, et il signifie Peu de chose. Se contenter de peu. Vivre de peu. Peu lui suffit.
Un homme de peu, Un homme de basse condition.
PEU s'emploie aussi comme nom, précédé d'Un, et signifie Une petite quantité. Donnez- moi un peu de pain. Ayez un peu d'espoir.
Fam., Un tout petit peu, Une très petite quantité. Je vous demande encore un tout petit peu de patience.
UN PEU,loc. adv.
Pas beaucoup. Attendez un peu, encore un peu. J'arriverai un peu après vous. Connaissez-vous cet homme? Un peu. Il est moins restrictif que Peu : Je le connais peu, Je ne le connais vraiment pas beaucoup; Je le connais un peu, Sans doute je ne le connais pas beaucoup, mais cependant je le connais.
Dans le langage familier, Un peu est quelquefois explétif. Dites-moi un peu. Venez ici un peu, que je vous parle. Voyons un peu comment vous vous y prendrez.
Fam., Un peu bien, un peu beaucoup, Beaucoup, beaucoup trop. Vous avez dit cela un peu bien vite. Il se moque un peu beaucoup de nous.
Un peu se dit très familièrement, en manière d'affirmation. Vous avez fait cela? Un peu.
PEU À PEU,loc. adv.
Lentement, par un progrès presque imperceptible. Les jours augmentent peu à peu. Peu à peu l'on en viendra à bout.
DANS PEU, SOUS PEU,loc. adverbiales . Dans peu de temps. Il arrivera dans peu, sous peu. On dit de même : Avant qu'il soit peu, avant peu vous aurez de mes nouvelles.
PEU APRÈS,loc. adv.
Peu de temps après. Il vint chez moi à midi; peu après il me quitta.
QUELQUE PEU,loc. adv.
Un peu. Il est quelque peu fat. Je l'ai connu quelque peu.
TANT SOIT PEU,loc. adv.
Très peu. Attendez tant soit peu. Mettez-en tant soit peu. On dit aussi substantivement Un tant soit peu. Donnez- m'en un tant soit peu.
À PEU PRÈS, À PEU DE CHOSE PRÈS,loc. adv. Presque, environ, avec une très petite différence. Ils sont à peu près de même âge. Ces deux étoffes sont de même prix, à peu de chose près.
À PEU PRÈS s'emploie aussi substantivement. Les esprits clairs ont besoin de précision et ne se contentent pas de l'à peu près. Cette traduction ne serre pas assez le texte : ce n'est qu'un à peu près.
SI PEU QUE, AUSSI PEU QUE,loc. conjonctives . Vous y serez si peu, aussi peu que vous voudrez. Vous en donnerez aussi peu qu'il vous plaira. Donnez-m'en si peu que rien. Il a si peu d'énergie que les moindres difficultés l'arrêtent. Il est encore enrhumé, mais si peu que ce n'est pas la peine d'en parler.
POUR PEU QUE,loc. conjonctive
qui est toujours suivie du subjonctif. Il le fera pour peu que vous lui en parliez, Si vous lui en parlez le moins du monde. Pour peu que vous en preniez soin, Si vous en prenez le moindre soin.
PEULVEN
n. m.
Mot qui sert quelquefois à désigner les Blocs de pierre appelés aussi Menhirs. Voyez ce mot.
PEUPLADE
n. f.
coll. Rassemblement d'hommes, fixe ou errant, dans les pays non encore civilisés. Des peuplades errantes. Les peuplades de l'intérieur de l'Afrique.
PEUPLE
n. m.
Multitude d'hommes vivant habituellement ensemble. Peuple civilisé. Peuple barbare. Peuple sauvage. Peuple nomade. Peuple pasteur, commerçant, agricole, navigateur. Peuple guerrier, pacifique. Tous les peuples de la terre.
Il désigne aussi la Population fixe d'un pays, en tant qu'elle forme un ensemble, un tout solidaire sous le même gouvernement. Le peuple grec. Le peuple romain. Le peuple français. Au pluriel, Peuples se dit quelquefois des Habitants d'un État composé de diverses provinces, dont plusieurs ont été réunies par la conquête ou autrement, et sont régies par des lois, des coutumes particulières. Les peuples qui composent cet empire.
Le peuple-roi, L'ancien peuple romain.
PEUPLE se dit quelquefois d'une Multitude d'hommes qui n'habitent pas le même pays, mais qui ont une même origine, une même religion, etc. Le peuple juif est dispersé par toute la terre. Cette victoire, remportée sur les infidèles, fut un sujet de joie pour tout le peuple chrétien.
Il se dit aussi des Habitants d'une même ville, d'un même bourg, d'un même village. Il y a beaucoup de peuple dans Paris. Tout le peuple du bourg, du village, accourut. Dans ce sens, il est peu usité.
PEUPLE se dit aussi d'une Partie définie de la nation, considérée au point de vue social et politique. Ce ministre eut contre lui les grands et le peuple. La doctrine de la souveraineté du peuple.
Prov., La voix du peuple est la voix de Dieu, se dit proverbialement de la Doctrine qui attribue quelque chose de divin à l'instinct populaire.
PEUPLE se dit souvent de la Partie la moins notable, la moins cultivée ou la moins riche des habitants d'une même ville, d'un même pays. Le petit peuple, le menu peuple, Les petites gens, les gens de la condition la plus modeste. On dit, dans un sens péjoratif, Le bas peuple, la lie du peuple.
PEUPLE se dit aussi d'un Grand nombre de personnes considérées sous des aspects qui leur sont communs. Le peuple des auteurs. Un peuple de rivaux. Elle a tout un peuple d'adorateurs.
Il s'emploie quelquefois adjectivement pour signifier Vulgaire, commun. Combien de gens croient pouvoir mépriser le peuple, qui sont peuple eux-mêmes!
PEUPLE
n. m.
Dans le vieux langage il se disait pour Peuplier. Il se dit encore d'un Bois blanc très mou avec lequel on fait des voliges. Bois de peuple.
PEUPLEMENT
n. m.
Action de peupler. Le peuplement de cette colonie fut très lent.
Une colonie de peuplement, Une colonie où peut s'installer une population d'immigrants, par opposition à Colonie d'exploitation.
PEUPLEMENT se dit particulièrement de l'Action de peupler un étang, une basse-cour, un colombier.
Il se dit aussi des Plantations qu'on fait dans une forêt.
PEUPLER
v. tr.
Établir une multitude d'habitants en quelque pays, en quelque endroit. Romulus, après avoir fondé Rome, la peupla de gens ramassés sans choix. Peupler un pays abandonné, une île déserte.
Il se dit aussi en parlant des Animaux. Peupler un pays de gibier. Peupler une garenne de lapins. Peupler un étang de poissons. Peupler un colombier de pigeons.
Il se dit aussi en parlant des Plantations. Peupler un bois, une vigne, Y mettre du nouveau plant.
PEUPLER signifie encore Remplir un lieu d'habitants en y faisant souche. Les races qui ont peuplé l'Amérique.
Il se dit également des Animaux. Des boeufs, des chevaux, des chèvres qu'on laissa dans cette île déserte, la peuplèrent en peu d'années. Quelques paires de lapins ont suffi pour peupler cette garenne en moins de deux ans. L'alevin qu'il a jeté dans son étang l'a eu bientôt peuplé.
Il signifie au figuré Remplir. Une mauvaise administration avait peuplé la ville de mendiants. Dans un sens encore plus figuré, il se dit de Choses qui n'ont point de corps. Les fantômes qui peuplaient son esprit.
PEUPLER s'emploie comme verbe intransitif, en parlant des Hommes et des animaux, et il signifie Multiplier par la génération. Toutes les nations ne peuplent pas également. Il n'y a point d'animaux qui peuplent tant que les lapins.
SE PEUPLER signifie Devenir habité, peuplé. Les campagnes se peuplent. Ces pays se sont peuplés fort promptement.
Le participe passé est aussi adjectif. Un pays fort peuplé, une province, une ville fort peuplée, Un pays, une province, une ville où il y a beaucoup d'habitants.
PEUPLIER
n. m.
Arbre de la famille des Salicacées, qui croît principalement dans les lieux humides et marécageux et qui s'élève très haut; on en distingue plusieurs espèces. Peuplier blanc. Peuplier d'Italie. Le tremble est une espèce de peuplier.
PEUR
n. f.
Crainte, frayeur, émotion pénible produite par l'idée ou la vue d'un danger. Avoir peur. Il eut grand-peur. Il eut une belle peur. Faire peur à quelqu'un. Je lui en ai fait la peur. Il lui fit peur des suites qu'aurait son action. Il n'en a eu que la peur. Quitte pour la peur. Il a eu plus de peur que de mal. La peur de la mort. Il a peur de tout. Il n'a peur de rien. C'est un homme qui ne connaît pas la peur. Les anciens avaient élevé des autels à la Peur.
Fig. et fam., Une peur bleue, Une grande peur.
Fig. et par exagération, Mourir de peur, Craindre beaucoup. Je meurs de peur qu'il ne lui arrive quelque accident.
Fig., Il a peur de son ombre, Les moindres choses lui font peur.
Fig. et fam., Être laid à faire peur, Être excessivement laid. Être habillé, mis à faire peur, Être vêtu d'une manière bizarre et ridicule.
Prov., La peur grossit les objets, On s'exagère ce qu'on craint.
Prov., On ne guérit pas de la peur, Les impressions que fait la crainte sur une personne timide ne peuvent s'effacer, quelque vaine qu'en soit la cause.
PEUR s'emploie avec un sens très atténué dans un grand nombre de phrases où il est clair qu'il ne s'agit pas d'une peur véritable. J'ai peur de vous ennuyer. Il a eu peur de vous déplaire, etc.
DE PEUR DE,loc. prép.
Par crainte de. Il ne sort jamais la nuit, de peur des voleurs, de peur d'être attaqué.
DE PEUR QUE,loc. conj.
Dans la crainte que, pour éviter que. Cachez-lui votre dessein, de peur qu'il n'y mette obstacle.
PEUREUSEMENT
adv.
D'une manière craintive. Peureusement blotti dans un coin.
PEUREUX, EUSE
adj.
Qui est sujet à la peur. Il est extrêmement peureux. Le lièvre est un animal peureux. Substantivement, C'est un petit peureux. Vous êtes une peureuse.
PEUT-ÊTRE
adverbe dubitatif
qui signifie Cela se peut. Cela arrivera-t-il? Peut-être. Peut- être que oui, peut-être que non. Peut-être viendra- t-il. Peut-être qu'il viendra. Vous croyez peut- être qu'il est de vos amis; vous êtes dans l'erreur.
Il s'emploie quelquefois substantivement. Vous fondez-vous sur un peut-être? Rabelais disait en mourant : " Je vais chercher un grand peut-être. "
Fam., Il n'y a pas de peut-être, se dit à quelqu'un qui vient de se servir du mot Peut- être, pour lui déclarer qu'il a tort de douter, que la chose dont on parle est certaine.
PHAÉTON
n. m.
Sorte de voiture à quatre roues, haute et légère.
Il s'est dit autrefois d'un Cocher, par plaisanterie et par allusion à Phaéton, fils du Soleil, qui voulut conduire le char de son père.
PHAGÉDÉNIQUE
adj. des deux genres
. T. de Médecine
. Qui ronge. Il se dit des Ulcérations qui détruisent peu à peu les tissus, et des Médicaments qui consument les chairs superflues. Ulcères phagédéniques. Eau phagédénique.
PHAGOCYTE
n. m.
T. de Biologie
. Élément cellulaire qui englobe et absorbe des éléments étrangers à l'organisme.
PHAGOCYTOSE
n. f.
T. de Biologie
. Digestion intra-cellulaire résultant de l'action des phagocytes. Les globules blancs sont des agents très actifs de la phagocytose.
PHALANGE
n. f.
T. d'Antiquité
. Corps de piquiers pesamment armés qui combattaient sur quatre, huit, douze, seize rangs de profondeur et plus. Phalange simple, double, triple, quadruple. Le front de la phalange. Le corps de la phalange. La phalange octuple, dont il y eut un exemple à la bataille de Magnésie, avait trente-deux hommes de profondeur. Phalange macédonienne.
Il se dit poétiquement, et par extension, d'un Corps de troupes. Ce héros guidait nos phalanges.
Poétiquement, Les Phalanges célestes, Les Anges.
PHALANGE, en termes d'Anatomie, se dit des Os qui composent les doigts de la main et du pied. Le pouce a deux phalanges, et les autres doigts en ont trois.
PHALANGITE
n. m.
T. d'Antiquité
. Soldat de la phalange. Il est peu usité.
PHALANSTÈRE
n. m.
Lieu où habiterait la commune sociétaire telle que l'avait imaginée le philosophe utopiste Fourier. Quelques essais de phalanstères ont été tentés, mais ils ont toujours échoué.
Il se dit, par extension, d'une Maison où habitent de nombreuses personnes. C'est un phalanstère.
PHALANSTÉRIEN, IENNE
n.
Partisan des doctrines de Fourier.
Il s'emploie aussi adjectivement et se dit de ces Doctrines. Les doctrines phalanstériennes. Le système phalanstérien.
PHALARIS
n. f.
T. de Botanique
. Genre de plantes de la famille des Graminées, à la tige frêle, aux feuilles longues et minces, aux fleurs disposées en épis ovales et allongés. Plusieurs espèces de phalaris donnent un bon fourrage et produisent des graines comestibles.
PHALÈNE
n. f.
T. d'Histoire naturelle
. Variété de papillons.
PHALEUCE ou PHALEUQUE
adj. m.
T. de Versification grecque et latine
. Il se dit d'une Sorte de vers ayant cinq pieds, dont le premier est ordinairement un spondée, quelquefois un ïambe, le second toujours un dactyle, le troisième et le quatrième des trochées, et le dernier ordinairement un spondée et quelquefois un trochée. La plupart des pièces de Catulle sont en vers phaleuces.
PHALLIQUE
(On prononce les deux L.) adj. des deux genres . T. d'Antiquité
. Qui a rapport au phallus. Emblème phallique. Les cultes phalliques.
PHALLUS
(On prononce les deux L et l'S.) n. m.
T. d'Antiquité
. Représentation du membre viril, que l'on portait dans les fêtes de certaines divinités, comme emblème de la fécondité.
PHANARIOTE
n. des deux genres
. Grec, Grecque de Constantinople, d'une classe distinguée, ainsi appelés parce qu'ils habitaient le quartier du Phanar. Un riche phanariote. Une belle phanariote.
PHANÉROGAME
adj. des deux genres
. T. de Botanique
. Il se dit des Plantes pourvues de fleurs apparentes, et il est opposé à Cryptogame. Les végétaux, les plantes phanérogames. On l'emploie aussi comme nom féminin. La classe des phanérogames est plus nombreuse que celle des cryptogames.
PHANTASME
n. m.
Vision illusoire, produite par une lésion du sens optique ou par un trouble des facultés mentales.
PHARAON
n. m.
Titre par lequel on désigne les Souverains de l'ancienne Égypte, avant la conquête de ce pays par les Perses.
PHARAON
n. m.
Jeu de cartes. Jouer au pharaon.
PHARAONIQUE
adj. des deux genres
. Qui appartient aux Pharaons. Monument de l'époque pharaonique.
PHARE
n. m.
Tour construite à l'entrée d'un port ou à proximité d'une côte, et portant à son sommet un feu qui sert à guider les vaisseaux pendant la nuit. Le phare d'Alexandrie. Gardien de phare.
Il se dit aussi du Fanal placé sur la tour. Phare à feu fixe, à feu tournant, à feu intermittent, à feu changeant.
Il se dit aussi d'un Feu destiné à guider les avions dans la nuit. Le phare d'un aéroport.
Il se dit encore d'une Lanterne puissante placée à l'avant d'une automobile et qui sert à éclairer la route pendant la nuit.
En termes de Marine, il désigne l'Ensemble des voiles d'un mât. Un phare carré.
PHARISAÏQUE
adj. des deux genres
. Qui tient du caractère des pharisiens. Orgueil pharisaïque. Justice pharisaïque.
PHARISAÏSME
n. m.
Doctrine, caractère des pharisiens, aux différents sens du mot pharisien.
PHARISIEN
n. m.
Nom d'une secte chez les Juifs. Les pharisiens affectaient de se distinguer par la sainteté extérieure de leur vie.
Il se dit, par analogie, de Ceux qui n'ont que l'ostentation de la piété ou de la vertu, et aussi de Ceux qui, sûrs d'eux-mêmes, jugent de haut, avec orgueil et dureté, les actions ou les opinions des personnes étrangères à leur secte, à leur parti.
Il s'emploie aussi adjectivement. Justice pharisienne.
PHARMACEUTIQUE
adj. des deux genres
. Qui appartient à la pharmacie. La chimie pharmaceutique. Opération, préparation pharmaceutique.
Il est aussi nom féminin et se dit de la Partie de la médecine qui traite de la composition et de l'emploi des médicaments.
PHARMACIE
n. f.
Science ayant pour objet la composition et la préparation des médicaments. La pharmacie est parfois encore, à la campagne, exercée par les médecins. École de pharmacie. Par extension, Études de pharmacie. Élève en pharmacie.
Il se dit aussi de l'Officine où l'on prépare les médicaments, du lieu où on les conserve pour les vendre ou les distribuer. Une pharmacie bien garnie. La pharmacie d'un hôpital, d'un hospice.
Il se dit aussi d'un Assortiment des médicaments les plus usuels. Il emporte toujours en voyage une petite pharmacie. Il a chez lui une pharmacie de campagne.
PHARMACIEN, IENNE
n.
Celui, celle qui exerce la pharmacie.
PHARMACOLOGIE
n. f.
Partie de la médecine qui a pour objet de faire connaître les médicaments et d'en étudier l'emploi.
PHARMACOPÉE
n. f.
T. didactique
. Traité qui enseigne la manière de préparer les médicaments. Nous avons des pharmacopées de différents auteurs et de différentes nations.
PHARYNGIEN, IENNE
adj.
T. d'Anatomie
. Qui a rapport au pharynx. Le nerf pharyngien.
PHARYNGITE
n. f.
T. de Médecine
. Inflammation du pharynx.
PHARYNX
n. m.
T. d'Anatomie
. Cavité musculo-membraneuse, séparée de la bouche par le voile du palais et se continuant par l'oesophage.
PHASE
n. f.
T. d'Astronomie
. Il se dit des Diverses apparences de la lune et de quelques autres planètes, suivant la manière dont elles reçoivent la lumière du soleil au cours de leur révolution. Les phases de la lune. Les phases de Vénus.
Il se dit, figurément, des États successifs par lesquels passent certains phénomènes de la vie, de l'histoire. Les phases de la gestation. Les phases de la civilisation moderne.
PHÉBÉ
n. f.
Dans la Mythologie, la soeur de Phébus, Diane ou la Lune. On l'emploie en poésie comme synonyme de Lune. Phébé monte à l'horizon.
PHÉBUS
(On prononce l'S.)n. m.
Nom d'Apollon considéré comme dieu de la lumière. On l'emploie dans des phrases poétiques où il désigne le Soleil. Le blond Phébus. Phébus lançait tous ses rayons.
PHÉBUS se dit aussi, figurément et familièrement, d'un Style obscur et ampoulé. Donner dans le phébus. Un diseur de phébus. Son style n'est que du phébus, est d'un phébus ridicule.
PHÉNICIEN, IENNE
adj.
Qui appartient à la Phénicie. Il se dit surtout par rapport à la langue. La langue phénicienne. L'alphabet phénicien. Une inscription phénicienne.
PHÉNICIEN se dit, substantivement, de la Langue phénicienne. Le phénicien est très voisin de l'hébreu. Le phénicien est une des langues sémitiques.
PHÉNICOPTÈRE
n. m.
Nom donné par les naturalistes au flamant. Voyez FLAMANT.
PHÉNIQUÉ, ÉE
adj.
T. de Chimie
. Qui contient du phénol. Eau phéniquée. Gaze phéniquée.
PHÉNIQUE
adj. m.
T. de Chimie
. Il n'est usité que dans la locution Acide phénique. Voyez PHÉNOL.
PHÉNIX
n. m.
Oiseau fabuleux qui, disait- on, était unique en son espèce, vivait plusieurs siècles et renaissait de sa cendre.
Il se dit, figurément, d'une Personne qu'on prétend être unique ou rare dans son espèce, qu'on trouve supérieure à toutes les autres personnes qui suivent la même carrière. Cet homme est un phénix. Cette femme est un phénix. Cet homme est le phénix des beaux esprits, des orateurs, des poètes. Cet écolier est un bon élève, ce n'est pas un phénix.
PHÉNOL
n. m.
T. de Chimie
. Corps solide cristallisé que l'on extrait du goudron de houille. Le phénol employé sous forme de solution liquide est un désinfectant énergique. On dit aussi Acide phénique.
PHÉNOMÉNAL, ALE
adj.
T. didactique
. Qui tient du phénomène; qui se trouve dans certains phénomènes.
Il se dit aussi familièrement de Ce qui est extraordinaire, étonnant, prodigieux. Elle est d'une bêtise phénoménale.
PHÉNOMÈNE
n. m.
T. didactique
. Ce qui tombe sous les sens; Ce qui apparaît à la conscience, ce qui est perçu. Les phénomènes de la nature. Les phénomènes de l'électricité. Expliquer un phénomène. Rendre raison d'un phénomène. On ignore la cause de ce phénomène. Les phénomènes de la circulation, de la respiration.
En termes de Philosophie, il désigne l'Objet tel qu'il nous apparaît, par opposition à l'objet tel qu'il est en soi.
Il se dit, figurément, de Certaines choses qui surprennent par leur nouveauté ou par leur rareté. Ce grand événement est un phénomène auquel on ne devait pas s'attendre. Familièrement, C'est un phénomène que de vous voir ici. Un chien aussi énorme est un phénomène.
Il se dit aussi, familièrement, des Personnes qui surprennent par leurs actions, par leurs vertus, par leurs talents, etc. C'est un phénomène qu'un enfant aussi instruit.
Il se dit encore de Certaines curiosités que l'on exhibe dans les foires. Une galerie de phénomènes.
PHIL ou PHILO
Préfixe
emprunté du grec, signifiant Qui aime; il entre dans la composition d'un grand nombre de mots dont nous donnons ci-après les plus usités.
PHILANTHROPE
n. des deux genres
. Celui, celle qui aime tous les hommes.
Il s'emploie surtout au masculin pour désigner Celui qui s'occupe d'améliorer le sort de ses semblables. Un grand philanthrope.
PHILANTHROPIE
n. f.
Amour de l'humanité.
PHILANTHROPIQUE
adj. des deux genres
. Qui a rapport à la philanthropie, qui est inspiré par la philanthropie. Écrit philanthropique. Sentiments, projets, établissements philanthropiques. Société philanthropique.
PHILATÉLISME
n. m.
Goût de collectionner les timbres-poste.
PHILATÉLISTE
n. des deux genres
. Celui, celle qui collectionne les timbres-poste.
PHILHARMONIE
n. f.
T. didactique
. Amour de l'harmonie.